Dictionnaire étymologique

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Lisez d'abord l'Introduction à l'étymologie, où vous trouverez les références bibliographiques complètes des principaux dictionnaires étymologiques cités ici. Elle donne également la signification du vocabulaire technique et des symboles employés.

Nous avons retenu comme vedettes les noms du latin botanique, simplement parce qu'ils sont bien connus des botanistes. A défaut apparaissent les noms anglais ou français.

Nous mettrons en priorité les noms dont l'étymologie est complexe, et ceux dont l'étymologie habituellement donnée est fausse. L'accès systématique aux sources est essentiel, car il permet de rectifier bien des erreurs. Mais ces sources sont nombreuses et s'entrecroisent. Les données ci-dessous sont donc provisoires...

De plus, nous ne faisons pas ici d'effort de "rédaction" des notices. Nous préférons présenter laconiquement le résultat de la recherche des sources.

Voir aussi la page Suffixes grecs.


Contenu : A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


A

Abutilon

  • Nom de genre donné par Miller (1754).
  • Introduit par Linné comme épithète de Sida Abutilon L. (1753) (nom accepté : Abutilon theophrasti).
  • Linné (Species Plantarum, 685) cite plusieurs auteurs. Dans Hortus cliffortianus (1738), il cite :
    • Abutilon Dodoens Pempt. 656. Tourn. inst. 98
    • Althaea theophrasti, flore luteo, quibusdam Abutilon. Bauh. hist. 2. p. 958. [Jean Bauhin]
  • Dodoens (1583, Pemptades, De Abutilo 644-645) cite Avicenne.
  • Nom introduit en arabe par Avicenne pour Abutilon theophrasti : ūbūṭīlūn - اوبوطليون (p. 137), et repris par Ibn al-Bayṭār : ūbūṭīlūn - اوبوطليون.
  • En résumé, le nom arabe abutilon a été repris par de nombreux botanistes de la Renaissance. Je n'ai rien trouvé pour le Moyen-Age.
  • Voir aussi le FEW, 19 : 2 pour les langues européennes.

Acacia

  • Pour les botanistes pré-linnéens, Acacia désignait avant tout le gommier rouge, Vachellia nilotica.
  • Joseph Pitton de Tournefort, 1719, Institutiones rei herbariae, p. 605, distingue entre autres Acacia vera, Acacia Indica, Farnesiana et Acacia Americana.
  • Linné a dénommé le gommier rouge Mimosa nilotica en 1753. Il groupait tous les Acacia dans le genre Mimosa, à l'exception de Robinia pseudoacacia.
  • Le genre Acacia a été réabli par Miller en 1754, et l'espèce est devenue Acacia nilotica (L.) Delile (1813).
  • Par la suite, les botanistes ont qualifié deux espèces d’Acacia americana, qui sont Robinia pseudoacacia et Gleditsia triacanthos. Le robinier a été appelé Pseudoacacia par Parkinson (1640) puis Robinia par Linné (1753). (voir les détails au nom français acacia).
  • Le genre Acacia au sens moderne s'étant révélé polyphylétique, les congrès botaniques de Vienne (2005) et de Melbourne (2011) ont décidé de néotypifier le genre Acacia sur la base d'une espèce australienne, l'argument essentiel étant que la plupart des espèces sont d'origine australienne (voir les détails à Acacia).
  • Le nom grec ἀκακία - akakia est connu chez Dioscoride (1.101), mais inconnu de Théophraste (IV 2, 8), qui appelle ἄκανθα ἡ αἰγυπτία - akantha hê aiguptia Vachellia nilotica. Il est passé en latin (Pline, 24, 109-110), où il désigne diverses plantes épineuses, dont Vachellia nilotica et Faidherbia albida.
  • Le nom grec ἀκακία - akakia est d'origine inconnue. Il partage son début ak- avec d'autres noms comme akantha.

acacia

Acacia americana Robini. Cornut, Jacques-Philippe, 1635. Canadensium plantarum.
  • Nom français de Robinia pseudoacacia. Les botanistes ont ensuite appelé acacia les espèces du genre Acacia, aujourd'hui éclaté en plusieurs genres. Le Robinia pseudoacacia est en conséquence parfois appelé faux-acacia ou robinier. Mais le miel d'acacia est bien fait avec des fleurs de robinier.
  • En fait, les plantes américaines ont été connues bien avant les australiennes. Les premiers botanistes qui ont décrit cette espèce l'ont appelée Acacia americana.
  • Jacques-Philippe Cornut, 1635. Canadensium plantarum, aliarúmque nondum editarum historia. p. 172 Acacia americana Robini, et le dédie ainsi à Jean Robin, bien avant que Linné ne l'appelle Robinia pseudoacacia en 1753.
  • John Parkinson, 1640. Theatrum Botanicum, p. 1550 (1574 du pdf) écrit : Pseudoacacia americana Robini. Robinus his false Acacia of America.
  • John Ray, 1693, Historia plantarum generalis. Tome 2, p. 1719 maintient Acacia americana Robini, en distinguant une deuxième espèce, Acacia Virginiana siliquis glabris, Locus nostratibus dicta, qui est Gleditsia triacanthos, Locus étant en fait locust, par analogie avec le caroubier.
  • Linné lui-même l'appelle encore Acacia americana en 1738 dans Hortus cliffortianus, p. 489.
  • L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751, ne mentionne que cet acacia (Tome 1, p. 49).
  • Le nom français est donc dans la continuité de l'usage botanique pré-linnéen.


  • Bourdu, Robert, 1997. La troublante histoire d'un arbre : l’Acacia americana. Hommes et Plantes, 21 : 33-37.

Acca

  • Serait le nom de la goyave dans une langue inconnue d'Amérique du Sud (Genaust).

Acer

ache

  • Ache "céleri" attesté en 1268, vient du latin apium attesté chez Pline où il désigne 6 ombellifères. L'origine est une racine indo-européenne ap- "eau". (CNRTL); FEW XXV,14 (apium)

aconit

  • Aconit emprunt au latin aconitum < grec άκόνιτον, dérivé du grec άκονιτί "sans combat, sans peine" littéralement "sans poussière", ά privans + κόνις. Racine άκονη "parce qu'il croit sur les pierres?", étymologie proposée par Pline.
  • Ancien français aconita s.f. 1160, aconite vient du bas latin et désigne l'aconit napel; moyen français aconit s.m. est un nouvel emprunt au latin classique. 1550 Fuchs. CNRTL aconit; FEW XXIV,109 aconitum

aculeatus, -a, -um

  • Epithète spécifique de Ruscus aculeatus, le fragon.
  • Adjectif latin signifiant « qui a des aiguillons, des piquants » (Gaffiot, p. 26).

Aegilops

Ce nom désignait en grec deux plantes aussi différentes qu'un chêne et une petite graminée annuelle. Il s'agit probablement de deux homonymes, dont l'un a été attiré par l'autre.

1) Nom de genre retenu par Linné pour une graminée proche du blé. Chez Théophraste et Dioscoride, αἰγίλωψ - aigilôps est le nom de Aegilops ovata. Pour Chantraine, la première partie dérive de αἴξ - aix, "chèvre" ; on connaît aussi une forme αἴγιλος - aigilos.

2) Epithète de Quercus aegilops, nom aujourd'hui rejeté comme ambigu, et qui désigne habituellement Quercus ithaburensis subsp. macrolepis. Chez Théophraste, αἰγίλωψ - aigilôps est aussi le nom de Quercus pedunculiflora (nom accepté : Quercus robur subsp. pedunculiflora). En ce sens, il est à rapprocher de αἴγειρος - aigeiros, Populus nigra, κράταιγος / κραταιγών - krataigos et de aesculus. La première partie représente un nom de chêne hérité de l'indo-européen, *aigs, que l'on retrouve dans l'allemand Eiche et l'anglais oak. La deuxième partie a été apparentée à λώπη - lôpê, "écaille, écorce", ce dont doute Chantraine. Le sens de "écorce de chêne", appelée tan en français, conviendrait bien pour ce qui a représenté un usage important du chêne jusqu'à nos jours, le tan étant la principale source de tanin.

Aegopodium

  • Formé des grecs αἴξ, αἰγός - aix, aigos « chèvre » et πούς, ποδός - pous, podos « pied » (CNRTL), pied de chèvre est d'ailleurs l'un des noms vernaculaires de la podagraire (Rolland IV,163).

aethiopicus, -a, -um

  • Ce mot vient du grec ancien, et a pris plusieurs sens au cours de l'histoire.
  • Les Grecs anciens ne connaissaient guère, au-delà de l'Egypte, que la Nubie, le Soudan et l'Ethiopie. Ethiopie signifiait alors simplement le "pays des hommes au visage brûlé", autrement dit l'Afrique noire. Un certain nombre de noms botaniques ont gardé ce sens.
  • Pour qualifier une plante qui vient d'Ethiopie, on a longtemps dit abyssinicus. Ce n'est qu'après 1945 que l'Abyssinie est devenue l'Ethiopie.

agenensis

Agrostemma

  • Nom de genre de la nielle Agrostemma githago.
  • Du grec agros « champ » et stemma « couronne ».

Ailanthus

  • Nom introduit en latin botanique par Desfontaines (1786)
  • < emprunté à Rumphius (1743), Herbarium amboinense, qui donne pour Ailanthus integrifolia : "Latine Arbor Coeli, juxta Malaiense Caju Langit, & Amboinense Aylanto, h. e. Coeli arbor, acsi dicere vellent, altitudine sua coelum hanc lacessere." [En latin Arbre du ciel, proche du malais Caju Langit, et de l'amboinais Aylanto, c'est-à-dire Arbre du ciel, comme s'ils voulaient dire qu'il provoque le ciel par sa taille.]
  • < aujourd'hui, ai lanit en malais des Moluques (PROSEA), de ai = arbre en malais local et lanit = langit en indonésien = ciel.
  • Fausses étymologies :
    • La graphie latine avec un h est une hypercorrection. Le nom n'a rien à voir avec le grec anthos = fleur.
    • Le nom n'est pas chinois, mais l'arbre a été très tôt décrit par des Jésuites résidant en Chine.

ajonc

  • Ajonc est attesté en 1389. En 1280, le terme agon désignait un arbrisseau épineux à fleurs jaunes.
  • Vient probablement du dérivé préroman *ajaugone, lui-même issu du radical *ajauga (CNRTL). Voir aussi FEW XXI,105 Incognita (ajonc)

alaternus

  • Épithète spécifique de Rhamnus alaternus.
  • Nom latin de cette plante. Son étymologie est inconnue (André p. 8).

Alhagi

  • Nom retenu par Linné : Hedysarum alhagi L. (1753), devenu Alhagi maurorum Medik. (1787).
  • Nom créé par Tournefort, Voyage du Levant.
  • Nom élevé au rang de genre Alhagi par Gagnebin (1755).
  • < arabe ال حاج - al ḥāǧ

alisier

  • Vient de l'ancien français alie, alise et du suffixe -ier dénotant un arbre fruitier (CNRTL).
  • Alise vient du gaulois *alisā « aulne », lui-même issu d'une langue indo-européenne. La racine initiale al remonterait au radical indo-européen el- « rouge, brun » servant à former des noms d'animaux et d'arbres (CNRTL).

alkekengi

  • Épithète de Physalis alkekengi retenue par Linné.
  • De l'arabe al kākanğ "coqueret. Attesté en ancien français depuis 2e moitié XIVe s. (R. Arveiller, Z. rom. Philol. 97, 1981, 279). CNRTL alkékenge; FEW XIX,80a kākanğ

alliaire

  • Du latin allium « ail » (Rey p. 65). Création des botanistes du XVIe siècle. Attesté depuis 1549. FEW XXIV,335 (alliaire).

alnus

  • épithète spécifique de la bourdaine, Frangula alnus.
  • Miller, 1868 est le premier à nommer ainsi cette espèce. « Black-Berry bearing alder » Aulne à baie noire.

Alopecurus

  • transcription du grec ἀλωπεκουρος - alopekouros « queue de renard ».
  • nom employé par Théophraste pour désigner Polypogon monspeliensis, en allusion à sa longue panicule soyeuse.
  • nom donné à un genre de Poacées par Linné dans la première édition de Genera plantarum en 1737 (déduction de la mention de Royen).

alouchier

  • Vient de alouche et du suffixe -ier dénotant un arbre fruitier.
  • Alouche est issu du dialecte de l'est de la France et de la Suisse romande, peut-être issu du croisement du prototype du français alise avec celui du français beloce, prune sauvage, lui-même issu du latin bŭllŭcea. FEW I, 624 (bŭllŭcea).

Aloysia

  • nom de genre d’Aloysia citrodora, dédié à "la Princesa de Asturias" (qui s'appelait Maria Luisa) par Paláu en 1784.
  • en espagnol, ce nom a été traduit en hierba luisa.

amalago

  • épithète de Piper amalago L. (1753), espèce américaine.
  • Linné a emprunté librement ce nom à Rheede (1678-1703) ; il cite d'ailleurs Amalago Rheede comme synonyme de Piper malamiris, espèce asiatique.
  • < malayalam amolago (Rheede, 7:31, t16), en caractères malayalam anmulaku, de mulaku, "poivre".
  • On a ainsi une espèce américaine qui porte un nom indien.

Amaranthus

  • Nom retenu par Linné (1753) avec un h, cette orthographe devant donc être respectée, bien qu'elle ne soit pas correcte philologiquement. Caspar Bauhin avait déjà utilisé ce nom pour les amarantes dans le Pinax, 1623, p. 120. Il écrit Amaranthus : Ἀμάρανθος dicitur et reproduit le texte de Pline. On voit par là qu'il a interprété la terminaison comme le mot ἄνθος - anthos, "fleur". Cette graphie remonte en fait au latin classique.
  • Pline (21, 47) donne : Amaranto non dubie vincimur. Est autem spica purpurea verius quam flos aliquis... postquam defecere cuncti flores, madefactus aqua revivescit et hibernae coronas facit. [Nous ne pouvons certainement pas rivaliser avec l'amarante. C'est à vrai dire, un épi pourpre plutôt qu'une fleur... quand toutes les fleurs ont passé, elle reprend vie si on la trempe dans l'eau, et sert à faire les couronnes d'hiver. (trad. Jacques André). Fournier l'a identifié comme Amaranthus caudatus, mais cette espèce est américaine. Certains (Georges, 1913, cité par Genaust) ont pensé à Celosia argentea, d'origine africaine, dont certaines formes sont pourpres ; mais on ignore totalement si les Romains la connaissaient.
  • Le nom latin est un emprunt au grec. ἀμάραντον - amaranton apparaît chez Dioscoride comme un synonyme de χρυσοκόμη - khrusokomê (4, 55), identifié comme Aster linosyris ou de ἑλίχρυσον - helikhruson (4, 57), identifié comme Helichrysum orientale, Helichrysum stoechas ou Helichrysum sicelum.
  • Le mot est un dérivé du verbe μαραίνω - marainô, "mourir, flétrir". Au sens propre, il désigne une plante "qui ne se flétrit pas", "qui ne meurt jamais", équivalent exact du français "immortelle". Ces plantes étaient utilisées pour faire des couronnes mortuaires.
  • D'après Gennadios (1, 47), le terme qualifie toujours en grec moderne des plantes des genres Acroclinium, Ammobium, Baccharis, Gnaphalium, Helichrysum ou Xeranthemum, mais aussi des plantes succulentes comme Mesembryanthemum, Aizoon, voire Teucrium polium ou Gomphrena globosa. On voit que c'est un terme très générique. Les Grecs appellent les amarantes βλῆτον - blêton ou vlito.
  • Au Moyen-Age, le terme a aussi pu désigner le pourpier, Portulaca oleracea.
  • La graphie amarantus est celle du latin classique (Gaffiot). Mais dès le bas-latin, on a amaranthus par hypercorrection, car le mot ne vien pas du grec ἄνθος - anthos. Pour le français amarante, voir le FEW et le CNRTL.

Amelanchier

  • Vient du provençal amelanquier lui-même dérivé de amelanco "amélanche" du gaulois *aball-inca "petite pomme", du gaulois aballo / avallo "pomme", influencé par le latin mālum "pomme", et du suffixe -inca. La forme provençale abelanco vient directement du gaulois. CNRTL

Ammi

  • Emprunté au grec ami déjà employé par Dioscoride (André, p. 14).

Amomum

  • < latin classique amomum, peut-être Amomum subulatum.
  • < grec ἄμωμόν - amômon (Dioscoride)
  • syriaque חֲמָמָא - ܚܡܡܐ - hamama ; arabe حماما - hamāmā (Löw, Aramäische Pflazennamen, considère que ces mots ne viennent pas du grec).

Anacardium

  • Nom de genre créé par Linné (1753) pour Anacardium occidentale.
  • Epithète créée par Linné fils (1782) ("1781") pour Semecarpus anacardium, appelé aussi Anacardium orientale auct. ex Steud. (1840).
  • Les botanistes de la Renaissance, comme Charles Bauhin, Pinax, 1623 ont appelé Anacardus sive Anacardium le Semecarpus anacardium, connu depuis le Moyen-Age en provenance d'Inde, et ont ensuite appliqué ce nom (Anacardii alia species) à l'espèce américaine Anacardium occidentale, de la même famille.
  • D'après le [FEW, 24, 513], le latin anacardium et le grec ἀνακάρδιον - anakardion serait une déformation de ὀνοκάρδιον - onokardion ("cœur d'âne"), qui est un synonyme de δίψακος - dipsakos chez Dioscoride, et désigne la cardère Dipsacus fullonum. Mais on ne voit pas bien le rapport. En tout cas, le mot est inconnu en grec ancien. Il apparaît au Moyen-Age, et est connu de Ibn al-Baiṭār au XIIIe siècle sous la forme انقرديا - anacardia et de Sérapion en 1473 sous la forme Anacardus.
  • Il en résulte que anacardium signifie bien "cœur au-dessus", ce qui s'applique parfaitement au fruit de Semecarpus anacardium, dont le vrai fruit a la forme et la couleur rouge sombre ou noire d'un cœur (alors que le fruit d’Anacardium occidentale a la forme d'une virgule) et un pédoncule renflé plus petit.
  • On ne voit pas pourquoi le grec n'a pas simplement emprunté le nom arabe baladur (voir ce mot).

Anagallis

  • Transcription du grec άναγαλλίς - anagallis (voir Dioscoride) et désignant les mourons Lysimachia arvensis et Lysimachia foemina.
  • L'étymologie άνα et άγάλλω « se réjouir » indiquant que la plante ramène la joie n'est pas attestée (André p. 15).

Anchusa

  • Emprunté au grec ἄγχουσα - agkousa, d’ἄγχω « serrer », ces plantes étant astringentes (André p. 16).

ancolie

  • Du bas latin aquileia, peut-être dérivé de aquila « aigle ». La forme moderne provient d'altérations du latin, aquilegia, acoleia. La transformation par nasalisation de acolie en ancolie peut être liée au fait que cette fleur est le symbole de la mélancolie (FEW XXV,73 aquileia). Allemand (DWDS Akelei) propose latin aculeus "épine"; néerlandais (Etymologiebank akelei) propose aqua.

Androsace

Anemone, anémone

  • Le nom français est emprunté au latin anemōnē (CNRTL), lui-même issu du grec άνεμώνη (Théophraste), d'origine inconnue ; le rapprochement avec άνεμος n'est qu'une supposition (étymologie populaire) (André p. 17).

Annona

  • Nom de genre retenu par Linné (1753) pour Annona, alors que plusieurs botanistes antérieurs écrivent Anona. Linné a dû voir que ce nom était "barbare", mais il a feint de le dériver du latin annona, "production de l'année", ce qui explique le redoublement du n.
  • < espagnol anona, annona, anón, hanón. Oviedo (publié en 1851) écrit hanón, Las Casas annona.
  • < anón, nom probablement taïno d'Hispaniola appliqué à plusieurs Annona, dont Annona squamosa.

Anthericum

  • Chez Théophraste (I 4, 3), ἀνθέρικος - antherikos est l'asphodèle, Asphodelus aestivus.
  • Verpoorten, J. M., 1962. Les noms grecs et latins de l'asphodèle. Ant. class., 31 : 111-129.

Apera

Aphanes

  • Genre créé par Linné dans Hortus cliffortianus. Sans étymologie.
  • Transcription du grec άφανής - aphanes, « qu'on ne voit pas » (Bailly, p. 138), les inflorescences étant cachées dans les stipules.

Arabis

  • Nom retenu par Linné en 1753 (déjà dans Flora lapponica mais pas dans Hortus cliffortianus).
  • Déjà employé par Caspar Bauhin et Jean Bauhin.
  • < ἀραβίς - arabis (génitif ἀραβίδος - arabidos) apparaît comme une variante de δράβη - drabê dans certains manuscrits de Dioscoride, qui désigne Lepidium draba. Il s'agirait donc d'une confusion entre le alpha (Α) et le delta (Δ) majuscule en grec, doublée d'une étymologie populaire.
    • Dodoens en fait la remarque en 1583. De Draba sive Arabi. Graeci Δράβη dicitur, vel Ἀραβίς facili lapsu ex Δ in Α. (Stirpium historiae pemptades sex, 5, 4, 22).
  • Voir Draba.
  • Etymologie populaire : Arabis serait une "plante d'Arabie". Comme cela n'a aucun sens, certains auteurs ont avancé que la plante était adaptée aux terrains secs comme ceux de l'Arabie. Il est étonnant de voir encore cette étymologie, alors que la question est élucidée depuis 1583.

arbousier

  • Vient de arbouse et du suffixe -ier dénotant un arbre fruitier (CNRTL).
  • Arbouse est issu du provençal arbousso, « fruit de l'arbousier », issu de arbous, arbouse, de l'adjectif latin arbuteus, « de l'arbousier », employé comme synonyme de arbutus (CNRTL).

Arbutus

  • D'origine inconnue (André p. 22).
  • Vient d'un mot méditerranéen d'origine inconnue (Genaust, p.73).

Arctostaphylos

  • Nom de genre Arctostaphylos introduit par Adanson, 1763, Familles des plantes, 2: 165. (nom. cons.). C'est Adanson qui a stabilisé le nom.
  • Le nom vient de Galien, Médicaments composés selon les lieux, livre VII, cap. 4 (édition Kühn vol. XIII, p. 83-84), sous la forme ἄρκου σταφυλὴ - arkou staphulê, où arkou est le génitif de ἄρκος - arkos, forme tardive de ἄρκτος - arktos, "ours" :
    • (13.83.17) ἡ δὲ λεγομένη (13.84.1) ἄρκου σταφυλὴ ἐν Πόντῳ γίνεται, φυτόν ἐστι χθαμαλὸν καὶ θαμνῶδες. φύλλα δὲ ἔχει ὅμοια μεμαικύλῳ, καρπὸν φέρει ἐρυθρὸν καὶ στρογγύλον, αὐστηρὸν τῇ γεύσει, τοῦτον καλοῦσιν ἄρκου σταφυλήν.
    • Quae ursi uva appellatur, in Ponto nascitur. Planta est humilis et fructicosa, folia mamaecyli, fructum ferens rubrum et rotundum, gustu austerum, quem ursi uvam appellant.
    • Ce que l'on appelle ἄρκου σταφυλὴ - arkou staphulê pousse dans le Pont, c'est une plante basse, buissonnante ; elle a des feuilles comme l'arbousier [μεμαίκυλον], elle porte un fruit rouge, rond, astringent au goût, qu'on appelle le raisin d'ours.

argemone

  • Épithète spécifique du Coquelicot argémone Papaver argemone.
  • Transcription du grec ἀργεμώνη - argemônê (Dioscoride 2, 177), plante employée pour guérir les taies oculaires (ἀργεμών - argemôn) (André p. 23).

argousier

  • Attesté en français depuis 1783, en Savoie en 1585. Il s'agit d'un mot alpin, probablement d'origine préromane *arkossa ou *arkokia. FEW 21,98b, CNRTL

Aristolochia

  • Nom de genre donné par Linné en 1753 : Aristolochia.
  • Linné cite de nombreux botanistes (C. Bauhin, Clusius...) ; le nom a été constamment utilisé depuis l'Antiquité.
  • < latin aristolochia. Pline, 25, 95-96 ; usuel depuis Celse (André).
  • < emprunté au grec ἀριστολοχία - aristolokhia (Théophraste) ou ἀριστολοχεία - aristolokheia (Dioscoride, 3, 4).
  • Dioscoride donne clairement le sens : "L'aristoloche tire son nom du fait qu'elle passe pour exceller à faciliter les accouchements". Vient de ἄριστος - aristos, excellent, et λοχεία - lokhia, accouchement.

Arnoseris

arille

  • Emprunté au latin médiéval arillus « pépin de raisin » (CNRTL).

Arrhenatherum

  • Genre créé par Palisot de Beauvois, Essai d'une Nouvelle Agrostographie, 1812 p.55.
  • < formé de άρρεν - arren, mâle et άθέρ - ather arête. Le lemme de la fleur inférieure, généralement mâle, très rarement hermaphrodite, possède une longue arête dorsale genouillée.

arrowroot

  • arrowroot ou arrow-root, "racine à flèches". Nom anglais donné dans les Antilles à Maranta arundinacea parce que son rhizome servait à absorber les poisons d'animaux venimeux et surtout de flèches empoisonnées.
  • L'espèce est surtout connue pour l'amidon très fin extrait de son rhizome. Par extension, on appelle arrowroot diverses plantes sources d'amidon fin.
  • nom emprunté en français arrowroot, espagnol arrurúz, arrorúz, portugais araruta. Le français rend aussi l'allusion dans herbe aux flèches.

Arum

  • Du latin aron désignant diverses plantes : Colocasia antiquorum, Arum dracunculus, Arum italicum et Arum maculatum (André p. 26).
  • Transcription du grec άρον - aron, sans étymologie (André p. 26).

arvensis

  • Epithète retenue par Linné.
  • Du latin arvensis "des champs", dérivé de arvum, pl. arva. Arvensis est attesté chez Pline et dans le CIL, mais avec le sens "de Arva", ville de Béti, actuellement l'Andalousie.

Asperula, aspérule

  • Dérive du latin asper « rude, âpre », caractère que présente le bord de ses feuilles.

aspic

  • Emprunté à l'ancien provençal espic "lavandula spica". La forme aspic très répandue dans les dialectes vient également du provençal. Espic vient du latin spica "épi". Voir CNRTL

atemoya

  • épithète introduite en latin botanique par Mabberley en 1998 pour l'hybride interspécifique Annona atemoya.
  • < anglais atemoya, créé dans les années 1910 aux Philippines ou à Miami. Mot valise associant les noms des deux parents, ate pour Annona squamosa et la fin de cherimoya pour Annona cherimola.
  • Voir atte et cherimola.

atte

  • nom d’Annona squamosa, la pomme-cannelle, en français régional de la Réunion et de Maurice, devenu zat en créole (Beniamino ; Baker & Hookoomsing). L'arbre s'appelle attier.
  • C'est typiquement un terme de voyage, que l'on retrouve au Brésil, en Inde et aux Philippines.
  • Il vient de l'espagnol du Mexique ate, mais au départ, c'était un terme générique pour des pâtes de fruits. D'après Santamaría (1974, p. 92), il serait issu par aphérèse de la série membrillate, "pâte de coing", guayabate, "pâte de goyave", duraznate, "pâte de pêche". Santamaría situe aux Philippines l'application du nom à la pomme-cannelle, mais c'est improbable, car ce sens se trouve partout hors du Mexique. La diffusion aux Mascareignes et en Inde est logiquement due aux Portugais.

Atuna

  • Nom de genre créé par Rafinesque : Atuna racemosa Raf. (1838).
  • Rafinesque donne son étymologie : Atun de Rumphius 1, 66.
  • L'Atunus pinguis s'appelle Atun mamina en malaisien et ambonais ; le nom vient probablement du mot Hatu "pierre" parce que le fruit ressemble plus à une pierre qu'à un fruit ". Rumphius, Herbarium Amboinense, 1, 66, 172.

aubépine

  • Vient du latin populaire albispinus, aubépine, lui-même formé des mots latins albus, blanc, et spinus, le prunellier.

aucuparia

  • Épithète spécifique de Sorbus aucuparia, le sorbier des oiseleurs.
  • Vient de aucŭpĭum « chasse aux oiseaux » (Gaffiot p. 186).
  • Les tendeurs disposaient leurs filets dans l’arbre pour capturer grives et merles.

aulne

  • Vient du latin alnus et de l'influence de mots francs issus d'alisa.

aunée

  • Dérive de l'ancien français eaune, lui-même emprunté au bas latin helena, elena, elna, résultat du croisement du latin inula « aunée » (Pline, Nat., 19, 62 ds TLL s.v., 239, 44) avec le latin helenium, de même sens (CNRTL). Voir également l'étymologie de Inula et de helenium.

aurantium

  • épithète donnée par Linné (1753) à la bigarade ou orange amère, Citrus aurantium. Ferrari (1646, Hesp. 474) serait le premier à avoir utilisé cette forme. Auparavant, C. Bauhin (1623, Pinax, 436) écrit Malus Arantia major, et J. Bauhin (1650-1651, I, 1, 97) Arantia malus. (Genaust).
  • < emprunté à l'italien arancia, et modifié par attraction du mot aurum, "or", le fruit étant de la couleur de l'or.
  • < arabe نارنج - nāranǧ, le n initial ayant été perçu comme le n de l'article indéfini : una narancia > un'arancia.
  • < persan نارنگ - nārang
  • < sanscrit नारङ्ग - nāraṅga, aussi nāriṅga, nāga-raṅga (Monier-Williams). Cette dernière forme signifie littéralement "couleur de serpent", mais le mot pourrait être d'origine dravidienne (tamoul narangam, malayalam naregam).
  • > de l'arabe viennent l'espagnol naranja, portugais laranja, grec byzantin νεραντζιά - nerantzia (d'où le vénitien naranzo), italien arancia.
  • le français orange, anciennement arenge, a aussi subi l'influence de or. Il a été emprunté par l'anglais orange. Devenu adjectif de couleur, il a aussi été emprunté par de nombreuses langues. (FEW, 19: 138).
  • l'allemand Pomeranze vient de pomum arantium ou poma arancia.
  • Jusqu'au XVIe siècle, le mot désignait seulement la bigarade. A l'arrivée de l'orange douce Citrus sinensis importée de Chine par les Portugais, il est passé largement à cette espèce.
  • Le nom de genre Naregamia dérive du naregam de Rheede, Catunaregam dérive du katou-naregam de Rheede, et Naringi d'une autre langue indienne.

australis

  • Latin classique australis : "du midi, méridional, austral" (Gaffiot). L'adjectif dérive de auster, qui désignait un vent du sud. Il s'oppose à borealis, dérivé de boreas, un vent du nord.
  • Le sens a beaucoup évolué. Au début, c'est simplement "du sud", et on est toujours au nord d'un sud. Ensuite, les Romains ont spécialisé le sens en "méditerranéen", voire "du sud de la Méditerranée", "de la Libye".
  • A la Renaissance, quand on a découvert que la terre était ronde, australis s'est spécialisé au sens de "qui a rapport, qui appartient à la partie sud du globe terrestre" (TLFI), autrement dit, "de l'hémisphère sud".
  • une ultime spécialisation a conduit australis à signifier australien (= "de l’Australie").
  • On retrouve tous ces sens dans les épithètes botaniques. Il en résulte que la traduction par le français austral, si elle est simple, ne correspond pas forcément au sens actuel de l'adjectif français.

NB. En français contemporain, boréal et austral sont utilisés pour qualifier les deux hémisphères. Par contre, septentrional et méridional qualifient la position relative d'un territoire par rapport au locuteur.

Avena

  • d'origine indo-européenne (André, p. 30).

azadirachta, azedarach

Epithètes retenues par Linné simultanément pour deux espèces :

  • Melia Azedarach (Sp. Pl. 384) (Melia azedarach)
    • Azedarach. Dod. pempt. 848.
  • Melia Azadirachta (Sp. Pl. 385). Hort. cliff. 161. (Azadirachta indica)
    • Azedarach foliis falcato-serratis. Burm. zeyl. 40 t. 15.
    • Azadirachta indica, folio fraxini. Breyn. ic. 21. t. 15.

Ce sont deux variantes d'un nom persan, diraḵẖti āzād, de درخط - diraḵẖt (Steingass) ou درخت - darakht (Moallem), "arbre", et آزآد - āzād, "libre, indépendant, noble". Le sens exact de ce qualificatif n'est pas clair : désigne-t-il un arbre qui pousse seul, au lieu de venir en forêt ? Pour le TLFI, c'est un "arbre qui pousse à l'état sauvage", mais c'est loin d'être le seul.

Linné a repris le nom de Dodoens, qui cite Mattioli. Ces deux derniers citent Avicenne, qui semble bien être l'auteur qui a transmis le nom à l'Occident (voir la page Melia azedarach).

Azadirachta indica a ensuite été assimilé à Melia azedarach par les botanistes. Breyne (1678, 1739) distingue ainsi Azadirachta indica, "espèce nouvelle" qu'il compare à Azadirachta syriaca, qui est Melia azedarach.

  • Fausse étymologie : Genaust penche pour un dérivé du latin cedraceus avec l'article arabe al-, par analogie avec Cedrela odorata. C'est une conjecture gratuite qui ne repose sur aucune donnée.

azarolus

  • épithète retenue par Linné pour Crataegus azarolus en 1753.
  • < arabe az-za'rūr, az-zu'rūr, qui désigne cette plante
  • mot emprunté par les langues romanes occidentales : français azerole, azérole ; italien azzeruolo, lazzeruolo / azzeruola, lazzeruola ; espagnol acerola / acerola ; catalan atzeroler / atzerola ; portugais azarola, azerola.
  • l'espagnol acerola a servi dans les Antilles à désigner une autre plante, Malpighia glabra.

B

baccata

  • Épithète spécifique de l'If, Taxus baccata.
  • Du latin bacatus « fait avec des perles » (Gaffiot p. 203).

badamier

  • Nom français de Terminalia catappa (Littré).
  • Dérivé de badam, par l'intermédiaire du néerlandais (Stavorinus, Voyages dans l'archipel des Molucques (1768 à 1778). Trad. du hollandais par Jansen. 2e éd., t. II, p. 20), qui écrit "J'ai remarqué que ... à Surate, on emploie pour cet effet [petite monnaie] des amandes appelées badams".
  • < emprunté au hindi बादाम - bādām, lui-même emprunté au persan بادام - bādām, nom de l'amande, Prunus dulcis. (FEW 19: 15, Devic, 1876).
  • En hindi, bādām doit avoir les deux sens, la badame étant deṡī bādām, "amande-pays".

baguenaudier

  • Formé de baguenaude, le fruit, et du suffixe -ier, déterminant les arbres fruitiers.
  • Baguenaude vient probablement du languedocien baganaudo, qui désignait le fruit. Origine douteuse, cf. discussion dans CNRTL baguenaude

baillarge

  • français baillarge, baillar, orge à deux rangs.
  • < ouest du domaine occitan bailharc, balhart, balharga
  • < latin balearicus (FEW I,214 balearicus).

baladur

  • Nom arabe de Semecarpus anacardium, depuis Avicenne (XIe siècle). Chez Ibn al-Baiṭār au XIIIe siècle, بلازر — balāḏur et Sérapion en 1473, Baladar - balâdir - بَلاَدِر.
  • < persan بلادر - balādur
  • < sanscrit भल्लातक - bhallatakah
  • Le nom persan est passé non seulement à l'arabe, mais aussi à l'ourdou et au turc baladur. C'est l'origine du nom de famille Balladur, porté par l'ancien Premier ministre français, originaire de Smyrne, où l'un de ses ancêtres devait être un droguiste vendant ces noix de marquage.


Barbarea

  • Retenu par Linné (1753) comme épithète de Erysimum barbarea (Barbarea vulgaris), et élevé au rang de genre par Scopoli (1760), nom. rejic. et W. T. Aiton (1812), nom. cons.
  • Linné cite Bauhin, Pinax, 98, qui serait le premier à utiliser ce nom.
  • Déjà en 1542, Fuchs écrit Sanctae Barbarae herba.
  • On trouverait déjà barbarea en latin médiéval, mais ce pourrait être une latinisation d'un nom roman, car il est répandu dans de nombreux dialectes français et italiens (voir Rolland).
  • La fête de la Sainte-Barbe, très populaire jadis, tombe le 4 décembre. Le sens serait donc d'un cresson que l'on mange à l'époque de la Sainte-Barbe (en latin Sancta Barbara), c'est-à-dire en hiver. (Marzell, Genaust).
  • La barbarée s'appelle aussi herbe des charpentiers ou herba carpentaria, car elle avait la réputation de guérir des blessures. Fuchs dit que les Allemands auraient tiré Barbarakraut de carpentaria, ce qui est difficile à comprendre. (Marzell).

barometz

Boramez de Bertuch, 1801
  • épithète de Polypodium barometz L. (1753), aujourd'hui Cibotium barometz, une fougère en arbre du Sud-Est asiatique.
  • variante : Dicksonia baranetz Link (1841).
  • < russe баранец - baranec, "petit mouton", de баран - baran, "mouton". Ce nom désigne aujourd'hui des lycopodes, Huperzia selago et autres Lycopodium. Il est à rapprocher du sens de Lycopodium, "patte de loup".
  • 1571. Inter Vuolgam & Iaick fluvios, circa mare Caspium, habitabant quondam Savuolhenses reges... (Tartaros)... in qua dum esset legatione, semen quoddam in ea insula, melonum semini, paulo maius ac rotundius, alio qui haud dissimile, vidisse : ex quo in terram condito, quiddam agno persimile, quinque palmarum altitudine succresceret : id quos eorum lingua Boranetz, quasi agnellum dicas, vocaretur. nam & caput, oculos, aures, cæteraque omnia in formam agni recens editi, pellem præterea subtilissimam habere, qua plurimi in eis regionibus ad subducenda capitis tegumenta uterentur, eiusmodi pelles vidisse se, multi coram nobis testabantur. Aiebat insuper, plantam illam, si tamen plantam vocari phas est, sanguineme quidem habere, carneme tamen nullam : verum carnis loco, materiam quandam cancrorum carni persimilem, ungulas porro non ut agni corneas, sed pilis quibusdam ad cornu similitudinem vestitas : radicem illi ad umbilicum, seu ventris medium esse, vivere aunt tandiu, donec de pastis circum se herbis, radix ipsa inopia pabuli arescat. Miram huius plantæ dulcedinem esse : propter quam a lupis, cæterisque rapacibus animalibus multum appeteretur. Sigismund von Herberstein, 1571, Rerum Moscoviticarum commentarii. Bâle, Oporinus. p. 99-100
  • 1680. Inter Volgam verò, & Tanaim apud Samaras populos mirabilis illa herba agnina Boranetz, quam alii Borametz perperam scribunt, generatur, cortice laneo pellem ovinam imitante : quod vellus ritè detractum, vestibus, ac manicis subsuere ad calorem sibi concilandum, proceres sueverunt. Estque tam siccæ, & calidæ indolis, ut priusquam flaccescat, alias circùm herbas arefaciat. Quapropter nonnulli feciùs edocti, sensu præsitam, & gramine vicino vesci, credidere. Jakob Reutenfels, 1680, De rebus Moschoviticis ad serenissimum Magnum Hetruriæ Ducem Cosmum tertium. Patavii, Typis Petri Mariæ Frambotti. 280 p. livre 4,chap. 2 (259 du pdf).
  • 1712. Agnus Scythicus ; s. Fructus Borometz. Kaempfer s'oppose à la légende, et signale qu'il existe dans l'est de la Méditerraanée des moutons à queue grasse, dont on fait des outres avec la peau (poils à l'intérieur). Engelbert Kaempfer, 1712. Amœnitatum exoticarum politico-physico-medicarum fasciculi V, p. 505.
  • 1801. No 5. Le Boramez, ou l'agneau de Scythie. Au commencement de ce siècle on ajoutoit encore foi à la fable, qui disoit, que dans la Tartarie et la Scythie il croissoit une plante singulière de la figure d'un agneau brun, et portée sur une tige, qui lui servoit, pour ainsi dire, du cordon ombilical. Cet agneau mangeoit, disoit-on, toutes les plantes qui l'environnoient et auxquelles il pouvoit atteindre, il périssoit ensuite et se desséchoit quand il ne trouvoit plus de nourriture. Ce qu'il y a de vrai dans cette fable, c'est que le Boramez ou l'agneau Scythe est une mousse laineuse, qui, comme plante parasite, croit souvent en grande masse, et quelque fois même sous la figure représentée ici, sur la grande fougère de Tartarie, et est d'un jaune brun. Tout ce qu'on y ajoute de plus n'est qu'un conte. Friedrich Johann Justin Bertuch, 1801, Bilderbuch für Kinder texte français, Tome 1, No 59. L'allusion à "une mousse laineuse" convient à Huperzia selago, mais "la grande fougère de Tartarie" fait penser à une fougère en arbre. L'illustration représente un "agneau" qui ressemble curieusement à la base des feuilles de Cibotium barometz, qui n'existe pourtant pas en Russie, mais s'est répandue dans les cabinets de curiosités à partir du XVIIIe siècle.
  • La légende de l'agneau-plante a fait couler beaucoup d'encre (Wikipedia). Elle serait au départ une légende juive d'Europe centrale. Le nom de baranec ou barometz ne semble pas remonter au-delà de 1571. Sa forme barometz pourrait venir d'une langue "tartare" qui l'a empruntée au russe. Le nom a été appliqué à un rhizome de fougère en arbre, façonné en forme de chien par les droguistes chinois, chien qui a été perçu comme étant l'agneau de Scythie par les botanistes (Sloane, 1698 ; Breyn, 1725). Linné a pris ce nom en 1753 comme épithète de Cibotium barometz, fougère du Sud-Est asiatique qui n'avait rien à voir avec la légende du borametz.
  • données intéressantes sur Cosmovision.


  • Sloane, Hans, 1698. A further Account of the Contents of the China Cabinet. Phil. Trans., 20 : 461 BHL ; dessin entre p. 428 et 429 BHL.
  • Breyn, John Philip, 1725. Dissertiuncula de Agno Vegetabili Scythico, Borametz vulgo dicto. Phil. Trans., 33 : 353.
  • Lee, Henry, 1887. The vegetable lamb of Tartary : a curious fable of the cotton plant, to which is added a sketch of the history of cotton and the cotton trade. London, S. Low, Marston, Searle, & Rivington. 112 p. sur BHL

basjoo

  • Epithète de Musa basjoo Siebold ex Iinuma (1874) ; Siebold a créé ce nom comme nomen nudum en 1830.
  • basjoo est la graphie néerlandaise du japonais katakana : バショウ - kanji : 芭蕉(ばしょう)- bashō, "bananier". Siebold était allemand, mais travaillait pour la Compagnie des Indes Hollandaise (VOC).
  • < chinois 芭蕉 - ba jiao.


  • Constantine, D.R., 2007. The truth about Musa basjoo. sur Pl@ntUse

benzoin

  • Epithète de :
    • Laurus benzoin L. (1753), aujourd'hui Lindera benzoin (L.) Blume (1851), espèce américaine
    • Styrax benzoin Dryand. (1787), qui est le vrai benjoin des Arabes.
  • autre forme du mot : Croton bentzoe L. (1771), aujourd'hui Terminalia bentzoe, espèce des Mascareignes.
  • Jean Bauhin, 1650, 320 : Benioinum, Benzoini resina color (en marge), aussi Benivi, Beniovin. Bauhin dit que le Ben Iudæum ("fils de Judée" de Ruel est un lapsus pour Beniaoy, "fils de Java".
  • Lobel & Pena, Adv., 1571, 311 : benzoin recentiorum.
  • Mattioli en français, 1572 : benzoin ; en italien, 1550 : belzoino, benzoino.
  • Les botanistes ont longtemps hésité sur la forme latine à donner au mot. Pour le produit, on trouve surtout benzoe. Benzoin vient du français : 1479 : benjuyn, 1538 : benioin (CNRTL).
  • < arabe لبان جاوي - lubān ǧāwī, "encens de Java", Java désignant au Moyen-Age toute l'Indonésie. Le nom arabe est entré d'abord en catalan, benjuí (1430), qui s'explique par une déglutination de la syllabe initiale lu confondue avec l'article lo (Corominas). Les Catalans importaient le produit directement du Levant. Du catalan, le mot est passé dans les autres langues européennes et au latin. Le portugais ne l'a connu qu'à partir de 1498 (Vasco de Gama) sous la forme beijoim (Dalgado).
  • Le latin benzoe a connu un sort important. Les chimistes ont appelé acide benzoïque une substance extraite du benjoin, et par dérivation, ont créé les mots benzène, benzine...


  • lubān désigne divers encens (Boswellia et autres). Il est lié à l'arabe laban, "lait caillé", la racine sémitique lbn signifiant "blanc". Le Liban tire son nom de ses montagnes couvertes de neige en hiver. Le grec a emprunté au sémitique λίβανος - libanos et λιβανωτός - libanôtos, "encens", ainsi que λιβανωτίς - libanôtis, "herbe à l'encens", qui a été repris pour le nom scientifique Libanotis. Le latin médiéval a aussi connu olibanum, devenu oliban en français.

Berberis

  • nom de genre retenu par Linné (1753), en particulier pour Berberis vulgaris, à la suite de nombreux botanistes.
  • Linné cite Bauhin, Pinax, 1623, 478, Berberis dumetorum, qui cite en particulier Avicenne.
  • Pour Dodoens, Pemptades 1583, 738, c'est le Spina acida sive Oxyacantha (avec Amyrberis en marge du dessin). Dodoens ajoute : Officinis autem hic frutex Berberis appellatur, ab Amyrberis voce depravata : recentioribus Crespinus [Ce fruit est appelé dans les pharmacies Berberis, mot corrompu venant de Amyrberis ; les auteurs récents l'appellent Crespinus].
  • En arabe, Avicenne (1052) a انبرباريس - anbarbārīs. Sérapion l'appelle اميرباريس - amyrbârīs ou انبرباريس - anbarbārīs. Pour Steingass, le mot existe en persan, mais viendrait de l'arabe.
  • Le mot existe donc anciennement en arabe. Comme l'usage des baies de Berberis est surtout répandu en Orient, il est plutôt passé de l'arabe au gréco-latin que l'inverse.
  • "origine incertaine, peut-être basé sur le nom arabe barbarī, Barābira « berbère », même si cela ne correspond pas à la véritable origine des espèces" (Genaust p. 98).

berce

  • Nom français de Heracleum sphondylium.
  • L'origine est controversée. Trois hypothèses sont évoquées
  • L'étymon de l'est de l'Allemagne Bartsch « Berce », emprunté au polonais barszcz, satisfaisant du point de vue sémantique, l'est moins phonétiquement et géographiquement, étant limité à une aire très orientale.
  • Le moyen haut allemand berz, birz attesté sous la forme barz en 1533, satisfaisant phonétiquement ne l'est pas du point de vue sémantique car il désigne une plante différente, Myricaria germanica.
  • L'hypothèse selon laquelle le nom de la plante serait issu du français berce « berceau », par analogie de forme avec la graine ne fait pas l'unanimité (CNRTL).

betle

  • épithète de Piper betle L. (1753), qui cite le malayalam beetla-codi de Rheede.
  • < malayalam veṭṭila, de même sens, qui signifie "feuille (ila) simple (veṛu) (Dalgado).
  • > emprunté en portugais sous plusieurs formes : betele (1500), betere (1502), betre (1525 ; 1563, Garcia da Orta, betle (1577).
  • La forme bétel du français apparaît (sans accent) dans Matthiole traduit par Jean des Moulins (1572), repris de Matthiole en latin de 1565. (nombreuses attestations dans Arveiller, 1963, 91-100).
  • Le latin botanique a longtemps hésité :
    • Betel (Matthiole, 1565).
    • Betele planta Piperis stirpi (Clusius, 1582).
    • Betre sive Tembul (synonymes : Betle, Betele, Betelle, Betel) (C. Bauhin, Pinax, 1623, 410).

Bifora

  • créé en 1816 par le botaniste allemand Georg Franz Hoffmann, Genera plantarum umbelliferarum, 1816, p. 191.
  • Explication p. 192 Commissura apice depressa, biforata.
  • vient du préfixe bi « deux » et d’un suffixe formé sur le verbe latin forare, « percer », parce que la commissure (jonction entre les deux akènes) est percée au sommet de deux trous.

bilimbi

  • épithète d’Averrhoa bilimbi L. (1753). Linné cite Bilimbi Rheede (1678-1703).
  • < malayalam bilimbi, repris par Rheede.
  • < malais belimbing. En fait, en malais / indonésien actuel, le bilimbi est belimbing asam, "bilimbi acide", et on appelle belimbing plutôt le belimbing manis, "bilimbi doux", qui est la carambole, Averrhoa carambola. C'est en Inde que le mot s'est spécialisé au sens d’Averrhoa bilimbi.
  • Voir carambola.

bisnagaricus

  • épithète de Globularia bisnagarica L. (1753). Linné cite Scabiosa bisnagarica Pluk. alm. 336, t. 58, f. 5 (Plukenet, 1691, Phytographia, t. 58, f. 5), et ajoute "Habitat in Bisnagariæ sylvis" [Habite dans les forêts de Bisnagar].
  • Au XVIIIe siècle, Bisnagar était le nom donné par les Portugais à une ville et un royaume de l'Inde du Sud (voir Wikipedia). Pour William Stearn (Geographical names used in the Species Plantarum, 146, in Species Plantarum Fac-simile, London, 1957) : "identity uncertain but possibly Chandragiri, 75 miles WNW. of Madras, Southern India, this being marked on d'Abbeville's map of 1652 as 'Bisnagar a Chandegry' and being from v1565 onwards the seat of the dispossesed rulers of Vijayanagar."
  • Le nom indien est Vijayanâgara, qui signifie la "Cité de la victoire". Cette ville ancienne est située dans le Karnataka.
  • Lectotypifié par Milletti, N. & E. Jarvis, C., 1987. Linnaean Names in the Genus Globularia L. (Globulariaceae) and Their Typification. Taxon, 36 (3) : 635-639.
  • Linné cite Plukenet, mais on ignore si ce dernier pensait vraiment que cette plante venait de l'Inde, ce qui est hautement improbable.
  • Voir The Linnaean Plant Name Typification Project.

blé

  • aujourd'hui en français, blé désigne le blé tendre et plus généralement l'ensemble des blés (Triticum).
  • Chez Olivier de Serres (1600), bled désigne l'ensemble des céréales et des plantes à graines.
  • Le mot a pris le sens de "céréales" vers le Xe siècle. Auparavant, il désignait tout type de récolte.
  • < hérité du francique blād, "produit de la terre" (Rey).

Blitum

  • Andrews, A.C., 1948. Orach as the spinach of the classical period. Isis, 39 (3) : 169-172.
  • Amigues, Suzanne, 1988. HP 1, 14, 2, note p. 112.

bois gentil

  • nom français de Daphne mezereum, ainsi que bois joli ou joli bois.
  • Le FEW 15, 1 : 205 donne Gesner, 1542, 24, 128 comme première attestation en français. Catalogus plantarum donne pour Thymelaea (p. 127-128) : Une sorte de bois gentil, ut Sabaudi vocant [comme disent les Savoyards] en ligne à Zürich
  • Le qualificatif de gentil peut signifier "noble", ou "petit" par rapport au laurier. En effet, cette espèce a été aussi appelée chamaedaphne ou laureola, "petit laurier". La plante a aussi été qualifiée d'"élégante".
  • L'explication la plus plausible semble être "bois joli". Gentil au sens de "beau, joli" est attesté un peu partout en France, mais c'est surtout en Suisse et en Savoie que bois gentil sert à désigner des plantes, Daphne mezereum mais aussi Rhododendron ferrugineum (FEW, 4, 111, sous 4. Anmutig, schön. et Rolland).

bonduc

  • Epithète de Guilandina Bonduc L. (1753) (Guilandina bonduc).
  • Linné cite Charles Plumier, 1703, Nova plantarum americanarum genera, p. 44, qui écrit Bonduc est nomen Indicum. Jacob. Zanoni Hist. 1675, Botan. 44, fig; 17. Dans Zanoni, 1742 p. 53, on a Bonduch pianta Indiana, et tab 35 : Bonduc Frutice Indiano.
  • Le nom vient de l'arabe بندق هنديbunduq hindī, la "noisette indienne", utilisé en Egypte. On trouve ce nom chez Ibn al-Bayṭār (XIIIe), mais son Traité des simples n'a pas été connu en Europe avant l'époque moderne. J'ignore par quel ouvrage ce nom arabe s'est introduit en Europe.
  • En arabe, le nom le plus courant est رتة - rata (Avicenne, Maïmonide, Ibn al-Bayṭār), qui viendrait du hindi रीठा - rīṭhā, où il désigne en fait les noix de lavage (Sapindus spp.).
  • Certaines sources disent que le nom arabe bunduq hindī viendrait du moyen-persan pondik (MacKenzie, D. N., 1971, “pondik”, A concise Pahlavi dictionary, London, New York, Toronto: Oxford University Press, p. 69). Je n'en vois pas la nécessité. Les Arabes ont emprunté de nombreux mots grecs sans avoir à passer par le persan. Quand une autre langue a servi de relais, c'est plutôt l'araméen. En persan, la noisette se dit فندق - funduq ou بندق - bunduq, et le bonduc bunduqi hindī (Steingass).
  • L'étymon est le grec κάρυον Ποντικόν - karuon pontikon, "noix du Pont", qui se trouve chez Dioscoride (1.125) et Galien.

Borago

  • moyen latin borrago, accusatif borraginem, utilisé par les botanistes pour Borago officinalis. D'après Marzell (626), ce mot se trouve pour la première fois dans Pandectae medicinae de Matthaeus Silvaticus (ca. 1317) (Ascherson, 1864, 439).
  • Matthaeus Silvaticus ne donne aucun synonyme, et sa notice est courte. Pour lui, la bourrache est "satis nota", bien connue. Le fait que l'auteur privilégie les noms arabes des plantes plaide pour un étymon arabe.
  • Linné (1753) a choisi la graphie Borago, et cite Bauhin avec cette graphie. Mais Bauhin (Pinax, 256) a Buglossum italicum, Borrago, et Linné lui-même utilise Borrago dans Hortus Cliffortianus (44).
  • < arabe ابو ءرق - ābū 'araq, "père de la sueur" (Littmann, Morgenl. Wörter im Deustschen, 83). Ce n'est pas le nom habituel de la bourrache en arabe. Qui l'a utilisé ? Absent d'Avicenne, Maïmonide, Sérapion, Ibn al-Baitar. Bellakhdar signale būẖriš, ābūẖriš (Tunisie, Boukef, 1986), qu'il fait venir de ābū-ra'š. Mais ce ra'š ou rāǧ (suggéré par Lokotsch, 1927, 13) est absent des dictionnaires arabes.
  • Un autre étymon proposé est burra (français bourre, italien borra), par allusion aux poils rugueux, avec le suffixe -ago commun dans les noms de plantes ; mais Meyer-Lübke (1412) dit que la dérivation n'est pas historiquement fondée.
  • Du latin vient l'italien borraggine > provençal borratge > français bourrace, bourrache, anglais borage, allemand Borretsch (FEW, 1: 442).

botryoides

  • Epithète de Muscari botryoides, le "Muscari en grappes".
  • < grec ancien βοτρῠώδης - botruôdês, βοτρυοειδής - botruoeidês, ce dernier devenant en latin botryoides. le sens est "qui ressemble à une grappe de raisin" (βότρυς - botrus), et non "qui ressemble à Dysphania botrys", le βότρυς - botrus de Dioscoride.
  • En fait, Linné et les pré-linnéens distinguaient des Hyacinthus dont les uns étaient corollis ovatis, corollis campanulatis, corollis infundibuliformis et... corollis globosis. Ce sont ces derniers qui sont les muscaris. Mais tous les muscaris ont ce type de fleurs serrées et en cloche. Ce qui faisait sens dans "Hyacinthus en grappes" ne le fait plus guère dans Muscari en grappes.
  • Grappe (ou plutôt botrys) désigne ici un ensemble d'objets ronds serrés les uns contre les autres.

botrys

botrytis

  • Epithète variétale du chou-fleur, Brassica oleracea L. var. botrytis L. (1753).
  • Botrytis est dérivé du grec ancien βότρυς - botrus, "grappe de raisin". Ce dérivé n'est attesté ni en grec ni en latin.
  • Lobel (Kruydtboeck, 1581 appelle le chou-fleur Brassica florida Botrytis, Choufleury.
  • Dodoens (Cruijdeboeck, 1554, chap. DLCCCIV) l'appelle Brassica Pompeiana aut Cypria, Bloemkoolen. Dans (Pemptades, 1583, chap. 5.1.7, p. 613), cela devient Brassica cauliflora, Choux floriz.
  • De toute façon, aucun terme ne désignait le chou-fleur au Moyen-Age, car il n'était pas encore introduit en Europe.
  • Botrytis est aussi le nom d'un genre de champignon comme Botrytis cinerea, et l'épithète d'une clavaire (champignon), Clavaria botrytis Pers., aujourd'hui Ramaria botrytis (Pers.) Ricken. Dans ce dernier cas, l'épithète fait allusion au "chou-fleur" lui-même, et non plus à la "grappe de raisin".

bouleau

  • Dérive de l'ancien français boul désignant cet arbre, par allongement, classique au Moyen-Âge, avec le suffixe -eau, peut-être pour éviter une confusion avec boule. Cette racine est issue du latin vulgaire betullus, inspiré du latin classique betulla, d'origine gauloise.

bourdaine

  • Altération de l'ancien normand borzaine, d'origine obscure.

Bromus

  • Nom de genre appartenant à la famille des Poaceae.
  • Emprunté au latin bromos « sorte d'avoine » (CNRTL, FEW I,557 bromos), lui-même emprunté au grec βρόμος - bromos, désignant l'avoine (Théophraste).
  • Plusieurs auteurs donnent comme origine βρέμω « gronder » parce que la plante protégerait de la foudre mais cette hypothèse n'est pas vérifiée (André, p. 38).

bruyère

  • Vient du latin populaire brucaria, formé de brucus, bruyère et du suffixe -aria. Brucus serait issu du gaulois bruco, qui pourrait lui-même venir d'un mot celtique *vroikos.

bryone

  • Emprunté au latin bryonia.CNRTL

Bryonia

  • Emprunté au grec βρυωνία, de βρύω, pousser (André p. 39).
  • En grec, c'est le nom du tamier, Dioscorea communis.

bugle

  • Emprunté au latin médiéval bugula ultérieurement attesté sous les formes bucla et bugla probablement à rapprocher du latin tardif bugillo, car on trouve la variante bugula ; ces deux termes semblent désigner la même plante (Rolland, Flore populaire, t. 8, p. 176) CNRTL.

Buglossoides

  • Formé de la racine bugloss- et du suffixe oides indiquant la ressemblance.
  • Le latin būglōssos est emprunté au grec βούγλωσσον boǘglosson « langue de bœuf », pour la forme des feuilles (André, p. 40).

buis

  • Buis est issu des mots latins bŭxus ou bŭxeus, forme adjectivée, du grec πύξος (puxos). Buxus désigne un arbuste persistant aux feuilles vert foncé luisant. FEW I, 666 būxus

bulbocastanum

  • épithète spécifique de Bunium bulbocastanum.
  • étymologie donnée par Caspar Bauhin dans Pinax, 1623 p. 162, mais le nom était déjà utilisé auparavant.
  • viendrait du grec βολβοχαστάνιον - bolbokastanion de Trallianus, Alexandre de Tralles : a radicis figura bulbosa & sapore castaneas experimente « parce que les racines ont une forme bulbeuse et ont le goût de la châtaigne ».

bulbosus

  • « bulbeux, tubéreux » (Gaffiot, p. 231).

Bunium

  • Nom générique déjà attribué par Rembert Dodoens, selon Linné, Hortus cliffortanius.
  • Forme latinisée du bounion de Dioscoride (André, p. 41).

Butomus

  • Issu du latin butomos, transcription du grec βούτομος - boutomos « qui coupe [la langue du] bœuf », les feuilles étant coupantes (André p. 42).

C

Calamintha

  • nom de genre retenu par Miller (1754), mais passé en synonymie de Clinopodium.
  • < latin classique calamintha, aussi calaminthe, calamentum ; désigne des Clinopodium.
  • < grec καλαμίνθη - kalaminthê (Dioscoride, 3.35), aussi καλάμινθος - kalaminthos.
  • < Pour Chantraine et André, le mot serait formé de κάλαμος - kalamos, "roseau" et μίνθη - minthê, "menthe" par haplologie ; mais on ne voit pas en quoi ces plantes ressemblent à un roseau. Par contre, si on lit καλή μίνθη - kalê minthê, "jolie menthe", le sens est plausible.
  • > français calament.

calcitrapa

  • Epithète de Centaurea calcitrapa L. (1753). Ultérieurement, les botanistes ont donné cette épithète à pas moins de 18 espèces, la plupart à fortes épines.
  • Linné cite de l'Ecluse, 1601, Rariorum plantarum historia, Livre 4, VII : Carduus muricatus vulgo Calcitrapa dictus [Chardon épineux, appelé populairement Chausse-trape].
  • Le FEW 2, 65 donne les attestations suivantes : chauche-trepe, fin XIIIe, chausse-trape, 1400, calcatrippa, gloses du Xe, et ajoute : "ces chardons sont si piquants que, quand on marche dessus avec les pieds nus, on sursaute". Le mot serait formé de chauchier, calcare, "marcher dessus", et treper, trippon, "sauter" (dérivé : trépigner). Il existe aussi en italien.
  • C'est donc un nom populaire apparu au Moyen-Age, et repris par les botanistes pré-linnéens.
  • Un deuxième sens existe, celui de "piège pour animaux, muni de pointes". Ce sens serait un calque sémantique du latin tribulus.
  • Voir aussi CNRTL et TLFI.

calcitrapae

  • Par contre, Valeriana calcitrapae L. (1753), aujourd'hui Centranthus calcitrapae, doit son nom à ses feuilles qui ressemblent à celles de la centaurée ; la plante n'est pas du tout piquante. Linné cite Caspar Bauhin, 1671, Pinax, 164 : Valeriana foliis calcitrapae [Valériane à feuilles de chausse-trape].
  • Bauhin cite de l'Ecluse, 1601, Rariorum plantarum historia, LIV, Chap. XXXVII : Valeriana annua seu æstiva. instar foliorum Calcitrapem vulgo appellatem, sive Cardui muricato capite [Valériane annuelle ou d'été, appelée Calcitrapa pour ses feuilles, ou Chardon à tête épineuse]
  • Linné a gardé le génitif calcitrapae d'après Bauhin. Le sens est donc "valériane à feuilles de chausse-trape".

Calepina

  • Nom créé par Adanson en 1763 dans Famille des Plantes, p. 423. Étymologie inconnue.
  • Flora of North America cite comme étymologie le grec χαλεπαίνω - khalepainô, "être rude, désagréable", qui serait utilisé par Théophraste.
  • Pourquoi pas dédié à Ambrogio Calepino, auteur italien (XVe) d'un dictionnaire renommé pendant plusieurs siècles.

Calluna

  • introduit en latin botanique par Salisbury (1802, Trans. Linn. Soc. London, 6: 317) pour le genre Calluna. Salisbury écrit : "Callunam appellavi, ob usum ejus frequentissimum in scopis conficiendis" [Je l'ai appelée Calluna en raison de son usage très fréquent pour fabriquer des balais] (voir Wiley).
  • < viendrait du grec καλλύνω - kallunô « rendre beau, nettoyer », lui-même dérivé de κάλλος - kállos « beauté » (Genaust p. 118).

Caltha

  • Caltha palustris L. (1753). Linné cite :
    • Caltha palustris Bauhin, Pinax 276. (et Dodoens Pemptades 598 dans Hortus cliffortianus 228)
    • Populago major Tabern. ic. 750 (et Populago flore majore Tourn. Inst. 273 dans Hortus cliffortianus 228)
  • Nom latin de Glebionis coronaria d'après Dioscoride, 4.58RV.1.
  • Bauhin, Pinax, 1623, 276 distingue plusieurs Caltha, dont :
  • Dodoens, Stirpium historiae pemptades, 1583, p. 253 a un article De Calendula sive Caltha, avec des illustrations d'un Calendula et d'un Tagetes, mais pas de Caltha. Par contre, en 1616, p. 599 apparaît un Caltha palustris. Dodoens ajoute que Valerius Cordus l'appelle Caltha palustris.
  • Caltha est un nom latin qui a pu désigner plusieurs plantes à fleurs jaunes. Il n'a pas d'étymologie connue, mais il est tentant de le rapprocher du χάλκας - khalkas de Dioscoride, 4.58RV.1. χρυσάνθεμον - khrusanthemon signifie "fleur d'or", et χρυσάνθεμον, χάλκας - khalkanthemon, khalkas "fleur de cuivre".

cambricus

  • cambricus, -a, -um. Nom d'espèce créé par Vig. (L.G.A. Viguier)
  • Dérivé du latin Cambria "Pays de Galles", < moyen gallois (12e-14e s.) Cymry "les Gallois".

Camelina

camphora

  • épithère de Cinnamomum camphora
  • < latin médiéval cafora IXe s., mais aussi camphora, FEW XIX,77-78 (kāfūr)
  • < arabe الكافور - al-kāfūr (Ibn al-Baytar). L'espagnol dit alcanfor ; le n ou m doit venir d'une forme arabe parallèle. Le persan a كافور - kāfūr.
  • < sanscrit karpūra (Steingass), pali kappūra (Rhys Davids & Stede)
  • < vieux malais kapur barus, "craie de Barus", qui désignait le camphre de Bornéo, Dryobalanops aromatica. En indonésien, on a kapur hidup, "chaux vive", kapur batu, "gypse" (Labrousse). Le camphre s'est appelé ainsi parce que c'était une poudre blanche. Barus est un ancien port de Sumatra qui exportait le camphre vers l'Inde. En malais moderne, kapur est devenu le nom de tous les arbres du genre Dryobalanops.
  • Voir l'OED pour le nom anglais camphor et EtymArab pour le nom arabe kāfūr.

camphrier

  • < latin médiéval camfora
  • Voir camphora.

caprifolium

  • Épithète spécifique d'un chèvrefeuille, Lonicera caprifolium.
  • Le nom latin caprifolium n'apparaît qu'au Moyen Age dans les Scolies de Terence avant le IXe s. mais désigne le troène. Comme nom du chèvrefeuille, il n'est attesté que depuis le XIIe s. et est limité au gallo-roman. Il est possible que cette limitation soit due à un emprunt/traduction d'un gaulois *cabr-ostos "troène", attesté dans des parlers du Nord de l'Italie. FEW II,308 caprifolium "liguster"
  • Il y a la mention caprolus dans un manuscrit du IXe siècle du Nord de l'Italie : Dorcadis, caprolus identifié par Ed.Bonnet p.430 comme Lonicera caprifolium L. Caprolus est conservé ou a été récréé dans plusieurs dialectes gallo-romans. Cf. Rolland Flore VI,219 çavraou

Capsella

  • nom retenu par Linné pour Capsella bursa-pastoris
  • < latin tardif capsella, qui a pu désigner aussi Physalis alkekengi et Silene gallica, deux plantes à calice accrescent comparé à une boîte (André).
  • < diminutif de capsa, "boîte".
  • Les silicules particulières de Capsella bursa-pastoris ont été comparées à une boîte ou à une bourse, d'où son nom populaire de bourse-à-pasteur.

Capsicum

  • Nom retenu par Linné en 1753 pour le piment Capsicum annuum, inconnu des Anciens car originaire d'Amérique. Nom bien établi chez les botanistes de la Renaissance. Parmi les premiers, Fuchs, Clusius et C. Bauhin.
  • Fuchs, 1542, De historia stirpivm, 731 : De siliquastro. Alia tamen est ab ea quam vulgo Piperitim appellant, ut supra etiam monuimus. Sunt qui piper Hispanum, alii piper Indianum, nonnulli etiam piper ex Chalecut vocant.
  • Fuchs, 1543, New Kreüterbuch :
    • Von indianischem Pfeffer. Indianischer oder Chalecutischer Pfeffer würdt von dem Plinio Siliquastrum / von wegen der langen unnd grossen schotten / genent : und Piperitis / darumb das sein sam am geschmack scharpff ist wie der Pfeffer... ich glaub das dis gewechs Actuarius hab Capsicum geheyssen / der ursachen halben / das sein same in den hülsen ordenlich / wie inn einer truhen oder kisten / verschlossen ist. Zu unsern zeiten würt es genent Piper Hispanum / Piper Indianum / und Piper Calecuthicum.
    • [Le poivre d'Inde ou de Calicut a été appelé par Pline Siliquastrum, pour ses gousses longues et grosses ; et Piperitis parce que sa graine est forte en goût comme le poivre... je crois que Actuarius a appelé cette plante Capsicum pour la raison que ses graines sont enfermées dans la gousse en ordre comme dans un coffre ou une boîte. De nos jours, on l'appelle poivre espagnol, poivre d'Inde et poivre de Calicut].
  • Fuchs, 1552, Plantarum effigies, 425-427 : Capsicum apparaît comme titre des images.
  • Clusius 1574 : traduction en latin de Monardes, 71 : Axi seu Capsicum. En p. 72, dessin d'un Capsicum à gros fruit, et en p. 73, dessin de Capsicum brasilianum à petit fruit.
  • Caspar Bauhin, 1623, Pinax, 101 : Capsicum seu Piper Indicum.
    • Καψικὸν Actuario, à κάπτω mordeo, quòd semen comestum mordeat, imò adurat. Plin. l. 19. c. 12 Siliquastrum, quod ob piperis saporem Piperitidis nomine sit acceptum : Axi, Indis.
    • [Kapsikon d'Actuarius, de kaptô, mordre, parce que sa sa graine mord quand on la mange, et brûle même. Pline. Siliquastrum, qui a reçu le nom de Piperitis d'après son goût de poivre.]


Discussion

  • Le verbe grec kaptô signifie plus exactement avaler.
  • On pense maintenant que le siliquastrum ou piperitis de Pline (19, 187) est Lepidium latifolium, qui s'appelait siliquastrum parce qu'il a des siliques, et est une Crucifère à goût de cresson (André). Mais pour Miller (1969), ce serait la cardamome, Elettaria cardamomum, de même que le capsicum d'Actuarius.
  • Tant Fuchs que C. Bauhin créditent Actuarius de l'usage du mot kapsikon. Le médecin grec byzantin Actuarius (ca. 1275 – ca. 1328) ne pouvait connaître les Capsicum. Mais le mot lui-même pourrait avoir été forgé en grec byzantin d'après κάψα - kapsa, emprunté au latin capsa, "boîte". Ceci expliquerait le suffixe grec -ikon. Le latin classique a en effet déjà deux diminutifs, capsula (> capsule) et capsella (> Capsella bursa-pastoris).
  • Fuchs a mis du temps avant d'adopter le nom Capsicum. Le nom n'apparaît pas en 1542, est seulement cité en 1543, et devient un titre en 1552. Cela laisse penser que c'était un terme d'apothicaires, et non de botanistes.
  • Actuarius a écrit en grec, mais ses œuvres ont été publiées en latin. La mention de Caspicum doit se trouver dans De Methodo Medendi, dont les volumes ont été publiés en 1539 et 1554. C'est à vérifier.
  • Capsicum serait donc un nom du latin de la Renaissance emprunté au grec byzantin καψικόν, lui-même formé sur κάψα - kapsa, ce dernier emprunté au latin capsa, "boîte".

capucine

  • Emprunt à l'italien cappuccino, attesté depuis 1694. Dérivé du latin cappa "genre de couvre-chef". FEW II,276 et 278

Caralluma

  • genre Caralluma créé par R.Br. Asclepiadeae 14. 1810 [3 Apr 1810] ; Memoirs of the Wernerian Natural History Society 1: 25. 1811.
  • Roxburgh, 1795, Plants of the coast of Coromandel, 28 donne l'étymologie : Car-allum of the Telingas [Car-allum des Telougous]. Il s'agit de Stapelia adscendens, aujourd'hui Caralluma adscendens.
  • Wealth of India (1992, 267) donne les noms telougous suivants : karalluma, kundeetikommulu.
  • Genaust donne comme étymon l'arabe qarḥ al-luḥūm, "blessure de chair", mais je n'ai trouvé cette expression nulle part.

carambola

  • épithète d’Averrhoa carambola L. (1753). Linné cite Carambolas Rheede (1678-1703).
  • Garcia da Orta (1563) écrit carambola en portugais, et le dit d'origine "malabar". Clusius l'a ensuite introduit dans sa traduction latine.
  • < konkani-marathi karambal, karmal d'après Dalgado ; karambol d'après Gurudeva, mais ce nom moderne pourrait avoir été influencé par le portugais.
  • < sanscrit karmaraṅga, "couleur de l'action" (d'une vie passée) (Steingass). Ce nom motivé habituellement donné comme étymon pourrait tout aussi bien être récent et relever d'une étymologie populaire, car le fruit est strictement tropical.


  • Le FEW, 20 : 99 fait venir le mot français du malais karambil, "fruit du carambolier", et donne les deux sens :
    • 1. carambola, "fruit du carambolier" 1602, carambole 1666
    • 2. carambole "bille rouge, au jeu de billard", 1792, npr. carambolo.
  • J'ignore quelle est la source du nom karambil, absent du malais / indonésien actuel, qui appelle belimbing manis, "bilimbi doux", la carambole, et belimbing asam, "bilimbi acide", le bilimbi Averrhoa bilimbi. Garcia da Orta dit d'ailleurs que le nom malais de la carambole est balimba.
  • Reste à clarifier la relation entre le nom du fruit et celui d'un billard (carambole ou karom), qui est obscure pour les linguistes. C'est au billard que l'on doit le carambolage, coup où l'on heurte deux billes à la fois, puis accident de voiture impliquant plus de deux véhicules.
  • Voir bilimbi.

caranda

  • espagnol caranda et portugais carandá, cire des feuilles de Copernicia prunifera.
  • < tupi karã'dá (Ferreira, 1986), kara'ṉa (Cunha, 1978).

carica

  • Épithète spécifique du nom du figuier Ficus carica.
  • Du grec (sukê) Karikê, la « Carie », région historique du sud-ouest de l'Asie mineure, correspondant à l'actuel région de Bodrum au Sud-Ouest de la Turquie. Des figues sèches d'excellente qualité y étaient produites (Genaust, p. 128).

carnauba

  • < portugais carnaúba, cire des feuilles de Copernicia prunifera.
  • < tupi karana-'iwa, "arbre de caraná" (Ferreira, 1986, Cunha, 1978).

Carpinus

  • Lié, par le lituanien skirptas et le vieux-prussien skerptus « orme », à la racine indo-européenne *(s)kerep « couper », en raison des feuilles dentelées (Genaust p. 130).

Caryophyllus

  • Le nom de genre Caryophyllus a été créé par Linné en 1753 pour Caryophyllus aromaticus, aujourd'hui Syzygium aromaticum, le giroflier. Miller en 1754 l'a utilisé au sens de Dianthus, œillet. C'est aujourd"hui un nomen rejiciendum, mais le dérivé Caryophyllaceae est toujours valide pour la famille de l'œillet.
  • L'étymon est le grec καριόφυλλον - karuophullon, emprunté par le latin caryophyllum. Le sens apparent du mot grec est "feuille de noyer", mais il s'agit d'une étymologie populaire.
  • Le nom vient d'une langue indienne, probablement dravidienne. Aujourd'hui, on a tamoul kirampu, malayalam karayampu, krambu.
  • L'hypothèse d'une origine sanscrite (kalikā, "bouton de fleur" et phala, "fruit") n'est pas fondée. De toute façon, le clou de girofle ne venait pas d'Inde du Nord.


  • Ses descendants et dérivés désignent diverses plantes dont l'odeur rappelle le clou de girofle.
    • girofle au sens de Syzygium aromaticum subsiste dans clou de girofle et giroflier.
    • giroflée est le nom de plusieurs Crucifères ornementales, comme Erysimum cheiri et des Matthiola.
    • Au sens d'œillet, le mot subsiste dans des dialectes français (wallon, provençal) et se retrouve dans l'italien garofano. L'allusion au clou de girofle se marque aussi dans l'usage du mot clou, comme espagnol clavel pour l'œillet, ou dans l'allemend Nelke, "œillet", à côté de Gewürznelke, "clou de girofle", dérivés de Nägel, "clou".

Casse

  • Subst.fém. Désigne en ancien fr., depuis 1256, la gousse du cassier (attesté 1512). Comme nom du Ribes nigrum, attesté depuis 1560. Vient du latin cassia "plante aromatique, arbre à cannelle", emprunté au grec κασία, κασσία "idem". CNRTL

Cassia

  • Nom latin de la casse, Cassia fistula. De cette gousse on extrayait une substance sirupeuse, noire et astringente qui servait de base de médicaments.

Cassis

  • Vient du latin cassia, un emprunt au grec κασία, κασσία "casse". Sens attesté depuis 1552, probablement introduit par les apothicaires qui remplacent la casse par le cassis Ribes nigrum. CNRTL.
  • Le -s final reste inexpliqué. Le mot s'est d'abord prononcé [kasi]. Tardivement, la prononciation a été refaite sur la forme écrite, et le nom est devenu [kasis] ou [kɑsis], avec le dérivé cassissier pour le nom de l'arbuste.
  • Dans l'attestation de 1561 cassis désigne le poivre d'Espagne. Revue d'histoire Liitéraire 6 (1899) p.296 cassis

Cassytha

  • Nom de genre retenu par Linné en 1753 pour Cassytha filiformis.
  • Linné cite Osbeck, dont les livres ont été publiés plus tard.
  • De Cassutha : aussi Cuscuta, Cassytha, arabe Kessuth, Chasuth (Dodoens, Pemptades, 1583, IV, III, Cap. XXIV, 544), qui décrit la cuscute.
  • < latin cassytas, "herbe de Syrie qui s'enroule non seulement autour des arbres, mais même autour des épines" (Pline, XVI, 244 ; mentionnée aussi à XIII, 129).
  • < grec κασύτας (Théophraste, De Causis plantarum, II, 17, 3, fautivement καδύτας ; Hésychios : κασύτας, Συριακὸν βοτάνιον, "plante syrienne") désigne une plante syrienne, et son nom a probablement été emprunté à l'araméen, contrairement à ce qu'écrit le CNRTL.
  • < araméen כִּשוּתִה , ܟܫܘܬܐ - kašūṯā (Löw)
  • > arabe kušūṯ, kušūṯā est devenu cuscuta en latin.

Voir Cuscuta.

castor

Nom anglais du ricin, ou plutôt de son huile. L'étymologie habituellement donnée fait venir huile de castor du castoreum, sécrétion de l'animal castor. Mais l'hypothèse de Grieve, qui le présente comme une confusion avec Vitex agnus-castus, paraît plus vraisemblable.

  • castor.
    • 1. The beaver. (Now rarely used).
    • 2. A reddish-brown unctuous substance, having a strong smell and nauseous bitter taste, obtained from two sacs of the inguinal region of the beaver; used in medicine and perfumery; castoreum.
    • 5. Oil of castor. (Littré has huile de castor in sense of castoreum from Paré c. 1550). Oxford English Dictionary.
  • castor oil. (Origin of name uncertain : it has been suggested that this oil actually took the place of the drug castor, or perhaps of oil of castor, in use of midwifery, etc., and thus popularly assumed its name. So 'Castor oil pills' is now a popular name for certain pills which have the same laxative effect but contain no castor oil.)
A pale yellow oil obtained from the seeds of Ricinus communis or Palma-Christi, having a nauseous slightly acrid taste; used in medicine as a purgative, and in some parts of the world in lamps. Oxford English Dictionary.
  • Castor oil plant. Gerard (1597) was familiar with it under the name of Ricinus or Kik: the oil, he says, is called Oleum cicinum and used externally in skin diseases... In the eighteenth century, its cultivation in Europe as a medicinal plant had, however, practically ceased, and the small supplies of seeds and oil required for European medicine were obtained from Jamaica. The name 'Castor' was indeed originally applied about this period to the plant in Jamaica, where it seems to have been called 'Agnus castus', though it bears no resemblance to the South European plant properly so called. Grieve, A modern herball.

catappa

Cedrus


céleri

  • Du grec σέλινον, emprunté mais rare en latin selīnon, resté vivant en Lombardie et introduit avec la plante au XVIIe siècle en France. FEW XI, 416(sélinon).

Celtis

  • Nom des micocouliers, dont Celtis australis, choisi par Linné dès le Genera plantarum (1737). Dans Species plantarum, Linné cite Celtis fructu nigricante, Tournefort Inst. 1719, 1, 612 ; et Boerhave lugdb. 2, p. 231.
  • Tournefort (1694, Elémens de botanique, 1, 485) écrit : "Il faut préférer le nom de Celtis que Turnerus a donné à cet arbre, à celui de Lotus, afin d'éviter l'équivoque". Boerhave ne fait que citer Tournefort.
  • William Turner (1551, A New Herball, 122) a une notice intitulée "Of Nettell tree or lote tree : Celtis is named in Greek lotos, is called in French as Gesner seyeth, Algiesz or ledomier, but how that it is called in English and in Dutch I cannot tell... It hath a leaf like a nettel, therefore it may be called in English Nettell tree or lote tree." Suit une reprise de Pline sur les lotus.
  • C'est donc Turner qui a repris le nom de Pline, ce qui a ensuite été entériné par Tournefort puis Linné.
  • < latin celtis, celthis, d'origine inconnue, probablement emprunté. Pline (13, 104) : Eadem Africa, qua uergit ad nos, insignem arborem loton gignit, quam uocat celthim, et ipsam Italiae familiarem, sed terra mutatam. [La même Afrique, dans la partie tournée vers nous, produit un arbre remarquable, le lotos, appelé là-bas celthis ; il est devenu aussi familier à l'Italie, mais le terrain l'y a modifié.] Pline consacre ensuite un long développement aux diverses sortes, qui incluent plusieurs Ziziphus. Quand Pline dit que "le terrain l'a modifié", il peut s'agir en fait d'une espèce différente. En tout cas, le nom celthis apparaît comme un nom africain, peut-être punique.

Cembra

  • Nom retenu par Linné pour Pinus cembra.
  • Première attestation chez Bauhin, 1671 d'après Rolland. Rémy Viredaz, écrit: "Les formes romanes à initiale sourde, dont čembro (adopté par Mattioli (en 1621 cembro) et adapté par Linné en cembra) résulteront de compromis entre la forme indigène attendue *ǧẹmbro et l’emprunt *čirmo, puis entre les (nouvelles) formes locales et diverses formes allemandes. Le prototype latin régional doit être restitué comme *giembrum (Alpes orientales) et peut-être *giambrum (Carpates). Rémy Viredaz, (Etymologie du romansch dschember "Pinus cembra")

cenelle

  • Fruit des aubépines et des houx.
  • Origine obscure.
  • Peut-être issu de acinus « baie » par l'intermédiaire d'une forme *acinella. FEW XXIV,108 (acĭnus)

Centaurea

  • Centaurea est empruntée au grec κενταύρειον - kentaureion « l'herbe du Centaure », découverte par Chiron (Isid., Orig. 17,9,33) (André p. 55).

centaurée

  • Centaurée est empruntée au latin centaurea (CNRTL).

Centranthus

  • Nom créé par de Candolle (1805, in Flore française de Lamarck et de Candolle, ed. 3., 4: p. 238). Il cite Kentranthus Neck.
  • Kentranthus. Epéron-fleur. Necker, 1790, Elementa botanica, p. 122.
  • Nom forgé par Necker à partir de κέντρον - kentron, éperon et ἄνθος - anthos, fleur. Centranthus se caractérise par une fleur dont la corolle est munie d'un long éperon. Le mot grec kentron, dont le sens premier est éperon, a désigné la pointe du compas, puis l'endroit où l'on place cette pointe pour dessiner un cercle, à savoir le centre.

Ceratocephala

  • genre Ceratocephala créé par Moench (1794!, dans Methodus plantas horti botanici p. 218. Moench donne la référence de Robert Morison.
  • En 1680, Robert Morison dans son Plantarum Historiae Universalis Oxoniensis pars secunda, p. 440 nomme une plante Ranunculus ceratophyllus feminibus falcatis in spicam adactis. et donne l'explication suivante Foliis est ter tripartitis, cervi cornua quodammodo referentibus.
  • Du grec ancien κέρας - keras, « corne » (génitif : keratos) et κεφαλή - kephalê « tête ». Littéralement « tête cornue », soit « bois du cerf ».

cerfeuil

  • Du latin classique chaerephyllum, caerefolium « cerfeuil » emprunté au grec *χαιρεφυλλον, déduit du premier, composé de χαιρω « se réjouir » et de φυλλον « feuille » (CNRTL).

Cephalaria

  • Du grec κεφαλή - kephalê « tête ». Une hypothèse est que les fleurs seraient densément disposées sur le réceptacle floral comme une tête (pdf).

chalepensis

  • épithète de Ruta chalepensis L. (1767)
  • < d'Alep, dont le nom arabe est حلب - ḥalab.

chalybaeus

  • chalybaeus, -a, -um, adjectif latin, "d'acier", d'où "bleu comme l'acier".
  • < latin chalybs, -ubis, acier (Gaffiot)
  • < grec χάλυψ - khalups, acier, dérivé de Χάλυψ, les Chalybes, nom d'une population du Pont-Euxin réputée pour ses mines et la fabrication de l'acier (Gaffiot). L'adjectif n'existe pas en grec.

chamaepitys

  • Épithète spécifique d'un bugle, Ajuga chamaepitys
  • Transcription de χαμαίπιτυς, kamaipitus « pin nain », nom de diverses plantes ayant l'odeur du pin ou de la résine (André, p. 60).

chardon

  • Du latin carduus (CNRTL) « chardon » (André p. 50).

charme

  • Issu du latin classique carpĭnus, le charme.

châtaignier

  • Attesté sous le terme judéo-français du début du XIème siècle chastenier, qui désignait cet arbre.
  • Vient de châtaigne et du suffixe -ier dénotant un arbre fruitier.
  • Châtaigne vient de chastaigne (1180), issu du latin castanea désignant ce fruit et l'arbre le produisant. Le mot latin vient du grec kastanea, lui-même issu de kastana, le châtaignier, mot originaire d'Asie mineure.

Cheiranthus

  • Nom de genre retenu par Linné (1753), aujourd'hui inclus dans Erysimum.
  • Formé de l'arabe خيرى - ẖīrī, giroflée, et du grec ἄνθος - anthos, fleur.

cheiri

  • Epithète d’Erysimum cheiri, introduite en latin botanique par Linné (1753) : Cheiranthus cheiri.
  • Déjà présent chez Cheiri flore simplici, J. Bauhin II, 21, 874 ; Thlaspi fruticosum Persicum, foliis Keiri, flore odorato, Zanoni, Hist. Bot., 196 (Genaust).
  • Emprunté à l'arabe خيرى - ẖīrī. Nom donné par Ibn al-Baytar (837).
  • Une forme maghrébine ẖairī a donné l'espagnol alhelí.
  • Le nom arabe vient du persan خيرى - ẖīrī (Steingass, 492).


Fausse étymologie : ne vient pas du grec χείρ - kheir, main. Par contre, l'épithète de Bulbophyllum cheiri vient du grec.

chélidoine

Chelidonium

  • Emprunté au grec χελιδόνιον - khelidonion dérivé de χελιδών - khelidôn « hirondelle », oiseau censé soigner les yeux de ses petits avec le suc de la plante (André p. 62).

chêne

  • Probablement issu de l'altération précoce de chasne sous l'influence de frêne. Chasne est lui-même issu du latin populaire cassanus, probablement d'origine gauloise ou prégauloise.

cherimola

  • épithète donnée par Miller (1768) à Annona cherimola, le chérimolier.
  • < espagnol chirimoya, passé au français chérimole et à l'anglais cherimoya.
  • Son origine reste controversée, quechua ou quiché. Patiño (1963, 202) ne le trouve pas dans les dictionnaires du quéchua de la Conquête. Pour Corominas (II, 369), l'arbre aurait été introduit du Guatémala au Pérou en 1629 par Cobo, qui est le premier à mentionner le mot chirimoya en 1653 (C'est cette mention du Guatémala qui a fait penser Friederici au quiché, langue maya du Guatémala). Il aurait alors reçu au Pérou un nom quechua, chirimuyu, dérivé de číri, "froid", et múyu, "objet rond", autrement dit "fruit frais". Passé en espagnol, chirimoyo serait devenu le nom de l'arbre, et chirimoya celui du fruit.
  • Voir atemoya, dérivé de ate et cherimoya.

chèvrefeuille

  • Issu du bas latin caprifolium, désignant d'abord le troène avant le IXème siècle puis le chèvrefeuille à partir du XIIème siècle. Le genre masculin s'explique par le singulier folium > fueil qui a disparu en moyen français. Peut-être s'agit-il d'un emprunt/traduction du gaulois *cabr-ostos "troène", attesté dans des parlers du Nord de l'Italie.FEW II,308 caprifolium "liguster"

chia

  • Nom espagnol de Salvia hispanica et d'autres espèces proches (voir le nom commun chia), emprunté par les langues européennes
  • < chian, nom de la plante en nahuatl

china

  • épithète de Smilax china L. (1753)
  • l'étymon est raíz da China de Garcia da Orta (1563), traduit en latin radix Chinæ par Clusius (1574), puis en italien radice China par Clusius (1589).
  • Une prononciation [kina] explique en partie que le français dise squine, esquine (FEW, 2, 638).

Chionanthus

  • Du grec khiôn, neige, et anthos, fleur. Nom créé par Linné comme traduction de l'allemand Schneebaum ou du latin arbor nivis.
    • "Le clarissime Royen a appelé cet arbre Chionanthus pour ses fleurs qui sont comme neige, car on l'appelle vulgairement Sneebaum ou arbor nivis (arbre de neige), soit que lorsqu'il fleurit, il apparaît comme de la neige et blanc de loin, soit plutôt que la terre où il habite, quand les fleurs aux corolles sessiles tombent et se répandent, attire les regards comme de la neige". Linné, Hortus cliffortianus.

chirayita

  • Epithète de Gentiana chirayita Roxb. ex J. Fleming (1810), devenu Swertia chirayita. Les botanistes ont diversement écrit chirata, chirayta.
  • < hindi चिरायता - cirāytā, चिराइता - cirāitā, noms cités par Roxburgh.
  • < sanscrit ciratikta, kiratatikta. Dérivé de चिर - cira, "long, ancien", et tikta, "amer".

Chrysanthemum

  • du grec χρυσός - khrusos « or » et ἄνθεμον - anthemon « fleur ».

Cicer

Cirsium

  • Du latin cirsion, groupe de plantes ressemblant au chardon (Pline (27,61) cité par Genaust p. 158) lui-même venant du grec kίrsion, de même sens.
  • L'étymologie populaire le fait dériver du grec kirsόs, krissόs « varices » puisque Carduus pycnocephalus soignait les varices (Dioscoride 4, 118 : krission) (Genaust p. 158).
  • L'origine serait plutôt la racine indo-européenne *(s)ker- « couper » (Genaust p. 158).

Cistanche

  • nom créé par Hoffmannsegg & Link, Fl. Portug. 1: 318. (1813-1820) :
    • "Ce nom est dérivé des deux mots Grecs : κίσος, Ciste, et ἀγχονάω, je suffoque, d'après l'analogie d'Orobanche." [en fait, ἄγχω - angkhô]
    • Autrement dit, c'est un mot valise formé de Cistus et Orobanche. L'espèce décrite par Hoffmannsegg & Link, Cistanche phelypaea, parasite les cistes.

citrodorus

  • épithète d’Aloysia citrodora Paláu (1784) "por el exquisitísimo olor de Cidra que sí despide" [pour le parfum excellent de cédrat qu'elle exhale].
  • épithète d’Eucalyptus citriodora.
  • < mot composé du latin citrus, cédrat, et odor, odeur.
  • le code de nomenclature prévoit d'ajouter automatiquement un -i de liaison quand l'élément suivant commence par une consonne, ce qui n'est pas le cas ici. On doit donc respecter l'orthographe de l'auteur.

Citrus

  • nom de genre retenu par Linné (1753).
  • < latin classique citrus, qui a eu un double sens :
    • Il a d'abord désigné des arbres à bois odorant : genévriers (Juniperus) ou Cedrus libani, connus des Grecs, puis Tetraclinis articulata connu des Romains.
    • Il s'est ensuite appliqué à un arbre au fruit odorant, le cédrat Citrus medica, premier agrume connu des Romains. Le sens s'est ensuite élargi à d'autres agrumes au fur et à mesure de leur introduction.
  • < grec ancien κέδρος - kedros (voir Cedrus), via l'étrusque, ce qui explique le passage de d à t, l'étrusque ignorant la distinction d/t. Cet emprunt s'est fait tôt, via la Grande Grèce, avec qui les Etrusques étaient en contact.
  • Le changement de sens (de cèdre à cédrat) est attribué aux juifs, qui lors de leur exode à Babylone, ont remplacé la "pomme de cèdre" (le cône du cèdre) par le cédrat en tant que fruit odorant symbolisant le "juif parfait" lors de la fête des Cabanes. κεδρόμηλα - kedromêla désigne déjà le cédrat en grec chez Dioscoride, 1, 115.
  • L'italien a conservé cedro au sens de cédrat, et appelé cedrato le produit principal du cédrat, à savoir la peau confite du fruit.
  • Le français, qui ne connaissait le cédrat que sous la forme de son produit, a donné le nom du produit, cédrat, à la plante. Le citron Citrus limon ayant longtemps été confondu avec le cédrat, le français a hésité entre limon et citron, pour finalement retenir le dernier nom. Ce choix a été emprunté par le néerlandais citroen et l'allemand Zitrone. L'allemand a alors choisi un nom composé, Zedratzitrone, "citron à cédrat", pour désigner le cédrat.
  • Par contre, l'anglais citron désigne le cédrat.



clavalier

Clematis

  • nom de genre retenu par Linné en 1753, à la suite de nombreux botanistes. Mais C. Bauhin utilise le dérivé Clematitis.
  • < latin classique clematis, qui désigne Clematis vitalba, mais aussi Convolvulus arvensis, Vinca minor, des Gnaphalium et Filago (André, 69).
  • < substantif grec ancien κληματίς - klêmatis, nom de la plante chez Dioscoride et "sarment". Dioscoride a un κληματίς ou κληματῖτις ἑτέρα - klêmatis hetera qui est la pervenche Vinca minor.
  • Dérivé de κλῆμα - klêma « morceau de bois flexible, sarment de vigne, jeune pousse ». klêma vient du verbe κλάω - klaô « briser, casser, courber ». (Chantraine).

clematitis

  • épithète de Aristolochia clematitis. Pour C. Bauhin, Clematitis était la clématite.
  • < latin classique clematitis, Aristolochia clematitis (André, 69).
  • < adjectif grec ancien κληματῖτις - klêmatitis, correspondant au substantif κληματίς - klêmatis, avec le sens de "la sarmenteuse". Pour Dioscoride, c'est un synonyme de klêmatis.

clématite

  • Appelé en vieux français clématide en 1559 puis clématite en 1572. (Rey, 739)
  • Cela traduit une double origine latine : clematis (-idis) et clematitis (-idis). (Rey, 739)

clusianus, -a, -um

Cnicus

  • Nom de genre d'une Astéracée.
  • < latin cnēcos, emprunté au grec knēkos, désignant à la fois des carthames et le chardon béni. Ce mot est issu de knekós « jaune » (André p. 69).

coggygria

  • épithète de Cotinus coggygria introduite par Scopoli (1771)
  • "commonly called coccygria" Miller (1754).
  • Cocconilea sive Coggygria Caspar Bauhin, Pinax theatri botanici, 1623, p. 415.
  • Coccigria sive Cotinus putata J. Bauhin I 4, 494. (à vérifier)
  • < latin classique coccygia :
    • coccygia... Proprietatem habet fructum amittendi lanugine (pappum uocant), quod nulli alii arbori euenit. (Pline, 13, 121).
    • [le coccygia... Il a la propriété de transformer son fruit en une masse cotonneuse, que l'on nomme pappus, ce que nul autre arbre ne fait.]
  • Le latin est emprunté au grec κοκκυγέα (ἡ) - kokkugea, de même sens chez Théophraste ou κοκκυγία - kokkugia.
  • Le nom grec a été rapproché de κόκκυξ - kokkux, (= coucou (l'oiseau)), mais la glose d'Hésychios κόκκυς· λόφος - kokkus : lophos (= aigrette) convient mieux, l'arbre à perruques étant alors "l'arbre à aigrettes". Chez Hésychios, κοκκυγία - kokkugia est aussi le nom d'une anémone, qui a également un fruit plumeux.
  • Il peut sembler bizarre que les botanistes aient retenu une forme corrompue du latin classique. Bauhin cite des formes similaires de L'Obel, Clusius et Césalpin. Dans l'édition de Théophraste par Bodaeus a Stapel (1644), Scaliger cite Coggrygia de Pline, et Robert Constantin coggygria (p. 235). Ces graphies devaient donc se trouver dans les manuscrits de Pline disponibles à la Renaissance.

cognassier

  • Dérive de cognasse, nom féminin désignant un coing sauvage, fruit du cognassier non greffé. Lui-même vient de coignasse, dérivé de coing et du suffixe -asse, utilisé pour apporter une nuance péjorative.

coing

  • Issu de codoin, emprunté au latin cotōneum malum, le coing, lui-même issu du grec κυδωνια μηλα - kudônia mêla ou μαλα - mala, pommes de Kydonia, une ville de Crète (CNRTL). Ce mot serait emprunté à un terme d'Asie mineure.

Coix

Colutea

  • Vient du grec κολυτέα - kolutea, le baguenaudier (Théophraste).

Commelina

  • nom créé par Charles Plumier (Nova Plantarum Americanarum Genera, Leiden 1703, p. 48) en hommage à Caspar Commelin.

consoude

  • Du bas latin consolida, lui-même venant de consolidare « consolider, affermir » étant donné les vertus astringentes de la plante (CNRTL).

Convolvulus

  • Nom latin du liseron des haies, Calystegia sepium.
  • De convolvere, « enrouler », en relation avec le caractère volubile de la plante (André p. 74).

coquelicot

  • Variante de l’ancien français coquerico, ancienne forme de cocorico, le cri du coq. Coquerico, attesté en 1339 au sens de « coq », est également utilisé pour désigner cette messicole pour la ressemblance de ses pétales rouges, frippés, avec la crête du gallinacé (CNRTL).

Cordia

  • Nom de genre créé par Charles Plumier, Nova plantarum Americanarum genera, 1703, p. 13, et dédié par lui à Valerius Cordus.
  • Nom repris par Linné, Hortus cliffortianus, 1738, 63 : Dicta fuit arboris familia fructu cordiformi, semineque biloculari, (ut cor) ab egregio plantarum descriptore Valerio Cordo ; an authori generis (Plumiero) notum fuerat Myxas hanc familiam intrare, vix videtur.
J'ai appelé ainsi cette famille d'arbres au fruit cordiforme et aux graines biloculaires (comme le cœur), d'après l'éminent descripteur de plantes Valerius Cordus ; j'ai à peine vu s'il était connu à l'auteur du genre (Plumier) que les Myxa entraient dans cette famille.
Autrement dit, Linné ajoute une seconde étymologie, qui rapproche Cordia de cor, cordis, "cœur".

Voir aussi myxa et sebestena.

Cordyceps

cormier

  • Vient de corme, son fruit, et du suffixe -ier désignant un arbre fruitier.
  • Corme vient probablement du gaulois corma.

cornouiller

  • Vient de cornouille, son fruit, et du suffixe -ier désignant un arbre fruitier.
  • Cornouille vient de cornum, la cornouille (Gaffiot p.432) et du suffixe diminutif -ūlla. Cornum a lui-même pour origine cornus, le cornouiller mâle, apparenté au grec kranos (André p. 75), sans doute venant d'une racine indo-européenne ker- ou kor- désignant un objet dur.

Coronilla

corossol

  • nom français d’Annona muricata.
  • attesté chez Labat (1724) : "L'arbre que les François appellent Corossolier et son fruit Corossol, se nomme Guanabo chez les Espagnols". Gautier du Tronchoy écrit Corrosolier en 1709. (Arveiller, 1963, 202).
  • semble venir du portugais coração, "cœur", terme souvent appliqué à des annones, comme cœur-de-bœuf pour Annona reticulata.

Cotinus

  • épithète de Rhus cotinus retenue par Linné (1753), et élevée au rang de genre par Miller (1754), pour Cotinus coggygria.
  • En latin classique, cotinus avait deux sens :
  • < grec κότινος - kotinos, oléastre chez Théophraste.
  • L'origine du mot grec est inconnue (emprunté ?).

coudrier

  • Autre nom français du noisetier, Corylus avellana.
  • Coudre est emprunté au latin populaire *cŏlŭrus, réfection du latin corylus (graphie hellénisante pour corulus, le mot étant considéré comme emprunté au grec) sous l'influence du celtique *collo (CNRTL).

Couroupita

cracca

  • Épithète donnée par Linné (1753) à Vicia cracca. Linné cite Cracca Rivin, tetr. 49.
  • < latin classique cracca, hapax d'après Le Bonniec, traducteur du vol. 18 de Pline :
    • Omnia haec pabularia, degeneransque ex leguminibus quae uocatur cracca, in tantum columbis grata ut pastas ea negent fugitinas illius loci fieri. (Pline, 18, 142).
    • [Toutes ces plantes sont fourragères, ainsi qu'une légumineuse abâtardie qu'on appelle cracca, dont les pigeons sont si friands qu'ils n'abandonnent pas, dit-on, l'endroit où ils en ont été nourris.]
  • Cracca serait le nom latin de Vicia cracca et "d'autres espèces de gesses" (André p. 77), ou le « grain de la vesce sauvage » (Gaffiot p. 438). Ces interprétations restent fragiles du fait qu'on ne connaît que la phrase de Pline.

Crataegus

  • Dans Théophraste, κράταιγος / κραταιγών (ὁ) - krataigos / krataigôn est l'alisier, Sorbus torminalis.
  • étymologie incertaine : ce serait un "arbre à bois dur", de kratus, "dur" et aigos à rapprocher de aigilôps, signifiant "chêne, arbre".

criste-marine

  • la première partie est une altération d'ancien provençal crête*, latin crista, du latin crēthmos « id. » (Pline ds TLL s.v., 1187, 71), critimon (Dioscoride, ibid., ligne 78), lui-même emprunté au grec κρῆθμον - krêthmon « id. » d'après CNRTL, mais les formes et les sens méritent d'être vérifiés.

Crithmum

cubeba

  • épithète de Piper cubeba L. f. (1782)
  • < latin médiéval cubeba. Sérapion (XIIe siècle) a cubebe.
  • < arabe کبابه - kabāba. Avicenne (XIe siècle) est le premier à mentionner le nom. Celui-ci serait persan pour Meyerhof, mais arabe pour Steingass. Il n'est motivé dans aucune des deux langues, mais en persan, il s'appelle aussi کباب چينی - kabāba chīnī, le "cubèbe de Chine". On ne connaît aucun nom apparenté dans les langues de l'aire malaise, d'où le cubèbe provient. Les Indiens ont repris le nom persan.
  • Genaust fait venir le nom latin du français (Aldobrandin de Sienne, 1256).

culitlawan

  • Cinnamomum culitlawan J.Presl (1825).
  • Linné a créé un Laurus culilaban L. (1771), devenu Cinnamomum culilaban (L.) J. Presl (1825), qui est peut-être une variante orthographique du précédent.
  • On trouve suivant les auteurs culilaban, culitlaban, culilawan, culitlawan, culilawang.
  • < indonésien kulit lawang, de kulit, "écorce, peau" et lawang, "giroflier", donc "écorce à odeur de clou de girofle".

Cupressus

  • Le latin cupressus est lié au grec κυπάρισσος - kuparissos, mais on ignore si c'est un emprunt par l'intermédiaire de l'étrusque, ou un emprunt commun à une langue méditerranéenne inconnue.
  • grec κυπάριττος - kuparittos (Théophraste), κυπάρισσος - kuparissos (Dioscoride, 1.74.1).

Cuscuta

Le grec κασύτας désigne une plante syrienne, et son nom a probablement été emprunté à l'araméen, contrairement à ce qu'écrit le CNRTL. Voir Cassytha.

Cyanus

  • Cyanus est issu du grec κυανός - kuanos, « lapis lazuli » et « bleu sombre » (André p. 82), au féminin "bleuet".

Cydonia

  • Nom de genre du cognassier.
  • Dans Théophraste, κυδωνία - kudônia est le cognassier, Cydonia oblonga. Au cours de l'histoire, le nom s'est prononcé successivement [kudonia], [kidonia], [kiðɔnja]. Le premier, passé par l'étrusque, a donné le latin cotonea, et le second a donné ultérieurement cydonia.

Cymbalaria

  • nom introduit par Linné comme épithète de Antirrhinum cymbalaria L. (1753), devenu Cymbalaria muralis.
  • élevé au rang de genre Cymbalaria par Hill (1756).
  • < Linné a pris le nom chez Bauhin, Pinax, 1623, 306 : Cymbalaria, à cymbalo nomen duxisse videtur : quibusdam Umbilicus Veneris alter censetur. [Cymbalaria, on voit que le nom est dérivé de cymbalum : certains estiment que c'est un autre nombril de vénus].
  • Le nom est présent chez de nombreux botanistes pré-linnéens. Il apparaît en moyen-latin. On a cymbalaris pour le nombril de Vénus dans le Pseudo-Apulée, Herb. 43. Pour Scribonius Largus 55, "quae herba similia folia cymbalis habet" [cette herbe a des feuilles semblables aux cymbales]. La forme cymbalaria a été en fait utilisée pour des cyclamens. (André)
  • En latin, cymbalum désigne un instrument de musique en forme de disque renflé au milieu, qui est devenu la cymbale.
  • Il s'est appliqué à Umbilicus rupestris pour ses feuilles rondes et peltées. Par extension, on l'a appliqué à d'autres espèces à feuilles arrondies et paraissant peltées, comme Cymbalaria muralis, et plus tard de nombreuses autres espèces, dont Veronica cymbalaria.

Cynanchum

  • Nom de genre retenu par Linné (1753). Dans Hortus cliffortianus, p. 80, il donne ses raisons :
    • Le nom Cynanchum est un mot ancien et un synonyme de Dioscoride, dérivé de la toxicité de ces plantes contre les chiens et d'autres bêtes. Je l'ai appliqué à ce genre, qui est distinct d’Apocynum. (voir l'index).

cynanchicus, -a

  • Epithète d’Asperula cynanchica donnée par Linné (1753).
  • en français, c'est l’herbe à l'esquinancie. squinancie ou esquinancie FEW

cynapium

  • épithète de Aethusa cynapium L. (1753)
  • mot hybride, formé de cyn-, du grec kuôn = chien, et du latin apium = céleri.
  • Chez Bauhin, Pinax, 1623 : 161, on trouve une II Cicuta minor petroselino similis, avec comme synonyme Petroselinum caninum Tab.
  • Marzell cite Hundspeterlein Tab. 1613, 276.
  • Chez Tabernaemontanus, 1625 : Nun ist aber der Gleiss ein Geschlecht des Schirlings/ welches der stinckende unliebliche Geruch/ und seine Kräfften genugsam anzeigen. Von deswegen wird es von den Kreutlern/ Apium caninum, Cynapium, Cynoselinum, Petroselinum caninum, und Apium adulterinum, genannt. Teutsch heisset er Hundtspeterlein/ Gleiss und stinckender Peterlein. [Voici maintenant le Gleiss, un genre de Schirling, que son odeur désagrable et puante et ses vertus signalent assez. C'est pourquoi il est appelé par les herboristes céleri de chine, persil de chien, faux-céleri. En allemand, il s'appelle persil de chien, gleiss ou persil puant.(versions de Tabernaemontanus à vérifier).
  • En conclusion, cynapium et ses correspondants (en allemand Hundpeterlein) semblent venir du jargon des apothicaires au Moyen-Age.

cynops

  • Linné a publié deux fois le nom Plantago cynops en 1753 et 1762, avec des descriptions différentes. Cela a entraîné une telle confusion que le nom est maintenant un nomen utique rejiciendum.
  • Théophraste (VII, 11, 2) a κύνωψ - kunôps / ἀχύνωψ - akunôps, "œil-de-chien".
  • Dioscoride, 4.69 donne les synonymes κυνοκέφαλον - kunokephalon ("tête de chien") et κυνόμυια - kunomuia ("mouche de chien") à l'entrée ψύλλιον - psullion.
  • L'allusion au chien se réfère aux inflorescences arrondies et velues de ce plantain.
  • cynops a été utilisé par de nombreux botanistes du Moyen-Age et de la Renaissance. Il désigne les deux espèces Plantago afra et Plantago arenaria.

pucier

  • Nom français de Plantago afra et Plantago arenaria, aux côtés de herbe aux puces, par allusion à leurs graines petites et luisantes.
  • Traduction du latin herba pulicaris, pulicaria (André), lui-même traduit du grec ψύλλιον - psullion, "petite puce", chez Dioscoride, 4.69.

cynorrhodon

  • Composé des mots grecs κύων, κυνός - kuôn, kunos « chien » et de ρόδον - rhodon « rose » littéralement « rose de chien », étant considéré par les anciens comme un remède efficace contre la morsure des chiens (CNRTL).

cytise

D

daffodil

  • Nom anglais d'apparence populaire pour la jonquille. Il vient en fait d'une mauvaise lecture d'un herbier incunable latin, où l'on lit Deaſfodilu, c'est-à-dire De asfodilu = de l'asphodèle. Le s long (ſ) a été confondu avec un f.

Delphinium

  • Emprunté au grec δελφίνιον - delphinion (Pseudo-Dioscoride 3.73a) « petit dauphin », allusion à la forme de l'éperon recourbé évoquant la cambrure du mammifère (André, p. 88).

Dianthus

  • Nom de genre Dianthus créé par Linné en 1737 (Genera Plantarum et Flora Lapponica).
  • Il s'en explique dans Flora Lapponica, 1737, 133 :
    • Dianthus quasi flos Jovis seu Flos Deorum dicitur hoc genus, ab eximio florum in certis speciebus odore & colore, quod nomen etiam antiquum synonymon est (F. B. 242.) Caryophyllus enim nobis est (C. G. 435.) caryophyllus aromaticus Tournef. cum unum nomen duobus generibus diversis conceoi [concepi ?] nequat (F. B. 217.), nec clavus Dillenii, Tunica Ruppii ab aliis receptum sit nomen, Dianthum substituo.
    • [Ce genre est appelé Dianthus, soit quasiment fleur de Jupiter ou fleur des dieux, pour l'odeur et la couleur remarquables de certaines espèces, et parce que ce nom était aussi un synonyme ancien (F. B. 242.) En effet, Caryophyllus est pour nous (C. G. 435.) le caryophyllus aromaticus Tournef. ; comme je ne peux admettre qu'un même nom désigne deux genres différents (F. B. 217.), et que je n'accepte pas clavus Dillenii, Tunica Ruppii parmi d'autres, je leur substitue Dianthus].
  • < interprétation libre du διόσανθος - diosanthos de Théophraste (HP), Dianthus diffusus d'après Amigues.

digitale

  • Emprunté au latin impérial digitalis, « qui a la grosseur d'un doigt », peut-être par l'intermédiaire du latin médiéval botanique digitale (CNRTL).
  • Doit ce nom à la forme de la corolle rappelant un doigt de gant (Rey p. 1032).

Dioscorea

Diospyros

  • διόσπυρον - diospuron dans Théophraste est le fruit de Celtis australis, l'arbre étant appelé λωτός - lôtos (Amigues, 1989). Plusieurs arbres ont été appelés lôtos, et ailleurs, ce nom signifie jujube (Ziziphus spina-christi ou Ziziphus lotus selon Amigues).
  • Διὸς πυρόν - Dios pyron dans Dioscorides (III, 141) est un synonyme de λιθόσπερμον, et a été identifié comme Lithospermum officinale.
  • Pline XVI, 123 : la faba Graeca qui à Rome, pour la douceur de son fruit, qui est en fait sauvage, mais similaire à la cerise, est appelé lotos". (traduit par André (1962)).
  • πυρός - puros est un vieux nom grec du blé. Son dérivé πυρήν - purên signifie le pépin ou le noyau d'un fruit (origine de apyrène au sens de "fruit sans graine"). Ainsi, διόσπυρον était un nom motivé signifiant "blé de Zeus" ou plutôt "grain de Dieu". Cela convient aussi bien au noyau de la drupe de Celtis qu'au fruit dur de Lithospermum. Mais le lien avec le genre Diospyros est indirect.

Pourquoi Linné a-t-il choisi le nom Diospyros pour les plaqueminiers ? Il est connu pour avoir fait des choix arbitraires simplement parce que les noms étaient disponibles. Dans ce cas, il ne pouvait pas utiliser Lotus, qu'il avait déjà choisi pour un genre de Leguminosae herbacée. Dans son Species Plantarum (p. 1057), il donne comme synonyme Lotus africana latifolia Bauhin (Pinax, p.447).

  • La source première semble être Mattioli. Dans les éditions latines de 1554, 1559 et 1562, Mattioli ne mentionne qu'un Lotus arbor ou Lotus italica, avec un dessin montrant le Celtis. Par contre :
    • dans l'édition française de 1572, on trouve p. 166 des dessins de Micoc. faus et Micoc. afric.. Le texte dit : Au reste Augier de Busbecke m'a envoyé de Constantinoble une plante, sous laquelle estoit escrit, Dattes douces & plaisantes au goust, de Trapezonde. je croi qu'il faut mettre cette plante du nombre des Lotes, veu mesmement qu'Athenee a escrit Polybe avoir dit du lotus, ce que Herodote a dit des dattes. Il ne seroit aussi, peut estre, hors de raison nombrer entre les lotes cette plante que j'ai nommee Pseudolotus, c'est à dire lotus bâtard.
    • dans l'édition latine de 1586, on trouve :
      • un dessin de Diospyros intitulé Pseudolotus, Italis loto bastardo et le texte Italiæ peregrina hæc arbor est, & raris in viridarijs habetur. (p. 156);
      • un dessin de Diospyros intitulé : Lotus africana altera, Italis, Legno santo, sed falso et le texte Habetur arbores multis in locis in Italia, è longinquis tamen regionibus allatæ. (p. 157).
    • dans l'édition italienne de 1597 apparaissent un loto (Celtis, p. 201), un loto falso (p. 201) et un loto d'Africa (p. 202), ces deux derniers étant des Diospyros bien reconnaissables à leurs calices. Il écrit (p. 202) : Fummi già mandata una pianta da Costantinopoli dal S. Augerio di Busbeche Ambasciatore dell'Imp. Ferdinando primo, sotto la quale era scritto, Dattoli di Trapezonda dolci e dilettevoli al gusto. Di questa adunque ho voluto mettere qui fra i loti la figura, per non credere io altrimenti, se no ch'ella sia una spetie.
  • On peut en conclure que Diospyros lotus a été introduit en Italie à l'époque de Mattioli, et que celui-ci l'a classé avec le micocoulier. Il ne l'a pas comparé avec la jujube, qu'il appelle zizypha. Bauhin a repris ce nom de Lotus, et Linné a gardé ce lien avec le Celtis en retenant Diospyros, qui était le nom du fruit de Celtis chez Théophraste.

Diplotaxis

  • Nom créé par de Candolle en 1821. Diplotaxis se réfère aux graines disposées sur "deux rangs".

Doronicum

  • Le nom latin serait emprunté au français. Voir :
    • Arveiller, Raymond, 1976. Philologie et étymologie: le cas du français deronique, varonig, doronic et variantes. Actes du XIIIe Congrès International de linguistique et philologie romanes, Partie 1 : 591-606.
  • Le mot français viendrait lui-même de l'arabe (Genaust).

Draba

  • Nom retenu par Linné en 1753.
  • < latin classique drabe, Lepidium draba chez Pline 27, 73.
  • < grec ancien δράβη - drabê Dioscoride, 2, 157, Lepidium draba.
  • NB. Une confusion entre le alpha (Α) et le delta (Δ) majuscule en grec, doublée d'une étymologie populaire, a donné lieu au doublet ἀραβίς - arabis (donné par Wellmann). Dodoens en fait la remarque. Voir Arabis.

dubius

  • Épithète spécifique d'un coquelicot Papaver dubium.
  • Adjectif latin dubius, -a, -um, signifiant « balançant d'un côté et d'un autre, incertain, indécis, hésitant » (Gaffiot, p. 560). Linné écrit en effet « Planta media inter P. argemone & Rhæas. Capsulis clavatis & pilis pedunculo adpressis cum P. argimone convenit & a P. rhæde differt.  »

dysentericus

  • épithète de Pulicaria dysenterica.
  • nom introduit par Linné (1753 : Inula dysenterica).
  • L'espèce était utilisée pour lutter contre la dysenterie (ce qui est confirmé par Cazin), mais Linné ne donne aucune source. J'ignore si l'espèce était distinguée chez les botanistes pré-linnéens (Helemium ?) (MC).

E

Ebenus

  • latin ebenus, ebenum.
  • < grec ancien ebenê - ἐβένη. Selon Amigues (1989), Théophraste décrit deux types d'ebenê de l'Inde, qui "incluent deux variétés, l'une au bois bon et beau, l'autre de qualité mediocre". Le premier pourrait être Dalbergia sissoo, présent en Asie centrale, et le second Diospyros ebenum, présent seulement dans le sud de l'Inde, et que les Grecs d'Alexandre n'ont probablement connu que par des objets en bois.
  • < égyptien hbnj, peut-être d'origine nubienne. L'ébène africain pourrait être Diospyros mespiliformis (Genaust).
  • L'ébène a d'abord été connu des peuples méditerranéens au travers de l'Egypte.

ebulus

  • épithète retenue par Linné pour Sambucus ebulus (1753).
  • < latin classique ebulus, ebulum. Le sens est controversé.
    • Chez Caton (37, 2), il semble que ce soit l'yèble : Ex segeti uellito ebulum, cicutam et circum salicta herbam altam uluamque ; eam substernito ouibus bubusque frondem putidam. [Dans la terre en culture, arrachez l’ebulus, la ciguë, les herbes hautes autour des saules et les herbes des marais ; faites-en de la litière pour les moutons et pour les bœufs comme feuilles malodorantes].
    • Pline (26, 120) assimile acte à ebulus, et en particulier à chamaeacte (= petit sureau).
    • Virgile (Ecl. 10, 27) : Vidimus ipsi sanguineis ebuli bacis minioque rubentem. Genaust conclut de ce vers qu'il s'agit de Sambucus racemosa, aux baies rouges. Mais cette espèce vient en montagne, et est absente des régions méditerranéennes.
  • André : "rattaché à *edh- « pointu », sous la forme *edh-lo-s « piquant », et aux noms slaves du sapin par Niedermann, Mélanges Meillet, p. 10, et par IEW 289 (cf. DELL 190), bien qu'aucun organe de la plante ne soit piquant et que l'odeur fétide ne rappelle en rien la résine."
  • > français yèble, hièble.

Echium

  • Nom de genre retenu par Linné, à la suite de nombreux botanistes.
  • latin classique echios (Pline, 25, 103), qui écrit que la plante "aide contre la morsure des vipères".
  • grec ancien ἔχιον - ekhion, dont Dioscoride, 4.27 dit que "le fruit est semblable à une tête de vipère" (ἔχις - ekhis en grec). Chez Dioscoride, ce serait Echium plantagineum et Echium rubrum.

edodes

  • épithète spécifique de Lentinula edodes, le shiitake.
  • Les mots grecs edôdos, comestible et edôdê, nourriture, eux-mêmes venant de edô, manger (Genaust, p. 222).

églantier

  • Dérive de l'ancien français aiglant « églantier » issu d'un latin vulgaire *aquilentum, dérivé irrégulier de aculeus « épine, piquant ».

elatius

  • épithète spécifique de l'avoine élevée Arrhenatherum elatius.
  • du latin elatus « élevé » (Gaffiot, p. 579).

elengi

  • Nom retenu par Linné pour Mimusops elengi (1753), qui cite Elengi Rheede dans son protologue.
  • < elengi, aujourd'hui elenji, nom malayalam dans Rheede tot Drakenstein, 1678-1703, Hortus Indicus Malabaricus, 1:33-34, t. 20.

Elephant grass

  • Elephant grass. Nom commun d'une espèce fourragère, Pennisetum purpureum. Le nom a d'abord été utilisé en allemand Elephanten grass par les colons allemands du Togo. Stapf O., 1912. Elephant grass. A new fodder plant (Pennisetum purpureum Schum.) Kew Bull.: 309-316.

ellébore

épine-vinette

  • Formé de épine, au sens d'arbrisseau, et de vinette, dérivé de vin à cause de la couleur des fruits.
  • Vinette désignait un arbuste à baies rouges, nommé aussi vinettier ou vinetier.

Epipactis

  • 1 - Nom de genre retenu par Zinn (1757, nom. cons.) et Séguier (1754, nom. rej). Le type du nom de Zinn est Serapias helleborine L. (Sp. pl. 1753), où Epipactis s. Helleborine. Cam. epit. 889 est cité. [Il s'agit de l'édition de Matthiole en latin (1586)].
  • 2 - Epithète de Astrantia epipactis Scop. (1771).
  • < latin epipactis (Dioscoride latin), ou epicactis (Pline)
    • In Asia et Graecia nascuntur frutices epicactis, quem alii embolinem vocant, parvis foliis... [En Asie et en Grèce croissent des arbustes comme l'épicactis, que certains appellent emboline, à petites feuilles...] (Pline, 13, 114). Emboline est probablement une forme corrompue de elleborine.
  • < grec ἐπιπακτίς - epipaktis (Dioscoride, 4, 108), identifié comme Herniaria glabra, et dont le synonyme est ἐλλεβορίνη - elleborinê. Certains l'ont identifié comme l'"hellébore blanc", Veratrum album, qui est ἐλλέβορος λευκός - elleboros leukos chez Dioscoride.
  • En créant le nom Epipactis pour une Orchidaceae, Haller a voulu dire que ses feuilles ressemblaient à celles de Veratrum album. (Wittstein) [Haller (1742) n'est pas le premier à appeler Epipactis une orchidée].
  • L'Obel (1576, p. 169) donne une image d'orchidée légendée "Helleborine sive Epipactis recentiorum" et un article intitulé "Epipactis sive Helleborine". Le mot "recentiorum" (= des auteurs récents) indique qu'il le perçoit comme une innovation.
  • Matthiole (en français, 1572, chap. CIV) hésite sur l'identification de la plante de Dioscoride et donne un dessin d'une plante acaule, à feuilles trifoliolées et fleurs à six segments (Astrantia sp. ?). Par contre, l'édition de Matthiole en latin augmentée par Camerarius (1586), p. 889 donne Epipactis sive elleborine, avec un dessin d'orchidée.
  • Nieskruyt. Helleborine. Dit cruyt wordt in Griecx gheheeten Helleborine. In Latijn Epipactis. In Duytsch wildt wit Niescruyt. [Cette herbe est appelée Helleborine en grec. Epipactis en latin. Wild Wit Nieskruid en néerlandais] (Dodoens, Cruÿdeboeck, 1554, 389 et 390). Les deux plantes qui suivent sont un Helleborus (Swerte Nieswortel - Veratrum nigrum) et une Astrantia (Viercruyt - Pseudohelleborus) ! Dodoens connaît l'usage d'Epipactis pour une orchidée, mais ne le reprend pas à son compte.
  • Il est possible que des auteurs antérieurs aient identifié cette plante de Dioscoride comme une orchidée. Voir à helleborine.
  • Trois étymologies ont été avancées :
    • "Serait dérivé de *ἐπιπᾰκτος - epipaktos, "renforcé, renfermé", cf. ἐπιπήγνυμι - epipêgnumi et ἐπιπᾰκτόω - epipaktoô, et pour l'alternance Wackernagel, Spr. Unt. 11, Serait ainsi nommée à cause de ses vertus cicatrisantes, cf. Strömberg, Pflanzennamen 89." (Chantraine).
    • De ἐπισπαειν - epispaein, extraire, sous-entendu les mauvaises humeurs des malades. (Wittstein) (peu vraisemblable)
    • ἐπιπήγνυμι - epipêgnumi signifie figer, durcir, congeler. Ce serait une allusion aux fleurs blanches aussi bien de Veratrum album, Epipactis helleborine que de Astrantia epipactis. (Genaust). Liddell-Scott donne aussi le sens de coaguler, ce qui pourrait s'entendre des feuilles et des fleurs serrées les unes contre les autres.

Equisetum

  • Du latin equisaetum « crin de cheval » (cf. Pline, a similitudine equinae saetae), plantes à tiges garnies de feuilles étroites ressemblant à des fils raides (André p. 95).

érable

  • Issu du latin médiéval acerabulus, composé du latin acer, l'érable et de -abulus, d'origine controversée.
  • Pourrait également venir des gaulois acar et -abulus, acar devenant acer lors de la romanisation.
  • Acerabulus pourrait venir de la transformation de acer a(r)rbor, arbor étant l'arbre en latin.

Erica

  • Vient du grec ereíkē, désignant la Bruyère arborescente Erica arborescens et divers Tamaris (André p. 96, Genaust p. 233).

Eriophorum

  • Nom donné par Linné dans Flora Lapponica p.18
    • Eriophorum dixi ab ἔριον & φόρον, quasi ferens lanam, quod selectum est nomen (F.B. 240.) synonymon (F.B. 244. ) & antiquum (F.B. 242.) Linagrostis T. autem male componitur, e Lino & Agrosti (F.B. 224).
    • Je dis Eriophorum d'après ἔριον - erion & φόρον - phoron, comme portant de la laine, ce pourquoi a été choisi le nom (F.B. 240.) synonyme (F.B. 244. ) & ancien (F.B. 242.) Linagrostis, qui est par ailleurs mal composé, de Linum et Agrostis (F.B. 224).
    • NB. Par "mal composé", Linné entend : composé d'un mot latin (Linum) et d'un mot grec (Agrostis).

Eruca

  • Nom adopté par Linné (1753) pour la roquette Eruca vesicaria, à la suite de nombreux botanistes.
  • Eruca ou erucum est le nom de la roquette en latin classique depuis Varron, Men. 581. Le nom s'est aussi appliqué en latin à Sisymbrium irio et Sisymbrium officinale. (André, p. 97).
  • Eruca est aussi le nom de la chenille (de papillon). La roquette a pu être qualifiée de "chenille" du fait de sa tige velue. Pour le FEW, 3 : 242, la raison serait que des chenilles dévorent les feuilles de la plante.
  • Le sens premier et l'étymologie de eruca en latin sont inconnus.
  • Dans les langues modernes, on trouve en français ruce, russe, surtout au sens de moutarde (Sinapis arvensis) ou ravenelle (Raphanus raphanistrum), en espagnol oruga et en allemand Rauke. Mais ce sont des diminutifs qui sont le plus utilisés :
    • rochetta en italien, roquette en français (emprunté par l'anglais rocket) ;
    • rucola, arrugula en italien.


  • Dérivés savants :
    • Erucastrum : "fausse-roquette" ;
    • erucoides, adj. : "qui ressemble à la roquette".

erythraeus

  • adjectif latin erythraeus, -a, um, emprunté au grec ἐρυθραῖος - eruthraios, qui signifie "rouge".
  • Dès le grec ancien, Ἐρυθραῖος πόντος - Eruthraios pontos désignait le mer Erythrée, aujourd'hui appelée mer Rouge.
  • Par suite, le terme a servi à désigner les régions bordant la mer Rouge, et plus précisément l'Erythrée.
  • Ces divers sens peuvent se retrouver dans les noms botaniques. Habituellement, c'est le sens de "rouge" qui prévaut, surtout dans les dérivés.
  • Au sens de "de l'Erythrée", on a Commiphora erythraea.

Euonymus

  • Nom retenu par Linné, sous la forme masculine Evonymus dans le Species Plantarum, 1753, 197, et Euonymus dans le Genera Plantarum, 1754, 91. C'est cette dernière graphie qu'il faut conserver.
  • Il le fait à la suite de nombreux botanistes, dont Caspar Bauhin, Pinax, 428.
  • Le nom est repris de Pline (13, 118) : "L'arbre de Lesbos nommé euonymos n'est pas de meilleur augure... Les capsules... contiennent une graine carrée (quadriangula), dure, mortelle pour les animaux, comme le feuillage lui-même". Les auteurs de la Renaissance ont identifié la plante de Pline avec Euonymus europaeus, sur la base de la "graine carrée". Le texte de Pline recopie de façon fautive celui de Théophraste.
  • (Théophraste (3, 18, 13) parle d'un εὐώνυμον δένδρον - euônumon dendron « arbre sinistre » pour Amigues, dont le fruit "ressemble à la capsule du sésame ; il est dur à l'intérieur, sauf si on le divise suivant son quadruple cloisonnement (κατὰ τὴν τετραστοιχίαν - kata tên tetrastoikhian)". Mis à part le fait que la capsule du rhododendron s'ouvre en cinq parties et non quatre, Suzanne Amigues identifie la plante comme Rhododendron luteum.
  • En grec, εὐώνυμος - euônumos signifie littéralement "qui a un beau nom", "au nom respecté", ou par antiphrase "sinistre". Il aurait été appliqué à une plante très toxique, ce qui est plus le cas du rhododendron que du fusain.
  • Amigues, Suzanne, 1983. Sur l'arbre sinistre de Théophraste et de Pline. Journal des Savants, 33-43. doi : 10.3406/jds.1983.1460

Euphorbia

  • Du latin impérial euphorbea, euphorbia qui désigne une euphorbe résineuse d’Afrique du Nord. Selon Pline et Dioscoride, provient du nom d'Euphorbos, médecin du roi de Mauritanie Juba II (CNRTL) ; ou du Troyen Euphorbos selon Galien (André).

F

Faba

Fagara

  • introduit comme épithète par Linné : Schinus fagara L. (1753), maintenant Zanthoxylum fagara, une espèce américaine
  • élevé au rang de genre par Linné : Fagara L. (1759), synonyme de Zanthoxylum
  • Linné a repris le nom chez Bauhin, Pinax, 1623, 412 : II. Cubebis affinis Fagara major. Fagaras Avicennae, Clus. in Garz. Lob.
  • Bauhin à son tour cite Fagara de Clusius, Simplicium medicamentorum, 1579, 98, les deux citant Avicenne.
  • < arabe فاغرة - fāġara (Avicenne, XIe siècle) ; فاغرة - fāġira chez Ibn al-Baytar : "C'est une graine qui ressemble au pois chiche. Elle contient un petit grain noir à l'intérieur et rouge au dehors".
  • < persan فاغرة - fāġara (Steingass, "a spice of the size of a vetch")
  • < sanscrit ashvaghra (Wealth of India) ?

L'espèce d'Avicenne est plutôt Zanthoxylum rhetsa, espèce indienne, Zanthoxylum avicennae étant une espèce d'Asie du Sud-Est.

Fagopyrum

  • Epithète de Polygonum fagopyrum L. (1753), élevée au rang de genre par Miller (1754). Fagopyrum esculentum est le sarrasin.
  • L'espèce était inconnue des Anciens, et son nom latin est une traduction littérale des noms germaniques boekweit (néerlandais) ou Buchweizen (allemand), qui de même que l'anglais buckwheat signifient "blé-hêtre", le fruit étant trigone comme la faîne (fruit du hêtre). Le nom germanique est attesté depuis 1385 à Lunebourg (nord de l'Allemagne) (Genaust).
  • Formé irrégulièrement du latin fagus, hêtre et du grec πυρός - puros, blé, grain. Petermann (1841) a proposé Phegopyrum (bien que le grec phêgos ne désigne pas le hêtre), mais le nom de Miller a la priorité et est conservé.
  • Plusieurs botanistes pré-linnéens avaient déjà forgé de tels noms latins : Fagopyrum vulgo, Hermannus (1687), Horti Academici Lugduno-Batavi Catalogus, 263, Fagotriticum J. Bauhin (1650), II, 23, 393 (cités par Genaust).
  • Le néerlandais a donné des noms du Nord de la France : bouquette, bucail.

faîne

  • < latin vulgaire fagina, forme féminine substantivée de l'adjectif faginus, dérivée de fagus, le hêtre.

Falcaria

  • Du latin falx « faux », les folioles étant souvent courbées en faux.

fanabrègue

  • Nom français régional du micocoulier, Celtis australis, emprunté à l'occitan, qui le connaît sous de nombreuses formes : falabrego, farabréguié... Voir Rolland et Etymologie occitane
  • <latin faba graeca, "micocoule". On trouve en Italie (Ligurie) fava grega, fralegua (Penzig)

Feijoa

  • Nom de genre dédié par Otto Berg à João da Silva Feijó, botaniste portugais alors directeur du Musée d'histoire naturelle de Saint-Sébastien (Brésil).
  • le nom botanique est devenu le nom populaire dans de nombreuses langues, dont le français et l'anglais, alors que le nom botanique accepté est maintenant Acca sellowiana.
  • Voir aussi sellowianus.

ficaire

  • Ficaire est emprunté au latin scientifique Ranunculus ficaria (Linné 1744, p. 43) désignant la ficaire.

Ficaria

  • Epithète de Ranunculus ficaria L. (nom accepté Ficaria verna). En tant que nom de genre, Ficaria était déjà utilisé avant Linné par Haller (1742), et a été élevé au rang de genre par Guettard (1750, 1754).
  • Ficaria est dérivé de ficus au sens de « fic » (CNRTL ficaire), grosse verrue à pédoncule étroit ressemblant à une figue se développant sur diverses parties du corps des bovins et des équidés (CNRTL fic), par analogie avec la forme des bulbilles portées par les racines de cette plante. Pour André, "plante dont la racine présente des granulations ressemblant à un chapelet d'hémorrhoïdes, et qui, par la vertu du signe, était employée pour combattre ce genre d'affecion. Désignait Scrophularia nodosa".

figue

  • Figue vient du provençal figa issu du latin ficus, figue ou figuier.

figuier

  • Dérivé de figue, avec le suffixe -ier désignant un arbre fruitier.

Fragaria

  • Nom retenu par Linné (1753). Utilisé par les botanistes en latin dès le Moyen-Age.
  • 1501-1600. Fragaria sive fragula. Cest ung arbre qui est appelle frasier et porte les freses. (Matthaeus Platearius, Livre des simples medecines, page 43r).
  • < latin classique fragum (neutre) avec le suffixe -aria. Le pluriel neutre fraga a ensuite été perçu comme un féminin singulier. Le latin fragum désigne la fraise des bois. La fraise telle que nous la connaissons (Fragaria ananassa est un hybride entre Fragaria virginiana et Fragaria chiloensis, cette dernière ayant été introduite au XVIIIe siècle par un officier du Génie maritime, avec un nom prédestiné Amédée François Frézier.
  • Aliud corpus et terrestribus fragis, aliud congeneri eorum unedoni, quod solum pomum simul e frutice terraeque gignitur. [Les fraises de terre ont encore une chair différente de celle de l'arbouse, qui est congénère ; c'est le seul fruit qui vienne à la fois sur un arbuste et sur une plante rampante]. Pline (15, 98). Dans le climat méditerranéen de Rome, la "fraise d'arbre" qu'est l'arbouse était plus connue que la fraise.
  • fragum n'a pas d'étymologie sûre. Il est possible que son début ait été influencé par fragrare (Ernoult & Meillet).
  • > roumain frag, fragă.
  • > le français fraise viendrait d'un ancien français fraie, qui aurait pris la fin de bramboise (framboise) pour devenir fraise. Mais Corominas pense que fraise est une forme dissimilée de fraire < fragaria, de même que chaise est une forme de chaire.
  • > du français fraise vient espagnol fresa (1611).
  • > dérivé latin fragula > italien fragola > grec moderne φράουλα.


Etymologie populaire. Fragum n'a rien à voir avec fragrare (= sentir bon).

fragon

  • Emprunté au bas latin frisco le houx, probablement d'origine gauloise. (Rey p. 1399, CNRTL).

fraise

Voir Fragaria.

fraisier

  • Formé de fraise et du suffixe -ier, utilisé pour former le nom des arbres fruitiers.

Frangula

  • Nom latin de la bourdaine, Frangula alnus.
  • Du latin frangere « rompre », en raison de la fragilité du bois (Genaust, p. 255).
  • « Is so called of frangendo, breaking, because of the brittleness of its wood. » (Miller, The gardeners dictionary 1868)

frêne

  • Vient du latin classique fraxinus, le frêne (CNRTL).

fritillaire

  • Vient du latin scientifique fritillaria, dérivé du latin classique fritillus "cornet à dés", pris à tort au sens de damier. Fritilaire en 1658 dans Remarques nécessaires pour la culture des fleurs. Diligemment observées par P.Morin. Avec un Catalogue des plantes rares qui se trouvent à présent dans son jardin.Paris, Charles de Sercy, 1658 En ligne sur Google books. Fritillaires dans l'édition de 1694 en ligne sur Google books.
  • Voir CNRTL et Tournefort, Elemens de Botanique I, 300 en ligne sur Gallica

Fritillaria

  • Voir fritilaire. L'explication de Tournefort "nom donné à « ces sortes de plantes à cause que la fleur de la plupart de leurs especes sont marbrées en échiquier comme un damier » vient de Caspar Bauhin, Pinax p.64 en ligne sur Google books

fromager

  • nom de Ceiba pentandra aux Antilles françaises.
  • premières attestations : 1664 Fromagier (Rochefort, Relation de l'isle de Tabago, p. 18 ds König, p. 95 : Sans doute, on lui a donné le nom qu'il porte, à cause que son bois [...] est si mol, qu'on le peut couper aussi aisément que du fromage); 1724 Fromager (Labat, Nouv. Voy. aux Isles de l'Amérique, I, 2, p. 128, ibid.). ([CNRTL])
  • dérivé de fromage par analogie. Pour Littré, c'est " à cause de la grosseur du fruit ". L'explication de Rochefort est plus plausible. Qu'un arbre aussi grand donne un bois aussi mou ne pouvait que frapper les esprits.

frumentum

  • nom ancien en latin, désignant toutes les céréales par opposition aux legumina (légumes secs). Pline (18, 81-96) en donne une liste : far (adoreum), siligo, triticum, arinca, zea, olyra, typhe, bromos, tragos et les aestiva frumenta : sesama, milium, panicum, erysimum (irio), horminum.
  • en latin tardif, frumentum a désigné uniquement les blés nus.
  • < français froment et italien frumento, qui désignent uniquement le blé tendre Triticum aestivum subsp. aestivum, et a été supplanté dans la pratique par blé.

Fumaria

  • Nom de genre retenu par Linné. Déjà chez Bauhin : Fumaria Officinarum & Diosc. (Pinax, 143).
  • < latin classique fumaria. Pseudo-Dioscoride, comme équivalent de καπνὸς - kapnos pour Fumaria officinalis.
  • < dérivé de fumus, pour la couleur vert-cendré du feuillage (André).
  • En grec, kapnos signifie fumée. Dioscoride donne deux explications : "ses feuilles sont comme cendrées", et "son suc fait pleurer : c'est de là que la plante a tiré son nom". Inutile donc de recourir à l'explication de Genaust, comme quoi l'apex des corolles est noir comme s'il avait été brûlé.
  • En latin, une variante fumus terrae, "fumée de la terre", a donné le français fumeterre.

fusain

  • Vient du bas latin *fusago, fusaginis, le fusain, dérivé de fusus, le fuseau, l'arbre étant ainsi nommé parce que son bois dur sert à faire des fuseaux. (Rey p. 1449, CNRTL).

G

Gagea

  • Nom créé par Salisbury en 1806 (Annals of Botany).
  • Dédié à Sir Thomas Gage (1781 – 1820), anglais, mécène des sciences naturelles, collectionneur de plantes rares européennes.

gaïac

gaillet

  • Croisement de caille-lait et du latin des botanistes galium CNRTL.

galanga

  • Le sanscrit a kulañja, kulañjana, devenu kulañjan en hindi et khūlandjān ou khāwalinjān en persan. Du persan, le nom est passé à l'arabe khūlanǧān, khawlanǧān.
  • Le nom grec γάλαγγα apparaît pour la première fois chez Aétios d'Amida, 1, 131, page 66, ligne 24 (début VIe siècle), donc sans intermédaire arabe. Il est à l'origine du latin galanga.
  • Les noms européens comme ancien français garingal, galingal ou ancien catalan galangal viennent d'un bas-latin galangan, ou ont été directement empruntés à l'arabe.
  • Le nom chinois gāo liáng jiāng signifie "gingembre du Gao Liang" (ancien nom de la province de Guangdong). Certains pensent qu'il a été emprunté par le sanscrit, mais Laufer pense l'inverse.
  • FEW, 19: 61-63

Galanthus

  • Nom de genre créé par Linné pour Galanthus nivalis : Galanthum dicta a γάλα lac & ἄμθος flos, cum flos hic lactis instar niveus sit. [Je dis Galanthus, de γάλα - gala lait & ἄμθος - anthos fleur, parce que sa fleur est blanche de neige comme le lait.] (Hortus cliffortianus, 1738, p. 135)
  • Les botanistes antérieurs l'appelaient Leucoium, qui est d'ailleurs le nom grec du perce-neige.

galeobdolon

  • Épithète spécifique du Lamier jaune Lamium galeobdolon.
  • Nom latin de Scrofularia peregrina (André p. 108).
  • Transcription du grec γαλεόβδολον - galeobdolon, de γαλεός - galeos « belette » et βδέω - bdéo « puer », animal dont la glande anale répand, lorsqu'il est effrayé, une odeur forte (André p. 108).

Galeopsis

  • Transcription de γαληόψις, galêopsis, « œil de belette ou de putois ». Nom d'une scrofulaire (Scrofularia peregrina) dont la teinture était employée dans les affections oculaires (André p. 108). Voir Dioscoride 4, 90.

Galium

  • Issu du latin de l'époque impériale galion, transcription du grec γάλιον, galion (André p. 108). Chez Dioscoride, ce mot désigne Galium verum.

garganica

  • Epithète de Thapsia garganica
  • vient de Garganus, mont d'Apulie (actuellement les Pouilles) (Gaffiot, 1934 ; Linné, 1767).

Garidella

Gautieria

  • Nom générique de champignons créé par Carlo Vittadini en 1831, en hommage à Josepho Gautieri, dans Monographia Tuberacearum.

genêt

  • Provient de l'ancien français geneste, issu de genesta, variante du latin genista. (Rey p. 1488, CNRTL)

genévrier

  • Dérive de genièvre avec le suffixe -ier*.
  • Genièvre est issu du latin populaire *jeniperus, issu du latin classique juniperus, le genévrier. (Rey p. 1489-1490, CNRTL).

Genista

  • D'origine inconnue (André p. 109).

géranium

  • Emprunté par les botanistes du XVIe siècle au latin gĕrǎnĭon (Pline 26,108) qui l'avait emprunté au grec γερανιον "grue (machine);plante". D'après Guillaume Guéroult p.147 geranium désigne la plante appelée "bec de cigogne" ou "test de grue" en français, et il ajoute 5 autres espèces.

gesneriana

gesse

Deux hypothèses :

  • Emprunté au provençal geissa, lui-même pouvant être issu du latin (faba) Aegyptia « fève d'Égypte ». (Rey p. 1499 ; FEW, 21, inconnus : 139). Cette étymologie aurait été proposée par Alessio, RLiR 17, 176.
  • Viendrait de *jaceus, du latin jaculum « trait, dard », dérivé de jacere « lancer », en allusion aux feuilles lancéolées. (Rey p. 1499).
  • lié au catalan guixa, guixó, emprunté par le castillan guija. Pour Corominas (DCECH), la base serait GESSIA ou GESSA, d'origine inconnue.
  • Le terme Αἰγύπτιος κύαμος, ὃν ἔνιοι Ποντικὸν καλοῦσι (faba egiptia quam multi poleticon appellant, en latin) se trouve dans Dioscoride 2.106, mais identifié comme Nelumbo nucifera.

Ginkgo

  • nom de genre retenu par Linné (1771, Mantissa) pour Ginkgo biloba.
  • repris de Kaempfer (1712, Amoenitatum exoticarum).
  • < japonais ginkyō, correspondant au mot chinois yínxìng qui signifie "abricot d'argent".
  • Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer le g. Soit une erreur de Kaempfer, soit l'origine de Kaempfer dans le nord de l'Allemagne, où l'on prononcerait g au lieu de y (écrit j). Nagata et al. (2015) montrent que Kaempfer a en fait scrupuleusement noté le mot tel qu'il était prononcé par son interprète, Genemon Imamura, qui parlait le dialecte de Nagasaki.
  • Nagata, Toshiyuki, DuVal, Ashley & Crane, Peter R., 2015. Engelbert Kaempfer, Genemon Imamura and the origin of the name Ginkgo. Taxon, 64(1): 131-136.

girofle

githago

  • Épithète spécifique d’Agrostemma githago, la nielle des blés.
  • Nom utilisé par Bock (Tragus) en 1552 dans le De stirpium historia : ... Kornroß / Großraden appellant, multis μελάνθιον, Nigella, ψευδομελάνθιον, & Githago dicitur, sed perperam [faussement]. p. 131.
  • Dérivé de git, avec le suffixe -ago. Le sens est "fausse-nigelle", git signifiant en latin nigelle, Nigella sativa. On a le même sens dans ψευδομελάνθιον - pseudomelanthion.
  • D'après André (p. 110), le latin connaît git, gitti, giddi, gitter, gittus. Git ex Graecis alii melanthium, alii melaspermum vocant. [La nigelle est appelée par les Grecs tantôt melanthium tantôt melaspermum]. Pline, 20, 182.
  • Le mot serait d'origine sémitique. Dioscoride donne γοίδ - goid comme le nom punique de la coriandre, Coriandrum sativum. On aurait aussi l'arabe chit (à vérifier ; on a šibṯ, Anethum graveolens (Bellakhdar, 1997)).

Gladiolus

  • Nom latin de diverses plantes dont le glaïeul, des iris...
  • Dérive de gladius « épée » pour la forme des feuilles.

Glaucium

  • Emprunté au grec γλαύκιον, glaukion (André, p. 111), qui désigne le suc médicinal d'une plante identifiée comme Glaucium corniculatum (Dioscoride).

Glebionis

Glechoma

  • Nom créé par Linné en 1737 pour désigner le lierre terrestre.
  • Glechoma a glecon dioscoridis confectum, hoc in genere fixum posui vocatum. Linné, Hortus Cliffortianus, p. 307
  • [J'ai construit Glechoma d'après le glecon de Dioscoride, et ai attribué le nom à ce genre].
  • On ignore la raison du choix de Linné. Selon Pancoucke, Dioscoride désigne en effet par glecon le Mentha pulegium. D'après Genaust, il y aurait une vague ressemblance entre les verticilles espacés de fleurs bleues du Glechoma et ceux de la menthe pouliot.
  • Le grec ionien glêkhôn correspond à l'attique blêkhôn, et est d'origine inconnue (Genaust). Il était encore utilisé en moyen-latin glechon chez Pseudo-Apulée.

Glycine

  • nom français de Wisteria frutescens, espèce américaine que Linné (1753) appelait Glycine frutescens. Dans Hortus cliffortianus (1738), Linné classe deux espèces dans ce genre, la deuxième étant Glycine apios, aujourd'hui Apios americana. C'est donc tout à fait légitimement que le français appelle glycine le Wisteria.
  • nom créé par Linné, dérivé du grec γλυκύς - glukus, "doux, agréable, d'odeur douce", ce qui s'applique aux grappes de fleurs de la glycine.
  • Les glycines cultivées sont surtout la japonaise Wisteria floribunda et la chinoise Wisteria sinensis.

Glycine

  • Le nom Glycine L. (1753) est un nomen rejiciendum, au bénéfice de Glycine Willdenow (1802), nomen conservandum. Il se trouve ainsi désigner le soja Glycine max.

Glycyrrhiza

  • Du grec γλυκύρριζα - glukurrhiza, "racine douce", de γλυκύς - glukus, "doux" et ῥίζα - rhiza-, "racine". Parmi les racines, Théophraste (9, 13, 2) mentionne "Γλυκεῖα δὲ καὶ ἡ Σκυθική· καὶ ἔνιοι δὲ καλοῦσιν εὐθὺς γλυκεῖαν αὐτήν· γίνεται δὲ περὶ τὴν Μαιῶτιν" - "Douce est aussi celle de Scythie, que certains, du reste, appellent tout bonnement la douce. Elle est indigène dans la région du Marais Méotide".
  • La forme γλυκύρριζα - glukurrhiza se trouve chez Dioscoride (3, 5). C'est elle qui a été empruntée par le latin glycyrrhiza (Pline, 22, 24...). Dès le latin, le mot allait subir de nombreuses modifications : glycyridia, gliquiritia, reliquitia et liquiritia (Cael. Aur., Al. Trall., d'après André).
  • Liquiritia a été retenu par le latin médiéval, et est à l'origine de la plupart des noms européens.
    • italien liquirizia, allemand Lakritze, ancien français licoresse (influencé par liqueur) ; l'anglais liquorice, licorice vient de l'ancien français.
    • Par suite d'une métathèse l/r, on a : français réglisse, espagnol regaliz, roumain răculeț...
  • Le nom grec a été traduit par l'allemand Süssholz et le néerlandais zoethout, "bois doux".
  • Le nom arabe est probablement aussi traduit du grec : ’irq as-sūs (au singulier) a donné l'espagnol alcazuz et le portugais alcaçuz, et ’uruq sūs (au pluriel) a donné l'espagnol orozuz (Corominas).

Gnidia

  • nom de genre créé par Linné (1753) pour des Thymeleaceae africaines.
  • dérivé de gnidium.

gnidium

  • épithète donnée par Linné (1753) à Daphne gnidium. Linné cite Thymelæa foliis lini, Bauhin.
  • Thymelæa foliis lini (Bauhin C., 463) ; syn.: coccum gnidium, Bellon ; Thymelæa grani Gnidii, Ad. Lob. ico.
  • < latin classique : et in eo nascitur granum Cnidium, quod aliqui linum vocant, fruticem vero thymelaean, alii chamelaean, alii pyros achnen, aliqui cnestorem, alii cneorum (Pline, 13, 114). La graphie Gnidium au lieu de Cnidium apparaît dans certains manuscrits, ce qui n'est pas étonnant, car les Latins ignoraient la différence entre les lettres C et G.
    • [et celui qui porte le "grain de Cnide", que certains appellent un lin. L'arbuste qui porte ce grain est nommé tantôt thymélée, tantôt chamélée, tantôt pyros achnê, tantôt cnestor, tantôt cneorum.]
  • < grec ancien : κόκκος κνίδιος - kokkos knidios (Théophraste, 9, 20, 2) ; Κνίδιος κόκκος - Knidios kokkos, le fruit du θυμελαία - thumelaia ou χαμελαία - khamalaia, que certains appellent πυρὸς ἄχνην - puros akhnên, κνῆστρον - knêstron ou κνέωρον - kneôron (Dioscoride, 4, 172).
  • kokkos qualifie le fruit rouge comme la cochenille du kermès ; knidios, "de Cnide", se justifie par l'usage qu'en faisaient les médecins de l'école de Cnide (Amigues, André). Genaust y voit une étymologie populaire l'apparentant à knidê, "ortie".

grandiflorus, -a, -um

  • épithète spécifique d'un caucalis, Orlaya grandiflora.
  • < latin grandis « grand » et flos, floris « fleur ».

granum

  • en latin classique, granum a le sens large de grain de céréale, graine, pépin, baie. (André, 113)
  • < le mot se trouve dans de nombreuses langues indo-européennes : allemand Korn, anglais corn, slave zrno.
  • > roumain grîu, blé.
  • > En espagnol (Argentine), granos désigne l'ensemble des céréales et autres plantes dont on récolte les graines.
  • > En portugais, grão-de-bico désigne le pois-chiche Cicer arietinum. Aux Indes, son sens s'est élargi aux autres légumes secs dont on fait du dhal, et il a été emprunté en anglo-indien gram, qui désigne des légumes secs plus ou moins ronds : Cicer arietinum, Vigna radiata, Vigna mungo...

gratteron

  • Nom de certaines plantes accrochantes, comme la bardane, le gaillet... (CNRTL).
  • Dérive de l'ancien français gleton « bardane », qui a subi l'attraction de gratter ; gleton vient de cleton, lui-même issu de l'ancien bas francique *kletto de même sens (FEW 16, 330b). L'allemand Klette « id. » est probablement influencé par la racine germanique *kleib- que l'on retrouve dans l'allemand kleben « coller » (CNRTL).

groseillier

  • Voir Grossularia.

Grossularia

  • < latin médiéval grossula, avec suffixe -aria.
  • français groseille vient probablement de l'ancien bas francique *krusil « groseille » (cf. m. néerl. croeselbesie 1201-1250, dérivé de kroes « crépu », néerl.moderne kruisbes ). Il s'agit de la groseille à maquereau, Ribes uva-crispa, dont le jus aigre était largement utilisé comme substitut du verjus de raisin.
L'étymologie latine *acricella est rejetée par le FEW. CNRTL groseille; Etymologiebank kruisbes

gouet

  • Étymologie inconnue (CNRTL).

Guaiacum

  • Nom adopté par Linné (1753) sous la forme Guajacum, mais conservé sous la forme Guaiacum. L'espèce concernée est Guaiacum officinale.
  • Caspar Bauhin (1623) écrit : Guajacan nomen est indicum, quod nunc Guayaci sive Gajaci nomine, per universum orbem cognitum est [Guajacan est un nom indien, connu aujourd'hui dans le monde entier sous le nom de Guayacum ou Gajacum] (Lignum guajacum sur Pl@ntUse).
  • Monardes (1565) écrit : Del Guayacan y Palo sancto. El Guayacan que llaman los nuestros Palo de las indias se descubrio luego que se hallaron las primeras indias, que fue la Isla de sancto domingo, do ay grande cantidad dello. (GoogleBooks, p. 51 du pdf).
  • Clusius, dans sa traduction latine de Monardes (1574), écrit : Guayacan nomen est Indicum, sed per universum orbem cognitum, tametsi etiam a nonnullis Lignum Indicum nuncupatur [Guayacan est un nom indien, mais connu dans le monde entier, bien que certains l'appellent aussi Lignum Indicum]. Mais il utilise surtout le nom Guayacum (p. 31)
  • Le nom doit aussi se trouver chez Hernandez (cité par Linné, Hort. cliff.).
  • Ulrich von Hutten a publié en 1521 à Bologne un traité intitulé De guaiaci medicina et morbo gallico.
  • Plumier, 1703, Nova plantarum americanarum genera, 39 : Guaiacum, vulgo Guaiac, nomen est Americanum, satis apud Europam notum.
  • D'après Genaust, introduit en Europe par Fernández de Oviedo en 1515 comme remède contre la syphilis. Corominas cite l'espagnol guayacán chez Oviedo en 1526, et un texte allemand de 1524.
  • En français, première attestation chez Rabelais : guayac, qui est selon Corominas à l'origine du latin des pharmaciens guaiacum. 1532 pour le FEW.
  • < taïno (Hispaniola) guayak (FEW, 20:67).
  • Il semble donc que le gaïac, remède vite réputé contre la syphilis, ait été adopté immédiatement par les apothicaires, sous le nom espagnol guayacán et français guayac. Du français, il a été latinisé sous la forme guayacum, guajacum. De nombreux traités ont été écrit sur la syphilis, appelée morbus gallicus en latin, Franzose en allemand.


  • Tournefort (Relation d'un voyage du Levant, 1717, lettre XVII) mentionne un Guaiac de Padoüe à Variza (Trébizonde), ou Guaiacana dans Élémens de botanique (1694). Il s'agit de Diospyros lotus (Philippe Boutrolle, comm. pers.). La source est Jean Bauhin, 1650, I 2, 238, qui l'appelle Guaiacana, et critique Matthiole qui avait donné les noms de lotus et pseudolotus à cet arbre. J. Bauhin s'appuie sur Camerarius (in Italia vocari Guaiacanam) et Gesner (Guaiacum arbor, quæ Patavii hoc nomine in horto medicorum ostenditur). On devrait donc au jardin botanique de Padoue l'application de ce nom à Diospyros lotus, qui n'a rien à voir avec les Guaiacum, si ce n'est peut-être la dureté de son bois. Le FEW signale le français gayac de France pour le buis.
  • Guaiacana semble avoir d'abord été un nom italien du gaïac, avant d'être latinisé et appliqué au Diospyros lotus. Il convient d'ajouter que le gaïac n'était alors connu que par son bois de cœur dur et d'un brun-verdâtre foncé, qui a dû être assimilé à un type d'ébène.


  • Voir Gaïac pour les autres plantes qualifiées de gaïac, surtout pour la dureté de leur bois.

guanabana

  • nom français d’Annona muricata, plus connue comme corossol.
  • < espagnol guanábana, attesté au moins depuis Oviedo (1526). Première attestation : guanaba, Pedro Mártir de Angleria (Corominas, III, 241).
  • < taïno d'Hispaniola guanábana.
  • Voir corossol.

gui

  • Du latin viscum "gui, glu", attesté depuis 1347; l'occitan vesc depuis 1220 déjà. Le passage de l'initiale v- à l'initiale gu révèle l'influence de l'ancien francique *wihsila, guigne, d'après la ressemblance des fruits de ces deux plantes. (CNRTL). Dans l'interprétation de textes anciens de médecine et de botanique il faut interpréter viscum/gui avec prudence, parce que viscum, guy de chesne est également utilisé par les médecins pour une autre plante, Loranthus europaeus, qui n'existe pas en France (voir le texte de Rolland 6,227 dans Étymologie occitane).

Gundelia

  • Nom donné par Linné (1753) à Gundelia tournefortii.
  • Nom créé par Tournefort en l'honneur du botaniste qui l'accompagnait (1717, Voyage du Levant, LETTRE XVIII) : "Nous imposâmes ce jour-là le nom à une des plus belles plantes que le Levant produise ; & parce que Mr. Gundelscheimer la découvrit le premier, on convint que par reconnoissance elle devoit porter son nom... ; cependant nous eûmes beaucoup de peine à trouver un nom latin qui répondît à celui de ce galant homme. II fut enfin conclu que la Plante s'appelleroit Gundelia".

H

hastula regia

Hedera

  • Se rattache à *hendere « prendre, saisir » (Rey p. 1899).
  • De la racine indo-européenne *ghed- « saisir » (Genaust p. 281).

helenium

  • Épithète spécifique de Inula helenium.
  • Emprunté au grec ἑλένιον - helenion, l'herbe d'Hélène (André p. 118).

Heliotropium

  • Pour Amigues (Théophraste, 7, 15, 1) le ἡλιοτρόπιον - hêliotropion de Théophraste est la plante solaire, "dont la floraison coïncide avec le solstice" (τροπαὶ ἡλίου - tropai hêliou)). Il ne s'agit donc pas de la plante qui se tourne vers le soleil, mais de la plante qui fleurit quand le soleil tourne.
  • Amigues, Suzanne, 1996. Les "fiancées du soleil". in B. Bakhouche et al., Actes du colloque international de Montpellier, 23-25 mars 1995. Repris dans Etudes de botanique antique. Paris, De Boccard, 2002. pp. 379-393.

hellébore

  • Emprunté au latin classique (h)elleborus (CNRTL)

helleborine

  • Epithète de Serapias helleborine L. (1753), aujourd'hui Epipactis helleborine. Linné cite Epipactis f. Helleborine. Cam. epit. 889. [Il s'agit de l'édition de Matthiole en latin (1586)].
  • < grec ἐλλεβορίνη - elleborinê, synonyme chez Dioscoride, (4, 108) de ἐπιπακτίς - epipaktis , identifié comme Herniaria glabra. Certains l'ont identifié comme l'"hellébore blanche", Veratrum album, qui est ἐλλέβορος λευκός - elleboros leukos chez Dioscoride.
  • Helleborine, tout comme Epipactis pour une Orchidaceae, est une allusion au fait que ses feuilles ressembleraient à celles de Veratrum album. (Wittstein)
  • Le nom grec est un diminutif de ἐλλέβορος - elleboros.
  • L'édition de Matthiole en latin augmentée par Camerarius (1586) donne Epipactis sive elleborine, avec un dessin d'orchidée.
  • Daléchamps (latin, 1586) écrit : Elleborine punicea, Cap. XXIX, p. 1146. A floris puniceo sive ferrugineo colore, & foliorum cum Elleboro albo similitudine, hanc Elleborinem ferrugineam sive puniceam nominarunt herbarii, quam ab Elleborine Dioscoridis plurimum differre non ignorant [Les herbiers l'ont appelée Elleborine ferruginea ou punicea d'après ses fleurs poupres ou ferrugineuses et ses feuilles qui ressemblent à l'hellébore blanche (le vérâtre), bien qu'elle diffère beaucoup de l’elleborine de Dioscoride]. L'image montre une orchidée. Daléchamps laisse entendre que des herbiers antérieurs ont déjà utilisé ce nom pour une orchidée.
  • Voir à Epipactis.

Helleborus

  • Du latin elleborus ou elleborum, emprunté au grec ἐλλέβορος.
  • Le mot grec est obscur. Peut-être « nourriture de cerf », de ἑλλός - hellos, cerf et βιβρώσκω, βορά - bibrôskô, bora, manger (André p. 94, Chantraine, Strömberg, 48).

herba-barona

herbe à Robert

hêtre

  • Vient du francique *haistr, lui-même dérivé de *haisi, buisson, fourré, et du suffixe tr, servant à former les noms d'arbres. Pendant un certain temps, ce nom ne désignait que les cépées, les arbres de haut-jet étant désignés par le nom fou, fayard, faux... Puis le premier a définitivement remplacé le second pour désigner l'espèce.(CNRTL)

hièble

hierochunticus, -a, -um

  • variantes :
  • hierichunticus
  • hierochuntea : Rosa hierochuntea Bauh. Pin. 484

Hippophae

  • Nom attribué à l'argousier, Hippophae rhamnoides, par Linné dans Flora Lapponica, 1737, p. 296, probablement par une vague allusion aux épines de la plante des Anciens (l'argousier est inconnu en Méditerranée).
  • Emprunté à hippophaes de Pline et ίπποφαές - hippophaes ou ἱππόφαος - hippophaos de Dioscoride. Théophraste donne une variante, ἰππόφεως - hippopheôs. Chez les trois auteurs, ces noms ont été identifiés comme l'euphorbe buisson d'épines, Euphorbia acanthothamnos.
  • Parmi les plantes "qui ont des feuilles en plus de leurs épines", Théophraste mentionne un φέως - pheôs, qui est la pimprenelle épineuse, Sarcopoterium spinosum, et ἰππόφεως - hippopheôs, Euphorbia acanthothamnos.
  • L'étymologie du nom est donc claire. "Malgré leur appartenance à des familles différentes (Rosacées et Euphorbiacées), Sarcopoterium spinosum et Euphorbia acanthothamnos se ressemblent à bien des égards : disposition des touffes en coussins arrondis, feuilles inermes et caduques avant l'été, rameaux bifurqués terminés par de fortes pointes acérées, emploi pour éloigner les animaux indésirables. D'où la proximité des noms antiques φέως - pheôs / ἰππόφεως - hippopheôs (avec premier élément augmentatif) ; la seconde espèce est effectivement plus massive que la première" [60 cm de haut contre 30 cm. MC] (Suzanne Amigues, HP. VI, 5, note 1).
  • Autrement dit, ἰππόφεως - hippopheôs est la "grande pimprenelle épineuse", où ἵππος - cheval est un simple augmentatif.

Hormathophylla

  • Nom créé par Dudley T. R. & Cullens J., 1965. Studies in the Old World Alysseae Hayek. Feddes Repertorium, 71: 218–228., pour des espèces séparées du genre Alyssum.
  • < grec ὁρμαθός - hormathos, "collier, chaîne". Le sens de collier peut s'appliquer à une chaîne ouverte ou fermée autour du cou ; il s'agit ici de la disposition des "feuilles en rosette", ce que les auteurs ne précisent pas.

hortensia

  • nom français de Hydrangea macrophylla.
  • Commerson a dédié ce nom à une amie, Nicole-Reine Lepaute, qui se faisait appeler Hortense, et était l'épouse de Jean-André Lepaute, l'astronome de l'expédition de Bougainville, dont Commerson était le botaniste. Lamarck a alors créé le nom Hortensia opuloides en 1789. L'espèce a ensuite été rattachée au genre Hydrangea, mais le nom français est resté. (Genaust).


  • Il existe un adjectif latin hortensius, proche de hortensis, "des jardins", mais il est inusité en botanique.

houblon

  • Dérivé du mot en usage dans le Nord de la France hoppe « bière houblonnée », issu du moyen néerlandais hoppe, de même sens. La terminaison -lon, influencée par le judéo-français homlon, houblon. Celui-ci est issu du francique humilo de même sens, attesté par le latin médiéval humulo. L'influence prédominante du néerlandais sur le francique s'explique par les progrès réalisés dans les brasseries des Pays-Bas et de la Flandre. (CNRTL).

houx

  • Du francique *hulis, le houx, restitué d'après l'ancien haut allemand hulis, huls et le moyen néerlandais huls, de même sens. (Rey p. 1653, CNRTL)

hyacinthe

  • Voir jacinthe.

hybridus

  • Epithète spécifique d'un coquelicot, Papaver hybridum.
  • Adjectif signifiant intermédiaire (Jauzein, 2012, p. 549).

Hydrangea

  • nom de genre forgé par Linné (1753) pour Hydrangea arborescens.
  • <du grec ὕδωρ - hudôr, en composition ὑδρο- - hudro-, "eau", et ἀγγεῖον - angeion, "vase", mais aussi "capsule" (au sens botanique). La motivation de Linné n'est pas claire, mais la plante a des fruits en capsules et affectionne les lieux humides. (Genaust).

Hypecoum

Hylotelephium

  • Formé du grec ancien ὕλη, húlê « bois » et de telephium.

Hypericum

  • Emprunté au grec ύπερικόν, ύπέρεικος - huperikon, hupereikos, composé de ύπό - hupo + έρείκη - ereikê « bruyère en arbre  ; proprement « sous-bruyère », les deux plantes ayant le même habitat et la bruyère en arbre étant nettement plus haute (André p. 128).

hypeuryus, -a, -um

  • Epithète de Hieracium hypeuryum Peter, Bot. Jahrb. Syst., 5(3): 255. 1884, aujourd'hui Pilosella hypeurya (Peter) Soják.
  • formé du grec ὕπο - hypo, "sous, un peu" et εὐρύς - eurus, "large", soit "un peu large" ou "large en-dessous", "à la base large" ? L'auteur ne donne pas d'explication. De nombreuses espèces de Hieracium ont une épithète commençant par eury-, qui s'applique à la feuille, au pédoncule, à la fleur...

I

Iberis

  • Emprunté au grec ἰβηρίς - ibêris, qui désignaient le petit passerage et le cresson alénois.
  • Probablement issu de ἰβηρία « Espagne » (André, p. 130).

idaeus, -a

  • Epithète de Rubus idaeus L. (1753) ; ultérieurement de 1 espèce au masculin et 15 espèces au féminin idaea (d'après IPNI).
  • Rubus idaeus est repris de Bauhin (Pinax), et traduit du grec βάτος Ἰδαία - batos Idaia de Dioscoride, 4.38.
  • En grec, Ἰδαῖος - idaios correspond au substantif ἴδη - idê, qui désigne spécifiquement deux montagnes, le mont Ida crétois et le mont Ida phrygien (près de Troie). Mais le mot idê a aussi le sens général de "colline boisée, montagne boisée", et viendrait d'une langue locale pré-hellénique (Chantraine).
  • En grec, batos Idaia de Dioscoride peut donc simplement dire "ronce des bois". Dioscoride a aussi Ἰδαία ῥίζα - Idaia rhiza (4.44) pour Ruscus hypoglossum et donne le synonyme Ἰδαία - Idaia à son δάφνη Ἀλεξάνδρεια - daphnê Alexandreia (4.145), qui est Ruscus hypophyllum.
  • Pour les autres taxons qualifiés de idaeus ou idaea, créés par des auteurs post-linnéens, le sens est bien "du mont Ida", qui se réfère la plupart du temps à l'Ida crétois, mais parfois à l'Ida phrygien.

if

  • Nom issu du gaulois *ivos, reconstitué par les linguistes mais attesté par l'irlandais eo, le cymrique yv et par plusieurs langues germaniques (ancien haut allemand íwa, allemand Eibe, anglo-saxon îw et anglais yew). (Rey p. 1676, CNRTL).

Ilex

  • nom de genre donné par Linné au houx Ilex aquifolium. Egalement épithète de Quercus ilex, chêne vert. Comme ce dernier était placé dans le genre Quercus, le nom Ilex devenait disponible pour Linné.
  • < latin classique īlex, īlicis, "chêne vert". Le houx s'appelait en latin aquifolium.
  • Une forme en latin régional de l’Ombrie, ēlex, ēlicis, a donné le français yeuse et l'occitan euze, d'où vient le dérivé euzière, "lieu planté d'yeuses".
  • L’adjectif ilĭcīna, "du chêne vert", a donné l’espagnol encina, le portugais enzinha, le catalan alsin et les formes occitanes auzino, alzino "gland". (Etymologie occitane).

intsia

  • Nom retenu par Linné pour Mimosa Intsia (1753). Linné cite Intsia Rheede dans son protologue ; maintenant Senegalia caesia (L.) Maslin et al. ou Senegalia intsia (L.) Maslin et al. suivant le lectotype.
  • < intsia, aujourd'hui incha, nom malayalam dans Rheede tot Drakenstein, 1678-1703. Hortus Indicus Malabaricus, 6:7-8, t. 4.

Inula, Inule

  • Le nom français est emprunté au latin inula « aunée ».
  • Inula existe sous différentes formes innula, hinnula, enola, enula (André p. 132).
  • Pourrait venir par métathèse de έλένιον (André p. 132), l'« herbe d'Hélène » (André p. 118).

ipecacuanha

  • épithète de Callicocca ipecacuanha Brot. (1801), devenu Carapichea ipecacuanha (Brot.) L. Andersson (2002).
  • < portugais ipecacuanha ; igpecacóaya (Fernão Cardim, ca. 1584)
  • < tupi. Le sens est controversé : ipê-caa, "arbre" et coanha, "qui fait vomir" ? (Machado)
  • français igpecaya (1640), ipecacuanha (1694), abrégé en ipéca (1802)

isora

  • Nom retenu par Linné pour Helicteres Isora (1753), qui cite Isora-Murri Rheede dans son protologue.
  • < isora-murri, aujourd'hui eeswaramooli, de eeswara = dieu, mooli = élément, nom malayalam dans Rheede tot Drakenstein, 1678-1703, Hortus Indicus Malabaricus. 6:55-56, t. 30.

ivraie

  • Du latin vulgaire ebriaca herba ou ebriaca planta « ivraie » (de ebriacus, « ivre », cette plante étant réputée causer une sorte d'ivresse (CNRTL).

Ixora

  • Nom de genre Ixora introduit par Linné en 1737 dans Genera Plantarum, n°73, p. 27. Linné se contente d'écrire : vide HM. II: 13-14.
  • Il s'agit de Rheede tot Drakenstein, Hortus Indicus Malabaricus, vol. 2, 1679, p. 18 (planches 13-14).
  • Rheede écrit :
    • Flores hujus fruticis gentiles Deo Ixora in sacris offerunt.
    • Quod vero ab ethnicis Indis adhibeantur in sacrificiis sui idoli Ixora, memorat etiam Baldæus in sua descriptione Ceylonensium idolatrarum.
  • Ce "dieu Ixora" corrsepond à Ishvara (sanskrit : ईश्वर - īśvara), qui vient de ईश - īś, "capable de, possesseur, chef", et vara, "excellent, beau, cadeau, amant". īśvara signifie littéralement "possesseur de la beauté, chef des bénédictions, amant". C'est une épithète de nombreuses divinités hindoues. Ixora est probablement la graphie portugaise du nom malayalam īswara, que Rheede transcrit aussi par isora.
  • On peut s'étonner que Linné ait été chercher ce mot dans le texte de Rheede intitulé Schetti, plante identifiée maintenant comme Ixora coccinea. Sans-doute le jugeait-il plus "digne" que Schetti.

J

jacinthe

  • Emprunté au latin hyacinthus « plante à bulbe, glaïeul ; sorte d'améthyste », lui-même emprunt au grec ύάκινθος - huakinthos « jacinthe, pied-d'alouette ; pierre précieuse ; de couleur bleue ou rouge » Perseus, ύάκινθος avec attestations (CNRTL). Jacinthe désigne en ancien français toujours la pierre précieuse, comme nom de plante et de fleur jacint est attesté en ancien occitan depuis le 14e s. en moyen français depuis le 16e s. FEW 4,520-521 hyacinthus. L'hésitation entre les genres m. et f. existe déjà en grec ancien.
La forme hyacinthe attestée depuis 1562 est peu usitée. Cf. FEW.

jaque

  • nom français du fruit de Artocarpus heterophyllus.
  • < malayalam chakka
  • en français, on a chiacare (emprunté à l'italien) en 1525, jaca en 1553, puis jaque en 1611 (empruntés au portugais) (Arveiller, 1963)
  • en portugais, le nom est attesté dès 1535 (Dalgado, 1919), et apparaît sous la forme jáca chez Garcia da Orta, (1563, Coloquios dos simples)
  • Rheede tot Drakenstein (1678-1703, Hortus Malabaricus) donne le nom malayalam tsjaka-maram, qui est une graphie néerlandaise, où maram signifie "arbre".

jatamansi

  • Epithète de Valeriana jatamansi.
  • Nom hindi de Nardostachys grandiflora : जटामांसी - jaṭāmānsī, variantes : जटा - jaṭā, जटाला - jaṭālā, मांसी - mānsī. Le nom se retrouve dans de nombreuses langues indiennes.
  • < sanscrit जटामांसी - jaṭāmānsī ; जटा - jaṭā signifie "racine fibreuse".

jonquilla

  • Epithète de Narcissus jonquilla L. (1753).
  • Linné cite C. Bauhin (Pinax, 1623, 51), qui donne plusieurs Narcissus juncifolius.
  • Hispani à similitudine, quam folia cum Iuncis habent, Ionquillias nuncupant : nos Narcissum Iuncifolium dicere possemus. Dioscoridis est Βολβὸς ἑμετικὸς, siue Bulbus vomitorius. [Les Espagnols l'appellent Ionquillias pour la similitude de leurs feuilles avec les joncs.] (Dodoens, Pemptades, 1583, 226).
  • Pour Genaust, Linné a emprunté le nom français jonquille.
  • Corominas (DCECH) donne le catalan jonquillo et le français jonquille (1596, FEW, 5,66). En castillan, Junquillo est un nom de personne, dérivé de junco, jonc.
  • Dans la péninsule ibérique, le nom peut s'appliquer à Narcissus jonquilla et Narcissus assoanus.
  • En France, jonquille est le nom courant de Narcissus pseudonarcissus.

K

kapok

  • Nom de la filasse issue des fruits du kapokier, Ceiba pentandra et autres Malvaceae (voir Kapok).
  • capoc, attesté depuis 1680 (CNRTL ; FEW, 20:99a), écrit ensuite kapok sous l'influence du néerlandais.
  • < malais kapok, indonésien kapuk.

Kickxia

  • Kickxia a été créé par le Belge Barthélemy Charles Joseph Dumortier en 1827 dans sa Flora Belgica (p. 35).
  • Il n’en a pas donné l’étymologie mais ce genre semble dédié à Jean Kickx (1775-1831), botaniste belge, professeur de botanique, pharmacie et minéralogie, auteur d’une Flora Bruxellensis (Bruxelles, 1812) (télécharger le pdf).

Kigelia

  • Nom donné à Kigelia africana par A. P. de Candolle (Prodromus 9: 247. 1845) : in orâ Africæ orientali ad Mozambicum ubi dicitur Kigeli-keia [sur la côte d'Afrique orientale au Mozambique où l'on dit Kigeli-keia].
  • < viendrait du makua (emakhuwa) d'après Genaust.

kok-saghyz

  • Epithète de Taraxacum kok-saghyz.
  • < russe кок-сагыз - kok-saghyz
  • < emprunté au kazakh, de kok, plante, et sagyz, gomme (source à trouver)
  • Les Russes ont ensuite formé krim-saghyz pour Taraxacum megalorrhizon, et tau-saghyz pour Scorzonera tau-saghyz, ces trois plantes ayant été étudiées comme substitut du caoutchouc.

L

Laburnum

  • Nom latin du Cytise (André p. 135).
  • Origine inconnue (André p. 135, Genaust p. 321).

Lagenaria

  • Epithète de Linné Cucurbita lagenaria L. (1753).
  • Elevée au rang de genre par Seringe, Lagenaria vulgaris Ser. (1825), aujourd'hui Lagenaria siceraria (Molina) Standl. (1930)
  • < latin tardif lagenaria, lagunaria..., "en forme de laguna".
  • < latin lagona, laguna, lagoena, lagena. Forme mal fixée.
  • < grec λάγυνος - lagunos, "bouteille à long col et large ventre" (Chantraine). Peut-être emprunté au hittite.

lamier, Lamium

  • Lamier est la francisation du latin scientifique lamium (CNRTL).
  • Lamium viendrait de lamia « vampire, ogresse », allusion possible à la forme de la corolle (André p. 137).

lantana

1. épithète spécifique de Viburnum lantana (Linné, 1753).

  • Dodoens, (cité par Linné ; 1583, Pempt. 769) : Itali vulgo Lantanam nominant : Galli Viorne dicitur.
  • < emprunté au moyen-français lantane (1611) ; le mot pourrait dériver du latin lentus, "souple" (FEW 5: 166), ou d'un gaulois *lantana, sorte d'arbuste (CNRTL). Le CNRTL donne Gesner pour la première attestation, mais ne précise ni la date, ni l'œuvre, ni la langue, ni la page. Il reprend en fait la notice du TLFI, qui parle du lantanier (Lantana, Verbenaceae).
  • lantana existe aussi dans plusieurs dialectes italiens. Le toscan a lantana, lentaggine (Penzig), ce dernier dérivant de *lentago, ce qui renforce l'hypothèse de lentus comme étymon. Dodoens aurait ainsi raison en faisant venir le nom latin botanique de l'italien.


2. Nom donné par Linné en 1738 au genre Lantana, auquel appartient Lantana camara.

  • "J'ai décidé d'appeler ce genre Lantana, ancien synonyme de Viburnum, et que je me refuse à maintenir dans Viburnum" (Hortus cliffortianus)
  • Les botanistes antérieurs incluaient les Lantana dans Viburnum.
  • Le français lantanier est une francisation du latin botanique Lantana.

Lapsane

  • < latin lapsǎna, lampsăna, emprunté au grec λαψσάνη, λαμψσάνη - lapsanê, lampsanê "senevé des champs". FEW V,177 lapsana. Λαψάνη - lapsanê est un dérivé du verbe λαπάσσω - lapassô "amollir, rendre flasque ; faire évacuer".

Lathraea

Lathyrus

  • de λάθυρος, lathuros, désignant la Jarosse, Lathyrus sativus. Etymologie inconnue (André, p. 139).

laurier

  • Dérive de l'ancien français lor, avec le suffixe -ier*, lui-même issu du latin laurus désignant l'arbre.

Laurus

  • Nom latin de plusieurs plantes (André p. 140).

lavande

  • Pourrait venir de l'italien lavanda ayant deux sens, la lavande, mais également l'action de se laver, terme alors emprunté au gérondif neutre pluriel de lavare, laver. Ces deux sens ont comme probable origine une transposition puisque la plante parfumait l'eau des bains ou le linge fraîchement lavé.
  • Cependant, l'existence au XIIIème siècle de l'anglais lavender et du latin médiéval lavendula font douter de l'hypothèse précédente. (CNRTL)

Legousia

  • Nom de genre des Spéculaires, de la famille des Campanulacées.
  • Nom créé par Durande en 1782 dans la Flore de Bourgogne.
  • Dédié à l'académicien et mécène dijonais Bénigne Le Gouz de Gerland.

lentiscus

  • épithète de Pistacia lentiscus retenue par Linné (1753).
  • < latin classique lentiscus (Pline, 24, 42). Mot d'emprunt, dont le suffixe -iscus marquerait une "origine méditerranéenne" (André). Le grec a un nom différent, skhinos.
  • un diminutif latin *lentisculus a donné l'occitan restincle, d'où dérive le toponyme restinclière, "lieu où croît en abondance le lentisque". Voir Etymologie occitane.

leptophyllus, -a, -um

  • Epithète de Torilis leptophylla.
  • formé du grec ancien λεπτός - leptos « pelé, mince, ténu » et de φύλλον - phullon « feuille ».

liane

  • attesté en français au sens moderne en 1640 (pluriel lienes) dans le français des Antilles.
  • < nom de plantes grimpantes (dont la clématite, Clematis vitalba) dans le dialecte normand. Rolland y voyait une déformation de viorne ("l'yorne"), mais le FEW: 5, 318 dérive le mot de lien, dont l'étymon est le latin ligamen. La clématite est en effet la seule vraie "liane" européenne. Le mot a pris le sens générique de "plante sarmenteuse ligneuse tropicale" aux Antilles (liene 1640, liane 1694), au point de devenir le nom d'une "forme de vie".
  • > emprunté par l'anglais liana. L'OED donne 1796, Stedman, "called by the French liannes". La terminaison en -a est due soit à une fausse latinisation, soit à l'idée d'une origine espagnole.

lierre

  • Formé par agglutination de l'article le avec l'ancien français iere de même sens, forme évoluée de iedre d'abord edre. Celui-ci est issu du latin hedera « lierre » (CNRTL).

Ligustrum

  • Etymologie inconnue (André p. 145).
  • Selon une étymologie populaire, pourrait venir du latin ligare « lier » parce que les jeunes branches flexibles sont utilisées pour la vannerie (Genaust p. 341).
  • Du latin ligustrum "troène" chez Virgile (Dictionnaire Benoist/Goelzer); plante inconnue chez Columelle et Pline. Peut-être un dérivé du latin Ligures. Voir Etymologiebank

lilas

  • désigne avant tout Syringa vulgaris.
  • D'abord lilac ; lilac et lilas sont deux variantes graphiques, qui s'expliquent par le fait que les consonnes finales n'étaient alors pas prononcées en français.
    • Lilac, ou Ben (Mattioli 1572). Matthiole précise que les Arabes l'appellent ben.
    • Olivier de Serres, 1600, Lieu sixième, p. 558 : Lilac.
  • < emprunté au turc ottoman ليلاق - leylaq, lilas (Redhouse), turc actuel leylak ; en turc, l'indigo (Indigofera spp.) est çivit. C'est le turc qui semble avoir spécialisé le nom pour désigner le lilas.
  • < emprunté au persan ليلج - līlaj, ليلنج - līlanj, ليلنگ - līlang, indigo, couleur indigo (Steingass). En persan, lilas se dit yāsi firangī, le "jasmin des Francs".
  • < emprunté au sanscrit नीलक - nīlaka, bleu, indigo (plante), dérivé de नील - nīl, foncé, bleu (Monier-Williams 567)
  • La notice du FEW, 19:108 fait venir l'arbre de Perse, son nom de l'arabe, et le date de 1600 en français.
  • Rey (p. 1906) écrit à peu près la même chose : "Vient de lilac, issu de l'arabe lilak lui-même venant du persan lilak, issu de nilak signifiant bleuté, en référence à la couleur de certaines variétés".
  • Le lilas étant originaire du Sud-Est de l'Europe, ce sont les Ottomans, et non les Arabes ou les Perses qui ont dû le diffuser. C'est de Constantinople qu'il arrive en Autriche vers 1560. Bedevian mentionne un nom arabe ليلج - līlaġ, mais ce doit être un turquisme.
  • Voir aussi Syringa.

lime

  • nom français attesté en 1555
  • catalan llima, espagnol lima, portugais lima
  • < arabe ليمة - līma, nom d'unité correspondant au collectif ليم - līm.*
  • < persan ليمو - līmū
  • dérivé : limette, 1782

Limodorum

  • Limodorum abortivum
  • < grec λειμόδωρον - leimodôron (Théophraste, CP. V, 15, 5), qui serait une graphie altérée de αἰμόδωρον - haimodôron, orobanche, (Théophraste, HP VIII 8, 5).

limon

  • épithète de Citrus medica β limon L. (1753), devenu Citrus limon (L.) Burm.f., le citronnier.
  • latin médiéval limon. On trouve aussi limonum, limonia.
  • < arabe ليمون - līmūn, laymūn. Le nom est absent d'Avicenne et de Sérapion. Il apparaît chez les agronomes andalous Abū l-Ḫayr (XIe) et Ibn al-‘Awwām (XIIe).
  • < persan ليمو - līmū, ليمون - līmūn, ليمونا - līmūnā (Steingass).
  • < sanscrit nīmbū et hindi nīmbū, nībū. Le nom sanscrit viendrait de l'austronésien.
  • le nom malais actuel, limau, semble venir du persan ou de l'arabe.
  • Le nom arabe a donné la plupart des noms européens : espagnol limón, portugais limão, italien limone. Voir FEW, 19, 108
  • dérivé : limonette.

liseron

  • Dér. de lis* et du suffixe diminutif -eron (CNRTL).

lisianthus

  • Nom commercial emprunté à l'anglais de Eustoma exaltatum, espèce de fleur coupée ressemblant à la rose.
  • < Il dérive du latin botanique Lisianthus L. (1767), variante graphique de Lisianthius P. Browne (1756) et de Lisyanthus Aublet (1775). L'espèce était autrefois classée dans le genre Lisianthus.

Lithospermum

  • Nom de genre de la famille des Boraginacées.
  • Transcription du grec λιθόσπερμον, de λιθός, « pierre » et σπέρμα « graine », qui désigne Lithospermum officinale, ses graines rondes et lisses ayant l'aspect de la porcelaine (André, p. 147).

Logfia

  • Nom de genre créé par Cassini en 1819 comme anagramme de Filago
  • Ce botaniste revoit le genre Filago défini par Linné en 1753 et le divise en six nouvelles unités taxonomiques : Filago, Gifola, Ifloga, Leontopodium, Logfia et Oglifa. Les considérant comme très proches, il construit des anagrammes de Filago pour les nommer (Andrés-Sánchez Santiago et al., 2013. Taxonomic revision of the genus Logfia (Asteraceae, Gnaphalieae) in the Mediterranean region. Anales del Jardín Botánico de Madrid, 70 (1) : 7-18. doi:10.3989/ajbm.2330).

Lolium

  • < du latin lolium "ivraie" d'origine inconnue (Ernout-Meillet; André, p. 147 ), peut-être d'une racine méditerranéenne ol (FEW V,401, note 6 lolium).

Lonicera

  • Nom créé par Linné dans Hortus cliffortianus pour les chèvrefeuilles Lonicera.
  • Dédié à Adam Lonitzer, botaniste allemand (1528-1586).

lortetii

  • Epithète spécifique d'une tulipe.
  • Nommé par Alexis Jordan dans les Annales de la Société Linnéenne de Lyon, tome 5, page 9 en 1858, en hommage à M. L.C. Lortet qui avait découvert cette espèce dans les champs des environs de Cassis le 1er mars 1859.

Lotus

  • nom latin de nombreuses plantes : arbres et arbustes, herbacées, plantes aquatiques. Il doit s'agir d'homonymes.
  • < grec λωτός - lôtos.
  • nom de genre choisi par Linné pour le lotier, Lotus.
  • Au sens de micocoulier, Celtis australis, un augmentatif lotonis a donné l'italien lodogno, catalan lledoner, espagnol latonero, portugais lódão (Corominas, DCECH, latón).

luisa (hierba -)

  • nom espagnol, hierba luisa traduit le nom de genre d’Aloysia citrodora, dédié à "la Princesa de Asturias" (qui s'appelait Maria Luisa) par Paláu en 1784. Voir Aloysia.

lyciet

  • Du latin scientifique Lycium (CNRTL).

Lycium

  • Nom retenu par Linné (1753). Du latin lycium « produit de Lycie », emprunté au grec λύκιον - lukion et désignant le suc d'un nerprun oriental (Rhamnus sp.), de Cappadoce et de Lycie, Λυκία, employé en médecine (André p. 149).
  • Désigne également le cachou (Acacia catechu), lycium Indicum (André p. 149), ou λύκιον - lukion de Dioscoride

Lysimachia

  • Transcription du grec Λυσιμάχειος - Lusimakheios de Dioscoride. Désigne la salicaire Lythrum salicaria, la grande lysimache Lysimachia vulgaris ou la pariétaire Parietaria judaica (André p. 150).
  • Deux étymologies sont avancées par André (p. 150) :
    • selon Pline, viendrait de Lysimaque, roi de Trace, qui la découvrit ;
    • serait relatif à ses propriétés médicinales : Λυσιμάχειος signifie « qui fait cesser les combats », c'est-à-dire calmant.

M

Magnolia

  • C’est en 1703 que Ch. Plumier, dans son Nova plantarum americanarum genera, p. 38 a donné le nom Magnolia à cet arbre à fleurs pour honorer Pierre Magnol, botaniste et directeur du Jardin botanique de Montpellier. Le nom a été repris par Linné, qui avait de très bonnes relations avec les frères de Sauvages et l’université de Montpellier. Voir magnolia sur Etymologie Occitane

mahaleb

  • Epithète de Prunus mahaleb L. (1753).
  • arabe محلب - maḥlab. Le nom se trouve chez Avicenne (XIe), p. 210, Ibn al-Awwām (XIIe) et Ibn al-Baiṭār (XIIIe). Il apparaît en latin sous la forme mahaleb dans les Pandectae de Matthaeus Silvaticus (1317), et est repris par les botanistes (de l'Ecluse, Matthiole). Rabelais mentionne l'huile de maguelet (Pantagruel, 1542).
  • Le nom arabe est lié à حليب - ḥalīb, "lait", par allusion à l'huile des graines, analogue à l'huile d'amande.
  • Le nom français bois de Sainte-Lucie s'applique surtout au bois, et mahaleb à la graine et à ses produits.

Majorana

  • Epithète d’Origanum majorana L. (1753), élevé au rang de genre par Miller (1754), qui distingue Majorana et Origanum.
  • Nom repris de nombreux auteurs pré-linnéens, dont Tournefort, 1719, 1: 198. Pour Caspar Bauhin, Pinax, VI, IV: 224 : Sampsuchum, sive Amaracus ; Marum, sive Majorana.
  • μεζουράνα - mezourana apparaît chez Dioscoride, 3.39 comme nom romain du σάμψουχον - sampsoukhon ou ἀμάρακον - amarakon. Dans les versions latines, ce nom est transcrit majorana.
  • Dans le FEW 24 (refonte): 384, majorana est donné comme d'origine orientale, mais sans rapport avec amaracus, comme on le pensait auparavant (FEW 1:81, Meyer-Lübke, 398).

Malva

  • Nom latin de diverses mauves, de la guimauve et du lavatère (André p. 152).
  • Étymologie incertaine, à rapprocher du grec μαλάχη - malakhê (André p. 152), « mauve » (Théophraste).
  • μαλάχη - malakhê, ou μολόχη - molokhê, μολάχη - molakhê. "Les anciens rapprochaient le mot de μαλάσσω - malassô à cause des qualités émollientes de la plante, mais il doit s'agir d'une étymologie populaire. Doit être un terme méditerranéen parallèle à latin malua (influencé par μαλακός ?). Autres rapprochements chez Frisk s.u. avec bibliographie ; ajouter Cocco, Arch. Glott. Ital. 40, 1955, 10-28 qui évoque le sém. mallūaẖ, le géorgien malokhi. (Chantraine)
  • L'adjectif μαλακός - malakos signifie « doux, mou, moelleux » (Bailly, p. 547). La mauve est connue pour ses propriétés émollientes cf. Wikiphyto.
  • Du grec vient l'arabe meloukhia, qui désigne Corchorus olitorius du Machrek à la Tunisie et Abelmoschus esculentus au Maroc, deux légumes mucilagineux.

mancienne

  • nom en français moderne de Viburnum lantana ; moyen-français maussane (1561). Pour le FEW 6.1: 523-525, ce serait un hybride *mattea x lantana > *manteana ; dérivé de mattus, "abattu, humble, mou, humide", comme matons, "lait caillé". Les fleurs ressembleraient à du lait caillé. Ce sens est confirmé par le saintongeais caillebottes.

mangle

  • épithète de Rhizophora mangle L. (1753). Linné l'a repris de Bauhin hist. 1: 415 (1650) : Mangle pyri foliis. Plumier (gen. 13) écrit Magles aquatica. Mangle aurait été introduit en latin par Daléchamps, 1586, Historia.
  • < espagnol mangle. Premières attestations en 1519 (Fz de Enciso, mangue) et 1526 (Fz de Oviedo, mangle). En portugais : mangue.
  • < vient d'une langue américaine (taïno ?). Corominas hésite sur la langue, mais affirme une origine américaine.


  • Pour certains, le mot viendrait du malais manggi-manggi. Rumphius décrit Mangium candelarium (Rhizophora mangle). Il est plus probable que le malais vienne du portugais mangue. Le Hobson-Jobson dit qu'en malais, on utilise toujours bakau (vérifié dans Labrousse).
  • Le français mangrove (1789) a d'abord désigné l'arbre, puis disparu au bénéfice de manglier et palétuvier. Il a été réintroduit (1902) en géographie pour désigner la formation végétale où poussent ces arbres. Voir le FEW: 20:71, mangle. Daléchamps, 1586, Historia avait introduit en français manglé, emprunté au latin, lui-même emprunté à l'espagnol d'Oviedo.
  • > L'anglais mangrove est emprunté à l'espagnol avec influence de grove "bocage". Il a gardé les deux sens de palétuvier et de mangrove, ce qui fait que l'anglais doit recourir à mangrove tree et mangrove forest pour lever l'ambiguïté.

marguerite

  • Marguerite du latin margarīta "perle", emprunté au grec μαργαρίτης (scilicet -λιθσς), qui l'a emprunté à une langue de l'Inde. Marguerite désigne la pâquerette depuis le XIIIe siècle, la grande maguerite depuis le début du XVe, suite au terrain gagné par le mot perle. (FEW VI,1 margarita)

maroute

  • Maroute, amerote en ancien français (13e siècle) qui vient du bas latin amalusta, variante du bas latin amalocia «camomille puante» (variantes en latin médiéval amarusta, amarusca, sous l’influence d’amarus «amer», la décoction de camomille ayant un goût amer; v. amarelle et amourette). Les formes occitanes amaroun, amarou etc. ont la même étymologie. CNRTL

marrube

  • Du latin marrūbium "marrube" d'une racine mar- très ancienne de noms de plantes dont fait partie *marsīlium "ellébore". (CNRTL)

massaicus

  • 1) "des Massaïs", peuple nomade du centre-ouest de l'Afrique.
  • 2) "de l'Oued Massa" (au sud d'Agadir) ; qualifie Senecio coronopifolius Desf. subsp. massaicus Maire (1923) (protologue, où Maire écrit Hab. in glareosis hieme inundatis alvei amnis Massa Imperii Maroccani austro-occidentalis transatlantici [habite dans les graviers inondés en hiver du lit de la rivière Massa dans la partie sud-ouest transatlantique de l'empire marocain]).

mastichina

  • épithète de Thymus mastichina (L.) L. (1763), adoptée par Linné en 1753 : Satureja mastichina L.
  • C'est un substantif, ce qui explique qu'il ne s'accorde pas avec le genre de Thymus.
  • Linné cite Sampsucus s. Marum mastichen redolens, C. Bauh., Pinax, 271. Le nom de Bauhin, "Marum à odeur de mastic", donne le sens.
  • P. Miller (1754) a élevé Mastichina au rang de genre, mais n'a pas été suivi.

mauritianus, -a, -um

  • épithète de Ziziphus mauritiana Lam. (1789)
  • Lamarck (3, 319) donne comme nom français : Jujubier de l'Isle de France. L'épithète mauritiana signifie donc "de l'île Maurice".

mauve

  • Du latin malva « mauve » (CNRTL).

max

  • Epithète de Glycine max, dont le basionyme est Phaseolus Max L. (Sp. pl. 2, 725, 1753) Hort. cliff. 499. Roy. lugdb. 367. Fl. zeyl. 280. Phaseolus orthocaulis, Mungo persarum. Herm. mex. 887.
  • Phaseolus ortocaulis, Mungo persarum, turcarum Masc, hispanorum Max. Hern. mex. 887. Boerh. lugdb. 2. p. 28. (Hortus cliffortianus, 499).
  • Mungo, sive Phaseolus orthocaulis. Mungo, apud Indos orientales à Persis, ac etiam à Turcis dicitur Masc, quod ab Hispanis diceretur Max.
Fabius Columna reproduit ensuite le texte de Garcia (repris apparemment de Clusius) : Nasci etiam ferunt in Palæstina hoc Mungo. Eius meminit Avicenna vocata Meisce. Bellunensis eius interpres Mens. Mex autem dici debere ab eruditis medicis Arabibus edoctus sum.
Il ajoute : Et nos à peritis Arabicæ linguæ tàm Mex, quàm Max, interpretari posse : Avicenna lib. 2 cap. 499. sub nomine Meisce, hac habet. Fabius Columna in Hernández, Rerum medicarum Novae Hispaniae thesaurus, 1651.
  • Il s'agit donc de la graphie en espagnol du siècle d'or du nom persan d'un haricot mungo (Vigna radiata) transmis par Avicenne. Le x se prononçait alors š.
  • ماش - māš, mēš (Avicenne, Canon). Le mot existe toujours en persan (Steingass).
  • < sanscrit māsha, qui a pu désigner divers haricots, dont un mungo à graines marbrées. En arabe, d'après Barthélémy (1935-54), māš désigne en Syrie un légume sec à graines noires, peu estimé, que l'on fait rimer avec ma šī, "rien". Il est même arrivé jusqu'à Chypre, où son nom grec est μάχος - makhos.


  • Na Palestina sei que o ha, segundo dixe hum mouro, que dahi he; e tambem Avicena escreve delle no segundo livro cap 489, e isto ante de o saber me custou asaz travalho, e chamase mesce, e o Belunense emenda més, mas eu soube dos fisicos e de outros letrados que se ade dizer mex, e a letra do cabo ade ser pronunciada com os dentes muyto fechados; porque asi a pronunciam elles. (Garcia da Orta, 1563, 144).
  • De Mungo (cap. XXI 213). Nasci etiam ferunt in Palæstina hoc Mungo. Eius meminit Avicenna vocata Messe (Meisce habent nostra exemplaria), Bellunensis eius interpres Mens : (Mex autem debere dici ab eruditis medicis Arabibus edoctus sum). (Clusius, 1574, traducteur en latin de Garcia).


  • En conclusion, il suffisait de consulter l'édition d'Hernández citée par Linné pour savoir d'où il a tiré la graphie max, alors que Garcia et autres écrivaient mex. Linné pensait attribuer ce nom à un mungo à grains noirs, mais il a ensuite été typifié comme désignant le soja. La graphie Meisce vient d'une traduction latine d'Avicenne aujourd'hui introuvable (ni en livre ni sur Internet), mais le texte arabe d'Avicenne a bien māš (page 212), ce que Columna a pu vérifier.


Fausses étymologies. A la suite de nombreux auteurs, Genaust s'est cassé les dents sur ce nom, et donne un long développement hors-sujet sur le soja. Le mot a été diversement interprété comme une abbréviation de maxima, maximowiczi... Il est étonnant que cette question n'ait pas été clarifiée depuis longtemps.

Meconopsis

  • Nom de genre créé par Vig. (L.G.A.Viguier)
  • du grec μήκων (mèkon), "pavot, suc de pavot" plus όψις (opsis) "vue: apparence".

Medicago

  • Nom de genre adopté par Linné.
  • Dérivé du latin Mēdica ou Mædica "luzerne de Médie (Iran)" < du grec Μήδικη (пόα) "luzerne" littéralement "herbe de Médie".

medlar

Melampyrum

  • Transcription du grec μελάμπυρον «blé noir» (André p. 157) (compression de μέλας « noir » et πυρός « blé » (CNRTL)).
  • Pour Théophraste, μελάμπυρος ὁ ποντικός - melampuros ho pontikos est le mélampyre des prés ; μελάμπυρον - melampuron est le myagre Myagrum perfoliatum.

meleagris

  • Epithète de Rritillaria meleagris.
  • Vient du grec μελεαγρίς (meleagris) dérivé de Méleagre héros de la mythologie grecque. Après la mort de Méléagre ses sœurs en furent si attristées qu'elles furent changées en pintades (méléagrides en grec) par Artémis. FEW VI/1,659 . Caspar Bauhin, Pinax p.64, explique que ce nom est dû; sinon à la couleur, certainement à la variété, la disposition et la grosseur des figures sur le plumage des pintades. Cf. L'allemand Schachbretteblume litt. "fleur échiquier".

mélilot

  • Emprunté au latin melilotos (Pline) melilotus (Ve siècle) et melilotum, transcription du grec μελίλωτος - melilôtos (Dioscoride, Théophraste) ou μελίλωτον - melilôton (André). FEW VI/1,661-662 mělǐlōthus

Melomphis

  • Nom créé par Rafinesque : "Melomphis R. 1815. (black knavel). Melenomphale Renealm." Flora Telluriana, 2: 21, 1836 (en fait 1837)
  • formé du grec μέλας - melas, "noir" et ὀμφαλός - omphalos, "nombril, centre", soit "à onglet noir".

Mentha

  • nom de genre retenu par Linné (1753) : Mentha, à la suite de la plupart des botanistes depuis l'Antiquité
  • < latin classique menta, désignant les menthes et certains Clinopodium (ex-Calamintha) (André), emprunté à une langue méditerranéenne non-indo-européenne (Ernout-Meillet).
  • le grec μίνθη - minthê est un emprunt parallèle (Chantraine).

menthe

  • Du latin menta. La graphie menthe par l'influence du grec μίνθη date du XVIe siècle. FEW VI/1,730 menta

mercuriale

  • Mercuriale est emprunté au latin botanique Mercurialis (CNRTL).

Mercurialis

  • Mercurialis, nom retenu par Linné (1753), à la suite des botanistes du Moyen-Age et de la Renaissance.
  • < latin classique Mercurialis (herba) « herbe de Mercure », nom de la même plante, d'après le dieu qui la découvrit (Pline) (André, p. 159).
  • < traduction du grec Ἑρμού βοτάνιον - Hermou botanion (Dioscoride).

merisier

  • De merise, avec le suffixe -ier, désignant l'arbre fruitier.
  • Merise vient de *amerise, dérivé de amarus "amer" sous l'influence de cerise. L'amerise est ensuite devenue la merise par aphérèse de l'initiale. FEW 24,311 et note 3.

Mespilus

  • nom de genre retenu par Linné en 1753 pour Mespilus germanica, à la suite de nombreux botanistes.
    • Linné cite Bauhin, Pinax, 453 : Mespilus germanica, folio laurino on serrato. On doit semble-t-il à Bauhin le qualificatif de germanica ; il distinguait une espèce italica et une virginiana.
  • < latin classique mespila
  • < grec μεσπίλη - mespilê chez Théophraste, où μεσπίλη σητάνειος - mespilê sêtaneios est le néflier, les autres étant des Crataegus. Chez Dioscoride, 1, 118, μέσπιλον - mespilon est d'abord Crataegus azarolus.
  • mot emprunté d'origine inconnue (Chantraine, André p. 160).
  • Voir aussi néflier et medlar.

mezereum


  • Genaust fait venir le nom latin via l'anglais, ce qui est improbable. Le nom se trouve dans les versions latines de plusieurs livres arabes.

micocoulier

  • nom français de Celtis australis, emprunté à l'occitan (1557).
  • < grec moderne μικροκούκουλι - mikrokoukouli, μικροκοῦκκι - mikrokoukki, μελικουκκιά - melikoukkia (FEW 20, 20). Les dialectes présentent de nombreuses formes : voir Rolland et Etymologie occitane.
  • Le grec s'explique facilement comme "petit fruit rond", de kokkos, "grain". On retrouve ce nom en Calabre et en Sicile (Penzig). Il existerait depuis le grec byzantin. Curieusement, il semble s'être introduit plusieurs fois, car si micocoulier vient de mikrokoukouli, l'occitan mélicoukié vient de melikoukkia. Les voies d'introduction restent obscures.

Voir fanabrègue.

millepertuis

  • Composé de mille et de pertuis, à cause de l'aspect des feuilles de cette plante caractérisées par des points transparents qui paraissent être des trous (CNRTL).

Mimosa

  • Nom de genre retenu par Linné en 1753 pour un grand nombre d'espèces dont Mimosa pudica et Mimosa farnesiana, aujourd'hui Vachellia farnesiana.
  • Introduit en latin par Charles de l'Ecluse, 1582, Aromatum et medicamentorum in orientali India nascertium : De Herba Mimosa, p. 83. l'Ecluse traduit Acosta.
  • Acosta, Cristóbal, 1578. Llamase en vulgar yerva Mimosa, porque en tocandole con la mano, se envejesce y se marchita, y en quitandole la mano, se buelve a su estado, mas no tan presto, ni con tanto sentimiento come la primera. Acosta, Cristóbal. Tractado de las drogas, y medicinas de las Indias Orientales De la Yerva Mimosa. Capitulo XXXII, p. 241
  • Mimosa signifie en espagnol "minaudière". La plante "fait des minauderies" en fermant ses feuilles au toucher.
  • En français, on a Herbe Mimosa, Herbe Mimose (Colin, Histoire des drogues, 1602, p.488 (traduction de l'Ecluse).
  • Duret (1605), Histoire admirable des plantes et herbes, p. 278 l'appelle Herbe ciarlatane, Herbe basteleuse et Herbe Mimeuse.
  • Linné incluait dans le genre Mimosa des arbustes connus aujourd'hui en français sous le nom de mimosa, comme Vachellia farnesiana.

molle

  • épithète de Schinus molle retenue par Linné (1753), et auparavant utilisée comme nom de genre par Tournefort.
    • Molle vocant. traduction de Monardes par Clusius (1574) p. 48 et p. 83. Mention dans Monardes introuvable (MC).
    • Lentiscus Peruana. Molle, Clus. in Monardem, Lobel... (Caspar Bauhin, Pinax, 1623, 399)
    • Molle, Jean Bauhin (à vérifier)
  • < espagnol molle [moye]. Attesté en 1552 chez López de Gómara (Corominas).
  • < quechua mulli, Schinus molle.
  • L'espèce donne une résine qui a été qualifiée de "mastic américain", d'où le rapprochement avec le lentisque, σχῖνος - skhinos en grec.

mollis

  • adjectif latin classique, mollis, mollis, molle.

morelle

  • Emprunté au latin médiéval maurella, de même sens, dérivé de Maurus « Maure », pris au sens de « brun foncé ». (Rey p. 2158).

morgeline

  • Nom français du mouron blanc Stellaria media (Rolland) depuis le Grant herbier (XVe siècle).
  • < latin médiéval morgellina (Glossaire de Tours, XIIe siècle), probablement une retraduction d'un français mors geline.
  • < latin médiéval morsus gallinae, proprement « morsure de poule » parce que les poules sont friandes de cette plante (CNRTL, FEW).
  • Le nom s'est aussi appliqué au mouron rouge Anagallis arvensis (Rolland).

moringa

  • Nom retenu par Linné pour Guilandina moringa (1753), aujourd'hui Moringa oleifera
  • Linné cite dans son protologue Moringha zeylanica Burman (zeyl. 162, t. 75) et Morungu Rheede.
  • élevé au rang de genre par Adanson, Fam. 2: 318. (1763).
  • < Moringa zeylanica dans Burman, 1737, Thesaurus zeylanicus, 162, où Moringa (en latin) est cité comme venant de Jean Bauhin, 1, 12, 435 et Acosta Ital. 262.
  • < Moringa (en espagnol) dans Cristóbal Acosta (1578) ch. 56 p. 344. Burman cite l'édition en italien de 1585.
  • 1611. Il y a le Moranque gasts, qu'ils appellent en leur langue. Pyrard de Laval, Traité & Description des Animaux..., chap. XI, 391 [muragá gas en divéhi, langue des Maldives].
  • 1613. Uma é aquella a que na sua lingua chamam Moranguegasta. Pyrard de Laval, Viagem, II, 369 (apud Dalgado, 1921, 72, qui a dû traduire une version française).
  • 1613. Este nome anda visivelmente aportuguezado em Goa onde se diz Marangueiro. Tambem chamam a esta arvore Muxingo. Cunha Rivara (apud Dalgado, 1921, 72). NB. A Goa, la langue parlée est le malayalam, et la langue savante le konkani (d'où vient muxingo).
  • mouringou, aujourd'hui muringa, nom malayalam dans Rheede tot Drakenstein, 1678-1703, Hortus Indicus Malabaricus, 6:19-20, t. 11.
  • Le nom du français régional de la Réunion et de Maurice, mouroungue, vient du tamoul murungai.
  • L'arbre a été connu très tôt après les premiers voyages des Européens, sous des variantes diverses de son nom. Le nom botanique semble venir d'Acosta en 1578.

Myosotis

  • Nom déjà donné par Dillenius en 1719 dans son Catalogus plantarum sponte circa Gissam nascentium p.55.

Myosurus

  • du grec ancien μύς, μυ-ός, muos « souris » ούρά, oura « queue », en allusion à la forme de l'épi long et grêle.
  • les auteurs prélinéens, comme Caspar Bauhin emploient muosuros ou le latin cauda muris.

myosuroides

  • Épithète spécifique d'un vulpin Alopecurus myosuroides
  • Voir ci-dessus. Du grec ancien εἶδος, eidos « comme » « qui ressemble ».

myrtille

  • Du latin myrtillus, la myrtille.

Myrtus

  • nom du genre Myrtus.
  • < latin myrtus (plante), myrtum (fruit), Myrtus communis.
  • < grec μύρτος - murtos (plante), μύρτον - murton, (fruit). En fait, Théophraste utilise bien ce nom du fruit, mais les dérivés μυρρίνη - murrinê, μύρρινος - murrinos pour la plante. Dioscoride appelle la plante μυρσίνη - mursinê. Pour Chantraine, ces deux formes dérivent d'un μύρτινος - murtinos, Théophraste utilisant une forme attique.
  • < le grec aurait emprunté ces mots à une langue d'Asie mineure.
  • En français, d'après le FEW (6 : 3, 317), la prononciation [myrt] serait due à l'influence du grec phocéen. Sa latinisation en [mœrt] aurait ensuite donné [mert]. Quant à nerte, il résulterait d'une assimilation du m à la dentale finale.

myxa

  • Epithète de Cordia myxa L. (1753) (Species Plantarum, 190).
  • Linné cite Caspar Bauhin, Pinax, 1623, 446, qui l'appelle Prunus sebesten et cite Dodoens, Lobel... qui l'appellent Myxa. Bauhin précise que les Grecs l'appellent μύξα - muxa a pomi mucoso lentore (pour son fruit de viscosité muqueuse).
  • Le grec μύξα - muxa, féminin singulier, ou pluriel de μύξον - muxon, est absent de Théophraste et Dioscoride. Il apparaît comme myxa ou mixa chez les auteurs latins, dont Pline 13, 51 et 15, 45.
  • Le mot grec μύξα - muxa a le sens général de "morve, mucosité", et est lié au latin mucus.

N

napel

  • Epithète d'aconit.
  • Attesté depuis 1559. Représente un latin médiéval napellus (1250) diminutif de napus "navet", réfection d'après naviel, navel très répandu dans tous les dialectes gallo-romans. CNRTL napel; FEW VII, 10 napus

Napier

  • Napier's grass. Nom commun d'une espèce fourragère, Pennisetum purpureum. Le nom vient d'un colonel Napier, de Rhodésie, qui a contribué à la populariser à partir de 1908.
    • Mr. E. G. Kenny, Native Commissioner, Gutu, and Col. Napier, of Springs, Bulawayo, called the attention of the Agricultural Department of Rhodesia to the value of the grass as a fodder plant (Rhodesian Agricultural Journal, 1910. vol. vii, p. 1398). They first noticed it about 1908, "growing in the Gutu district in native lands and being used, as the natives explained, as a muti, or mushonga, to make the other crops grow."
    • Col. Napier has formed so high an opinion of this crop that it is certainly worth a trial in other parts of Southern Rhodesia, and through his co-operation this Department is able to offer a limited number of roots f o.r. Gwelo, under the usual terms of co-operative experiments. (Rhodesian Agricultural Journal, 1910. vol. vii, p. 1398, cité par Stapf O., 1912. Elephant grass. A new fodder plant (Pennisetum purpureum Schum.). Kew Bull.: 309-316.

Narcissus

  • < latin classique narcissus. Pour Pline, ce sont des types de lis. Pline (21, 128) distingue l'un purpureo flore et alterum herbaceo : à fleur pourpre (Narcissus poeticus) et l'autre à fleur herbacée (Narcissus tazetta). Il ajoute que "son nom vient de narce, et non de l'enfant de la fable" (Narcisse). (André)
  • < grec ancien νάρκισσος - narkissos, identifié comme Narcissus tazetta, Narcissus serotinus et Pancratium maritimum chez Théophraste, et Narcissus poeticus chez Dioscoride, qui connaît aussi un ναρκίσσινον ἐλαίον - narkissinon elaion, "huile de narcisse".
  • Ovide (Métamorphoses, 3, 509-510) est la source principale de la légende de Narcisse. La fleur semble bien être celle d'un Narcissus :
    • croceum pro corpore florem inueniunt foliis medium cingentibus albis
    • au lieu d'un corps, elle trouvent une fleur au cœur couleur de safran, entourée de pétales blancs.
  • Pour Chantraine, le rapprochement avec νάρκη - narkê, "torpeur" serait une étymologie populaire, et le suffixe -ισσος - -issos indiquerait un emprunt (au crétois selon Genaust).
  • En tout cas, c'est le nom de la plante qui est à l'origine du nom du personnage, comme le signalent déjà Pline et Pausanias, et non l'inverse.

nard

  • Emprunté au latin nardus, "nard indien", très apprécié dans l'Antiquité. Voir CNRTL qui résume le FEW.

Nardostachys

  • Nom de genre Nardostachys introduit par A. P. de Candolle (1830).
  • < latin tardif nardostachys.
  • < grec ναρδόσταχυς - nardostakhus, absent de Théophraste et Disocoride, mais chez Paulus, Aëtius. Littéralement "épi de nard", de νάρδος - nardos et στάχυς - stakhus, "épi".
  • Le nom grec a été traduit dans le latin tardif spica nardi > ancien français spicanarde, spiquenard > anglais spikenard.
  • On trouve le même sens dans l'arabe سُنبُل - sunbul, "épi, nard" (Ibn al-Bayṭār).
  • C'est la racine fibreuse qui semble avoir été prise pour un épi. Mais très tôt, spica (nardi) s'est aussi appliqué à la lavande Lavandula angustifolia (syn. : Lavandula spica), plante à parfum plus commune que le nard de l'Inde.

Nardus

  • Nom retenu par Linné dans Flora Lapponica p.24
    • Nardi nomen huic gramini imposui, dum genere conuenit cum Nardo spuria Narbonensi Bauhini.
    • J'ai imposé le nom de Nardus à cette herbe, dans la mesure où elle appartient au même genre que le Nardus spuria Narbonensis de Bauhin.
    • NB. Nom du Pinax de Bauhin à vérifier.
  • < grec ancien. Le νάρδος - nardos de Théophraste serait Nardostachys grandiflora. Dioscoride 1.7 distingue plusieurs nardos, dont νάρδος Ἰνδική - nardos Indikê et le νάρδος Συριακή - nardos Suriakê.
  • < araméen נרדא - nirdā, akkadien lardu, hébreu נרד - nērd (Cantique, 1, 12).
  • < sanscrit नलद - nalada (de nal, avoir une odeur)

néflier

  • Dérive de nèfle par ajout du suffice -ier pour désigner l'arbre fruitier.
  • Nèfle vient du latin mespila (Rey p. 2226, CNRTL), emprunté au grec μεσπίλη - mespilê d'origine inconnue (André p. 160). Mespilum, emprunté au grec μεσπίλον - mespilon, a le même sens (André p. 160).
  • Mespila désigne aussi bien des aubépines que le néflier et son fruit (André p. 160).
  • Mespila est devenu mesfila au IXe siècle à Montpellier. Elle correspond au grec tardif mesphullon, peut-être issu du croissement de mespilon avec phullon, la feuille. Cela a donné nesfle en vigueur en Provence et dans les régions voisines (Rey p. 2226, CNRTL).

nemorosa

  • Épithète spécifique de l'Anémone des bois Anemone nemorosa.
  • De nemorosus « boisé » (Gaffiot, p. 1023), étant donné la présence de cette plante dans les bois (Genaust p. 414).

Nerium

  • Nom retenu par Linné, à la suite de botanistes pré-linnéens : Nerion (C. Bauhin), Nerium (J. Bauhin)
  • < latin classique nerium (Pilne 16, 79)
  • < grec νήριον - nêrion, ῥοδόδενδρον - rhododendron ou ῥοδοδάφνη - rhododaphnê (Dioscoride, 4.81). D'après Amigues, ce serait ὁνοθήρας - onothêras « piège aux ânes » chez Théophraste, 9, 19, 1
  • l'étymon serait νηρόν - nêron, "eau fraîche" parce que cet arbuste se trouve au bord des ruisseaux selon Strömberg, Pflanzennamen 113. (Chantraine)

nerprun

  • Du latin populaire *niger prunus, prunier noir, devenu noirbrun au XIIIe siècle puis nerprun au XVIe siècle. (Rey p. 2235, CNRTL).

nielle

2 hypothèses :

  • Du judéo-français neele « plante à graines noires et toxiques, qui pousse souvent dans les blés ».
  • De niele issu du bas latin nigella «id.», féminin substantivé du latin nigellus « noirâtre », dérivé diminutif de niger « noir ».

nil

  • épithète de Convolvulus nil L. (1762), aujourd'hui Ipomoea nil (L.) Roth.
  • Linné cite Bauhin.
  • Caspar Bauhin, Pinax, 1623, 295 : Convolvulus cæruleus hederaceo anguloso folio. Quibusdam Granum nil Serapionis & Arabum. [C'est pour certains le Granum nil de Sérapion et des Arabes]
  • Gesner, 1561. De hortis Germaniae, fol. 255 serait le premier botaniste de la Renaissance à en parler : Convolvulum peregrinum vel cœruleum vocarim granum Nil Arabum, ut eruditi quidam viri in Italia noncupant... Itali quidam vulgo Campanulam lasuram vocant. [J'ai appelé Convolvulus peregrinus ou cœruleus le granum Nil Arabum (ou graine de nil des Arabes), comme disent certains érudits en Italie... Les Italiens l'appellent populairement campanule azurée.]
  • < arabe حب النيل — ḥab an-nīl, "graine de nil", chez Avicenne, Sérapion, Habel I. Nil, Ibn al-Bayṭār.
  • Le nom est en fait arabo-persan ; c'est le décalque d'un nom indien : en hindi, नील कलमी - nīl-kalmī désigne la plante, de kalmī, liseron d'eau (Ipomoea aquatica) et nīl, "de couleur bleu foncé", et कालादाना - kālādānā désigne la graine, de kālā, "noir" et dānā, "graine".
  • NB. On retrouve l'arabe an-nīl au sens de indigo dans l'espagnol añil. Le sanscrit नीलक - nīlaka a aussi donné lilas par l'intermédiaire du turc.

niruri

  • Nom retenu par Linné pour Phyllanthus niruri (1753), qui cite dans son protologue :
    • Niruri barbadense Mart. cent. 9, t. 9.
    • Kirganelli [kirganeli] Rheede 10:29, t. 15.
  • niruri, nom malayalam dans Rheede tot Drakenstein, 1678-1703, Hortus Indicus Malabaricus, pour Phyllanthus virgatus, 10:53, t. 27.

nivalis

nodosus

  • Epithète de Torilis nodosa.
  • adjectif latin « noueux, qui a beaucoup de noeuds » (Gaffiot, p. 1034).

noisetier

  • Dérive de noisette, elle-même formée de noix et du suffixe -ette, exprimant la petitesse.

non-scriptus

  • Epithète de Hyacinthus non-scriptus L. (1753), devenu Hyacinthoides non-scripta (L.) Chouard ex Rothm. (1944).
  • Dodoens (Pemptades, 1583, II, II, XVII, p. 215) montre que non-scriptus s'opposait à scriptus :
    • Hyacinthus apud Veteres duplex reperitur. Unus à Theocrito scriptus cognominatur, qui major est, & Lilio forma similis : de quo supra cap. hujus lib. II, alter minor, non scriptus dici potest.
    • On trouve deux types de Hyacinthus chez les Anciens. L'un connu de Théocrite comme scriptus (écrit), qui est grand et a une forme semblable au lis, dont nous parlons plus haut au chapitre II ; l'autre petit, qui peut être dit non scriptus (non écrit).
    • L'explication se trouve au chapitre II (Pemptades, 1583, II, II, II, p. 199), où Dodoens consacre une page entière à la citation des auteurs grecs et latins. Mais Dodoens ne rapproche pas ce Hyacinthus scriptus de l'un des Lilium.
  • Les commentateurs s'accordent pour dire que Hyacinthus scriptus est Consolida ajacis (syn. : Delphinium ajacis), dont les pétales présentent des stries claires où les Anciens ont vu soit le nom d'Ajax, soit le mot AIAI (αἰαῖ), qui était le cri de lamentation d'Ajax, responsable de la mort de Hyacinthos.
  • Chez Théocrite, Bucol., Idylle 10, lignes 28-29, on lit :
καὶ τὸ ἴον μέλαν ἐστί, καὶ ἁ γραπτὰ ὑάκινθος·
ἀλλ' ἔμπας ἐν τοῖς στεφάνοις τὰ πρᾶτα λέγονται.
Elle est sombre la violette, et l'hyacinthe écrit ; et pourtant, dans les couronnes, ce sont les premières à être cueillies.
  • Dodoens cite aussi Moschus (Bucol., Epitaphe à Bionis), qu'il attribue à Théocrite :
νῦν φυτά μοι μύρεσθε καὶ ἄλσεα νῦν γοάοισθε,
ἄνθεα νῦν στυγνοῖσιν ἀποπνείοιτε κορύμβοις·
νῦν ῥόδα φοινίσσεσθε τὰ πένθιμα, νῦν ἀνεμῶναι,
νῦν ὑάκινθε λάλει τὰ σὰ γράμματα καὶ πλέον αἰαῖ
λάμβανε τοῖς πετάλοισι·
  • Pline (Hist. Nat., XXI, 66) résume les légendes :
    • Hyacinthum comitatur fabula duplex, luctum praeferentis eius, quem Apollo dilexerat, aut ex Aiacis cruore editi, ita discurrentibus venis, ut Graecarum litterarum figura AI legatur inscriptum.
    • L'hyacinthe est associé à deux légendes ; l'une témoigne du deuil de l'être chéri d'Apollon ; dans l'autre, la fleur est née du sang d'Ajax, la disposition des veinures figurant les lettres grecques AI. (trad. Jacques André).
  • Caspar Bauhin (Pinax, 1623) cite Hyacinthus non scriptus comme synonyme (Bauhin, 43 p. 43), mais ne cite pas Hyacinthus scriptus sous le nom Consolida regalis (Bauhin, 141 p. 141), alors qu'il relate la légende.
  • Linné lui-même (Hortus cliffortianus, 213) reproduit les vers d'Ovide et Théocrite.
  • Link (1829) a créé le genre Agraphis (version grecque de non-scriptus) pour la jacinthe.

noyer

  • Dérive du latin populaire nucarius, le noyer, lui-même dérivé du latin classique nux, la noix.

O

obier

  • Nom d'espèce d'une viorne, Viburnum opulus, aux inflorescences blanches.
  • Variante graphique de aubier*, issu vraisemblablement du latin albaris, blanc, utilisé pour désigner des objets clairs (CNRTL).

oleander

  • épithète retenue par Linné (1753) pour Nerium oleander.
  • Oleander vulgo Herm. 447
  • < vient d'une langue romane comme français oléandre (XVe siècle) ou italien oleandro
  • < réfection par influence de olea, "olivier" du latin tardif lorandrum.
    • Rododendron, quod corrupte vulgo lorandrum vocatur, quod sit foliis lauri similibus, flore ut rosa, arbor venenata (Isidore de Séville, 17, 7, 54).
    • Le rododendron, dont le nom vulgaire est déformé en lorandrum parce que ses feuilles ressemblent à celles du laurier, a la fleur de la rose ; c'est un arbre vénéneux.
  • < lorandrum est à son tour une réfection du latin tardif rodandrum par influence de lorus, laurus, "laurier".
  • < rodandrum (ou rorandrum cité par Dioscoride) est enfin une forme simplifiée par haplologie de rhododendrum.

Oloptum

  • Nom créé par Röser & H. R. Hamasha, 2012. Pl. Syst. Evol. 298 : 365. in Hamasha, Hassan R. ; von Hagen, K. Bernhard & Röser, Martin, 2012. Stipa (Poaceae) and allies in the Old World: molecular phylogenetics realigns genus circumscription and gives evidence on the origin of American and Australian lineages. 351-367 (sur JSTOR)
  • Je n'ai pas pu voir le protologue.

Onagra

  • Nom de genre donné par Miller en 1754. Bien qu'il soit synonyme de Oenothera L. (1753), il a donné le nom de famille Onagraceae.

Onobrychis

  • Nom de genre donné par Miller.
  • < du grec ΄ὀνόβρυχις - onobrukhis, "sainfoin", composé de ὄνος - onos, "âne" et βρύκω - brukô, "manger avec avidité".

Onopordum

  • Nom de genre introduit par Linné (1753), qui cite Vaillant dans Hortus cliffortianus, 1738, 393.
  • Nom retenu par Vaillant, 1718, Établissement de nouveaux caracteres de trois Familles ou Classes de Plantes à Fleurs composees. Histoire de l'Académie royale des sciences, p. 153, qui écrit :
    • Onopordon est composé des mots Grecs ὄνος, Asne , & πέρδω, je pete, parce qu'on prétend que ces Plantes font peter les Asnes qui en mangent.
  • Dodoens (Pemptades 1583, 726) (l'illustration représente bien un Onopordon) :
    • Peregrinus iste Carduus Belgio est. Onopordon herbarij appellant : Plinij tamen esse Onopordon affirmari nequit : nihil enim apud eum de Onopordi forma.
    • Ce chardon voyageur est en Belgique. Les herbiers l'appellent Onopordon : on ne peut cependant affirmer que ce soit l'Onopordon de Pline : il ne dit rien en effet sur la forme de l'Onopordon.
  • Pline (27, 110) :
    • Onopradon cum ederunt, asini crepitus reddere dicuntur.
    • L'onopradon est une plante qui passe pour faire péter les ânes lorsqu'ils en ont mangé.
  • L'étymon est le grec ὀνόπoρδoν - onopordon, attesté uniquement chez Epicharme, 161, de ὄνος - onos, âne, et πορδή - pordê, pet.

opalus

  • épithète de Acer opalus, donnée par Miller (1768).
  • origine obscure pour Genaust. Semble être une simple variante de opulus.
  • ou du latin opalus "opale", du grec όπαλλιος (opallios), qui semble provenir du sanskrit upalah "pierre". (Ernout-Meillet)

open-arse

  • nom populaire anglais de la nèfle, Mespilus germanica, attesté depuis ca. 1000 (OED), et présent chez Shakespeare (Roméo et Juliette, II, 1).
  • Le sens apparent est "cul ouvert", par analogie de forme du fruit qui laisse apparaître un large disque entre les lobes du calice. On retrouve ce nom en bas-allemand Apenars, Apenerschen, parfois interprété par étymologie populaire comme "cul-de-singe" (ba. apen = ouvert, Ap = singe), cul-de-singe étant présent aussi dans l'est de la France, ainsi que cul-de-chien (Marzell).

Ophiocordyceps

  • Nom de genre créé par Petch en 1931 dans les Transactions of the British Mycological Society.
  • composé du grec ὄφις - ophis, « serpent » et de Cordyceps.

opulus

  • épithète donnée par Linné à Viburnum opulus (1753). Bien que Genaust dise qu'il n'y a pas d'attestation pré-linnéenne, il en existe, à commencer par Linné lui-même :
  • genre Opulus, Linné, Hortus cliffortianus, p. 109:
    • Opulus ruelli. Tournefort inst. 607. Boerh. lugdb. 2. p. 224.
    • Opulus flore globoso. Tournefort inst. 607.
  • genre Opulus, Tournefort, Inst. rei herb. 1719. 1: p. 607:
    • Opulus Ruellii 281. Sambucus aquatica flore simplici C. B. Pin. 564.
    • Opulus flore globoso. Sambucus aquatica, flore globoso, pleno C. B. Pin. 456.
  • Opulus corno similis arbor, arbusto gallico faciundo idonea, obierus uel opierus apud nos ruri dicitur. [L’Opulus est un arbre qui ressemble au cornouiller, ce qui convient bien à l'arbuste français ; chez nous à la campagne on l'appelle obierus ou opierus] Ruel. De natura stirpium libri tres, 1537 p. 212.15.
  • < latin classique opulus. Pour André, ce nom désigne Acer opalus et pour Genaust Acer campestre. André : "Sans étymologie, probablement terme de substrat de l'Italie du Nord, cf. toscan loppo, piémontais oppio, vénitien opio, Penzig, I, 4.
  • Les trois noms italiens désignent en fait Viburnum opulus, et sont proches du français obier, opier (Rolland), et pourraient donc avoir la même origine, alors que le FEW donne obier comme une variante de aubier FEW XXIV,295 et n.19.

Opuntia

  • Epithète de Cactus Opuntia L. (1753), élevé au rang de genre par Miller : Opuntia ficus-indica (L.) Mill. (1768).
  • Théophraste, 1, 7, 3) : περὶ Ὀποῦντα ποιάριον - peri Opounta poiarion, "une petite herbe de la région d'Oponte. Ce serait Lemna minor pour Suzanne Amigues. Les latinistes ont suivi l'interprétation de Pline (XXI, 104) : On trouve aux environs d'Oponte une herbe qui est même pour l'homme un aliment agréable ; il est singulier qu'une racine se forme à partir de sa feuille et que la plante naisse ainsi.

Orchis

  • Issu du grec ορχις « testicule », puis « orchidée » d'après la forme de la racine (CNRTL).

Orlaya

  • Genre créé par Georg Franz Hoffmann en 1814 dans Genera plantarum umbelliferarum, p. 58 : Prior, in honorem viri perillustris, medendi prudentia, doctrina, peritia insignis Botanophili Joannis Orlay. [En premier, qui, en l'honneur d'un homme illustre, médecin incarnant la prudence, l'enseignement, l'expérience, le remarquable botaniste John Orlay].

orme

  • Provient probablement de l'altération de olme, employé de la fin du XIe siècle et le XVIe siècle pour désigner cet arbre. (Rey p. 2356, CNRTL).
  • Olme vient de ulmus (voir ce mot). (Rey p. 2356, CNRTL).

ornithogale, Ornithogalum

  • Emprunté au grec ορνιθόγαλον « ornithogale », composé de ορνιθος, « oiseau » et γάλα « lait » signifiant proprement « lait d'oiseau » (CNRTL).

Orobanche

  • Chez Théophraste (VIII 8, 4), ὀροβάγχη - orobankhê est la "plante qui étouffe l'ers", qu'elle fait périr en l'étouffant, de ὄροβός - orobos, Vicia ervilia et ἄγχω - ankhô, étouffer, étrangler. Il s'agit d'une Cuscuta, en particulier Cuscuta epithymum . L'orobanche Orobanche spp., citée juste après (VIII 8, 5), s'appelle αἰμόδωρον - haimodôron.
  • Chez Dioscoride (2, 142) par contre, c'est clairement une orobanche, identifiée comme Orobanche crenata.
  • Le passage du nom d'une plante parasite à une autre était donc déjà effectué dans l'antiquité.

orontium

  • épithète spécifique d'un Misopates.
  • Nom déjà présent dans Dalechamps, Jacques Historia generalis plantarum..., 1586, p. 1341.
  • Emprunté au grec ὀρόντιον - orontion, chez Galien (κ. τόπ., 9, 1) d'après Bailly. Absent de Théophraste et Dioscoride.

orpin

  • Forme abrégée de orpiment* (CNRTL).

orseille

Voir Roccella.

ortie

  • Vient du latin urtīca «ortie» (CNRTL; FEW).

Oryza

  • < latin classique oryza, oriza, oridia (André)
  • < grec ὄρυζα - oruza (Dioscoride) ou ὄρυζον - oruzon (Théophraste)
  • "Emprunt à l'iranien oriental, cf. afghan vrižē f. pl. "riz", etc., cf. Morgenstierne, Et. Vocab. of Pashto 91. Pour le skr. vrīhi cf. J. Bloch, Vingt-cinquième anniversaire de l'Ecole fr. d'Extrême Orient 37-47. Cf. aussi ὀρίδνης." (Chantraine)
  • L'histoire de la diffusion du mot en Europe est complexe, car le riz s'est diffusé tard en tant que plante cultivée (vers 1400).
  • L'italien a emprunté riso au grec byzantin ρύζι - rizi, diminutif hérité du grec ancien ὄρυζα - oruza. Rizi a été perçu en italien comme un pluriel, dont l'italien a tiré riso (prononcé [rizo]). Les Italiens ont en effet importé le riz depuis l'Egypte via les Byzantins.
  • Le français a emprunté l'italien riso sous la forme ris, refaite en riz sous l'influence du latin oryza.
  • L'anglais rice est emprunté au français. FEW, 7:425-426
  • Par contre, l'espagnol arroz, le portugais arroz et le catalan arròs viennent de l'arabe أرز - ar-ruzz. Ce dernier peut provenir du grec ou d'une langue d'Asie centrale.

oxalide, Oxalis

  • Oxalide est emprunté au latin oxalis, -idis.
  • Oxalis nom latin de l'oseille sauvage Rumex acetosa.
  • Transcription du grec όξαλίς, vient d'όξύς « piquant, acide » (André p. 183).

oxycedrus

  • épithète de Juniperus oxycedrus, retenue par Linné (1753).
  • < latin classique oxycedros (Pline, 13, 52).
  • < grec ancien ὁξύκεδρος - oxukedros chez Théophraste, nom de cette espèce. Le sens en est clair : c'est un "genévrier à feuilles aiguës , ὁξύ - oxu signifiant aigü.
  • Voir Cedrus.

oxyphyllus, -a, -um

  • Épithète spécifique d'un frêne, Fraxinus oxyphylla, Nom accepté : Fraxinus angustifolia subsp. oxycarpa.
  • Du grec ὀξύφυλλος - oxuphullos « à feuilles pointues » (André p. 183).

P

pachypodum

  • Épithète de Bunium pachypodum.
  • < grec ancien παχυς - pakhus, « épais » et πούς, ποδός - pous, podos, « pied », les pédicelles et carpophores étant épaissis à maturité.

palétuvier

  • palétuvier ne désigne pas une espèce, mais un ensemble d'espèces d'arbres (Combretaceae, Rhizophoraceae) adaptés aux mangroves, et munis de pneumatophores ou de racines aériennes courbes qui les ancrent dans la boue. Voir Palétuvier.
  • palétuvier apparaît en français en 1732. Auparavant, on a apariturier (1615), paretuvier (1643-Trév 1732), parétuvier (1655-Trév 1771), paletuvier (1742-Fur 1727) ([FEW : 20, 56 aparahiwa]). Arveiller ajoute 1722 (Labat, Relation, 24). Ces diverses formes montrent que le mot a d'abord été parlé par les colons français des Amériques. La forme avec l pourrait être due à l'influence de palu, "marais", par rapprochement avec le milieu où vivent les palétuviers.
  • < tupi aparahiwa ou apareiba, composé de apara, "courbe" et iba ou hiva, "arbre". Le nom tupi se réfère aux racines aériennes courbes des palétuviers ([FEW : 20, 56 aparahiwa]).

pamplemousse

  • Ce nom désigne deux agrumes différents :
    • depuis le milieu du XXe siècle, c'est le nom populaire de Citrus paradisi, appelé pomelo par les spécialistes.
    • depuis 1705, c'est le nom de Citrus maxima, appelé "pamplemousse vrai" par les spécialistes.
  • le nom français a connu de nombreuses variantes : pompelmones (1665, Nieuhof, traduit du néerlandais), pompelmoes (1666), pompelmous (1666), pompone (1676), pampelmouse (1688), pampelimouse (1697), pumple-nose (1705), pamplemousse (1705) (FEW 16: 646), pompelmouse / pompoléon (Risso et Poiteau, 1818-22).
  • <néerlandais pompelmoes. Boulan (1, 148) l'interprète comme étant une contraction de pompel-limoes, d'un adjectif pompel, « gros, épais » (ou pompoen, "citrouille" ?) et de limoes, qui représente soit le pluriel portugais limões, soit le malais limau. Le pamplemousse a été trouvé par les marins européens dans le Sud-Est asiatique, et largement utilisé contre le scorbut ; son nom doit venir d'un pidgin des marins.
  • l'italien a pompoleone, pompelmo. Voir (Chauvet, 1980, Pamplemousse et pomélo).


Fausse étymologie

  • Littré faisait venir pamplemousse du tamoul bambolmas. En fait, le mot tamoul comme le français viennent du néerlandais .


  • Voir pomelo, autre variante du même mot.

Panicum

  • Nom retenu par Linné (1753) pour désigner plusieurs millets, dont Panicum miliaceum et Panicum italicum, devenu Setaria italica.
  • < latin classique panicum, qui désignait le Setaria italica, et a donné le français panis, l'espagnol panizo, le portugais painço et l'allemand Pfennich, qui désignent tous Setaria italica.
  • Les hasards de la typification des noms de genre de Linné font que Panicum s'applique maintenant à Panicum miliaceum, qui se disait milium en latin, et non à Setaria italica.

Papaver

  • Nom employé par plusieurs auteurs de l’Antiquité (Pline, Celse, Pseudo-Apulée…) pour désigner plusieurs espèces de plantes (André, p. 188).
  • En 1694, Tournefort fait de ce mot latin classique un terme scientifique pour désigner les pavots (Tournefort, 1694, tome 1, p. 203).

paprika

  • introduit en français en 1922 au sens d'épice à base de piment rouge (FEW, 20: 32)
  • < hongrois paprika, daté de 1748 ; des variantes pipárka et papirka ont existé (Loránd).
  • < serbo-croate paprika, paprka, dérivé de pàpar, "poivre" avec le suffixe diminutif slave -ika.
  • < pàpar est emprunté au grec moderne πιπέρι - piperi, du grec ancien πέπερι - peperi.

pastel

  • Attesté depuis 1393. Emprunté au languedocien, plus spécialement au lauragais, pastel du latin pastellus "guède, pastel", dérivé de pasta. (Etymologie-occitane; CNRTL)

Paulownia

  • nom créé en 1835 par Siebold & Zuccarini, Fl. Jap. 1: 25 pour Paulownia imperialis, dont le nom correct est Paulownia tomentosa. Les auteurs expliquent : Nous avons pris la liberté, de nommer Paulownia le nouveau genre, que forme le Kiri, qui jusqu'à présent passoit à tort pour une Bignonia, pour rendre hommage au nom de Son Altesse Impériale et Royale, la Princesse héréditaire des Pays-Bas. Ce n'est pas seulement la beauté de la plante, qui nous a engagés à lui donner cette distinction, mais c'est plus encore, parceque la feuille de Kiri ornée de trois tiges de fleurs a servi au célèbre héros Taikasama et par cette raison est encore aujourd'hui fort en honneur au Japon.
  • La princesse en question était Anna Pavlowna, fille du tsar Paul Ier de Russie. Les auteurs ont en quelque sorte "européanisé" le symbole très ancré au Japon, qui fait du paulownia l'arbre de l'impératrice ou arbre de la princesse.

paumelle

pecten-veneris

  • épithète de Scandix pecten-veneris.
  • du latin pecten « peigne » et Veneris, génitif de Vénus (Gaffiot).
  • présent dans Pline (24, 175): Veneris pectinem appellant a similitudine pectinum. [Le peigne-de-vénus est nommé d'après sa ressemblance avec les peignes.]
  • Matthiole, Commentaires de Dioscoride, 1572 donne son explication : "de la cime de ses branches sortent des becs, longuets, menus, ainsi séparés les uns des autres comme les dents des peignes, desquels les femmes peignent le lin".

periclymenum

persimmon

Voir plaquemine

peruvianus

  • peruvianus, -a, -um. variante : peruanus, -a, -um.
  • Les sens est clair en apparence : du Pérou. Mais l'interprétation est plus difficile, car ses usages chez les botanistes de la Renaissance relèvent de la géographie historique. Dans la période de la conquête espagnole, "Pérou" désignait l'ensemble des terres plus ou moins connues de l'Amérique du Sud, à partir de Panama, auxquelles on ne pouvait accéder que par le Pacifique, après avoir traversé l'isthme de Panama. En Europe, à une époque où les connaissances géographiques étaient sommaires, il était même un équivalent flou des Indes.
  • Pour Scilla peruviana L. (1753), qui est une plante européenne, Linné a en fait repris le nom de Clusius (hist. I, p. 182), Hyacinthus peruanus stellatus, qu'il cite.
    • Primum autem locum merito sibi vindicabit elegans & rarissimus ille, quem, ex Peruano orbe delatum, in sui horto alebat Everardus Munichoven (cui hæc studia cordi) & florentem suis coloribus ex primis curabat. Clusius, 1601. Rariorum plantarum historia, I, p. 182.
    • [Cette [Hyacinthus] élégante et très rare, rapportée de la région du Pérou, que cultivait dans son jardin Everard de Munich (à qui cette étude tient à cœur) et qu'il soignait en fleurs pour ses couleurs parmi les plus belles]. (trad. Michel Chauvet).
    • Clusius décrit de nombreuses espèces qui venaient de nombreux pays, mais il les recevait de collectionneurs, dont il dépendait pour ses informations.

pervenche

  • D'un latin *pervinca, peut-être à rattacher à vincere « vaincre » (André, Bot.) ou vincire « lier » (CNRTL).

Pétasite

  • Cf. Petasites. La première attestation vient de Fayard (Ervé), Galen sur la faculté des simples, Limoges, in-16, 1548.FEW VIII,312

Petasites

  • Nom de genre créé par Miller (1754).
  • < du grec πέτασιτης - petasitês, dérivé de πέτασος - petasos, "chapeau à larges bords", "ombelle" en botanique.

Petrocoptis

  • Nom de genre , A.Braun 1843
  • du grec πέτρα (pétra) : pierre, et κόπτω (koptô) : couper, séparer, entailler.

peuplier

  • Mot formé de l'ancien français pople ou peuple et du suffixe -ier, par analogie avec les noms des arbres fruitiers.
  • Ce dernier a pour origine le latin pōpǔlus, le peuplier.

Phelipanche

  • nom créé par Pomel en 1874, Nouv. Matér. Fl. Atl., 102..
  • Mot-valise. Pomel ne donne pas d'explication, mais décrit les Phelipanche comme intermédiaires entre Phelypaea et Orobanche.

Phelypaea

  • genre créé par Tournefort en 1700 (Institutiones rei herbariae, p. 47) :
    • Phelypaea ab Illustrissima Phelypæorum Gente, ex qua tot prodiere Regni Administri, quos inter maxime conspiciendi summus ille Galliarum Cancellarius Ludovicus Phelypeaux, & Hieronymus Phelypeaux Rei Navalis Præfectus, hujus avi Macenates.
    • [Je dédie le nom] Phelypaea à l'illustrissime maison Phélypeaux...]. Voir Wikipédia pour l'histoire de cette famille noble.
  • repris comme épithète de Lathraea phelypaea L. (1753), qui cite Tournefort, Corollarium. Aujourd'hui Cistanche phelypaea.
  • repris comme nom de genre : Phelypaea Tourn. ex L., Opera Varia, 237 (1758) et Phelipaea Tourn. ex Desf. (1798).


  • dérivé : Phelipanche

Philadelphus

  • nom retenu par Linné (1753) pour Philadelphus coronarius, le seringat.
  • C. Bauhin, 1623, Pinax (cité par Linné) l'appelle Syringa alba sive Philadelphus Athenæi (le seringat).
  • Pour Genaust, Philadelphus vient du grec φιλάδελφος - philadelphos, "qui aime son frère / sa sœur". Genaust explique que c'est "un arbrisseau à fleurs odorantes, qui n'est pas le jasmin, mais Philadelphus coronarius" et cite Athénée (15, 682c), qui se contente apparemment de qualifier de Philadelphos le roi Ptolémée II (309/08-246 avant J.-C.), qui épousa en secondes noces sa sœur et qu'il divinisa à sa mort.
  • Reste à expliquer qui a le premier appliqué ce nom au seringat et pour quelle raison précise. Wittstein conjecture que "les rameaux de cette plante s'embrassent en quelque sorte fraternellement".
  • Voir aussi seringat.

Phillyrea

Phragmites

  • Epithète de Arundo phragmites L. (1753), élevé au rang de genre par Adanson (1763). Aujourd'hui Phragmites australis.
  • Linné cite Arundo vulgaris s. phragmites dioscoridis Bauh. pin. 17.
  • < latin phragmitis (Pline, 32, 141), calamus phragmites.
  • < grec φραγμίτης - phragmites, un type de κάλαμος - kalamos (Dioscoride, 1.85.1) ; κάλαμος φραγμίτης - kalamos phragmites (Galien, Méd. 12.7.10).
  • < "plante dont on fait des haies", de φράγμα - phragma, haie, clôture.

Physalis

  • < du grec φυσαλίς - physalis "petite bulle, instrument à vent, coqueret", dérivé de φυσα "vent; bulle".

Piper

  • nom de genre retenu par Linné en 1753, à la suite de nombreux botanistes.
  • < latin classique piper, emprunté au grec πέπερι - peperi.
  • < emprunté à une langue indo-aryenne : sanscrit पिप्पलि - pippali, पिप्पली - pippalī ; pali pippala, pipphalī ; moyen-indien pipparī. Ce nom désigne le poivre long, Piper longum, le premier à arriver dans la Méditerranée, car produit dans le nord de l'Inde. Le poivre noir (Piper nigrum, produit au Kérala) l'a ensuite supplanté et a pris le même nom ; on a distingué πέπερι στρογγύλον - peperi strongulon, le "poivre rond", et πέπερι πρόμηκες - peperi promêkes, le "poivre long" (Théophraste).
  • La plupart des noms européens dérive du latin piper : français poivre, italien pepe, anglais pepper, allemand Pfeffer...


  • le persan a une forme dissimilée پلپل - pilpil, qui a été empruntée en hébreu פלפל - pilpel, arabe الفلف - filfil ou fulful, géorgien პილპილი - p’ilp’ili, arménien պղպեղ - plbel, swahili pilipili (le produit), mpilipili (la plante), d'où vient le portugais piripíri.


Pistacia

  • Nom de genre retenu par Linné (1753).
  • En latin classique, pistacia (ou sitacia, pistacium, psittacium, psistacium) désigne Pistacia vera, récemment introduit de Syrie du temps de Pline (15, 91).
  • emprunté au grec πιστάκη - pistakê, ou πιστάκιον - pistakion (Dioscoride), avec des variantes βιστάκη - bistakê, ψιττάκη - psittakê, φιττάκη - phittakê (Chantraine).
  • le nom grec est certainement emprunté à une langue orientale ; le persan a پستا - pistā (Steingass).
  • > grec moderne φιστίκι - fistiki (= pistache, arachide) > arabe فستق - fustuq, turc fıstık.

pistolochia

  • épithète donnée par Linné en 1753 à Aristolochia pistolochia. Linné a repris le terme de C. Bauhin, Dodoens...
  • <latin classique plistolochia, qui désigne la même espèce chez Pline (25, 96) (André). La forme pistolochia doit venir du manuscrit utilisé à la Renaissance.
  • < grec πλειστολοχία - pleistolokhia, qui ne semble pas directement attesté comme nom de plante : "qui provoque d'abondantes lochies" (André) (lochies : pertes de sang suivant l'accouchement).

Pisum

plaquemine

Bien qu'ils apparaissent sans relation, les noms anglais persimmon et français plaquemine ont la même origine. Les deux viennent de langues ou dialectes algonquiens (pas spécifiquement l'algonquin, qui est une langue parlée au Québec et en Ontario).

  • Persimmon. Formes : XVIIe : putchamin, pessemmin, posimon; XVIIIe : pitchumon, pishamin, phishimon, porsimmon; XVIII-XIXe : persimon; XIXe : persiman, persimmen; XVIIIe : persimmon. Corruption du nom indigène en dialecte powhatan (Algonquin de Virginie). La forme exacte du premier élément est incertaine ; la seconde est le suffixe -min, commun aux noms de nombreux grains ou petits fruits dans les dialectes algonquiens.
    • 1612. Capt. Smith Map Virginia 12 The fruit like medlers ; they call Putchamins, they cast vppon hurdles on a mat, and preserue them as Pruines.
    • 1612. W. Strachey Travels Virginia x (Hakl. Soc. 119 They have a plomb which they call pessemmins, like to a medler, in England, but of a deeper tawnie cullour. (Oxford English Dictionary).
  • piakimin (ouest-algonquin). Français moderne piakimina "fruit du plaqueminier" (1682), paquimina (1684), piaguimina (1713), piakimine (1734), piaquemine (1768), plaquemine (dans Lar 1874), Louis. id. Read. — Dérivés : français moderne piakiminier "arbre d'Amérique, nommé par les botanistes Diospyros virginiana L." (1744), piaqueminier (Valm 1767-1791), piacminier, placminier (1758), plakminier (1744), plaqueminier (en 1720, Read). — Handbook of American Indians, 2, 234 ; Friederici 516; König 169. (Wartburg, Französisches Etymologisches Wörterbuch, Band 20, 1968).

Les premiers colons français parlaient probablement un dialecte comme le poitevin, c'est pourquoi en entendant "piachimin", ils ont tendu à transcrire le mot comme "plakimine" en français standard (Haudricourt, comm. pers.).

Plumbago

  • Nom de genre, Plumbago, retenu par Linné : Genera plantarum, 1737 p. 44, n° 123 ; Species plantarum, 1753.
  • Pline l'Ancien, XXV, 155.
    • Nascitur uulgo molybdaena, id est plumbago, etiam in aruo, folio lapathi, crassa, hispida. Haec commanducata si oculus subinde lingatur, plumbum, quod est genus uitii, ex ocula tollitur.
    • [La molybdaena, c'est-à-dire la plumbago, croît partout, même dans les champs cultivés. Elle a les feuilles de la patience, est grosse et velue. Si on la mâche et si on lèche de temps en temps les yeux, on les débarrasse du plomb, qui est une sorte de maladie.].
    • André précise que le grec μολύβδαινα n'est pas attesté comme nom de plante, et refuse l'identification comme Plumbago europaea. Le plumbum est une affection des yeux "sans doute marquée par la couleur livide de la cornée".
  • Pena et Lobel, 1571, Stirpium Adversaria Nova, 136. Dentaria, vel Dentillaria Rondellettii, & Norbonensium, Æginetæ Lepidium itidem putatum.
    • ...acri universa planta gustu, & urentis facultatis, qua tantôpere pollet, ut etiam volent manui vibicem callumve inurat furvum, aut plumbeum, unde viros Doctos in opinionem duxit Molibdenam esse Plinii, aut Lepidium Æginetem. Dentillariam, aut potius Dentariam vulgus studiosorum putabat vocatam a Rondelletio...
    • [La plante entière a un goût âcre et des propriétés caustiques, et est tellement puissante que certains veulent même qu'elle brûle les marques de coups de fouet et les callosités sombres, ou de plomb, ce qui a conduit des érudits à l'opinion que c'était la molybdena de Pline, ou le lepidium d'Eginète. Le commun des savants a estimé qu'elle s'appelait Dentillaria ou mieux Dentaria, d'après Rondelet].
  • Clusius, 1576, Rariorum alioquot stirpium per Hispanias observatarum historia, 433 De Plumbagine quorundam.
    • Antonius Nebrissensis hanc plantam Lepidium vocavit. Sunt qui Molybdænam, hoc est, Plumbaginem Plinii putent : vulgo Herba S. Antonii dicitur. Narbonensibus meo tempore Dentilaria appellabatur, quod dentium dolori mederi crederetur, etiam manu retenta. Granatenses vulgo Belesa vocant.
    • [Antonio de Nebrija a appelé cette plante Lepidium. Certains pensent qu'il s'agit de la Molybdæna, c'est-à-dire de la Plumbago de Pline ; son nom commun est Herbe de Saint-Antoine. A Montpellier de mon temps, on l'appelait Dentilaria, parce que l'on croyait qu'elle soulageait les maux de dents, même en la tenant à la main. A Grenade, on l'appelle Belesa.]
    • Dans l'édition de 1601 (V, CXXIII-CXXIIII), on a Mompellianis au lieu de Narbonensibus.
  • Robert Morison, 1699, Historia Plantarum Universalis Oxoniensis pars tertia, p. 599. Plumbago sive Dentillaria.
    • Plumbago & Molybdaena a foliorum colore plumbeo & subcœruleo, dicitur ; & quia haec herba vibices i. e. signa verberis in humano corpore livida, tollit, ut quidam volunt. Camsha Arabibus, Dentillaria & Dentellaria etiam quia ad dentium dolores mitigandos, quemadmodum Pyrethrum adhibetur, nuncupatur.
    • [On l'appelle Plumbago et Molybdaena pour ses fleurs de couleur bleuâtre et de plomb ; et parce que cette herbe enlève les marques livides de coups de fouet sur le corps humain, comme le disent certains. On l'appelle aussi Camsha chez les Arabes, et Dentillaria ou Dentellaria parce qu'elle soulage la douleur des dents, et s'applique comme le pyrèthre.]
  • Wittstein, 1856. "La plante a dans ses racines une matière grasse qui donne aux mains une couleur grise de plomb, ou qui colore les dents en gris de plomb quand on en mâche la racine contre les maux de dents."
  • En résumé, l'étymon est sûr. Il s'agit du latin plumbago de Pline, auquel tous les auteurs se réfèrent. Cette plante s'appelait ainsi pour sa propriété supposée de soigner une maladie des yeux, peut-être liée au saturnisme, qui bleuit la face et les lèvres. Mais les feuilles de la patience s'appliquent difficilement à Plumbago europaea. Je n'ai pas trouvé de mention de Plumbago au Moyen-Age. Les botanistes pré-linnéens mentionnent le nom Plumbago, mais préfèrent Dentellaria. Ce n'est qu'en 1699 que Morison explique Plumbago par la couleur des fleurs. L'explication de Wittstein est tardive et peu convaincante.

poirier

  • Nom formé de poire et du suffixer -ier, signifiant un arbre fruitier.
  • Poire vient du latin populaire pira, neutre pluriel considéré comme féminin singulier du latin classique pirum, poire. (Rey, p. 2679, CNRTL).

Polygala

  • Nom de genre retenu par Linné, 1753.
  • Du latin polygala (Pline), du grec πολύγαλον - polugalon, "plante qui donne beaucoup de lait", de γάλα, γάλακτσς - gala, galactos, "lait".

Polygonatum

  • Epithète retenue par Linné (1753) pour Convallaria polygonatum (nom accepté : Polygonatum odoratum), et élevée au rang de genre par Miller (1754).
  • Nom utilisé par de nombreux botanistes antérieurs.
  • < latin polygonatum (Pline, 27, 113)
  • < grec πολυγόνατον - polugonaton (Dioscoride, 4.6) : La racine est blanche, tendre, longue, dense, elle a de nombreux nœuds (Polygonatum spp.). Inconnu de Théophraste.
  • Le sens est "qui a de nombreux nœuds", de γόνυ, γόνατος - gonu, gonatos, "genou, nœud (d'une tige)".

Polygonum

  • Nom de genre retenu par Linné dès Hortus cliffortianus (1738), en particulier pour Polygonum aviculare.
  • Linné cite Jean Bauhin (1651, 3, 374) : Ad multa stirpes, vocabuli vim si spectes extendi posset Polygoni nomenclatura ex frequentium geniculorum, aut, ut alii volunt, seminum multitudine deducta [Pour de nombreuses espèces, si on considère le sens du mot, la nomenclature de Polygonum peut être déduite de ses nombreux nœuds, ou bien, comme le pensent certains, de la multitude de ses graines].
  • Chez Matthiole en français (1572, 4, 4), on lit : La renouee masle nommee en vulgaire Italien Correggiola, & Centinodia, croist par tout. Plus loin, il donne le nom Millegrana, Millegraine.
  • Pline (27, 113) : Polygonon est le nom que les Grecs donnent à la plante que nous appelons sanguinaria.... Les auteurs qui distinguent plusieurs espèces de polygonum veulent que celui-ci soit le mâle, et qu'il doive son nom à l'abondance de sa graine ou à ses branches touffues ; d'autres le nomment polygonatum, à cause du grand nombre de ses nœuds.
  • Dioscoride donne trois notices :
    • πολύγονον ἄρρεν - polugonon arren (Dioscoride, 4.4) : synonyme : πολύκαρπον - polukarpon. C'est une herbe à nombreuses tiges fines, tendres, couvertes de nœuds, rampant sur le sol comme le chiendent (Polygonum aviculare).
    • πολύγονον θῆλυ - polugonon thêlu (Dioscoride, 4.5) : C'est un petit arbrisseau à une tige tendre et qui ressemble à un roseau, avec des nœuds continus disposés l'un après l'autre comme ceux d'une trompette (Hippuris vulgaris).
    • πολυγόνατον - polugonaton (Dioscoride, 4.6) : La racine est blanche, tendre, longue, dense, elle a de nombreux nœuds (Polygonatum spp.).


  • Pour comprendre cette situation, il faut distinguer trois mots :
    • γόνος, γόνου - gonos, gonou, "action d'engendrer, ce qui est engendré", a donné πολύγονον - polugonon, "qui a une nombreuse descendance, qui donne de nombreux fruits".
    • γόνυ, γόνατος - gonu, gonatos, "genou, nœud (d'une tige)" a donné πολυγόνατον - polugonaton, "qui a de nombreux nœuds".
    • γωνία, γωνίας - gônia, gônias, "angle, coin", a donné πολύγωνος - polugônos, "qui a de nombreux angles, polygone".


  • Le sens premier de πολύγονον - polugonon est donc "qui a une nombreuse descendance", ce qui est confirmé par le synonyme πολύκαρπον - polukarpon, " qui donne de nombreux fruits". Mais la confusion avec le sens de πολυγόνατον - polugonaton date au moins de Dioscoride. Les deux sens sont mentionnés par de nombreux botanistes, mais c'est celui de "qui a de nombreux nœuds" qui se retrouve dans les noms populaires renouée, centinodia, knotgrass, Knöterich.
  • En latin, polygonum a désigné plusieurs espèces de plantes (André p. 204).


  • D'autres noms dérivent de γόνος, γόνου - gonos, gonou. Il s'agit en particulier de ἀρρενογόνον - arrenogonon ("génitrice de garçons") et de θηλυγόνον - thelugonon ("génitrice de filles").
    • Une forme de la φύλλον - phullon (mercuriale) est dite ἀρρενογόνον - arrenogonon, l'autre θηλυγόνον - thelugonon (Théophraste, IX, 18.5)
    • On dit que boire l’arrenogonon fait naître des garçons, et boire la thelugonon des filles. (Dioscoride, 3.125).
  • Voir Theligonum.

polypode, Polypodium

  • Polypode est emprunté au latin polypodium, de même sens (CNRTL).
  • Polypodium est emprunté au grec πολυπόδιον (Diosc. 4, 186), « aux nombreux pieds », de nombreuses frondes partant du rhizome (André p. 204).

pomelo

  • Ce nom désigne deux agrumes différents :
    • depuis le milieu du XXe siècle, c'est le nom de Citrus paradisi pour les spécialistes et la Répression des fraudes, appelé populairement pamplemousse à l'état frais, et dans tous les cas en jus.
    • depuis les années 1980 et l'arrivée dans le commerce de cultivars de bonne qualité gustative, c'est aussi le nom de Citrus maxima, appelé "pamplemousse vrai" par les spécialistes, mais pomelo dans le commerce, par décalque de l'anglais.
  • < anglais pomelo (et non espagnol malgré les apparences).
  • < néerlandais pompelmoes. Voir pamplemousse. Comme le montrent les formes ci-dessous, le mot a beaucoup varié, étant transmis par la langue parlée des marins.


  • le nom anglais a connu de nombreuses variantes : pompel-moes (Nieuhof, 1673, traduit du néerlandais), pompone (Tavernier, 1677), pumple-nose, Dampier, 1699), à Ceylan : pumple, pimplenoses (Ives Voy, 1773), pomelloes (Simmonds, 1858), Amoy pomelo (1859), pummelow (Laughton, 1905), Pomelo, pomello, pum(m)elo, pomolo, pommelo (OED, 1888-1939).
  • aujourd'hui, pummelo est le nom anglais habituel de Citrus maxima, à côté de shaddock et de pomelo, qui semble surtout usité en Asie.

Pommier

  • Nom formé de pomme et du suffixer -ier, signifiant un arbre fruitier.
  • Pomme vient du latin populaire poma, neutre pluriel considéré comme féminin singulier, du latin classique pomum, fruit d'un arbre, fruit à pépins ou à noyau, qui, en latin tardif, en Italie du Nord, a pris le sens de pomme. (Rey, p. 2695, CNRTL).

Populago

  • D'après Wittstein, populago dériverait de populus parce que la plante pousse sous les peupliers.

Populus

  • Nom retenu par Linné en 1753.
  • Pōpǔlus est le nom du peuplier en latin classique, et est un homonyme de pŏpǔlus au sens de "population humaine".
  • L'origine du mot est inconnue (André, Genaust, Rey). Son origine "orientale" (André) est douteuse, car le grec utilise d'autres noms.
  • En latin, populus avait déjà un sens générique. Pline (16, 85) distingue ainsi "populi tria genera, alba ac nigra et quae Libyca appellatur" (il y a trois espèces de peuplier : le blanc (Populus alba), le noir (Populus nigra) et celui qu'on nomme Libyque (Populus tremula ou Populus euphratica).
  • Le nom s'est répandu dans les langues romanes : français peuple > peuplier au XIIe siècle, occitan pibol, pibou (voir Etymologie occitane).
  • Une forme *poplus a donné par métathèse ploppus, d'où viennent italien pioppo, roumain plop, espagnol chopo, portugais choupo (Meyer-Lübke).
  • > allemand Pappel.
  • L'anglais poplar vient d'un français poplier (OED).


  • Etymologie populaire :
    • La quasi-identité des deux populus a évidemment tenté les auteurs. Isidore de Séville écrit au livre XVII dans ses Etymologiae (début VIIe siècle) :
    • [45] Populus dicta quod ex eius calce multitudo nascatur. Cuius genus duplex est: nam altera est alba, altera nigra. Alba autem populus dicta quia folia eius una parte sunt alba, altera viridia. Haec ergo bicolor, habens quasi noctis et diei notas, quae tempora ortu solis occasuque constant.
    • [On dit populus parce qu'une multitude naît de son pied...] (trad. MC).
    • [Le nom de populus vient de ce que sa souche donne une foule de rejets]. (trad. André).

Pouliot

  • Du latin populaire *pŭleium < latin classique pūlēium (Pline). Ancien français poliol dérivé en -olu, remplacé depuis XVe siècle par le dérivé en -ot. Latin pulegium > ancien occitan polieg > moyen français pulege. Gesner a emprunté le dérivé pillolet "serpolet" aux parlers franc-comtois, nom resté dans les dictionnaires jusqu'à la fin du XIXe s. CNRTL pouliot; FEW IX,521 pulegium

pourpier

prêle

  • Issu, par mécoupure, de l'ancien français [l']asprele, de même sens, issu du latin vulgaire *asperella, substantif féminin, dérivé de asper « âpre », en raison du toucher rugueux de la tige de cette plante.

primevère

  • Probablement issu par métonymie du latin primum ver « au début du printemps », parce que cette plante fleurit au printemps (CNRTL).

Prospero

  • Nom créé par Salisbury The Genera of Plants, 1866, 28 pour Prospero, proche des scilles.
  • L'auteur ne dit rien sur l'origine du nom, mais il a par ailleurs créé un nom Busbequia, en hommage à Ogier Ghislain de Busbecq, ambassadeur auprès de l'empire Ottoman. On peut penser à un hommage à Prospero Alpino.

prunellier

  • Nom formé de prunelle et du suffixer -ier, signifiant un arbre fruitier.
  • Prunelle est le diminutif de prune, marqué par le suffixe -elle. (Rey, p. 2849, CNRTL).

prunier

  • Nom formé de prune et du suffixe -ier, désignant un arbre fruitier.
  • Prune vient du latin populaire pruna, neutre pluriel considéré comme féminin singulier, du latin classique prunum, prune. (Rey, p. 2848, CNRTL).
  • Prunum vient d'une langue méditerranéenne.

Prunus

psyllium

  • Linné a publié deux fois le nom Plantago psyllium en 1753 et 1762, avec des descriptions différentes. Cela a entraîné une telle confusion que le nom est maintenant un nomen utique rejiciendum.
  • Dioscoride, 4.69 : "ψύλλιον - psullion, ou kunokephalon ("tête de chien"), en Sicile krustallion ou kunomuia ("mouche de chien"). Sa feuille est semblable à celle du korônopous ("pied de corneille", Plantago coronopus), poilue, avec des tiges longues d'un empan. Toute la plante est herbacée. Son feuillage commence à partir du milieu de la tige. Au sommet, il y a deux ou trois petites têtes compactes, dans lesquelles sont des graines noires et dures ressemblant à des puces (ψύλλος - psullos). Elles pousse dans les terrains cultivés."
  • ψύλλιον - psullion signifie donc "petite puce", diminutif de ψύλλος - psullos, "puce", par allusion à ses graines petites et luisantes. Le nom a été latinisé en herba pulicaris, pulicaria (André) et francisé en pucier, herbe aux puces. Il désigne les deux espèces Plantago afra et Plantago arenaria. Psyllium est utilisé par la plupart des botanistes du Moyen-Age et de la Renaissance.
  • Théophraste (VII, 11, 2) n'utilise pas ψύλλιον - psullion, mais κύνωψ - kunôps / ἀχύνωψ - akunôps, "œil-de-chien".

pucier

  • Nom français de Plantago afra et Plantago arenaria, aux côtés de herbe aux puces, par allusion à leurs graines petites et luisantes.
  • Traduction du latin herba pulicaris, pulicaria (André), lui-même traduit du grec ψύλλιον - psullion, "petite puce", chez Dioscoride, 4.69.

pumilus

  • Epithète, pumilus, -a, -um
  • Du latin pūmǐlus "nain", forme du bas-latin dérivée de pūmǐliō et à rattacher au groupe pu-er, pusus, putus. Ernoud/Meillet.

Pyrola

  • Nom retenu par Linné, et auparavant par Caspar Bauhin (Pinax, 191), Jean Bauhin (III, 31, 535), Clusius et en premier par Brunfels (1536) dans son Herbarum vivae eicones, tome III, p.88, qui précise que certains l'appellent Beta sylvestris, et ajoute foliis Pyro non absimilibus [à feuilles ressemblant tout à fait à celles du poirier] (p. 89).
  • < latin vulgaire *pirula, "petite poire" (REW 6523) ; par analogie des feuilles arrondies ou elliptiques de Pyrola secunda avec celles du poirier (Genaust, 522).
  • absent du latin classique et d'André.

Pyrus

  • Nom scientifique du poirier Pyrus communis.
  • Vient de pirus, nom latin classique du poirier (André p. 200).
  • Emprunté à une lanque qui a fourni le grec άπιον - apion (André p. 200), le poirier et la poire (Bailly p. 92).

R

raddii

radians

raetam

raiponce

Ranunculus

  • Vient de rāna « grenouille », les renoncules étant généralement des plantes aquatiques. Dioscoride nommait ces plantes en grec batrachion (André p. 215), βάτραχος - batrachos signifiant également grenouille en grec (Bailly p. 151).

Raphanus

  • Raphanus est emprunté au grec ράϕανος, ráphanos, d’origine indo-européenne, à l’origine de noms désignant des Brassicacées alimentaires (chou, rave, navet…) (André, p. 215).

renoncule

  • Emprunté au latin ranuncula « petite grenouille » (CNRTL). Voir Ranunculus.

Retama

  • Nom de genre Retama créé par Rafinesque (1838, Sylva Tell. 22).
  • variante raetam pour Retama raetam.
  • < espagnol et portugais retama
  • < arabe رتم - rtem, retam, divers genêts
  • lié à l'hébreu biblique רתמ - rothem : I Rois 19:4 et Job 30: 3-4 (Zohary, Michael, Plants of the Bible, 1982. 144 ; Löw, Immanuel, 1924. Flora der Juden, 2:469).
  • serait inconnu en araméen (Löw).

revelierei

  • épithète spécifique d'un Ranunculus.
  • dédié à Eugène Revelière, 1822-1892, botaniste et entomologiste à Saumur (49) ayant collecté en Corse et en Algérie de nombreuses plantes nouvelles (Présentation d'Eugène Revelière sur JStor).

rhabarbarum

  • dérivé latin de rha, signifiant "rhubarbe des Barbares".

Voir Rheum.

Rhagadiolus

  • Nom de genre retenu par Vaillant (1754) et Scopoli (1754).
  • En particulier, Rhagadiolus edulis Gaertn. (1791), De Fructibus et Seminibus Plantarum, 2 : 354, qui cite "Rhagadiolus edulis, hieraciis affinis. Bauh. hist. l. c (1014)".
  • Il s'agit de Bauhin, Jean & Cherler, Johann Heinrich, (1651), Historia plantarum universalis, 2, 1014 :
    • Hieraciis affinis Ragadiolus edulis.
    • Cæsalpino descriptionis authori dicitur vulgo Ragadiolus, Ragaggiolo in Hetruria, qui assumitur in cibis crudus, ut Cichorium. [Selon la description de Césalpin, il s'appelle vulgairement Ragadiolus, Ragaggiolo en Etrurie (Toscane), et s'ajoute cru aux aliments, comme la chicorée]. p. 1014.
  • Cette phrase reproduit fidèlement celle de Cesalpino, Andrea, De plantis libri XVI (1583), 511 : Ragadiolus vulgo, Ragaggiolo in Hetruria vocatur, qui assumitur in cibis crudus, ut Cichorium.
  • L'étymon de Rhagadiolus est donc le nom populaire toscan ragaggiolo, qui doit dériver de l'italien raggio, rayon, par allusion aux fruits en étoile.
  • Dans le même temps, on voit que l'espèce s'est appelée edulis parce que ses rosettes étaient mangées en salade en Toscane.

rhamnoides

  • Qualifie l'argousier, Hippophae rhamnoides.
  • Formé de rhamnus, le nerprun, et du suffixe -oeides, similaire, étant donné la ressemblance des épines.

rhaponticum

  • dérivé latin de rha, signifiant "rhubarbe du Pont (Euxin)".

Voir Rheum.

Rheum

  • variante : rha
    • Le nom est absent de Théophraste. Dioscoride donne ῥᾶ - rhâ, avec les variantes ῥῆον - rhêon et ῥήαν - rhêan.
  • dérivés
    • rhabarbarum
    • rhaponticum
  • Pline (27, 128) a une forme inexpliquée rhecoma, qui "est apporté des régions au-delà du Pont".
  • Il existe plusieurs formes persanes proches d'après Steingass, pour des rhubarbes ou des oseilles :
    • ريباج، ريباس - rībāj, rebās, a sour herb, sorrel, rhapontic
    • راوند - rāwand, rhubarb
    • ريواس , ريواج - rewāj, rewās, sorrel
    • ريونج - rīwanj, sorrel
    • ريوند - rīwand, rhubarb
    • ريويج - rīwīj, sorrel
    • روند - riwand, rhubarb (arabe)
  • Même s'il est toujours difficile de savoir dans quel sens se sont fait les emprunts (le persan étant peu ou pas attesté avant l'Hégire), on ne peut qu'être frappé par la similitude des noms. Il suffit de restituer un digamma pour avoir rhawa, rhêwon et rhêwan en grec, autrement dit des formes quasi-identiques au persan.
  • Le nom persan a été emprunté par l'arabe rāwand, le turc ravend et le russe revenj pour désigner les rhubarbes de Chine et d'Asie centrale.


Etymologie populaire : l'origine serait le fleuve Rhâ, ancien nom de la Volga. Cette étymologie, qui vient d'Ammien Marcellin (22, 8, 38) a été constamment reprise ; André la qualifie de douteuse.

  • Reu autem dictum quod sit radix, quasi radix barbara, quasi radix pontica. [Reu signifie "racine" ; c'est en somme "racine barbare", "racine du Pont"]. (Isidore de Séville, 9, 40).
  • Genaust, partant du fait que Rheum rhaponticum venait de Bulgarie, fait l'hypothèse que son nom viendrait d'une langue inconnue (thrace ou scythe ?) mais indo-européenne, et que l'étymon serait la racine indo-européenne *ṷrād, qui a donné par ailleurs le latin radix et l'allemand Wurz. Cela est bien hypothétique.

Voir Ribes pour d'autres formes du mot.

rhoeas

  • Épithète spécifique du coquelicot, Papaver rhoeas.
  • Le latin rhoea désigne chez Pline le coquelicot et chez Dioscoride le pavot. Il est la transcription du grec rhoias, venant de mecon « pavot » rhoias, soit par analogie avec la couleur de la grenade rhoia, soit venant de l’adverbe rhea, « facilement, sans peine », puisque les pétales se détachent aisément (André p. 217).
  • Dioscoride donne deux explications :

Rhus

  • Nom retenu par Linné (1753) à la suite de nombreux botanistes.
  • < rhus désignait déjà en latin classique le Rhus coriaria.
  • < le latin l'a emprunté au grec ῥοῦς - rhous, de même sens (Théophraste, Dioscoride).
  • L'étymologie du nom grec est incertaine. On l'a rapproché du verbe rheô, couler, en référence à sa résine.

Ribes

  • Ribas est le nom arabe d'une rhubarbe, Rheum ribes. Il a été emprunté au persan, où d'autres variantes du nom ont donné le grec rheon et rha.
  • Il existe plusieurs formes persanes proches d'après Steingass, pour des rhubarbes ou des oseilles :
    • ريباج، ريباس - rībāj, rebās, a sour herb, sorrel, rhapontic
    • ريواس , ريواج - rewāj, rewās, sorrel
  • La rhubarbe était utilisée au Moyen-Age pour fabriquer une substance sirupeuse, noire et astringente. Le cassis a été utilisé comme substitut de la rhubarbe, et a pris le nom de ribes, qui a ensuite été retenu par Linné pour le genre Ribes. (à vérifier)
  • Voir Simon Januensis (vers 1290, repris dans Opus pandectarum de Matthaeus Silvaticus), qui serait d'après Genaust le premier à avoir comparé la groseille rouge à Rheum ribes.
  • Voir Matthiole, Della Oxiacantha, et Sérapion. Ce dernier aurait mentionné un groseiller venant des montagnes de Syrie ; le passage du nom d'un Rheum à un Ribes serait donc dû à des Arabes.
  • Fausse étymologie : le scandinave ribs vient du latin ribes, et non l'inverse.
  • Voir Rheum pour d'autres formes du mot.
  • Voir Cassia pour une autre évolution analogue.

Ricin

  • Vient du latin rĭcĭnus "une grosse tique". Le sens botanique est attesté chez Pline, qui a donné le même nom à "une sorte de mûre qui n'est pas encore arrivée à toute sa croissance". La ressemblance des graines du ricin à des tiques explique l'étymologie. En occitan, rese est la tique. La première attestation en français date de 1548 ricin

Ridolfia

  • Nom de genre monotypique de Ridolfia segetum.
  • Créé par Giuseppe Giacinto Moris en 1841 dans Enumeratio seminum regii horti botanici Taurinensis, 1841, p.43.
  • Dédié à Cosmo Ridolfio : « Genus nuncupavi Viro de agrariis disciplinis optime merito, Marchioni et Equiti commendatario Cosmo-Ridolfio, in I. et R. Pisana academia Agronomiae Professore praestantissimo ».

rielii

Epithète spécifique d'une ramaire, créé par le mycologue Jean Louis Émile Boudier en 1897 et dédié au Docteur Riel, qui avait envoyé l'échantillon à son collègue pour détermination voir p.13-14

robertianus, -a, -um

Robinia

  • Nom créé par Linné dans Hortus cliffortianus p. 354.
  • Dédié à Jean Robin (1550-1629), jardinier des rois Henri III, Henri IV et Louis XIII, qui introduisit en 1601 cet arbre natif d'Amérique du Nord à Paris, place Dauphine. L'arbre fut transplanté en 1635 par son fils Vespasien Robin à son emplacement actuel du Jardin des Plantes. (Rey p. 3113, CNRTL)
  • Herman Boerhaave avait appelé cet arbre pseudoacacia dans son Index plantarum, quae in Horto Academico Lugduno Batavo reperiuntur en 1710 (p. 156-157) Ce nom est devenu son épithète spécifique.

robinier

  • Francisation du latin botanique Robinia, désignant cet arbre.

Roccella

  • Nom d'un lichen donné par De Candolle (1805), en particulier Roccella phycopsis.
  • < italien roccella, forme issue de orcella par métathèse.
  • < espagnol orchilla et nombreuses formes romanes (d'où le français orseille).
  • origine confuse ; le mot existait en mozarabe (DCECH).

Roemeria

ronce

  • Du latin rumicem, accusatif de rumex, -icis, attesté au IVe siècle au sens de « ronce » chez Marcellus Empiricus (FEW t. 10, p. 559a) ; rumex a d'abord désigné une sorte d'arme de jet et une sorte d'oseille ou de patience ainsi nommée à cause de la forme de la feuille en fer de lance (CNRTL, André p. 220).

Rosa

  • Voir rosier.

Rosier

  • Issu de rose et du suffixe -ier.
  • Rose est emprunté au latin rosa, qui désignait à la fois la fleur et l'arbuste. Rosa est apparenté au mot grec rhodon sans en être issu. Ces deux formes pourraient venir indépendamment l'une de l'autre d'une langue orientale. Le grec viendrait de l'iranien wrda et le latin de l'étrusque. (Rey p. 3143)

rotundifolius

  • adjectif latin signifiant « à feuilles rondes » (Gaffiot, p. 1370).

Rubus

  • Du latin ruber, rubeo « rouge » (André p. 220, Genaust p. 545).

Ruscus

  • Nom latin du Fragon (André p. 221).
  • Nom formé par un adjectif équivalent au sanskrit rǎksás « dur, désagréable au toucher », plante dure et piquante (André p. 221).

Ruta

  • Du latin rūta, -ae. Nom panroman (sauf roumain) et germanique. Peut-être du grec ῥύτη - rhutê. (Ernout-Meillet)
  • En grec, le nom πήγανον - pêganon est plus commun. ῥυτὴν ὀρεινήν - rhutên oreinên, ou ruta montana, apparaît comme synonyme chez Dioscoride.

S

sabdariffa

  • Epithète de Hibiscus sabdariffa L. (1753).
  • On trouve ce nom comme substantif dans de nombreux livres :
    • 1576. L'Obel, Plantarum Seu Stirpium Historia, quam quidam Sabdariffam vocant (page 375).
    • 1581. L'Obel, Kruydtboeck oft beschrÿuinghe van allerleye ghewassen, kruyderen, hesteren, ende gheboomten, die van sommighe Sabdariffa ghenoemt wordt (page 803).
    • 1583. Dodoens, Pemptades, Sabdarifa appellata herba (XXXII, 646).
    • 1623. Bauhin, Pinax, Sabdariffa. Lob. Dod. Lugd. Cam. Tab. Ger. Eyst., et Sabdariffa alia (page 317)
  • Aucun auteur ne donne l'origine du nom. Ce serait un nom populaire, dont la forme fait penser à l'arabe, au turc ou au persan. Mais il ne se trouve dans aucun dictionnaire de ces langues.
  • Genaust le fait venir de l'arabe zubda, "beurre", et ar-rif'a, "excellence", pour ses graines oléagineuses qui seraient utilisée comme le sésame. Mais il ne donne pas ses sources.
  • La première partie du mot me fait penser au turc sebze, "légume", et la seconde à arif, "sage". Le turc moderne dit kerkede.

Salicornia

  • < latin salicornia, qui signifie "corne de sel"

salsepareille

  • a désigné d'abord les espèces américaines Smilax regelii, puis la chinoise Smilax china, et enfin l'européenne Smilax aspera.
  • D'abord salseparille (1570, Paré), transformé en salsepareille sous l'influence de pareille.
  • donné comme emprunté au portugais salsaparrilha, sous l'influence du portugais salsa « persil ». En portugais, Garcia da Orta (1563) parle d'une raiz da China, mais n'emploie pas le nom salsaparrilha, qui n'apparaît que dans les traductions, où Charles de l'Ecluse agrège les données de Garcia da Orta et celles de Monardes (italien sarzapariglia). Machado donne salsaparrilha dans Diogo Fernandes Ferreira, Arte da Caça, II, cap. 3, p. 9, XVIe siècle. Le nom est absent de Dalgado.
    • Clusius (1574), Monardes en latin : çarçaparilla
    • Clusius (1589), Monardes en italien : zarzapariglia
    • C. Bauhin, 296 (1623) dit Smilax aspera Peruviana, sive Salsaparilla, et cite Castor et Lobel comme donnant la même forme.
    • Lobel 270 (1571) dit : Smilacis asperæ, & Salsæparillæ figuræ & naturæ discrimen ; dans le texte : Salsa-parilla.
  • Le portugais vient lui-même de l'espagnol zarzaparrilla « salsepareille » (Smilax aspera), littéralement "vigne-ronce". FEW, 21:181 et FEW, 7:662 pour parra. Voir sarsaparilla.
    • Notice du CNRTL : 1575 salzeparille (A. Thevet, Cosmographie universelle, XXI, 11 ds Hug.); 1585 salse pareille (N. Du Fail, Contes et disc. d'Eutrapel, éd. J. Assézat, t. 2, p. 45). Empr. au port. salsaparrilha (dep. le XVIe s., D. F. Ferreira ds Mach.), lui-même empr., avec altér. due à l'infl. de salsa « persil », à l'esp. zarzaparrilla « salsepareille », comp. de zarza « ronce » et de parrilla « treille », dér. dimin. de parra « id. », zarza et parra étant d'orig. inc., prob. préromane (v. Cor. et FEW t. 21, p. 181b et t. 7, p. 662a).
  • Si l'emprunt au portugais est avéré, il a pu se produire en Amérique, où les premiers voyageurs français étaient en contact avec les Portugais. Lobel et Bauhin étant francophones, ils ont alors latinisé la forme française.

Salsola

  • Nom retenu par Linné (1753).
  • < latin médiéval salsola. La première attestation en France vient de Bauhin, Pinax, 1671, p.289 "Salsolæ genus in hortis, Isgarum vulgo" et "Salsolæ congener semine Polygoni". Il renvoie vers Andreas Cæsalpinus, De Plantis Libri XVI. Florence, 1583 (Gallica), probablement le créateur du nom, dérivé de l'italien salso "salé".

salsola

  • Première attestation en français : 1850 (CNRTL). Emprunté au latin des botanistes du XVIe siècle. Nouvelle datation du latin salsola voir précédent et Etymologie occitane, sansouïre

Sambucus

  • Nom retenu par Linné (1753).
  • < latin classique sambucus. En latin coexistaient sambucus, sabucus (Pline, 16, 179-180), saucus et sambuca. Désigne surtout Sambucus nigra, mais aussi Sambucus ebulus, qui s'appelle aussi sambucus parva et sambucus tenera (André).
  • Origine inconnue (Ernoult & Meillet). Genaust donne deux pistes :
    • ἀκτη - aktê, chez les Romains σαμβούκουμ - samboukoum, chez les Gaulois σκοβιήμ - skobiêm, chez les Daces σέβα - seba (Dioscoride 4, 173, Wellmann), sans que l'on puisse dire s'il s'agit d'une origine commune ou d'emprunts réciproques.
    • Pourrait être lié à la racine indo-européenne *sap-/*sab-, à l'origine du latin sapa (= jus ; > français sève) et de l'ancien haut-allemand saf, sapf.
  • sambucus a donné italien sambuco et des noms français dialectaux.
  • sabucus a donné espagnol saúco, portugais sabugo, catalan saüc, roumain soc (Meyer-Lübke), occitan sabuc (Etymologie occitane).
  • L'ancien français avait seü, sur, dont le r reste inexpliqué. Des dérivés avec suffixe l'ont emporté, suzeau chez Rabelais, et sureau.

Santalum

grec < persan < sanscrit

santoline

  • Ancien languedocien 14e siècle centonica ; moyen français santoline 1566.
  • < latin santonica, abrégé de herba santonica "concernant les Santons, les habitants de la Saintonge". Déjà chez Pline (27,45) : "Absinthii genera plura sunt : Santonicum appellatur ... CNRTL

sarcocolla

  • épithète de Penaea sarcocolla L. (1753). Linné cite Plukenet mant. 183. t. 44. On croyait alors que c'était la source de la gomme.
  • repris dans Astragalus sarcocolla Dymock (1890). Dymock a identifié cette plante de Perse comme la source de la gomme sarcocolle.
  • Linné a pris sarcocolla chez Plukenet, Leonard. Almagesti botanici mantissa, 1700, 183
  • < grec σαρκοκόλλα - sarkokolla, "colle des chairs" = "qui soude les blessures", propriété de la gomme.

sarriette

  • Diminutif de l'anc français sadree (fin XIe), sarree (XXIIe)
  • < latin satureia CNRTL
  • le moyen français savourée a été refait sur l'influence de saveur. Il a été emprunté par l'anglais savory (FEW 11, 252).

sarsaparilla

  • Epithète retenue par Linné pour Smilax sarsaparilla L. (1753) (nom accepté : Smilax glauca Walter (1788)).
  • Linné cite Bauhin, pin. 296 : Smilax aspera peruviana, s. Sarsaparilla. La citation est erronée, car C. Bauhin écrit Salsaparilla.
  • C. Bauhin cite de nombreux auteurs : Zarzaparilla Matth. Lac. Monard. Garz. Lugd. ; Zarzaparilla Peruviana Dodoens.
  • Monardes (1580) écrit : Llamáronla los Españoles çarçaparrilla quando la vieron, por la gran semejança que tiene con la çarçaparrilla destas partes, que es Smilace aspera. [Les Espagnols l'ont appelée çarçaparrilla quand ils l'ont vue, pour la grande ressemblance qu'elle a avec la salsepareille d'ici (en Espagne), qui est Smilax aspera.]
  • L'étymon est clairement espagnol. Il est connu depuis Laguna (1555). Composé de zarza, "ronce", probablement apparenté au basque dialectal sartzi, et parrilla, "vigne sauvage" (les fruits ont été comparés à des raisins) (Corominas).
  • Le français a préféré une forme salsepareille, qui semble être passée par le portugais.

Sassafras

  • Linné a utilisé le mot comme épithète de Laurus sassafras L. (aujourd'hui Sassafras albidum), et J. S. Presl en a fait un genre en 1825. Linné (1753) cite Sassaphras de Plukenet (1691-1705) et Sassafras du Pinax de C. Bauhin (1623, 431). Ceux-ci ont repris le nom introduit en espagnol par Monardes (1574) et en latin par la traduction de Charles de l'Ecluse (1574).
  • Oudin (1607) mentionne saxifraga, sassifragia et sasafras comme le nom d'une plante de Floride. Corominas (sub verbo saxifraga) cite aussi sarsafras et salsafrás. Pour lui, ce serait un mot espagnol utilisé en Floride et d'origine mozarabe, où l'on trouve šaẖšafrāǧa, qui transcrit le latin saxifragia. Le collectif šaẖšafrāǧ aurait alors donné sasafras et ses variantes. Le saxifrage devant son nom à son utilisation contre les calculs rénaux, son nom est passé par analogie au sassafras.
  • En français (TILF), le mot est attesté en 1590 : arbres de sassafras (Brieve description de Virginia, 24 ds DELB. Notes mss) et en 1612 : sassafras (M. Lescarbot, Hist. de la Nouv. France, éd. Tross, t. 2, p. 468 ds GDF. Compl.).
  • Monardes attribue le nom aux Français, mais ceux-ci ont dû le prendre des Espagnols.

Satureja

  • < latin satureia, d'origine inconnue d'après André, mais probablement d'origine syriaque. Désigne Satureja hortensis et Thymbra capitata (L.) Cav. (syn. Satureja capitata L.).
  • < syriaque ܨܵܬܪܵܐ - צָתְרָא - ṣāṯre d'après Nöldeke (Löw, Die Flora der Juden, 2, 103, et Aramäische Pflanzennamen, 325 ; référence de Theodor Nöldeke non trouvée).
  • > arabe صءتر - ṣa'tar, زعتر - za'tar, qui désigne aujourd'hui les Thymus au Maghreb, et Origanum syriacum au Machrek.

saule

  • Issu du francique *salha, saule. Saule a remplacé sauz, issu du lat. salix, -icem, le saule. (Rey p. 3237, CNRTL).

sceleratus

  • Epithète retenue par Linné pour Ranunculus sceleratus.
  • Du latin sceleratus "souillé par un crime". Apparaît comme nom de la renoncule scélérate chez Apuleius au Ve ou VIe siècle, herba scelerata, d'après Rolland.

Schinus

  • Nom de genre retenu par Linné (1753).
  • < latin classique schinus, scinus, Pistacia lentiscus. Le nom plus fréquent du lentisque en latin est lentiscus.
  • < grec ancien σχῖνος - skhinos, qui désigne le lentisque Pistacia lentiscus chez Théophraste et Dioscoride, 1, 70.
  • Linné a choisi ce nom parce qu'il était disponible, puisque le lentisque était placé dans le genre Pistacia, et parce que Schinus molle, espèce américaine inconnue des Anciens, donne une résine, le "mastic américain".

Scirpus

  • latin scirpus "ajonc" , grec γριπος ou γριφος. Français scirpe 1800 (CNRTL scirpe)

sclarea

  • épithète de Salvia sclarea L. (1753).
  • < sclareia ou sclarega en latin médiéval, déformation du latin classique hastula regia, "tige royale", qui était un nom de l'asphodèle.

Scleranthus

  • Nom inventé par Linné dans Hortus cliffortianus, p. 166.
  • Knawel verbum est barbarum, mihi maxime paradoxum, dicunt alii Belgicum, alii Germamicum esse, attamen ego nec in Germania nec in Belgio sciscitare potuerim, quid sibi vellet, nec alterutra natio hoc agnoscere voluit. Quaesivi quondam ab incomparabili isto Philologo ol : Rudbeckio radicem vocis, qui regessit se nescire, nisi fractum fuisset a Gnaphalio, cum quo ex sono & literis radicalibus conveniret. Dodonæus in editione latina non Knawel sed Knäwel seu Knaewel scribit. Knawel est verbum suecum & in inferioribus Sueciæ provinciis inter vulgum frequens, idemque sonat ac Diäwel, mutata modo dialetto, & Diabolum significat, hinc suspicio mihi oritur quod aliquis peregrinans Suecus per jocum dixerit plantam sic vocari in patria, & originis ignarus alter severe hoc assumserit Botanìcus aliquis.
Cum mihi non placeat Knawel, dixit plantam Scleranthum seu florem cinereum vel incanum a colore florum singulari, & paucis plantis communis.
  • [Comme Knawel ne me plaisait pas, j'ai appelé cette plante Scleranthus, c'est-à-dire fleur cendrée ou blanchâtre d'après la couleur singulière de la fleur, commune à peu de plantes.]
  • De σκληρός - sklêros, « dur, sec » (Bailly, p. 793) et άνθος - anthos, « fleur » (Bailly, p. 69).

Scolymus

scoparius, -a, -um

  • Épithète spécifique de diverses plantes.
  • < latin classique scoparius, "balayeur", de scōpae « brindilles, balai », désignant plusieurs plantes utilisées comme balai ou qui en présentent l'aspect (André p. 231).

sebestena

  • Nom donné par Linné, Cordia sebestena L. (1753), à une espèce américaine.
  • En fait, il s'appliquait auparavant à Cordia myxa L. (1753), espèce présente du Proche-Orient à l'Inde.
  • Le latin médiéval sebesten (avant 1250) a donné le moyen français sebestin (1256, Aldebrandin de Sienne), sebesten (1548), puis sébeste (1553) par régression (CNRTL).
  • < arabe سبستان — sibistān, par exemple chez Ibn al-Bayṭār, XIIIe.
  • < persan سگ پستان - sag pistān ; aussi pistāni sag, de پستان - têtines, et سگ - chien (Steingass). Allusion à la forme des fruits.

secacul

  • épithète de Tordylium secacul Mill. (1768), aujourd'hui Malabaila secacul (Mill.) Boiss. (1872).
  • < arabe شقاقل — šaqāqūl (Avicenne, p. 257, Ibn al-Baytar).
  • < araméen d'après le Ma-la-iessâ (Leclerc), ce qui est logique pour une plante syrienne.

secalinus

  • épithète spécifique d'un Brome (Poacée), Bromus secalinus.
  • formé du préfixe latin secale « le seigle » (Gaffiot p. 1410) et du suffixe adjectival locatif -inus indiquant la provenance, l’origine, l’appartenance.

Sedum

  • Mot latin servant à désigner diverses crassulacées.
  • Étymologie inconnue, mais sans rapport avec sedēre (André p. 233).

segetalis, -is, -e

  • épithète de nombreuses espèces (78 d'après IPNI)
  • latin classique segetalis, qui pousse dans les champs de blé
  • du latin seges, segetis, « champ de céréales, moisson » (Gaffiot, p. 1415).

segetum

  • épithète de nombreuses espèces (87 d'après IPNI)
  • génitif pluriel du latin classique seges, segetis : "des moissons"

selengensis

  • Epithète de Artemisia selengensis Turcz. ex Besser, Tentamen de Abrotanis, Nouv. Mém. Soc. Imp. Naturalistes Moscou, 3 : 50, 1834 : "In insulis Selengæ ad Selenginsk Turtsch.", [dans les îles de la Selenga près de Selenginsk].
  • La Selenga est une rivière qui prend sa source en Mongolie et se jette en Russie dans le lac Baïkal (Wikipédia). Selenginsk est une ville près du lac Baïkal.
  • "from the Selengo river, N of Ulaan-Baator, northern Mongolia" (Kunkel).

sellowianus

  • épithète d’Orthostemon sellowianus O. Berg (1856), devenu Acca sellowiana.
  • dédié par Berg à Friedrich Sellow (ou Sello) (1789–1831), botaniste allemand qui a collecté cette espèce au sud du Brésil.
  • L'adjectif sellous (Furcraea) est également dédié à Sellow.
  • Voir aussi Feijoa.

Senna

  • < arabe sana - سناء ou sana makka - سناء مكة, séné de la Mecque, dans Sérapion.

sepium

  • Épithète spécifique du liseron des haies Calystegia sepium.
  • < latin classique sepium ou saepium, "des haies", génitif pluriel de sepes, saepes « haie » (Gaffiot p. 1380).

seringat

  • nom français de Philadelphus coronarius.
  • Dans Species plantarum, Linné cite Syringa alba s. Philadelphus athenæi Bauh. pin. 399.
  • C. Bauhin, 1623, Pinax distingue plusieurs Syringa, dont :
    • Syringa cærulea, Lilac, Matth. (le lilas Syringa vulgaris)
    • Syringa alba sive Philadelphus Athenæi (le seringat)
    • Syringa Arabica foliis mali arantii (le sambac, Jasminum sambac).
  • Tabernaemontanus, 1625, Neuw Vollkommentlich Kreuterbuch :
    • Dieser Baum wirdt Teutsch Syringsbaum genennt/ Lateinisch SYRINGA/ das ist/ ein Pfeiff/ dieweil man die Aestlein zu Pfeiffen brauchen kan/ so das Marck wirdt herauss genommen
    • [Cet arbre (le Syringa alba, autrement dit le seringat) est appelé Syringsbaum en allemand, c'est-à-dire un tuyau (ou sifflet), car on peut utiliser les rameaux comme sifflet, en en enlevant la moelle.]
  • Olivier de Serres, 1600, Lieu sixième, p. 558 : Le Seringa porte la fleur blanche & petite, tres-agreable à voir & à sentir, vient aprés celle de Lilac.
  • Clusius, 1576, Rariorum aliquot stirpium per Hispanias observatarum historia :
    • Frutex coronarius, quoniam eius flos odoratus in coronas interdum addatur, & Syringa appellatur, à virgarum ni fallor rectitudine, longitudine[que], & fungosa interioris medullæ copia
    • [Arbuste aux couronnes, car on ajoute parfois ses fleurs odorantes aux couronnes, et on l'appelle Syringa, pour la rectitude et la longueur de ses rameaux et l'abondance spongieuse de la moelle intérieure].
  • < latin médiéval syringa, siringa, qui a le triple sens de tuyau, fistule et seringue. Seringue doit être compris comme un tuyau dans lequel on pousse un liquide, ce qui s'applique non seulement aux seringues hypodermiques ou intraveineuses, mais aussi aux seringues de lavement pour le rectum ou l'urètre. Voir le FEW, qui donne à tort le sens de seringat au siringa de l'Alphita (XII-XIIIe siècle). L'explication de Tabernaemontanus semble la bonne, à savoir qu'ici, syringa serait plutôt un sifflet, pipeau ou flûte. Wittstein écrit que cet usage vient de Turquie.
  • < l'étymon du latin est le grec σῦριγξ, -ιγγος - surinx, - ingos, "flûte, fistule", ou une forme tardive *ἡ σύριγγα - hê syringa.
  • D'après le FEW, le sens de seringa pour une plante viendrait du français.
  • Voir aussi Syringa et Philadelphus. Le nom a dû s'appliquer d'abord au seringat, puis au lilas introduit tardivement. On doit à Linné de l'avoir retenu pour le lilas.

sesban

  • Epithète retenue par Linné en 1753 pour Aeschynomene sesban, aujourd'hui Sesbania sesban (L.) Merr. (1912).
  • Linné cite Prosper Alpin, 1592, De plantis Aegypti : arabe égyptien sesban.
  • Elevé au rang de genre par Adanson (1763). Adanson avait écrit Sesban, mais en 1777, Scopoli a écrit Sesbania (nom. et orth. cons.).
  • < arabe et persan سيسبان — sīsabān, nom immotivé.

siceraria

  • Epithète de Lagenaria siceraria. Le basionyme est Cucurbita siceraria, dont Molina (1782, Saggio sulla storia naturale del Chili, éd. 1 : 133) écrit :
    • "la gran zucca da sidro, Cucurbita siceraria, così chiamata, perchè gl'Indiani, dopo averla profumata, usano farvi fermentar dentro il loro sidro".
    • [la grande courge à cidre, ainsi appelée parce que les Indiens, après l'avoir parfumée, font fermenter dedans leur cidre].
  • L'étymon est le latin classique sicera, emprunté au grec σίκερα - sikera, lui-même emprunté à l'hébreu, qui désigne une boisson fermentée analogue au cidre.

Silene

  • Nom inventé par Linné dans Hortus cliffortianus p. 171.
  • Du latin Silenus « Silène, demi-dieu ventru, fils de Pan, père nourricier et compagnon de Bacchus », parce que la fleur a un calice gonflé comme le ventre de Silène (CNRTL).

siligo

  • siligo, siliginis, ancien en latin (Caton, Pline 18,85). désigne le blé tendre.
  • < emprunté par le grec ancien σίλιγνον - silignon (Chantraine).
  • Ce nom n'a donné que quelques dérivés romans dialectaux (Meyer-Lübke, 7917).

Silybum

Nom créé par Adanson dans Famille des plantes.

Sinapis

  • Sināpis est le nom latin de diverses plantes, dont la Moutarde noire et la blanche. Ce nom est emprunté au grec σίναπις - sinapis et σίναπι - sinapi, mots étrangers d’origine inconnue (André, p. 240).

sisyrinchium

  • épithète de Iris sisyrinchium L., Moraea sisyrinchium. Sisyrinchium L. est aussi le nom d'un genre d’Iridaceae.
  • < latin sisyrinchium (Pline, 19, 95).
  • < grec ancien σισυριγχίον - sisurinkhion, chez Théophraste.
  • Genaust qualifie d'absurde l'étymologie donnée par Wittstein et Hegi, de σῦς - sus, "porc" et ῥυγχίον - rhunkhion, "petit groin". Wittstein "corrige" le nom en syorrhynchium, qui n'existe pas.
  • Fournier dérive le nom de σισύρα - sisura, "peau de chèvre, fourrure"", mais il y aurait alors une haplologie d'un *sisurorhynkhion.

Smilax

Solanum

  • Dérivé de sōl « soleil », sans qu'on en saisisse la raison (André p. 242).

Sonchus

  • Nom retenu par Linné en 1753, à la suite des botanistes du Moyen-Age et de la Renaissance.
  • < latin classique sonchus, sonchos, soncos. Pline (22, 88) distingue soncos albus (Sonchus oleraceus) et soncos niger (Sonchus asper).
  • < grec ancien σόγκος - sonkhos, chez Théophraste et Dioscoride. Dioscoride écrit : "Il y a deux sortes de sonkhos ; l'une est plus sauvage et plus épineuse (Sonchus asper), l'autre plus tendre et plus comestible (Sonchus oleraceus)".
  • > grec moderne ζοχός, ζοχί, τσόχος, ντσόχος. Ces noms sont tous hérités du grec ancien.

sorbe

  • De l'ancien provençal sorba < latin sorba, pluriel de sorbum. Sorbe est indigène en gallo-roman jusqu'à la Loire, et remplace l'ancien français corme depuis le XVIème siècle.

sorbier

  • Attesté depuis 1544. Emprunté à l'ancien provençal sorbier, XIIIe siècle, nom d'arbres donnant des sorbes. FEW XII,106 (sorbum )

Sorbus

  • Étymologie difficile à établir.
  • Pourrait venir de la racine indo-européenne ser ou sor et leur dérivé serbho- ou sorbho, rouge, rougeâtre.
  • Vient de *sor-dhos, l'arbre à « baies rouges » (André p. 243).

Spartium

  • Nom donné par Linné à Spartium junceum (1753). Linné incluait dans ce genre le genêt à balais, Spartium scoparium, devenu Cytisus scoparius. Dans Hortus cliffortianus, p. 356, Linné donne comme synonymes Spartium dioscoridis, Genista plinii de L'Ecluse et Daléchamps.
  • Spartium vient directement de Dioscoride, 4.154 : σπαρτίον - spartion, rendu spartium en latin.
  • Le latin connaît surtout spartum, mais appelait plutôt la plante genista (Pline, 19, 7, 26 ; 24, 40, 65). On trouve rarement sparte (Celse 6, 9, 4) d'après André.
  • En grec, σπάρτη - spartê, σπάρτον - sparton ou σπαρτίον - spartion, signifient surtout « corde de genêt », mais aussi « genêt d'Espagne », seul sens de σπάρτος - spartos. Ces mots dérivent de σπείρω - speirô, « semer ».
  • Spartium junceum est le seul "sparte" que l'on sème. C'est probablement la première espèce à porter le nom sparton / spartum. Les Graminées Macrochloa tenacissima et Lygeum spartum ne sont que récoltées dans la nature, et de plus ne se trouvent que dans l'ouest de la Méditerranée.

spartum

speculum-veneris

  • Épithète spécifique d'une Legousia, le miroir de Vénus.
  • Inventé par John Ray dans son Historia plantarum, volume 1 page 742 : Speculum-veneris dictum puto à femine splendente, lucido, & speculi instar polito.

Spergula

  • Nom adopté par Linné.
  • < latin médiéval des botanistes, spergula, spargula "parietaire", probablement formé à partir du provençal espargoulo, dérivé de asparagus. Voir FEW XXV,464 asparagus et l'histoire FEW XXV,466

sphondylium

  • Épithète spécifique de la Grande berce Heracleum sphondylium.
  • Du latin sphondilion, spondilion « berce », lui-même venant du grec spondyleion, spondylion de même sens (Genaust p. 602).
  • Inspiré du grec σφόνδυλος - sphóndylos « vertèbres », pour les nœuds renflés de la tige ou les fruits (Genaust p. 602).

spica-venti

spina-christi

  • Épithète de Rhamnus spina-christi L. (1753), aujourd'hui Ziziphus spina-christi ; et de Paliurus spina-christi Mill. (1768). Linné écrit que l'arbuste et ses graines lui ont été envoyées par D. Hasselquist sous le nom de Spinæ Christi de Jérusalem.
  • Hasselquist, Iter Palæstinum, 1757, pp. 523-524 écrit :
    • Spina Christi. Rhamnus aculeis geminis ad alas foliorum. Arabibus Nabk dicta arbor, frequentissima in Oriente inferiore; hanc porrexisse ramos, ex quibus serta illa aculeata Salvatori mundi imposita contorta, fuit verosimillimum est... (est hæc arbor Rhamnus Spina Christi. Oenoplia spinosa CB. 477. Nabia [sic: Nabca] Paliurus athenei Alp. ægypt. 16. t. 19.)
    • [Epine du Christ. Nerprun à doubles épines à l'aisselle des feuilles. Les Arabes appellent Nabk cet arbre, très commun au Proche-Orient ; il est très vraisemblable que c'est lui qui a fourni les rameaux dont a été tressée la couronne d'épines placée sur le tête du Sauveur du monde... (cet arbre est Rhamnus Spina Christi. Oenoplia spinosa CB. 477. Nabia Paliurus athenei Alp. ægypt. 16. t. 19.)]
  • Hasselquist ne fait probablement que reprendre une identification transmise par de nombreux théologiens. C'était un élève de Linné, et ce dernier a publié son livre après sa mort.
  • Miller a en fait repris l'épithète de Linné, mais en décrivant le paliure, que Linné appellait Rhamnus paliurus.

squine

  • nom de Smilax china.
  • moyen. fr. bois d'esquine (1582-Oud 1660), squine (Oud 1660), esquine (Paré ; 1569, Hu) FEW 20: 101
  • < China. Garcia da Orta écrit raiz da China en 1563 ; le produit est devenu radix Chinae dans les pharmacopées.
  • Il semble que le nom ait perdu rapidement tout lien avec le nom du pays, Chine. Il se serait prononcé [kina] ou [kin]. C. Bauhin mentionne en latin des formes Cina, Cinna, Chinna. Comment le s s'est-il ajouté au nom français squine ou esquine ? Est-ce l'influence d'un "radix china" ([radikskina]) mal coupé par les apothicaires ? On l'ignore.

Staphylea

  • Nom retenu par Linné (Species Plantarum, 1753), qui cite Staphylodendron Daléchamp hist. 102.
  • < latin classique staphylodendron (Pline, 16, 69).
  • < le nom est évidemment grec, mais non attesté. Son sens littéral est "arbre à grappes" ou "arbre à raisins", probablement par allusion aux fleurs et fruits en grappe retombante. (Genaust, 608).

Stellaire, Stellaria

  • Stellaire est emprunté au bas latin stellaris « d'étoiles, d'astre », étant donné la forme étoilée des fleurs de cette plante (CNRTL).

strobilos

  • Amigues, Suzanne, 1978. De la toupie aux pignons : les avatars botaniques de στρόβιλος. Rev. Et. Anc., 80 : 205-216.

Styrax

  • Nom du genre Styrax
  • < latin styrax (Pline, 12, 124).
  • < grec ancien στύραξ - sturax chez Dioscoride, 1, 66 et Théophraste, HP 9, 7, 3, qui désigne la gomme-résine (storax solide) de Styrax officinalis. Le storax liquide vient de Liquidambar orientalis.
  • Le nom serait d'origine orientale, mais est inconnu de l'hébreu et de l'arabe.
  • En latin, la forme storax apparaît au IVe siècle. D'après le FEW, 12: 283, elle serait apparue en Provence (Marseille), empruntée à un dialecte grec qui avait conservé la prononciation [sturax] au lieu de [stirax]. C'est cette forme qui est passée dans les langues européennes, y compris l'italien storace.


subovatus

  • Epithète spécifique d'un Buplèvre Bupleurum subovatum.
  • du latin sub « un peu » et ovatus « ovale ».

sumac

  • Le nom sumac, sumach en latin médiéval, a été introduit dans toutes les langues romanes du Sud pour désigner Rhus coriaria. Du français, il est passé à l'anglais sumac.
  • Bauhin l'a utilisé comme nom botanique, mais Linné a retenu Rhus.
  • < arabe سماق - summāq
  • < syriaque ܣܘܡܩ - summāq "rouge" (à vérifier).

sureau

  • Vient de l'allongement, classique au Moyen Âge, du mot monosyllabique sur, venant de l'ancien français seü, le sureau, issu du latin sabucus, forme populaire cohabitant avec sambucus, employé dans un style plus soutenu.
Toutes les formes et explications étymologiques dans le FEW XI, 6-12 (sabucus)

sycomore

  • Emprunté au latin d'époque impériale sycomorus (CNRTL).

sycomorus

  • sycomorus est l'épithète de Ficus sycomorus L. (1753). A ce sens, il a été connu de tous les botanistes depuis l'antiquité.
  • "Le συκάμινος - sukaminos [d'Egypte] est à certains égards voisin de notre συκάμινος (Théophraste, I, 14, 2). A l'époque de Théophraste (IIIe s. av. JC.), sukaminos désigne bien le mûrier Morus nigra, et Ficus sycomorus est qualifié de συκάμινος ἡ αἰγυπτία - sukaminos hê aiguptia, "mûrier d'Egypte". Ceci est confirmé par la glose d'Hésychios, "συκάμινα - sukamina, que certains appellent μορέα - morea".
  • Le mot συκόμορον - sukomoron n'apparaît en grec qu'à partir de Strabon (Ier s. ap. JC.). Dioscoride a alors deux notices :
    • 1.126. μορέασυκάμινον δένδρον ἐστὶ γνώριμον [Le morea ou sukaminon est un arbre bien connu].
    • 1.127 συκόμορον: ἔνιοι δὲ καὶ τοῦτο συκάμινον καλοῦσι [Sukomoron. Certains l'appellent sukaminon].
  • On voit ainsi qu'au Ier siècle, morea l'a emporté pour désigner le mûrier, et qu'un nouveau nom, sukomoron, désigne le Ficus sycomorus, levant ainsi l'ambiguïté de sukaminon.
  • sukomoron a le sens apparent de "mûrier-figuier", de σῦκον - sukon, "figue" et μόρον - moron, "mûre". C'est en fait une réfection par étymologie populaire de συκάμινος - sukaminos. Mais Dioscoride écrit : "on appelle aussi son fruit sukomoron parce que son goût est désagréable", ce qui le rapproche de μόρος - moros, "infortune, malheur". Par ailleurs, pour Chantraine, le rapprochement avec une racine *mor, qui signifierait "noir", est peu vraisemblable.
  • Le grec συκάμινος - sukaminos est emprunté à l'araméen ܫܩܡܐ - šikma (hébreu שִׁקְמָה - šikma, au pluriel dans la Bible : šikmoth et šikmim).


Le nom de sycomore allait prendre plusieurs autres sens dans les langues européennes, influencés par le renom biblique du vrai sycomore (voir la page Sycomore). Le plus ancien semble être celui d’Acer pseudoplatanus. La ressemblance porte sur la taille de l'arbre, son caractère très feuillu et peut-être la ressemblance de ses feuilles (?). Mais les théologiens devaient être anxieux de trouver un substitut au sycomore de la Bible.

  • 1537 (en latin). Jean Ruel, De Natura stirpium, 155 : "On voit chez nous dans les cours un arbre au nom de sycomore (comme on dit) [arbor sycomori (ut aiunt) nomine], feuillu, qui ressemble au mûrier dans son aspect, ses feuilles et sa taille ; mais nous n'avons pu rien observer quant à ses bourgeons ou ses branches ni comment il donne ses fruits à l'entrée du printemps, comme une noix très longue. Le fruit porte une gousse foliacée, courbe et même en faux. Mais il y a autre chose qui permet d'affirmer que ce n'est pas le sycomore ou figuier égyptien, c'est que, entaillé avec un outil tranchant, il n'exsude pas du tout de lait." Dans la "gousse foliacée, courbe et même en faux", on reconnaît la samare. Après Ruel, des botanistes comme Gesner et C. Bauhin signaleront ce Sycomorus Ruellii, comme s'ils ne souhaitaient pas prendre ce nom à leur compte.
  • 1597 (en anglais). Gerarde, Herball "Acer major. The great maple, not rightly called the Sycomore tree", p. 1300 sur Archive.org
  • 1600 (en français). les sapins, melezes, pins, sycomores, ifs... (Olivier de Serres, Le Théâtre d'Agriculture, Paris, J. Métayer, VII, 7, 785, en ligne sur Gallica)

Symphytum

  • Nom scientifique des consoudes.
  • Le nom latin Symphytum vient du grec sumphuton, composé du préfixe sun- ensemble et de phuein, phuesthai, grandir.

Syringa

  • Nom de genre donné par Linné en 1753 à Syringa vulgaris, le lilas.
    • Linné cite Syringa cærulea Bauh. pin. 398, et Syringa alba s. Philadelphus athenæi Bauh. pin. 399 pour le seringat Philadelphus coronarius.
  • Voir aussi seringat. Le nom a dû s'appliquer d'abord au seringat, puis au lilas introduit tardivement. On doit à Linné de l'avoir retenu pour le lilas.

T

tagera

  • Nom retenu par Linné pour Cassia Tagera (1753), qui cite Tagera Rheede dans son protologue ; aujourd'hui Senna tora.
  • < tagera, aujourd'hui takera, nom malayalam dans Rheede tot Drakenstein, 1678-1703, Hortus Indicus Malabaricus, 2:103, t. 53.

tamier

  • Attesté depuis 1791. Dérivé du moyen français tam désignant Dioscorea communis, qui s'appelle taminia en latin. Tam attesté depuis 1562 chez Antoine Du Pinet, viendrait du latin thamnum (du grec θάμνος - thamnos « buisson ») qui chez Columella et Pline désigne la racine du tamier. tam- est probablement une racine pré-indo-européenne, qui se retrouve avec d'autres suffixes comme dans tamarix. Double étymologie dans FEW XIII/1, 299 thamnum et FEW XIII/1,76 tamnus

Tamus

  • Nom retenu par Linné (1753) pour Tamus communis, aujourdhui Dioscorea communis.
  • Nom créé par les botanistes à partir du moyen français tam.

Taraxacum

tartonraira

  • Epithète créée par Linné : Daphne tartonraira (Sp. Pl. 1753, I: 356)
    • Tarton-raire galloprovinciæ monspeliensium. Lob. ic. 371. [1591 ?]
    • Habitat in Galloprovincia.
  • Rolland cite : tartonraire, env. de Marseille, Pena et Lobel, Stirp. advers., 1570. p. 160. C'est donc Mathias de Lobel, dont les œuvres mentionnent de nombreuses plantes de Montpellier, qui a introduit ce nom occitan (marseillais) dans la littérature botanique.
  • Tartonraira, de même que trantanel (nom de Daphne mezereum) viendrait d’après le FEW de l’onomatopée trant- « balancer, vaciller ». Voir Etymologie occitane.

telephium

  • Épithète de Hylotelephium telephium, l'orpin reprise.
  • Du latin tēlephion, transcrit du grec τηλέφιον - teléphion, l'herbe qui permit de guérir Télèphe blessé par Achille (André p. 256).
  • Telephion désigne Andrachne telephioides et des espèces d'orpins (André p. 256).

terebinthus

  • Épithète de Pistacia terebinthus retenue par Linné (1753).
  • < latin classique terebinthus, qui désigne le térébinthe, mais aussi le pistachier Pistacia vera (Pline, 13, 54).
  • < emprunté au grec τερέβινθος - terebinthos, où ce double sens se trouve aussi. La forme terebinthos a pu être influencée par ἐρέβινθος - erebinthos (= pois-chiche). Une forme plus ancienne est τέρμινθος - terminthos (Théophraste), et une variante τρέμιθος - tremithos (Chantraine). Etymologie inconnue.

testiculata

  • épithète spécifique de Bifora testiculata.
  • dérive de testiculus, par la ressemblance des fruits avec des testicules.
  • désigne chez Ps.-Diosc., Ps.-Apul., la mercuriale annuelle, Mercurialis annua.

Thapsia

  • Nom de genre de Thapsia garganica
  • Tournefort cite Dioscoride en affirmant que la plante a reçu son nom de l’île de Thapsos où elle aurait été découverte en premier.

Theligonum

  • Nom de genre introduit par Linné (1753) pour Theligonum cynocrambe. Linné cite Sauv. monsp. 129, mais François Boissier de Sauvages de la Croix, Methodus foliorum, 1751 renvoie à Linné.
  • Caspar Bauhin, Pinax, 1671, p. 146 distingue deux types de Phyllon et cite Théophraste :
    • I Phyllon testiculatum ; Phyllum mas seu Arrhenogonum ; Cynocrambe.
    • II. Phyllon spicatum. Phyllon theligonon (sive fœminiparum).
  • Théophraste écrit : Il y a aussi, paraît-il, des plantes qui font engendrer des garçons ou engendrer des filles ; c'est pourquoi une forme de la mercuriale (φύλλον - phullon) est dite "génitrice de garçons" (ἀρρενογόνον - arrenogonon), l'autre "génitrice de filles" (θηλυγόνον - thelugonon).
  • La même croyance est reproduite par Dioscoride : On dit que la "génitrice de garçons" (ἀρρενογόνον - arrenogonon) en potion, détermine des naissances masculines, la "génitrice de filles" (θηλυγόνον - thelugonon), des naissances féminines. Cratévas donne des renseignements à ce sujet. Pour ma part, je crois devoir rapporter de tels on-dit jusqu'à ce que je sois renseigné. (trad. Suzanne Amigues).
  • En conclusion, Theligonum vient du grec thelugonon, qui signifie "qui engendre des filles". Appliqué au départ aux individus mâles de Mercurialis annua (perçus populairement comme femelles !), le nom est cité par les botanistes de la Renaissance comme C. Bauhin, qui utilise déjà une graphie avec i au lieu de y. Linné l'a donné au genre Theligonum, peut-être sur les indications de Sauvages.

Theobroma

  • Clusius et Tournefort ont appelé le genre Cacao.
  • Cacao nomen barbarum, quo rejecto Theobroma dicta est arbor, cum fructus basin sternat potioni delicatissimæ, saluberrimæ, maxime nutrienti, chocolate mexicanis, Europæis quondam solis Magnatis propriæ (βρωμα των θεων, Vos Deos feci dixit Deus imperantibus), licet nunc vilior facta. (Linné, Hortus cliffortianus, p. 379).
  • [Cacao est un nom barbare, ce pourquoi je le rejette ; l'arbre se dit Theobroma, parce que son fruit forme la base d'une boisson[1] très délicate, très saine, on ne peut plus nourrissante, le chocolat des Mexicains, jadis réservée en Europe aux seuls Puissants (βρωμα των θεων[2], Je vous ai fait Dieux, dit Dieu aux dirigeants) et aujourd'hui devenue plus commune.]
  1. Texte obscur. MC.
  2. brôma tôn theôn, "nourriture des dieux"

Thlaspi

  • Transcription du grec θλάσπι, thlaspi, désignant Capsella bursa-pastoris, Sinapis alba et Brassica nigra. Dioscoride a rapproché ce mot de θλάω « écraser » (André p. 259).

thymbra

  • Epithète de Satureja thymbra L. (1753), et nom de genre Thymbra L. (1753) non Thymbra Mill. (1754). Repris de botanistes antérieurs (Clusius...).
  • Emprunté au latin classique thymbra. Pour Pline (19, 165), thymbra est la cunila ou satureia.
  • Emprunté au grec θύμβρα - thumbra, qui désigne chez Dioscoride Satureja thymbra ; chez Théophraste θύμβρα, θύμβρον - thumbra, thumbron désigne à la fois la sarriette sauvage Satureja thymbra et la sarriette cultivée Satureja hortensis.
  • L'origine du mot est incertaine. Il est soit lié à thumon, soit emprunté à une langue pré-hellénique.
  • Le grec moderne a θύμπρος, θύμπρι, θρούμπι - thibros, thibri, throubi (Gennadios).

Thymelaea

  • Transcription du grec θυμέλαια - thumelaia, composé de θύμον - thumon, Thymus capitatus, et d’έλαία - elaia, « olivier » et qui désignait donc une plante à feuilles d'olivier et fleurs odorantes. Il s'agit du Daphne gnidium de Dioscoride.

Thymus

  • Nom retenu par Linné, à la suite de nombreux botanistes.
  • Nom courant en latin classique : thymum, thymus, timus, tumus, tumum. Chez Pline, thymum est Thymbra capitata (à la fois le candidum et le nigricans) (21, 56), ou Thymus vulgaris pour la Gaule (21, 56) (André, corrigé par Amigues, HP 6, 130-131).
  • Emprunté au grec θύμον, θύμος - thumon, thumos, qui désigne Thymbra capitata (Théophraste et Dioscoride). Thymus vulgaris n'existe pas en Grèce.
  • Le nom grec est probablement un dérivé de θύω - thuô, sentir bon, comme le sont θύον - thuon et θυία - thuia. Par contre, l'origine de θύμβρα - thumbra n'est pas sûre.
  • Un emprunt à l'égyptien est improbable.

Tilia

  • Pourrait venir du grec πτελέα - pteléa « orme », d'autant que tilia désigne le liber de l'orme selon Pline (André p. 261)

tilleul

  • Issu du latin populaire *tiliolus, tilleul, diminutif de *tilius, de même sens, lui-même issu du latin classique tilia, le tilleul. (Rey p. 3660, CNRTL)

tin

  • Épithète spécifique d'une viorne, Viburnum tinus.
  • Issu du latin tinus "laurier-tin; boule de neige laurissée" (Benoist-Goelzer). Glosé laurus silvestris (Ernout-Meillet). Attesté en français depuis 1658. FEW XIII/1,350tinus

tinus

  • Nom latin, d'origine inconnue, de la viorne tin, Viburnum tinus (André p. 261).

Torilis

Tormentilla

  • Nom de genre de Linné, en particulier pour Tormentilla erecta L. (1753), puis épithète pour la même espèce Potentilla tormentilla Neck. (1770), aujourd'hui Potentilla erecta (L.) Räusch. (1797). Les hasards de la nomenclature font que le nom tormentilla est sorti de l'usage botanique.
  • Caspar Bauhin, 1623, Pinax, 326 : Heptaphyllon sive Tormentilla. Tormentilla, quod radicis pulvis cum aluminis & pyrethri momento, cavis dentium inditus, dentium tormentum sive cruciatum sedet. [On l'appelle tormentille parce que la poudre de sa racine avec de l'alun et du pyrèthre, introduite un moment dans le creux des dents, soulage les maux de dents (tormentum).]
  • Dodoens 1583, Pemptades, 118, I, 4, XXXIII. De Tormentilla. Tormentillæ nomen recentior ętas (?) dedit... reliquis nationibus Tormentil dicitur. [Le nom de Tormentilla a été donné très récemment... Les autres pays l'appellent Tormentil.]
  • Emprunt au latin médiéval tormentilla (1250, Latham) ou au français tormentille (1314). CNRTL
  • Dérivé de tormentum, qui en latin classique signifie torture, souffrance, et a pu devenir quasi-synonyme de tormina, colique.
  • D'après Bauhin, le sens est "plante qui soulage les maux de dents". La remarque de Dodoens laisse penser que le nom a dû être d'abord entrer dans le jargon des apothicaires, avant d'être adopté par les botanistes à la Renaissance.

torminalis

  • De tormĭna, mal de ventre, colique (Gaffiot, p. 1583).
  • Qui guérit les coliques.
  • Désigne l'alisier torminal, Sorbus torminalis, dont les fruits soulagent la diarrhée.

tremble

  • Nom d'un peuplier Populus tremula.
  • Du nom bas latin tremulus, issu de l'adjectif latin classique tremulus « qui tremble, agité », dérivé de tremere « trembler », à cause de ses feuilles très mobiles (André p. 263).

Tribulus

  • τρίβολος - tribolos, nom grec de Fagonia cretica, Trapa natans, Tribulus terrestris, Xanthium spinosum, plantes à fruits hérissés de pointes.


Tridax

Triticum

  • nom de genre retenu par Linné (1753).
  • Au Moyen-Age, on distinguait triticum (blés nus) et zea (blés vêtus).
  • en latin classique, "au sens étroit", désigne des blés barbus, le poulard Triticum turgidum subsp. turgidum pour l'Italie, le blé dur Triticum turgidum subsp. durum pour l'Afrique et la Sicile (André, 113).
  • > espagnol trigo, portugais trigo désigne aujourd'hui tous les blés, dont principalement le blé tendre.

troène

  • Ancien français troine, 13e siècle, issu du francique *trugil, désignant un arbuste à drupes noires. -n- au lieu de -l- peut-être par influence de chêne, frêne. FEW XVII, 375 (*trugil). Allemand hartiegel.

Tropaeolum

  • Nom créé par Linné en 1737 pour une plante américaine appelé auparavant Nasturtium indicum. Diminutif du latin tropaeum = trophée, arbre auquel on pendait les armes des ennemis vaincus. Linné explique clairement son choix dans Hortus cliffortianus :
    • Dixi [itaque] Tropæolum, cum Hortulani communiter solent pyramidulum reticulatum extruere per quem scandat planta, dum lepide veterum repræsentat tropæos seu statuas victoriales, ubi folia clypeos, & flores galeas auratas sanguine tinctas, hastaque pertisas repræsentant.
    • [J'ai dit Tropæolum parce que les jardiniers construisent généralement des treillages pyramidaux où pousse la plante, jusqu'à ce qu'elle représente joliment des trophées ou statues de victoire des Anciens, dans lesquels les feuilles sont des boucliers, les fleurs des casques dorés tachés de sang, et les éperons des lances.]
  • Le latin tropaeum est emprunté au grec tropaion, de même sens. Le mot grec est le neutre de l'adjectif tropaios = qui fait tourner, qui met en fuite (l'ennemi), dérivé du verbe trepô = tourner. Le dérivé tropikos a donné le français tropique, et tropos les mots en -trope.
  • D'après Genaust, le choix de Linné aurait été influencé par le nom sudaméricain pelon (espagnol pelón = chauve ?), utilisé par Hernández, mais cela est obscur.

tulipe

  • Tulipe est emprunté au turc tülbent « turban » (en raison de la forme de la fleur), et celui-ci au persan dulband de même sens (CNRTL).

Turgenia

  • Nom de genre de la famille des Ombellifères.
  • Créé par Georg Franz Hoffmann en 1814 dans Genera plantarum umbelliferarum eorumque characteres naturales, vol. 1, p. 59.
  • Altera –ut pergratam incundamque inferamus memoriam Amici, in ipsa alma studiorum parente Göttingensi, omnibus eruditionis numeris ornati, scientiarum nunc promotus strenui, excell. D. Alexandri Turgeneff, Consil. Stat. Eq. Direct. Cancell. Ser. Prinzip Gollitzin– dicta.
  • En hommage à D. Alexandri Turgeneff, Conseiller d’Etat russe, chancelier du prince [Alexandre Nicolaïevitch] Galitzine, ami d’Alexandre 1er (Moret, Etymologie onomastique).

turpethum

  • épithète de Convolvulus turpethum L. (1753), devenu Operculina turpethum.
  • Linné a repris le nom de botanistes de la Renaissance, comme Caspar Bauhin.
  • < arabe تربد - turbad depuis Sérapion (XIIe) et Matthaeus Silvaticus (1317).
  • < persan تربد - tirbid, turbid, turbud (Steingass, 292).
  • < sanscrit tripuṭā, tripuṭī (d'après Steingass), ou trivṛitā (donné par Monier-Williams comme nom de la plante). trivṛít signifie triple, consistant en trois parties.


  • > français turbith, depuis ca. 1460 (FEW, 19 : 190). Turbit attesté au XIIIe (Livre des simples médecines). Le nom s'est aussi appliqué à Globularia alypum, plante méditerranéenne.

U

Ulex

  • Ulex est nomen Plinii. (Linné, Hortus cliffortianus, p. 356).
  • Selon Genaust, vient du latin ülex, groupe de plantes arbustives ressemblant au Romarin (Pline 33,76).
  • D'origine inconnue, sans doute méditerrannéenne ; plante des landes, des coteaux, terrains secs (André p. 274).

Ulmus

  • Nom latin des ormes (André p. 274).
  • Vient de l'indo-européen *ol-mos (André p. 274).

unedo

  • Désigne en latin l'arbousier. Sans étymologie.
  • Celle donnée par Pline "unum edere" (on ne mange qu'un fruit, étant donné son amertume) est qualifiée de naïve par Genaust p. 669.

Urginea

  • Nom de genre créé par Steinheil, Adolph, 1834. Note sur le genre Urginea. Ann. Sci. Nat., Bot. sér. 2, 1 : 321., t. 14. BHL : "[un genre] que nous proposerons de nommer Urginea, du nom d'une tribu (les Ben Urgin) arabe des environs de Bone" [Beni Urgin, près de Bône = Annaba (Algérie)].

Urtica

  • Du latin urtīca "ortie". Mis en rapport, par étymologie populaire, avec ūrere « brûler » par les Latins. On attendrait *ustica. (urtica).

V

Vaccaria

  • Employé comme épithète de Saponaria vaccaria L. (1753), et érigé au rang de genre par Wolf (1776).
  • Marzell indique Gesner (1561, Hort. germ.) comme celui qui a introduit le nom, mais Gesner dit que c'est Dodoens qui a appelé ainsi la plante. Vaccaria apparaît chez Dodoens en 1583. (Stirpium historiae, p. 104).
  • Dérivé de vacca, « vache » (CNRTL). La plante était connue pour augmenter la lactation des vaches, d'où l'un de ses noms allemands Kühkraut (Marzell). On ignore si le nom latin vient des noms populaires ou l'inverse.

valentinus

Valeriana, valériane

  • Emprunté au latin médiéval valeriana, d'après le latin Valeria « province romaine de la Pannonie », ancienne région située à peu près à l'emplacement actuel de la Hongrie, où cette plante était très répandue (CNRTL).
  • André (p. 268) donne une autre étymologie. De valeō « être efficace ».

vernus, -a, -um

  • Épithète de la Ficaire Ficaria verna.
  • Vernus signifie « printanier ».

Veronica

  • Nom de genre Veronica retenu par Linné (1753), qui cite C. Bauhin.
  • Veronica apud recentiores herba est celebratissima. Dodonæus velit esse Betonicam Pauli l.7. [La véronique est une herbe très célébrée par les auteurs récents. Dodoens veut que ce soit la Betonica de Paulus 1.7.] (C. Bauhin, Pinax 246, 1623)
  • Le premier botaniste a avoir utilisé ce nom semble être Fuchs, De historia stirpium 168, 1542 : De Veronica. cap. LIX. Vulgus autem herbariorum hodie Veronicam, Germani Erenbreiß oder Grundheyl / ob mirificam sanandi ulcera & vulnera facultatem nominant. [Le vulgaire des herbiers l'appelle aujourd'hui Veronica... qui aurait la faculté merveilleuse de soigner les ulcères et les blessures]. Mais on doit pouvoir trouver le nom dans des herbiers antérieurs.
  • Ce nom vient de Véronique ou Veronica, nom d'une sainte qui apparaît au VIIIe et se popularise au XVe. (Wikipédia)
  • Veronica vient du macédonien Βερενίκη (Berenikê, « qui porte la victoire »), qui a aussi été latinisé en Berenice. Par étymologie populaire au XIIIe, il a été perçu comme signifiant vera icon, la vraie image, par référence à l'image du Christ.
  • L'application du nom à la plante a fait l'objet de plusieurs explications.
    • L'herbe aurait soigné les blessures de la sainte femme dont parlent les Evangiles sous le nom d'hemorrhoissa.
    • Elle aurait poussé au pied de la Croix.

Véronique

  • Véronique est emprunté au latin des botanistes Veronica (FEW 14:302, CNRTL).

vesca

  • Épithète spécifique du Fraisier des bois, Fragaria vesca.
  • L'adjectif latin vesca « petit, chétif, grêle... » (Freund p. 571) se rapporte à la petitesse du fruit de la plante.

vesce

  • Issu du latin classique vicia, du même sens (Rey p. 3881).

Viburnum

  • Nom retenu par Linné (1753) pour Viburnum lantana, à la suite de C. Bauhin et Tournefort.
  • < latin classique viburnum. André (p. 271) ne donne que deux attestations : Virg., B.1, 25 ; Calp. 9, 86. Il identifie la plante comme Viburnum lantana, mais c'est probablement un anachronisme. Les viburna lenta de Virgile s'appliquent plus à la clématite qu'à la viorne :
  • Virgile (Bucoliques, 1, 25-26) :
    • Verum hæc tantum alias inter caput extulit urbes
      Quantum lenta solent inter viburna cupressi.
    • Mais cette Rome a élevé sa tête entre les autres villes
      autant que les cyprès ont coutume d’élever la leur entre les viornes flexibles.
  • Pour Ernoult & Meillet, la terminaison -burnum (qu'on retrouve dans laburnum) serait étrusque.
  • Caspar Bauhin déclare avoir introduit Viburnum en latin botanique dans son sens actuel :
  • Il donne sous Clematitis syl. latifolia (Pinax, 1623, 300) (la clématite) :
    • Viburnum Gallorum Bellon
    • Viorna vulgi Ad. Lob. Ger.
    • Clematis sive Viorna vulgi, Lobelii, Eyst.
  • Et sous Viburnum vulgo (Pinax, 1623, 428) (Viburnum lantana) :
    • Etsi Viburnum alicujus singularis plantæ nomen non sit, sed cujusvis (?) virgulti fruticisve proprium, Strabone & Nemesiano testibus, cum tamen vulgo huic, nomen hoc tribuatur, asservare placuit.
    • [Bien que Viburnum ne soit le nom d'aucune plante particulière, mais propre de tout rameau et arbrisseau, comme en témoignent Strabon et Nemesianus, ce nom est cependant attribué par le peuple, et il m'a plu de le conserver].

Vicia

  • Vicia désigne en latin la vesce cultivée, Vicia sativa. Son origine est inconnue (André, p. 271).

victorialis

  • Epithète d’Allium victorialis L. (1753). Linné l'a écrite avec une majuscule, ce qui indique qu'il la considérait comme un substantif.
  • Tabernaemontanus (1588-91, 875b) distinguait Victorialis mas et Victorialis foemina, Gladiolus communis.
  • herba victorialis, Hieronymus Brunschwig, De arte destill. (1505, 120)
  • herba vicia, id est victorialis, Isidore de Séville, Orig., 10, 210. (Genaust) : Antiqui enim vicam dicebant quam nos victoriam. Credo quod inde dicatur herba vicia, id est victorialis (sur Wikisource)
  • lat. victoria, victoire, parce que le bulbe était censé protéger des blessures de guerre du fait de sa tunique fibreuse.
  • Le sens se retrouve dans l'allemand Siegwurz et Allermannsharnisch.

vigne

  • Issu du latin classique vinea « plantation de vigne, vigne ». Lui-même de vineus « de vin », issu de vinum « vin » (Rey p. 3903).

Vinca

  • Nom retenu par Linné (1753) pour les pervenches Vinca minor et Vinca major. Linné cite dans Hortus cliffortianus, p. 77 :
    • Vinca Rivini Rupp. jen. 21.
    • Pervinca vulgaris Tournef. inst. 119-120.
    • Vinca pervinca Dal. pharm. 347. Volck. norib. 400.
  • < latin tardif vinca
  • < latin classique vinca pervinca Marc., med. 15, 104 ; Pline, med. 3, 22 ; vica pervica, Pline, I, 21, 39 ; 21, 68 ; Ps.-Apul. 58, 9... nom issu d'une formule de guérison, à rattacher à vincere (André, 272).
  • Pour André, le mot serait à rapprocher de vincere, vaincre (la maladie ?), mais pour Walde-Hofmann cité par Genaust, ce serait vincire, "lier", pour ses longs stolons.

violette

  • Dérive de l'ancien français viole désignant cette fleur et du suffixe diminutif -ette.
  • Issu du latin viola désignant différentes plantes dont la violette (André p. 272).
  • Viola est emprunté au grec ἴον désignant des plantes (André p. 272).
  • Ἴον désigne en grec la violette (Bailly, p. 436).

viorne

  • nom français standard de Viburnum lantana ; c'est probablement un cultisme, emprunté au Viburnum des botanistes. En effet, viorne est le nom populaire de Clematis vitalba dans de nombreux dialectes français, la viorne s'appelant mancienne. (Rolland : Clematis et Viburnum). Le Dictionnaire culturel du Robert distingue d'ailleurs pour viorne un sens botanique (Viburnum lantana) et un sens populaire (Clematis alba).
  • < bas-latin viburna, neutre pl. pris pour un féminin sing.
  • < latin classique viburnum. Voir Viburnum.
  • vione est attesté vers 1200 en normand, mais des formes avec r existent dans de nombreux dialectes français.
  • Pour le FEW, 14:405-406, la clématite a pris le nom de viorne parce qu'elle a des fleurs blanches odorantes et qu'elle sert à faire des liens. Les dérivés de vitis alba ont pu jouer un rôle, car ils commencent par les mêmes sons. Le sens de "plante à lier" explique que des dérivés aient pu désigner un chèvrefeuille, le lierre ou l'osier. Voir aussi CNRTL, Rey p. 3914. En fait, viorne vient du latin viburnum qui avait déjà le sens de clématite.
  • Bauhin (Pinax, 1623, 300) donne, sous Clematitis syl. latifolia :
    • Viburnum Gallorum Bellon
    • Viorna vulgi Ad. Lob. Ger.
    • Clematis sive Viorna vulgi, Lobelii, Eyst.
  • Linné (1753) a même créé un Clematis viorna pour une espèce américaine (voir sur BHL).

vitalba

  • Épithète de Clematis vitalba donnée par Linné en 1753.
  • Linné cite Vitalba Dodoens, Pemptades (1583) 3, 15, p. 399.
  • Bauhin C., Pinax 1623 p. 320 cite à son tour Dodoens.
  • vitalba est bien présent dans les dialectes occitans (Rolland), ibéroromans et italiens : vitalba, vidalba, vitabia... (Penzig).
  • l'étymon est vitis alba, ou plutôt l'accusatif vite(m) alba(m), littéralement "vigne blanche", qui a pu désigner plusieurs plantes en latin classique (Clematis vitalba, Bryonia dioica, Aristolochia clematitis) (André). Voir aussi FEW XIV,558 vitis
  • Le grec a ἄμπελος λευκή - ampelos leukê, de même sens, qui désigne Bryonia dioica chez Dioscoride.

voandzou

voantsiperifery

  • nom mérina et bezanozano (Madagascar) de Piper pyrifolium, un poivre à queue. Ce nom se décompose en voa (voan), fruit, graine ; tsi, marque d'un négatif, et perifery, qu'on peut rattacher à piripiri ou pilipili, noms trouvés entre autres en portugais pour des poivres ou des piments. Le sens serait donc "graine faux-poivre".

vulgaris, -is, -e

  • adjectif latin : « commun » (Gaffiot, p. 1696).

vulpin

  • Emprunté au latin d'époque impériale vulpinus « de renard », dérivé de vulpes « renard ».

Y

yèble

Voir Hièble.

yeuse

Emprunt à l'occitan eousa, adapté à la prononciation du français, du latin ēlex, ēlicis. Voir ilex

Z

Zanthoxylum

Zea

  • Césalpin appelait la plante Mais, et Tournefort Mays. Mais Linné ne souhaitait pas utiliser de "noms barbares" au niveau du genre, et il a choisi Zea, qui désignait l'épeautre en grec ancien et en latin, puis l'ensemble des blés vêtus en latin médiéval. Le nom Zea était disponible, puisque Linné classait tous les blés dans le genre Triticum.
  • Zea, peculiaris frumenti species a veteribus adscriptum nomen, huc usque vagum, recepimus ad designandum hoc genus loco Barbari istius vocabuli Mays. (Linné, Hortus cliffortianus, p. 703).
  • [Zea, nom donné par les anciens à une espèce particulière de blé, vague jusqu'à maintenant, et que nous acceptons pour désigner ce genre à la place de ce vocable barbare qu'est Mays.]

zedoaria

  • épithète de Amomum zedoaria Christmann (1779), aujourd'hui Curcuma picta.
  • latin médiéval : zedoaria
  • < arabe : زدوار - zadwār, جَدْوَار - ǧadwār, depuis Avicenne (XIe siècle), texte arabe.
  • < persan : زدوار - zadwār (Steingass)
  • < peut-être formé du sanscrit ṡaṭi, शढी - ṡaḍhī, "zédoaire" et vera, "racine" en dravidien, mais ce nom composé ne semble pas attesté. Autre hypothèse : sanscrit शठावर - śaṭhā vara, « faux safran » (Laffitte)

zerumbet

Les auteurs anciens ont souvent hésité sur le sens de zerumbet, confondu avec zedoaria.

Zingiber

  • nom de genre retenu par Linné, à la suite de tous les auteurs depuis l'Antiquité
  • < latin classique zingiberi, zinziber
  • < emprunté au grec ζιγγίβερι - zingiberi (Dioscoride, Ier siècle après J.-C.), mais absent de Théophraste.
  • < pali siṅgivera, sanscrit śṛṅgavera (sanscritisation par étymologie populaire : śṛṅga, "corne")
  • < tamoul iñci "gingembre" + vēr, "racine" (Burrow et Emeneau). Le nom de la racine, qui était l'organe commercialisé, est devenu le nom de la plante en Occident.
  • arabe زنجبيل - zenǧabīl, zanǧabīl. D'après Steingass, le nom persan (idem) vient de l'arabe. Voir EtymArab

Ziziphus

  • Nom de genre donné par Miller (1768)
  • Du latin zīziphus "jujubier", emprunté au grec ζίζυφον idem. FEW XIV,665 zīziphum)

Références