Artocarpus heterophyllus

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Artocarpus heterophyllus Lam.

alt=Description de l'image Artocarpus heterophyllus fruit Laos.jpg.
fruits cauliflores
Ordre Rosales
Famille Moraceae
Genre Artocarpus

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Origine : aire d'origine

sauvage ou cultivé

Français jaquier
Anglais jack tree


Résumé des usages
  • fruit consommé mûr ou immature
  • graines consommées bouillies, grillées ou réduites en poudre
  • bois jaune utilisé en artisanat
  • bois des racines très estimé
  • colorant jaune extrait du bois
  • latex médicinal
  • feuilles fourragères
  • fibres de l'écorce utilisées pour des cordes


Description

  • arbre monoïque sempervirent atteignant 20-30 m de haut et 80 cm de diamètre
  • présence d'un latex blanc dans toute la plante
  • écorce rugueuse, grise à brune
  • stipules ovales, de 1,5-8 cm de long, caduques et laissant une cicatrice annulaire sur les ramilles
  • feuilles coriaces, obovales-elliptiques, de 5-25 cm de long, à bord entier ou à 2-4 lobes chez les plantes jeunes, vert brillant au-dessus, vert terne au-dessous
  • inflorescences solitaires, mâles (3-8 cm de long) ou femelles (5-15 cm de long), cylindriques ou oblongues, sur de courtes pousses feuillées (brachyblastes) naissant du tronc ou des branches principales, apparaissant ainsi cauliflores
  • fruit : syncarpe cylindrique ou piriforme, de 30-100 cm × 25-50 cm, couvert de courtes protubérences pyramidales, à écorce épaisse de 1 cm et gros axe central (réceptacle)
  • fruit constitué de drupes à pulpe charnue jaune pâle puis jaune vif, se séparant facilement, et contenant 1 graine
  • graines nombreuses, oblongues-ellipsoïdes, de 2-4 cm × 1.5-2.5 cm, à cotylédons charnus

Noms populaires

français jaquier / jaque
anglais jack fruit, jak
allemand Jackfruchtbaum, Nangka
espagnol jaqueiro / jaca
portugais jaqueira / jaca
sanscrit ashaya, atibrihatphala, panasa, phanasa (Wealth of India)
hindi kanthal, katham, panasa (Wealth of India)
urdu kathal (Wealth of India)
bengali kanthal (Wealth of India)
marathi phanas (Wealth of India)
gujerati phanas (Wealth of India)
telugu panasa, verupanasa (Wealth of India)
tamoul murasabalam, pala, pila, pila palam (Wealth of India)
kannada halasu, hebhalasu (Wealth of India)
malayalam chakku (fruit) ; pilavu (arbre) (Wealth of India)
oriya ichodopholo, kantokalo, ponoso (Wealth of India)
khasi dieng-soh-phan (Wealth of India)
Assam kathal (Wealth of India)
chinois 波罗蜜 - bo luo mi (Flora of China)
lao ມີ້, ຫມາກ - mi, maak ; miiz, miiz hnang (PROSEA)
thai khanum ; khanun (central), makmi (nord-est), banun (Chiang Mai) (PROSEA)
cambodgien knao ; khnaôr (PROSEA)
vietnamien cai mít
Birmanie peignai (PROSEA)
Philippines langka (PROSEA)
Indonésie nangka, nongko (javanais) (PROSEA)
Malaysia nangka (PROSEA)
Nouvelle-Guinée kapiak (PROSEA)
  • Voir l'étymologie de jaque

Hortus Malabaricus

Noms malayalams de Rheede, 1678-1703. Hortus Indicus Malabaricus.

  • tsjaka-maram, pilau, ponossou 3:17-20, t 26-28
  • transcription des caractères malayalam : pilavu, chakkamaram
  • malayalam aujourd’hui : chakka ("fruit aggrégé"), plavu, varika

Classification

Artocarpus heterophyllus Lam. (1789) "heterophylla"

synonymes :

  • Artocarpus integer auct. non (Thunb.) Merr.
  • Artocarpus integrifolius auct. non L. f.

Cultivars

Les Lao distinguent 3 cultivars de jaque : mak mi nang (jaque-peau) le meilleur, mak mi fay (jaque-coton) il est filandreux, mak mi nam pheung (jaque-miel) il est très sucré.

Histoire

Le jaquier serait originaire d'Inde.

Le premier Occidental à avoir observé le jaquier est Ibn Baṭṭūṭa lors de son voyage en Inde en 1333. Il affirme que « le shaki et le barki sont les meilleurs fruits de l’Inde […] On donne ce nom à des arbres qui durent fort longtemps ; leurs feuilles ressemblent à celles du noyer et leurs fruits sortent du tronc même de l’arbre. Ceux des fruits qui sont voisins de la terre forment le barki ; leur douceur est plus grande et leur goût plus agréable que ceux du shaki. Ce qui se trouve plus haut est la portion appelée shaki, dont le fruit est pareil à de grandes gourdes et l’écorce à une peau de bœuf. Lorsqu’il est devenu jaune, en automne, on le cueille, on le fend et l’on trouve dans chaque fruit de cent à deux cents grains ressemblant à des cornichons […] Lorsque ce noyau est rôti ou bouilli, son goût est analogue à celui de la fève ». En fait, les noms cités par Ibn Baṭṭūṭa représentent deux groupes de cultivars distingués dans le sud de l’Inde, le chakka ayant une pulpe molle et douceâtre, alors que le barka ou varaka a une pulpe ferme et goûteuse.

L’un des premiers Européens à avoir décrit le jaquier est le voyageur Jean de Marignolli, qui écrit en 1350 : « il y a un autre arbre merveilleux appelé chaku-baruke, aussi grand qu’un chêne. Son fruit est issu du tronc, et non des branches, et c’est quelque chose d’extraordinaire de le voir aussi grand qu’un gros agneau ou un enfant de trois ans. Il possède une écorce dure comme celle de nos pommes de pin ; ainsi il faut l’ouvrir avec une hache ; dedans il y a une chair qui surpasse en goût le plus doux des miels et les meilleurs melons d’Italie ; il contient également près de cinq cents châtaignes du même goût qui sont à manger grillées ».

Usages

Gastronomie

Le fruit mûr contient un grand nombre de grosses graines luisantes enveloppées dans une pulpe filamenteuse, d’un jaune brillant, sucrée, consommée couramment.

Plus rarement au Laos le fruit est consommé avant maturité ; lorsqu’il n’est qu’à la moitié de sa taille normale, on le met, finement coupé, dans une soupe d’os de porc dans laquelle on peut aussi ajouter les graines, au même niveau de maturité, après les avoir épluchées.

Dans le sud de l’Inde, c’est avec du curry que l’on fait cuire la jaque encore vert.

Au Cambodge, on mange les graines mûres confites bouillies ou grillées, ce qui ne semble pas se faire au Laos.

Du fait de sa taille (jusqu'à 100 cm de long) et de son poids (probablement jusqu'à 10 kg et plus), la jaque ne peut être vendue au détail qu'en tronçons, ou en segments de pulpe séparés.

Artisanat

Le cœur du bois de jaquier est jaune vif, c’était avant les teintures synthétiques l’un des principaux moyens d’obtenir cette couleur pour teindre les soies et les cotons lao. Des bibelots sont également fabriqués avec ce bois jaune.

Médecine

Toutes les parties de l’arbre renferment un suc laiteux qui aurait des propriétés antisyphilitiques et vermifuges ; les graines seraient toniques et pectorales ; les feuilles sont parfois utilisées comme fourrage car elles auraient la propriété de favoriser la sécrétion de lait chez les animaux à tel point qu’au Vietnam elles sont données aux femmes et aux truies !

Le bois serait sédatif et Petelot (1952) propose d’en frotter les parois rugueuses d’un récipient de pierre dans lequel on a mis un peu d’eau et d’administrer cette boisson à la personne agitée.

Symbole

Dans plusieurs régions du Laos on note que les femmes enceintes doivent se dispenser de manger de la jaque car l’enfant naîtrait avec une maladie de peau ; ce raisonnement analogique est sans doute appuyé par le fait que la moelle de l’arbre aurait des propriétés abortives. Il est de toute façon probable que cet arbre a une assez forte charge symbolique puisque ses feuilles peuvent remplacer celles du bétel sur les plateaux d’offrandes

Références

  • Arveiller Raymond, 1963. Contribution à l'étude des termes de voyage en français (1505-1722). Paris, d'Artrey. 571 p. notice jaque sur Pl@ntuse
  • Orta, Garcia d', 1563. Coloquios dos simples, e drogas he cousas mediçinais da India. Goa, Ioannes de Endem. 250 p. Edité et annoté par Conde de Ficalho en 1891-92. Colloque 28 sur Pl@ntUse
  • Petelot, Alfred, 1952-1954. Les plantes médicinales du Cambodge, du Laos et du Vietnam. 4 tomes. Saïgon, Etat du Vietnam.

Liens