B (Sérapion)

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A
Noms arabes de Sérapion, XIIe siècle
C


Bachla Iamenia

49. Bachla Iamenia, épinard sauvage, baqla al-yamânya بَقلَة اليَمانية. — Chenopodium capitatum L. ou C. Bonus Henricus L. — Voir le n° 145.

Bakle Hancha

50. Bakle Hancha, pourpier, baqla al-hamqâ بقلَة الحَمْقاء. — Portulaca oleracea L. ; porte encore le nom de بَقلَة مبَاركة baqla moubâraka « légume béni » ; vulgairement on l'appelle baqla et au Liban فرفحين farfahîn ; on en distingue deux variétés, une à feuilles larges بقلة جوية baqla joûiya, et l'autre à feuilles étroites بقلة بَرّية baqla barrya.

Baladar

51. Baladar, anacarde, balâdir بَلاَدِر. — Fruit du Semecarpus Anacardium L. f., qu'il ne faut pas confondre avec l’Anacardium occidentale L. ou acajou, arbre de l'Amérique du Sud. Ce fruit qu'on retrouve encore à l'état sec dans les bazars arabes a la forme grossière d'un cœur de 2 à 3 centimètres de long. On l'écrit aussi بَلاذر.

Balach

52. Balach, datte, balah بَلَح. — Datte verte. — Voir le n" 420.

Basar Alzir

53, Basar Alzir, bulbe inconnu, baçal az-zyr بَصَل الزّير. — Bulbe comestible inconnu, qui porte encore le nom de بَصَل الدّيب baçal ad-dyb « oignon de loup ».

Basialrahagi

54. Basialrahagi, verge à pasteur, ʿaça ar-raʿy عَصَ الرَّعي. — Littéralement « canne du berger ». On trouve comme synonymie de cette plante : بَطباط batbât (Daoud al-Antaky), بَرشيان دارو barchyân dârou. Il s'agit du ϖολύγονον de Dioscoride. On a fait de l'espèce mâle une polygonacée, Polygonum aviculare L. ou renouée ; c'est l'interprétation de Matthiole ; mais Leclerc s'élève contre elle et opine pour une dipsacée, Cephalaria pilosa Schrad., notre Verge à pasteur ; Clément-Mullet y voit plutôt le Dipsacus fullonum Miller, « chardon à foulon ». La description de l'espèce femelle correspond assez bien à un Equisetum, et c'est ce que Fraas a admis ; il y aurait comme objection que cette plante est étudiée à part chez Dioscoride et Sérapion. — Voir n° 151.

Basil

55. Basil, oignon, baçal بَصَل. — Allium Cepa L., qui rentre avec les concombres pour une si grande part dans l'alimentation des Orientaux. On connaît les lamentations des Israélites : « in mentem nobis veniunt cucumeres et pepones porrique et caepe et allia » (Nombres, XI, 5).

Bassad

56. Bassad, corail, basad بَسَد. — Corallium rubrum.

Bat

57. Bat, canard, batt بَطّ. — Anas boschas, d'où sont sorties toutes les variétés domestiques.

Bathecha

58. Bathecha, melon, battykh بَطّيخ. — Je réunirai ici la synonymie de toutes les cucurbitacées. Chez Sérapion, on trouve : بطّيخ battykh « le melon », قِثَّا qiṣṣâ « le concombre », كوسى et قرع koûsa et qaraʿ « la courge », دلَّاع doullâʿ « la pastèque ». De nos jours le melon, Cucumis Melo L., porte le nom de بطّيخ أَصْفَر battykh açfar ; parmi les concombres, Cucumis sativus L., on a deux variétés : خيَار khyâr, petit concombre court, et مُقْتِى mouqty, espèce longue, verte, un peu amère et plus tardive que la première ; dans le groupe des courges, Cucurbita Pepo L., nous avons la petite courge, كُوسى koûsa, qu'on mange avant maturité, et une courge allongée, comestible après complet développement قرع qaraʿ ; le potiron, Cucurbita maxima Duch., s'appelle يَقْطين yaqtyn ; enfin la pastèque ou melon d'eau, Citrullus vulgaris Schrad., est بَطّيخ battykh ou battykh hindy. On trouve encore dans les lexiques les noms de دبَّا doubbâ « courge » , قَثد qaṣad « concombre » , خِربِر khirbir et خَضَف khadaf « melon », sur lesquels je n'ai pu avoir aucun renseignement.

Pour finir ce qui a trait aux cucurbitacées, il faut citer le lif ليف. Ce nom, exactement, s'applique à la fibre de palmier employée pour laver la vaisselle ; mais on a donné ce nom aussi au fruit du Louffa ægyptiaca Mill., qui, après dessiccation, est formé de fibres enchevêtrées, faisant une vraie éponge ; on enlève l'écorce extérieure, les graines tombent et le lif est prêt pour l'usage.

Baton

59. Baton, térébinthe, boutm et boutoum بُطم. — Pistacia Terebinthus L. ; le fruit, qu'il ne faut pas confondre avec la pistache, Pistacia vera L., était connu sous le nom de graine verte, granum viride, حَبة الخَضرة, habba al-khadra. Ces graines, de la grosseur et la forme d'un pois, sont encore employées dans l'alimentation en Mésopotamie.

Baul

60. Baul, urine, baoul بَول.

Baurach

61. Baurach, divers, baouraq بَورَق. — Sous ce nom, les anciens comprenaient divers produits, parmi lesquels le natron d'Egypte (carbonate de soude cristallisé naturel) et le même sel effleuri, le nitrate de potasse de l'Inde et le borate de soude ; ce dernier est cité à part sous le nom de تَنْكَار tankâr ou tinkâr.

Bazarchotona

62. Bazarchotona, Psyllium, Bizr qoutoûnâ بِزْر قُطُونا. — Graine du Plantago Psyllium L., herbe aux puces, nom qui lui vient de la forme et de la couleur de ses graines ; celles-ci très mucilagineuses, peuvent remplacer les graines de lin, mais ne sont employées que pour gommer les mousselines.

Bazarichichen

63. Bazarichichen, lin, Bizr al-kittân بِزْر الكِتان. — Graines du Linum usitatissimum L.

Bederangie

64. Bederangie, mélisse, bâdarinjouya بادرنْجوية. — Melissa officinalis L. ; s'appelle encore تُرُنْجان tourounjân.

Bedeguard

65. Bedeguard, Spina alba, bâdâouard بادَاوَرد. — Ἄκανθα λευκή ; détermination douteuse : Onopordon Acanthum L. , Cnicus Acarna L. , ou Echinops lanuginosus Lam.

Bedid

66. Bedid, foie, kabid كَبِد. — Le foie cru, très en honneur autrefois et toujours en faveur chez les Arabes, rentre en thérapeutique, de nos jours, sous le nom d'opothérapie hépatique. J'ai cité à l'article halzoun (n° 140) la maladie que cause l'ingestion de foie cru de chèvres infestées par les douves. La croyance que, pour prévenir la rage, il faut que le patient mange le foie cru du chien qui l'a mordu existe encore.

Beiahalalem

67. Beiahalalem, joubarbe, haï al-ʿâlam حَي لعَالَم. — Traduction du nom grec Ἀείζωον et du latin Sempervivum ; les plantes dont il s'agit sont toujours vertes et charnues ; la grande espèce serait le Sempervivum tectorum L., ou le S. arboreum L., la petite espèce à fleurs jaunes, le Sedum amplexicaule DC. ou le S. acre L. Sérapion cite enfin , d'après Dioscoride, une troisième joubarbe qu'il nomme Andrachne sauvage (n° 34) et qui serait l’Illecebra herba des Romains (n° 29) et le τήλεφιον à feuille de pourpier des Grecs ; pour Leclerc, ce serait un Cotylédon, pour d'autres un Sedum.

Bel

68. Bel, fruit de Bela, boull بُلّ. — Ægle Marmelos Corr., de la famille des Aurantiacées, grand arbre de l'Inde. Les fruits, de la grosseur d'une orange sont remplis d'une pulpe sucrée comestible, jouissant de propriétés légèrement laxatives.

Belesen

69. Belesen, baume, balasân بَالسَان. — Le baume par excellence, βάλσαμον, Balsamum, connu plus tard sous les noms de b. de Judée, b. de Giléad, b. de la Mecque, était fourni par un arbuste de la famille des Térébinthacées, Balsamodendron Gileadense Kunth et une variété B. opobalsamum Kunth. Cet arbuste fournissait son baume, son bois, xylobalsamum, et son fruit, carpobalsamum. Il a à peu près disparu de l'Orient. Il était représenté au XVIe siècle par quelques pieds précieusement gardés dans le jardin de Matarée (ʿAïn-Cbams), près du Caire, où Belon les vit en 1550 (l. II, chap. XXIX, p. 1l0) ; mais déjà les commerçants disaient recevoir de la Mecque les divers produits ci-dessus. Prosper Alpin, qui était au Caire quelques années plus tard, dit que tous les baumiers périrent en 1575 dans une inondation [De plant. Æg., fol. 20). Le même savant botaniste a consacré un ouvrage au baume, et déclare que les pieds de baumier étaient apportés de l'Arabie. Forskal signale le banmier dans sa flore de l'Yémen. Le baume a disparu aussi bien du commerce que de la thérapeutique. A Beyrouth, on donne son nom au sureau, Sambucus nigra L.

Belesma

70. Belesma, idem.

Bellileg

71. Bellileg, myrobalans, bilylij بِلِيلج. — Fruits fournis par des arbres très différents : les Myrobalans emblics, ٱَملج amlaj, par une euphorbiacée, Phyllanthus Embelica L., les M. bellerics par une combrétacée, Terminalia Bellerica Roxc. (ce sont ceux en question) ; quant aux ihlylaj إِهليلج qui se divisaient en chébules [kâbouly), citrins, noirs, indiens, ils étaient fournis par le Terminalia Chebula Retz. Les diffiérences de taille et de couleur provenaient de l'état plus ou moins avancé du développement du fruit. Dans les bazars de Syrie on vend de petits myrobalans noirs sous le nom de هِندي شعير hindy chaʿïra ; on les emploie comme laxatifs.

Bengi

72. Bengi, jusquiame, banj بَنْج. — Hyoscyamus niger L. ; on donne parfois encore le nom de banj au chanvre indien, le hachich.

Berendarog

73. Berendarog, basilic, bâdaroûj بَادرُوج. — Ocimum Basilicum L.; il porte encore les noms de حَوق haouk, ريحان ryhân, ريحان المَلِك ryhân al-malik, ريحان المَلِك habaq nabaty, حماحِم hamâhim. Parmi les autres basilics, on peut citer le petit B. Ocimum minimum L., شاهسِفرِم châhsifrim , حبق كرماني habaq karmâny, حَبق صَعتَري habaq çaʿtary et l’Ocimum filamentosum Pousk., qui est le حماحِم ryhân soulaïmân.

Berengemich

74. Berengemich, basilic giroflée, baranjamachikبَرَنْجَمَشِك. — S'écrit parfois avec un f, faranjamachik. C'est l'ἄκινος de Dioscoride dont Sprengel fait l’Ocimum pilosum W. Porte encore le nom de (^ks^ (J^j-i habaq qaranfouly.

Berscegnascen

75. Berscegnascen, capillaire, barsyâouchân برسياوشان. — Adianthum Capillus Veneris L. ; son nom vulgaire est كزبرة البير kouzbara al-byr « coriandre de puits ». Porte encore les noms de شعر الجَبَار chaʿr al-jabâr « cheveu de l'hercule » ; شعر الارض chaʿr al-ard « cheveu de la terre » ; لحية الحمار lhya al-hamâr « barbe de l'âne ».

Bersendarii

76. Bersendarii, verge à pasteur, barchyân dârou برشيان دارو. — Voir le n° 54.

Bezard

77. Bezard, galbanum, bârizad بارِزَد. — Ferula galbaniflua Boiss. — Voir le n° 120.

Bhule

78. Bhule, rein, koula كُلَى. - Les rognons d'animaux font partie de l'opothérapie rénale ; si leur action est douteuse, il n'en est pas de même de celle des capsules surrénales d'où l'on a retiré un vaso-constricteur puissant, un hémostatique de premier ordre, l'adrénaline, agissant à dose infinitésimale.

Bihar

79. Bihar, buphthalme, bihâr ^l^. — Le buphthalme des anciens, qu'il ne faut pas confondre avec celui des modernes (Buphthalmum salicifolium L.), est fourni aussi par une composée ; on en a fait la camomille des teinturiers, Anthemis tinctoria L.; l’Anacylus radiatus Loisel. Il portait encore le nom de خُبْز الغَرب khoubz al-gharab « pain de corbeau », qui est, à l'heure actuelle en Syrie, le nom vulgaire du champignon en général.

Biruach

80. Biruach, asphodèle, baraoûq برَواق. — Asphodelus ramosus L. ; porte encore les noms de خَنْثَى khanṣa, برواق barouaq, ابُجَة abouja, سيراس syrâs.

Birsaudamun

81. Birsaudamun, verge à pasteur, barchyân dârou برشيان دارو. — Voir le n° 54.

Bisberg

82. Bisberg, polypode, basfâïj بَسْفَايج. — Polypodium vulgare L., encore employé comme purgatif par les Bédouins.

Bisbese

83. Bisbese, macis, basbâsa بَسْبَاسَة. — Arille de la noix muscade, Myristica fragrans L., jaouz bouâ جوز بوَا. Le Macis a été confondu avec le macer, le talisfar des Arabes. — Voir le n° 489.

Boton

84. Boton, térébinthe, boutm بُطْم. — Voir le n° 59.

Buchormarien

85. Buchormarien, cyclamen, bakhkhoûr maryam بَخُّور مريم. — Cyclamen europæum L., très commun au Liban et connu encore sous le même nom, qui signifie « encens de Marie » et qui lui est donné à cause de son odeur très douce et suave.

Bulef

86. Bulef, saule, khilâf خِلَاف. — Salix ægyptiaca L. La racine du mot khilâf est خَلَفَ khalafa, dont la troisième forme خَلَافَ khalâfa signifie « être d'un avis différent » ; on sait, en effet, qu'une branche de saule peut être plantée de n'importe quel côté et prendre racine. Le saule d'Egypte porte encore le nom de غرب gharab. Quant au nom صَفْصَاف çafçâf, il s'applique plutôt au S. babylonica L. On emploie parfois improprement le nom de بَان bân, qui est le Moringa aptera Gaertn.

Buleich

87. Buleich, ronce, ʿoullaïq عُلَّيق. — Rubus fruticosus L.

Burdi

88. Burdi, papyrus, bardy بَردي. — Il s'agit ici et du papier et du papyrus, Cyperus Papyrus L. Cette plante se retrouve encore fréquemment en Syrie et en Palestine.

Busach

89. Busach, salive, bouçâq بُصَاق. — La salive jouissait autrefois de la réputation de combattre les venins et d'être elle-même vénéneuse. On a essayé à plusieurs reprises d'introduire en thérapeutique ce liquide, qui, pour aussi actif qu'il puisse être, n'en est pas moins dégoûtant.

Buzeiden

90. Buzeiden, orchis, boûzaïdân بُوزَيدَان. — Orchis Morio L. , une des variétés d'Orchis qui fournissent le salep. — Voir les nos 115, 196, 495.