A (Sérapion)

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Introduction
Noms arabes de Sérapion, XIIe siècle
B


NOMS CLASSÉS ALPHABÉTIQUEMENT.


Abanus

1. Abanus, ébène, abnoûs أَبنُوس. — Bois recherché à cause de sa dureté et de sa couleur noire ; il est fourni par le Diospyros melanoxylon Roxb. qui pousse dans l'Inde, et le D. reticulata Willd. qui pousse à Maurice et à Madagascar.

Abel

2. Abel, Sabine, abhal أَبُجة. — Juniperus Sabina L., βράθυ de Dioscoride. Autrefois on distinguait la Sabine femelle à feuilles de tamaris de la Sabine mâle à feuilles de cyprès ; c'est en réalité le même arbre. La Sabine à fruits rouges est le J. phœnicea L., encore employé, concurremment avec le J. thurifera L., var. gallica, pour frauder la Sabine vraie (Bull. sc. pharmac., févr. 1902 : P. Guigues, « Une forêt de Sabine », Perrot et Mongin, « A propos de la Sabine »).

Abg

3. Abg, asphodèle, abouja أَبُجة. — Voir le n° 80.

Abrung

4. Abrung, inconnu, biranj بِرَنْج. — Appelé encore birank, bourinj. Nom dune graine inconnue qui venait de Chine ; on en a fait la jusquiame blanche, l'erysimum, la noix de coco, le riz, etc. Dans l'ouvrage de M. Sylvaticus, on trouve les variantes : « Berengi id est serapinum ; beringi id est iusquiamus albus ; boringi vel borangi est quodam semen quod venit de sceni et est amarum, et latino vocatum tortella ; berongi, erucha geratina vel tortella. »

Açarcon

5. Açarcon, minium, zarqoûn زَرقون. — Voir le n° 42.

Achachie

6. Achachie, acacia, aqâqyâ أَقاقيا. — Extrait de fruits cueillis avant maturité du Mimosa nilotica L., (Acacia vera Willd.), arbre qui produit la gomme arabique. Cet arbre portait le nom de سَنت sant, le fruit celui de قرظ qarâz. L'acacia, rare dans le commerce, était remplacé par un extrait de fruits et de branches du Prunus spinosa L. (Abulcasis, Liber servitoris). Cette préparation nommée Acacia nostras était remplacée à son tour par un extrait de tamarin et de sumac (Guidon des apoth., p. 478), Sébastien Colin, dans sa virulente attaque contre les apothicaires (p. 61), s'élève contre cette substitution de l'Acacia nostras au vrai.

Achuen

7. Achuen, matricaire, ouqhouân أُقْحوان. — Matricaria Chamomilla L., employée à la place de la camomille vraie, Anthemis nobilis L. Voir le n° 144.

Acsin

8. Acsin, convolvulus, aqsayân أَقْسَيَان. — Ce nom s'applique d'une façon générale aux Convolvulus et aux plantes grimpantes. Le nom vulgaire des liserons ou volubilis , Ipomæa purpurea Lam., est لَفلافَة laflâfa et mdaïda مديدة.

Adcher

9. Adcher, schoenanthe, idkhir إِدخِر. — Andropogon Schoenanthus L. de la famille des Graminées. On employait les fleurs et les tiges munies de feuilles qui arrivaient dans le commerce préalablement séparées. De nos jours, l’Andropogon Schoenanthus, Lemon grass des Anglais, sert à préparer dans l'Inde une huile essentielle appelée essence de Palmarosa ou de géranium des Indes ou de Turquie ; il ne faut pas confondre cette essence avec l'essence de géranium vrai ou pelargonium, préparée surtout en Algérie.

Adhal

10. Adhal, lotus, dâl ضال. — Voir le n° 427.

Adhaya

11. Adhaya, saurien, dabbâba دَبَّابة. — Saurien indéterminé ; c'est le crocodile terrestre de Galien. Une autre origine possible du mot adhaya serait l'altération de ضَبّ dabb, au pluriel ضِباب dibâb.

Adlen

12. Adlen, pastel, ʿizlim عِظْلِم. — Voir le n° 157.

Aes

13. Aes, myrte, âs آس. — Myrtus communis L. Il en existe deux variétés : une à fruits blancs cultivée dans les jardins et connue sous le nom de M. de Damas آس شامي âs châmy, et une variété à fruits noirs très commune au Liban. Les fruits de l'une et l'autre variété sont comestibles et appelés vulgairement حَنْبَلَاس hanbalâs, corruption, sans doute, de حَبّ الآس habb al-âs.

Affidegi

14. Affidegi, céruse, isjîdâj إِسْفِيداج. — Carbonate de plomb. La céruse broyée à l'huile porte communément le nom de بويَة bouyâ qui s'applique aussi au cirage.

Afri

15. Afri, lotus, ʿoufry عُفرِي ou ʿoubry عُبري. — Voir le n° 427.

Agileuz

16. Agileuz, noisette, jillaouz جِلَّوز. — Fruit du Corylus Avellana L. ; porte plutôt le nom de بُندُق boundouq.

Aitmad

17. Aitmad, antimoine, iṣmid إِثمِد. — Plutôt sulfure d'antimoine, stibine. Employé dès la plus haute antiquité comme collyre sec et comme fnid : « Jezabel despinxit oculos suos stibio » (IV Rois, IX, 30). Les Arabes l'emploient dans le même but sous le nom de kouhl. J'ai montré (Bull. sc. pharmac., janv. 1902) qu'en Syrie et en Egypte le sulfure de plomb naturel ou galène remplaçait, à l'heure actuelle, la stibine ; mais comme ce produit ne donne pas une poudre aussi noire que la stibine, on lui ajoute du noir de fumée ; voici comment se prépare le kouhl à Beyrouth : on pulvérise finement la galène, puis on ajoute à la poudre le noir un peu gras obtenu en écrasant la flamme d'une lampe à huile avec une assiette. — Les collyres secs sont très employés en Orient ; autrefois on distinguait le kouhl كُحل, le baroûd برود, le daroûr ذرُور et le chyâf شياف ; les trois premiers étaient en poudre, le quatrième en trochisque. Le kouhl s'appliquait avec un pinceau passé entre les paupières, ou avec le doigt sur la paupière retournée ; le baroûd, destiné à combattre l'inflammation de l'œil, et le daroûr étaient insufllés ; enfin le chyâf, comprenant à la fois des éléments solubles et insolubles dans l'eau, était frotté sur un fragment de poterie humecté d'eau, et on recueillait le liquide trouble formé ; ce procédé est encore employé pour la toutya rouge. — Voir le n" 511.

Aket

18. Aket, luzerne, qatt قَتّ. — Medicago sativa L, ; elle porte encore plusieurs noms : فِصْفِصَة fiçfiça, إِسْبِسْت isbist, برسيم birsîm ; ce dernier nom est celui du Trifolium alexandrinum L., en réalité. La luzerne fraîche et verte s'appelle رَطبة ratba, sèche قَتّ qatt. Clément-Mullet (L. de l'Agric., t. II, p. 126) dit, par erreur, que le qatt est la luzerne fraîche.

Alberas

19. Alberas, staphysaigre, habb ar-râs حَبّ الرَّاس. — Delphinium Staphisagria L. ; porte le nom de ميويزَاج myouyzâj, ميوفَرَاج myoufarâj, زَبيب الجَبَل zabyb al-jabal « raisin de montagne ». Le nom que lui donne Sérapion signifie « graine de la tête », à cause de son emploi contre les poux.

Alchef

20. Alchef, cresson. — Ce mot peut être une altération soit de al-hourf, soit de al-ṣouffâ (pour aṣ-ṣouffâ).

Alchilelmelich

21. Alchilelmelich, mélilot, iklyl al-malik اكليل المَلِك. — Melilotus officinalis Lam. ; ce nom signilie « couronne de roi »; Sprengel (Hist. rei herb., t. II, p. 267) en a fait le Trifolium indicum.

Alfassasa

22. Alfassasa, luzerne, fiçfiça فِصْفِصَة. — Voir le n° 18.

Alguasgar

23. Alguasgar, lézard, ouazagh وَزغ. — Lézard indéterminé, peut-être le Gecko de la famille des Ascalabotes. Celui-ci porte le nom de حَردَون hardaoun, ابو بُرَيص abou bouraïç « le père de la petite lèpre » , سَام ابرص sâm abraç « venimeux roux ».

Alhadra

24. Alhadra, terme de politesse, hadra حَضْرَة. — Terme de politesse servant à désigner la personne à qui l'on s'adresse ou de qui l'on parle. On pourrait, dans le cas présent, traduire par « le patient », puisqu'il s'agit d'un produit élaboré par le malade lui-même.

Alkitran

25. Alkitran, goudron, qitrân قِطْرَان. — Voir le n° 321.

Alnegem

26. Alnegem, dictame, nyjl نِيجل. — Origanum Dictamnus L. ; voir le n° 367. Dans l'ouvrage d'Ibn al-Baïtâr, ce nom s'applique au chiendent.

Alniegem

27. Alniegem, idem.

Alpinalfach

28. Alpinalfach, romarin, iklyl an-nafasâ اكليل النَّفَسَا. — Rosmarinus officinalis L. — Voir le n° 528.

Alscebram

29. Alscebram, joubarbe. — Altération du mot latin illecebra. — Voir le n° 67.

Althit

30. Althit, asa foetida, hiltît حِلتيت. — Ferula asa-foetida Hope. La plante porte le nom de أَنْجُدَان anjoudân, la gomme-résine celui de حِلتيت hiltît, et la racine celui de مَحْرُوث mahroûṣ. De nos jours, la gomme-résine est appelée vulgairement abou kabyr en Egypte, et en Syrie حِلتيت ومَلتيتσ hiltît oumaltît. La plante serait le σίλφιον de Dioscoride.

Amirberis

31. Amirberis, épine-vinette, amyrbârys - اميرباريس. On dit aussi انبرباريس anbarbârys ; c'est le Berberis vulgaris L., mais la plante dont parle Dioscoride est l'aubépine, Crataegus Oxyacantha L.

Anas

32. Anas, prune, ijjâç إِجَّاص. — Prunus domestica L. ; à Beyrouth, on donne à tort ce nom à la poire (n° 274), tandis que ia prune porte le nom de خَوخ khaoukh qui, en réalité est celui de la pêche. On donne le nom de عُيون البَقَر ʿouyoun al-baqar à une variété de prune noire et en même temps à une variété de gros raisins noirs. Le بُرقوق bourqoûq (vulgairement on dit braqouq) est une petite prune rose, ronde, très juteuse ; une autre petite prune acide est le جِرَنَك jiranak.

Anazue

33. Anazue, ammi, nânkhaouah نانْخَواه. — Voir le n° 390.

Andrachabara

34. Andrachabara, joubarbe. — Altération d'un mot grec et d'un mot arabe : Ἀνδράχνη بَرّي andrachné barry « pourpier sauvage » (n° 67).

Aneisum

35. Aneisum, anis, anîsoûn أَنيسُون. — Pimpinella Anisum L.; l'anis est très employé comme condiment ; il sert aussi à préparer une eau-de-vie aromatique nommée ʿaraq, absorbée en quantités énormes et source de l'alcoolisme en Syrie.

Anfea

36. Anfea, présure, infaha إِفْعَحَة. — La présure était le lait contenu dans l'estomac des jeunes animaux encore allaités par leur mère ; celle de lièvre était particulièrement recherchée. De nos jours, on appelle « présure » une macération de la caillette de jeune ruminant dans l'eau distillée. Scientifiquement, la présure ou lab-ferment est une diastase coagulant le lait. Vulgairement la caillette s'appelle مَسوَة masoua et مَجْبَنَة majbanat (de جُبن joubn « fromage »].

Aniuden

37. Aniuden, feuille d'Asa, anjoudân أَنجُدان. — Voir le n° 30.

Ansarot

38. Ansarot, sarcocolle, anzaroût أَنزَرُوت. — Substance gommeuse sécrétée par le Penaea Sarcocolla L. et le P. mucronata L. ; elle se présente en grains demi-transparents, friables, de couleur jaune ou rouge, de saveur amère. A l'intérieur, c'est un purgatif dangereux ; à l'extérieur, c'est un caustique employé autrefois pour ronger les végétations et amener la cicatrisation des chairs : de là son nom σάρξ-κόλλα.

La sarcocolle provient en fait de Astragalus sarcocolla. NdE (MC)

Arneberri

39. Arneberri, lièvre, arnab barry أَرنَب برّي. — Lepus timidus ; sa présure était un antidote contre les poisons.

Arz

40. Arz, riz, arouzz أَرُزّ. — Oryza sativa L. ; vulgairement on dit rouzz.

Asfengi Albahiri

41. Asfengi Albahiri, éponge, isfinj al-bahry إِسْفِنْج البَحرِي. — Spongia usitatissima et autres.

Asrengi

42. Asrengi, minium, asranj ٱَسرَنج. — Oxyde de plomb de couleur rouge obtenu par calcination de la céruse ou de la litharge ; une variété de couleur plus claire porte le nom de « mine orange ». Le minium de Dioscoride était le cinabre ou sulfure de mercure naturel. Le nom vulgaire du minium est زرقون zarqoûn ou zaraqoûn.

Athel

43. Athel, tamarix, aṣl ٱَثل. — Tamarix orientalis Forsk. ; Daoud al Antaky dit que l’aṣl est une variété à grande taille du tarfa (n° 493). En Egypte on trouve les T. arborea, nilotica, articulata.

Athfar Atheb

44. Athfar Atheb, ongles odorants, azfâr at-tyb أَظفار الطِّيب. — Appelés encore « blattes de Byzance »; ce sont les opercules cornés d'une coquille, Strombus lentiginosus. Leur nom vient de leur forme et de l'odeur qu'ils dégagent en brûlant.

Athin

45. Athin, phaseolus mungo, aqtin أَقطِن. — Phaseolus Mungo L. ; ce légume, peu fameux, porte le nom vulgaire de mâch مَاش. Le mâch est de la grosseur d'une graine de chénevis, comprimé à ses deux extrémités, d'un jaune verdâtre tirant sur le gris ; il entre dans l'alimentation des classes pauvres et constitue un légume médiocre ; un proverbe arabe dit : ماش احَسن مِن لاش mâch ahsan min lâch « il vaut mieux du mâch que rien ». Le mâch est connu dès la plus haute antiquité. De nos jours, on l'emploie dans l'Inde contre le béri-béri, sous le nom de katjang-idjo.

Atroj

46. Atroj, citron, outrouj أُترُج. — On traduit ordinairement outrouj par « citron », Citrus Limonum Risso (Citrus medica var. β. L.) ; ce serait plutôt par cédrat, C. medica Risso, qu'il faudrait le faire. De nos jours, les fruits des diverses aurantiacées portent les noms vulgaires suivants : « citron » , ليمون laïmoûn, حامِض hamid ; « citron doux ou limon », Citrus Limetta Risso, ليمون حَلوا laïmoûn halou ; « orange amère », C. vulgaris Risso (C. aurantium var. amara L.), ليمون سفار et ابو سفار laïmoûn soufâr et abou soufâr ; « orange douce » C. aurantium Risso, (C. aurant. var. dulcis L.), بُرتُقان bourtouqân (Portugal ?) et بردُقان bourdouqân ; la variété dite mandarine est le « citron de Monsieur Joseph » ليمون يوسف أَفندي ~ laïmoûn yousef effendi ; le cédrat est كُبّاد koubbâd.

Axeras

47. Axeras, asphodèle, syrâs سِيراس. — On trouve dans Ihn al-Baïtâr la variante إِشراس ichrâs, avec la mention que la racine est employée par les cordonniers pour faire de la colle. La racine en question (sérâs) arrive d'Alep ; sa poudre donne immédiatement avec l'eau un mucilage épais ; elle est fournie non par une asphodèle, mais par des plantes voisines, Eremurus spectabilis M. Brst, ou Asphodeline lutea Boiss. , A. taurica M. Brst. — Voir le n° 80.

Axneeh

48. Axneeh, mousse, ouchna أُشْنَة. — Nom générique des Mousses ; dans le cas présent, peut-être Parmelia perlata Esch. ; le nom arabe a donné naissance au mot usnée.