Allium victorialis

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Allium victorialis L.

alt=Description de l'image ALLIUM VICTORIALIS - GENTO - IB-888 (All victorial).JPG.
plante en fleurs
Ordre Asparagales
Famille Amaryllidaceae
Genre Allium

2n =

Origine : Eurasie

sauvage et cultivé

Français ail de la Sainte-Victoire
Anglais Alpine leek


Résumé des usages
  • feuilles et hampes florales consommées
  • médicinal
  • magique


Description

  • plante herbacée vivace de 30-60 cm, glabre
  • bulbe allongé revêtu d'une tunique fibreuse en réseau
  • tige épaisse, feuillée au-dessous du milieu
  • feuilles larges de 3-5 cm, elliptiques-lancéolées, courtement pétiolées, planes
  • spathe univalve, ovale, plus courte que l'ombelle
  • fleurs blanc verdâtre devenant jaunâtre, en ombelle globuleuse serrée multiflore non bulbillifère
  • pédicelles égaux, plus longs que la fleur
  • périanthe en cloche, à divisions oblongues dressées
  • étamines saillantes, toutes à filets simples
  • anthères jaunes
  • capsule nue, globuleuse à trois angles

Noms populaires

français ail de la Sainte-Victoire, ail de cerf
anglais Alpine leek, victory onion
allemand Siegwurz, Allermannsharnisch
russe черемша - čeremša
japonais 行者ニンニク - gyoujya-ninniku, ヒトビロ - hitobiro, - アイヌねぎ ainu-negi

Classification

Allium victorialis L. (1753)

Linné a écrit Victorialis, avec une majuscule, ce qui indique qu'il considérait le mot comme un substantif. C'est pourquoi l'épithète ne s'accorde pas au neutre avec Allium.

Cultivars

Histoire

La plante est parfois cultivée dans les régions montagneuses du Caucase.

De Victoriali longa vulgo nuncupata. Nascitur copiose in scopulis Durrestein, duobus supra Gamingam miliaribus, & montanis pastoribus Lanlauch dicitur, quibus magno in usu est adversus corrupti aëris & nebularum exhalationes. Invenitur & in montibus qui Bohemiam à Silesia disterminant, ubi Siegwurtz à Germanis appellatur, quoniam qui effodiendis metallis operam dant, magnas certasque illius facultates se experiri prædicant, ad muniendum sese adversus impurorum spirituum insultus, à quibus frequentissimè impetuntur : unde etiam Victorialis nomen ab effectu inditum contendunt. Matthiolus Allium anguinum vocavit.

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Il croît abondamment dans les rochers de Durrestein, à deux pierres milliaires au-dessus de Gamingam, et est appelé Lanlauch par les bergers montagnards, chez qui il est en grand usage contre l'air corrompu et les exhalaisons des nuages. Il se trouve aussi dans les montagnes qui séparent la Bohème de la Silésie, où il est appelé Siegwurtz par les Allemands, parce que ceux qui travaillent à extraire les métaux affirment avoir expérimenté ses grandes et certaines facultés pour se protéger contre les assauts des esprits impurs qui les attaquent très fréquemment : et c'est la raison pour laquelle ils affirment qu'on lui a donné le nom de Victorialis.

NB. : Victorialis rotunda est un Gladiolus.

Clusius, Carolus, 1583. Rariorum aliquot stirpium, 224-226
Die siegwurtz wird also genent / dieweil die Bergknappen sich derselbigen gebrauchen / die Gespenst und böse Geister darmit zu vertreiben / von welchen sie sehr angesochten werden.

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Le siegwurtz est ainsi appelé / parce que les mineurs des montagnes l'utilisent / pour faire fuir les fantômes et les esprits malins / qui les assaillent beaucoup.

Tabernaemontanus, 1588. New Kreuterbuch. Frankfurt/Main, 875
Zu Zeiten des Dreißigjährigen Krieges wurde der Allermannsharnisch (wörtlich: ein Harnisch für jedermann) als Schutzmittel gegen Verwundungen emfohlen, wie Grimmelshausen in seinem Werk Der Abentheuerliche Simplicissimus Teutsch berichtet, als der Protagonist als vermeintlicher Schweizer Arzt durch die Lande zieht:

Sorgt aber nit ! ´s braucht´r nix als diese Wurzel oder Kraut, den Allermannsharnisch. [...] geht auch kein Dega oder Kugel durch Euern Leib, wenn Ihr hinter einer alten Wand oder Mauer steht. Hab´s selbst probiert und dies einzige Stück ist das doppelt Geld wert.

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Pendant la guerre de Trente Ans, le Allermannsharnisch (litt. armure pour tout le monde) a été utilisé comme protection contre les blessures, comme l'écrit Grimmelshausen dans Der Abentheuerliche Simplicissimus Teutsch (L'Allemand simplissime aventureux), quand le protagoniste parcourt le pays en tant que présumé médecin suisse :

Ne t'en fais pas ! il ne faut rien d'autre que cette racine ou plante, le Allermannsharnisch. Aucune épée ou aucune balle ne traversera ton corps, s'il est derrière un vieux mur. je l'ai essayé moi-même et un seul morceau vaut deux fois son argent.

Grimmelshausen, 1668. Der Abentheuerliche Simplicissimus Teutsch
The roots was considered by the Bohemian miners, when worn as an amulet, to be a safeguard against the attacks of certain impure spirits, to which they deemed themselves exposed.
Curtis's Botanical Magazine, 1809. 30: 1222.
... remarque-t-il l’Allium Victorialis, oh ! alors sa physionomie prendra une mine mystérieuse. Vous connaissez cette plante ? — « Das sind Ninihämeler » — Vous en faites usage ? Et le fermier se taira, de crainte de se compromettre auprès des divinités infernales, ou de passer pour un homme superstitieux. En effet, la Victoriale ne porte pas son nom en vain ; par elle on reste vainqueur de tous les maléfices de l'esprit de mensonge et de perfidie. La Victoriale placée sous le seuil de la porte de l'étable empêche le malin esprit d'y entrer.
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Kirschleger, Frédéric, 1858, Flore d’Alsace et des contrées limitrophes, vol. 3, p. 283.

Usages

Le bulbe a été utilisé comme amulette apotropaïque. Il était censé protéger les soldats des blessures, ou les mineurs des esprits malins, du fait de sa tunique fibreuse.

Références

  • Kapp, E., Les plantes dans la superstition, les pratiques religieuses, la médecine populaire. Saisons d'Alsace, n°61-62, pp. 167-168.
  • Leser, Gérard & Stoehr, Bernard, 1997. Plantes, croyances et traditions en Alsace. Strasbourg, Editions du Rhin. 253 p.
  • Marzell, Heinrich, 1927. Allermannsharnisch. In: Handwörterbuch des deutschen Aberglaubens, tome 1, 266.
  • Schöpf, Hans, 1986. Zauberkräuter. Graz, Akademische Druck- und Verlagsanstalt. 175 p.

Liens