Dioscoride

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Dioscoride
Dioscorides01.jpg
né ca. 40 après J.-C.
à Anazarbe (Cilicie)
mort ca. 90 après J.-C.
médecin


Voir sa biographie sur Wikipédia.

Le livre écrit par Dioscoride (Ier siècle après JC.), connu sous les noms de De Materia Medica ou Περὶ ὕλης ἰατρικῆς - Peri hulês iatrikês, a eu une profonde influence, étant recopié et modifié pendant tout le Moyen-Age, commenté et interprété à la Renaissance, utilisé et cité jusqu'à l'époque contemporaine, et pris comme modèle par plusieurs auteurs. De nombreux manuscrits sont connus en grec, latin, arabe et persan (les manuscrits syriaques semblent perdus).

Dioscoride est souvent cité de seconde main, et bien peu d'auteurs prennent la peine de remonter à la source. A leur décharge, cette démarche normale dans toute activité scientifique s'avère très difficile, parce qu'il n'y a pas une mais des sources, qu'elles sont toutes difficiles d'accès et que leurs filiations sont complexes.

Nous avons entrepris sur Pl@ntUse de reproduire le texte de Wellmann et les identifications proposées. Des traductions de la description des plantes seront ajoutées au cas par cas. Voir l'introduction.

Les manuscrits

Selon Ducourthial (2003, p. 77-78) : "L'histoire des divers manuscrits est assez complexe. Ils peuvent être grossièrement répartis en deux groupes selon la forme adoptée pour la présentation du texte : les uns correspondent sans doute à la composition originale de l'ouvrage, qui compte cinq Livres (Logoi), les autres adoptent une présentation lexicale qui classe les plantes par ordre alphabétique."

Les manuscrits présentent aussi deux différences importantes. Certains contiennent des illustrations de plantes, le plus fameux étant le Codex Vindobonensis. Nombre d'entre eux détaillent les noms communs en diverses langues, dont certains sont dus à Dioscoride lui-même, mais dont beaucoup ont été ajoutés par des mains tardives.

  • Manuscrit 2659 (grec) de la Bibliothèque de l'Université de Salamanca (Dioscórides de Salamanca).

Manuscrits alphabétiques

Quelques images du Codex Vindobonensis sont sur Wikimedia Commons.

Voir Dioscoride: Codex vindobonensis

Les éditions imprimées et les études critiques

en grec

Les éditions imprimées sont basées sur différents manuscrits, ce qui rend les comparaisons difficiles. La meilleure édition critique du texte grec (sans traduction) est celle de Wellmann. Riddle et d'autres considèrent qu'à la vue d'autres manuscrits, il faudrait reprendre l'édition critique. Mais Wellmann reste aujourd'hui la meilleure version disponible, et c'est celle qui a servi à Aufmesser, García Valdés et Beck.

  • Dioscoride, 1906-1914. Pedanii Dioscuridis Anazarbei “ De Materia Medica ” libri quinque. édité par Max Wellmann. 3 vol. Berlin, Weidmann. 255 + xxvi-339 + 393 p. (2e ed. 1958). Texte critique du Dioscoride grec, sans traduction, avec commentaires en latin. Cette édition datant d'un siècle mériterait d'être reprise suivant les normes actuelles. Wellmann ajoute en fin de notices les "synonymes" trouvés dans les Dioscoride alphabétiques, notés RV. Après le livre de Dioscoride, sont annexés :
    • Crateuae Sextii Nigri Fragmenta,
    • Dioscuridis Liber de Simplicibus.

Reprints et commentaires du Dioscoride de Vienne

  • Dioscurides, 1906. Codex Aniciae Julianae picturis illustratus, nunc Vindobonensis Med. Gr. I, phototypice editus. Moderante Josepho de Karabacek ; praefati sunt Antonius de Premerstein, Carolus Wessely, Josephus Mantuani. Lugduni Batavorum. 2 vol. in-fol. IV-491 p., fig. et cartes. (Codices graeci et latini. X). Ce reprint en noir et blanc inclut une étude très détaillée et complète de Premerstein, malheureusement en latin, mais qui reste la référence (d'après Pascal Luccioni).
  • Dioscurides, 1970. Codex Vindobonensis Med. Gr. 1 der Österreichischen Nationalbibliothek. Graz : Akademische Druck - und Verlagsanstalt. 2 vol. ; in-fol. (Codices selecti phototypice impressi. Vol. XII et XII*).
    • Comprend : Vol. 12. Facsimile. - 5 vol. en un, ff. 1-101 203 303 - 401 + 402 - 491 fac-sim. en coul. ; Vol. 12*. Commentarium. [Hans Gerstinger. Kommentarband zu der Faksimileausgabe.] - X-94 p. dont [X] pl. fac-sim. Commentaire un peu rapide de Gerstinger.
  • Dioscorides, 1998-1999. Der Wiener Dioscorides. Codex medicus graecus 1 der Österreichischen Nationalbibliothek. Mit Kommentar von Otto Mazal. 2 vol. (Glanzlichter der Buchkunst, 8:1-2). 496 col. Fig. 492 + 224 p. Reprint en couleur. 198.00 €. Commentaire un peu rapide de Mazal.
  • Mazal, Otto (ed.), 1981. Pflanzen, Wurzeln, Saefte, Samen. Antike Heilkunst in Miniaturen des Wiener Dioskurides. 28 planches en couleur. 103 p. comprend les plus belles illustrations et les plus importantes. 74.00 €

en latin

en français

en anglais

  • 1655. The Greek Herbal of Dioscorides... Englished by John Goodyer A. D. 1655, edited by R.T. Gunter, 1933.
  • 2000. De Materia Medica : Being an Herbal with many other medicinal materials, translated by Tess Anne Osbaldeston. Johannesburg, Ibidis Press. en ligne
    • "The reader may wish to refer to Greek, Latin, or other versions — including these lies beyond the scope of the present effort. I have not attempted to make the text uniform, and though I have included some sixteenth-century and Linnaean names, many do not indicate current usage. While it is not my intention to contribute to the controversy surrounding the true identities of the plants, minerals, and creatures in De Materia Medica, where available I have suggested possible plant names, with an indication of other plants using the same name today." (p. VII]).
    • Critique MC. : L'auteur dit ce qu'elle ne fait pas, mais est imprécise sur ce qu'elle fait. Il semble que le texte présenté est une version modernisée de celle de Gunther, mais ce n'est pas dit. La numérotation et le découpage des notices ne suivent pas celles de Wellmann, mais celle de Goodyear, ce qui rend les comparaisons difficiles. Les noms retenus dans le texte sont parfois les noms grecs, parfois des noms latins dont on ignore l'origine. L'auteur n'a fait aucun travail critique sur l'identification des plantes, et a compilé les identifications proposées par d'autres auteurs, sans en préciser l'origine, et sans chercher à mettre à jour la nomenclature, ni à éliminer les synonymes nomenclaturaux.
    • Les illustrations sont reprises de Fuchs ou de Baillon, et n'ont donc rien à voir avec Dioscoride.
    • "A recent "updating" of the Goodyear-Gunther by Osbaldeston 'fancifies' the book with out-of-copyright lithographs, and loses the Elizabethan charm without improving the translation." John Scarborough in Beck (2011, XX).
    • L'intérêt principal de cette édition est donc qu'elle est en anglais (pour ceux qui ne lisent pas l'allemand) et qu'elle est téléchargeable sur Internet en pdf. On peut facilement copier un texte propre, mais il faut ensuite le retravailler avec le texte grec de Wellmann, la traduction anglaise de Beck, les traductions allemandes de Berendes et de Aufmesser, et la traduction française de Matthiole.
    • Intéressante est la liste des livres publiés qui constituent des éditions ou des commentaires à Dioscoride (IL-LXVII).
  • 2005. De Materia Medica, translated by Lily Y. Beck. Hildesheim, Olms-Weidmann. Traduction de référence, facile à utiliser.

en allemand

  • 1902. Berendes, J. Des Pedanios Dioskurides aus Anazarbos Arzneimittellehre in fünf Büchern. Übersetzt und mit Erkärungen versehen. Stuttgart, Ferdinand Enke. Reprint Vaduz, Sändig, 2005. 572 p. Traduction allemande uniquement, avec les titres de notices en grec. Identifications et commentaires en allemand, avec de nombreuses citations d'auteurs pré-linnéens.
    • en ligne sur Heilpflanzenwelt.
    • Wikisource (en) a entrepris de reproduire l'édition de Berendes en allemand, et ultérieurement de la traduire en anglais. Les commentaires de Berendes ne sont pas reproduits pour l'instant, mais les identifications de différents auteurs sont mentionnées dans un cadre. En fait, le seul intérêt de cette entreprise est que la traduction de Berendes est libre de droits !
    • le texte (sans les notes) viennent de Pharmawiki.
  • 2002. Aufmesser, Max. Pedanius Dioscurides aus Anazarba : Fünf Bücher über die Heilkunde. Aus dem Griechischen übersetzt von Max Aufmesser. Hildesheim, Olms, 2002. 364 p. (Altertumswissenschaftliche Texte und Studien, 37)
  • 2002. Aufmesser, Max. Etymologische und wortgeschichtliche Erläuterungen zu De materia medica des Pedanius Dioscurides Anazarbeus. Hildesheim, Olms, 2002. 364 p. 517 p. (Altertumswissenschaftliche Texte und Studien, 34). Ce deuxième ouvrage complète la traduction de Dioscoride. Il y discute des identifications des plantes, et ajoute des considérations étymologiques qui sont totalement hors-sujet. Il procède à une étude fouillée du vocabulaire de Dioscoride. L'avantage pour le traducteur est d'avoir des indications sur le sens des mots, mais il faut retraduire de l'allemand au français...

en espagnol

  • Dubler César E., 1952-57. La Materia Medica de Dioscorides. I Transmisión medieval y renacentista. II La versión árabe de la Materia Médica de Dioscórides, en colaboración con E. Terés. III Una reproducción del Dioscórides de 1570. IV D. Andrés de Laguna y su época. V Un glosario médico castellano. VI Índices generales y léxico especial. 6 vol. Barcelona.
    • recension : Bataillon Marcel, 1956. César E. Dubler, La « Materia médica » de Dioscórides, Transmisión medieval y renacentista.; Vol. I. La transmisión medieval y renacentista y la supervivencia en la medicina popular moderna de la « Materia médica » de Dioscórides, estudiada particularmente en España y África del Norte.; Vol. III. La « Materia médica » de Dioscórides traducida y comentada por D. Andrés de Laguna (Texto crítico).; Vol. IV. D. Andrés de Laguna y su época.; Vol. V. Glosario médico castellano del siglo XVI. Prólogo de Gregorio Marañón. Bulletin Hispanique, 58 (2): 232-252. en ligne sur Persée.
    • Dubler a édité et traduit un manuscrit en arabe de Dioscoride.
  • García Valdés, Manuela, 1998. Plantas y remedios medicinales (De Materia Medica). Introducción, traducción y notas de Manuela García Valdés. Madrid, Gredos. Tomo I : 486 p. Libros I-III. Tomo II : Libros IV-V. Pseudo-Dioscorides. 363 p. Traduction espagnole basée sur l'édition de Wellmann. Identifications avec notes des prédecesseurs.
  • López Eire, Antonio & Cortés Gabaudan, Francisco, 2006. Dioscórides. Estudios y traducción. Universidad de Salamanca. (Obras de referencia, 25). 498 p. Traduction espagnole du manuscrit 2659 (grec) de la Bibliothèque de l'Université de Salamanca (Dioscórides de Salamanca). en ligne sur le Dioscórides Interactivo, avec le texte grec. Contient trois livres supplémentaires. Le site donne des vignettes illisibles ou inutilisables du manuscrit et des images.

Editions d'Andrés de Laguna

  • 1555. Pedacio Dioscorides anazarbeo. Acerca de la materia medicinal y de los venenos mortiferos, traducción de Andrés de Laguna. En Anvers, en casa de Iuan Latio. en ligne sur la Biblioteca Digital Hispánica Exemplaire excellent en couleurs. (Il faut cliquer sur une icone minuscule avec une flèche verte en haut à gauche pour accéder aux pages).
  • 1733. vol. 2. Madrid, Alonso Balbas. en ligne sur Archive.org (une page donne Salamanca, Gast., 1570) et Google Books.
  • 1991. Ed. Facsímil. Comunidad Autónoma de Madrid. (édition de 1555).

en arabe

  • Dubler César E., 1952-57. La Materia Medica de Dioscorides. I Transmisión medieval y renacentista. II La versión árabe de la Materia Médica de Dioscórides, en colaboración con E. Terés. III Una reproducción del Dioscórides de 1570. IV D. Andrés de Laguna y su época. V Un glosario médico castellano. VI Índices generales y léxico especial. 6 vol. Barcelona.

Voir ci-dessous.

Les commentaires de la Renaissance

La botanique moderne est née à la Renaissance. Les premières œuvres du XVIe siècle (comme celle de Matthiole) ont consisté à éditer et commenter Dioscoride et à chercher à identifier les plantes de Dioscoride, de Galien, de Pline et de Théophraste, ce dernier ayant été alors redécouvert. Peu à peu, les botanistes ont osé ajouter leurs propres observations, à mentionner des plantes inconnues de Dioscoride et à les dessiner d'après nature. Ce mouvement s'est amplifié considérablement avec la découverte des Amériques et l'arrivée de plantes du monde entier. On le voit dans l'œuvre de Fuchs, et surtout de Dodoens. Michel Chauvet.

Bibliographie (Etudes sur Dioscoride)

  • André, Jacques, 1955. Les noms de plantes latins du Pseudo-Dioscoride. Latomus 14 (4): 517-524. sur JSTOR
  • Aufmesser, Max, 2002. Etymologische und wortgeschichtliche Erläuterungen zu De materia medica des Pedanius Dioscurides Anazarbeus. Hildesheim, Olms, 2002. 364 p. 517 p. (Altertumswissenschaftliche Texte und Studien, 34). étude fouillée du vocabulaire de Dioscoride. Il y discute des identifications des plantes, et ajoute des considérations étymologiques hors-sujet.
  • Ben Mrad, Ibrahim, 2009. Les gloses botaniques andalouses sur le manuscrit de Paris de la traduction arabe de la materia Medica de dioscorides. Al-Qanṭara, 3 (2) : 581-622. en ligne sur le site de Al-Qanṭara.
  • Cronier, Marie, 2007. Recherches sur l’histoire du texte du De materia medica de Dioscoride, Thèse. CV en pdf
  • Cronier, Marie, 2014. Pour une nouvelle édition du De materia medica de Dioscoride : problèmes d’un texte à tradition multiple. en ligne sur Ecdotique
  • Dubler César E., Diyuskuridis. Encyclopaedia of Islam. New ed. vol. II.
  • Ducourthial, Guy, 2003. Flore magique et astrologique de l'Antiquité. Paris, Belin. 655 p. Introduit aux éditions de Dioscoride.
  • Ducourthial, Guy, 2005. Dioscoride. Aux origines de la Matière médicale. La Revue du Praticien, n° 11, mars 2005, pp. 1-5.
  • Luccioni, Pascal, 1999. La postérité de l'œuvre de Dioscoride jusqu'au VIe siècle : remèdes, fraudes et succédanés. disponible sur micro-fiches
  • Riddle, John, 1985. Dioscorides on Pharmacy and Medicine. Austin, University of Texas Press. livre important. voir Wikipedia
  • Sadek, Mahmoud M., 1983. The Arabic Materia Medica of Dioscorides. St-Jean-Chrysostome (Québec), Les éditions du Sphinx. 229 p. Etude du manuscrit de Leyde, et liste de tous les manuscrits arabes. Il cite environ 1500 plantes.
  • Wellmann, Max, 1898. Die Pflanzennamen des Dioskurides. Hermes, 33 : 360–422. en ligne sur Gallica.