Dioscoride: Codex vindobonensis

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Introduction

Ce manuscrit de la Materia medica de Dioscoride est appelé Codex Vindobonensis[1] Med. Gr. I[2], ou Codex Aniciae Julianae[3]. Il a été daté de 512 après J.-C., et réalisé à Byzance.

Quand l'ambassadeur Ogier Ghislain de Busbecq en a eu connaissance en 1562, il était la propriété d'un juif nommé Hamon, médecin de Soliman le Magnifique. Ce n'est que sept ans après qu'il obtint les crédits pour l'acheter et l'envoyer à Vienne. Avant de l'envoyer à Vienne, Busbecq le prêta à Matthiole, qui s'en inspira pour ses Commentaires de Dioscoride.

Plus tard, l'imprimeur Plantin en utilisa des illustrations pour les herbiers qu'il publia à la fin du XVIe siècle pour Dodoens, Charles de l'Ecluse, L'Obel et Lyte.

Il frappe par la qualité de ses images, dont beaucoup sont identifiables. Les couleurs sont étonnamment bien conservées. Non seulement les plantes sauvages peuvent ainsi être identifiées avec leur nom grec, mais pour les plantes cultivées, les illustrations montrent le type de cultivar qui existait à l'époque, et constituent des documents précieux pour retracer leur évolution.

On considère que les 383 illustrations de plantes en pleine page sont en fait reprises d'ouvrages antérieurs, dont le Rhizotomikon de Krateuas, (Kratevas, Crateuas, Cratevas le "coupeur de racines" - Κρατεύας ὁ Ῥιζότομος - Krateuas o Rizotomos), qui était un médecin et pharmacologue du 1er siècle avant J.-C. Mazal (1998) les classe en trois groupes, certaines étant étonnamment fidèles à la plante originale, et d'autres bien plus stylisées.

Compte tenu des aléas de l'histoire du manuscrit, certaines illustrations ne correspondent à aucun texte, et certains textes à aucune illustration. La composition du manuscrit a due être une œuvre collective menée par des collaborateurs de compétence variable. Par exemple :

  • À la page anemonê, on voit une illustration d’argemonê Papaver argemone, qui montre que le compositeur ne connaissait pas les plantes.
  • On a deux graphies différentes aigilôps et êgilôps à leur place alphabétique (α et η), mais à chaque fois, le dessin ne représente pas un Aegilops.

La pagination est exprimée en folios, r signifiant recto et v verso.

À titre provisoire, nous avons mis les identifications botaniques de Mazal. Elles restent à discuter et à confirmer. Il est d'ailleurs affligeant de constater que dans un reprint comme celui de 1998, la partie botanique ait été traitée aussi légèrement. Certains noms scientifiques comportent des erreurs grossières, et certaines identifications sont manifestement fausses. Il est vrai que très peu de botanistes ont eu accès à ces illustrations jusqu'à maintenant.

Références


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A

Aloe


Allium

On peut voir des poireaux de fût assez mince, et qui avaient encore le bulbe qu'ils ont ensuite perdu.


Amaranthus


Anethum


Apium


Aristolochia


Artemisia


Atriplex


B

Beta


Brassica


Bromus

On a deux graphies différentes aigilôps et êgilôps à leur place alphabétique, mais à chaque fois, le dessin ne représente pas un Aegilops.

Bryonia


C

Cannabis


Capparis


Capsella


Carum

Cicer


Citrullus


Coriandrum


Crocus


Cuminum


D

Daucus

Le staphylinos agrios est la carotte sauvage, et le staphylinos kêpaios la carotte cultivée. La couleur de la racine qui apparaît orange est plutôt à interpréter comme un marron clair, visible sur d'autres racines. On ne peut donc en conclure que la carotte orange existait alors. Les données actuelles la donnent comme apparue aux Pays-Bas au XVIIIe siècle.

Dipsacus

E

Eruca

Erysimum

F

Foeniculum


G

Glebionis

Glycyrrhiza


H

Hordeum

I

Iris


J

Juniperus


L

Lactuca

Lens

M

Malva


Matricaria


Mentha


Muscari


N

Nerium

P

Panicum

Papaver


Physalis


Pimpinella


Plantago


Portulaca


R

Raphanus


Ricinus


Rubus

S

Sambucus

Sempervivum


Setaria


Sinapis


Solanum


Sonchus


T

Tragopogon


V

Vicia


Vigna


Viola

Vitex

  1. Du nom en latin de la ville de Vienne (en Autriche) où est conservé ce manuscrit. Voir l'article Vindobona sur Wikipedia
  2. medicus Graecus 1
  3. Du nom de la princesse byzantine Anicia Juliana qui aurait commandé le manuscrit