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Sonbol (Ibn al-Baytar)
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Noms acceptés :
- nard indien Nardostachys grandiflora
- nard syriaque Patrinia scabiosifolia ?
- nard celtique ou grec Valeriana celtica
- nard de montagne Valeriana tuberosa
[2-295]
Il y en a trois espèces, un nard indien (hindy), un grec (roumy) et un nard de montagne. Nous commencerons par parler du sonbol et-tayib, سُنبُل الطيب - sunbul al-ṭayib, qui est l'indien et se nomme aussi sonbol el-assâfir, سُنبُل العصافير - sunbul al-'aṣāfīr.
- Dioscorides, I, 6. Il y en a deux espèces, l'une que l'on appelle indienne et l'autre syriaque, non pas qu'elle provienne de la Syrie, mais parce que la montagne dans laquelle elle croît touche d'une part à la Syrie et de l'autre à l'Inde. Du nard syriaque le meilleur est celui qui est récent, léger, garni de filaments, de couleur jaune, très aromatique, d'une odeur qui rappelle celle du souchet. Il a l'épi petit, il dessèche la langue et laisse à la bouche une odeur agréable, si on le mâche pendant quelque temps. Quant au nard de l'Inde, il en est une sorte que l'on appelle gangitis, du mot Gange, nom d'un fleuve qui arrose la montagne où il croît. Il est d'une efficacité inférieure, en raison de l'humidité des lieux de sa provenance. Il est aussi plus long et plus fourni d'épis sortis d'une souche unique, plus garnis et entremêlés les uns dans les autres. Son odeur est vireuse. Le nard qui provient de l'intérieur de la montagne est supérieur aux espèces dont nous avons parlé. Il est plus aromatique et a l'épi plus court. Son odeur est celle du souchet. Il a du reste les caractères que nous avons assignés à l'espèce de Syrie. Il y en a une sorte appelée sampharitique, du nom de sa provenance, qui a l’épi grand d'une blancheur plus prononcée. Parfois il contient une tige à son centre et son odeur rappelle celle du bouc. Il faut rejeter cette sorte. On vend aussi du nard qui a été détrempé dans l'eau, ce que l'on reconnaît à ce que l'épi est blanc, décharné et dépourvu de filaments (un ms. dit de la terre). On le sophistique aussi avec de l'antimoine et du sucre (le grec dit du vin de palmier) pour le rendre plus compacte et plus lourd. Il faut le purifier, pour l'employer, s'il contient de l'argile, le passer au tamis et en enlever la terre, qui convient du reste pour se laver les mains.
- Galien, VIII. — Quant au médicament que l'on appelle nard celtique, c'est le nard grec, سُنبُل رومى - sunbul rūmī, appelé aussi mantadjoucha, منتجوشة - mantaǧūša.
- Dioscorides. (Nard celtique.) On le rencontre dans le pays appelé Ligurie, et les naturels du pays lui donnent le nom de saliunca (le texte arabe est altéré). On le trouve encore dans l’Istrie. C'est un petit arbuste que l'on arrache de terre et que l'on recueille par poignées. Il a les feuilles longues, jaunâtres, et les fleurs jaunes. On emploie les tiges et les racines, qui sont aromatiques. Il faut, la veille, arroser les bottes, pour en enlever la terre, et les placer dans un endroit humide sur du papier : le lendemain, on les nettoie ; grâce à leur humidité, on peut alors distinguer ce qui est bon et ce qui est mauvais. On sophistique le nard avec une plante qui s'arrache simultanément et que l'on appelle bouc, en raison de son odeur. Mais la différence est facile à saisir : en effet, celle-ci est sans tige et plus blanche, ses feuilles sont moins longues, sa racine n'est pas amère et aromatique à l'instar de celle du vrai nard. Si l'on veut la conserver, on sépare la tige et la racine des feuilles que l'on jette de côté. On les triture, on les mélange avec du vin et on en fait des pastilles que l'on place dans un vase d'argile neuf et bien couvert. Le meilleur nard est celui qui est récent, aromatique, fourni de radicules, facile à rompre et compacte.
- Galien.
- Dioscorides. Quant au médicament appelé nard de montagne, et que certaines personnes appellent thylacites et néris, on le rencontre en Cilicie et en Syrie. Il a les feuilles et les rameaux de l'éryngium, mais sans en avoir les proportions, la rudesse et les piquants. Il a deux ou plusieurs racines noires, aromatiques, de la forme de l'asphodèle, mais beaucoup plus minces et plus petites. Il n'a ni fruit, ni tige, ni fleur. Sa racine est employée comme le nard celtique.
- Galien.
- Ishak ibn Amrân. Le nard désobstrue la tête, excite l'intelligence, fortifie l'estomac et le foie, les échauffe ainsi que les autres viscères. Il embellit le teint et combat la dyspnée.
- Livre des Expériences. Il est très efficace contre l'anasarque. Il resserre le ventre et seconde l'action des astringents par tout le corps. Il suspend les vomissements pituitaires et dissipe les vents engendrés dans l'estomac.
On a fait longtemps du nard indien un Andropogon nardus. Aujourd'hui, on s'accorde à en faire une Valériane, la Valériane Jatamansi. Le nard est toujours exploité dans l'Inde. L'exposition de la Cie anglaise, en 1867 et 1878, en contenait de nombreux échantillons. Le nard, sonbol, est toujours répandu en Algérie, où les femmes l'emploient pour se parfumer les cheveux au bain. Le nard celtique répond à la Valériane celtique, et le nard de montagne à la Valériane tubéreuse. Toutefois cette synonymie n'est pas généralement adoptée. Quant à ce que rapporte Dioscorides, qu'elle n'a ni tige, ni fleur, ni fruit, Mathiole y voit un contre-sens, par suite d'altération du texte, et pense qu'il faut lire que ces parties sont sans emploi. Nous verrons au n° 2207 que le mot nardîn se prend absolument pour le nard indien. De plus, nous trouverons d'autres médicaments portant le nom de nard ; ainsi le nard sauvage. Le nard a souvent été rendu par le mot latin spica, qui est l'équivalent du mot sonbol. Une note de la traduction arabe de Dioscorides porte que le nard de montagne se dit en langue barbare ايربة صورقه - āīrbā ṣūbqa et en berbère اسميمن - āsmīman. La première partie de l'extrait de Dioscorides cité à la fin de cet article ne se trouve pas dans le ms. de la Bibliothèque nationale.
- Dioscoride 1.7 distingue plusieurs nardos, dont νάρδος Ἰνδική - nardos Indikê et le νάρδος Συριακή - nardos Suriakê.
- Dioscoride 1.8 : Κελτικὴ νάρδος - Keltikê nardos.
- Dioscoride 1.9 : ὀρεινὴ νάρδος - oreinê nardos.
- Valeriana tuberosa : smmamen (nom arabe). El Hassani M. et al., 2013. Plantes médicinales de la Moyenne Moulouya (Nord-Est du Maroc). Ethnopharmacologia, 50 : 39-53. pdf