C (Audier, L’herbier du village)
Cactus
Au début du siècle, les femmes des villages cultivaient en pot quelques plantes grasses dont elles échangeaient des boutures ou se les offraient. C'étaient essentiellement des figuiers de Barbarie, aux fleurs jaunes, des cierges qui, fleuris, sont blancs et surtout des boules aux rares, brèves et délicates fleurs roses.
Vers 1928-1930, ma grand-mère possédait une boule qui était considérée comme une plante rare. On disait qu’elle ne fleurissait que tous les dix ans et que la fleur ne durait qu’un jour. Aussi, quand une tige florale se montra, avec quelle attention nous avons suivi sa croissance. Un matin, la fleur s’ouvrit plus belle qu’on aurait pu l’imaginer mais vers le soir sachant qu’elle allait mourir et que je serais dix ans sans en revoir une autre (une éternité !) je pris une feuille de mon cahier de brouillon, mes crayons de couleur et je fis son portrait. Ce fut mon premier dessin.
Camomille
Anthemis nobilis = Chamaemelum nobile
Avant 1925-1930, la camomille était partout cultivée, à la fois comme plante ornementale et médicinale. On ne la trouve maintenant que très rarement dans les jardins mais elle s'est parfois naturalisée en leur voisinage. On en fait des tisanes aux vertus digestives et calmantes et à Champagne, elle était aussi employée, parfois pour les bains d'yeux (24).
Capillaire
Cette charmante petite fougère, aux lobes arrondis, à la tige noire et fine, n'est pas rare sur les vieux murs, les rochers humides et dans les puits.
Capselle ou bourse-à-Pasteur
Très commune partout, la bourse-à-pasteur est l'une de ces plantes tellement dédaignées qu'elles n'ont même pas de nom local.
Capucine
Les capucines sont souvent plantées devant les maisons et dans les jardins. Certaines personnes en consomment les fruits, confits dans le vinaigre comme des câpres (12).
Cardamine
Elle fleurit au printemps dans les haies, au bord des chemins, dans les bois clairs, la cressonnette jeune était autrefois mangée en salade (7).
Carotte rouge potagère
La carotte se sème vers le début du mois de mars en jeune lune comme tout ce qui vient sous terre et le semis se fait en ligne. On sarcle et on éclaircit dès que la jeune plante peut se distinguer sans équivoque des autres végétaux.
La carotte est constamment utilisée en cuisine : sauces, daubes, haricots demi secs, pot au feu. Autrefois, on en ajoutait une, coupée en rondelles, au raisiné pour en enlever l'acidité et quand le vin aigrissait on se servait aussi d'une ou deux carottes préparées de même pour y remédier. On les enfilait en collier que l'on introduisait dans la barrique, retenu par la bonde. Les carottes attiraient la saleté du vin qui ne tardait pas à s'améliorer (65).
La décoction de carotte avec de la sarmazelle chiendent et des prunes séchées était autrefois réputée pour lutter contre le rhume (5). Ce remède est tombé en oubli mais on entend toujours dire que manger des carottes donne un beau teint et rend aimable.
Carotte blanche fourragère
Les carottes champêtres étaient autrefois cultivées un peu partout pour la nourriture des lapins.
Carotte sauvage
Les panais, qu'on voit partout dans les champs, les cultures au bord des chemins, sous les haies, sont recherchés pour la nourriture des lapins. Il existe aussi la vraie carotte sauvage, également herbe à lapins dont les lobes des feuilles sont plus fins que ceux du panais.
Cassis
Presque tous les jardins ont leur touffe de cassis dont les baies cueillies à maturité en juin-juillet et mises à macérer dans l'eau de vie, serviront à faire la liqueur du premier de l'an.
Cèdre
Cette essence fut introduite en France au XVIIIe siècle par Bernard de Jussieu qui aurait offert, peu après, de jeunes plants à certains de ses amis. Ce serait l'origine du Cèdre de Ballan (17) donné au baron de Livennes en 1734. La même année, c'est Jussieu lui-même qui aurait planté le cèdre de Montigny-Lancou, d’après Elie Pailloux, La Rochelle. Autrefois, on trouvait le cèdre du Liban près des châteaux, des anciens logis nobles, ou dans le voisinage des domaines importants. De nos jours, ce sont surtout des cèdres de l'Himalaya et des cèdres de l'Atlas qu'on plante dans les parcs et les grands jardins.
Céleri cultivé
Le céleri ou céyéri est assez rarement cultivé dans les jardins et les mottes.
Céleri sauvage
L’ache pousse souvent spontanément dans les jardins et autour des bâtiments. A défaut de céleri cultivé, on en joint une feuille au pot-au-feu du dimanche pour donner du goût.
Centaurée jacée
Bien qu'elle soit présente partout, surtout au bord des chemins et aux lisières des bois, on ne connaît à cette plante ni nom local ni usage particulier.
Cerfeuil
À Rochefort (avant 1920) et dans l'île d'Oléron, on semait le cerfeuil entre les deux Notre-Dame, entre le 15 août et le 8 septembre (16). Cependant cette plante, parfois naturalisée autour des jardins, est assez rarement cultivée peut-être parce que sa ressemblance avec la cigüe la rend suspecte.
En cuisine, elle entre dans la confection de l'andouille de Pâques. On l'emploie aussi, avec le persil et la ciboulette, pour faire l'omelette aux fines herbes.
Cerisier
Prunus avium (cerise douce) et Prunus cerasus (cerise aigre)
Le cerisier est, après le pommier, l’arbre le plus répandu dans les vergers, autour des maisons, dans les vignes et aux bordures des champs. Lorsque le mois de juin amène la maturité des cerises, petits et grands leur font honneur.
Ainsi, de la fin avril à la mi-juillet, diverses variétés de cerises mûrissaient dans nos vergers. Certaines variétés ne sont pas considérées comme des cerises comme les guins-doux qui sont conservées dans l’eau-de-vie, ou les guignes qui sont des cerises acides, surtout appréciées en pâtisserie et en confiture.
Botaniquement, les guignes (en saintongeais) sont des amarelles alors que les guignes (en français) ou guindoux sont des cerises douces à chair molle.
La pluie du 23 avril est de mauvais augure pour la récolte : S’il mouille pour la Saint-Georges – les cerises vous passent par la gorge.
Les cerisiers ont l’inconvénient d’être pillés par les oiseaux : les étourneaux, les merles, et même le charmant loriot qui nous revient à cette époque et dont le chant annonce, précisément, la maturité des cerises.
- Colas-lourou, colas-lourou
- Ya des cerises de mûres chez-vous
- Y en a avec dans l’Pouétou
- J’en ai mangé avant d’veni (7-14)
Pour éloigner les prédateurs on installe un babouin dans l’arbre mais cet épouvantail n’est pas longtemps dissuasif. A Saint-Symphorien, avant 1900, on suspendait une clochette à une branche et on la sonnait de temps en temps (7). La gomme de cerisier elle-même a son utilité. Dissoute dans l’eau, cette colle de cothiu (ou du coucou), marde de pupue (huppe fasciée)… était autrefois la seule colle qu’utilisait le village. Une plume d’aile de volaille servait généralement de pinceau.
Cerisiers sauvages
On trouve dans nos bois deux genres de cerisiers sauvages :
- Prunus avium qui est le merisier très commun dans les bois et les haies. Les branches fleuries de cet arbre ont parfois été offertes aux filles en guise de mai mais il semble que c’était à défaut du noisetier, l’essence habituellement choisie pour cette offrande.
- Le merisier est parfois planté comme arbuste d'ornement. On en cultive deux variétés.
- Prunus cerasus à fruits acides.
Cétérach
Assez rare, çà et là, sur les vieux murs, cette petite fougère, qui n'a pas de nom local, ne semble pas avoir non plus de vertu qui lui soit propre.
Chanvre
Aux XVIIIe et XIXe siècles, la charve fit l'objet d'une culture familiale de base d'où l'on tirait presque tout le linge utilisé à la maison. Chaque famille avait sa motte entourée de fossés où l'on faisait rouir les tiges mûres. La plante, semée à la fin d'avril ou au début de mai, était coupée à la faucille après le 15 août (5). Le chanvre dit « femelle », en réalité le mâle, était récolté le premier. On laissait mûrir la graine et, environ trois semaines ou un mois plus tard, on coupait le chanvre femelle plus vigoureux. Une immersion prolongée dans les fossés bordant la motte détruisait la substance gommeuse qui agglutinait les fibres. Il fallait ensuite faire sécher la récolte avant de la teiller.
Le machour, sorte de couperet à lame de bois monté sur une planche elle-même portée par un trépied, brisait les parties ligneuses, opération que la beurge à triple couperet, complétait. Il ne restait plus, ensuite, qu'à éliminer les fragments ligneux (la chènevotte) à l'aide du peigne fait d'une grosse planche hérissée de pointes forgées et à façonner la filasse en « poupées ».
Le soir, à la veillée, autour de la grande cheminée, où fumait la chandelle de rousine (chandelle de résine), les femmes filaient. Comme une abondante salivation leur était nécessaire pour mouiller leur filasse, elles mâchonnaient des prunes melées ou des feuves grâlées qui étaient censées favoriser cette réaction (27). On filait généralement au fuseau mais beaucoup de femmes possédaient un rouet. Le travail leur permettait de mettre le fil en écheveaux tandis que le douédère, le dévidoir, ou châtelet, leur servait à faire des pelotes (1-5).
Avec le brin se tissait le linge fin des paysans riches. La reparoune donnait une toile plus grosse mais beaucoup, au village, utilisaient le grous fait avec l'étoupe grossière et qui servait à confectionner non seulement les sacs à grain, mais aussi des torchons et même des draps et des nappes.
Outre la toile, le tisserand fabriquait une étamine grise de laine et chanvre dont on se servait surtout pour faire les habits des hommes. Le refilon était fait avec de la vieille étoffe, réduite en charpie, refilée et tissée à nouveau. On en faisait des rideaux de lit, des tabliers. Le retord avait les mêmes utilisations et avec le droguet à rayures bleues et noires, de bien meilleure qualité, on confectionnait les jupes et les tabliers des dimanches.
C'est aussi avec du fil d'étoupe grossier que l'on tressait la mèche des chandelles de résine.
Chardons
On appelle échardon une série de plantes annuelles à tige raide, à feuilles piquantes, à fleurs le plus souvent roses et qui ne sont presque jamais distinguées entre elles : Cirsium lanceolatum, Cirsium arvense, Onopordum acanthium, Carduus nutans mais bien d'autres plantes sont groupées sous la même appellation. Il y a au moins trente sortes d'échardons. Il y a l'échardon que j'appelons peignerâs, nous aut, il y a le pain chaud sur le bord des routes, le pique-Dieu qui fleurit jaune, l'échardon que le chardonneret pique et çui-là que les gens mangent en salade quand il pousse (7). Le peignerâs, la cardère, était autrefois utilisée pour enlever le velu des étoffes cardées. Le pain-chaud est le panicaut (Eryngium campestre), le pique-Dieu, la kentrophylle laineuse et quant à la plante qui était mangée en salade lors de la pousse, il pouvait s'agir du laiteron maraîcher.
Chardonnette
Carduus sp.
On trouvait autrefois cette plante à présure dans le jardin des bergères qui l'utilisaient pour faire des caillebottes et, aussi, parfois pour faire cailler le lait de leurs fromages (5).
Charme
Cet arbre est très rare dans nos bois. Il se taille facilement et prend des formes régulières, c'est pourquoi il est parfois transplanté pour faire des haies et des charmilles. Comme tous les arbres à croissance très lente, il fournit un excellent bois de chauffage.
Châtaignier
Assez bien représenté dans nos bois où il existe plusieurs variétés à fruits plus ou moins gros, le châtaignier s'oppose au marronnier franc, greffé dans les champs, près des villages, et qui est beaucoup plus estimé. Les bogues du premier contiennent plusieurs graines, enveloppées d'une pellicule pelucheuse plus adhérente et qui les pénètre parfois assez profondément. Châtaignes et marrons ont eu autrefois un rôle alimentaire important qu'ils ont perdu progressivement car ils permettaient, tant que durait leur saison, d'économiser les grains qu'il fallait toujours ménager. De nos jours, bouillis ou grillés, ils font, accompagnés de vin nouveau, le dessert des soupers d'automne et la collation des fins de veillées.
Le bois de châtaignier donne de bonnes charpentes car il éloigne les araignées. On en a fait aussi des fûts pour les vins, bien moins estimés que ceux du chêne. On n'appréciait pas, non plus, cette essence de bois de chauffage, car elle a le défaut de projeter des étincelles, les beurtons, et, au temps de la lessive à la cendre, on écartait celle de châtaignier qui avait, disait-on, l'inconvénient de jaunir le linge (33).
Coupé régulièrement, le châtaignier donne une cépée, la frette ou bouillée de frette. A grosseur voulue, elle fournit des bois de barrière et des piquets de vigne résistants, surtout si l'on a soumis leur base à l'épreuve du feu ce qui leur donne une pellicule charbonneuse impénétrable aux champignons du bois.
Autrefois, les petites filles, en leurs jeux, se faisaient des robes et des chapeaux avec des feuilles de châtaignier assemblées par des épines ou des branchettes (21).
Chélidoine
Cette plante, que l'on trouve partout dans les endroits incultes, sur les vieux murs, donne un suc jaune qui est appliqué sur les verrues (les fis) pour les faire disparaître.
L'une, en quenouille, voit ses fleurs s'ouvrir avant la pousse des feuilles. L'autre, au port assez large, fleurit après la feuillaison.
Chêne
Quercus spp.
Le châgne est par excellence, l’arbre de nos forêts et un bois de chêne a une bien autre valeur qu’un bois de tremble, par exemple ou même de châtaignier.
Le plus recherché est le châgne bianc, chêne blanc ou pédonculé. Par opposition, le châgne neigue, ou chêne noir, est le chêne Tauzin qu’on appelle aussi châgne pissous car ses bûches, dans le feu, perdent une sève abondante. On l’assimile souvent à deux châgnes bâtards assez communs en nos bois, Quercus petraea et Quercus pubescens et il arrive qu’on entende appeler des arbres de ces trois espèces indifféremment chêne noir et chêne treuillard. Le chêne vert ou yeuse (euse ou eussine, voire usine) à feuilles persistantes est très commun par endroits et le chêne liège très rare à l’île Madame et dans les bois de la Côte, comme aux environs de Suzac où on l’appelle bouchon.
En menuiserie, c’est le bois de chêne blanc qui est plus recherché. Le chêne bâtard gercé, et le chêne noir, très gercé, ne peuvent convenir pour cet usage.
Nos meubles en chêne sont anciens et rares. Ce sont des armoires d’esprit Louis XIII et Louis XIV, des buffets Louis XIII, des bahuts Louis XIII avec un tiroir contre les panneaux, tous meubles à architecture robustement rectiligne (Naumené). Dans les fermes, on trouve encore quelques tables en chêne, lourdes et massives, avec leurs plateaux épais, leurs pieds carrés, parfois à pans coupés et très rarement, des entre-jambes en H.
Plus tard, on trouvera les feuilles de chêne et les glands ornant la traverse inférieure des armoires et des vaisseliers. Le gland, parfois teinté, est toujours exécuté avec un grand souci de réalisme, tandis que la feuille est, au contraire, stylisée et à peine découpée. On trouve aussi ce décor sur des coffres mais tous ces meubles sont en bois fruitier, l’ébénisterie ayant depuis longtemps abandonné le chêne dur et difficile à travailler.
En revanche, il a été longtemps employé pour faire de beaux parquets dans les chambres et les pièces de réception des logis et des maisons bourgeoises ainsi que les poutres et les chevrons de nos charpentes. Souvent, la lourde poutre maîtresse des salles communes, grossièrement équarrie, a même gardé la fourche formée par le départ de deux branches.
Le mobilier du vin, cuves et tonneaux et les futailles où l’on conserve l’eau-de-vie sont obligatoirement en chêne, toutefois, pour ce dernier usage les meilleurs bois viennent du Limousin. On fait aussi des vis de pressoirs. Pour leur donner une dureté et une solidité exceptionnelle, on les faisait parfois séjourner vingt-cinq ans dans l’eau salée des fossés des marais.
Certaines ruches sont en chêne mais ce ne sont pas les meilleures : pour cet usage le bois de pommier est partout préféré (7-34). Il est aussi d’usage de faire le cercueil de nos disparus en chêne, ils l’ont bien mérité.
Le chêne fournit aussi le meilleur bois de chauffage, bûches et fagots. On faisait autrefois un excellent charbon et son écorce a été utilisée en tannerie. Jusque vers 1930, les fagoteurs coupaient de longues tiges de chêne (ou d’orme) de 1,50 m et, à la veillée, ils faisaient des riortes, des liens, pour leurs fagots du lendemain. On formait à cet effet des chênes têtards qui étaient régulièrement ébranchés. On peut encore citer un usage mineur du bois de chêne : une cheville de quelques centimètres, introduite dans un litre d’eau-de-vie de l’année, lui donne rapidement la coloration ambrée du vieux cognac. Ainsi faisait-on avec le bois d’acacia.
L’abondance des glands réjouit les chasseurs. Au passage de l’automne, pensent-ils, les palombes resteront longtemps pour s’en régaler.
Elle réjouit aussi les futurs parents qui désirent une descendance mâle :
- An-née d’ayants
- An-née de galants, assure le dicton (58).
Elle réjouit les enfants qui les découpent pour leurs jeux en paniers, en puits, en sabots, qui font des sifflets avec une cupule et des pipes avec la même cupule munie de son pédoncule. Au début du XXe siècle les boulettes, les galles, tenaient lieu de billes aux petits garçons. Autrefois, l’abondance de glands profitait aux pauvres qui les récoltaient pour la nourriture et l’engraissement de leur porc. C’est dans les années qui suivirent la première guerre mondiale qu’on abandonna définitivement cette coutume de la glandée mais vingt ans plus tard, au cours de la guerre de 1939-1945, les glands grillés ont encore servi à faire un ersatz de café. Il était mélangé avec d’autres ingrédients comme l’orge, le soja ou la racine de chicorée.
Le chêne est un grand pourvoyeur de champignons. A son ombre, poussent le prestigieux cèpe de chêne et autres bolets moins recherchés, les giroles, le tricholome de la Saint-Georges. On pouvait parfois y déterrer la truffe et, sur les souches de très vieux arbres qu’on a abattus, viennent des souchettes très prisées. Très rarement, on retrouve une touffe de gui sur ses branches, comme au temps des Gaulois et Lesson nous dit qu’en 1847 ce gui de chêne était encore réputé pour lutter contre les empoisonnements et l’hydropisie.
Chénopode
Chenopodium spp. La senique ou argon est partout, dans les cultures comme dans les jardins. On appelle parfois une femme grande et maigre ine grande senique.
Chèvrefeuille
Lonicera spp. On trouve dans nos haies et aux lisières de nos bois deux variétés de chèvrefeuille. L’une, Lonicera periclymenum, aux fleurs odorantes, groupées à l’extrémité des rameaux, et très répandue. L’autre, Lonicera xylosteum, dont les fleurs inodores sont disposées tout le long de la tige, à l’aisselle des feuilles opposées, est au contraire très rare. On la trouve cependant dans quelques bois et il arrive qu’elle soit cultivée dans le jardin où l’on transplante aussi la première variété pour sa valeur ornementale. Les deux sont connues sous le nom de broute-chèv’.
Certaines personnes évitent de faire des bouquets de chèvrefeuille car quand on le rentre chez soi, il donne le cancer (10).
Chicorée sauvage
Cette jolie plante se reconnaît facilement à ses grandes fleurs éphémères d’un bleu de lin, solitaires ou groupées par deux ou trois le long des rameaux qui sont très raides et effilés. Les pieds à fleurs blanches ou roses sont rares mais la variété à fleurs bleues est très commune dans les lieux incultes, au bord des chemins et autour des villages.
Dans le canton de Rochefort où la brande manque, on faisait autrefois des balais d’écurie en liant ensemble des ramilles de noisetier et des tiges de chicorée sauvage (70).
Pendant la dernière guerre, les racines de chicorée grillées, seules ou en mélange, ont été utilisées pour pallier la pénurie de café.
Chiendent
Sous le nom de chiendent on désigne deux plantes très répandues. L’une, le lignou (Agropyron repens = Elymus repens), est très envahissante dans les champs, sous les haies, au bord des chemins. L’autre, la sarmazelle (Cynodon dactylon) se trouve souvent dans les vignes, dans les lieux incultes et découverts en terrain sablonneux. Ses longues tiges souterraines à l’aspect un peu ivoirin sont réputées, en médecine populaire, pour leurs propriétés diurétiques. On a aussi utilisé leur décoction comme dépuratif (1-6).
À Champagne, en association avec l’orge, on en a fait une boisson rafraîchissante (24) tandis qu’à Sainte-Gemme, pour lutter contre le rhume, on recommandait une tisane obtenue en faisant bouillir ensemble sarmazelle, carottes et prunes melées (5).
Choysia ou Oranger du Mexique
On voit souvent cet arbuste dans les jardins, à la campagne. Les ménagères froissent ses feuilles dans leurs mains pour en enlever l’odeur du poisson (49).
Chondrille
La chèque, qui ressemble à une petite chicorée à fleurs jaunes, se trouve souvent dans les vignes, en terrain sablonneux et dans les endroits incultes. Au printemps, la jeune plante est recherchée pour être mangée en salade.
Chou
Le chou se sème en vieille lune et au mois d’août (5). Longtemps, les choux pommés ont joué un rôle très important dans l’alimentation paysanne et, l’hiver, bien des ménagères l’utilisaient tous les soirs pour faire de la soupe (4). C’était aussi le principal légume du pot-au-feu du dimanche. Parfois, on découpait en fines lanières les feuilles blanches, près de l’œil, là où les coutons (nervures) ne sont pas trop durs et on en faisait des salades assaisonnées d’un croûton frotté d’ail. Mais il était interdit aux nourrices de manger des choux : leur lait aurait donné des coliques à l’enfant (5).
En médecine populaire, la feuille de chou était utilisée contre les douleurs. À Saint-Symphorien on l’employait telle quelle pour envelopper le membre malade (7). À Champagne, on la passait préalablement sur la braise (24).
Les choux-fleurs et les choux de Bruxelles sont d’introduction relativement récente.
Les choux-vaches (chou cavalier) ont été très cultivés comme fourrage d’hiver car ils favorisent la lactation mais c’est au détriment de la qualité du lait. Cependant, on en donne sans inconvénient et avec abondance à la vache qui vient de mettre bas.
Avant 1914, les trougnons, fendus, faisaient la nourriture des lapins, l’hiver. Généralement, on les saupoudrait de son.
Au printemps, les pousses de seconde année, les pichons de choux étaient un légume apprécié. On les mangeait bouillis, à la vinaigrette.
Chrysanthème
Le chrysanthème ou la chrysantaine est partout cultivé. Fleur de la Toussaint et consacrée aux morts, elle est l’objet d’une certaine crainte et peu de personnes acceptent d’en faire des bouquets pour fleurir la maison.
Le chrysanthème des moissons (Glebionis segetum), qui se fait rare par ailleurs, est encore bien représenté à la lisière de nos champs.
Ciboulette
Les appétits sont cultivés comme condiments. Hachés à la vinaigrette, ils sont très appréciés pour accompagner le poisson. On en ajoute parfois une pincée à la salade.
Ciguë
Très commune dans les terrains vagues, sous les haies, la cathiue est recherchée par les moutons.
Citronnelle
Cette plante odoriférante, souvent plantée dans les jardins, est subspontanée çà et là. On en fait une tisane aux vertus digestives et calmantes (24).
Citrouille
Cucurbita spp.
Semée en vieille lune au mois d’avril, la citrouille ronde ou potiron est surtout cultivée pour l’alimentation des porcs. En cuisine, on utilise de préférence la variété allongée appelée giraumon avec laquelle on fait des soupes.
La citrouille évidée figurant un masque où l’on avait creusé les yeux, la bouche, le nez, était un accessoire classique des farces d’autrefois. On allumait une bougie à l’intérieur et on la plaçait près du chemin pour s’amuser de la terreur de ceux qui passeraient par là au retour des veillées.
Cladium
Cette plante à feuilles coupantes croît le long des fossés dans le marais gâts où ses pousses jeunes sont broutées par le bétail.
Coupée en plein développement, la borée ou borée yoube servait autrefois à couvrir les loges en brandes et les meules dans l’aire.
Clématite vigne blanche
Cet arbrisseau grimpant qu’on appelle la visaube est très commun dans les bois et les haies qu’il décore, en été, de ses fleurs blanches en grappes et, en automne, de ses fruits plumeux d’un très gracieux effet.
À la fin du XIXe siècle, à Saint-Symphorien on l’utilisait pour tresser des melours, des sortes de claies pour faire sécher les prunes ou des paniers. Ces lianes, à la fois souples et fortes, étaient aussi employées pour le ramonage des cheminées (7). Longtemps, elles ont fourni des cordes à sauter aux petites filles des écoles et, coupées en tronçons, elles firent au début du siècle, les premières cigarettes des petits garçons.
La variété Clematis flammula, caractéristique de la flore de nos côtes, est parfois transplantée pour sa valeur ornementale. Elle peut recouvrir avec agrément murets et treillages.
Cognassier
Le coudinier est assez souvent cultivé pour ses fruits dans les vergers, les jardins, autour des fermes. Il sert aussi de porte-greffe au poirier. Les poires greffées sur coudinier avaient la réputation d’être chaillotouses, c’est-à-dire granuleuses.
Les coudins sont récoltés à maturité pour faire des gelées. Autrefois, on en ajoutait un ou deux au raisiné pour le parfumer et on en fait encore une liqueur, l’eau de coing, qui est aussi un remède éprouvé pour soigner la diarrhée et les maux d’estomac (64).
Cognassier du Japon
Le pommier d’amour est cultivé un peu partout dans les jardins pour la beauté de ses fleurs qui apparaissent vers la fin de l’hiver sur les rameaux encore nus. La variété à fleurs rose cerise était la seule connue jusqu’à ces dernières décennies.
Colchique
La floraison des colchiques est l’un des signes annonciateurs de l’automne. On les trouve en terrain frais et argileux en particulier dans les prés de marais. Les feuilles n’apparaissent qu’après les fleurs.
Coloquinte ornementale
Ce genre de cucurbitacées, connu sous le nom altéré de coloquinque est cultivé pour ses fruits décoratifs.
Vers 1900-1910, à Saint-Symphorien, on les suspendait à des arbustes, buis, laurier…, dans les jardins, pour donner l’illusion d’orangers (7). Plus souvent, ils étaient exposés sur un buffet ou abandonnés comme jouets aux enfants.
Colza
Brassica napus var. napus
Cette plante, destinée à être donnée au bétail en fourrage vert, est semée, soit vers la fin d’août ou le début de septembre, soit vers le mois d’avril pour éviter le risque de gelées. Elle est coupée au moment de la floraison au début du printemps ou en juin. Pendant la guerre de 1939-1945, les graines de colza ont été récoltées pour faire de l’huile (et aujourd’hui - au début des années 2000 - c’est une huile appréciée pour sa faible teneur en acides gras. Elle est utilisée aussi comme biocarburant).
Consoude
Cette plante se trouve dans les endroits incultes assez frais, mottes, voisinage des jardins, marais…
Coquelicot
Le pabou pousse partout et la plante jeune est recherchée pour la nourriture des lapins. En médecine populaire, on utilise l’infusion de pétales de coquelicots pour soigner le rhume (49).
Les enfants ont un jeu qui se retrouve ça et là dans l’ouest. Ils cueillent des boutons de coquelicots et font deviner à leurs camarades la couleur des pétales à l’intérieur :
- Coq, poule ou poulette ?
C’est-à-dire les pétales seront-ils rouges, blancs ou roses ?
La réponse donnée, on ouvre le bouton. Celui qui a deviné juste a gagné.
Autrefois, les bergères faisaient des poupées avec les fleurs de coquelicots. On rabattait soigneusement les pétales autour de la tige, c’était la robe. On ajoutait, pour faire les jambes, une deuxième tige près de la première et la ceinture nouée, faite d’un brin d’herbe, la maintenait en place. Un troisième bout de tige, traversant le haut du corsage, figurait les bras étendus. Le pistil était la tête et les étamines à filets noirs les cheveux. Mais ces délicates petites poupées ne se fabriquent plus guère de nos jours.
Comme les noms de couleurs sont souvent renforcés d’une comparaison, le rouge éclatant est rouge coume un pabou.
Coqueret
ou amour-en-cage, Physalis alkekengi
Cette solanacée à fruits en lanternes rouges est parfois cultivée pour faire des bouquets d’hiver. Elle se naturalise assez souvent dans le voisinage des jardins.
Cormier
Deux variétés de cormier croissent dans nos bois, assez communs ou assez rares selon les lieux, les uns portent de petits fruits allongés, jaunes piquetés de brun, les autres des fruits ronds, plus gros, verts, virant au rouge à leur maturité. L’une et l’autre sont parfois transplantées dans les vergers ou les basses-cours.
Les cormes sont très astringentes. On disait par plaisanterie que manger sept cormes vertes changerait une fille en garçon. Blettes, elles sont un remède contre les dévoiements intestinaux.
Au XIXe siècle, on faisait une boisson estimée avec les cormes, le cormat. Quand elle était presque épuisée on remettait de l’eau sur la pulpe et l’on obtenait après quelques jours, un breuvage à la saveur allégée que beaucoup préféraient au premier jus.
Une branchette de cormier introduite dans la barrique activait la transformation du vin en vinaigre.
Le cormier produit un bois très dur susceptible de recevoir un beau polissage mais qui supporte mal l’humidité et les expositions défavorables.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, il entrait dans la composition des meubles dits de bois mêlés. On en a fait des tables et autres petits meubles. Il était recherché pour faire des engrenages de roues de moulin et des outils de menuisier.
Les cormes cormées sont les cormes blettes, la salade cormée ou roueille la salade confite. Quant à la mauvaise ménagère qui laisse cormer son linge, c’est celle qui le laisse macérer dans la souillure au lieu de laver en temps utile.
Courge
La coie n’était pas rare, autrefois, dans les jardins car ses fruits, soigneusement vidés, servaient de gourdes aux travailleurs des champs. On ne la trouve plus aujourd’hui que rarement et à titre de curiosité.
On appelle coie ou grande coie l’adolescente étourdie et maladroite.
Cresson
Le cresson sauvage croît, par endroits, dans les fontaines et les ruisseaux où il est cueilli pour être mangé en salade.
Crithme maritime
ou criste-marine, Crithmum maritimum
Cette plante à la saveur agréable est récoltée par les habitants du littoral. Conservée dans le vinaigre c’est un condiment apprécié.
Cuscute
Cuscuta sp.
La cuscute, plante sans chlorophylle, est un redoutable parasite pour la luzerne. On la trouve aussi sur quelques autres papilionacées.
Cynoglosse
Cynoglossum sp.
Cette plante est plus ou moins commune dans les lieux incultes près d’un point d’eau où le long des fossés du marais.
Cytise
Laburnum sp.
Le cytise parfois appelé glycine jaune, n’est plus guère cultivé de nos jours alors qu’il a fait la gloire des jardins d’agrément de nos aïeules. On le trouve quelquefois, peut-être spontané, à l’orée des bois ou dans les haies.