Ombellifères (Le Floc'h, 1983)

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Araliacées
Le Floc'h, Ethnobotanique tunisienne, 1983
Ericacées



[173]

284. Anthriscus cerefolium Hoffm.

[II/sans n° ; p:569] OM­BELLIFÈRES

Nom accepté : Anthriscus cerefolium

A. - Les graines sont utilisées comme condiment au même titre que celles du coriandre (Coriandrum sativum n° 287) signale GATTE­FOSSÉ (1921).

285. Anthriscus silvestris Hoffm.

[II/898; p:569]

Nom accepté : Anthriscus sylvestris

La combinaison correcte correspond dans Flora europaea à A. sylvestris (L.) Hoffm .

La Flore de la Tunisie retient comme seul taxon tunisien la var. mollis (Boiss. et Reut.) Maire; l'espèce n'étant pas subdivisée pour les autres pays du Maghreb nous avons rassemblé ici les indications se rapportant à A. sylvestris (L.) Hoffm.

T.M. - Même si le principe actif n'en a pas été défini, ni isolé, PARIS et MOYSE (1967) classent cette espèce (fr. : cerfeuil des bois) dans les Ombellifères toxiques. Les racines sont cependant réputées avoir des propriétés ocytociques.

[174]

La toxicité du « cerfeuil des bois » est aussi signalée par LEMOR­DANT et al. (1977).

286. Tinguarra sicula (L.) Parl.

[II/901 ; p:572] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Athamanta sicula

L'orthographe conforme de cette combinaison semble devoir être : T. sicula (L.) Bentham et Hooker fil.

Nous rapportons ici les usages de Athamanta sicula L. retenu com­me synonyme et qui est la combinaison adoptée dans Flora europaea.

M. - Les onctions d'une pommade à base de cette espèce et de Ajuga iva passent pour guérir la lèpre (GATTEFOSSÉ, 1921).

A noter que TRABUT (in GATTEFOSSÉ, 1921) a signalé que le << tafifrâne » (nom berbère de la plante) récolté en Tunisie par IBN EL BEITHAR serait de fait Magydaris panacina D.C. connu dans la Flore de la Tunisie sous le binôme Magydaris panacifolia (Vahl.) Lange (n° 291).

287. Coriandrum sativum L.

[II/909; p. 576] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Coriandrum sativum

A. - Comme condiment on utilise les fruits, nommés « tabel » (BURNET, 1939) ou les feuilles (TROTTER, 1915).

M. - Les graines servent à la fabrication d'un sirop utilisé en Libye (TROTTER) pour soigner les affections de poitrine.

De nombreux usages médicinaux ont été signalés au Maghreb (BOUQUET, 1921) :

- pilée avec de la farine de pois chiche puis délayée dans de l'huile (où ont macéré au soleil et durant plusieurs semaines des pé­tales de rose) la plante s'emploie en cataplasmes contre les tumeurs et les engorgements ganglionnaires,

- la plante fraîche est donnée aux gens mordus par des animaux enragés,

- les grainee mêlées au miel som employées contre la toux,

- les graines sèches passent pour être anaphrodisiaques.

[175]

Les grainea ont encore (GATTEFOSSÉ, 1921) la réputation d'être résolutives, diurétiques et anthelmintiques.

Les graines interviennent en mélange avec d'autres espèces (cf. à Nigella sativa n° 135) pour combattre les céphalées (PASSAGER et DOREY, 1958). Les mêmes auteurs signalent également l'emploi de préparations, où intervient 1e « kesbor », contre les gastralgies, l'aéro­phagie et les étouffements .

DUCROS (1930), PARIS et MOYSE (1967) puis LEMORDANT et al. (1977) soulignent les vertus stomachiques et carminatives du fruit.

R. - BURNET décrit le rite suivant pour la région de Moknine « Quand un homme a une maîtresse, sa femme achète au souk du « tabel » et en fait répandre dans le couloir et l'escalier de la mai­son de sa rivale. L'amant et la maîtresse en marchant écrasent les graines et les disputes, aussi nombreuses que les fruits écrasés, s'é­lèvent entre eux et provoquent la rupture ».

D. - Les graines (« tabel ») ajoutées à du sel et du poivre cons­tituent un procédé de conservation de la viande desséchée que les ca­ravaniers emportent pour leurs voyages (TROTTER).

La même recette de conservation de la viande a été également décrite en Algérie (DORVAULT et WEITZ, 1945).

288. Smyrnium olusatrum L.

[II/911; p. 578] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Smyrnium olusatrum

R. - ASCHERSON (in TROTTER, 1915) note que certaines couches de la population accorde crédit à la croyance parfois com­mode du « bébé endormi » dana le sein de sa mère durant quelques années (ou pour toujours) et souligne l'emploi du macérat de Smyr­nium olusatrum pour réveiller le fœtus assoupi.

289. Conium maculatum L.

[II/913; p. 579] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Conium maculatum

T.M. - La mort de SOCRATE, suite à l'ingestion de ce poison, a été dé­crite par PLATON. Cette toxicité très marquée pour l'homme n'est pas égale pour toutes les espèces animales. C'est le fruit qui, surtout avant maturité complète, est très toxique indiquent PARIS et MOYSE (1967) qui déclarent également que la toxicité de l'espèce (fr. = grande ciguë) s'atténue à la dessication. Ces mêmes au-

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teurs soulignent que même si les actions n'en sont pas très régulières, on a utilisé en thérapeutique les propriétés analgésiques de cette « ciguë ».

La toxicité de cette plante est aussi signalée par POTTIER-ALA­PETITE (1979).

290. Cuminum cyminum L.

[II/925; p. 587] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Cuminum cyminum

A. - BURNET (1939) note l'emploi des grnines comme condi­ment ; cet usage étant très souvent cité (TROTTER, 1915) etc...

M. - Mâchées, les graines sont considérées efficaces contre les embarras gastriques (TROTTER). Cet usage est précisé par BOUQUET (1921) qui note que l'on doit à cet effet absorber matin et soir une pincée de graines écrasées dans de l'eau de fleur d'oranger. Le même auteur ajoute, par ailleurs, que l'eau distillée de « cumin » passe pour spécifique de tous les maux intestinaux. C'est aussi selon GAT­TEFOSSÉ (1921) un digestif léger, un diurétique et un vermifuge.

DUCROS (1930) signale que ce fruit est utilisé pour ses vertus de carminatif et d'emménagogue.

Pour les soins post-partum on utilise, note PIANA (1939), un mé­lange où interviennent des graines de cette espèce (cf. à Artemisia herba-alba n° 431).

Ces graines interviennent également, fréquemment en mélange (cf. à Nigella sativa n° 135) pour combattre la constipation (MAIRE et SAVELLI, 1955), les céphalées et donner de la vigueur (PASSAGER et DOREY, 1958).

Les fruits sont employés comme stimulants aromatiques, carmi­natifs et emménagogues (PARIS et MOYSE, 1967 ; LEMORDANT et al. 1977).

R. - Le mélange, composé de miel, de cumin et de poivre, con­sommé deux fois par jour serait, notent DORVAULT et WEITZ, un aphrodisiaque.

291. Magydaris panacifolia (Vahl.) Lange

[II/916; p. 582] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Magydaris panacifolia

M. - Malgré la confusion signalée par TRABUT (in GATTE­FOSSÉ, 1921) entre cette espèce et Tinguarra sicula (n° 286) nous

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n'avons pas confirmation qu'il puisse y avoir substitution au niveau des usages.

292. Apium graveolens L.

[II/926; p. 588] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Apium graveolens

De fait, la var. palustre Hayne est le seul taxon considéré comme présent en Tunisie. Cette subdivision de l'espèce n'ayant pas été abor­dée dans les « Flores » des autres pays d'Afrique du Nord, nous avons rassemblé ici toutes les informations relatives à l'espèce sans savoir si elles s'appliquent très précisément à la variété.

A. - L'espèce est nommée « klafs » en Tunisie et considérée comme un aliment (LEMORDANT et al., 1977).

M. - En Algérie, selon DORVAULT et WEITZ (1945), on a recourt pour dissiper les migraines à des fumigations, à base d' Apium, dirigées sur la tête. Le jus de la tige est par ailleurs employé comme médicament externe sur les yeux en cas d' ophtalmie.

293. Petroselinum crispum (Mill.) Nym.

[II/930; p:590] OM­BELLIFÈRES

Nom accepté : Petroselinum crispum

Le taxon doit être orthographié actuellement P . crispum (Miller) A.W. Hill d'après Flora europaea.

Certaines variétés horticoles sont cultivées et même subsponta­nées.

A. - La plante entière est utilisée comme condiment.

M. - Elle est réputée avoir des vertus emménagogues et diurétiques (LEMORDANT et al., 1977).

294. Ridolfia segetum (L.) Moris

[II/931; p. 591] OMBEL­LIFÈRES

Nom accepté : Ridolfia segetum

D. - L'essence du « fenouil des moissons » est réputée aroma­tique (GATTEFOSSÉ et IGOLEN, 1945).

295. Pituranthos chloranthus (Coss. et Dur.) Benth. et Hook.

[II/932; p. 591] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Deverra denudata

Ce taxon a comme synonyme Deverra chlorantha Cosson et Du­rieu.

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A. - A propos de Deverra chlorantha (ar. = gouzziha), LOUIS (1963) indique qu'aux Kerkennah, un lit de cette plante à légère odeur d'anis sert à étendre les figues qui en séchant sont pénétrées de son odeur.

M.T. - Deverra chlorantha Coss. et Dur. ainsi que les espèces voisines contiennent d'après GATTEFOSSÉ (1921) un alcaloïde dan­gereux. Le même auteur note aussi que :

- RAYNAUD a trouvé cette espèce employée en cataplasmes sur la tête dans les soins de céphalées.

- JULIEN considère cette plante à l'origine de dangereux empoisonnements d'animaux.

Il est rapporté (CAUVET, 1925) que dans l'Extrême Sud, le pol­len de Deverra chlorantha et de Deverra scoparia (*) occasionne une grave ophtalmie chez le chameau. Ce pollen contiendrait, de fait, quelques alcaloïdes actifs ayant la même action que l'atropine.

(*) Deverra scoparia Cosson et Durieu = Pituranthos scoparius (Coss. et Dur.) Benth. et Hook.

296. Pituranthos scoparius (Coss. et Dur.) Benth. et Hook.

[II/933; p:592]

Nom accepté : Deverra scoparia

Cette combinaison a une synonymie Deverra scoparia Cosson et Durieu.

T.M.A. - Rappelons (CAUVET, 1925) les ophtalmies provo­quées par le pollen de cette espèce (cf. à Pituranthos chloranthus n° 295). Pour le « fenouil sauvage » (tam. = tallait ; ar. = guezzah), GAST (1968) rapporte les nombreux emplois auxquels il donne lieu en Ahaggar :

- les jeunes pousses se consomment crues, 7 jours après les pluies,

- les fleurs, qui sont sucrées, sont aussi appréciées et certains les mettent à tremper dans l'eau pour en extraire le sucre,

- après les avoir écorcées, on consomme le cœur des racines (tam. = enchi-inhan) des vieux pieds.

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- mastiquées, durant les longues marches, les tiges aident à la salivation et atténuent la soif, les feuilles et les tiges dégagent un arôme agréable et c'est pour cette raison que l'on recouvre la viande fraîche d'un lit de tiges vertes de « tattait » et que l'on fait rôtir la partie su­périeure des galettes en y brûlant des tiges sèches.

297. Ammi majus L.

[II/936; p. 594] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Ammi majus

M. - S'ils donnent la liste des alcaloïdes repérés dans cette es­pèce et qui ont fait l'objet de recherches cliniques et chimiques, CHO­PRA et al. (1960) indiquent aussi que les fruits sont, en Egypte, uti­lisés sous forme de poudre pour traiter le vitiligo.

Cet usage est également rapporté par PARIS et MOYSE (1967) qui précisent, par ailleurs, que des extraits ont été employés, dans des préparations servant au brunissement accéléré de la peau et semblent avoir été à l'origine de certains ac­cidents. Selon les mêmes auteurs les fruits sont également utilisés comme diurétique.

T. - En Tunisie où elle est dénommée « khaba » Ammi majus présente un caractère photosensibilisant (LEMORDANT et al, 1977).

298. Ammi visnaga (L.) Lamk

[II/937; p. 594]

Nom accepté : Visnaga daucoides

Cette espèce est surtout utilisée comme source de la « khelline », alcaloïde aux propriétés vasodilatatrices démontrées.

A. - GATTEFOSSÉ (1957) la signale au nombre des plantes dont les graines et les pétioles sont susceptibles de fournir une huile de bonne qualité.

M. - DUCROS (1930) note, pour l'Egypte, que la semence est diurétique, emménagogue mais qu'il s'agit surtout d'un lithotripti­que puissant.

A propos de cette plante (ar. : « bechni'ha ») GATTEFOSSÉ (1952) SO'Uligne qu'elle n'appartient pas au droguier du Maghreb et que les seuls usages qu'il en connaisse au Maroc ont trait à l'emploi, rare, des graines pour décongestionner la prostate et des rayons des ombelles comme cure-dents et pour les soins de la bouche (gingivite).

[180]

Sur le plan historique, GATTEFOSSÉ rappelle également que ce sont les multiples usages de Ammi visnaga en Egypte qui sont à l'origine de toutes les ob­servations scientifiques ayant, dès 1879, abouti à la découverte de la khelline par MUSTAPHA IBRAHIM (C.R. Acad. des Sc. 89, 1879, p. 442).

Selon GATTEFOSSÉ, l'immense intérêt de la khelline réside dans son action comme vasodilatateur coronarien et sa toxicité pratiquement nulle. Il indique l'em­ploi actuel dans les angines de poitrine, l'infarctus du myocarde, la lithiase urété­rale, l'asthme bronchique, les coliques néphrétiques et la coqueluche.

CHOPRA et al. (1960), comme pour Ammi majus, indiquent la liste des al­caloïdes contenus dans cette espèce et rapportent les expérimentations cliniques auxquelles ils ont donné lieu.

A la même date, PARIS et DILLEMAN notent qu' Ammi visnaga a été l'ob­jet de recherches, principalement dans le but d'en extraire de la khelline, vasodila­tateur des coronaires.

Selon PARIS et MOYSE (1967), les fruits peuvent être administrés, sous for­me de décocté, de teinture ou d'extrait, contre les coliques néphrétiques, les toux quinteuses, l'asthme, la dyspnée d'effort, l'angine de poitrine. Ils révêlent aussi que, de fait, en dehors des pays d'origine de l'espèce, ces affections sont traitées par administration de la khelline par voie buccale ou intramusculaire.

Les propriétés spasmolytiques et vasodilatatrices coronariennes sont rapportées aussi par LEMORDANT et al. (1977) qui notent le nom vernaculaire de l'espèce « khella » origine du nom de l'alcaloïde.

299. Ammoides verticillata (Desf.) Briq.

[II/938; p:594] OM­BELLIFÈRES.

Nom accepté : Ammoides pusilla

Les modifications de nomenclature obligent à indiquer ce taxon par la combinaison (Flora europaea) : A. pusilla (Brot.) Breistr. L'espèce est également connue par une synonymie : Ptychotis verticillata Dub.

M. - En Egypte le nom arabe de Ptychotis verticillata Dub., à savoir « hhashishat el baras » signifiant « herbe à la lèpre », est héri­té des propriétés particulières reconnues à la poudre des graines (DU­CROS, 1930). Cette semence est également utilisée dans ce pays, com­me carminative, diurétique et emménagogue.

300. Carum carvi L.

[II/sans n°; p. 595] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Carum carvi

A.M. - Signalées comme condiment aromatique (TROTTER, 1915 ; GATTEFOSSÉ, 1921 ; BURNET, 1939) les graines sont aussi

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employées pour calmer les douleurs des gastralgies (LARRIBAUD, 1952) ainsi que comme stimulant et carminatif (DUCROS, 1930).

Les hampes florales sont consommées comme l' « asperge » et la plante entière sert également de condiment, ajoute GATTEFOSSÉ (1921) qui note aussi que consommées en grande quantité, les graines ont réputées aphrodisiaques.

301. Bunium incrassatum (Boiss.) Batt.

[II/940; p:597 ] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Bunium pachypodum

Il nous paraît probable qu'il s'agit là du taxon correspondant dans Flora europaea à la dénomination : B. pachypodium P.w. Ball.

Le tubercule sert d'aliment en période de disette.

A.T. - Nos références font toujours état de l'usage des tuber­cules de cette espèce comme aliment. Ainsi GOBERT (1940) indique qu'ils sont cuits sous la cendre et consommés comme tels, alors que BOUQUET (1938) précise que l'écorce de ce tubercule, riche en ami­don, se détache par fragments à la dessication. Il ajoute encore, pour cette espèce (« talrhouda », « belbous », « aktsir », « oustsir », « aakser », « akoutsar »), deux types possibles de cuisson :

- grillée sur charbon de bois. A noter cependant que si la cuis­son est insufisante, la résine âcre de « talrhouda » peut, en cas d'ingestion importante, provoquer des désordres gastro-intes­tinaux,

- bouillie dans de l'eau salée puis accomodée (cette recette toutefois serait moins appréciée).

En année de pléthore, la plante entière et le tubercule sont récol­tés comme fourrage pour les vaches dont ils accroissent les perfor­mances laitières (BOUQUET). En année de disette, elle sert par con­tre, dans l'alimentation humaine, rapporte POTTlER-ALAPETITE (1979).

302. Bunium fontanesii (Pers.) Maire

[II/941; p:598]

Nom accepté : Bunium fontanesii

Sans connaître les éventuelles modifications nomenclatures ré­centes, nous avons retenu la synonymie entre B. mauritanicum Batt. et B. fontanesii (Pers.) Maire citée par POTTIER-ALAPETITE.

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A. - CLASTRIER (1936) signale comme aliment de misère

- Les fruits de Crataegus monogyna (*) (« edmen »), de Vicia onobrychoides et de Vicia amphicarpa (« tiffinin »).

- les racines de Launaea acanthoclada, (« arramon ») consom­mées crues, et de Bunium mauritanicum (« talghoudi »).

(*) Les usages de Crataegus monogyna sont rapportés à la rubrique de son synonyme Crataegus oxyacantha ssp. monogyna (Jacq.) R. et Camus.

303. Crithmum maritimum L.

[II/945; p:599] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Crithmum maritimum

A. - Les feuilles, confites au vinaigre, servent de condiment, rapporte POTTIER-ALAPETITE (1979).

304. a) Oenanthe fistulosa L.

[II/949; p:602] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Oenanthe fistulosa

b) Oenanthe globulosa L. [II/950; p:602]

c) Oenanthe virgata Poir. [II/951; p:603]

Ce taxon a une dénomination synonyme : 0. anomala Cosson et Durieu.

T. - Les espèces Oenanthe anomala, O. fistulosa et O. globulosa sont toutes trois considérées toxiques rapportent (LEMORDANT et al., 1977).

305. Foeniculum vulgare Mill.

[II/953; p:603] OMBELLIFÈ­RES

Nom accepté : Foeniculum vulgare

Certaines synonymies rapportées dans la littérature ne sont plus en usage, ainsi en est-il des suivantes : F. cappilaceum Gilib. = F. officinale All. = F. vulgare Mill. En effet dans Flora europaea, F. cappilaceum Gilib. devient la ssp. vulgare de F. vulgare Miller alors que dans la Flore de la Tunisie, il s'agit de la ssp. capillaceum (Gi­lib.) Holmbœ de cette même espèce.

Les fruits aromatiques sont essentiellement employés comme con­diment mais on leur reconnaît de plus, ainsi qu'à d'autres parties, de la plante, de nombreuses vertus.

[183]

A. - BURNET (1939), signale ·l'usage condimentaire de ce « fe­nouil » et indique les noms vernaculaires suivants :

- arabe : besbes, besbeça, besbes bastani (Maroc), chbets, che­mar (Gabès), chibitt, dibcha, naffa.

- berbère : tamessaout, lemsous, lebisbas, ouamsa.

Les graines sont, selon GOBERT (1940), employées pour la con­fection des pains aux épices ; cet usage est encore très fréquent.

Dans le Sud tunisien, nous avons noté l'emploi occasionnel de cette espèce dans le couscous.

M. - De nombreux auteurs ont rapporté des indications concer­nant les usages thérapeutiques.

S'il rapporte l'usage des graines comme condiment, GATTEFOS­SÉ (1921) ajoute que :

- l'infusion est employée dans les soins des maux de gorge et des lumbagos,

- la racine passe pour être un excellent galactogène.

Pour faire transpirer un fièvreux, LARRIBAUD (1952) a noté la recette qui consiste à faire prendre au malade :

- soit une pincée de semences de Coriandrum sativum dans un morceau de viande bien poivré,

- soit un peu de Fœniculum vulgare (« besbes ») ou de Nigella sativa (« sanoudj ») dans un œuf brouillé,

- soit encore de lui faire prendre comme breuvage, du thé avec quelques graines d' Anethum theurkauffi (*) (« guezza »). Cette usage du « besbes » est confirmé par PASSAGER et DOREY (1958), qui si­gnalent que la tisane ou l'infusion. qui combat la fièvre, sert aussi dans les soins des maux de gorge et les oreillons.

Les fruits aromatiques, stimulants et carminatifs figurent (CHO­PRA et al., 1960) dans la pharmacopée de tous les pays et sont utilisés :

- pour le traitement des maladies de la poitrine, de la rate et des reins,

- pour masquer la saveur désagréable de quelques drogues,

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- dans la composition de la « poudre de réglisse composée » et des préparations employées pour calmer les coliques.

LEMORDANT et al. (1977) confirment ces propriétés.

Nous avons aussi relevé, dans le Sud tunisien, l'usage de cette espèce en gargarismes, en infusion pour laver les yeux contre le tra­chome et en cas de fatigue.

(*) Malgré cette référence de LARRIBAUD, nous n'avons trouvé nulle part, dans les Flores ou Index, trace de cette espèce.

306. Anethum graveolens L.

[II/954; p:604] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Anethum graveolens

L' « aneth » est aromatique mais présente également quelques vertus qui la font respecter dans la pharmacopée traditionnelle.

A. - BURNET (1939) indique qu'en Tunisie, les graines sont souvent désignées par les mêmes appellations que celles du fenouil « chermar » et « chibitt » ou de l'anis « habbet haloua » et qu'elles sont aromatiques.

Cet usage est également rapporté en Ahaggarr par GAST (1968).

M. - GAST note par ailleurs que cette espèce est un remède réputé contre la blennorragie, la syphilis, les affections cardiaques et la tuberculose.

La mastication des feuilles est, au Sahara (où la plante est con­nue sous la dénomination « ouazouaz »), considérée comme un moyen de lutter contre les angines (LARRIBAUD, 1952).

L'emploi des fruits (ar. = chebt) en tant que stomachique, car­minatif et diurétique est souligné par PARIS et MOYSE (1967) puis LEMORDANT et al. (1977).

D. - GAST note aussi que les propriétés ·aromatiques des grai­nes entraînent leur emploi pour parfumer le beurre fondu, certains autres aliments et la coiffure des femmes.

La vertu de clarifier et de parfumer le beurre a été précisée par GAST et al. (1969) qui indiquent ainsi qu'en Ahaggar le beurre fondu

[185]

(tam. = oûdi ; ar. : smen) est obtenu de la façon suivante : le beur­re frais est chauffé puis on y ajoute quand il est liquide l'un des pro­duits suivants : une poignée de dattes concassées, de la corne de mou­flon rôtie et râpée, des feuilles de Matricaria pubescens (Desf.) Schultz (tam. : ainessis), de Melilotus indica (L.) All. (tam. = ehesses) (*), d' Anethum graveolens L. (tarn. : asear), de Ruta tuberculata Forsk. (**) (tam. : touf ichkan) ou encore des graines de mil du Niger.

(*) Certains assimilent « éheses » à Trigonella anguina Del. espèce présente en Tunisie mais non traitée ici. (**) Ruta tuberculata Forsk. = Haplophyllum tuberculatum (Forsk.) Juss.

307. Ferula communis L.

[II/959; p:607] OMBELLIFERES

Nom accepté : Ferula communis

Cette plante est à la fois toxique et parée du pouvoir de combattre les maléfices.

A.T. - Les jeunes feuilles, encore blanches, sont consommées en temps de disette mais seraient à l’origine d'une maladie cutanée particulière, indique GATTEFOSSÉ (1921) qui rapporte également que les fleurs non épanouies se mangent cuites sous la cendre.

M. - La gomme, qui suinte de la férule à la suite de la piqûre d'un charançon, est nommée en arabe « fassok » et utilisée au Ma­roc, comme épilatoire et pour le traitement des ophtalmies (GATTE­FOSSÉ, 1921). Cette gomme est aussi signalée par d'autres auteurs sous le nom de « résine » ou « gomme résine ». VELU et GARDAS (1924) ont signalé par ailleurs que cette résine est, aux dires de GAT­TEFOSSÉ, l'exsudation pathologique des racines.

Selon SURCOUF (in GATTEFOSSÉ, 1921) les fleurs non épa­nouies sont anthelmintiques.

T. - Synthétisant, en 1924, l'information alors disponible à son propos, VELU et GARDAS indiquaient que :

- dès 1923, LAFRANCHI et ALTANA apportaient les preuves de la toxicité de la férule,

- comme pour beaucoup d'espèces (le sorgho par exemple), la toxicité de la férule n'est révélée que certaines années, dans certaines régions et durant une période relativement brève de


[186]

sa croissance (après accumulation intraorganique de principes actifs),

CORNEVIN dans son « Traité des plantes vénéneuses » écrit : « Après dessication, la férule commune, n'est plus nuisible. Au moment où elle sort de terre et pendant les premiers temps de sa végétation elle est également inoffensive ; puis sa tige et ses feuilles deviennent vénéneuses jusqu'au moment de la floraison ; après cette époque, elle n'est plus à craindre et les arabes prétendent qu'alors on peut la man­ger et qu'elle constitue même un bon aliment ».

- elle occasionne des empoisonnements mortels chez les hommes et les animaux à la suite d'une action équivalente à celle de la peucédamine extraite du Peucedanum officinale (*).

- la consommation de la viande du mouton empoisonné est sans danger, la cuisson annihilant l'action du principe véné­neux volatil.

La « férule » est en général dédaignée par les animaux mais il leur arrive de la brouter à certains stades de végétation. Les effets de sa toxicité chez l'homme et les animaux sont connus sous le nom de « fé­rulisme » (LABBE, 1950). Le même auteur signale qu'on en tire éga­lement une gomme résine. Il s'agit très probablement de cette résine désignée par VELU et GARDAS sous le nom vernaculaire « fasouh » et dont les pays musulmans sont gros consommateurs.

R. - La gomme résine de Ferula communis nommée « fasouh » serait en infusion sucrée, un contre poison qui combattrait l'action des philtres d'envoûtements (« borbor ») révèle REBOUL (1953).

D. - Passant aux usages hors pharmacopée, nous relevons (in BEN ALI et LOUIS, 1946) les emplois d'une espèce nommée « kech­boûra » et qu'ils supposent improprement être du « thapsia » alors qu'il s'agit très probablement de Ferula communis.

- « On emploie assez souvent les éléments de la tige ou des ti­gelles à divers travaux de sparterie ou de vannerie (confection de cage par exemple). Les barbiers tunisiens s'en ser­vent aussi pour repasser leurs rasoirs : un morceau de tige est fendu en deux ; la moëlle qu'elle contient jouera le rô-


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le de cuir à repasser et un peu de sable fin fera office de pâte à aiguiser. Les anciens auraient utilisé la moëlle de cette plante comme mêche lente ! ».

(*) Peucedanum officinale L. (famille des OMBELLIFERES) non signalé dans la flore tunisienne.

308. Thapsia garganica L.

[II/966; p:612] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Thapsia garganica

Parfois considérée comme toxique Thapsia garganica trouve ce­pendant quelques applications dans la thérapeutique.

A. - Au Maroc l'espèce passe pour favoriser l'engraissement. Il faut pour cela faire bouillir, dans du beurre ou de l'huile, les racines jusqu'à ce qu'elle deviennent molles après quoi on les pile. La poudre obtenue mêlée à de la farine d'orge ou de pois chiche et à du miel procure une pâte dont on doit consommer, sans boire, la valeur d'une poignée après chaque repas (BOUQUET, 1921).

M.T. - Déjà en 1850, PRAX signalait que cette espèce (ar. = drias) contient un poison mais que sa racine (ar. = bou nâfa) est utilisée, suivant deux indications, pour combattre les douleurs :

- « on met cette racine dans un feu peu ardent, on la retire, on l'écrase et l'on prend le corps du milieu, qui est dur, pour frotter les parties malades ; les parties ainsi frictionnées en­flent, à moins que la douleur ne soit trop forte. Dans ce cas, il n'y a qu'une éruption de boutons. »

- « on coupe le « bou nâfa » en morceaux, on le hache, on le fait bouillir dans une quantité d'eau telle qu'elle puisse être absorbée presqu'entièrement. Cette racine, ainsi préparée et mêlée à du son, est employée dans les bains par les femmes qui éprouvent des douleurs ; avec ce mélange elles friction­nent les parties malades ».

BOUQUET (1921) et GATTEFOSSÉ (1921) ont aussi rapporté de nombreux usages médicinaux au Maghreb :

- contre les maladies des poumons il est conseillé de couper en petits morceaux une racine de cette espèce, de les faire bouillir dans l'huile jusqu'à ramollissement. Dans l'huile obtenue on fait cuire des

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œufs frais et on en consomme un tous les matins à jeun. L'huile re­froidie sert à frictionner le thorax du malade,

- la plante est aussi révulsive selon deux préparations possibles :

  • placer une racine jusqu'à ramollissement dans la cendre chaude. Enlever l'écorce et avec la partie décortiquée frot­ter la partie malade,
  • placer les racines, découpées en morceaux, dans un vase fermé et faire bouillir 12 h. durant à feu doux. Ajouter du beurre et maintenir ainsi 12 h. à feu très faible. Le beurre décanté et solidifié est employé comme pommade révulsive.

- la gomme résine, abondante surtout dans l'écorce de la racine, est un révulsif très actif,

- la plante est réputée immuniser préventivement, un an du­rant, contre la rage.

- la plante entière sert en cataplasmes contre les fluxions et les abcès.

CAUVET (1925) a noté que, quoique toxique, la plante est uti­lisée pour la fabrication de vesicatoires énergiques. Pour les soins des contusions, CLASTRIER (1936) a signalé l'emploi qui peut être fait des racines de cette espèce (ar. = derias) (cf. à Ballota hirsuta n° 358). Elle est également mentionnée comme étant révulsive par BOUCHAT (1956). DOREAU (1961) reprend ces indications et y ajoute que par voie interne la drogue calme la toux, la bronchite et les rhumatismes.

Ces usages sont précisés par PARIS et DILLEMAN qui ont souligné que l'é­corce de la racine de cette espèce et de Thapsia villosa L., par macération dans l'alcool, fournit une résine utilisée comme révulsif. Cette extrait alcoolique de la racine est également cité par PARIS et MOYSE comme fournissant une résine vé­sicante que l'on emploie en usage externe comme révulsif et antirhumatismal.

Pour combattre les effets d'une morsure de serpent ou d'une pî­qure de scorpion, on utilise un emplâtre de feuilles de Thapsia garga­nica (réduites en poudre), de semoule, de miel et de beurre fondu (LOUIS, 1979).

T. - Traitant du chameau, CAUVET rapporte que Thapsia gar­ganica est toxique car elle contient dans sa partie aérienne un suc rou­ge et corrosif qui brûle l'estomac de l'animal et le tue. Cette toxicité

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est également signalée par PARIS et DILLEMAN (1960) PARIS et MOYSE (1967) et RODIN et al. (1970).

309. Thapsia villosa L.

[II/967 ; p:612]

Nom accepté : Thapsia villosa

M. - PARIS et DILLEMAN (1960) ont signalé l'emploi de l'espèce en tant que révulsif (cf. à Thapsia garganica, n° 308).

310. Ammodaucus leucotrichus Coss. et Dur.

[II/969 p:613] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Ammodaucus leucotrichus

A. - L'espèce est réputée excellent aromate (GATTEFOSSÉ, 1921).

M. - C'est, comme le « cumin » (Cuminum cyminum) un diges­tif mais qui semble plus énergique et favorable à la lutte contre les indigestions et les maladies d'estomac, signale GATTEFOSSÉ (1921) pour le Maroc.

Au Sahara occidental, on recommande (LARRIBAUD, I952) contre les nausées et les vomissements, de prendre à jeun une infu­sion, de feuilles d' Haplophyllum tuberculatum, de Maerua crassifo­lia (*) ou de fleurs d' Ammodaucus leucotrichus (« kemmoun el kou­dia »), à laquelle on ajoute parfois quelques brindilles de Corrigiola telephifolia (**).

Dans la même région, les nomades font, a défaut de thé, usage de succédanés médiocres : Salvia aegyptiaca et Ammodaucus leucotrichus. Les infusions de cette espèce ainsi que celle de Cleome arabica et de Lavandula sont, toujours selon LARRIBAUD, réputées très efficaces pour combattre la toux.

Au Sahara, encore, cette plante est utilisée pour soigner les trou­bles digestifs consécutifs à la peur (DOREAU, 1961).

(*) Maerua crassifolia Forsk. (famille des CAPPARIDACÉES) est absente de la flore tunisienne.

(**) Corrigiola telephifolia Pourr. = Corrigiola littoralis ssp. telephifolia (Pourr.) Briq., la Flore de la Tunisie n'indiquant que l'espèce, nous n'avons pas établi de fiche pour cette sous-espèce.

311. Daucus carota L.

[II/975; p:618] OMBELLIFÈRES

Nom accepté : Daucus carota

M. - La graine est très employée dans les cas de coliques néph­rétiques ainsi que pour ses propriétés carminatives, apéritives, emménagogues et diurétiques (DUCROS, 1930).

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L'espèce (fr. = carotte) est réputée antidiarrhéique et la pulpe utilisée en application externe contre différentes affections cutanées (PARIS et MOYSE, 1967).