Légumineuses (Le Floc'h, 1983)

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Rosacées
Le Floc'h, Ethnobotanique tunisienne, 1983
Géraniacées


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183. Acacia raddiana Saw

[II/457; p:293] LÉGUMINEUSES

La définition systématique de cette espèce ne semble pas très claire dans l'esprit des botanistes qui sont de fait partagés sur l'éven­tualité d'y discerner plusieurs sous-espèces ou espèces.

Cette comhinaison retenue dans la Flore de la Tunisie est aussi adoptée par TÄCKHOLM (1974) pour l'Egypte.

Cet Acacia (ar. = talha) s'est très raréfié du fait de ses usages multiples.

M. - Travaillant au Sahara occidental, LARRIBAUD (1952) indique que pour combattre les diarrhées, on utilise surtout une décoction de graines de fenugrec (*) ou une infusion de Arthrophytum scoparium en restant à jeun vingt-quatre heures, mais que parfois dans les cas légers on se contente de sucer de la résine de Acacia raddiana. Il rapporte également que contre les taies on applique sur la cornée un mélange broyé de graines émondées de Cassia obovata (*) (« suina ») en provenance de Tombouctou, de Acacia raddiana et une noix de kola.


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Pour le Sahara oranais, PASSAGER et BARBANÇON (1956) ont noté que la gomme servait à relever et à coller les cils dans les débuts d'entropions.

D. - Le « gommier » a d'autres emplois et est utilisé en premier lieu pour son bois, très apprécié dans la fabrication des poulies, des supports de poutres pour le puisage de l'eau et comme bois de chauf­fage. Il semble par ailleurs que l'usage le plus fréquemment rap­porté soit ceiui qui est en fait de l'écorce dea racines pour le tannage du cuir. Cet emploi, encore effectif en Tunisie dans les zones où subsiste cette espèce, est aussi signalé dans la littérature par COUR­NAND (1958) et pu LETHIELLEUX (1948) au Fezzan (Libye).

(*) fenugrec: = Trigonella fenum-graecum L. (**) Cassia obovata Coll. = Cassia aschrek Forù. (famille des Légumineuses) absente de la flore tunisienne.


184. Ceratonia siliqua L.

[II/459; p:294] LEGUMINEUSES

Les fruits dits « caroubes » ont des propriétés antidiarrhéiques reconnues.

A. - Les fruite, ou « caroubes », employés surtout comme four­rage (DUCROS, 1930), aliment, pour la fabrication d'un alcool et d'un succédané du café (TROTTER, 1915), ont cependant d'autres usagee essentiellement en médecine.

M. - L'écorce est réputée astringente alors que la pulpe qu'elle contient, triturée dans l'eau, fournit, selon DUCROS (1930), un suc rafraîchissant, diurétique, béchique et laxatif. Cette dernière proprié­té est en apparence réfutée au Maghreb où l'on considère que cette pulpe constitue de fait un puissant antidiarrhéique.

En Afrique du Nord, en effet, rapportent DORVAULT et WEITZ (1945), les populations considèrent lea caroubes séchées comme étant favorables aux individus atteints d'anciennes affections des bronches et l'extrait d'écorce du caroubier comme un puissant antidiarrhéique à la dose de 30 à 50 centig./jour.

La propriété antidiarrhéique est confirmée par PARIS ct DILLEMAN (1960) parlant des graines et des fruits, puis par PARIS et MOYSE (1961) qui précisent que la pulpe du mésocarpe, privée des graines, puis séchée, est riche en glucides


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et administrée contre les diarrhées infantiles et les gastroentérites. Ces mêmes auteurs insistent sur le fait que les manno-galactates de la caroube ne sont pas diges­tiblea et n'ont donc aucune valeur alimentaire. PARIS et MOYSE soulignent encore 6qu'en pharmacie, la gomme de caroube est un épaississant contre les vomissements du nourrisson et dans le régime des obèses.

LEMORDANT el al. (1977) notent les propriétés antidiarrhéiques et l'emploi comme gomme épaississante de cette espèce (« kharoub »).

Les caroubes (« kharûba »), entrent avec le fenugrec (*), les rai­sins secs, le cumin (*) et les figues sèches dans la tisane que l'on fait prendre à une accouchée dont on ne parvient pas à arrêter l'hémor­ragie. L'eau de caroube eet également réputée pour le traitement des affections du foie (LOUIS, 1963).

Noua avons, dans le Sud tunisien, recueilli le fait que, mis à cuire jusqu'à procurer une compote brune, le mélange de caroube et de fi­gues est donné aux femmes lors de leurs relevailles.


D. - Pour les emplois autres que ceux relevant de la médecine, les informations sont plus rares. Cependant selon REVAULT (1967) le jus de caroube est utilisé pout l'ornementation des poteries traditionnelles, alors que TROTTER (1915) indique que l'écorce du tronc a des propriétés tannantes.

PARIS et MOYSE (1961) écrivent que, dans l'industrie, la caroube procure un succédané de la gomme astragante (émulsionnant), employé en cosmétologie, pour l'encollage du papier, l'industrie du textile, etc...

Le bois rosé du caroubier est utilisé en menuiserie (POTTIER­-ALAPETITE).

(*) fenugrec = Trigonella foenum - graecum L.

- cumin = Cuminum cyminum L. (Ombellifères)


Anagyris foetida

185. Anagyris foetida L.

[11/460; p:298] LÉGUMINEUSES

M. - La graine (ar. : « Hhabb el kila » = graine des reins) est employée en Egypte (DUCROS, 1930) comme vomitif, purgatif et émétique en particulier dans les affections des reins, d'où son nom arabe. Les feuilles sont aussi considérées comme fortement emménagogues et purgatives ; pilées puis appliquées en cataplasme elles aont résolutives.


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T. - GATTEFOSSÉ (1921) rapporte aussi le caractère émétique et ajoute que les graines, qui contiennent un alcaloïde, sont toxiques.

186. Lupinus luteus L.

[II/462; p:299] LÉGUMINEUSES

T.- A propos de cette espèce, PARIS et MOYSE (1967) rapportent les mê­mes indications que pour Lupinus hirsutus L. (n° 187) en précisant que la lupinine, poison cardiaque, est particulièrement abondante dans les graines.


187. Lupinus hirsutus L.

[II/463; p:300]

Suite à des modifications nomenclaturales, ce taxon correspond dans Flora europaea à 1a combinaison L. micranthus Guss.

A.M.T.D. - Les graines sont parfois utilisées, dans l'alimentation, ou après torréfaction comme succédané du café ; cependant, s'il existe des variétés pauvres en alcaloïdes, il en existe également qui, riches en alcaloïdes, sont considérées com­me amères et toxiques (PARIS et MOYSE, 1967).

L'intérêt fourrager de cette espèce (ar. : termouss ; fr. = lupin hérissé) est noté pwr LEMORDANT et al. (1977).


188. Spartium junceum L.

[II/466; p:302] LÉGUMINEUSES

Cette espèce toxique présente aussi quelque intérêt comme textile.

M. - Au Sahara, on recouvre les plaies des morsures de vipères de tiges de Spartium junceum pilées et bouillies (DORVAULT et WEITZ, 1945).

T. - FONT-QUER (1962) signalant la présence d'un alcaloïde (la cytisine) fait état de la toxicité de tous les organes de la plante y compris les fleurs.

PARIS et MOYSE (1967) ne notent que la toxicité de la graine mûre, toxicité égallement rapportée par LEMORDANT et al. (1977).

D. - Le « genêt d'Espagne » procure un excellent combustible et fournit de bonnes fibres textiles (TROTTER, 1915).

GRIGNAC (1956) signale à ce propos que depuis la plus haute antiquité la plante est réputée textile et est appréciée comme telle du


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fait de l'imputrescibilité élevée de ses fib:res et de leur résistance aux microorganismes.


189. Genista saharae Coss. et Dur.

[II/474; p:307] LÈGUMINEUSES

Il est assez étonnant de oonstater que tour à tour l'espèce parait toxique ou comme possédant quelques vertus.

T.M. - Selon CAUVET (1925), l'espèce (« merkh ») est toxique et provoque, quand elle est ingérée à l'état sec, une grave rétention d'urine (« el tahsir »), l'origine de ces cystites étant confirmée par CURASSON (in BURGEMEISTER, 1975). CAUVET signale par ailleurs que les rhumatismes (« ghaf ») dûs à l'ingestion par les chameaux de Cistacées à l'état sec (Helianthemum lippii var. sessiliflorum et Helianthemum tunetanum*) et provoquant de longues boîteries, sont soignés en faisant passer les animaux malades dans les pâturages à « merkh ». Il serait possible, suggère CAUVET, que Genista saharae exerce ainsi quelque influence du fait de ses propriétés diurétiques, Le même auteur note encore que le pâturage du « merkh » constitue également un remède contre les affections du système respiratoire. l'espèce est par contre suspectée de provoquer des affections intestinales ainsi que des paralysies de l'arrière train, mais BURGEMEISTER, qui rapporte ces faits, souligne également qu'ils ne sont nulle­ment démontrés (**).

(*) Helianthemum tunetanum Coss. et Kral. = Helianthemum crassifolium (Poir.) Pers.

(**) En effet, comment ne pas être surpris par l'usage de l'espèce dans les soins de boiteries (CAUVET) et leur implication dans l'apparition de paralysies, il semble y avoir là contradiction flagrante justifiant les doutes de BURGEMEISTER.


190. Retama raetam (Forsk.) Webb.

[II/475; p:308] LÉGU­MINEUSES

Ce taxon correspond à la dénomination actuelle (Flora europaea) Lygos raetam (Forskal) Heywood.

Cette espèce utilisée surtout en thérapeutique traditionnelle pour faire des pointes de feu semble cependant devoir être employée avec précaution.


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M. - Selon DUVEYRIER (in TROTTER, 1915) les racines ser­vent à préparer des décoctions vermifuges.

Les tiges et feuilles pilées avec du miel sont vomitives souligne BOUQUET (1921) qui ajoute qu'elles sont aussi administrées en lave­ments purgatifs et vermifuges.

RAYNAUD (in GATTEFOSSÉ, 1921) rapporte l'usage, à Marakech, de la flagellation avec des tiges fraîches de « r'tem » pour lutter contre les enflures.

Le « retam » est le plus souvent signalé pour le traitement des dou­leurs et des plaies. Ainsi, RAMES (1941) note que toute douleur peut être traitée par des pointes de feu faites avec un fragment de tige de régime de dattes ou avec une baguette de « retem » ou encore une tige de henné (*). Cet usage, pour les pointes de feu, est aussi signalé par REBOUL (1953) et PASSAGER et BARBANÇON (1956). Selon DO­REAU (1961), la plante serait fébrifuge et servirait au traitement des plaies, emploi que nous avons ausi relevé dans le Sud tunisien, l'es­pèce (ar. = retem) étant alors broyée et mélangée à du lait.

L'emplâtre de « retem » (LOUIS, 1979) est employé dans le traitement des boutons purulents.

Nous avons relevé, dans le Sud tunisien, l'emploi de cette plante pour les soins en cas de morsure de serpent (cf. à Artemisia campestris n°430), pour le traitement de la gale des ovins (cf. à Arthrophytum scoparium n° 116) et dans la lutte contre l'infection des plaies (cf. à Helianthemum confertum var. brachypodium n° 271).

T. - A dose élevée le « retem », très recherché par les chameaux, les moutons et les chèvres, serait abortif (BOUQUET, 1921) propriété qui, selon GATTEFOSSÉ (1921), serait due à la présence de rétamine.

Pour CAUVET (1925), l'espèce consommée à l'état sec, produit chez le chameau une grave rétention d'urine. Cette toxicité est également rapportée par DURAND (1958) qui, cependant, affirme que les chameaux ne consomment jamais de « retem ». OZENDA (1977) attribue cette nocivité à des hétérosides cyanogénétiquee et RAMES (1941) rapporte un décès de femme à la suite de l'ingestion d'un infusé de « retem ».


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D. - Cette plante sert aussi de combustible (TROTTER) et communique au lait une odeur désagréable (BOUQUET, 1921).

(*) henné = Lawsonia inermis L.


191. Retama sphaerocarpa (L.) Boiss.

[II/476; p:308]

La nouvelle dénomination pour ce taxon est (Flora europaea) : Lygos sphaerocarpa (L.) Heywood.

M.- Comme pour Retama monosperma (*),PARIS et DILLEMAN (1960) signalent des alcaloïdes chez R. sphaerocarpa.

(*) Retama monosperma Boiss. est absent de la flore tunisienne.


192. Erinacea anthyllis Link

[II/477; p:308] LÉGUMINEUSES

Si cette combimaison est aussi en accord avec la nomenclature de Flora europaea nous avons rapporté ici une indication concernant son synonyme E. pungens Boiss.

T. - La « chedida » (ou « chdid ») est, selon CAUVET (1925), qui le désigne sous le binôme Erinacea pungens, susceptible de provoquer des entérites chez le chameau. Il apparaît cependant que l'appellation « chedida » est appliquée à plusieurs espèces: ce qui rend l'in­dication peu précise. CAUVET signale la même indication concernant Genista microcephala var. capitellata (Coss.) Maire pour lequel nous sommes incapables d'indiquer une synonymie dans la Flore de la Tu­nisie.


193. Calycotome villosa ssp. intermedia (Salzm.) Maire

[II/478; p:309] LÉGUMINEUSES

Nous avons rapporté ici une indication relative, de fait, à Calycotome iintermedia Presl. que nous assimilons à C. villosa ssp. intermedia (Sarlzm.) Maire cité dans la Flore de la Tunisie. Sans connaître la position actuelle de ce taxon infraspécifique dans la nomenclature ré­cente il faut cependant rectifier selon Flora europea l'orthographe de la combinaison de rang d'espèce en : Calycotome villosa (Poiret) Link.

D. - TROTTER (1915) indique l'emploi qui est fait de Calycotome intermedia Presl. comme combustible et pour la délimitation des propriétés.


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194. Ononis natrix L.

[II/482; p:313] LÉGUMINEUSES

D.M. - Dans les Aurès (CLASTRIER, 1936), on prétend que pour débarasser un gourbi des puces, le mieux est de le balayer avec des touffes d'Ononis natrix (ar. = tfizza). CLASTRIER note égalememt la propriété hémostatique de cette espèce (cf. à Carlina involucrata n° 437).


195. Trigonella gladiata Stev.

[II/506 ; p:327) LÉGUMINEUSES·

Dans Flora europaea le taxon est orthographié : Trigonella gladiata Steven ex Bieh.

A. - Les fruits très aromatiques sont utilisés comme condiment dans le sud marocain (GATTEFOSSÉ, 1921).


196. Trigonella foenum-graecum L.

[II/sans n° ; p:327] LÉ­GUMINEUSES

Toutes les parties de cette plante fourragère, cultivée, sont con­sommées à l'état vert. Dans les usages par l'homme, ce sont surtout les graines qui ont de l'intérêt du fait de leur composition chimique remarquable.

A. - Il s'agit d'un aliment, réputé donner de l'embonpoint et utilisé à cette fin par certaines personnes et en particulier des femmes note TROTTER (1915) qui, de plus, indique que les graines sont man­gées fraîches et que, desséchées puis réduites en farine, elles entrent dans la fabrication d'une pâte comestible.

M. - BOUQUET (1921) signale que contre l'enflure de la rate on emploie des cataplasmes obtenus en faisant bouillir la farine de « helba » avec du vinaigre et du salpètre. La décoction de la plante entière s'utilise :

- en bain de siège, contre les affections de la matrice.

- en lotion pour l'entretien de la chevelure ainsi que pour la guérison des gourmes du cuir chevelu des enfants.


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GATTEFOSSÉ (1921) indique cette espèce comme étant active surtout contre la constipation, les hémorroïdes, les affections de la matrice et en tant que purgatif vétérinaire.

L'espèce est (RENAUD et COLIN, 1934) parfois considérée comme étant une panacée et son nom arabe se rattache peut-être au mot « hailib » signifiant lait faisant ainsi allusion aux propriétés galactogogues de la plante.

La farine obtenue à partir des graines calme la toux (TROTTER, 1915) et les maux de ventre (LETHIELLEUX, 1948).

Selon TROTTER, le fenugrec est considéré comme fébrifuge, alors qu'en infusion, REBOUL (1958) le signale comme fortifiant pour les enfants et sédatif des douleurs durant l'accouchement. Cette vertu de fortifiant est aussi signifiée par BOUCHAT (1956) qui ajoute qu'après macération la plante est aussi employée comme vermifuge.

PASSAGER et BARBANÇON (1956) révèle la préparation d'un traitement antalgique où entre cette espèce (cf. à Arthrophytum scoparium n° 116). L'infusion des graines est encore signalée par PAS­SAGER et DOREY (1958) en médication contre l'anémie, la diarrhée et le mal de poitrine. Ces mêmes auteurs relatent, par ailleurs, le ca­ractère fortifiant d'un mélange dans lequel entre le fenugrec (cf. à Nigella sativa n° 135).

Les populations sahariennes attribuent, aux graines, diverses propriétés et les utilisent dans les cas de troubles intestinaux, les affec­tions broncho-pulmonaires et comme fébrifuges ; DOREAU (1961) qui rapporte ces indications note également la réputation de cette espèce comme étant antianémique, stimulante de l'accouchement, curative des angines et de la gale .

LOUIS (1963) signale, entre autre, à propos du fenugrec une réfé­rence bibliographique :

FURST, W.J. 1939. Contribution à l'étude physiochimique et pharmacologi­que du fenugrec et de ses principaux constituants. (Thèse Université de Strasbourg, 163 p.).

Plusieurs emplois de l'espèce chez les nomades du Sud tunisien sont encore mentionnés par LOUIS (1971)


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- pour les cas de fièvre : si l'accès est violent on se sert de la viande semi-boucanée d'un renard ou d'un chacal en mélange avec la « halba »,

- le fenugrec guérit les indigestions et, cuit dans l'huile, est un palliatif des diarrhées,

- pour la guérison des fractures, après réduction, on enserre le membre cassé et on applique sur le pansement un emplâtre fait de six œufs et de fenugrec réduit en poudre. On fait, pour ac­tiver sa guérison, consommer au malade du lait ou un mélange cuit d'orge pilée, de fèves, de fenugrec et de viande boucanée ou de graisse de mouflon.

C'est aussi un stimulant neuro-vasculaire. Administré sous forme de poudre ou d'extrait fluide c'est un stimulant de l'appétit et de la nutrition employé dans les cas d'amaigrissement (PARIS et MOYSE, 1967).

R. - L'espèce est aussi un aphrodisiaque réputé (BOUQUET, 1921 ; GATTEFOSSÉ, 1921 ; DORVAULT et WEITZ, 1945 ; PARIS et MOYSE, l967).


197. Melifotus indica (L.) All.

[II/508; p:328] LÉGUMINEU­SES

M. - Les fruits sont, signale SURCOUF (in GATTEFOSSÉ, 1921), utiles dans les soins des maladies des organes génitaux des deux sexes.


198. Melifotus macrocarpa Dur.

[II/510; p:329]

A.M. - BATTANDIER et TRABUT (in GATTEFOSSÉ, 1921) notent que les fruits, de cette espèce, chargés de coumarine sont uti­lisés comme épice et antispasmodique.


199. Medicago sativa L.

[II/516; p:334] LÉGUMINEUSES

La farine de Luzerne (ar. = kessa, fassa, nefel, safsafa) est antianémique, reconstituante, récalcifiante, antihémorragique (PARIS et MOYSE, l967 ; LEMORDANT et al. 1977).


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200. Trifolium pratense L.

[II/553; p:356] LÉGUMINEUSES

T. - BŒUF (1933) rapporte que Trifolium hybridum (*), Tri­folium pratense, Trifolium elegans (*) et Trifolium roseum (*) ont des propriétés photosensibilisantes (cf. à Hypericum triquetrifolium n° 260).

(*) Trifolium hydridum L.

- Trifolium elegans Savi

- Trifolium roseum Presl. = Trifolium ochroleucum Huds.

Ces espèces (*) sont considérées comme absentes de la flore tunisienne.


201. Anthyllis sericea ssp. henoniana (Coss.) Maire

[II/564; p:363] LÉGUMINEUSES

Cette sous-espèce est, dans Flora europaea, érigée au rang d'espè­ce sous la combinaison : A. henoniana Cosson ex Batt.

T. - Cette espèce « kezdir », ainsi que Helianthemum kahiricum, Helianthemum lippii var. sessiliflorum et Helianthemum tuneta­num (*), produirait, chez le chameau, quand elle est ingérée au mo­ment de la floraison une maladie, appelée « torba » dans l'Est algé­rien et « akraf » dans l'Ouest algérien. Cette maladie se traduit par une paralysie des membres pouvant être mortelle (CAUVET, 1925 ; TRABUT et CURASSON in DURAND, 1958). Ce dernier auteur indi­que que les guérisons de cette maladie, appelée aussi « krafft », obte­nue pendant que les animaux sont au pâturage dans dea zones à An­thyllis semblent prouver que l'espèce traitée ici ne peut être tenue res­ponsable de l'apparition de cette maladie.

(*) Helianthemum tunetanun Coss. et Kral. = Helianthemum crassifolium (Poir.) Pers.


202. Lotus edulis L.

[II/570; p:367] LÉGUMINEUSES

A. - La cosse verte et tendre de cette espèce (ar. krambouch) est consommée crue (GOBERT, 1940). C'est également ce qu'expri­ment LEMORDANT et al. (1977) à propos de cette plante (fr. = lo­tus à fruit comestible).


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203. Psoralea americana L.

[II/587; p:377] LÉGUMINEUSES

A. - Les graines sont susceptibles de procurer une huile de bon­ne qualité (GATTEFOSSÉ, 1957).


204. Astragalus baeticus L.

[II/598; p:386] LEGUMINEUSES

Cette combinnaison s'orthographie de fait : A. boeticus L.

A. - TROTTER (1915) souligne qu'en Algérie les graines de As­tragalus baeticus L. sont utilisées pour fournir un succédané du café.


205. Astragalus corrugatus var. tenuirugis Boiss.

[II/600 ; p : 387]

Ce taxon est, dans TACKHOLM (1974), érigé au rang d'espèce sous la combinaison : A. tenuirugis Bois. C'est à ce taxon que nous avons rattaché, après correction orthographique, l'espèce citée par LETHIELLEUX.

T. - Au Fezzan LETHIELLEUX (1948) signale que Astragalus femerugis Boiss. (« el megrouwa ») est susceptible de provoquer des empoisonnements chez les bêtes qui en consomment.


206. Astragalus caprinus ssp. lanigerus (Desf.) Maire

[II/604 ; p : 389]

II ne nous a pas été possible de connaître 1a position nomenclaturale actuelle de ce taxon. Nous avons retenu l'indication relative à A. lanigerus Desf. que nous avons considéré comme étant synonyme de la combinaison adoptée dans la Flore de la Tunisie.

A. - Les graines d'Astragalus lanigerus Desf. qui ont un goût de petit pois, sont consommées fraîches (TROTTER, 1915).


207. Glycyrrhiza foetida Desf.

[II/613; p : 393] LÉGUMINEUSES

A. - A propos de cette espèce, GATTEFOSSÉ (1957) rapporte que les rhrizomes de provenance marocaine sont impropres à la con­sommation comme « bâtons à macher » alors que ceux de provenance algérienne conviennent parfaitement.


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208. Coronilla scorpioides (L.) Koeh.

(II/623 ; p:398] LÉGU­MINEUSES

T. - Les hétérosides stéroïdiques cardiotoniques des graines de Coronilla scorpioides (L.) Koeh. et de Coronilla glauca L. (*) sont susceptibles (PARIS et MOYSE, 1967) de provoquer des intoxications chez les animaux et parfois chez les jeunes enfants. Cette toxicité e&t rappelée par LEMORDANT et al. (1977) en ce qui concerne la « Coronille queue de scorpion ».

(*) Coronilla glauca L. = C. valentina ssp. glauca (L.) Batt., ta­xon non proposé pour la Tunisie par POTTIER-ALAPETITE (1979).


209. Hedysarum camosum Desf.

[II/634; p:404] LÉGUMINEUSES

A. - Les jeunes pousses et les sommités fleuries de cette espèce, « sulla», sont consommées (CHOUMOVITZ et SERRES, 1954).


210. Cicer arietinum L.

[II/642; p:407] LÉGUMINEUSES

A. - En plus des usages hahituels qui sont fait des graines (bouillies ou grillées), TROTTER (1915) signale l'emploi des tiges et feuilles sèches pour 1'affouragement des animaux.


211. a) Vicia sativa ssp. amphicarpa (L.) Batt.

[II/646; p:412] LÉGUMINEUSES

Flora europaea adopte pour combinaison correspondante de ce taxon : V. sativa ssp. amphicarpa (Dorthes) Ascherson et Graebner. Ce même taxon est également connu par sa synonymie : V. amphicarpa Roth.

b) Vicia onobrychioides L. [II/648; p:413]

A. - Les fruits de V. amphicarpa et V. onobrychioides sont signalés comme éventuels aliments de misère (cf. à Bunium fontanesii n° 302, CLASTRIER, 1936).


212. Lathyrus ochrus D.C.

[II/661; p:421] LÉGUMINEUSES

L'orthographe correcte de cette combinaison (Flora europaea) est : L. ochrus (L.) DC.


[126]

A.T. - Au Maroc, VILLAX (in KERNICK, 1978), considère que les graines de Lathyrus ochrus peuvent en toute sécurité, être consommées par le bétail, alors que FOURY (in KERNICK, 1978), rapporte la chose comme étant dangereuse, quelques accidents ayant été enregistrés chez les moutons à la suite de l'alimentation avec des graines de Lathyrus cicera et de Lathyrus ochrus.


213. Lathyrus sativus L.

[ll/666; p:423]

A.T. - On attribue à l'ingestion prolongée de cette plante, une maladie dite lathyrisme spasmodique (TROTTER, 1915).

Lathyrus sativus (fr. = gesse cultivée ou jarosse) est classée par PARIS et MOYSE (1967) parmi les espèces susceplibles de provoquer des accidents, toxicité également rapportée par LEMORDANT et al. (1977).


214. Lathyrus cicera L.

[II/667; p:423]

T. - La « gesse chiche » est signalée comme toxique par PARIS et MOYSE (1967), et ceci est confirmé par FOURY (in KERNICK, 1978) qui note qu'elle est susceptible de provoquer des accidents chez les moutons (cf. à Lathyrus ochrus n° 212).