Cistacées (Le Floc'h, 1983)

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Tamaricacées
Le Floc'h, Ethnobotanique tunisienne, 1983
Violacées


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Cistus villosus

265. Cistus villosus L. [II/824; p:520] CISTACÉES


Des modifications nomenclaturales font que ce taxon correspond actuellement (Flora europaea) à la combinaison : C. incanus L.

Nous traitons également ici de C. polymorphus Willk. synonymie reconnue.

A. - Avec les feuilles de Cistus crispus et de Cistus polymorphus, confondues sous les noms vernaculaires arabes, on prépare une décoction très sucrée comme le thé (BURNET, 1939).

M. - Pour la Libye, KOTOB HUSSEIN (1979) indique l'emploi de Cistus incanus comme diurétique.


Cistus crispus

266. Cistus crispus L. [II/325; p:520]


A. - Selon BURNET (1939) (cf. à Cistus villosus n° 265) ce ciste sert à préparer une décoction semblable au thé.


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Cistus salviifolius

267. Cistus salviifolius L. [II/827; p:521]


Ce taxon est plus simplement orthographié C. salvifolius L. dans Flora europaea.

M. - La réputation de la ·racine de l'espèce dans les soins des hémorragies de la bronchite a été réfuté par RAYNAUD (in GAT­TEFOSSÉ, 1921) qui fait ohserver que ces propriétés seraient plutôt le fait de Cytinus hypocistis L. [1] parasite de la racine des cistes.

D. - Les feuilles séchées et mises en poudre sont employées (TROTTER, 1915) infusées dans l'eau pour le tannage des peaux et la teinture des étoffes.

Au Maroc (RENAUD et COLIN, 1934), le nom arabe « ladan » recouvre de fait la résine qui exsude de plusieurs espèces de cistes :

  • Cistus ladaniferus L.
  • Cistus creticus L. [2]
  • Cistus salviifolius L.

Cette résine se récoltait en faisant passer les chèvres dans les fourrés de cistes, la résine s'attachant à leurs poils.

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  1. Cytinus hypocistis (L) L. (famille des Rafflesiacées) non traitée ici
  2. Cistus ladaniferus L. n'est pas signalée dans la Flore de la Tunisie, ainsi que Cistus creticus L. = Cistus villosus var. undulatus Spach. Cross.


Helianthemum kahiricum

268. Helianthemum kahiricum Del. [II/837; p. 529] CISTACÉES


T. - Les chameliers accusent cette espèce (ar. = lerga, r'guig, hamira, lessless) et le « kezdir » (cf. Anthyllis sericea ssp. henoniana n° 201) de provoquer la maladie dite « krafft » (DURAND, 1958).


Helianthemum lippii

269. Helianthemum lippii var. sessiliflorum (Desf.) Murb. [II/840; p:53l]


La sous-espèce est désormais érigée au rang d'espèce (Flora euro­paea) sous la combinaison : H. sessiliflorum (Desf.) Pers.


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La toxicité de cette plante pour le chameau est loin d'être clairement établie.

A. - A propos de cette espèce, signalons dans la famille des Ter­feziacées, l'existence d'une « truffe » blanche nommée « terfas » en arabe et dont le nom scientifique est Terfezia ovalispora Pat. Cette truffe est abondante dans les steppes sableuses du Sud tunisien où elle croît le plus souvent à proximité de Helianthemurn lippii. Les bergers la consomment bouillie puis pelée. Les mêmes propos sont tenus par GAST (1968) qui note que Terfezia ovalispora pousse dans l'Atakôr au pied d' Helianthemum lippii (tam. = tahaouet) ou d’Helianthe­mum ellipticum Desf. [1] (tam. = arroug ; ar. = erguig) et que cet­te truffe est consommée cuite sous la braise ou bouillie ou frite comme légume. Elle pourrait, rapporte-t-on, se conserver deux ans.

T. - La plante est réputée toxique pour le chameau. Ainsi, CAUVET (1925) rapporte les propos de BEJOT, selon lesquels cette plante (« semhari », « reguig », « regga ») et Helianthemum tunetanum [2] sont accusées de provoquer dans l'Est algérien une maladie du chameau, le « ghaf », (qui serait du rhumatisme et de la paraly­sie) due à l'absorption de ces cistacées à l'état sec. Les chamellles se­raient les plus sensibles à cette maladie (cf. à Genista saharae n° 189).

DURAND (1958) note qu'il y a confusion fréquente entre cette espèce (ar. : r'guig, samari, bouchlema, semhasi ; tam. = ahes, tahaouat, tahressouar) et Helianthemum kahiricum, ce qui confirme selon lui que le « ghaf » et le « krafft » sont une seule et même ma­ladie et qu'il n'est pas possible, de ce fait, de mettre en évidence les phénomènes pathologiques spécifiques à ces espèces et à Anthyllis sericea.

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  1. Helianthemum ellipticum (Desf.) Pers. présente en Tunisie mais non trai­tée ici.
  2. Helianthemum tunetanum Coss. et Kral. signalée dans la Flore de la Tu­nisie (POTTIER-ALAPETITE, 1979) par son synonyme Helianthemum crassifolium (Poir.) Pers.

Helianthemum confertum

270. Helianthemum confertum var. brachypodium ( Chevallier) Maire [II/841; p:531]


M. - Nous avons relevé dans l'Ouara (Tunisie) qu'en mélange avec Retama raetam, l'espèce sert à lutter contre l'infection des plaies.


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Helianthemum crassifolium

271. Helianthemum crassifolium (Poir.) Pers. [II/850; p. 534]


La littérature fait état d'un synonyme : H. tunetanum Coss. et Kral.

T. - CAUVET (1925) rapporte Helianthemum tunetanum com­me toxique pour le chameau (cf. à Helianthemum lippii var. sessili­florum n° 269).