Ferula communis
Ferula communis L.
Ordre | Apiales |
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Famille | Apiaceae |
Genre | Ferula |
2n =
Origine : Méditerranée
sauvage et cultivé
Français | férule |
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Anglais | giant-fennel |
- jeunes inflorescences consommées comme légume
(après blanchiment) - gomme-résine médicinale
- ornemental
- plante adulte toxique
- tiges sèches utilisées en clôtures ou en vannerie
Description
- plante herbacée vivace de 1-2 m de haut, robuste, glabre, à souche grosse
- tige épaisse, finement striée, érigée, à rameaux supérieurs opposés ou verticillés
- feuilles molles, composées de lanières filiformes, allongées
- feuilles inférieures à pétiole cylindrique, les supérieures à grande gaine membraneuse
- ombelle centrale grande, à 20-40 rayons, les latérales longuement pédonculées, dépassant la centrale
- involucre et involucelles nuls
- fleurs jaune d'or
- styles réfléchis, plus longs que le stylopode
- fruit ovale ou elliptique, arrondi aux deux bouts, fauve à maturité
Noms populaires
français | férule |
anglais | giant-fennel, common giant-fennel |
italien | finocchiaccio ; ferla (Sicile) |
espagnol | cañaheja |
arabe |
|
- Voir les noms de la Flore populaire d'Eugène Rolland
Classification
Ferula communis L. (1753)
Cultivars
Histoire
- Aussi tost que les ferules commencent à getter, les bergers en ostent comm'un coeur, resemblant fort au moieu d'un oeuf endurci, lequel ils envelopent de papier, ou d'un linge trampés, & l'aians fait cuire sous les cendres, le mangent avec du poivre et du sel, laquelle viande non seulement est de bien bon goust, ains incite merveilleusement fort à paillardise. Commentaires de Dioscoride (Matthiole 1572)
Usages
Sur le mythe de la tige de férule utilisée pour transporter le feu, lire Claude Marco, février 2012. Transport du feu au creux d'une férule.
Cette plante est à la fois toxique et parée du pouvoir de combattre les maléfices.
Les jeunes feuilles, encore blanches, sont consommées en temps de disette mais seraient à l’origine d'une maladie cutanée particulière, indique GATTEFOSSÉ (1921) qui rapporte également que les fleurs non épanouies se mangent cuites sous la cendre.
La gomme, qui suinte de la férule à la suite de la piqûre d'un charançon, est nommée en arabe « fassok » et utilisée au Maroc, comme épilatoire et pour le traitement des ophtalmies (GATTEFOSSÉ, 1921). Cette gomme est aussi signalée par d'autres auteurs sous le nom de « résine » ou « gomme résine ». VELU et GARDAS (1924) ont signalé par ailleurs que cette résine est, aux dires de GATTEFOSSÉ, l'exsudation pathologique des racines.
Selon SURCOUF (in GATTEFOSSÉ, 1921) les fleurs non épanouies sont anthelmintiques.
Synthétisant, en 1924, l'information alors disponible à son propos, VELU et GARDAS indiquaient que :
- dès 1923, LAFRANCHI et ALTANA apportaient les preuves de la toxicité de la férule,
- comme pour beaucoup d'espèces (le sorgho par exemple), la toxicité de la férule n'est révélée que certaines années, dans certaines régions et durant une période relativement brève de sa croissance (après accumulation intraorganique de principes actifs),
CORNEVIN dans son « Traité des plantes vénéneuses » écrit : « Après dessication, la férule commune, n'est plus nuisible. Au moment où elle sort de terre et pendant les premiers temps de sa végétation elle est également inoffensive ; puis sa tige et ses feuilles deviennent vénéneuses jusqu'au moment de la floraison ; après cette époque, elle n'est plus à craindre et les arabes prétendent qu'alors on peut la manger et qu'elle constitue même un bon aliment ».
- elle occasionne des empoisonnements mortels chez les hommes et les animaux à la suite d'une action équivalente à celle de la peucédamine extraite du Peucedanum officinale.
- la consommation de la viande du mouton empoisonné est sans danger, la cuisson annihilant l'action du principe vénéneux volatil.
La férule est en général dédaignée par les animaux mais il leur arrive de la brouter à certains stades de végétation. Les effets de sa toxicité chez l'homme et les animaux sont connus sous le nom de « férulisme » (LABBE, 1950). Le même auteur signale qu'on en tire également une gomme résine. Il s'agit très probablement de cette résine désignée par VELU et GARDAS sous le nom vernaculaire « fasouh » et dont les pays musulmans sont gros consommateurs.
La gomme résine de Ferula communis nommée « fasouh » serait en infusion sucrée, un contre poison qui combattrait l'action des philtres d'envoûtements (« borbor ») révèle REBOUL (1953).
Passant aux usages hors pharmacopée, nous relevons (in BEN ALI et LOUIS, 1946) les emplois d'une espèce nommée « kechboûra » et qu'ils supposent improprement être du « thapsia » alors qu'il s'agit très probablement de Ferula communis.
« On emploie assez souvent les éléments de la tige ou des tigelles à divers travaux de sparterie ou de vannerie (confection de cage par exemple). Les barbiers tunisiens s'en servent aussi pour repasser leurs rasoirs : un morceau de tige est fendu en deux ; la moëlle qu'elle contient jouera le rôle de cuir à repasser et un peu de sable fin fera office de pâte à aiguiser. Les anciens auraient utilisé la moëlle de cette plante comme mêche lente ! ».
La salade de fleurs de férule est consommé rituellement par les juifs marocains lors de la fête du Pourim.
A la campagne (au Maroc), on cuit le bubāl à la vapeur ou sous la cendre puis on le hache et on l'assaisonne avec de l'huile d'olive, du sel et du poivre. ce plat est très apprécié.
Jadis en tant de famine, les côtes des feuilles et les souches étaient consommées, ce qui entraînait la férulisme.
Propriétés
La férule est toxique à tous les stades de végétation. Cette intoxication appelée férulisme touche surtout les animaux. Elle est due à des hydroxy-4 coumarines, dont le férunélol (Bellakhdar, 1997).
Références
- Azuelos, Evelyne, 1996. La table juive marocaine. Aviva. (recette)
- Bellakhdar, Jamal, 1997. La pharmacopée marocaine traditionnelle. Médecine arabe ancienne et savoirs populaires. Paris, Ibis Press. 764 p. 12 pl. noms sur Pl@ntUse
- Dodinet, Elisabeth, 2001. Histoire des aromates à usage thérapeutique et cosmétologique dans l'Ancien Testament. Mémoire Ecole des Plantes. 432 p.