M (Audier, L’herbier du village)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
L
Anne Audier, L’herbier du village (2012)
N


Maïs

Zea mays

L’introduction du maïs dans notre région date vraisemblablement du XVIIe siècle et même du début du XVIIe siècle. On sait qu’un siècle plus tard, il était déjà cultivé communément dans la province voisine d’Angoumois (sous le nom de blé d’Espagne), puisque Vigier de la Pile rédigeant les coutumes de cette province, nous dit aux pages 135 et 136 :

La dîme est due des graines nommées blés de Turquie autrement blés d’Espagne. Il a été jugé par arrêt, il y a quarante ans ou environ, contre Monsieur l’Evêque d’Angoulême en faveur du vicaire perpétuel de Jurignac, que c’est une menue Dîme, il en a jouy depuis en cette qualité jusqu’à la Déclaration de 1686 qui a fait un Règlement pour les portions congrues. La raison pour mettre ces grains parmi les menues Dîmes pouvait être alors qu’il était peu en usage, ne s’étant introduit dans la province que depuis environ cinquante ans, mais il y est fort commun à présent ; les paisans aiment à en cultiver beaucoup, parce qu’il produit en abondance et coûte peu de semence. Si la question se présentait à présent de sçavoir si c’est une grosse ou menue Dîme, on jugerait peut-être autrement qu’il ne l’a été par cet Arrêt, parce que ce grain fait en plusieurs paroisses une partie considérable de la récolte.

Mais devons-nous comprendre cinquante avant l’Arrêt susmentionné ou avant la première édition des Coutumes ? Cette différence est à vrai dire peu significative et nous pouvons dire que le maïs a été introduit en Angoumois vers 1650.

Pour la Saintonge, nous n’avons pas cette précision, la destruction des archives du Parlement de Saintes, lors de l’incendie de novembre 1871, nous ayant privés de documents qui nous auraient renseignés. Seulement, l’une des pièces du Manuscrit de Pons, la Mique et le Carquelin, nous apprend que vers 1740, cette céréale servait de nourriture à la fois aux hommes et aux animaux.

[…]diz zo matin a Sainte les fameilles
Se levant pour guietter les fammes et les feilles
Qui me promenan vendre ; en sorte qu’au matin
Chaqu’in à déjeuné me gruge au lien de pain.
Voi combe je sens bon ? Peux que je tin la piace
De pain et de tourteas ? Je sens boune en fricasse ;
Ainsi aquemodée, in home avec in sou
Peut fère in gran rigal et mangé tout son sou.
Quiellez qui m’aimant meux requieute sous la cendre
Zou pouvant fère étou sans craindre que je mandre.
Les enfants criant-is ? Avant-is maux aux dents ?
Sans cougné ni foité je les ren patiens […]
Ge seux in mets frian, routie su la grille,
I me mangeant ainsi nous monsieux de la ville […]
Dis me don, treche-me quieuque chouse de fade
Mez quiou set mez que té ? Ton goust fet mau au quieur. […]
A quoy ton grain sert-is ? Zou vela tout fin dret
Pr’engraissé la volaille et même les gorets […]
Dis-me don ? Quand non voit des monsieux de fesique
Ne les noumant-is pas des beas monsieux de mique […]
As-tu jamet oyut de sucre en ton jabot ? […]
Queneux que j’ay réson aneut, mique échaudée ?''

Quelle que soit la date d’adoption de la culture du maïs, elle a eu une importance vitale pour la province car, avec cette céréale, disparaissaient, sinon les malnutritions, du moins les famines qui accompagnaient les mauvaises années de récolte de « blés » et la cherté qui s’en suivait.

Le blé d’Espagne (plus souvent bédespagne, ou même bespagne), se sème en effet à la vieille lune de mai et à une date où l’on sait ce que donneront les semailles d’automne et celles de printemps. Après la formation des épis, on coupait les fleurs mâles qui étaient données au bétail.

Au début du XXe siècle, avant 1914, on semait souvent des haricots au pied des jeunes tiges de maïs ; leurs tiges volubiles s’y enroulaient, ce qui leur tenait lieu de rames. Après la disparition de cette coutume, on continua quelque temps encore à semer les citrouilles et les melons d’eau dans le champ de maïs. Ils rampaient entre les pieds de blé d’Espagne et comme ces cucurbitacées venaient à maturité en même temps que les épis, après les vendanges, la même charrette rentrait les deux récoltes à la ferme.

C’était un événement le soir où, dans chaque maison, on éplounait le maïs à tour de rôle. Les parents et les voisins étaient conviés à cette joyeuse veillée de travail. On vidait plusieurs sacs d’épis au milieu de la pièce et l’assistance, assise tout autour du tas, les dépouillait de leurs enveloppes. On jetait ensuite les fusées (épis) dans des bassiots de vendanges, vidés à leur tour dans des sacs avant d’être portés au grenier où ils achevaient de sécher. La découverte d’une rare fusée de grains rouges était accueillie avec joie. Munie de ses pailles les plus fines, nouées entre elles, on la suspendait à la poutre de la salle, avec quelques autres particulièrement belles, et elles serviraient, l’hiver, à faire des miques, ces friandises rustiques obtenues en faisant éclater les grains sur la pierre brûlante du foyer (des peutes madames).

Cette veillée se terminait par une collation où l’on servait des marrons bouillis arrosés de vin nouveau.

Le maïs ayant séché, c’est encore à la veillée qu’on l’égrenait. Pour ce faire, on se servait des moyens du bord. Au travers d’une basse ou cuveau de vendange, on plaçait la longue queue d’une poêle à frire ancienne qu’une planche, disposée perpendiculairement, maintenait en place. L’homme s’asseyait sur cette planche et frottait les épis sur la queue de la poêle. Les grains tombaient dans le cuveau et les rafles, les plons ou les plouns, étaient mis de côté pour servir à l’allumage du feu.

C’est à la veillée encore, qu’on moulait les grains dans des meules de pierre dont le principe n’avait guère changé depuis l’Antiquité. C’était un dur travail et il fallait avoir la main pour ne pas déstabiliser la meule qui donnait une farine plus ou moins fine selon qu’elle était tournée plus ou moins doucement.

Cette farine, les mauvaises années, était incorporée à celle des blés pour les économiser d’autant et l’on en fit même, en temps de disette, du pain de maïs pur qui n’était guère prisé. Cependant, on l’appréciait en bouillies et en cruchades. Ces bouillies, à l’eau légèrement salées, sans lait ni sucre, étaient laissées à refroidir et à se solidifier dans le récipient où elles avaient cuit. On les découpait ensuite en tranches que l’on faisait dorer sur le gril ou dans la poêle. Naturellement, ces cruchades étaient meilleures si on pouvait les accompagner de quelque peu de miel, de raisiné, voire de confiture ou de sucre.

Ces nourritures étaient depuis longtemps oubliées lorsque, pendant la seconde guerre mondiale, la population connut de nouveau le rationnement et la faim. Et l’on vit alors, en plusieurs localités (Champagne, Les Croix Blanches, Meursac…), des familles revenir aux bouillies de maïs et aux cruchades que quelque aïeule avait vu préparer en son enfance, ou dont on l’avait entretenue, et les millas.

Quant aux pailles du maïs, les paillons (paillaux), les plus grossières servaient quelquefois à changer le contenu des paillasses et les plus fines étaient tournées par les jeunes mères pour en garnir la couche de leurs jeunes enfants.

Marguerite

Leucanthemum vulgare

En mai, l’amarote est partout, dans les prés, au bord des chemins, dans les taillis. La jeune fille l'effeuille pour savoir si elle est aimée : Il m'aime. Il m'aime pas. Il m'aime...

On peut aussi demander à la fleur plus de précision : Il m'aime. Un peu. Beaucoup. Passionnément. À la folie. Pas du tout...

Le dernier pétale arraché donne la réponse.

Dans les premières décennies de ce siècle, certaines filles, en arrachant les pétales prononçaient quelques prénoms masculins, toujours dans le même ordre.

Les enfants récitaient aussi :

Marguerite,
Fleur petite,
Verte au pied,
Blanche autour,
Dis-moi tout bas qui te fait l'amour (6).

À l'origine, elle servait peut-être d'invocation avant d'effeuiller la marguerite, mais on la disait surtout pour taquiner les petites filles qui portaient son nom.

Vers la même époque, à la saison des rondes qui revenait chaque année après les vacances de Pâques, dans les cours d'écoles de filles, on voyait réapparaître le jeu chanté de la marguerite. La marguerite agenouillée, la tête cachée sous son tablier relevé, était entourée de petites filles qui tenaient ce tablier à deux mains tandis que deux cavaliers, se tenant bras croisés, tournaient autour du groupe en sautant et en chantant :

Où est la marguerite,
Au gai, au gai.
Où est la marguerite,
Franc cavalier.

Et le groupe répondait :

Elle est dans son château - e...
Comment peut-on la voi - re ?...
En relevant une pierre...

Puis deux pierres, trois pierres... et une à une s'en allaient les petites filles qui entouraient la marguerite comme s'en allaient les pétales lorsqu'on effeuillait la fleur.

En sculpture, la marguerite décore bien des voussures de nos églises romanes et ce motif a été repris par l'art populaire. On la retrouve sur des tablettes et des manteaux de cheminées au XIXe siècle. La petite école d'ébénisterie de Pont-l'Abbé d’Arnoult a aussi sculpté des marguerites sur les traverses de vaisseliers, des armoires régionales à une ou deux portes. On la trouve aussi dans des décors de marqueterie.

Marjolaine

ou origan, Origanum vulgare

La marjolaine croît au bord des chemins, dans des lieux incultes, aux lisières de bois. Un peu partout, la tisane faite avec ses fleurs combat le rhume.

À Champagne, pour lutter contre les douleurs, on conseillait jusque vers 1940, de les faire bouillir en mélange avec de l'herbe de Saint-Jean, de la sauge, du romarin, du lierre de muraille et du foin de marais. On baignait le membre douloureux dans cette décoction (24).

Marronnier d'Inde

Aesculus hippocastanum

Selon Lesson, le marronnier d'Inde a été introduit en France pour la première fois en 1615 et planté au jardin de Soubise par Bachellier.

Ce grand arbre, d'un aspect très décoratif, que nos paysans appellent marounié, parfois marounier d'Indre ou d'Ingue, agrémente souvent les jardins, les cours de ferme, les places publiques. Il se développe très rapidement et atteint, en quelques années, une hauteur appréciable. On tend de plus en plus à cultiver la variété à fleurs rouges beaucoup moins fructifère. Il fournit un bois de chauffage de médiocre qualité mais qui s'enflamme très vite et, durant la dernière guerre, pour pallier la pénurie de combustible, on utilisa des marrons d'Inde bien secs en guise de boulets de charbon.

À l'automne, les enfants les ramassent. Les petites filles les enfilent pour faire des colliers ou des bracelets et les garçons en font des bonshommes parfois très réussis. Des allumettes et des branchettes servent d'attaches ou représentent les membres, tandis que les yeux, la bouche, les oreilles, les cheveux et les boutons de costume sont figurés par des incisions de l'écorce.

La médecine populaire utilise aussi le marron d'Inde : en porter sur soi, deux ou trois de préférence, préserve des douleurs, en particulier des rhumatismes (34).

Marrube

Marrubium vulgare

Cette plante à odeur fétide, aux feuilles blanchâtres, cotonneuses, ridées, aux fleurs blanches groupées en verticille à l'aisselle des feuilles, n'est pas rare au bord des chemins et des lieux pierreux, arides.

Massette

Typha angustifolia et Typha latifolia

Ces plantes aquatiques poussent surtout dans les marais, près des fossés. On les trouve aussi, parfois, à l'intérieur des terres, au voisinage des mares et autres points d'eau. On s'en servait autrefois, comme les roseaux, pour couvrir les meules de foin et de paille, dans l'aire, ainsi que les loges en brandes et les piles de fagots.

Avec leurs fleurs, les quenouilles, coupées avant le plein développement, on faisait des bouquets qui se conservaient souvent tout l'hiver. Ces quenouilles étaient parfois teintées.

Mauve

Malva sylvestris

Les infusions de fleurs de mauve sont utilisées pour lutter contre le rhume et les maux d'estomac. Mais il semble que ce fut en remplacement de la guimauve, toujours préférée pour cet usage. C'étaient bien cependant les fleurs de mauve, mêlées à celle de blonde ou bouillon blanc que la guérisseuse de Braud utilisait pour soigner l’inflammation d'intestin. La cure durait trois jours.

La feuille était, elle, en grand renom pour combattre la constipation des nourrissons. On leur introduisait le pédoncule dans l'anus et, souvent, on l'avait d'abord trempé dans l'huile.

Au début du siècle, les enfants mangeaient les carpelles de mauves qu'ils appelaient du petit beurre (6). C'était surtout la mauve sylvestre (Malva sylvestris), la plus répandue, qu'on trouvait dans tous les usages. Mais, à défaut, on pouvait aussi utiliser la mauve à feuilles rondes (Malva rotundifolia), moins commune, et la mauve musquée, assez rare, qui avaient les mêmes propriétés.

Mélampyre des champs

Melampyrum arvense

Cette plante est très commune au bord des chemins, dans les blés coupés, les lieux incultes.

Mélilot

Melilotus officinalis

Très commun dans les prés à l'état sauvage et parfois cultivé, le mélilot n'est pas seulement une plante fourragère. Jusque vers 1950, on l'a utilisé en décoction, à Champagne et dans toute la région, pour des bains d'yeux et les compresses (24).

Melon

Cucumis melo

En culture familiale, il est semé à la pleine lune du mois de mars et protégé des gelées. Autrefois, on conservait les graines des fruits les plus doux de la récolte mais, après la seconde guerre mondiale, on a pris l'habitude d'acheter des graines sélectionnées, la variété la plus estimée étant le cantaloup charentais. On prend grand soin de le cultiver à bonne distance des concombres et des cornichons car, si les fleurs s'interfécondaient, les melons seraient fades. Le melon est châtré (castré) à longueur convenable des rameaux et les premiers produits arrivent à maturité vers la deuxième quinzaine d'août. On reconnaît la qualité des melons à leur odeur, à l'impression de densité qu'ils donnent quand on les soupèse, à leur forme régulière. Ceux dont la trace du stigmate est large sont dits melons femelles et ont la réputation d'être les meilleurs.

Le melon se mange en hors d'œuvre et au naturel. Dans la région du Gua, Royan... on l'accompagne parfois de petites sardines crues. On dit que l'excès de sa consommation donne la fièvre (6). Sur la côte, aux environs de Royan, on appâte aux écorces de melon pour pêcher les crevettes roses aux balances.

Melon d'eau

Cucumis citrullus = Citrullus lanatus

Les melons d'eau sont semés en vieille lune au mois d'avril et récoltés au mois d'octobre. On les conserve au sec et à l'abri de la gelée jusqu'à complète maturité, vers la fin décembre. On en fait des confitures avec différents parfums (orange, anis étoilée, citron). On dit qu'ils se conservent au mieux si on les dépose en haut d'un meuble, armoire ou buffet, à condition de ne les point toucher et de laisser la poussière s'y déposer.

Menthes cultivées

Mentha spicata, Mentha piperita

On trouve, dans les jardins, deux sortes de menthes cultivées : l'une aux feuilles d'un vert clair, à l'odeur fine, l'autre, la menthe noire, aux feuilles et aux tiges bien plus foncées et dont l'odeur est beaucoup plus forte. Les deux variétés, en infusion, favorisent la digestion et calment les douleurs d'estomac (24).

Menthes sauvages

On appelle menthes toutes espèces de plantes sauvages à odeur mentholée. La seule menthe à feuilles rondes (Mentha rotundifolia) est distinguée de l'ensemble et appelée bonhomme.

Mercuriale annuelle

Mercurialis annua

La roberne abonde dans les cultures et les jardins. Dans les villages, la plante est redoutée : un seul brin, mêlé par mégarde à l'herbe des lapins, suffirait à faire mourir les bêtes.

Mil ou millet

Le millet des Landes est parfois cultivé, en petite quantité, pour les oiseaux (Setaria italica), en particulier les tourterelles en cage. On en sème alors un rang au jardin ou en bordure du champ de maïs (7). Il paraît avoir fait l'objet, anciennement, d'une culture plus importante comme céréale alimentaire et on l'aurait pilé dans des mortiers, venté et utilisé pour en faire des sortes de bouillies.

Millepertuis

Hypericum spp.

Le nom de mille-pertuis désigne généralement l’Hypericum perforatum qui pousse un peu partout dans les lieux incultes, au bord des chemins, aux orées de bois.

A Champagne, ses fleurs confites dans l'huile fine sont appliquées sur les plaies (24). Les feuilles, pilées, et qui sont aussi confites dans l'huile, ont sensiblement les mêmes propriétés, étant réputées faire monter les chairs et hâter la cicatrisation des blessures (89).

Mimosa

Acacia spp.

Autrefois, le mimosa était rare dans nos jardins. À peine en voyait-on çà et là, un pied aux emplacements particulièrement bien ensoleillés et abrités. Mais les hivers rigoureux que nous connaissons de temps à autre tuent l'arbuste en même temps que les lauriers-roses et, souvent, les figuiers. Coupé au pied, il repousse souvent au printemps et refleurit au bout de quelques années. Il est beaucoup plus répandu aujourd'hui et l'on en voit deux variétés dans nos jardins et dans nos cours. Le mimosa d'hiver, Acacia dealbata, aux feuilles délicatement pennées est le plus répandu. Le mimosa d'été, aux feuilles entières, étant encore assez rare. On connaît plusieurs sous-espèces du premier, à floraison plus ou moins hâtive.

Molinie

On donne le nom de palenne (plus rarement ganne) à des graminées généralement refusées par le bétail et qui croissent dans les terrains incultes, aux lisières des bois, dans les clairières. La plus répandue est Molinia caerulea.

Il y a une centaine d’années, pendant les veillées d'hiver, les hommes s'en servaient pour tresser des vanneries locales : bourniers en ruches, bourgnes, tonneaux pour la pêche, coffinas, corbeilles rondes qui servaient à façonner les pains, hautes minelles pour la conservation des farines et même, corbeilles à ouvrage pour qui était capable de travailler finement. Dans ces travaux, un boudin de palenne était maintenu par un simple lien d'écorce de ronce (ou parfois d'osier) qui le fixait, de part en part, à l'ouvrage commencé (1).

Morelle noire

Solanum nigrum

On la trouve en abondance dans les chaumes, les champs de pommes de terre, les jardins. Ses fruits sont noirs. On l'écarte du clapier car elle a la réputation d'être nuisible pour les lapins.

Mouron blanc

Stellaria media

Le morion est très envahissant partout où il pousse, dans les jardins et dans les cultures. On le redoute pour les lapins qu'il ferait périr, dit-on, s'il se trouvait par mégarde mélangé à leur fourrage (1). En revanche, les volailles en sont friandes.

Mouron rouge

Anagallis arvensis

Il fleurit en été dans les chaumes et les jardins, souvent en compagnie de la pensée sauvage. On en trouve parfois des plants aux fleurs d'un joli bleu de roy.

Moutarde

Sinapis nigra = Brassica nigra

La moutarde est la plante caractéristique des bosses des marais. Au début du printemps, on récolte ses jeunes tiges qui sont un condiment réputé. Mises à macérer dans du vinaigre, on peut les conserver plusieurs mois. La moutarde du marais salant est plus forte que celle du marais gât (34).

Au début du siècle, les riverains recueillaient la graine de moutarde qui servait à faire des cataplasmes. Elle était, pour cet usage, moulue dans le moulin à poivre (7).

Moutarde des champs

Sinapis arvensis

Les rameras ou rabajhons (se dit aussi en Oléron) et qu'on appelle aussi sarve aux environs de Surgères (7), et que l'on trouve en abondance dans les cultures et les lieux incultes, sont considérés comme des ravenelles mâles (1). Mais, alors que les ravenelles sont très recherchées pour la nourriture des lapins, on accuse les rabajhons d'être mortels pour eux. Autrefois la farine de moutarde était utilisée comme révulsif en complément des cataplasmes de farine de lin. Proportion : une partie de farine de lin et trois parties d'eau. On délaye à froid jusqu'à consistance d'une bouillie claire. On cuit jusqu'à consistance épaisse. On étale la bouillie obtenue sur un grand mouchoir. On saupoudre de farine de moutarde. On referme le mouchoir. Le cataplasme est placé chaud sur le haut de la poitrine. Veiller à ne pas brûler la peau.

Muflier à grandes fleurs

Antirrhinum majus

Les gueules-de-loup, qu'on appelle aussi gueules-de-lion, sont souvent semées dans les jardins et il arrive qu'on les trouve naturalisées sur les vieux murs. Les enfants jouent à faire s'ouvrir leurs corolles à la manière d'une gueule d'animal.

Les linaires, considérées comme des mufliers sauvages, sont aussi appelées gueules-de-loup.

Muguet

Convallaria majalis

Le muguet sauvage, qui tapisse certains sous-bois, est absent ailleurs. Autrefois, les jeunes filles allaient le cueillir certains dimanches de printemps (6). Chaque jardin a sa bordure de muguet. Vers l'époque de la Seconde guerre mondiale, on a adopté la coutume d'en offrir quelques brins aux parents et amis, le premier mai, avec des vœux de bonheur.

Mûrier

Morus alba et Morus nigra

Au XVIIIe siècle, on tenta de multiplier les mûriers dans nos provinces pour y introduire l'élevage du ver à soie. Ce projet d'industrie n'a pas concerné nos paroisses mais il se pourrait, cependant, que les quelques sujets qu'on trouvait çà et là au début du siècle eussent quelque rapport avec la relative vulgarisation de ces arbres, adoptés à titre de curiosité. Les mûres sont en effet des fruits peu prisés et, en général, abandonnés aux enfants bien qu'on en ait fait des confitures. De nos jours, on plante sur des places publiques, dans des cours d'école et certains jardins, des variétés de mûriers améliorés, noirs et blancs.

Le faux-mûrier est aussi planté çà et là comme arbre décoratif bien qu'on déplore la faculté qu'il a à se multiplier trop généreusement dans les terrains avoisinants.

Muscari

Muscari comosum et Muscari racemosum

L’égnon-de-grêle, le muscari à toupet, fleurit avec générosité à chaque printemps, au bord des champs, dans les cultures et lieux incultes.

Le muscari à grappe, plus rare, se trouve surtout, dès les premiers beaux jours, dans les vignes et en bordure de chemins, en terrain sablonneux. On se serait autrefois servi de ses fleurs pour colorer les œufs de Pâques en bleu (62).

Myosotis

Myosotis spp.

On cultive le myosotis dans beaucoup de jardins, tant la variété à fleurs bleues que celle à fleurs roses, souvent en mélange. Il se naturalise facilement dans les alentours.

Dans les champs et les vignes, on trouve divers myosotis sauvages, Myosotis hispida, Myosotis versicolor... mais c'est au bord de certains fossés et ruisseaux qu'il faut chercher le beau Myosotis palustris qui est assez rare.

Myrte

Myrtus communis

Avant 1914, le myrte était encore planté devant des maisons selon la vieille tradition. On en faisait parfois bénir des branches aux Rameaux et il aurait eu, aussi, des vertus médicinales.