Labiées (Le Floc'h, 1983)
Sommaire
- 1 Ajuga reptans
- 2 Ajuga iva
- 3 Ajuga chamaepytis
- 4 Teucrium scorodonia
- 5 Teucrium polium
- 6 Rosmarinus officinalis
- 7 Prasium majus
- 8 Lavandula stoechas
- 9 Lavandula multifida
- 10 Marrubium vulgare
- 11 Marrubium alysson
- 12 Phlomis floccosa
- 13 Lamium amplexicaule
- 14 Lamium purpureum
- 15 Ballota nigra
- 16 Ballota hirsuta
- 17 Stachys arvensis
- 18 Salvia officinalis
- 19 Salvia horminum
- 20 Salvia sclaraea
- 21 Salvia verbenaca
- 22 Salvia aegyptiaca
- 23 Melissa officinalis
- 24 Origanum majorana
- 25 Thymus capitatus
- 26 Thymus numidicus
- 27 Thymus hirtus
- 28 Mentha pulegium
- 29 Mentha aquatica
- 30 Mentha spicata
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Ajuga reptans
343. Ajuga reptans L. [III/1108 ; p:763] LABIÉES
- Nom accepté : Ajuga reptans
M. - La plante renferme de grandes quantités de tanins ce qui est en relation avec ses propriétés antidiarrhéiques (PARIS et MOYSE, 1971).
Ajuga iva
344. Ajuga iva (L.) Schreb. [III/1109 ; p:763]
- Nom accepté : Ajuga iva
Ajuga iva est souvent considérée comme étant une panacée.
M. - Ses emplois sont essentiellement médicinaux et dès 1850, PRAX signalait que l'on mettait des fragments de « chendgourâ » dans du miel ou dans de l'eau que l'on avale lorsqu'on a la fièvre. Le même emploi, comme fébrifuge, est encore en usage dans le Sud tunisien.
L'infusion froide est vermifuge (TROTTER, 1915) et ajoutée à d'autres substances elle a une action contre les maladies de la peau.
En plus de cette vertu de vermifuge, GATTEFOSSÉ (1921) note que les berbères du Maroc utilisent cette « ivette » comme dépuratif, pour les soins des maladies d'estomac, les entérites et les maux de tête.
[204]
Il signale encore que SURCOUF cite cette espèce en tant que régulateur cardiaque.
DORVAULT et WEITZ (1945) relèvent, que les populations arabes en Algérie, préconisent l'emploi de cette même plante (ar. : mesk el guen) contre le choléra et rapportent qu'elle est aussi utilisée contre d'autres maladies.
Sans plus de précision, KEITH (1965) note qu'en Libye, l'espèce (« assaron », « chandegoura », « sciandagura », « schandakura ») est utilisée dans la pharmacopée traditionnelle.
Traitant de la matière médicale, PARIS et MOYSE (1971) signifient que Ajuga iva a figuré dans la pharmacopée française ; alors que LEMORDANT et al. (1977) en indiquent l'usage comme antidiarrhéique et vulnéraire.
En Libye, les feuilles sont utilisées comme vermifuge et dans le traitement du diabète (KOTOB HUSSEIN, 1979).
R. - Pour la Tunisie encore, BURNET (1939) a rapporté que « chandgoura » (fr. = ivette musquée) est réputée favoriser la naissance d'enfants mâles.
Ajuga chamaepytis
345. Ajuga chamaepytis Schreb. [III/1110 ; p:763]
- Nom accepté : Ajuga chamaepitys
M. - L'espèce est signalée, par PARIS et MOYSE (1971), comme ayant appartenu à la pharmacopée française et comme contenant une substance contractant l'utérus.
LEMORDANT et al. (1977) notent pour la Tunisie les appellations arabe (« senouber el ardh ») et française (« bugle petit pin ») et confirment les vertus ocytociques de cette espèce.
Teucrium scorodonia
346. Teucrium scorodonia L. [III/1116 ; p:769] LABIÉES
- Nom accepté : Teucrium scorodonia
M. - Teucrium botrys (fr. = germandrée botryde), Teucrium montanum [1] (germandrée des montagnes) et Teucrium scorodonia (germandrée des bois) sont (PARIS et MOYSE, 1971) utilisées comme tonique amer, astringent et vulnéraire.
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- ↑ Teucrium botrys L. et Teucrium montanum L. ne sont pas retenus dans la flore tunisienne (POTTIER-ALAPETITE).
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Teucrium polium
347. Teucrium polium L. [III/1125 ; p:773]
- Nom accepté : Teucrium polium
M. - Teucrium polium L. constitue un remède contre la variole (TROTTER, 1915). Le même auteur signale que les jeunes rameaux feuillés, mélangés à d'autres espèces, s'emploient à Tripoli (Libye) contre les douleurs gastriques et intestinales.
Au Maroc, la plante est considéré comme étant un excellent dépuratif et fébrifuge ; elle est aussi employée comme tonique et digestif dans les traitements des gastralgies et des entérites.
Selon CLASTRIER (1936) cette espèce (« timezerien ») procure une poudre absorbante (cf. à Carlina involucrata n° 437).
Elle entre aussi (BURNET, 1939) dans la préparation de la « medbach », tisane spécifique de la région de Korbous (cf. à Artemisia arborescens n° 428).
GHIGLIONE et al. (1976) signalent que chez les nomades l'espèce est réputée contre la fièvre paludéenne, les rétentions biliaires, les crises de foie, les maux d'estomac, les diarrhées et les coliques. Les mêmes auteurs rapportent des propos de MAIRE, notant l'usage de la plante sur les plaies, d'où ils infèrent qu'elle serait donc considérée comme antiseptique et astringente à usage interne et externe. Ils indiquent de plus que si les feuilles sont parfois avalées sèches et finement broyées, elles sont cependant le plus souvent utilisées en décoction. Pour soigner une crise de foie ou une forte fièvre, on fait bouiHir da•ns une théière une poignée de feuilles de « takmezzout » que l'on sucre éventuellement afin d'en réduire l'amertume et que l'on fait boire au patient, allongé et couvert, à la dose de 2 à 3 verres toutes les heures. Le remède est le même pour les cas de coliques, diarrhées et les maux d'estomac. Selon les mêmes auteurs encore, les nomades aiment aromatiser leur troisième verre de thé d'un peu de Teucrium à défaut en particulier d’Artemisia campestris et d’Artemisia herba-alba. Pour leur part GHIGLIONE et al. se sont attachés à définir la composition chimique de Teucrium polium ssp. cylindricum Maire.
Pour Teucrium polium Rouy, des propriétés toniques, amères, astringentes et vulnéraires sont signalées par PARIS et MOYSE {1971).
D. - Les rameaux sont également utilisés pour servir d'encens.
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CHOUMOVITZ et SERRES (1954) ont relevé que Teucrium polium L. sert à aromatiser le lait (cf. à Artemisia campestris n° 430).
Rosmarinus officinalis
348. Rosmarinus officinalis L. [III/1127 ; p:777) LABIÉES
- Nom accepté : Rosmarinus officinalis
Fréquemment utilisé comme aromate culinaire, le « romarin » du fait de ses vertus dépuratives, stimulantes et antiseptiques a de nombreux emplois en thérapeutique traditionnelle et il est l'une des panacées de 1'Afrique du Nord.
M. - TROTTER (1915) la cite comme aromatique et souligne également que l'infusion des feuilles constitue une boisson contre la toux et que les feuilles désséchées, mélangées à de l'huile, servent lors des soins des blessures.
Cet usage comme vulnéraire sur les plaies récentes (ex. : circoncision) est aussi relevé par BOUQUET (1921) qui ajoute que l'infusion s'emploie contre les maladies de l'estomac et de la rate.
GATTEFOSSÉ (1921) note que les bains aromatiques et les fomentations de romarin sont emménagogues.
Ces propriétés et vertus ont été depuis souvent confirmées par d'autres auteurs, par exemple, DUCROS (1930) qui indique qu'en usage interne aussi, le romarin s'emploie comme emménagogue, fortifiant et stimulant contre l'épilepsie et la paralysie alors qu'à l'extérieur il est utilisé sous forme de frictions et de fumigations. Pris dans du lait caillé ou dans une pâte faite avec de la farine, du beurre et du citron, le romarin (ar. : klil) est, selon PRAX (1850), employé contre les maux d'estomac etc...
Il entre aussi (BURNET, 1939) dans la composition d'une tisane de la région de Korbous (cf. à Artemisia arborescens n° 428).
BOUCHAT (1956) rapporte qu'en infusion sucrée, l'espèce agit contre les maux de cœur et d'estomac ainsi que les coliques, vertu stomachique que nous avons également relevé dans le Sud tunisien.
Dans le même ordre d'idée, le romarin « iazir » en infusion sucrée à jeun sert aussi d’apéritif (REDOUL, 1953), emploi encore rapporté par MAIRE et SAVELLI, (1955), PASSAGER et DOREY (1958) et CHOPRA et al. (1960).
[207]
Comme dépuratif, on l'utilise en décoction (LOUIS, 1979).
A signaler aussi les multiples rappels des vertus et des usages comme cholagogue et cholérétique (PARIS et MOYSE, 1971 ; LEMORDANT et al. 1977).
Il est également régulièrement fait état des propriétés d’emménagogue (MAIRE et SAVELU, 1955; DOREAU, 1961) et d’ocytocique ; cette dernière propriété donnant lieu à mainte descriptions que nous énumérons ci-après :
- On fait avaler, à la mère, après l'accouchemet une infusion de feuilles sèches de Rosmarinus officinalis et de Ruta chalepensis (ar. = figel) (REBOUL),
- les parturientes en absorbent plusieurs infusions (REYNIER, 1954),
- dans les propos de PASSAGER et BARBANÇON (1956), nous relevons que l'accouchement achevé, la femme doit manger du blé cuit à l'eau et additionné de Rosmarinus officinalis (« azir ») dont elle doit également absorber des infusions durant 7 jours.
- selon BOUCHAT, Rosmarinus officinalis (« iazir ») en décoction est utilisé pour accélérer le travail des parturientes alors que PASSAGER et DOREY puis DOREAU, attestent que l'infusion facilite l'accouchement et purifie le sang de la mère.
Il est signalé aussi qu'en infusion ou en tisane le romarin a une action calmante de la toux (PASSAGER et DOREY ; DOREAU).
PASSAGER et BARBANÇON rapportent son emploi pour la guérison des plaies (cf. à Atriplex halimus n° 106) de même que DORVAULT et WEITZ (1945) qui spécifient que dans le M'zab, la poudre des feuilles sert à recouvrir la plaie produite par la circoncision.
Pour le Sud tunisien et en plus des usages déjà signalés, LOUIS (1979) note pour le « klil » les emplois suivants :
- fortifiant après une hémorragie,
- en infusion pour les maux de reins et pour réduire l'incontinence d'urine,
[208]
- contre les maux de gorge (cf. à Malva sylvestris n° 257).
L'essence de « romarin » est (CHOPRA et al.) utilisée surtout comme carminatif, parfum et en combinaison avec d'autres drogues pour préparer des liniments rubéfiants. A cette même essence, PARIS et MOYSE (1971) attachent, en plus de la propriété d'emménagogue déjà citée, des vertus spasmolytiques. Les mêmes auteurs rêvèlent que l'alcoolat, ou « Eau de la Reine de Hongrie », est très employé en médecine vétérinaire comme antiparasitaire et contre la chute des poils. Ils notent également que l'infusion, en usage externe, est un cicatrisant, un antiseptique et un excitant du cuir chevelu.
R.D. - En plus de ces multiples usages de la pharmacopée qui font ranger cette espèce au Panthéon des panacées, DOREAU signale qu'en fumigations, elle sert à éloigner les « djouns »,
LOUIS a mentionné qu'on l'emploie également pour éviter le rancissement du beurre fondu dans les outres et nous avons recueilli l'opinion selon laquelle en mélange, broyée, avec d'autres espèces, elle est susceptible de procurer la puissance sexuelle (cf. Capparis spinosa n° 153).
Cette espèce, comme d'autres Labiées, est largement utilisée, en Afrique du Nord, pour la distillation d'essences utilisées en parfumerie.
Prasium majus
349. Prasium majus L. [III/1128 ; p:777] LABIÉES
- Nom accepté : Prasium majus
A.M. - La plante, déjà réputée calmante dans la médecine des Grecs, se consomme crue (GOBERT, 1940).
Lavandula stoechas
350. Lavandula stoechas L. [III/1130 ; p:780] LABIÉES
- Nom accepté : Lavandula stoechas
A. - Cette espèce sert éventuellement à aromatiser le thé (GATTEFOSSÉ, 1921).
M. - De très nombreux emplois sont rapportés en thérapeutique traditionnelle par GATTEFOSSÉ (1921) ; ainsi :
- en infusion, l'espèce est employée contre les gastralgies et les rhumes de cerveau,
- en infusion avec la rose et le thym (Thymus sp.), elle est réputée bonne pour le traitement de la blennorragie,
[209]
- en mélange avec Artemisia arborescens ou des tranches d'aubergine elle constitue un procédé de soins en cas de morsure de serpent,
- les feuilles et les fleurs séchées sont fumées en mélange avec le tabac à la place du « kif » [1].
Selon DUCROS (1930) les fleurs de « hhalhhal » sont employées à l'intérieur comme stimulant, tonique résolutif et antispasmodique.
BURNET (1939) note encore qu'elle entre dans la composition de la « medbach », tisane préparée dans la région de Korbous (cf. à Artemisia arborescens n• 428).
Elle était autrefois considérée comme antiseptique et vulnéraire, mais elle n'apparaît plus au Codex aujourd'hui (PARIS et MOYSE, 1971).
Ces deux propriétés sont cependant rappelées par LEMORDANT et al. (1977) qui rapportent comme nom arabe en Tunisie « halihal el djebel ».
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- ↑ kif = chanvre indien = Cannabis sativa var. indica L. famille des CANNABINACÉES n'appartenant pas à la flore tunisienne.
Lavandula multifida
351. Lavandula multifida L. [III/1132 ; p:780]
- Nom accepté : Lavandula multifida
M. - C'est un diurétique et un stimulant réputé au Maroc, (GATTEFOSSÉ, 1921).
L'espèce (« kmamet ajoula ») serait selon GOBERT (1940) utilisée pour la confection de l’« omelette des enrhumés » réputée dans la région de Takrouna pour guérir parfaitement les rhumes. Ce plat (« adhima bkammet âjoula ») se prépare comme suit :
- « faire chauffer de l'huile, y faire revenir quelques gousses d'ail avec coriandre, carvi et poivre rouge.
- « piler des feuilles de lavande et en faire une pâtre avec un œuf.
- jeter cette pâte dans l'huile bouillante et attendre qu'elle ait absorbée la totalité de l'huile ; puis consommer.
D. - Dans le Sud tunisien, nous avons noté qu'elle est employée pour servir de schampoing et pour tonifier les couleurs des teintures végétales.
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Marrubium vulgare
352. Marrubium vulgare L. [III/1133 ; p:781] LABIÉES
- Nom accepté : Marrubium vulgare
Ce « marrube », considéré comme une panacée, a fait l'objet de nombreuses recherches de laboratoires, hélas, souvent peu concluantes.
M. - L'espèce était (KCHOUK et CHADLI, 1963) déjà connue des grecs et des anciens arabes et son nom viendrait de l'hébreu « mar rob » = amer. Successivement, BOUCHARDAT (1849), TRABUT (1891) et HANONE (1894) (in KCHOUK et CHADLI, 1963) lui reconnurent une activité dans le paludisme. Toujours selon KCHOUK et CHADLI, elle fut utilisée, dans l'antiquité, dans le traitement des affections chroniques des voies respiratoires, du foie, de la rate, comme fébrifuge et antipériodique. LECLERC (1917) la préconisait dans le traitement des bronches.
En Algérie (TROTTER, 1915), cette espèce est utilisée comme fébrifuge et cet emploi est confirmé très fréquemment. A cette propriété, GATTEFOSSÉ (1921) en ajoute d'autres quand il indique que l'espèce est vomitive à forte dose, expectorante (pneumonie), réconfortante (dans les cas d'anémie, de convalescence, d'empoisonnement et de refroidissement) et que contre les rhumes de cerveau, on utilise le suc de la plante fraîche que 1'on introduit dans le nez.
Il est rapporté qu'en Egypte (DUCROS, 1930) cette plante (ar. frassioun) jouit d'une bonne réputation comme anti-asthmatique, diurétique, expectorant et sudorifique et qu'on la prescrit dans les cas de catarrhes, les toux rebelles et les engorgements du foie.
BEN ALI et LOUIS (1946), et LOUIS (1963), rapportent le mode de préparation suivant d'une décoction : « mettre 500 gr. de feuilles de merroubya dans un litre d'eau, faire réduire de moitié, prendre un verre de cette décoction chaude ou froide avant le repas ». Cette décoction serait un remède souverain contre les fièvres, les douleurs hépatiques et spécifique de certaines maladies urinaires. Selon les mêmes auteurs, le suc de la plante est aussi employé sous forme d'inhalation contre les rhumes de cerveau.
En Libye, KEITH (1965) note l'usage de l'espèce contre la toux et la jaunisse.
En Libye également, KOTOB HUSSEIN (1979) a indiqué qu'elle était réputée antipyrétique et utilisée contre le diabète.
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PARIS et MOYSE (1971) soulignent chez le « marrube blanc », des propriétés expectorantes et fluidifiantes des sécrétions bronchiques (en extrait alcoolique ou hydroalcoolique) et sa réputation de fébrifuge. Ils indiquent que c'est aussi un tonique amer, un cholérétique et un diurétique et qu'elle a été préconisée en association avec l'aubépine [1] dans les cas d' arythmies cardiaques.
Malgré les nombreuses études et tests en laboratoire (SERGENT et SERGENT, 1928), l'extrait aqueux de cette espèce, n'a de fait exercé aucune action ni préventive, ni curative sur le Plasmodium relictum, cause du paludisme des oiseaux.
Le propre travail de KCHOUK et CHADLI (1963) portait sur la détermination de l’effet abortif éventuel de cette plante (sous forme de décoction) par expérimentation sur des cobayes, rats et souris gravides. Cette recherche a conduit à la détection d'une certaine activité abortive sur le rat mais son action sur les cobayes et les souris est moins probante.
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- ↑ aubépine = Crataegus oxyacanthus L. (ROSACEE).
Marrubium alysson
353. Marrubium alysson L. [III/1135 ; p:782]
- Nom accepté : Marrubium alysson
M. - Réduit en poudre et mélangé à de l'huile, Marrubium alysson sert à fabriquer une pommade utilisée pour les soins dans les cas de douleurs rhumatismales (TROTTER, 1915).
Phlomis floccosa
354. Phlomis floccosa Don. [111/1147 ; p:789] LABIÉES
- Nom accepté : Phlomis floccosa
A . - Le suc délicieux de cette espèce sert à fabriquer de la confiture (TROTTER, 1915).
Lamium amplexicaule
355. Lamium amplexicaule L. [III/1153 ; p:792] LABIÉES
- Nom accepté : Lamium amplexicaule
T. - Lamium amplexicaule est (BOEUF, 1933) suspectée être photosensibilisante (cf. Hypericum triquetrifolium n° 260.))
Lamium purpureum
356. Lamium purpureum L. [III/1154 ; p:792]
- Nom accepté : Lamium purpureum
Dans la Flore de POTTIER-ALAPETITE, il n'est signalé, pour la Tunisie, que Lamium purpureum var. exannulatum Loret.
M. - Ce « lamier » utilisé sous forme d'infusé, a des propriétés toniques et astringentes (PARIS et MOYSE, 1971).
Ballota nigra
357. Ballota nigra L. [III/1156 ; p:793] LABIÉES
- Nom accepté : Ballota nigra
M. - Selon PARIS et MOYSE (1971), le principe actif de cette plante, à qui l'on reconnait dea propriétés antispasmodiques, tranquillisantes et cholérétiques,
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n'est pas encore connu. Les mêmes auteurs rapportent que la « ballote » en usage externe était utilisée comme topique et vulnéraire et qu'à l'intérieur, la plante est un antispasmodique actif contre la toux quinteuse et les vomissements du nourrisson.
LECLERC (in PARIS et MOYSE) a noté pour cette espèce des propriétés sédatives dans les cas d'anxiété et des troubles nerveux liés à la ménopause ; alors que CHABROL et CHARRONNAT (in PARIS et MOYSE) ont mis en évidence des propriétés cholérétiques.
Pour la Tunisie, on reconnaît à l'espèce (ar. : feracioun ; fr. = ballote fétide) les mêmes vertus antispasmodiques et tranquillisantes (LEMORDANT et al., 1977).
Ballota hirsuta
358. Ballota hirsuta var. bullata (Pom) Murb. [III/1157 ; p : 793]
- Nom accepté : Ballota hirsuta
A. - Au Sahara (GAST, l968), on soigne les contusions par application de cataplasmes de racines de Ferula sp. (« hadent ») ou de Ballota hirsuta var. bullata (« amerroukt ») ou encore mieux de Thapsia garganica (« derias »).
Stachys arvensis
359. Stachys arvensis L. [III/1160 ; p:796] LABIÉES
- Nom accepté : Stachys arvensis
T. - Stachys arvensis figure (BOEUF 1933) dans la liste des espèces incriminées du pouvoir de photosensibilisation (cf. Hypericum triquetrifolium Turra, fiche n° 260).
Salvia officinalis
360. Salvia officinalis L. [III/sans n° ; p: 799] LABIÉES
- Nom accepté : Salvia officinalis
Les propriétés les plus fréquemment reconnues à cette sauge sont celles de stimulant.
M.T.D. - Les infusions sont, rapporte BOUQUET (1921), recommandées pour leurs vertus de sudorifique, emménagogue et diurétique. Le même auteur note que les feuilles fraîches introduites dans les narines durant les temps chauds, procurent une sensation de fraîcheur.
En Egypte (DUCROS, 1910), les feuilles de « sauge » sont réputées toniques, astringentes et emménagogues.
Après séchage, les feuilles très aromatiques sont employées pour l'assainissement des plats et conserves, usage également fait de l'essence volatile (CHOPRA et al., 1960). Les mêmes auteurs notent que la sauge est stimulante, carminative ainsi que légèrement antiseptique d'où son emploi pour les gargarismes. Ils rap-
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portent encore que l'essence volatile a une action convulsivante cependant moins violente que celle de l'absinthe [1].
C'est sur ce caractère de convulsivant, dû à l'abondance de thuyone, que PARIS et MOYSE (1971) basent la toxicité de cette essence. PARIS et MOYSE insistent sur le fait que l'espèce était autrefois considérée comme une véritable panacée et lui attribuent en usage interne (infusé) des propriétés toniques, cholérétiques, antisudorales et hypoglycémiantes ; ils signalent aussi des propriétés œstrogènes. En usage externe, elle est cicatrisante et astringente ; elle est de plus, du fait de ses vertus antioxydantes, employée en charcuterie.
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- ↑ absinthe = Artemisia absinthium L. absente de Tunisie.
Salvia horminum
361. Salvia horminum L. [III/1167 ; p:799]
- Nom accepté : Salvia viridis
Combinaison retenue pour Flora europaea : S. viridis L.
De fait, la Flore de POTTIER-ALAPETITE ne signale en Tunisie que la présence de Salvia horminum var. viridis (L.) Caruel.
D. - Pour LEMORDANT et al. (1977), l'espèce (fr. = sauge) est aromatique.
Salvia sclaraea
362. Salvia sclaraea L. [III/1169 ; p:800]
- Nom accepté : Salvia sclarea
D.M. - L'huile essentielle, obtenue par distillation des fleurs, est utilisée en parfumerie comme fixateur et l'espèce qui a eu la réputation d'antispasmodique, d’anticatarrhale a été aussi employée en usage externe contre les ulcères et les œdèmes (PARIS et MOYSE, 1971).
Pour cette espèce (ar. = tsifa ; fr. = sauge sclarée), LEMORDANT et al. (1977) ont signalé la vertu antispasmodique.
Salvia verbenaca
363. Salvia verbenaca L. [III/1173 ; p:803]
- Nom accepté : Salvia verbenaca
A. - ROHLFS (in TROTTER, 1915) a relevé que cette espèce était éventuellement consommée en tas de disette.
M. - L'espèce (« el kablou », « oum el bouna ») appelée « tamarzouga » à Tunis était, selon PRAX (1850), mise en poudre sur les blessures et employée pour soigner les chevaux couronnés.
Salvia aegyptiaca
364. Salvia aegyptiaca L. [III/1175 ; p:804]
- Nom accepté : Salvia aegyptiaca
A.M.D. - Les feuilles et les sommités fleuries servent à fabriquer des infusions digestives, note TROTTER (1915) qui rapporte aussi que l'on se met parfois les feuilles de « sauge » dans les narines « pour se donner de la fraîcheur ».
[214]
Les graines sont occasionnellement consommées, révèle LARRIBAUD (1952) (cf. à Aristida pungens n° 027) et on fait des infusions de la plante entière (« tazoukanit ») (cf. à Ammodaucus leucotrichus n° 310).
Melissa officinalis
365. Melissa officinalis L. [III/1176 ; p:804] LABIÉES
- Nom accepté : Melissa officinalis
M. - La mélisse est employée sous forme d'infusions toniques et réconfortantes (GATTEFOSSÉ, 1921).
Sous forme d'infusé, la « mélisse » est un stomachique, antispasmodique et carminatif très utilisé (PARIS et MOYSE, 1971). Ces mêmes auteurs signalent aussi de nombreuses références attestant :
- que la plante fraîche entre dans la préparation de l'alcoolat de mélisse (composé antispasmodique très populaire) et a, comme de nombreuses autres Labiées, des propriétés cholérétiques.
- qu'en usage externe, l'espèce est cicatrisante,
- qu'elle a des propriétés antivirales,
- qu'elle est employée comme aromatisant.
Cet ensemble de propriétés rattachées à Melissa officinalis (ar. merzizou ; fr. = mélisse officinale) est également rapporté par LEMORDANT et al. (1977).
Origanum majorana
366. Origanum majorana L. [III/sans n° ; p:809] LABIÉES
- Nom accepté : Origanum majorana
A.M. - TROTTER (1915) indique la « marjolaine » comme condiment et signale aussi son emploi pour combattre la dysenterie.
Contre les gastralgies et les rhumes, on utilise au Maroc la p1ante cuite dans le lait ou prise en infusion (GATTEFOSSÉ, 1921).
R.D. - La marjolaine, très abondamment cultivée en intercalaire dans les oliveraies de la région de Sfax, procure une essence utilisée comme fixateur de parfum et passe pour avoir en infusion un effet anaphrodisiaque, ce qui est en contradiction avec la vertu aphrodisiaque qui lui est attribuée au Maroc (GATTEFOSSÉ, 1921).
Thymus capitatus
367. Thymus capitatus (L.) Hoffm. et Link [III/1186; p:810] LABIÉES
- Nom accepté : Thymbra capitata
Orthographe retenue pour Flora europaea : T. capitatus (L.) Hoffmanns et Link.
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Corydothymus capitatus Rehb. est adopté comme synonyme.
M.R.D. - Employée pour aromatiser les aliments (TROTTER, 1915), cette espèce est également utilisée, en infusion froide, contre la toux. DUVEYRIER (in TROTTER) la présente comme stomachique propriété rapportée aussi par KOTOB HUSSEIN (1979), en Libye, à propos de Coriathymus capitatus [1].
Ce thym produit une huile essentielle ou essence riche en carvacrol (PARIS et MOYSE, 1971 ; LEMORDANT et al., 1977).
Nous avons relevé dans la région d'El Hamma de Gabès que l'espèce (ar. = zâteur) était utilisée :
- seule, sous forme de tisane pour provoquer l'avortement,
- en mélange broyé, pour procurer la puissance sexuelle (cf. à Capparis spinosa n° 153).
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- ↑ A l'erreur de transcription près, il s'agit bien certainement de Corydothymus capitatus Rehb.
Thymus numidicus
368. Thymus numidicus Poir. [III/1187; p:810]
- Nom accepté : Thymus numidicus
M. - Selon BURNET (1939), ce thym entre dans la composition d'une tisane (cf. Artemisia arborescens n° 428) et a, par ailleurs, les mêmes usages que Thymus algeriensis [1] (CHOUMOVITZ et SERRES, 1954).
Dans la pharmacopée égyptienne (DUCROS, 1930), les feuilles et les sommités fleuries sont considérées céphaliques, pectorales, résolutives, vulnéraires, nervales et sternutatoires. Ces mêmes sommités sont de plus réputées sudorifiques et emménagogues et employées en infusions et fumigations.
La drogue fraîche (PARIS et MOYSE, 1971) entre dans la composition de l'alcoolat vulnéraire.
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- ↑ Nous avons traité ce taxon sous la dénomination Thymus hirtus ssp. algeriensis Boiss. et Reut.
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Thymus hirtus
369. Thymus hirtus ssp. algeriensis Boiss. et Reut. [III/1188 ; p:811]
- Nom accepté : Thymus algeriensis
Cette combinaison est considérée ici comme synonyme de Thymus algeriensis Boiss. et Reut. souvent citée. De fait dans la Flore de la Tunisie apparaît seulement T. hirtus ssp. algeriensis var. cinerascens Murb.
M. - Dans le Sud tunisien ce thym est considéré stomachique, cette indication rejoignant celle rapportée en Libye par TROTTER (1915) à propos de T. hirtus Vahl.
D. - Comme Thymus numidicus Loir., Thymus algeriensis est utilisé pour parfumer certains mets et des infusions que l'on prend en guise de thé (CHOUMOVITZ et SERRES, 1954). Ce thym produit aussi une essence (LEMORDANT et al. 1977).
Mentha pulegium
370. Mentha pulegium L. [III/1191; p:813] LABIÉES
- Nom accepté : Mentha pulegium
M.D. - En infusion, les feuilles de cette menthe s'emploient comme tonique et contre la paresse du tube digestif, note GATTEFOSSÉ (1921) qui souligne également que cette espèce est à la base de l'alcool de menthe.
L'huile essentielle de la « menthe pouliot » est (GATTEFOSSÉ, 1957) l'une des matières premières pour la préparation du menthol synthétique.
Selon PARIS et MOYSE (1971), le nom pulegium de la menthe pouliot rappellerait la vertu très anciennement reconnue à cette espèce d' éloigner les puces et les poux, elle est aussi en usage interne antispasmodique, stomachique et cholagogue alors qu'elle agit en antiseptique en usage externe.
Les mêmes vertus sont reconnues à cette espèce (ar. = felaiou ; fr. = menthe pouliot) par LEMORDANT et al. (1977).
Mentha aquatica
371. a) Mentha aquatica L. [III/1192; p:813]
- Nom accepté : Mentha aquatica
b) Mentha rotundifolia L. [III/1193; p:813]
- Nom accepté : Mentha rotundifolia
Combinaison correspondante de Flora europaea : M. x rotundifolia (L.) Hudson.
[217]
D. - PARIS et MOYSE (1971) puis LEMORDANT et al. (1977) signalent Mentha aquatica (ar. habak el ma) et Mentha rotundifolia (ar. = mersit) comme pouvant procurer une essence.
Mentha spicata
372. Mentha spicata L. em. Huds. [III/sans n° ; p:814]
- Nom accepté : Mentha spicata
Combinaison retenue pour Flora europaea : M. spicata L.
M. viridis L. est une synonymie assez fréquemment rencontrée dans la littérature.
« naanâa » est surtout employée pour ses vertus aromatisantes.
A. - Au Maroc, c'est, de façon exclusive, Mentha viridis qui est employée pour parfumer le thé (RENAUD et COLIN, 1934) et ceci se confirme pour l'ensemble du Maghreb.
PARIS et MOYSE (1971) notent les synonymes et signalent que l'huile essentielle et l'essence sont également utilisées comme aromatisants. Pour la Tunisie, LEMORDANT et al. (1977) rappellent ces mêmes propriétés de « na'nâa ».