Hypéricacées (Le Floc'h, 1983)
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Hypericum perforatum
259. Hypericum perforatum L. [II/802; p. 508] HYPERICACÉES (Flora europaea = GUTTIFERACÉES).
- Nom accepté : Hypericum perforatum
T. - Ses propriétés photosensibilisantes ont été largement décrites par BOEUF (1933) (cf. à Hypericum triquetrifolium n° 260).
De façon moins scientifique RENON (s.d.) signale aussi que l'espèce (ar. = hamra) est effectivement nocive pour les moutons à muqueuse blanche et qu'à partir de juin il ne faut pas laisser les bêtes pâturer, en particulier aux heures chaudes, dans les terres où elle abonde. Il révèle un remède qui consiste à faire boire à un animal atteint du « hamra » (la maladie porte le même nom vernaculaire que la plante), un verre de « henné » [1].
Cette plante est également considérée comme photosensibilatrice par PARIS et MOYSE (1967) qui signalent que les glandes noires des feuilles et des fleurs contiennent, entre autre, un pigment rouge l'« hypéricine » qui serait à l'origine des propriétés particulières de cette espèce et de Hypericum triquetrifolium.
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- ↑ henné = Lawsonia inermis L. (fam. des Lythracées).
Hypericum triquetrifolium
260. Hypericum triquetrifolium Turra [II/803; p:508]
- Nom accepté : Hypericum triquetrifolium
Ce taxon est souvent dénommé par une combinaison synonyme H. crispum L.
L'espèce est surtout connue à cause de sa propriété photosensibilisante.
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T. - Hypericum crispum L. est signalé par TROTTER (1915) comme un poison pour le bétail qui s'en nourrit.
BOEUF (1933), dans son travail sur la photosensibilisation des organismes, signale, au paragraphe concernant la photosensibilisation chez les animaux, celle due aux plantes ingérées et donne une liste des espèces incriminées : Polygonum persicaria (fr = sarrasin), divers trèfles (Trifolium hybridum, T. pratense, T. elegans, T. roseum [1], les vesces, Malva parviflora, Lamium amplexicaule, Stachys arvensis et les « millepertuis » (Hypericum perforatum, H. crispum). Il note qu'en Tunisie Hypericum crispum (ar. : hamra) provoque chez le mouton, le bœuf et le cheval des accidents (parfois mortels chez le mouton), le mal étant lui-même nommé « hamra ». Il y a d'abord formation d'un œdème au niveau des oreilles, des paupières et de la face, à la suite de quoi apparaissent, une exsudation séreuse et une mortification des tissus.
A la suite d'expérimentations, BOEUF conclut que :
- seuls les moutons à tête blanche sont sensibles à l'ingestion de « hamra », et les lésions ne s'observent que sur les parties de la peau non pigmentées et non couvertes par la laine, ce qui a conduit les éleveurs dans les régions où cette espèce est abondante à sélectionner des moutons tout noir ou à tête noire.
- les effets de la photosensibilisation sont plus rapides et intenses en juin qu'en avril et mai, sans qu'il soit possible de dire si cela tient à la présence d'une plus grande quantité de substances actives dans la plante au stade de 1a floraison ou à une insolation plus longue et plus forte, les deux facteurs intervenant sans doute.
Cette propriété est rapportée par LABBE (1950).
M. - C'est l'hypéricine qui confère aux Hypericum des propriétés photosensibilisatrices notent PARIS et MOYSE (1967) qui signalent également qu'en usage externe, l'huile et le tanin du « millepertuis » sont des antiseptiques astringents et des cicatrisants ;
- qu'administrées par voie buccale, les mêmes préparations sont antispasmodiques.
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- ↑
- Polygonum persicaria L. (famille des Polygonacées)
- Trifolium hybridum L. (famille des Légumineuses)
- Trifolium elegans Savi id.
- Trifolium roseum Presl. id.
Ces 4 espèces sont considérées absentes de Tunisie.