Solanacées (Le Floc'h, 1983)

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Labiées
Le Floc'h, Ethnobotanique tunisienne, 1983
Scrophulariacées


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Lycium europaeum

373. Lycium europaeum L. [III/1196 ; p: 816) SOLANACÉES


Lycium mediterraneum Dunal est une synonymie adoptée.

Lycium europaeum est surtout en usage pour les soins dans les cas d'ophtalmies.

M. - Pour les soins des ophtalmies purulentes et pour éviter que les yeux ne soient atteints en cas de variole, on emploie une décoction concentrée de tiges, fleurs et fruits de cette espèce, que l'on mélange à du blanc d'Espagne afin d'obtenir une pâte dont on couvre les yeux des malades (DUVEYRIER in TROTTER, 1915; BOUQUET, 1921).

Cet emploi, en ophtalmologie, est souvent rapporté par d'autres auteurs. Ainsi PARIS et MOYSE signalent que le suc de L. europaeum et de L. barbarum [1] est très apprécié contre les maux des yeux (ophtalmies purulentes), alors que les rameaux servent à faire des infusés ayant les vertus du thé. On reconnaît à l'extrait


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et à la teinture des propriétés légèrement hypotensives, diurétiques et surtout antis­pasmodiques (PARIS et MOYSE, 1971).

LEMORDANT et al. (1977) notent aussi ces propriétés de Lycium europaeum (ar. = aoussaj ; fr. = lyciet).

R. - Il apparaît que déjà en 1930 (DUCROS) cette plante n'était plus en usage en médecine en Egypte mais que brûlés avec de l'encens les rameaux étaient encore employés dans les pratiques de sorcellerie.

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  1. Lycium barbarum binôme aujourd'hui en vigueur est dans « la Flore de la Tunisie » connu sous la combinaison Lycium halimifolium Mill.


Lycium halimifolium

374. Lycium halimifolium Mill. [III/1197 ; p: 817]


Cette espèce est répertoriée dans Flora europaea par la combi­naison Lycium barbarum L.

M. - Les vertus thérapeutiques, rapportées par PARIS et MOYSE (1971) sont identiques à celles de Lycium europaeum L. (n° 373).


Hyoscyamus albus

375. Hyoscyamus albus L. [III/1199 ; p: 818] SOLANACÉES


Malgré une toxicité reconnue, cette plante présente quelques pro­priétés et effets thérapeutiques.

M. - Pour calmer les douleurs en cas d'ophtalmie on applique sur l'œil une feuille de cette plante, chauffée (HOFFMAN, in TROTTER, 1915).

L'emploi de la jusquiame (H. albus, H. niger et H. muticus) serait, selon les lettrés arabes (BOUQUET, 1921), à déconseiller car susceptible de troubler l'intelligence. BOUQUET signale cependant que ces espèces sont utilisées comme calmants (suc en mélange avec du beurre, sommités et fruits bouillis dans l'huile).

DUCROS (1930) souligne que la graine (ar. = bizr el binj) de cette « jusquiame » est moins active que celles des autres espèces du même genre mais qu'elle a cependant un effet calmant et hypnotique


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justifiant son emploi soit à l'intérieur, soit en cataplasme, soit en friction. A propos des feuilles (ar. = waraq el binj) et des fleurs (ar. = zahr el binj) le même auteur note qu'elles sont, sous forme soit d'onguent, soit de cataplasme, vénéneuses mais aussi assoupissantes, calmantes, stupéfiantes, narcotiques et résolutives.

Pour soigner les plaies il est possible, au lieu de poudres absor­bantes (cf. à Carlina involucrata n° 437), d'y appliquer directement une feuille de Hyoscyamus albus (CLASTRIER, 1936).

Selon CHOPRA et al. (1960), cette espèce paraît posséder les mêmes propriétés que Hyoscyamus niger et H. muticus et pourrait donc en constituer un succédané éventuel.

T. - DUCROS (loc. cit.) indique les feuilles comme vénéneuses. Plus précisément, PARIS et MOYSE (1971) révèlent que sa toxicité semble être plus élevée que celle de la « jusquiame noire » Hyoscyamus niger L., LEMORDANT et al. (1977) confirment la toxicité et la propriété parasympatholytique de Hyoscyamus albus (fr. = Jusquia­me blanche) et de Hyoscyamus niger (fr. = Jusquiame noire) qu'ils désignent par le même nom arabe « sikran ».


Hyoscyamus niger

376. Hyoscyamus niger L. [III/1200 ; p: 819]


M.T. - L'espèce est éventuellement utilisée comme calmant note BOUQUET (1921) (cf. à Hyoscyamus albus (n° 375)).

La graine excitante (!) est considérée (DUCROS, 1930), comme étant un poison redoutable et constituant un narcotique dont l'emploi n'est pas sans danger. En fumigation ou en préparation avec du jau­ne d'œuf, DUCROS signale que, cette drogue est employée comme antispasmodique et sédatif.

CHOPRA et al. (1960) et LEMORDANT et al. (1977) ont également rapporté quelques considérations relatives à cette espèce (cf. Hyoscyamus albus (n° 375)).


Hyoscyamus muticus

377. Hyoscyamus muticus ssp. falezlez (Coss.) Maire [III/sans n° ; p: 819)


Une seule sous-espèce étant signalée pour l'Afrique du Nord nous avons rapporté ici les informations relevant également de l'espèce Hyoscyamus muticus L.


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A. - TROTTER (1915) puis FOLEY (1939) ont noté, qu'en Ahaggar, les femmes pour engraisser, mélangent, non sans risque, de petites quantités de cette plante à leur nourriture. TROTTER précise qu'ensuite elles se couchent après avoir bu une boisson sudo­rifique.

M. - La pommade obtenue par mélange de l'extrait de « falezlez » et de beurre, est utilisée pour les frictions antirhumatismales et pour les soins des maladies utérines (TROTTER, 1915).

L'usage de cette plante comme calmant est signalé par BOUQUET (1921) (cf. H. albus, n° 375).

Selon CHOPRA et al. (1960), les effets thérapeutiques et l'action physiologi­que de la « jusquiame » Hyoscyamus muticus sont semblables à ceux de la bella­done [1] et de la stramoine [2], l'hyoscyamine étant l'élément actif chez ces trois espèces. La jusquiame, surtout employée pour calmer les spasmes douloureux des muscles non striés (qui caractérisent les coliques de plomb) et l'irritation de la vessie, sert également comme sédatif de l'irritation nerveuse symptomatique des diverses for­mes d'hystérie et de toux. Les feuilles appliquées en cataplasmes ou en fomenta­tions pour combattre la douleur n'ont présenté que des résultats incertains.

T. - La plante est très toxique, et en peu d'heures, fait mourir un homme. Cette toxicité est d'ailleurs tristement célèbre pour être la cause de la mort en 1881 de la majeure partie de la 2ème Mission FLATTERS au Hoggar, le poison avait été mélangé à des dattes.

Toxique pour l'homme, le cheval, l'âne et le chien, cette plante ne le serait pas pour les ruminants qui la consommeraient impuné­ment et au contraire engraisseraient, d'après TROTTER. Le même auteur note que les sahariens attestent que la toxicité de ce végétal augmente avec l'altitude ; comme contre-poison, on administre une boisson faite de piments rouges et de dattes. Quand une absorption de cette plante n'est pas fatale, elle provoque cependant des troubles cérébraux.

FOLEY et MESLIN (1924) constatent que cette plante toxique est de fait dédaignée par les animaux à l'exclusion des sautereilles. Cette particularité a entraîné chez les sahariens des cas de folie pas­sagère consécutive à la consommation de sauterelles : Schistocerca peregrina. Cette même observation a été rapportée également par MAIRE et SAVELLI (1955), CORNAND (1958), alors que d'autres


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auteurs (REBOUL, 1953 etc...) signalent l'empoisonnement d'ani­maux domestiques.

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  1. belladone = Atropa belladona L. (famille des SOLANACÉES) absente de Tunisie.
  2. stramoine = Datura stramonium L. (fiche n° 207).

Withania somnifera

378. Withania somnifera (L.) Dun. [III/1201 ; p: 820] SOLANACÉES


M. - Les graines, de cette plante (TROTTER, 1915), sont nar­cotiques et diurétiques.

Réduite en poudre, la racine est, à faible dose, utilisée contre la stérilité des femmes (GATTEFOSSÉ, 1921).

La racine est réputée pour ses propriétés sédatives, aphrodisiaques et de tonique général; en application locale, les feuilles servent aux soins des tumeurs et des ulcères (PARIS et MOYSE, 1971).

D. - Selon HERAIL (in TROTTER) cette plante aurait la pro­priété de faire coaguler le lait.


Solanum nigrum

379. Solanum nigrum L. [III/ 1203 ; p: 821] SOLANACÉES


Les données collectées et rassemblées ici sont relatives à l'espèce ainsi qu'à sa ssp. villosum (L.) Batt. telle qu'elle est citée dans « la Flore de la Tunisie ». Cette sous-espèce répond dans Flora europaea à une nouvelle dénomination : S. luteum Miller ssp. luteum.

A.T. - LABBE (1950) décrit cette « morelle » comme étant une plante médicinale dont les feuilles sont comestibles et dont les fruits possèdent des propriétés toxiques.

M.T.R. - Broyée, la var. villosum L. sert, en mélange avec du safran et du sucre candy, à la fabrication d’emplâtres résorbants (HOFFMAN in TROTTER , 1915). L'emploi du cataplasme résolutif est aussi signalé par BOUQUET (1921) (cf. à S. sodomaeum n° 381).

GATTEFOSSÉ indique quelques usages de cette espèce au Maroc (cf. S. dulcamara n° 380).


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D'odeur désagréable, cette plante, réputée active et dangereuse, ne sert qu'à l'extérieur (DUCROS, 1930). Le même auteur rapporte l'usage qui est fait des rameaux :

  • en décoction pour laver les parties enflammées ou tuméfiées,
  • en cataplasme contre les dartres, les brûlures, les tumeurs et les hémorroïdes,
  • comme résolutif, sédatif et narcotique.

L'usage des cataplasmes de feuilles comme émollient, antinévralgique et léger sédatif est noté par PARIS et MOYSE (1971) qui commentent également la toxicité de l'espèce. A l'état frais, la plante est susceptible de provoquer des intoxi­cations chez les petits herbivores (lapins, chèvres, moutons) ; les fruits très attrac­tifs peuvent également causer des accidents chez les enfants. Cette toxicité est cependant soumise à variation, et ainsi dans certains endroits les feuilles sont con­sommées comme les épinards, après rejet de la première eau de cuisson.

LEMORDANT et al. (1977) ont rapporté l'intérêt antinévralgi­que et émollient de cette espèce (ar. : anab edhib ; morelle noire).

D. - Les graines noires de Solanum nigrum sont cueillies puis pilées dans les vêtements de laine dont on souhaite enlever les taches (LETHIELLEUX, 1948).

Les tatouages sont éventuellement colorés au jus des baies de cet­te espèce (BOUCHAT, 1956). L'usage en teinture de « aneb ed dib » (fr. : raisin du renard, raisin du loup, crève-chien, herbe à la gale) est signalé par COUSTILLAC (1958) qui rapporte à tort ce nom ara­be à Thamnus communis [1].

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  1. Il s'agit bien entendu de Tamus communis L. (cf. n° 075).

Solanum dulcamara

380. Solanum dulcamara L. [III/ 1204 ; p: 823]


M.R. - Cette espèce et S. nigrum sont (GATTEFOSSÉ, 1921) utilisées comme :

  • aphrodisiaques et toniques en infusions ou en mélange à la nourriture.
  • succédané frauduleux de la belladone [1].

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  1. belladone = Atropa belladona L. (famille des SOLANACÉES) considérée absente de la flore tunisienne.


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Solanum sodomeum

381. Solanum sodomeum L. [III/1205 ; p: 823]


M. - Contre les tumeurs froides, il est recommandé d'employer, en cataplasmes résolutifs, cette espèce seule ou en mélange avec S. nigrum (BOUQUET, 1921). BOUQUET note encore deux autres usa­ges :

  • la décoction de feuilles s'emploie pour laver les yeux et est réputée conserver la vue.
  • la poudre de baies desséchées, préparée en suppositoire est considérée efficace pour suspendre les règles.

La Solanine S de cette espèce n'est pas exactement de même nature que la Solanine T, de la pomme de terre cultivée (Solanum tuberosa [1]), mise en évidence en 1820 par DESFOSSES (in DORVAULT et WEITZ, 1945).

Le fruit est riche en gluco-alcaloïdes et renferme des hétérosides et des sapo­nosides (PARIS et MOYSE, 1971).

D. - PARIS et MOYSE indiquent également que du fait de ses propriétés détergentes, cette plante a été employée pour la lessive dans les pays d'origine.

En Tunisie, cette Solanacée (ar. = limen nesara, barham ; fr. = morelle de Sodome), source de diosgénine, est réputée toxique (LEMORDANT et al., 1977).

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  1. Solanum tuberosa = Solanum tuberosum L. non traitée ici.

Mandragora autumnalis

382. Mandragora autumnalis Spreng. [III/1207 ; p : 823] SO­LANACÉES


La combinaison retenue pour ce taxon dans Flora europaea est Mandragora automnalis Bertol.

Victime probablement d'avoir donné surtout lieu dans le passé, à des usages maléfiques, cette espèce en voie de raréfaction se trouve aujourd'hui peu employée malgré les nombreuses vertus qui lui sont reconnues.

M.R. - Déjà BOUQUET (1921) rapportait les usages de cette espèce en gynécologie et en sorcellerie.

C'est surtout au travers des propos de TERCINET (1950) que nous présenterons la « mandragore » dont on dit que la fabuleuse lé-


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gende eut comme point de départ l'aspect anthropomorphique de sa racine. Au Moyen-Age, avec l'apparition de la fameuse « théorie de la signature magique des plantes » ou « théorie de la sigillation », la faveur de cette plante, pour la fabrication des philtres lui valut la dé­nomination d' « herbe aux magiciens » . En effet, cette espèce était considérée comme aphrodisiaque, somnifère et anesthésique. Un effet analgésique lui était cependant déjà reconnu à cette epoque d'où son emploi dans les « éponges somnifères ».

A propos du Maghreb, TERCINET rappelle les dénominations de l'espèce :

  • ar. = yabrouch, yabruche, yabroug, yabrouach, serag et ko­trob, teffah ed djinn, teffeh em majanin, teffah el ghoul, beïd el djinn, beïd el ghoul.
  • ber. = taryal.

On signale également l'usage des fumigations pour les soins gyné­cologiques (rapporté par LECLERC, 1922) au Maroc, ainsi que les emplois à des fins maléfiques ou magiques en Tunisie (BOUQUET, 1952).

Se basant encore sur les conclusions des travaux de LECLERC et de BOUQUET au Maghreb, il indique que l'on reconnaît à cette es­pèce utilisée essentiellement sous forme d'alcoolature de racine ou de teinture, quelques vertus pour :

  • l'apaisement des toux convulsives,
  • la sédation des états spasmodiques, des névralgies et des douleurs en général,
  • la décontracture des muscles et le relâchement des sphincters,
  • la guérison des états morbides dûs à l’hypervagotonie,
  • l'amélioration des états anxieux et son action antiépileptique,
  • les soins dans les cas de névrose et d’aliénation mentale,
  • son effet hypnotique.

TERCINET note encore la richesse en alcaloïdes, en particulier hyoscyamine et mandragorine, en insistant sur le fait que ses propres analyses ont toujours révélées des teneurs plus fortes dans les feuilles que dans la racine.

A cet ensemble de considérations, PARIS et MOYSE (1971) ajoutent que les propriétés calmantes de cette drogue narcotique et sédative sont dues à des alca-


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loïdes dérivés du tropane où domine l'hyoscyamine. Ils confirment de plus qu'autrefois très appréciée, cette plante n'a guère d'usage dans la thérapeutique moderne.

Les mêmes propriétés narcotiques et sédatives sont encore rappe­lées pour cette espèce (ar. : beil el rhoul ; fr. = mandragore) par LEMORDANT et al. (1977).

R. - Selon REBOUL (1953), les tiges [1] de cette espèce (ar. = bid el roul), en provenance de Tlemcen (Algérie), pulvérisées et mélangées aux sauces, constituent un aphrodisiaque et agirait contre l'impuissance sexuelle.

Ces considérations s'ajoutent à celles citées plus haut (TERCI­NET, loc. cit.).

T. - La mandragore est également susceptible de provoquer des empoisonnements (BOUQUET, 1952), mais il semble qu'il soit diffi­cile de proposer un antidote spécifique.

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  1. Parler de la tige de cette espèce quasiment acaule est probablement un lapsus et l'on peut penser que l'auteur se réfère à la racine.

Datura stramonium

383. Datura stramonium L. [III/1209 ; p: 826] SOLANACÉES


M.T. - En fumigation, cette espèce s'emploie contre les maladies des organes génitaux féminins (BOUQUET, 1921 ; GATTEFOSSÉ, 1921).

FOLEY (1939) a signalé pour Datura stramonium L. la même propriété toxique que pour Datura metel L. (cf. n° 384).

CHOPRA et al. (1960) s'attachent à présenter les études chimiques et clini­ques effectuées sur cette espèce et signalent qu'en culture, on coupe la totalité de la plante quand les fruits sont déjà à maturité. Après séchage à l'ombre, les cap­sules s'ouvrent et l'on récolte les graines ; les feuilles sont séchées à part. Le Datu­ra (PARIS et MOYSE, 1971) est un peu moins employé que la belladone [1], mais administré sous forme de poudre, teinture ou cigarette, il est cependant utilisé comme antispasmodique, antiasthmatique et antiparkinsonien, alors qu'en usage externe, les feuilles servent dans des préparations analgésiques.

L'espèce est toxique révèlent LEMORDANT et al. (1977) qui rap­portent également sa vertu parasympatholytique et ses dénominations en Tunisie (ar. = jaouz mtil ; fr. : stramoine).

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  1. belladone = Atropa belladona L. (famille des SOLANACÉES) absente de Tunisie.


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Datura metel

384. Datura metel L. [III/1210; p:826]


T.M. - En mélange avec les aliments, les graines de ce « datu­ra » (ar. taj el moulouk, chejret el jehennama, hachich el fedaa) ont parfois été cause d’intoxications du type atropinique qui, chez les hu­mains (GARNIER, 1935), se traduisent par des pertes de connais­sance, hébétude, délire, céphalalgie, troubles de la vue, accélérations du rythme cardiaque. FOLEY (1939) signale également les mêmes accidents pour le bétail.

GARNIER rapporte cependant que les médecins arabes emploient cette espèce à divers usages :

  • contre l'insomnie où la poudre desséchée des graines est utili­sée à la dose de 0,5 g. A noter qu'à Laghouat et Ghardaïa pour lutter contre l'insomnie des enfants on place la plante entière sous l'oreiller.
  • contre la chute des cheveux où le remède, dont on fait des ap­plications régulières, est constitué du mélange cuit de la plan­te entière avec du miel ou du vinaigre.
  • contre les blessures, les œdèmes, les panaris auxquels cas la drogue est, soit la même que pour le précédent emploi, soit des applications de la poudre des graines mélangée à du miel et sur laquelle on pose comme bandage une feuille entière. Le même auteur note que selon les anciens auteurs le Datura metel était autrefois utilisé contre la lèpre et la syphilis.

Selon PARIS et MOYSE (1971), cette espèce est plus toxique que Datura stramonium et les feuilles sont une source de scopolamine employée comme sédatif nerveux, antiparkinsonien et en association avec la morphine comme pré-anesthési­que.

Nicotiana glauca

385. Nicotiana glauca Graham [III/1211 ; p : 826) SOLANA­CÉES


T. - La plante contient de la nicotine, alcaloïde très toxique pour les mammifères (DAJOZ, 1969).

N.B. TROTTER (1915) souligne que cette espèce d'origine sud-américaine aurait été introduite à Tripoli (Libye) en 1850, elle a été d'abord cultivée dans les jar­dins.