Zingibéracées (Petelot)
Sommaire
- 1 Globba panicoides
- 2 Globba cambodgensis
- 3 Kaempferia angustifolia
- 4 Kaempferia galanga
- 5 Kaempferia pandurata
- 6 Kaempferia rotunda
- 7 Curcuma aeruginosa
- 8 Curcuma aromatica
- 9 Curcuma longa
- 10 Curcuma pierreana
- 11 Curcuma sparganifolia
- 12 Curcuma alismatifolia
- 13 Curcuma stenochila
- 14 Curcuma zedoaria
- 15 Zingiber cassumunar
- 16 Zingiber officinale
- 17 Zingiber zerumbet
- 18 Alpinia chinensis
- 19 Alpinia conchigera
- 20 Alpinia galanga
- 21 Alpinia globosa
- 22 Alpinia officinarum
- 23 Amomum aromaticum
- 24 Amomum krervanh
- 25 Amomum repens
- 26 Amomum villosum
- 27 Costus speciosus
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Globba panicoides
Globba panicoides Miq.; G. Kingii et stenothyrsa Bak.
- Nom accepté : Globba pendula
Nom vernaculaire. - Viêt. : Rtêng rirng ("il ~ ).
Herbe de 40 cm. ; gaines glabres, seulement ciliées sur les bords. Feuilles arrondies à la base qui est décurrente sur le pétiole, un peu villeuses en dessous, glabres en dessus, longues de 12 cm., larges de 3 cm. L'espèce est bien caractérisée par ses étamines non ailées.
Sud-Viêtnam, aux environs de Biên-hoà. - Indonésie, Malaisie.
Au Sud-Viêtnam, la plante est utilisée contre la fièvre et les rhumatismes.
En Malaisie, elle est également employée contre les rhumatismes (Burkill. Dict.) et donnée aux femmes après l'accouchement.
Globba cambodgensis
Globba cambodgensis Gagnep.
- Nom accepté : Globba cambodgensis
Noms vernaculaires.- Viêt. : Rtêng rirng (:fol~). - Camb. : Phthoa soar.
Herbe de 30-40 cm. ; gaines villeuses, ciliées. Feuilles sessiles, longues de 8- J 1 cm., larges de 2-3 cm., villeuses, à poils blanchâtres sur les deux faces. Panicule jaunâtre, ovoïde, dense, longue de 3 cm.
Paraît endémique au Cambodge.
Elle est utilisée dans le même but que la précédente.
Kaempferia angustifolia
Kæmpferia angustifolia Roscoe.
- Nom accepté : Kaempferia angustifolia
Noms vernaculaires inconnus.
Petite herbe à rhizome faible, globuleux, à radicelles entremêlées de tubercules globuleux, sessiles, de la grosseur d'une noisette. Feuilles en touffe, obliques, lancéolées ou linéaires, très pâles en dessous, glabres sur les deux faces, avec de très nombreux petits points blancs, presque sessiles, longues de 13 cm., larges de 15-45 mm. Fleurs blanches, très peu nombreuses, dissimulées entre les gaines.
Endémique au Laos et au Siam.
Le rhizome aromatique est employé contre la toux. Il est également utilisé comme masticatoire en association avec le bétel.
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Kaempferia galanga
Kæmpferia galanga Lin.; K. rotunda Ridl. Nom chinois. - lÙ :=: ~.
- Nom accepté : Kaempferia galanga
Noms vernaculaires. - Viêt. : ThMn ni~n k.iÇn ( =f ~ fit), Thiên niên, Bt;~ch drrO'ng, Cu Jja lfên, SO'n thl)c, Bja lien, Tarn nt;~i.
Petite herbe à rhizome à nombreux tubercules ovoïdes, agglomérés. Feuilles 2-3, étalées sur le sol, ovales-arrondies, brusquement atténuées à la base en un large pétiole de 1-2 cm., vertes et glabres en dessus, glauques et pubescentes en dessous, parsemées sur les deux faces de nombreux petits points, longues de 8-15 cm., larges presque d'autant. Inflorescence centrale, sessile, à 8~ 10 fleurs d'un blanc pur, avec une macule violette au centre.
Se rencontre au Sud-Viêtnam et au Cambodge où elle est parfois cultivée. - Asie tropicale.
Les tubercules sont aromatiques par la présence d'un éther de l'acide cinnamique et on les utilise à la fois comme condiment et comme matière médicinale.
L'analyse de l'huile essentielle a été donnée par Kara B., Sanjiva Rao et john Lionel Simonsen (The essentiel oil the rhizome of Koempferia Gatanga. - jour. lndian lnst. Sei., 9 A, 1926, p. 133-139).
Les tubercules sont vendus découpés en petites rondelles blanches, agréablement aromatiques. On les fait macérer dahs l'alcool qu'on utilise dans les cas de courbatures et pour activer la circulation du sang. On en fait également usage contre les maux de tête et le béri-béri.
En Chine, on en exploite une variété dite Nt;~i chi ( ~ ~.ft) pour ses feuilles qui, distillées, produisent une huile essentielle, à odeur de camphre, utilisée contre les maux de tête (Pen tsao).
En Malaisie, la plante sert à aromatiser le riz. Son jus est considéré comme expectorant et carminatif et entre dans beaucoup de préparations médicinales ; il est employé communément dal)S -la médecine infantile. Les feuilles et les rhizomes sont mâchés contre la toux et le rhizome entre dans la préparation de gargarismes. Les racines servent à préparer des cosmétiques et spécialement des poudres que l'on · applique sur l'abdomen après l'accouchement.
Les feuilles servent à préparer des lotions ef" des cataplasmes contre un grand nombre de douleurs (Burkill. Dict.).
Kaempferia pandurata
Kaempferia pandurata Roxb.
- Nom accepté : Boesenbergia rotunda
Nom chinois. - Ngo shut (iii :R. ).
Noms vernaculaires. - Viêt. : Bang nga trul}l nam ( JI lJi Jft ff-i ), Lrrô-i CCJp, Cu ngài.
Herbe acaule, à racines vivaces, à tubercules fusiformes, de couleur orangée à l'intérieur. Feuilles ovales-lancéolées, glabres sur les 2 faces, pourvues d'un pétiole presqu'aussi long qu'elles, profondément canaliculé; gaines larges, pourpres. Inflorescence centrale, sortant d'une gaine formée de bractées imbriquées sur deux rangs ; fleurs solitaires ou géminées ; corolle à très long tube, à limbe purpurin divisé en 3 segments lancéolés dont le supérieur plus grand, limbe intérieur à 3 segments dont les deux latéraux égaux, ovales, roses et l'inférieur ou labelle beaucoup plus grand, large, trilobé, rayé de pourpre et bordé de rouge-foncé.
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Signalée au Cambodge à Kampot et au Mont Pursat. - Union indienne, Indonésie.
Dans les officines viêtnamiennes, les rhizomes sont vendus desséchés, découpés en tranches épaisses, brunâtres, d'une saveur très forte, piquante, dominée par un goût de camphre. Cette matière est utilisée en décoction contre les affections de l'estomac et pour calmer les coliques.
Les marchands chinois de médicaments vendent un produit bien mieux pr.éparé de saveur identique, les lamelles des rhizomes étant beaucoup plus mmces.
Kaempferia rotunda
Kæmpferia rotunda Lin. ; K. l~nga jacq.
- Nom accepté : Kaempferia rotunda
Noms vernaculaires. - Viêt. : CCîm â;a la ( ~ !If! *ft), Xau.
Herbe à tubercules nombreux, gros, ovoïdes, irréguliers. Feuilles radicales, longuement pétiolées, oblongues-lancéolées, glabres à la face supérieure, velues à la face inférieure qui est colorée en rouge-pourpre ; pétioles engainants, pourpres. Inflorescence radicale naissant avant les feuilles, sessile, à 6~8 fleurs pourvues chacune de 2 bractées ; corolle· à tube long et étroit, à limbe extérieur divisé en 3 segments inégaux, deux d'entre eux étant larges, lancéolés, aigus, dressés, blancs avec le bord un peu strié de rouge, tandis que le troisième qui est inférieur, est rabattu et divisé en deux lobes largement lancéolés, aigus.
Se rencontre au Sud-Viêtnam, au Nord·Viêtnam et au Laos. - Asie tropicale.
C'est une très jolie plante que l'on cultive pour la beauté et le parfum très agréable de ses fleurs.
Les tubercules sont fortement aromatiques avec une saveur chaude mais diffèrent chimiquement de ceux de K. Ga!anga.
A Java, les jeunes feuilles et les tubercules servent d'assaisonnement (Ochse, p. 754).
Dans l'Union indienne, on utilise les feuilles pour faire des cataplasmes et les tubercules entrent dans la préparation de cosmétiques.
Curcuma aeruginosa
Curcuma æruginosa Roxb.
- Nom accepté : Curcuma aeruginosa
Noms vernaculaires inconnus.
Herbe d'environ 2 rn. Rhizome gros, ovale, à tubercules sessiles, nombreux, gris et lisses extérieurement, de couleur vert-de-gris lorsqu'on les coupe,. Feuilles oblongues-lancéolées, glabres sur les deux faces, longues de 30-70 _cm. ; larges de 9-13 cm., marquées le long de la côte d'une bande rouge-pâl~ _; pétiole engainant. Inflorescences latérales remarquables par le contraste de ses grandes bractées fertiles, imbriquées, d'un vert intense avec ses écailles supérieures stériles colorées en beau rose ; fleurs dépassant à peine les bractées, à tube court, à limbe extérieur rouge, divisé en 3 lobes, à limbe intérieur jaune, partagé comme en deux lèvres, dont la supérieure est à 3 segments tandis que l'inférieure présente à son extrémité seulement 3. lobes obtus. Fleurs en avril-juillet.
Cultivée dans les jardins au Sud-Viêtnam et au Cambodge. -- Indonésie, Malaisie.
Le rhizome a une saveur un peu amère et un peu piquante. En Indochine, on l'utilise contre les coliques.
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Il aurait des propriétés purgatives et, en Indonésie, il serait pns pour cette raison en décoction pendant l'accouchement (Heyne, p. 495). Le Medical Book of Malayan médecine (Gard. Bull. S. S., 6, 1930, p. 337 et 391) le prescrit en usage interne contre la toux, 1'asthme et en usage externe contre les croûtes ou pellicules de la tête.
Curcuma aromatica
Curcuma aromatica Salisb.
- Nom accepté : Curcuma aromatica
Noms vernaculaires. - Viêt. : Ngai tr~ng (.X :JÊf: ), Nghç tr~ng, Ngài rù-ng, Ngh~ rù-ng, Ngai m()i, Ngh~ sài.
Herbe d'environ de 1 m., à rhizome fort, avec tubercules cylindriques, digités, annelés, jaunâtres intérieurement. Feuilles larges, lancéolées, glabres en dessus, soyeuses ou duvetées en dessous, longues de 30~60 cm., larges de 10-15 cm., portées par un pétiole court engainant la tige. Inflorescence latérale, radicale, consistant en un cône d'écailles concaves, imbriquées, vertes, 3-6 flores et, dans sa partie supérieure d'autres écailles plus grandes, lâches, rosées, stériles ; fleurs purpurines sur le limbe extérieur de la corolle, jaune sur le limbe intérieur beaucoup plus grand que le premier.
Paraît commune dans toute l'Indochine - Asie tropicale.
La plante est souvent cultivée dans les jardins pour ses tubercules très aromatiques dégageant une odeur assez prononcée de camphre et contenant une fécule assez semblable à celle de l'arrow~root.
Les rhizomes sont ordinairement pilés et mis à macérer dans l'alcool ou torréfiés et associés à d'autres drogues pour combattre les douleurs rhumatismales comme éléments de friction.
Dans l'Union indienne, les rhizomes sont indiqués comme renfermant une huile essentielle, blanc~jaunâtre, visqueuse, d'une odeur camphrée et composée de deux essences, l'une plus légère, l'autre plus lourde que l'eau, d'une résine molle, amère et d'une matière extractive également amère.
Curcuma longa
Curcuma longa Lin.; C. domestica Lour. ; Amomum Curcuma Jacq.
- Nom accepté : Curcuma longa
Nom vulgaire. - Safran des Indes.
Nom chinois. - Huang chiang (. J! ).
Noms vernaculaires .. - Viêt. : Nghç (.X), Huynh khtrO'ng.- Camb. - Ro miet.- Laot. : Khi min.- P. M. S. : Knit triel, Drao egeh (Ban~mé~ Thuot).
Herbe de 0,60 à 1 m. Souche à tubercules sessiles, ellipsoïdes ou cylin~ driques, remarquables par la couleur orangé~foncé qu'ils ont intérieurement. Feuilles ovales~lancéolées, acuminées, nervées, glabres sur les deux faces, atteignant jusqu 'à 45 cm. de long et 18 cm. de large ; pétiole engainant. Inflorescence s'élevant du centre des feuilles, en cône lâche dont les bractées fertiles sont creusées en gouttière, larges, arrondies au sommet, d'un vert~ pâle, tandis que les bractées stériles sont plus étroites, moins obtuses, légè·~ rement violacées. Corolle à limbe extérieur d'un vert~ jaunâtre, très pâle, divisé en 3 lobes, dont le supérieur est plus grand, à limbe intérieur égale~ ment à 3 lobes, dont les 2 latéraux sont dressés et plans, tandis que l'infé~ rieur est creusé en gouttière profonde, un peu bifide au sommet, obscurément trilobé, jaune. Capsule triloculaire, s'ouvrant en 3 valves. Graines a ri liées.
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Commune dans toute l'Indochine où elle est fréquemment cultivée. - Asie tropicale, Océanie, Madagascar.
Au point de vue chimique, les tubercules de Curcuma renferment de la fécule en assez grande abondance, une matière colorante jaune, la curcumine, soluble dans les corps gras et employée comme réactif dans les laboratoires à cause de sa propriété de prendre une couleur rouge-brun en présence des acides, puis violette par dessiccation, enfin une huile essentielle jaunâtre d'odeur .aromatique agréable et de saveur poivrée.
C'est la présence de ces éléments qui détermine son emploi, comme aliment épice colorant, comme matière tinctoriale, et comme médicament.
Les jeunes rhizomes, presqu'incolores, donnent une sorte d'arrow-root utilisé et vendu dans l'Inde. Il est à remarquer que la matière colorante et les principes aromatiques n'apparaissent qu'assez tardivement, presqu'à la fin de la végétation.
Les rhizomes lavés dans l'eau bouillante, puis exposés au soleil pendant 2 ou 3 jours, sont ensuite réduits en poudre que l'on mélange avec celle de piments à saveur forte et à d'autres aromates en proportions variables pour obtenir un carry dont l'usage est très répandu dans les régions chaudes, en particulier dans l'Union indienne et en Malaisie. Les Anglais en font également un assez grand emploi.
En Indochine, les rhizomes servent à assaisonner certaines préparations culinaires à base de volaille et de poisson. Sur les marchés du Sud-Viêtnam, on vend couramment des agglomérés de poudre en forme d'olives, de la grosseur du pouce.
Au point de vue thérapeutique, le Curcuma constitue la drogue viêtnamienne dite « Cao ltrD'ng k.htrD'ng ». On l'emploie en application contre les douleurs, les meurtrissures et même les hernies. Les rhizomes grillés sont ordonnés aux femmes en couches ; on leur accorde la propriété de fluidifier le sang.
Nous avons vu au Sud-Viêtnam, à Hoc-môn (environs de Saigon), des individus atteints de maladies de foie traités au Curcuma intérieurement et extérieurement par des applications sur les régions malades, revenir à la santé. Ces cas ne sont point rares et certains médecins français -unt bien leurs raisons pour recommander, à titre préventif, à la population blanche de prendre quelques repas au carry toutes les semaines.
D'après le Dr. Menaut (p. 256}, au Cambodge, les feuilles entrent dans la préparation de médicaments composés fébrifuges. Le rhizome, aromatique, béchique est ordonné, en association avec d'autres drogues, contre la bronchite et également comme hémostatique dans les métrorragies. Il entre dans des médicaments composés pour l'hygiène, de lotions et bains fébrifu .. ges et antiprurigineux dans les fièvres éruptives, en emplâtres dans les névralgies et les rhumatismes.
Dans la pharmacopée de l'Union indienne, la décoction du rhizome est recommandée contre les ophtalmies purulentes dont elle calme les douleurs. Dans le coryza, les fumées du Curcuma que l'on brûle, diminuent la congestion et amènent une amélioration.
D'après une étude de Chopra R. Gupta J. et Chopra G. (pharmacological action of the essential oil of Curcuma longa. - lndian Jour. Med. Res., 29 ( 4), 1941, p. 669-671} concernant les propriétés pharmacologiques de l'huile essentielle, il résulterait qu'elle ne possède qu'un faible pouvoir
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antiseptique, qu'elle arrête les sécrétions acides de l'estomac. Elle n'est pas plus carminative que les autres huiles essentielles et son action sur le sys· tème cardio-vasculaire et le système respiratoire n'est pas à retenir.
Nous croyons intéressant de signaler qu'au Nord ... Viêtnam, le se jour du Se mois, à l'occasion de la fête du midi juste (Doan ngQ), il est de coutume d'habiller les enfants de cotonnades jaunes, teintes au Curcuma, imprimées par endroits de larges caractères rouges au vermillon. Cette coutume est pratiquée pour préserver les enfants contre les atteintes de toutes maladies.
Les propriétés colorantes font employer les tubercules dans la teinture de la soie et du maroquin. Cependant la couleur n'est pas solide. Elle est rapidement détruite sur le coton par la lumière, le savon et les alcalis, sur la soie par la Jumière mais résiste mieux au savon et aux alcalis, et résiste aux acides.
Curcuma pierreana
Curcuma pierreana Gagnep.
- Nom accepté : Curcuma pierreana
Noms vernaculaires inconnus.
Herbe haute de 20 cm., à rhizome horizontal, long, de la grosseur du doigt, écailleux, rappelant celui de Maranta arundinacea, émettant çà et là des rosettes de feuilles. Feuilles S, distiques, lancéolées-ovales, arrondies aiguës à la base, brièvement acuminées au sommet, horizontales, glabres, plus pâles en dessous, marquées en dessus sur la nervure médiane d'une ligne pourpre. Épi ovoïde, sessile entre les gaines, long de 8 cm., large de 4-j cm., à bractées roussâtres, pointillées de rose surtout au sommet, concaves, denses, lancéolées, concolores et de même forme, toutes fertiles. Fleurs à corolle blanche, à labelle presqu'orbiculaire ou rétréci en onglet, large, émarginé au somrriet, avec une bande jaune suivant la ligne médiane.
Endémique au Sud-Viêtnam et au Centre-Viêtnam.
Elle est cultivée à Hué sous le faux nom d'Arrow-root, auquel elle ressemble par ses rhizomes, probablement féculents (Pierre et R. P. Cadière).
Curcuma sparganifolia
Curcuma sparganifolia Gagnep.
- Nom accepté : Curcuma sparganifolia
Noms vernaculaires. - Camb. : Chauk rat prey_,_ Proteal wantong.
Herbe de 30-40 cm., à souche non rampante, à petits tubercules ovoïdes ou fusiformes, presque sessiles. Feuilles linéaires, plus étroites à la base et au sommet, larges de 1-3 cm. au miJieu, aiguës aux extrémités, complètement glabres. Inflorescence petite, conique, rose ou violacée, presqu'aussi haute que les feuilles, bractées ovales-lancéolées, un peu étalées au sommet; corolle à tube grêle, long de 1S mm. ; lobes ovales, concaves, glabres; labelle orbiculaire, orangé au milieu, long de 8 mm., à onglet large et court. Graines elliptiques, un peu courtes, entourées d'un arille très déchiré.
Endémique au Cambodge.
D'après le Dr. Hahn, renseignement reporté par Gagnepain dans le Bull. Soc. Bot. de France, 1902, p. 261, la plante serait un médicament contre les saisissements. On fait bouillir le tout dans une marmite, moitié eau, moitié eau-de-vie et on prend ce liquide comme boisson.
Curcuma alismatifolia
Curcuma alismatifolia Gagnep.
- Nom accepté : Curcuma alismatifolia
Noms vernaculaires inconnus.
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Herbe de 40~50 cm., à souche courte, à racines tubéreuses au sommet. Feui11es développées 3, linéaires~lancéolées, aiguës à la base, acuminées au sommet, avec une ligne brune le long de la nervure médiane, très variables de taille, à limbe atteignant 20 cm. de long et 25 mm. de large; pétiole long de 1 0~40 cm. insensiblement dilaté en limbe. Inflorescence cylindrique, longue de 10 cm., large de 3~4 cm., portée sur un scape grêle, égalant les feuilles ; bractées inférieures stériles, denses, verdâtres, à sommet un peu étalé, les supérieures stériles, plus grandes, roses ou violettes. Fleurs violettes, pana~ chées de blanc, cachées par les bractées ; labelle presqu'orbiculaire, rétréci à la base, à peine émarginé, long de 17 mm., large de 13 mm., parcouru depuis la base jusqu'au milieu par des ailes minces, saillantes, suivant la nervure médiane.
Endémique au Cambodge, au Laos et au Siam.
Les fleurs, d'après Godefroy, renseignement reporté par Gagnepain (Bull. Soc. Bot. France, 1902, p. 260), seraient consommées par les Cambodgiens.
Curcuma stenochila
Curcuma stenochila Gagnep.
- Nom accepté : Curcuma stenochila
Noms vernaculaires inconnus.
Herbe de 35 cm., à rhizome vertical, grêle, écailleux, portant des racines filiformes, tubéreuses à l'extrémité. Feuilles 2~4, radicales, ovales~lancéolées, cordées ou arrondies à la base et un peu atténuées sur le pétiole, acuminées obliquement et brusquement au sommet, inéquilatérales, à limbe long de 18~25 cm., large de 7~ 10 cm.; pétiole long de 11 cm., glabre. Inflorescence presque sessile, ovale, assez lâche, à bractées toutes fertiles, lancéolées, biflores, fleurs- saillantes ou exsertes ; corolle pourpre ; labelle elliptique, bilobé, long de 23 mm., large de 7~8 mm., doré, rétréci en onglet étroit presqu'aussi long que le limbe.
Endémique au Cambodge sur les monts Kamchay où elle est commune.
Le rhizome réduit en poudre est utilisé contre les coliques (Flore Générale de l'Indochine, VI,. p. 65).
Curcuma zedoaria
Curcuma zedoaria Roscoe ; C. Zerumbet Roxb.
- Nom accepté : Curcuma zedoaria
Noms vernaculaires. - Viêt. : Ngài tfm (x 1~ ), Tarn -nÇii, Bang trur;t.
Herbe de 1 ~ 1 ,5 m., à rhizome conique, strié ; tubercules palmés, épais, charnus, d'un jaune~pâle à l'extérieur, les autres tubercules pédiculés, ovales ou en forme de poire, blancs. Feuilles longuement engainantes à la base, lancéolées, longues de 30~60 cm., larges de 7~8 cm., tachées de rouge le long de la nervure médiane ; pétiole court ou nul. Inflorescence latérale, longue de 15~20 cm., apparaissant généralement avant les feuilles, portée sur un pédoncule long de 15~20 cm. ; bractées inférieures fertiles, multiflores, ovales ou lancéolées~obtuses, d'un vert~pâle, rouges sur les bords, les supérieures stériles, jaunâtres, roses au sommet ; fleurs jaunes ; corolle à lobes lancéolés~obtus, longs de 15 mm., le dorsal acuminé ; labelle cu~ néiforme, rétréci à la base, un peu émarginé au sommet.
Paraît cultivée dans toute l'Indochine. Spontanée dans l'Hymalaya, à Ceylan et à Chittagong.
Les tubercules sont utilisés comme condiment et comme médicament. Ils entrent parfois dans la préparation de cosmétiques.
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En Indonésie, ils sont employés comme médicament après l'accouchement (Heyne, p. 502). Dans la Péninsule malaise, la décoction est donnée comme tonique (Agric. Bull. Straits and F. M. S., 1906, p. 204).
Zingiber cassumunar
Zingiber cassumunar Roxb. ; Z. purpureum Roscoe.
- Nom accepté : Zingiber montanum
Noms vernaculaires inconnus.
Herbe de 2 m. Rhizome volumineux, oblong, articulé, strié, de couleur orangé-foncé en dedans. Feuilles presque sessiles, linéaires-lancéolées, longues de 20-40 cm., larges de 2-3,5 cm., vert-foncé et glabres en dessus, vert-pâle et velues en dessous~ avec la gaine pubescente et ciliée au sommet. Hampe latérale, haute de 20-40 cm., embrassée par des écailles engainantes et velues. Inflorescence formant un cône oblong, long de 11 cm. et plus, large de 4-6 cm. ; bractées larges, ferrugineuses, avec le bord plus pâle et membraneux, velues ; fleurs entièrement colorées en jaune-soufre, fugaces.
Se rencontre au Nord-Viêtnam (Mont Ba vi) et au Sud-Viêtnam où elle paraît indigène. - Union indienne, Malaisie.
Les rhizomes sont plus volumineux que ceux du vrai Gingembre, ils en diffèrent également par leur couleur intérieure qui rappelle celle de la carotte. Leur saveur est piquante, amère et désagréable.
Ils ne paraissent pas utilisés en Indochine.
En Malaisie, le rhizome est donné aux enfants comme vermifuge et sa décoction est prescrite aux femmes après l'accouchement. La lotion obtenue après macération dans l'alcool sert à frictionner l'abdomen des femmes après l'accouchement (Ridley. Jour. Straits Med. Assoc., 5~ 1897, p. 138) ; on l'utilise également pour le traitement des rhumatismes et des contusions (Ridley. - Agric. Bull. Straits and F. M. S., 5, 1906, p. 252).
Zingiber officinale
Zingiber officinale Roscoe ; Z. majus Rumph ; Amomum Zingiber Lin.
- Nom accepté : Zingiber officinale
Nom vulgaire. - Gingembre.
Noms chinois. - Kan chiang ( ,_ ji), Chiang p' i (Ji: Jt ).
Noms vernaculaires. - Viêt. : Girng, Khrrung. --- Camb. : Khnhei, Khnhei phlung.
Herbe de 1 m. Rhizome rampant, rameux horizontalement, portant des tubercules palmés, charnus, plus tard fibreux. Feuilles alternes, sessiles, engainantes, linéaires-lancéolées, aiguës, à nervure médiane blanchâtre, longues de 15-20 cm., larges de 2 cm. Fleurs portées sur des rameaux plus courts que les rameaux feuillés, munies de bractées obtuses, allongées, formant des épis serrés ; chacune d'elle est axillaire d'une grande bractée, large, concave, arrondie, striée, d'un jaune-verdâtre ; corolle jaune-orangé, striée de pourpre-violacé, à 3 divisions ovales, aiguës, unies à la base ; labelle pourpre-violacé, strié de taches plus pâles. Fruit encore inconnu.
Elle est regardée comme originaire de l'Asie tropicale. On la cultive dans toutes les parties chaudes du globe comme condiment. Elle ne fleurit que très rarement.
La partie utilisée est le rhizome qui se présente dans le commerce sous deux formes: le gris et le blanc. Le Gingembre gris est le rhizome pourvu de son écorce. Il est constitué par des renflements ovoïdes, aplatis,
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placés bout à bout, portant sur le côté des sortes de tubercules dont le sommet présente une cicatrice laissée par le rameau aérien. L'écorce , épaisse de 2-3 mm. environ, est d'un brun-pâle en dehors, d'un rouge-brun en dedans, elle est souvent recouverte d'une poussière grise. Le centre est blanc ou jaunâtre, amylacé. Ce Gingembre est pesant, dur, compact. Sa saveur est chaude et très âcre, son odeur aromatique particulière et sa poudre jaunâtre provoque fortement des éternuements. Il provient du Bengale, du Sud-Viêtnam et des Antilles.
Le Gingembre blanc est le rhizome décortiqué, il présente une surface blanche mate et ne diffère du premier que par 1 'absence de la couche corticale brune. Sa saveur est un peu moins brûlante. Les fragments sont plus grêles, plus plats et plus allongés. Il provient d'Afrique.
Le Gingembre renferme :
- 1° 2 à 3 % d'une huile essentielle de couleur jaune-paille, de la consistance de celle de 1 'huile d'amande, d'odeur un peu camphrée, de saveur aromatique, composée surtout de phellandrène et de cinéol. Au contact de l'air, une partie s'évapore rapidement et il reste une matière molle de consistance résineuse.
- 2° 5 à 8 % de résines dont une neutre, deux acides.
- 3° une substance complexe, le gingérol, à laquelle est due la saveur. C'est un liquide visqueux, jaune-paille, inodore, de saveur piquante et ·un peu amère.
- 4° des matières grasses, de l'amidon, etc.
Le Gingembre est un stimulant et un digestif énergique. Appliqué sur la peau, il la rougit et l'irrite. On l'a vanté comme emménagogue, et contre les affections inflammatoires du pharynx, 1 'odontalgie, et a même été regardé comme aphrodisiaque. Au Centre-Viêtnam, mis à macérer dans du rhum, il serait employé comme tel (Poilane). Il est peu employé en France comme condiment, on en vend cependant à l'état sec et confit au sucre, en mélange avec d'autres fruits, plus particulièrement des petits cédrats. On en fait aussi des limonades.
Les femmes viêtnamiennes ont une manière particulière de préparer le Gingembre dont elles font disparaître peu à peu, par piqûres, le principe irritant. Ainsi préparés et confits au sucre, les rhizomes constituent un délicieux dessert que nos confiseurs auraient intérêt à produire.
Zingiber zerumbet
Zingiber zerumbet Sm.; Amomum Zerumbet Lin. Nom vulgaire. - Gingembre fou.
- Nom accepté : Zingiber zerumbet
Nom chinois. - ]!\ JI:.
Noms vernaculaires. - Viêt. : Ri'êng gi6 (i ~), Ngài xanh, Ngài m(it trà-i, Ri'êng dçli. - Camb. : Khnhei phtu, Prateal vong prenh atit.
Herbe de 1-1,30 m., entièrement engainée. Rhizome tubéreux, rameux, blanchâtre en dehors, jaunâtre en dedans. Feuilles serrées, presque sessiles, oblongues-lancéolées, acuminées au sommet, atténuées à la base, vert-foncé en dessus, plus pâles et à poils rares en dessous ; gaines glabres, sauf au sommet. Hampe longue de 30-60 cm., couverte d'écailles engainantes, imbriquées, velues sur les bords ; épis ovoïdes, à grandes bractées très appliquées, orbiculaires, vertes, à marge scarieuse plus pâle, presque glabres en dehors,
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de 25~30 mm. de diamètre ; fleurs jaunes, corolle à tube de 2 cm., à lobes lancéolés ; labelle à 3 lobes, le moyen 2 fois plus large, émarginé, obtus, les autres entiers, 3 fois plus courts. Capsule elliptique, à graines peu nom~ breuses, noires, à arille doux et blanc.
Répartie dans toute l'Indochine. - Union indienne, Indonésie, Malaisie.
Le rhizome aromatique devient ensuite amer au goût.
D'après le Dr. Menaut (p. 249), il possède des propriétés stimulantes, toniques, dépuratives. On le met à macérer à raison de 4 à 5 damlengs (37 g.) dans une bouteille d'alcool et l'on donne de 2 à 3 verres par jour de la liqueur ainsi obtenue dans les cas de malaises, de vertiges avec ten~ dance à la syncope, ainsi qu'aux accouchées, pendant les deux premières semaines qui suivent 1 'accouchement.
Alpinia chinensis
Alpinia chinensis Roscoe.
- Nom accepté : Alpinia chinensis
Nom chinois. - !Ji 11 {;;:.
Noms vernaculaires. - Viêt. : R~ loeo-ng khoeO'ng ( tml a ï!f ), Cao loeO'ng khoeO'ng.
Herbe d'environ de 1 m. Feuilles ovales-lancéolées, longuement atténuées aux extrémités, acuminées en pointe fine au sommet, glabres sur les deux faces, ciliolées sur les bords vers le sommet, longues de 25~30 cm., larges de 5·6 cm. ; gaines striées, glabres ; pétiole très court. Panicule terminale, grêle, glabre, à rameaux distants, floribonde, longue de 15~25 cm., large de 3~4 cm. Fleurs longues de 24 mm. ; corolle à lobes oblongs, concaves, ciliés, longs de 7 mm. ; labelle elliptique, atténué et émarginé au sommet. Fruit bacciforme, globuleux de la grosseur d'un pois, généralement à 4 graines trigones.
Se rencontre au Nord~Viêtnam, au Centre~Viêtnam et au Laos. - Chine.
Les rhizomes découpés, de couleur gris~jaunâtre, aromatiques, sont vendus dans les officines chinoises et ordonnés pour activer la circulation du sang.
Alpinia conchigera
Alpinia conchigera Griff. A. sumatrana K. Schum. ; Languas conchigera Burkill.
- Nom accepté : Alpinia conchigera
Noms vernaculaires.- Viêt. : Rtêng rù-ng (Mt~). - Cam b. : Romdeng
Herbe de 0,80 m. environ. Feuilles linéaires~lartcéolées, aiguës aux deux extrémités, mucronées au sommet, velues sur la côte en dessus, lon~ gues de 17 cm., larges d'au moins 3 cm. ; gaines fortement striées ; pétiole ailé, très court. Panicule terminale, longue de 11 cm., glabrescente ; épillets 15~25 environ. Fleurs longues de 1 cm., coriaces, blanches ou orangées ; corolle à lobes ovales, très concaves, glabres ou à poils rares et caducs ; labelle très concave, rapidement enroulé en conque globuleuse, coriace, tri~ lobé, muni intérieurement le long de la nervure médiane de deux bourrelets, terminés vers la base par deux callosités coriaces, saillantes. Baie globu~ leuse, de 8 mm. de diamètre, brun~rouge sur le sec, couronnée par la fleur marcescente. Graines 3~5, jaune~brun, à saveur très poivrée.
Lieux humides dans les forêts du sud de 1 'Indochine. - Est du Ben~ gale, Malaisie, Sumatra.
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Localement, le rhizome est utilisé comme à peu près ceux de tous les Alpinia, comme condiment et pour aromatiser les alcools de riz. La Flore Générale de l' 1 ndochine (VI, p. 1 00) signale que les fruits sont employés médicalement maîs sans préciser pour quels genres d'affections.
Au Cambodge (Dr. Menaut, p. 255), le tubercule est considéré comme stimulant, béchique, diaphorétique et modérateur des hémorragies utérines. Associé à d'autres éléments, il entre dans la composition de médicaments utilisés en usage interne contre la bronchite chronique, les affections du foie avec ictère, les céphalées, les vertiges et les métrites.
En usage externe, il entre dans la préparation de sinapismes utilisés dans les affections du foie, les névralgies et les rhumatismes.
En Malaisie, les feuilles, soit seules soit associées aux rhizomes, · sont largement employées comme révulsif. Bouillies, elles sont appliquées topiquement dans les cas de rhumatismes ; l'infusion sert à préparer des bains. Les feuilles écrasées servent comme cataplasmes après l'accouchement et frottées sur les corps contre les douleurs dans les os (Burkill. Dict.).
Alpinia galanga
Alpinia galanga Swartz ; Languas Galanga Burkill ; Amomum Galanga Lour.
- Nom accepté : Alpinia galanga
Nom chinois. - Hung tou k'ou ( *( 1! J{gl ).
Noms vernaculaires. - Viêt. : Ri'êng ( if. ). - Camb.: Pras.
Herbe de 2 m. et plus. Feuilles lancéolées-aiguës, atténuées à la base, glabros ou à peu près sur les deux faces, bordées d'un liseré blanc, longues de 40 cm., larges de 7 cm., souvent plus petites, gaines striées, un peu velues à la hauteur de la ligule ; pétiole presque nul. Panicule longue de 15-30 cm., large d'environ de 8-10 cm., Boribonde, finement veloutée, à rameaux nombreux, rapprochés, étalés ; pédicelles veloutés, presque verticaux, tous placés vers le haut. Fleurs blanches, striées de rose, longues de 20-25 mm. ; corolle à tube court ne dépassant pas le calice ; lobes lancéolés-obtus, très concaves, un peu velus sur le dos, longs de 10-15 mm. ; labelle linéaireobovale, à onglet mince presqu'égal au limbe qui est eJliptique et bilobé au sommet. Baie globuleuse ou ovoïde, longue de 12 mm., large de 8 mm., d'un rouge-marron. Graines 3-5, trigones-comprimées, luisantes, ombiliquées sur une face, de 5 mm. de diamètre.
Répartie dans toute l'Indochine, parfois cultivée. - Union indienne, Indonésie, Malaisie.
Le rhizome a une saveur différente de celle d'Alpinia officinarum, il est moins aromatique et moins piquant.
Il est très utilisé par les Viêtnamiens. On l'ordonne contre les maux de ventre, dans les coliques avec crampes, ]a dysenterie et les vomissements qui suivent les repas (indigestion). Il dissout la «boule n (cancer) de J'estomac. Les racines doivent être torréfiées avant leur utilisation (R. P. Robert, Son-tây, 1918).
Le Dr. Menaut (p. 248 et 249) rapporte que, lorsque les enfants sont atteints de convulsions, les mères cambodgiennes mâchent les tubercules et pulvérisent ensuite leur salive sur la tête et le corps des petits malades.
Les tubercules d'une variété spontanée, dite (( Pras sva n, sont utilisés en association avec d'autres matières, notamment de la cendre de cheveux grillés, contre les intoxications alimentaires, principalement par la chair des crapauds.
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Alpinia globosa
Alpinia globosa Horan. ; Amomum globosum Lour. Languas globosa Burkill.
- Nom accepté : Alpinia globosa
Nom chinois. - Ts'ao k' ou jên Cil': ~ f=: ).
Nom vernaculaire. - Viêt. : Me tré ( t; ~ ).
Herbe de 1 m. environ. Feuilles ovales ou oblongues, atténuées à la base, acuminées au sommet, glabres sur les deux faces, scabres et finement denticulées-ciliées sur les bords, longues de 60 cm., larges de 12 cm. ; gaines fortement striées, glabres ; pétiole long de 8 cm. Inflorescence terminale, compacte, enveloppée d'abord par les bractées inférieures en spathe longue de 30-35 cm. ; corolle à lobes oblongs, très concaves, longs de 8-9 mm., glabres; labelle elliptique, à peine rétréci à la base et émarginé au sommet, blanc, strié de pourpre, long de 12 mm., large de 10 mm .. Baie globuleuse, pédicellée, de 7-10 mm. de diamètre, blanchâtre sur le sec, à écorce fragile, facilement séparable de la masse des graines. Graines 5-7, trigones-comprimées, un peu émarginées au sommet, grisâtres. Fleurs en juin.
Nord-Viêtnam et Sud-Viêtnam. - Chine.
L'espèce est médicinale par ses graines et ses racines qui possèdent des propriétés stomachiques et sont utilisées contre les vomissements, les diarrhées et les douleurs du ventre.
Dans le commerce, 1 'amas des graines est très souvent dépourvu du péricarpe.
Alpinia officinarum
Alpinia officinarum Hance ; Languas officinarum Burkill.
- Nom accepté : Alpinia officinarum
Nom vulgaire.- Galanga.
Noms chinois.- Shan chiang ( lÙ ~ }, Leung keung ( ~ ~ ).
Nom vernaculaire. - Viêt. : Ri'êng (:fi}.
Herbe de 70 à 120 cm., à port de roseau. Rhizome rampant, long, cylindrique, de 12 à 18 mm. de diamètre, roux-brun, couvert d'écailles fibreuses qui laissent des anneaux irréguliers, blanchâtres. F e.uilles sessiles, engainantes, lancéolées, coriaces, glabres, longues de 22-40 cm., larges de 24 mm. Panicule terminale, dressée, tomenteuse, longue de 10 cm. à peine. Fleurs très serrées, blanches en dedans, scarieuses sur les-bords, accompagnées chacune de 2 bractées spathiformes, l'une verte, l'autre blanche ; corolle tubuleuse, à trois lobes obtus, oblongs, très concaves, longs de 15-20 mm., larges de 4-5 mm., le dorsal à peine plus grand ; labelle blanc, strié de rouge-vineux, ovale, entier ou à peine émarginé, long de 20 mm., large de 15-18 mm., muni à la base interne de deux lignes saillantes se rapprochant et rejoignant à la nervure médiane. Capsule globuleuse, tomenteuse, coriace. Graines arillées.
Se rencontre au Nord-Viêtnam.- Sud de la Chine, Haïnan.
Le rhizome du commerce qui porte le nom de « Galanga mineur )) ou « petit Galanga )) èst cylindrique, marqué de sillons étroits, sinueux. Il est dur, ridé, brun-rougeâtre foncé ; l'intérieur est plus pâle, sa cassure est fibreuse. Il a une odeur forte, aromatique, agréable, une saveur piquante et brûlante. Sa poudre provoque de violents éternuements.
Le Galanga est un condiment comme le Gingembre. Il peut être employé en médecine comme aromatique, stimulant, aphrodisiaque, excitant, sous forme de poudre et d'extrait alcoolique.
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Les rhizomes fournis par la Chine donnent 0,05 à 1 o/0 d'huile essen .. tielle et servent à aromatiser certaines liqueurs.
On accorde au rhizome mastiqué, la propriété de calmer les maux de dents.
L'espèce a été exploitée autrefois à Hà-giang par M. Gardies pour 1 'obtention de 1 'huile essentielle.
Amomum aromaticum
Amomum aromaticum Roxb~; A. medium Lour. ; A. Tsao-ko Cré .. vost et Lemarié in Bull. écon. Indochine, 1912, p. 804 (Synonymie d'après Hooper. - Gard. Bull. Straits Settlements, 6, 1929, p. 9).
- Nom accepté : Amomum aromaticum
Nom chinois.- Ts'ao kuo ( 1f( ~ ).
Noms vernaculaires.- Viêt.: Thào quà. - Thai: Mac hâu, May mac hâu.
Herbe haute de 2,5 .. 3 m. Feuilles alternes, largement espacées, engainantes, longues de 60-70 cm., larges de 20 cm. vers le milieu, glabres, acuminées, très vertes et luisantes en dessus, mates en dessous. Fleurs rougepâle, en épis situés sur le rhizome, à la base de la tige. Fruits 8 à 17 par épis, un peu charnus à l'état frais, obscurément à 3 côtes, à 3 loges, longs de 3 cm. environ, larges de 2,4 cm., rouge-pâle, lisses, glabres, à péricarpe épais de 5 mm. Graines généralement 7 par loge, larges, très anguleuses, striées, dures.
Cultivée dans le nord du Viêtnam et dans le sud de la Chine, au Yunnan et au Quang-si.
Les renseignements sur la culture de ]a plante, la préparation des fruits, leur usage, leur commerce, ont été consignés par le Lieutenant-Colonel Bonifacy (Bull. écon. Indochine, 1912, p. 804-807, 1 phot.).
Dans la haute région de la province de Laokay, aux confins de la frontière de Chine, la culture de la plante occuperait des champs entiers. Elle aurait été importée de Chine vers 1890 (Crévost Ch. et Lemarié Ch. - Catalogue des Produits de l'Indochine. Plantes alimentaires et fourragères, 1917, p. 300-301).
Les fruits récoltés sont étendus sur une claie en bambou, légèrement élevée au-dessus du sol, à l'air libre et l'on entretient par-dessous un feu doux pendant 3 jours et 3 nuits. Secs, ils présentent un aspect obscurément gris-brunâtre, sont fortement sillonnés longitudinalement et fréquemment recouverts par une efflorescence blanche. 1 ls pèsent environ 4 g.
On les trouve dans toutes les. boutiques et sur les marchés. Ils sont utilisés comme condiment, masticatoire et médicament.
Comme condiment, on les met dans les potages, pour l'assaisonnement des viandes et du poisson. Pendant la cuisson, on met généralement le fruit entier mais on ne le consomme pas à cause de la saveur brûlante des graines. On l'utilise comme le poivre en grain. Les graines ne plaisent d'ailleurs pas au goût européen non seulement à cause de leur saveur brûlante mais encore en raison de leur goût qui rappelle d'abord la punaise et le savon.
Comme masticatoire, ils sont surtout utilisés par les habitants de la haute région qui en portent très souvent à leur collier pour l'adjoindre à la chique de bétel. Ils passeraient même, pour préserver de la soif, les gens cheminant dans les montagnes calcaires où on ne trouve pas d'eau superficielle.
Enfin, en médecine, on les emploie soit mâchés, soit en infusion, contre la dyspepsie, la toux, les coliques, les maux de dents.
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Amomum krervanh
Amomum krervanh Pierre ; A. racemosum Guibourt et Planch. A. spurium Clusius; A. verum Blackw.
- Nom accepté : Amomum krervanh
Nom chinois. - Pai tou k'ou ( S 1i ~ ).
Noms vernaculaires. - Viêt. : Sa nhO'n ( i"J; 1=: ). - Camb. : Krako, Krervanh, Krevanh, Karvanh.
Herbe de 3 m. Feuilles distiques, ovales~lancéolées, longuement acuminées au sommet, ciliées puis glabres sur la marge, longues de 60 cm., larges de 12 cm., souvent plus petites ; gaines striées, ponctuées~glanduleuses, fine~ ment réticulées ; pétiole très court, largement ailé. Hampes 1 ~2, à la base de la tige, à écailles imbriquées, triangulaires, velues-dorées en dehors. Inflorescence cylindrique, puis plus ou moins conique, longue de 8 ~ 11 cm., large de 4~5 cm. ; bractées jaune~paille, densément imbriquées, triangulai~ res, obtuses et scarieuses au sommet, velues en dehors, glabres en dedans, longues de 4 cm., larges de 15~ 17 mm. Fleurs petites, jaunâtres, ne mon~ trant que le labelle en dehors des bractées ; corolle à tube égal au calice, à lobes égaux, glabres, blanchâtres, oblongs, le dorsal un peu plus large, égalant la moitié du labelle ; labelle elliptique, entier, rétréci à la base, jaune au milieu, jaunâtre sur les bords. Capsule velue~dorée, puis glabre, globuleuse, de 16 mm. de diamètre, à 5~6 côtes peu marquées, à 9 sillons. Graines 5~9, globuleuses, un peu comprimées, à base concave, à arille lacéré. Fleurs en mai, fruits en août.
Endémique au Cambodge et au Siam.
Cette espèce est connue par ses fruits globuleux et réunis en une sorte d'épi. On la rencontre partout au Cambodge, où elle abonde sur les montagnes des Cardamomes et est exploitée par les Pohls, anciens esclaves du roi aujourd'hui libérés. Elle croît à l'état sauvage dans les forêts riches en humus, humides mais non inondées et d'où les eaux s'écoulent rapidement. Il est possible de la cultiver en milieu favorable. On peut trouver tous les renseignements sur son exploitation dans un article de Paul Lofler, Résident de France à Pursat, paru dans le Bulletin économique de l'Indochine en 1904.
Les graines par leur arille pulpeux ont une saveur très agréable de poivre et de camphre. On leur accorde des propriétés stomachiques et on les mange après les repas pour stimuler la digestion·
D'après le Dr. Menaut (p. 232), les Cambodgiens utilisent les ra~ cines et les fruits dans -leur pharmacopée. Les racines en association avec d'autres drogues servent à préparer un médicament laxatif. En usage inter~ ne, les fruits sont considérés comme toniques, stimulants et emménagogues, ils sont également très appréciés, dans les diarrhées avec coliques et a.ffai~ blissement général qui suivent certaines dysenteries ; 6 à 7 fruits sont ordon~ nés en infusion à prendre chaude plusieurs fois par jour. En usage externe, on les utilise dans le traitement des rhumatismes et des tumeurs de l'utérus.
Les tubercules de Krevanh, lorsque la récolte a été suffisante pour permettre l'achat de riz, sont consommés et même appréciés tout particulièrement par les Pohls. Ils les font bouillir dans un grand récipient rempli d'eau puis, avec l'eau provenant de cette décoction, ils fabriquent un breuvage très estimé qui aurait la propriété de leur donner beaucoup de vigueur, les empêcherait d'être saisis par le froid dans leurs forêts excessivement humides ; il serait également antifiévreux et très efficace contre les troubles intestinaux (Bull. écon. Indochine, 1991, p. 695).
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Le marché des Cardamomes de l'Indochine est entièrement aux mains des Chinois qui les exportent sur Hongkong. L'exportation varie suivant les années d'après l'importance des récoltes. En 1924, il en a été exporté 533 tonnes et en 1929, 429,6 tonnes. L'usage du Krevanh semble presqu'exclusivement limité à la pharmacopée chinoise qui. absorbe à peu près toute la production.
Le Cardamome du Cambodge entre dans la composition d'un certain nombre de mixtures condimentaires et les Chinois lui attribuent des vertus thérapeutiques très nombreuses ; c'est pour eux la panacée de toutes les maladies intestinales.
Dans 1 'Union indienne, on 1 'emploie comme épice, pour la pâtisserie et dans les carrys ; dans le nord de 1 'Europe dans la fabrication des liqueurs en particulier du bitter.
La pharmacopée européenne utilise les graines comme stomachiques, carminatives, stimulantes. Elles servent comme adjuvant ou correctif des médicaments cordiaux, toniques ou purgatifs.
Au dire de certains exportateurs chinois, les graines iraient jusqu'en Sibérie où elles seraient employées en guise de masticatoire pour préserver les bronches des atteintes du froid.
En Chine, on en fabrique une huile essentielle que 1 'on importe en Indochine dans de minuscules petits flacons de verre.
Amomum repens
Amomum repens Sonner.; A. Cardamomum Lour. (non Lin.); A. racemosum Lamk; Elettaria Cardamomum Mat.; Alpinia Cardamomum Roxb.
- Nom accepté : Elettaria cardamomum (confusion possible avec Renealmia alpinia).
Nom vulgaire.- Cardamome du Malabar.
Noms vernaculaires. - Viêt. : Sa nhun ( iP 1~ ) ; Trûc sa. - Camb. : Krako.
Herbe à port de roseau, à rhizome muni d'écailles, de racines adventives et émettant des axes aériens les uns feui1lés, les autres florifères. Feuilles alternes, distiques, munies de longues gaines, à limbe étalé, longuement lancéolé, courtement pétiolé, atténué aux deux extrémités, concave en dessus. Axes florifères grêles, flexibles et étalés sur le sol, avec des écailles à la base et plus haut des gaines de feuilles à l'aisselle desquelles se trouvent les inflorescences chargées de bractées alternes, persistantes, à la base desquelles se trouvent des cymes pauciflores. Corolle tubuleuse, à limbe partagé en 3 lobes inégaux, oblongs et obtus, imbriqués, d'un vert-pâle ou blanchâtre ; labelle pétaloïde, spathulé-rhomboïdal, étalé, blanc et veiné de pourpre plus ou moins violacé. Fruit ovoïde-oblong, obtusément triangulaire, du volume d'une noix de muscade, triloculaire, à déhiscence loculicide. Graines très rapprochées, noirâtres, à albumen farineux.
Cultivée au Cambodge et au Laos. D'après Eberhardt (Bull. Mus. Paris, 6, 1906, p. 424-426), on la trouverait au Nord-Viêtnam à l'état spontané sur le bord des cours d'eau en forêt, dans la région de Cao-bang et de Lao-kay (surtout aux environs de Phong-tho) où elle fait l'objet d'un marché local. - Cultivée dans la plus grande partie de l'Asie tropicale.
Ce sont les graines qui sont utilisées. Elles sont irrégulièrement ovoïdes, longues et larges d'environ 5 mm., à facettes obtuses et formées de 3 téguments entourant un albumen farineux, dans lequel est indu l'embryon axile. Le tégument extérieur est incomplet, probablement d'origine arillaire, le moyen est complet et membraneux, l'interne est épais, rugueux, d'un brun-noirâtre,
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testacé. Elles ont une odeur aromatique, piquante, une saveur poivrée très agréable. Elles renferment 10°/o d'huile grasse et 4 à 5°/o d'huile essentielle à laquelle elles doivent leurs propriétés. Les cendres renferment une grande proportion de manganèse.
Les graines sont surtout utilisées comme condiment. Elles entrent dans la préparation des poudres de carry et il s'en fait une grande consommation en Russie, en Norvège, en Suède et en Allemagne.
Au Cambodge, d'après le Dr. Menaut (p. 232), les fruits, en usage interne, sont réputés toniques, stimulants, stomachiques et emménagogues. 1 ls entrent dans la préparation de médicaments composés différents, selon qu'il s'agit d'affections du foie ou de l'utérus. En usage externe, ils entrent dans la composition de drogues utilisées dans les ·cas de tumeur de l'utérus. Les racines sont considérées comme laxatives et toniques.
Amomum villosum
Amomum villosum Lour.; A. echinosphoera K. Schum.
- Nom accepté : Amomum villosum
Nom chinois. - Ch'un sha ( $ t.P ).
Noms vernaculaires. - Viêt. : Sa nho-n ( t.P f= ), Mè tré bà.
Herbe élevée, à rhizome horizontal, épais. Feuilles ovales-lancéolées, arrondies à la base, longuement acuminées au sommet, fermes, presque sessiles, glabres sur les deux faces, longues de 37-40 cm., larges de 8 cm. ; gaines striées, scarieuses sur la marge, très glabres. Inflorescences nombreuses, lâches, partant de la base de la tige ; hampes florales grêles, écailleuses, horizontales puis ascendantes, longues de 6-8 cm., à écailles engainantes, imbriquées. Fleurs peu nombreuses, un peu distantes, d'un blanc-jaunâtre ; corolle à tube peu saillant, à lobes ovales, longs de 1 3 mm., en capuchon, le dorsal plus large ; labelle circulaire, un peu atténué à la base, à lobe médian très faible, émarginé. Capsule ovoïde, couverte de piquants très fins, flexueux, longue de 2 cm., large de 12-15 mm. Graines de 3 mm. de diamètre.
Endémique au Nord-Viêtnam et au nord du Centre-Viêtnam.
On rencontre les fruits sur quelques marchés. Ils sont achetés par les Chinois pour l'exportation et employés à des usages médicaux.
Sous le nom de «Krakor san, « Krakor momis », etë., les Cambodgiens utilisent les graines d. espèces moins réputées qui font l'objet d'un commerce local mais dont le matériel botanique a jusqu'ici été insuffisant pour leur identification. Certains fruits à surface brunâtre et épineuse pourraient peutêtre se rapporter à Amomum xanthioides W ali. Certains fruits également échinulés mais plus petits de la région de Hà-giang au Nord-Viêtnam proviendraient peut-être d' Amomum thyrsoideum Gagnep.
Il nous reste à signaler un certain nombre d'espèces ou de variétés connues seulement par leur nom vernaculaire. Une prospection botanique faite par le regretté Dào-dinh-Khang dans la province de Châu .. dôc, au SudViêtnam, a permis de constater que toutes ces plantes désignées sous le nom générique de N gài sont très recherchées et constituent le médicament de base de toutes les préparations pharmaceutiques. On attribue aux Ngài toutes sortes de vertus mystérieuses dans la guérison des maladies. Presque tous les bonzes ont chez eux une touque contenant un mélange de toutes les variétés réduites en poudre, dont ils font un commerce. Le produit laissé macéré dans l'alcool pendant 12 heures, donne un médicament efficace contre le rhumatisme.
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Les espèces ou variétés sont les suivantes :
- Ngài âen (variété à tubercule noir) : la plus recherchée, employée contre la fièvre.
- Ngài xanh (variété à rhizome verdâtre) : contre les diarrhées et les vomissements. Ngài mçmh : contre les troubles intestinaux.
- Ngài co : contre la diarrhée.
- Ngài bay : diurétique.
- Ngài cau (variété à petits rhizomes): employée en cas d'accouchements difficiles.
- Ngài n9c : contre les morsures de serpent.
- Ngài /ria : contre les boursouflures, les rhumatismes.
- Ngài vàng (variété à rhizome jaune) : contre les coliques.
- N gài mçmh xi~m : contre les douleurs articulaires.
- N gài n9c nho : efficace dans les affections stomacales.
Il serait intéressant de faire récolter ces plantes en bon état pour leur détermination et l'étude chimique et pharmacologique de leurs tubercules.
Costus speciosus
Costus speciosus Smith; C. Loureiri Horan.; Amomum hirsutum Lamk; A. arboreum Lour. ; Banksea speciosa Koenig.
- Nom accepté : Cheilocostus speciosus
Noms vernaculaires. - Viêt. : B9t âiing, B9f hoàng, Cu choc, Choc, Cat loi. - Laot. : Uàng (Vientiane et Paksé).
Herbe de 50-60 cm., à rhizome tubéreux. Feuilles très étalées, lancéoléesallongées, atténuées ou arrondies à la base, acuminées au sommet, glabres, velues ou soyeuses, longues de 15-20 cm., larges de 6-7 cm. ; pétiole court. Epi terminal, sessile, ovale et serré, à bractées géminées, rouges, ciliées, coriaces, presque piquantes ; corolle à tube en entonnoir, à limbe de 3 divisions égales ; labelle très grand, campanulé, cunéiforme ou rhombique, rosé ou blanc, large et long de 4-8 cm., denticulé, émarginé au sommet. Capsule presque ligneuse, longue de 13 mm. Graines nombreuses, glabres, noires, luisantes, longues de 3 mm.
Commune dans toute l'Indochine surtout dans les endroits humides. - Union indienne, Malaisie, Nouvelle-Guinée.
La plante est cultivée au Nord-Viêtnam pour ses rhizomes qui sont consommés à la façon de l'arrow-root. Dans l'Inde, ils sont seulement consommés pendant les époques de famine. Ils sont assez nutritifs mais beaucoup plus fibreux que la plupart des autres tubercules dont on fait usage dans l'alimentation. Bouillis, ils sont mucilagineux, faiblement astringents mais non aromatiques.
Frais, les rhizomes contiennent 77 à 87% d'eau.
D'après les analyses faites à Calcutta (The Agricultural Ledger, 1906, no 2), desséchés, ils renferment :
Eau ............................................ . Extrait à l'éther ......................... .. · Albuminoïdes ................................ . Hydrate de carbone ....................... . Ligneux ...................................... .. Cendres ....................................... . 5,50 0,75 6,75 66,65 10,65 9,70
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La plante ne paraît pas avoir d'usages médicaux en Indochine. Par contre, elle en a de multiples dans tous les autres pays du Sud~asiatique où elle est considérée comme rafraîchissante, sudorifique, tonique, dépurative et aphrodisiaque (Burkill. Dict.).
En Malaisie, on l'emploie en lotions contre la variole (Medical Book of Malayan medecine. Gard. Bull. S. S., 6, 1930, p. 384).
D'autre part, Rumph signale que le jus exprimé des jeunes bourgeons et la sève servent, en instillations, contre les maladies des yeux.