A (Audier, L’herbier du village)

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Introduction
Anne Audier, L’herbier du village (2012)
B


Abricotier

Armeniaca vulgaris = Prunus armeniaca

L’abricotier est assez rarement cultivé, çà et là, car les gelées détruisent souvent les promesses des fruits, la floraison de ces arbres étant très précoce.

Les fruits sont consommés frais. On en fait aussi des confitures et on les consomme par stérilisation.

Acacia

ou robinier faux acacia, Robinia pseudoacacia

Cet arbre, répandu partout et souvent cultivé comme arbre forestier, est originaire du Canada d’où il fut importé pour la première fois en France par Jean Robin en 1601. Sa racine principale s’atrophie vite et ce sont les racines latérales qui s’allongent et donnent de nouveaux plants. On dit que l’acacia gale.

Son bois résiste mieux qu’aucun autre à la pourriture et cette propriété le fait rechercher pour faire des piquets de vigne.

Cet usage est assez récent. Autrefois, il n’y avait pas d’échalas dans les vignes en cette région, hormis dans les tout jeunes plants. Ce n’est que vers 1880 qu’on les utilisa lorsque la taille sur fil devint nécessaire pour faciliter les sulfatages, seuls moyens de lutte contre le mildiou. Les bosquets d’acacia que l’on voit un peu partout ont presque tous été plantés à la fin du XIXe siècle ou au XXe siècle pour fournir le vignoble en échalas. On choisit pour cet usage des arbres d’une vingtaine d’années.

Avec l’acacia, les charrons font aussi des rayonnages de roues. Autrefois, on en a fait des dents de râteaux de fenaison. Les manches d’alènes de cordonniers sont souvent de ce bois (56).

L’acacia est encore utilisé pour jaunir l’eau-de-vie et lui donner ainsi l’apparence du vieux cognac. Un petit copeau ou une branchette de quelques centimètres, dépouillés de leur écorce et mis à macérer dans un litre d’eau de vie de l’année lui donnent rapidement une belle coloration ambrée (7 = Maurice Audier). Les fleurs d’acacia sont parfois utilisées pour faire des beignets.

L’acacia est un symbole maçonnique. Le petit bosquet de ces arbres qui croît près du logis de Pouzaur, date probablement de la restauration de cette belle demeure, restauration où entrent maints signes maçonniques.

Sa floraison coïncide souvent avec une période pluvieuse : O mouille tout le temps sur la fleur de l’acacia (69).

Acanthe

Acanthus mollis

L’acanthe est parfois cultivée dans les jardins pour sa valeur ornementale. On en trouve deux espèces, à feuilles plus ou moins découpées.

Achillée millefeuilles

Achillea millefolium

Le millefeuille est très commun au bord des chemins, dans les terrains vagues, à l’orée des bois où l’on trouve parfois des pieds à fleurs roses.

À Ciré-d’Aunis, la plante est appelée sénée, ce qui est apparemment une altération de saigne-nez. Dans cette localité on en fait des tisanes pour lutter contre la constipation mais cet usage vient probablement de ce qu’elle est confondue avec le séné qui est un purgatif bien connu. (70)


Adonis goutte de sang

Adonis automnalis = Adonis annua

L’adonide qui ressemble au coquelicot, fleurit au mois de mai, dans les blés d’Aunis. À Saint-Sauveur, cette plante ne doit pas être rentrée dans les maisons. Elle porte malheur (1945).

Aigremoine

Agrimonia eupatoria

La grimoine est très commune au bord des chemins, sur les talus, comme à l’orée des bois.

La tisane de grimoine était utilisée comme dépuratif à Sainte-Gemme, entre les deux guerres (1-10). A la campagne, la décoction de cette plante servait à laver les plaies (24).

Ail cultivé

Allium sativum

L’ail se plante à la fin de novembre ou au début de décembre quand la lune a trois jours (7). On le bêche trois fois pendant le mois de mars et plus du tout ensuite. Il s’arrache à la Saint Barnabé ou au plus tard à la Saint-Jean (7).

Pour avoir de l’ail rond, on met les caïeux en terre à la pleine lune de mars. Si l’on plante l’ail rond, il donne des têtes à plusieurs gousses mais ces dernières ne sont jamais plantées : elles ne donneront que des têtes petites et mal venues (7).

Actuellement, l’ail se vend au poids. Avant la dernière guerre, on lui conservait ses feuilles les plus belles et on les nattait par lots de 12 ou 13, toutes têtes réunies. À Pont-l’Abbé-d’Arnoult, au début du XXe siècle, on ajoutait des roseaux aux feuilles pour faire les nattes plus belles (7). On attachait par deux les nattes ainsi obtenues et on suspendait ces quartrons d’ail aux poutres pour qu’ils sèchent et se conservent. On vendait alors l’ail au demi-cent (quatre nattes) ou au cent (huit nattes).

En cuisine, l’ail est surtout employé comme condiment dans les plats de haricots, tomates, champignons, moules, poissons, cagouilles. On frotte un croûton pour donner du relief à la salade frisée mais c’est un brin d’aillet, un brin d’ail remontant qui a poussé tout seul sur la planche, qui accompagne une tartine de gratton.

Il arrive encore qu’on le fasse cuire sous la cendre ou dans le diable charentais, ce qui en fait un plat de légumes. Il joue aussi, à la fois, le rôle de légume et d’assaisonnement dans les fricassées d’agneaux ou de chevreaux. Bouilli dans du vin blanc et écrasé en purée, il fera la sauce à l’ail pour accompagner le lapin rôti ou un reste de viande froide.

En médecine populaire, l’ail chasse la peste (6) ou plus généralement la maladie mais il est d’abord et surtout le grand spécifique des vers. Pour se débarrasser de ces parasites, on peut tout simplement en manger (1) ou, comme à Champagne, en porter dans un petit sachet sur sa poitrine (24). On frotte d’ail les piqûres d’abeilles ou de guêpes pout calmer la douleur et éviter l’enflure (37). Le jus d’ail cru pressé sert à combattre l’hypertension (28) tandis que, dans les accouchements, c’est une décoction de queues d’ail qui était autrefois utilisée en fumigations du périnée pour provoquer la dilatation (24).

Le traitement des verrues, était lui, purement magique. Vers 1930, il consistait à faire bouillir des gousses d’ail dans du vin et à enterrer le tout.

Dans le langage populaire, les allusions à l’ail sont nombreuses. L’enfant malingre est meigue (ou gras) comme un cent d’ail (6). Il est coume de l’ail (21). De ce qui provoque de l’étonnement, voire l’incrédulité, on dira qu’o l’est pus fort que d’l’ail ! Ou même pus fort que d’l’ail de motte. L’exclamation Et d’l’ail ! est à rapprocher de l’expression populaire « Et le reste ! ». Gousse d’ail était autrefois une figure du jeu de saute-mouton. La cuisinière pieume de l’ail, elle le plume, ce qui est beaucoup plus imagé que de l’éplucher.

Ail des ours

Allium ursinum

L’herbe puante (7) est très abondante dans les sous-bois frais.

Ajonc

Ulex europaeus, Ulex nanus

Les deux espèces d’ajionc croissent ensemble sur les landes, dans les bois, dans les lieux incultes.

Ce bois brûle vite en dégageant beaucoup de chaleur. C’est pourquoi, jusqu’à la fin du XIXe siècle, on allumait un fagot d’ajionc à deux liens, bien sec, pour chauffer le four à pain (1). A cette époque, la barbe d’ajionc, branchettes sèches munies de leurs épines, était souvent utilisée comme allume-feu bien qu’on lui préférât pour cet usage, la brande, moins agressive.

Dans les premières décennies de ce siècle, on faisait bouillir, pour les enfants, des œufs avec des fleurs d’ajionc qui les teinte en brun clair (6). À Saint-Romain-de-Benêt, c’étaient les seuls œufs de Pâques qui étaient ainsi colorés (avant 1914) (37).

Algues marines

Les algues (brunes surtout), appelées sart étaient très recherchées, jusqu’à une époque récente, par les cultivateurs de la côte et des îles, pour fumer les vignes et parfois les champs. Les algues sont aussi utilisées pour l’emballage des huîtres.

Alisier

Sorbus torminalis

Sans être rare, l’alisier, qui ne pousse que dans certains bois, n’est pas très commun. A l’automne, les enfants et les oiseaux se partagent les alises, qui sont des fruits médiocres.

Aloès

Aloe sp.

L’aloès est parfois planté pour sa valeur ornementale. Il est rare qu’il fleurisse car de fortes gelées font souvent périr la plante avant qu’elle n’atteigne cette étape de développement.

Amandier

Amygdalus communis = Prunus dulcis

Les amandiers sont de plus en plus rarement cultivés, les gelées supprimant, presque chaque année, la récolte des amandes en raison de la floraison hâtive de ces arbres qui a lieu parfois dès janvier en Saintonge.

Les amandes les plus appréciées ont peu de bois, on dit qu’elles ne sont pas avères (1–3).

Comme les noix, elles font trouver le vin bon et incitent à boire, mais on dit aussi qu’elles préservent de l’ivresse.

Amarante

Amaranthus spp.

L’amarante sauvage, l’amarante blire ou crête-de-perot (7) est commune partout dans les jardins, les cultures, les lieux incultes.

L’amarante cultivée qui porte à l’automne de beaux épis de fleurs pourpres, les queues de renard, est rarement cultivée de nos jours.

Ancolie

Aquilegia vulgaris

Les bonnets d’évêque ne poussent que dans certains bois tantôt sablonneux tantôt humides.

Ils sont parfois transplantés dans les jardins où l’on cultive aussi des espèces améliorées.

Angélique

Angelica archangelica

Les pétioles et les tiges de cette plante étaient autrefois confits dans un sirop de sucre et utilisés en pâtisserie pour parfumer les gâteaux des noces et premières communions.

Il n’était pas rare, alors, d’en trouver une touffe dans les jardins. Elle a maintenant tout à fait disparu.

Aquatiques (plantes) Le liman, terme qui désigne à la fois les lentilles d’eau et de fines herbes aquatiques, recouvre parfois complètement les mares et l’eau des fossés dans les marais gâts.

Arbousier

Arbutus unedo

On le trouve, rarement spontané, sauf aux environs de Royan et de Saint-Palais- sur-Mer. Il est parfois planté dans les jardins pour sa valeur ornementale. Ses baies, qui ressemblent à des fraises rouges, sont très décoratives. Elles pourraient servir à faire des confitures mais sont généralement dédaignées pour cet usage.

Artichaut

Cynara scolymus

Les catégories marchandes d’artichauts sont uniquement déterminées selon la taille (celle-ci dépendant, généralement de la position sur le pied ; région de Pont-l’Abbé-d’Arnoult). Les artichauts irréguliers, mal venus, étaient dits artichauts bègues (95). Comme ils étaient invendables, c’étaient souvent les seuls que consommaient les familles de maraîchers.

La culture de l’artichaut s’est développée vers la fin du XIXe siècle dans les vallées fertiles et les terrains irrigués, en particulier dans les mottes, anciennes roselières de la vallée de l’Arnoult. Dans les jardins, les cultures familiales sont fréquentes mais peu importantes.

Comme l’artichaut prend de bille, autrement dit qu’il se bouture, on détache en mars-avril des surgeons des pieds-mères en vue d’une nouvelle plantation. Les jeunes plantes fructifieront en août pour donner des artichauts dits nouveaux. Les vieux sur la plantation ancienne, ont été, eux, récoltés en juin.

Bien que cette culture demande un terrain généreusement fumé, les plantes ne sont généralement conservées que deux ans en culture maraîchère. En culture familiale, ils le sont parfois une dizaine d’années.

Arméria

Armeria maritima

Cette « mousse », rarement cultivée de nos jours, était autrefois utilisée, dans certains jardins d’agrément, pour faire des bordures (10).

Armoise

Artemisia vulgaris

L’armoise, qu’on appelait armise autrefois, est très répandue au bord des chemins, dans les endroits incultes, aux abords des villages.

Pour se protéger du diable, des sorciers et des mauvais sorts, on devait en porter trois ou cinq feuilles dans un sachet, sur la peau, mais il fallait qu’elles eussent été cueillies le matin de la Saint Jean avant soleil levé. Un petit conte donnait la raison de cette pratique (24).

Armoise maritime

Artemisia maritima La Sanguenite des marais salants se trouve sur le littoral, comme à l’île Madame, à Mornac... On a parfois essayé de la transplanter dans les jardins mais elle s’y acclimate très mal.

Vermifuge réputé, son emploi remonte à l’Antiquité. Pline, le naturaliste, la mentionne sous le nom d’herbe de Saintonge et l’on dit même que, sous le règne d’Auguste, elle était envoyée à Rome.

Bernard Palissy qui herborisa en Saintonge au XVIe siècle, tenait en haute estime l’armoise appelée Xaintonnique à cause du pays de Xaintonge où on la cueillait. La dite herbe, dit-il, a telle vertu que quand on la fait bouillir et prenant de sa décoction on en détrempe de la farine pour en faire des bignets fricassez en sein de porc ou en beurre et que l’on mange desdits bignets, ils chassent et mettent hors tous les vers qui sont dans le corps, tant des hommes que des enfants. Au paravant que j’eusse connoissance de la dite herbe, les vers m’ont fait mourir six enfans comme nous l’avons connu tant pour les avoir fait croir, que parce qu’ils en rendaient souvent par la bouche, et quand ils estoyent près de la mort, les vers sortoyent par les naseaux.

On reconnaît encore de nos jours à la sanguenite la même précieuse vertu. On la récolte à la fin d’août ou au début de septembre, vers l’époque de sa floraison qui est peu apparente. On en fait une légère décoction, qui doit bouillir quelques minutes au maximum, et on en prend un verre le matin à jeun trois jours avant et trois jours après les mouvements de lune (nouvelle et pleine lune) (6).

Mais comme la tisane de sanguenite n’est pas toujours bien acceptée des enfants, on se contente parfois d’en mettre des tiges dans leur lit ou d’en bourrer leur oreiller, ce qui serait également un traitement efficace contre les vers intestinaux.

Arum sauvage

Arum maculatum et Arum italicum

Le giron se trouve sous toutes les haies, aux lisières des bois, dans les lieux frais et ombragés. Le fruit est un poison redouté. On le craint surtout pour les enfants qu’attirent, en automne, ses chandelles ou chandelles de sarpent, d’un rouge lumineux.

Asperge

Asparagus officinalis

Autrefois l’esperge, qui était peut-être une asperge sauvage, poussait volontiers au hasard, dans les vignes, les deux plantes prospérant dans le même sol. Comme les vignes étaient alors cultivées à bras, l’homme, en bêchant, les respectait (7).

Lorsque la plantation plus régulière des ceps et surtout l’écartement des rangs permit la culture à la charrue, il ne fut plus possible de conserver ces plants venus çà et là ; mais longtemps on continua à cultiver l’asperge dans un rang perdu.

Comme les turions étaient souvent petits et durs, on remplaça peu à peu les espèces anciennes par des variétés améliorées plus productives (premier quart du XXe siècle). L’asperge était mangée en sauce blanche ou à la vinaigrette et, dans le jus de cuisson, on trempait la soupe. Les asperges vertes, montées, étaient cassées en tronçons et cuisinées à la manière des petits pois.

Asphodèle

Asphodelus albus

Les alois viennent en abondance dans les bois sablonneux qu’égaient, en avril-mai, les grandes hampes de leurs chandelles d’un blanc grisâtre.

Vers 1900, on donnait au porc les jeunes feuilles d’alois au moment de la pousse, en février-mars.

Aster

(variétés horticoles)

Les asters d’automne (Aster novi-belgii = Symphyotrichum novi-belgii...) appelés vendangeuses, d’après leur époque de floraison, sont dans tous les jardins où les marguerites-reines (Aster chinensis : Callistephus chinensis) se voient de moins en moins.

Aubépine

Crataegus oxyacantha = Crataegus monogyna ; Épine bianche ou abaupin

Comme elle prospère à peu près partout, dans les haies, comme aux lisières des bois, l’aubépine a souvent été utilisée pour faire des clôtures vives, non seulement à cause de ses branches épineuses, qui forment un réseau difficilement franchissable, mais aussi parce que l’aubépine ne marche pas. Un autre arbuste, taillé à l’intérieur d’un terrain, tend à se déporter peu à peu vers les champs voisins qu’il rapetisse d’autant, alors que l’aubépine pousse droit (Marc Leproux).

Aussi, quand les bornes sont introuvables, l’aubépine fait foi (14).

Au XVIIIe siècle, les vignes étaient souvent encloses de fossés et de haies d’aubépine, parfois doubles. Les contrats de plantation, passés entre le propriétaire et le vigneron, spécifiaient la plantation et l’entretien de ces clôtures qui semblaient avoir été générales à cette époque et en cette région. Encore nombreuses au début du XXe siècle, les haies d’aubépine, taillées ou non, disparaissent les unes après les autres, victimes de la motorisation de l’agriculture. On leur reproche à la fois de gêner le tracteur et de manger le terrain, c’est-à-dire de l’appauvrir. Cependant au pied de ces vieilles haies, envahies de ronces et de broussailles, on trouve, au printemps, surtout du côté exposé au nord, le champignon d’avril blanc, le tricholome de la Saint-Georges. Mais lorsque le mousseron gris, Entoloma clypeatum, croît sous les aubépines, c’est au midi qu’il faut le chercher.

Au pied des haies d’aubépine, les escargots hibernent comme autrefois. Ils peuvent en paix y attendre le printemps. Personne ne peut les débusquer à la guignette pour fournir le repas familial.

Les bois d’aubépine sont recherchés pour faire des manches d’outils et, avec les jeunes branches épineuses, on confectionnait des hérissons de ramoneurs (7).

L’abondance des fruits, les cenelles, est le signe d’un hiver rigoureux. Avant 1914, les enfants étaient friands de ces baies qu’ils abandonnent aujourd’hui aux oiseaux (6).

Sur les vieux pieds, on trouve souvent de petites touffes de gui. Ce gui, ayant poussé sur l’aubépine était utilisé en décoction à Champagne pour lutter contre l’albumine (1920). Il fallait en prendre cinq ou neuf feuilles et les faire bouillir (24).

À l’Abaupinaie devaient croître autrefois les abaupins mais l’aubépine la plus célèbre est aujourd’hui disparue. Dans la plaine de Vaucouleurs, près de Saint-Agnant, la tradition voulait que ce très vieil arbuste marquât l’emplacement d’une tombe de guerrier et, à ce titre, il était respecté. On a dit qu’un général anglais, tué pendant la guerre de Cent Ans, avait été enterré là (7). Pour certains, cette tombe est celle de chevaliers de Charlemagne, pour d’autres celle des quatre fils Aymon. D’après Castet, la légende initiale faisait mourir les quatre frères à Vaucouleurs. On sait qu’à la mort de ses cousins, Maugis, l’enchanteur, planta une aubépine sur leur tombe avant d’aller faire pénitence à Jérusalem (A. La Montellerie).

Aubergine

Solanum melongena

Bien que, dans la Flore Rochefortine, Lesson la signale, sous le nom de poule qui pond dès 1840, l’aubergine n’apparut à Sainte-Gemme que vers 1930. A cette époque, on la faisait frire à la poêle, découpée en tranches longitudinales.

Aulne

Alnus sp.

Les villages appelés La Vergne, Les Vergnes, La Vergnée… prouvent qu’autrefois comme aujourd’hui les vergnes ou vargnes étaient abondants dans les lieux humides et au bord des ruisseaux. Ils donnent un bois de chauffage de médiocre qualité. On en a fait des sabots, des récipients.

Avoine

Avena sativa

L’avouène, qui n’est plus guère cultivée de nos jours, se semait en vieille lune et avant le blé, au mois d’octobre, souvent sur un terrain qui venait de produire du blé. Si elle restait longtemps souffreteuse, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter puisque, à ce pauvre aspect du champ, allait succéder, à la moisson de juillet, une surabondance de récolte.

Avoine traînée vient à plein grenier (1963) (14).

On semait très peu d’avoine de printemps, avant 1914.

La farine d’avoine rentrait autrefois dans la composition du pain de mêture en mélange avec celle du blé, en remplacement ou addition des farines des autres céréales panifiables : baillarge, orge, seigle, parfois maïs. Il arrivait même qu’on semât le blé et l’avoine ensemble et certains inventaires nous parlent de blé avoiné (1779) (Folle avoine ?).

Cependant, dès le XIXe siècle, l’avoine ne servait plus qu’à la nourriture des volailles, des lapins, l’hiver, et surtout des chevaux. On disait d’un cheval mal nourri qu’il a (vait) de l’avouène que quand i mont(ait) dans le piancher, dans le grenier (7).

La balle d’avoine, très douce, était utilisée pour remplir les paillasses, surtout celles des berceaux et des lits d’enfants. Quant à la paille d’avoine, on s’en servait parfois pour le traitement des vins gras, traitement qui consistait à le soutirer et, en le remettant dans la barrique, à le faire passer sur de la paille d’avoine placée dans l’entonnoir (1966).