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Version du 13 mars 2018 à 19:05
Livres
François-Joseph Cazin est l'un des derniers médecins français à avoir soigné les paysans et les pauvres uniquement avec des plantes locales. Son Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes a fait l'objet de pas moins de cinq éditions de 1850 à 1886, les dernières étant mises à jour par son fils.
Ce livre reste la meilleure synthèse sur le sujet. Cazin allie une présentation détaillée des cas cliniques qu'il a traités avec une revue bibliographique qui étonne par son étendue, puisqu'elle va des médecins (Dioscoride, Galien, Hippocrate, Arnaud de Villeneuve) et des botanistes (Matthiole, Dodoens...) de l'Antiquité, du Moyen-Age et de la Renaissance jusqu'aux recherches les plus récentes de la pharmacopée scientifique de son siècle.
Cazin ne cessait de vitupérer contre les médecins qui ne juraient que par les médicaments exotiques proposés par les pharmaciens, et que le peuple ne pouvait se payer. Dans son livre transparaît le respect qu'il éprouvait pour les "bonnes femmes" ou les curés de campagne qui utilisaient des remèdes traditionnels. Dans le même temps, il ne cesse de mettre en garde contre les erreurs d'identification ou de dosage et l'inefficacité ou la toxicité de certains remèdes. De ce point de vue, la lecture du livre porte à réfléchir ceux qui aujourd'hui sont tentés de considérer que tout ce qui est naturel est foncièrement bon.
Tout le livre (dans sa version de 1868) a été mis en ligne sur Pl@ntUse et structuré par espèce. On peut y accéder soit par la catégorie Cazin 1868, soit par les liens placés dans les pages par espèce, soit par l'index des noms scientifiques actuels ou celui des noms français.
Le lecteur est aussi invité à lire l'excellente présentation de Pierre Lieutaghi, expert en la matière.
- Cazin, François-Joseph, 1868. Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes : avec un atlas de 200 planches lithographiées. 3e édition, revue et augmentée par le docteur Henri Cazin. Paris, P. Asselin. 2 tomes dont 1 de pl. en 1 vol., XXVIII-1189-XL p.
6 mars 2017

La plante du mois : le la dong

Il y a quelques semaines, j'ai découvert dans un supermarché chinois de Montpellier des paquets de grandes feuilles visiblement destinées à faire des papillotes pour cuire des aliments. Seul indice pour l'identifier, un nom, la dong.
Son identification a été rapide. En tapant la dong sur un moteur de recherche, je suis arrivé à la page Lá dong sur Wikipédia en vietnamien. Nul besoin de lire le vietnamien, car les plantes portent heureusement un nom latin, et les noms vietnamiens étaient indiqués en caractères gras. Une exploration des images de Wikimedia Commons m'a permis de voir quels mets traditionnels étaient ainsi emballés avant d'être bouillis, comme le bánh chưng.
Il s'agit d'une Marantaceae, Stachyphrynium placentarium, dont les feuilles larges font de 25 à 55 cm de long. "Feuille" se dit lá en vietnamien. On trouve aussi dans les supermarchés des feuilles de Maranta arundinacea, conditionnées en rouleaux.
Vous trouverez le résultat de ma recherche à la page Stachyphrynium placentarium. Pas moins de 18 espèces sont utilisées de par le monde pour emballer des aliments : (Feuilles pour papillotes).
Cette recherche illustre un des meilleurs aspects d'Internet (et de Wikipédia en particulier), qui permet de faire connaître la diversité des cultures du monde.

Curiosa
Pourquoi seringat est-il le nom de Philadelphus coronarius, alors que c'est le lilas qui s'appelle Syringa ? Ma perplexité a été redoublée quand j'ai lu que ce nom venait de l'utilisation des rameaux creux pour faire… des seringues ! Cela a été le début d'une longue quête étymologique, dont nous rendons compte dans notre Dictionnaire étymologique. Mais cette quête se termine en énigme.
Les botanistes de la Renaissance groupaient plusieurs plantes à fleurs odorantes sous le nom de Syringa. Ainsi, Bauhin dans son Pinax (1623) distingue Syringa cærulea, qui est le lilas Syringa vulgaris ; Syringa alba, qui est le seringat Philadelphus coronarius ; et Syringa Arabica foliis mali arantii, qui est le sambac, Jasminum sambac. Il semble en fait que le nom Syringa se soit d'abord appliqué au seringat, mais Linné en a décidé autrement. Cela répond à la première question.
Quant à la deuxième, il faut savoir que l'étymon du latin médiéval syringa est le grec σῦριγξ, -ιγγος - surinx, - ingos, qui signifiait en grec ancien "flûte" ou "fistule". En latin médiéval, cette "flûte" ou "tuyau" a fini par désigner une "seringue". Mais en fait, il ne faut pas comprendre par là nos seringues hypodermiques ou intraveineuses. On appelait syringa tout tuyau dans lequel on pousse un liquide, ce qui s'applique aux seringues de lavement pour le rectum ou l'urètre !
La taille de l'objet convient mieux, mais ce n'est apparemment pas ce sens qu'il faut retenir. Il se pourrait que Tabernaemontanus nous donne la bonne explication en 1625 dans son Neuw Vollkommentlich Kreuterbuch : "on peut utiliser les rameaux comme sifflet, en en enlevant la moelle". Cette explication est bien plus plausible. Il reste à la vérifier expérimentalement. Si vous avez un lilas ou un seringat dans votre jardin, coupez-en un rameau, évidez-en le cœur moelleux, et soufflez dedans pour voir (ou entendre) le résultat. Dites-nous ensuite le résultat sur le forum ethnobotanique de Tela Botanica.

Pl@ntUse c'est quoi ?
Pl@ntUse est un espace collaboratif d'échange d'informations sur les plantes utiles et les usages des plantes. Il ne vise pas à dupliquer les encyclopédies existantes (y compris Wikipedia), mais à offrir des fonctions complémentaires, telles que :
- mise en ligne de ressources que vous pouvez réutiliser
- portail vers les ressources pertinentes existant sur Internet
- introduction thématique ou bibliographique à tout sujet d'intérêt
- listes d'espèces (les légumes secs cultivés en France, les céréales du monde...)
- noms populaires ou vernaculaires
- Dictionnaire étymologique des noms de plantes
- galeries de portraits des cultivars (variétés)
- ouvrages et articles anciens sur les plantes utiles
- publications originales
- iconographie
- espace de questions-réponses

Les domaines couverts
Plus de 35 000 pages ont été ouvertes pour des plantes attestées comme utilisées. Voir la liste. Toutes ne sont pas encore documentées, mais les pages offrent déjà des liens utiles. Parmi les groupes traités, on trouve :
- Annona
- Artemisia
- Diospyros
- Phaseolus
- Salvia
- Vernonia
- Vigna
- Zanthoxylum
- Zingiberaceae
- Plantes à usages ludiques
- Plantes utilisées pour les colliers
- Plantes à savon
- Légumes secs
- Légumes-fleurs
- Oléagineux
- Absinthe (histoire)
- Crucifères légumières
Par ailleurs, de nombreux livres sont en ligne :
- Dioscoride, Materia Medica (en grec)
- Rolland Eugène, 1896-1914, Flore populaire. Tous les noms du domaine français en 11 volumes.
- Vilmorin-Andrieux, 1904, Les plantes potagères, la référence incontournable sur les légumes anciens.
- Vilmorin-Andrieux, 1880 et 1909 Les meilleurs blés, catalogue du début du XXe siècle
- Cazin, 1868, Traité des plantes médicinales
- Camus, 1894, Livre d'heures d'Anne de Bretagne
- Alphonse de Candolle, 1882, Origine des plantes cultivées. Un classique
- Suzanne Lafage, 2002, noms de plantes du Lexique français de Côte d'Ivoire
- Le Floc'h, 1983, Ethnobotanique tunisienne
- Sturtevant, 1919, Notes on edible plants
- Targioni-Tozzetti, 1853, Cenni storici
- Garcia da Orta, 1563, Coloquios dos simples
- Introduction aux noms dans les langues du monde
- Noms des plantes cultivées dans les langues européennes
- L'Agriculture nabatéenne
- Acides gras
La méthode de travail
Elle est bien sûr évolutive et ouverte à la discussion. L'idée de base n'est pas de produire des synthèses consensuelles, et encore moins de faire du copier-coller de seconde-main, ce qui conduit à un déluge de données non sourcées. Internet fourmille de sites d'amateurs qui compilent des données provenant d'ouvrages de vulgarisation, sans donner leurs sources et souvent en ajoutant des erreurs. Ces données sont souvent anciennes, approximatives ou fausses.
Notre priorité est de donner un accès direct aux sources, quand celles-ci sont libres d'accès, et de fournir des matériaux solides pour permettre à chacun de faire ses propres synthèses. Vous êtes donc invité à mettre en ligne des corpus de données, qui sont à la base du travail de tous, mais ne sont que rarement publiés, obligeant chacun à repartir de zéro.
Dans le même esprit, nous estimons inutile de dupliquer les bons sites existants. C'est pourquoi nous privilégions les liens vers ces sites. Pl@ntUse a ainsi vocation à être un portail vars les bonnes sources sur Internet.
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Comme il est d'usage dans la communauté scientifique, nous mentionnons le ou les auteurs de chaque contribution, chaque fois qu'il s'agit d'un texte structuré qui résulte d'une synthèse critique. Cependant, la plupart des contributions pourront être corrigées ou mises à jour, dans la mesure où cela fera consensus. Voir à Aide:Auteurs des contributions
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