Poacées (Bellakhdar)
386
386. Ampelodesma mauritanica (Poir.) Dur. & Schinz.
- Nom accepté : Ampelodesmos mauritanicus
- dīs (!).
- ādles (!) (Nord du Maroc, Moyen-Atlas) : ce vernaculaire s'emploie aussi, en Kabylie, pour le jonc (Leclerc, 1874, n° 85).
387
387. Anthoxanthum odoratum L.
- Nom accepté : Anthoxanthum odoratum
- ḍīl el-fār (litt. : queue de rat) (poly.) (Trabut dans Charnot, 1945).
388
388. Aristida divers
Aristida ciliata Desf., Aristida pungens Desf. ( = Stipagrostis pungens (Desf.) De Winter), Aristida plumosa L., Aristida adscensionis L., Aristida acutiflora Tin. & Rupr., Aristida obtusa Del.
- Nom accepté : Stipagrostis ciliata, Stipagrostis pungens, Stipagrostis plumosa, Aristida adscensionis, Stipagrostis acutiflora, Stipagrostis obtusa,
- lṭṭêifa (Tekna) : pour Aristida ciliata.
- āṭāf (Maure ; Monteil, 1953) : pour Aristida ciliata.
- ṣenyāl, ṣelyān (Moyenne Moulouya, Bertrand, 1991) : pour Aristida ciliata et Aristida obtusa.
- ṣṣfār : pour Aristida acutiflora.
- sserdūn : pour Aristida acutiflora.
- nnsīl, nnsī, ênsī (!) (Sahara occidental) : pour Aristida plumosa et Aristida adscensionis.
- āġmūd : pour Aristida plumosa et Aristida adscensionis.
- taġifuft, āġifuft (Haute Moulouya, Bertrand, 1991) : pour Aristida plumosa.
- ssbaṭ, sboṭṭ (!) : pour Aristida pungens.
- drīn (!) (Sud algérien, Oriental marocain) : pour Aristida pungens.
- tullult (Touaregs, Sitouh, 1989) : pour Aristida pungens.
- zzā’êṭ (Tekna) : pour Aristida adscensionis.
- tizzêt (Maure, Monteil, 1953) : pour Aristida adscensionis.
- siḥam, sḥam (Bassin de la Moulouya, Bertrand, 1991) : pour Aristida obtusa.
- āgernin (Sahara occidental, Mullero, 1945) : pour les graines d’Aristida ciliata.
389
389. Arundo donax L.
- Nom accepté : Arundo donax
- l-geṣba, l-gṣeb, l-qṣeb (!).
- āġanim (berbère).
390
390. Avena sativa L.
- Nom accepté : Avena sativa
- ẖorṭāl (!).
- āzqūn, wazqūn, wasqūn (berbère) : s'applique surtout à l'avoine folle (Avena sterilis L. et Avena fatua L.). L'avoine est cultivée partout au Maroc, notamment la var. algeriensis (Renaud & Colin, 1934, n° 338).
391
391. Cenchrus ciliaris L. ( = Pennisetum ciliare (L.) Link.)
- Nom accepté : Cenchrus ciliaris
- el-labd (poly.).
- kra’ leġrāb (Sahara occidental, Birouk & al., 1991).
- būrgība (Jbilet, Nègre, 1961).
- tābat eẓ-ẓīb (Sraghna, Nègre, 1961 ; Bertrand, 1991).
392
392. Coix lacryma-jobi L.
- Nom accepté : Coix lacryma-jobi
- ḥabb al-bāraka (poly.) : s'emploie aussi pour la nigelle et pour d'autres plantes.
393
393. Cymbopogon citratus (DC.) Stapf.
- Nom accepté : Cymbopogon citratus
- siṭtronil (du français "citronnelle") : introduite récemment au Maroc, la plante ne possède pas de véritable vernaculaire local, d'où l'adoption du nom français de la plante.
394
394. Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. ( = Andropogon laniger Desf.)
- Nom accepté : Cymbopogon schoenanthus
- īdẖīr, l-yedẖêr (!).
- īdjikim (Sahara occidental, Mullero, 1945).
- lemmad, l-med (Sud algérien, Doreau, 1961 ; Sitouh, 1989).
- teberemt (Touaregs, Doreau, 1961 ; Sitouh, 1989).
- ša’rāt et-trāb (région de Marrakech) (litt. : cheveu de sable).
- ā’mud eṣ-ṣġīr (région de Marrakech) (litt. : bâtonnet)
- tibn, tben mekkā (livresque) (litt. : paille de la Mecque).
- ḥalfat mekkā (livresque) (litt. : alfa de la Mecque).
395
395. Cynodon dactylon (L.) Pers. et Agropyrum repens P. Beauv.
- Nom accepté : Cynodon dactylon, Elytrigia repens
- nnjem, en-najam, en-njīl (!).
- āfar (berbère, Souss) (!).
- āgesmir (Tissint) (poly.) : s'emploie aussi pour les fétuques.
- taggamaīt (Sahara algérien, Sitouh, 1989).
- ṯīl (livresque, Renaud & Colin, 1934, n° 409).
396
396. Danthonia forskahlii (Vahl) Trin.
- Nom accepté : Centropodia forsskalii
- rabya (!) (Le Floc'h, 1983 ; Taillade, 1905).
397
397. Echinochloa crus-galli (L.) Beauv. ( = Panicum crus-galli L.)
- Nom accepté : Echinochloa crus-galli
- finnikū (Gharb, Boulet & al., 1990).
398
398. Festuca arundinacea Schreb.
- Nom accepté : Schedonorus arundinaceus
- āguzmīr, guzmīr (poly.) (haut Atlas, Haouz, Oriental, Bertrand , 1991) : ce vernaculaire s'emploie aussi pour le chiendent.
399
399. Hordeum vulgare L.
- Nom accepté : Hordeum vulgare
- eš-š’īr, ša’īr (!).
- zra’ : en réalité, ce terme désigne, partout au Maghreb, la céréale dominante, que ce soit l'orge, le blé ou le sorgho ; c'est ce qui se passe précisément dans le Sud où l'orge est la céréale la plus cultivée.
- tumzīn (berbère, Laoust, 1921).
- āgulas (berbère, Laoust, 1921) : pour l'orge verte.
- āzembō (berbère, Laoust, 1921) : pour l'orge des prémices.
- merkez (Rif) : ce terme désigne un mélange d'orge et de blé dur, semé, moissonné et consommé sans tri des grains ; on considère que le pain qu'il donne est meilleur.
- talabit (Jbala, Vignet-Zunz, 1995) : paille d'orge longue.
- tben (Jbala, Vignet-Zunz, 1995) : paille d'orge courte.
- ša’īr en-nabbī (litt. : orge du Prophète) : Miège (1928) a rencontré cette appellation dans le Tadla, pour désigner une variété d'orge dont les glumes et leurs arêtes, très développées, sont transformées en barbes. Il s'agit d'une variété que Miège a déonommé Hordeum hexastichon L. var. macroglumis Miège. Cette variété d'orge a été signalée également en Afghanistan. En Algérie, l'expression ša’īr en-nabbī désignerait une autre variété d'orge, à grains nus, var. coeleste L., variété que l'on rencontre aussi en Egypte et en Abyssinie. Cette variété existerait également dans le Haouz et le Souss, mais elle y est connue sous l'appellation classique de sult (Renaud & Colin, 1934). D'après Ahmed Zarruq (cité dans Colin, 1926-1927), le sult serait le ša’īr en-nabbī. Quelque soit la variété, l'orge du Prophète passe aux yeux des paysans pour assurer le succès des récoltes. Aussi en mélangent-ils toujours quelques grains à leurs semences de céréales pour attirer sur leurs cultures la bénédiction divine.
- sult (Haouz, Souss) : pour l'orge du Prophète.
400
400. Imperata cylindrica (L.) Beauv. ( = Saccharum cylindricum Lam.)
- Nom accepté : Imperata cylindrica
- silet, silt (Sahara, Sitouh, 1988).
- l-ḥalfa (poly.) (Sahara, Egypte).
- ībestaū, tibesteū, tabanawut (Touarges).
401
401. Lolium perenne L.
- Nom accepté : Lolium perenne
- zwān (du classique zuwān) : ce vernaculaire s'applique aussi aux autres ivraies, aux espèces du genre Phalaris et à Agrostemma githago L.
- ḥašīšat el-farās (litt. : chanvre indien des chevaux) (Egypte, Boulos, 1983).
- l-medhūn (!) (poly.) (litt. : celle qui est enduite d'huile) ; en raison de l'aspect brillant de la plante.
402
402. Lolium temulentum L., Lolium multiflorum Lam. et Lolium rigidum Gaudin
- Nom accepté : , Lolium temulentum, Lolium multiflorum, Lolium rigidum
- zwān (du classique zuwān) (!) (poly.) : s'applique aussi à Lolium perenne L., aux espèces du genre Phalaris et à Agrostemma githago L. (Renaud & Colin, 1934, n° 156).
- sīkrān, sīkrā (lii. : celle qui énivre).
- l-medhūn (!) (poly.) (litt. : celle qui est enduite d'huile) ; en raison de l'aspect brillant de la plante.
- gesmatā (Rabat, Bertrand, 1991).
- šaylam (livresque, Renaud & Colin, 1934, n° 448 ; Ibn al-Baytar dans Leclerc, 1877-1883, n° 1370).
403
403. Lygeum spartum L.
- Nom accepté : Lygeum spartum
- sennāq, sennāġ, sennāġa, tasennaġt (!) (Oriental marocain, Haute Moulouya, Algérie).
- l-ḥalfa (Tekna) (poly.) : ce vernaculaire se retrouve dans tout le Maghreb. Le même nom s'emploie pour Stipa tenacissima L., là où elle existe, et pour d'autres plantes.
- talāmt (Aït Seghrouchen, Bertrand, 1991).
- tirawt (Aït Yahia, Bertrand, 1991).
- āmenzal (Aït Yahia, Bertrand, 1991).
404
- 404. Molinia caerulea (L.) Moench. ( = Festuca caerulea DC.)
- Nom accepté : Molinia caerulea
- zergīgā (Fouarate, Gharb) (litt. : la petite bleue).
405
405. Oryza sativa L.
- Nom accepté : Oryza sativa
- rūz, rawz (!).
- mārō (Tekna, Maures, Sahara occidental) : vernaculaire vraisemblablement d'origine africaine ; on le retrouve, en effet, dans quelques dialectes africains.
406
406. Panicum miliaceum L.
- Nom accepté : Panicum miliaceum
- tafsūt (poly.) : ce vernaculaire s'applique aussi au sorgho, au mil-chandelle et au millet des oiseaux.
- jāwars (livresque et moyen-oriental) (Renaud & Colin, 1934, n° 96).
407
407. Panicum turgidum Forsk.
- Nom accepté : Panicum turgidum
- ūmm-rekba, bū-rekba, mrokba (poly.) (litt. : celle qui a des genoux).
- ṯammām, ṯmām, ṯumām : mot d'origine bédouine ; c'est le ṯumām du Hedjaz et de l'Egypte (Ibn al-Baytar in Leclerc, 1877-1883, n° 451 ; Boulos, 1983).
- āfzū (Touaregs) : différent de l’āfzū des Rgibat qui est le Mesembryanthemum theurkauffii Maire.
- ābūkar (Rgibat, Monteil, 1953) : pour l'épi vert.
- āz (Rgibat, Monteil, 1953) : pour l'épi sec et les caryopses.
- tišilat (Rgibat, Monteil, 1953) : pour l'épi sec et les caryopses.
- tigusin (Tissint, Bellakhdar & al., 1987).
- gušī (Egypte, Boulos, 1983).
- êmseliḥ (Tchad).
408
408. Pennisetum typhoides (Burm.) Stapf. & Hubb. ( = Pennisetum typhoideum Rich. = Pennicilaria spicata Wild.
- Nom accepté : Pennisetum glaucum
- ānīlī, īllān (!).
- bešnā (Touaregs, Sud algérien) : c'est généralement le nom de divers sorghos.
- tafsūt (Touât) : c'est aussi le nom du sorgho.
- duẖn (Tchad, Renseignements Coloniaux, n° 5, mai 1912) : au Moyen-Orient, ce terme s'applique plutôt au Panicum italicum L. ou au Sorghum vulgare L.
- gassab (Fezzan, Le Floc'h, n° 46).
409
409. Phalaris divers
Phalaris minor Retz, Phalaris canariensis L., Phalaris paradoxa L., Phalaris brachystachys Link.
- Nom accepté : Phalaris minor, Phalaris canariensis, Phalaris paradoxa, Phalaris brachystachys,
- zwān (!) (poly.) : ce vernaculaire s'applique aussi aux ivraies (Lolium) et à Agrostemma githago L.
- tigurramīn (berbère du Souss, Laoust, 1921).
- ddemiya (Tekna) (poly.) (litt. : la sanglante) : pour la variété Phalaris minor var. haematites, en raison de la coloration rouge de la plante à sa base et du "lait rouge exsudant des gaines foliaires lorsqu'on les casse" (Ozenda, 1977).
- fazwāt (Gharb, Bertrand, 1991).
410
410. Phragmites communis Trin. ( = Phragmites australis (Cav.) Trin.)
- Nom accepté : Phragmites australis
- l-geṣba, l-gṣeb, l-qṣeb (!).
- āġanim (!) (berbère, Haouz, Souss).
- Ces deux vernaculaires s'appliquent aussi à la canne de Provence.
411
411. Saccharum officinarum L.
- Nom accepté : Saccharum barberi
- qṣeb es-sukkar (!) (Gharb, Souss, etc.).
- qaṣab sakkurī, qaṣab laḥlū (litt. : canne à sucre, roseau sucré) (al-Wazir al-Ghassani, n° 266).
- tesengelt (Touaregs) : Saccharum ravennae L.
412
412. Secale cereale L.
- Nom accepté : Secale cereale
- škāliyā, āšqāliyā (!) (Gharb, Tangérois, Rif) (Fès, al-Wazir al-Ghassani, n° 380) : ce vernaculaire dérive du latin "secale". Il s'emploie aussi dans certaines régions du Rif occidental et dans la partie nord du Gharb pour désigner l'engrain (ou petit épeautre, Triticum monococcum L.) (Renaud & Colin, 1934, n° 314 ; Vignet-Zunz, 1995).
- šentī, āšentīl, āšentīt, īšentī, šentiya, tišentīt (Jbala, Rif, Senhaja des Sraïr, Branes, Anti-Atlas, Haut-Atlas) (Colin, 1926-1927, n° 24 et 26 ; Bertrand, 1991, Delon & Pujos, 1969). Ces vernaculaires dérivent probablement de l'espagnol ancien "centeno" (Colin, 1926-1927).
- ādkūīn (Haut-Atals, Ourika (Renaud & Colin, 1934, n° 314 ; Wawezguit, Bertrand, 1991).
- ādkū (Beni Mellal).
- qmiḥ (Rif) (diminutif de qmah ; petit blé dur).
- eš-ša’īr er-rūmī (litt. : orge des chrétiens) (al-Wazir al-Ghassani, n° 380) : ce vernaculaire semble confirmer l'origine européenne du seigle et de ses vernaculaires (Colin, 1926-1927).
- ’alas : beaucoup d'auteurs maghrébins et andalous font du ’alas, qui désigne normalement l'épeautre (Triticum dicoccum Schrank.) et l'engrain (Triticum monococcum L.) le synonyme de škāliyā et de tišentīt qui sont généralement au Maroc les appellations du seigle et de l'engrain. Ainsi Ibn al-Baytar fait du ’alas "une sorte de céréale particulière au Yémen et servant de nourriture à la population de Sanâa qui le connaît sous le nom de kanīb" (dans Leclerc, 1877-1883, n° 1979). Quant à Ahmed Zarruq el-Bernoussi, il reprend cette mention et fait du ’alas le synonyme de tišentīt (dans Colin, 1926-1927). La confusion entre l'engrain et le seigle, qui subsiste encore au Maroc au niveau des vernaculaires, est donc historique. Cette confusion est encore augmentée dans certains ouvrages qui font du sult un équivalent de āšentīt ou de eš-ša’īr er-rūmī. Normalement, sult désigne, selon les contrées du Monde Arabe, soit une variété d'épeautre "à grains vêtus qu'on décortiquerait" (Renaud & Colin, 1934, n° 386), soit une variété d'orge à grains nus.
413
413. Setaria italica (L.) Beauv. ( = Panicum italicum L.)
- Nom accepté : Setaria italica
- tafsūt (poly.) : ce vernaculaire s'emploie aussi pour le sorgho, le mil-chandelle et le millet commun.
- duẖn (livresque et moyen-oriental) : cette appellation s'applique au Moyen-Orient au Sorghum vulgare L. ( = Holcus dokhna Forsk.) (Renaud & Colin, 1934, n° 96).
414
414. Sorghum divers
Sorghum halepense (L.) Pers., Sorghum vulgare Pers. ssp. durra (Forsk.) Maire & Weiller., Sorghum cernuum Host.
- Nom accepté : Sorghum halepense, Sorghum bicolor, Sorghum bicolor,
- tanalā (!) (berbère, Moyen-Atlas) : pour Sorghum halepense.
- el-qsiyba (!) (litt. : le petit roseau) (arabe, Moyen-Atlas) : pour Sorghum halepense.
- taġanimt (Tafilalet) (litt. : le petit roseau) : pour Sorghum halepense.
- drā (Jbala, Vignet-Zunz, 1995) : pour les grains de sorgho penché (Sorghum cernuum).
- drā el-bīḍa (Rabat) (!) (litt. : maïs blanc) : pour les grains de sorgho penché (Sorghum cernuum).
- drā el-rqīqa (Rif) : pour une variété de sorgho.
- tafsūt, āfsū : pour le sorgho penché, dans les oasis du Sud marocain (Renaud & Colin, 1934, n° 96). Dans le Souss, au contraire, tafsūt désigne le Sorghum vulgare ssp. durra.
- ’ababū (Timahdit) : pour le sorgho penché.
- l-bešnā (Gharb) : pour les grains de diverses variétés de Sorghum vulgare ssp. durra.
- āsengar (berbère) : désigne à la fois le sorgho et le maïs.
- duẖn (livresque et moyen-oriental) : pour Sorghum vulgare L. (Renaud & Colin, 1934, n° 96). Ce vernaculaire s'emploie aussi pour Setaria italica (L.) Beauv. (Ibn al-Baytar dans Leclerc, 1877-1883, n° 858).
- dorra, durra : ces vernaculaires désignaient un sorgho dans les pays soudanais, d'après el-Bekri qui voyagea dans ces régions au XIIe siècle.
- gêdī (Haute-Egypte, Vignet-Zunz, 1995).
415
415. Stipa retorta Cav. ( = Stipa capensis Thunb. = Stipa tortilis Desf.)
- Nom accepté : Stipa capensis
- l-behma (Maroc et Sud algérien).
- leġmwêdīya, laġmêdīya (poly.) (Tekna et Rgibat, Monteil, 1953 ; Birouk & al., 1991).
- āwerġa, tawerġa (Oriental, Haute-Moulouya, Bertrand, 1991) : pour des espèces voisines, Stipa barbata Desf. et Stipa parviflora Desf.
- zuwwāy (Oriental, Haute-Moulouya, Bertrand, 1991) : pour des espèces voisines, Stipa barbata Desf. et Stipa parviflora Desf.
416
416. Stipa tenacissima L.
- Nom accepté : Macrochloa tenacissima
- l-ḥalfa (!) : Stipa tenacissima et Lygeum spartum L. se partagent ce vernaculaire dans leurs zones respectives, la première poussant plus au Nord que la seconde.
- talamt (Souss) : s'emploie aussi pour Lygeum spartum L.
- l-geddīm, āguddīm (!) (Sahara coccidental, Oriental marocain, Haute Moulouya, Algérie, Tripolitaine).
- āggurī (Souss, Laoust, 1936).
- āruy, āwrī, ārī (Rif, Beni Snassen, Haute Moulouya, Zaïan, Aït Atta, Laoust, 1921 ; Bertrand, 1991).
- tizzī (Aït Seghrouchen du Sahara, Monteil, 1953 ; Bertrand, 1991).
- ādaf (Haute Moulouya, Oriental, Haut-Atlas, Bertrand, 1991) : pour la panicule.
- l-būs (Haute Moulouya, Oriental, Haut-Atlas, Bertrand, 1991) : pour la panicule.
- demmūġ (Oriental, Bertrand, 1991) : pour la touffe séchée.
417
417. Triticum divers
Triticum aestivum L., Triticum durum Desf., Triticum turgidum L., Triticum monococcum L., Triticum dicoccum Schrank.
- Nom accepté : Triticum aestivum, Triticum turgidum subsp. durum, Triticum turgidum subsp. turgidum, Triticum monococcum, 'Triticum turgidum subsp. dicoccum.
- l-gemḥ, l-qemḥ, l-qmeḥ (!) : généralement pour le blé dur (Triticum durum et Triticum turgidum).
- īrden (berbère) : généralement pour le blé dur (Triticum durum et Triticum turgidum).
- zra’ (corrob.) : s'applique aussi à l'orge. C'est en fait le nom de la céréale dominante. Voir Hordeum vulgare L., n° 399).
- l-farinā : pour le blé tendre (Triticum aestivum). Ce mot dérive du français "farine".
- l-fors : ce mot désigne les farines très blanches ; il vient de la mention "U.S. Army Forces" qui était apposée sur les sacs de farine livrés dans le cadre de l'aide américaine aux pays du Tiers-Monde.
- šqāliya (Nord du Maroc, Gharb, Vignet-Zunz, 1995) : pour l'engrain, qui est une variété de blé dur de très petite taille dont le grain adhère si fortement aux épis qu'il faut le battre avec un battoir en bois dur. Ce vernaculaire s'emploie ailleurs pour le seigle (voir à Secale cereale, n° 412). En Andalousie, on dit aujourd'hui "escagna" pour l'engrain (Vignet-Zunz, 1995).
- merkez (Rif) : c'est un mélange de grains de blé dur et d'orge qu'on sème, qu'on moissonne et qu'on consomme sous cette forme mélangée.
- ’alas (livresque) : pour l'épeautre (Triticum dicoccum) et le seigle.
- ḥinṭa (classique) : ce terme était autrefois utilisé au Maroc pour désigner le blé ; cela est confirmé par le fait que le marché au blé de Marrakech s'appelait, sous les Almoravides, raḥbat al-ḥinṭa (en-Naciri).
- tben : pour la paille de blé brisée.
- ẖšeš (Jbala, Vignet-Zunz, 1995) : pour la paille de blé longue.
- Il existe aussi des appellations propres à certaines variétés de blé dur. dans le Gharb et la région de Rabat, nous avons relevé : al-burr, el-’asker, trikkya, mayza, korifla.
418
418. Zea mays L.
- Nom accepté : Zea mays
- drā, drā l-ḥamra (!) (litt. : sorgho rouge). le maïs n'était pas connu dans l'Ancien Monde et n'avait donc pas de vernaculaire propre. Aussi, à son arrivée, les Arabes lui ont donné le nom du sorgho.
- turkī, drā turkiya (litt. : sorgho de Turquie) : parce que le maïs, introduit d'Amérique en Europe du Sud, a vite conquis la Turquie d'où il est reparti vers l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Asie.
- māṣer (Tekna) (litt. : d'Egypte) : pour les mêmes raisons.
- mekkā, l-mekkī (Maures du Sahara occidental) (litt. : de la Mecque) : pour les mêmes raisons.
- durra šāmiyā (livresque) (litt. : sorgho de Syrie).
- mazgūr, āmezgūr (!) : c'est en fait un ancien nom berbère du sorgho blanc, attribué au maïs, à son arrivée au Maroc, par dévolution.
- āsengar, tasengart (berbère du Souss, Laoust, 1920) : c'est aussi l'ancien vernaculaire du sorgho.
- l-kbal, l-kbala (!) (litt. : l'épi) : pour l'épi.
- durra ṣefra (livresque) (litt. : maïs jaune).
- el-qitāniya (Tunisie, Boukef, 1986).
- mastūra (Sud algérien).
- tifsī engafulī, gafulī (Touaregs).
- ābū-ābat, hamabat (Arabes du Tchad).
- š’ar ed-drā, ḥrīr ed-drā (!) (litt. : cheveux, soie de maïs) : pour les styles.