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Version du 8 septembre 2016 à 16:25
Livres

La pivoine signale par la couleur rouge de ses fleurs qu'elle a des propriétés hémostatiques et les noix dont les cerneaux peuvent aisément évoquer le cerveau indiquent par cette particularité qu'elles ont la vertu de calmer les maux de tête. C'est du moins ce qu'affirment les auteurs qui ont rédigé des traités sur la Théorie des signatures appliquée aux végétaux.
L'histoire et le contenu de la Flore médicale fondée sur cette Théorie des signatures n'avait pas fait l'objet d'une étude approfondie jusqu'à ce jour, bien que celle-ci soit fréquemment évoquée dans des ouvrages de botanique, de biologie, de médecine, de pharmacie, voire de philosophie. La Flore médicale des signatures vient combler cette lacune.
Une telle théorie ne remonte pas à l'Antiquité, bien que les premiers auteurs grecs et latins à avoir écrit des ouvrages sur les végétaux n'aient pas manqué d'observer que la couleur ou la morphologie de nombreuses plantes évoquaient parfois certaines parties du corps humain ou diverses manifestations extérieures des maladies. S'ils ont parfois traduit la pertinence de leurs observations en donnant à un certain nombre de plantes des noms qui évoquent de telles analogies, ils ne tentèrent nullement d'en rechercher les causes.
C'est Paracelse, médecin suisse quelque peu original et provocateur, qui a été le premier, au XVIème siècle, à définir les fondements de la Théorie des signatures et à en proposer les applications. Selon lui et ses successeurs, la ressemblance entre la couleur, la morphologie ou encore la biologie de nombreuses plantes avec les parties du corps humain ou les diverses manifestations extérieures des maladies ne saurait être due au pur hasard. Ils considèrent que de telles analogies sont des signes particuliers qui doivent être interprétés comme des signatures que Dieu, dans sa grande compassion pour les hommes, aurait appliquées sur certaines plantes, afin d'informer discrètement ceux-ci des vertus thérapeutiques qu'elles contiennent. La Théorie des signatures se voulut donc à l'origine, comme un précieux guide de recherche des plantes médicinales et de leurs propriétés auquel les médecins étaient appelés à se référer avant de prescrire leurs remèdes. Elle fut cependant largement contestée dès le XVIIème siècle et totalement abandonnée au Siècle des Lumières, n'étant désormais plus guère évoquée que dans quelques textes littéraires vantant les beautés et les secrets de la Nature. On trouvera dans cette Flore médicale des signatures à la fois une histoire de l'élaboration de la théorie des signatures végétales et un exposé de son contenu à partir des principaux textes - généralement traduits ici pour la première fois en français - non seulement de Paracelse, mais aussi d'auteurs souvent tombés dans l'oubli, comme D. Sennert, J. P. Rhumelius, H. C. Agrippa, O. Crollius et surtout G B. della Porta, qui l'ont généralement exposée avec beaucoup de conviction. L'ouvrage comprend en outre un inventaire détaillé des nombreuses plantes qui composent cette flore bien particulière.
Guy Ducourthial est Docteur ès Sciences du Muséum National d'Histoire Naturelle. Géographe et ethnobotaniste, il a plus particulièrement consacré ses recherches à certains aspects de l'Histoire de la Botanique, encore peu étudiés à ce jour. Il est notamment l'auteur d'une Flore magique et astrologique de l'Antiquité, de La Botanique selon Jean-Jacques Rousseau et d'une Petite Flore mythologique.
Guy Ducourthial, 2016. Flore médicale des signatures XVIe - XVIIe siècles. Paris, L'Harmattan, 672 p. ISBN : 978-2-343-09472-4. prix : 52 €.
8 septembre 2016

La plante du mois : la férule
Suite à une demande d'identification d'un légume sauvage vendu à Oran, de jeunes inflorescences de férule, le forum Afrique du Nord de Tela Botanica en est venu aux recettes de cuisine et à la toxicité de la férule. Il s'avère que ce produit, appelé boubal ou kbel au Maghreb, est largement connu et vendu sur les marchés. Il est apprécié de tous, même si on en reconnaît la toxicité potentielle. Heureusement, la saison en est très courte.
Cet usage était déjà connu en Italie en 1572, car il est cité par Matthiole dans ses Commentaires de Dioscoride, qui ajoute que sa consommation "incite merveilleusement fort à paillardise".
Les plantes alimentaires de cueillette jouent un rôle très important au Maghreb, et on manque d'un livre pour promouvoir ce patrimoine culinaire.

Curiosa
Pourquoi seringat est-il le nom de Philadelphus coronarius, alors que c'est le lilas qui s'appelle Syringa ? Ma perplexité a été redoublée quand j'ai lu que ce nom venait de l'utilisation des rameaux creux pour faire… des seringues ! Cela a été le début d'une longue quête étymologique, dont nous rendons compte dans notre Dictionnaire étymologique. Mais cette quête se termine en énigme.
Les botanistes de la Renaissance groupaient plusieurs plantes à fleurs odorantes sous le nom de Syringa. Ainsi, Bauhin dans son Pinax (1623) distingue Syringa cærulea, qui est le lilas Syringa vulgaris ; Syringa alba, qui est le seringat Philadelphus coronarius ; et Syringa Arabica foliis mali arantii, qui est le sambac, Jasminum sambac. Il semble en fait que le nom Syringa se soit d'abord appliqué au seringat, mais Linné en a décidé autrement. Cela répond à la première question.
Quant à la deuxième, il faut savoir que l'étymon du latin médiéval syringa est le grec σῦριγξ, -ιγγος - surinx, - ingos, qui signifiait en grec ancien "flûte" ou "fistule". En latin médiéval, cette "flûte" ou "tuyau" a fini par désigner une "seringue". Mais en fait, il ne faut pas comprendre par là nos seringues hypodermiques ou intraveineuses. On appelait syringa tout tuyau dans lequel on pousse un liquide, ce qui s'applique aux seringues de lavement pour le rectum ou l'urètre !
La taille de l'objet convient mieux, mais ce n'est apparemment pas ce sens qu'il faut retenir. Il se pourrait que Tabernaemontanus nous donne la bonne explication en 1625 dans son Neuw Vollkommentlich Kreuterbuch : "on peut utiliser les rameaux comme sifflet, en en enlevant la moelle". Cette explication est bien plus plausible. Il reste à la vérifier expérimentalement. Si vous avez un lilas ou un seringat dans votre jardin, coupez-en un rameau, évidez-en le cœur moelleux, et soufflez dedans pour voir (ou entendre) le résultat. Dites-nous ensuite le résultat sur le forum ethnobotanique de Tela Botanica.

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Pl@ntUse est un espace collaboratif d'échange d'informations sur les plantes utiles et les usages des plantes. Il ne vise pas à dupliquer les encyclopédies existantes (y compris Wikipedia), mais à offrir des fonctions complémentaires, telles que :
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- espace de questions-réponses

Les domaines couverts
Plus de 35 000 pages ont été ouvertes pour des plantes attestées comme utilisées. Voir la liste. Toutes ne sont pas encore documentées, mais les pages offrent déjà des liens utiles. Parmi les groupes traités, on trouve :
- Annona
- Artemisia
- Diospyros
- Phaseolus
- Salvia
- Vernonia
- Vigna
- Zanthoxylum
- Zingiberaceae
- Plantes à usages ludiques
- Plantes utilisées pour les colliers
- Plantes à savon
- Légumes secs
- Légumes-fleurs
- Oléagineux
- Absinthe (histoire)
- Crucifères légumières
Par ailleurs, de nombreux livres sont en ligne :
- Dioscoride, Materia Medica (en grec)
- Rolland Eugène, 1896-1914, Flore populaire. Tous les noms du domaine français en 11 volumes.
- Vilmorin-Andrieux, 1904, Les plantes potagères, la référence incontournable sur les légumes anciens.
- Vilmorin-Andrieux, 1880 et 1909 Les meilleurs blés, catalogue du début du XXe siècle
- Cazin, 1868, Traité des plantes médicinales
- Camus, 1894, Livre d'heures d'Anne de Bretagne
- Alphonse de Candolle, 1882, Origine des plantes cultivées. Un classique
- Suzanne Lafage, 2002, noms de plantes du Lexique français de Côte d'Ivoire
- Le Floc'h, 1983, Ethnobotanique tunisienne
- Sturtevant, 1919, Notes on edible plants
- Targioni-Tozzetti, 1853, Cenni storici
- Garcia da Orta, 1563, Coloquios dos simples
- Introduction aux noms dans les langues du monde
- Noms des plantes cultivées dans les langues européennes
- L'Agriculture nabatéenne
- Acides gras
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