Rhamnacées (Le Floc'h, 1983)
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Ziziphus lotus
251. Ziziphus lotus (L.) Desf. [II/778; p. 490] RHAMNACÉES
- Nom accepté : Ziziphus lotus
Dans Flora europaea ce taxon s'orthographie : Z. lotus (L.) Lam.
Aliment ou friandise, le fruit du « jujubier » est apprécié ; de nombreux auteurs font confusion, au niveau du nom vernaculaire arabe, entre la plante (çder nebga) et le fruit (nebeg).
A. - Les fruits qui seraient encore consommés par quelques tribus berbères seraient ce qui nourrissait les « lotophages » de l'Antiquité (GATTEFOSSÉ, 1921) indication s'opposant à celle de KEITH à propos de Nitraria retusa n° 229).
Le fruit (ar. : nbaq) est selon GOBERT {1940) plutôt apprécié, conune friandise que comme aliment mais cependant là où l'espèce (ar. = çder) est abondante les fruits sont récoltés, séchés et réduits en une farine dont on fait une « zemmita » d'un goût agréable et su-
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cré. Cette consommation des drupes est également rapportée par CHOUMOVITZ et SERRES (1951), DOREAU (1961), LEMORDANT et al. (1977) de même que par GALAN (1951) qui note cet emploi pour l'espèce et sa sous-espèce saharae [1] (cf. à Cistanche phelypaea n° 391) et par PARIS et DILLEMAN (1960) qui indiquent que les fruits de cette espèce ainsi que les feuilles de Ziziphus spina-christi et de Ziziphus mauritiana [2] ont joué un rôle dans l'alimentation.
M. - Dans le cadre des usages en médecine populaire, et alors que GOBERT (1940) déclare que les gens lui dénient toute propriété réconfortante, PARIS et DILLEMAN soulignent les propriétés émollientes, certaines, du fruit, qui en faisaient un des quatre fruits pectoraux et la confection encore actuelle de pâtes béchiques pectorales. MAIRE (in GAUTHIER-PILTERS, 1969) avait relevé au Sahara central que les feuilles et les fruits « sder » réduits en poudre et mélangés avec de l'eau ou du lait tiède étaient appliqués comme emplâtres sur les furoncles. Cette indication est retrouvée dans les propos de LARRIBAUD (1952) (cf. à Lepidium sativum, n° 165).
D. - D'autres emplois sont encore établis :
- ainsi GOBERT (1940) a signalé que les feuilles séches pulvérisées au mortier, sont utilisées par les malékites du fait de leurs propriétés saponifiantes pour laver leurs morts.
- selon PASSAGER et BRABANÇON (1956) le bois de « sedra » serait utilisé pour le chauffage.
- pour notre part dans la région des Ababsas (Tunisie), nous avons relevé le fait selon lequel les feuilles placées au-dessus du lit des jeunes enfants, en assurent une protection contre les chauve-souris.
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- ↑ Ziziphus lotus ssp. saharae non signalé dans la Flore de la Tunisie.
- ↑ Ziziphus mauritiana Lamk. et Ziziphus spina-christi (L.} Willd. ne sont pas signalés dans la Flore de la Tunisie (POTTIER-ALAPETITE).
Rhamnus frangula
252. Rhamnus frangula L. [II/779; p:49l] RHAMNACÉES
- Nom accepté : Frangula alnus
Ce taxon correspond (Flora europaea) à la combinaison actuelle suivante : Frangula alnus Miller.
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M.D. - Chez la « bourdaine » l'écorce est utilisée en matière médicale pour son action purgative due à la présence, comme chez les autres espèces du genre Rhamnus, d'anthraglucosides (PARIS et DILLEMAN, 1960). Elle est très utilisée comme laxatif et purgatif selon PARIS et MOYSE (1967) qui rapportent aussi que le bois de bourdaine donne un charbon très fin utilisé pour la fabrication de la poudre noire.
Rhamnus alaternus
253. Rhamnus alaternus L. [II/779; p:491]
- Nom accepté : Rhamnus alaternus
M. - Cette espèce (ar. = mlila ; fr. = alaterne) signalée par LEMORDANT et al. (1977) comme laxative constituerait (PARIS et DILLEMAN, 1960) une bonne source d'anthraglucosides.