Clusiaceae (Rollet, Antilles)

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Licania ternatensis
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Calophyllum calaba



CLUSIACEAE


  • Branches horizontales ou subhorizontales rayonnantes. Souvent racines aériennes.
  • F. opp. par lesquelles les genres se distinguent bien. Exsudat en général peu abondant, épais, collant, de couleurs variables : blanc, crème, jaune vif ; incolore translucide chez Marila (orange vif chez Vismia, genre sud américain introduit) ; F. sempervirentes.
  • Famille représentée dans toutes les formations.


Calophyllum calaba

Planche 49 : CLUSIACEAE. I. Calophyllum calaba. A. Rameau fleuri. B. Fruit. C. Écorce (coupe transversale). II. Chrysochlamys caribaea. D. Rameau fructifié. E. Fruits avec graines.

Calophyllum calaba L. Sp. Pl. : 514 (1753).

Synonymes : Calophyllum antillanum Britton (1924) ; Calophyllum jacquinii FAWCETT & Rendle (1926) ; Calophyllum brasiliense var. antillanum (Britton) Standl. (1932).

Noms vernaculaires : Caraïbes : Calaba ; LOVEN (p. 420) suggère Mari-a. Fr : Galba (St Kitts, Guadeloupe, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Barbade). A : Wild mammee (Jamaïca) ; River marble (Barbade). Esp : Maria, Santa Maria (Puerto Rico).

Description : Grand arbre de 25 m et plus de hauteur, jusqu’à 1 m de diamètre (DUSS, QUESTEL, MARSHALL) ; même jusqu’à 2 m (Stevenson), le plus souvent beaucoup moins aux Petites Antilles. Pied : cylindrique à la base (ou avec pattes déchaussées par l’érosion). Écorce : épaisseur totale de 5-8 mm pour un diamètre de 33 cm. Aspect externe : ocre jaune grisâtre profondément fissurée en losanges noirâtres à marron foncé allongés verticalement, remplis de lenticelles ; aspect de bandelettes plates sinueuses verticales, anastomosées, séparant des zones sombre en creux et en forme de coques de bateau. Rhytidome : 2-3 mm, très dur, plusieurs couches. Démasclé : la face externe de l ‘ écorce est orange clair. Écorce vivante : en section transversale, masse orange clair avec petits massifs en chicane plus foncés, étroits, allongés tangentiellement ; un exsudat jaune vif perle surtout dans la moitié interne, peu abondant ; en section tangentielle : orange clair, carmin sous les lenticelles, fibreux. Aubier : blanc, rayons très fins ; pores fins visibles par le parenchyme en manchon, disposés en chaînettes obliques ; bandes minces de parenchyme circummédullaire clair. Feuilles : opposées, entières, elliptiques ; en coin à la base, apex arrondi ; nervures secondaires très fines, serrées et très régulièrement espacées (pectinées) ; glabres, luisantes sur les deux faces, 5-15 × 3-7 cm ; exsudat jaune ; jeunes feuilles orange. Fleurs : parfumées, blanches, à nombreuses étamines jaunes, en racèmes axillaires ou non plus courts que la feuille, polygames. Fruits : globuleux, verts, 2-3 cm de diamètre ; drupe à une seule grosse graine d’environ 3 cm de diamètre. Phénologie : sempervirent. Fleurs : mars à juillet. Fruits : août à décembre. Habitat : espèce assez commune ; plages sableuses, ravines, forêts et fourrés côtiers xérophiles ou semi-décidus sur sols pierreux, calcaires ou volcaniques, entre 0 et 400 m et même 550 m (Morne Rose, Martinique). Aussi sur crêtes et en forêts secondarisées. Tempérament : héliophile à semi-héliophile (MARSHALL : sciaphile au départ ; supporte le couvert ; plastique quant à l’humidité). Plantule : Type VIII. La graine reste au sol. Les pétioles cotylédonaires très épais s’insèrent juste au-dessus du collet. L’axe épigé porte un premier noeud de deux cataphylles opposées, parfois un peu décalées, puis des feuilles opposées. Les feuilles vert foncé, vernissées montrant des nervures d’ordre 2, nombreuses et parallèles. Lorsqu’on casse une feuille, des gouttelettes de latex clair perlent au niveau de chaque nervure rompue.

Usages : On l’emploie en haies pour abriter les plantations, en particulier à Ste-Lucie. Planté pour l’ornement et l’ombrage ; résiste aux embruns ; peut être taillé. Considéré comme un des meilleurs bois de Trinidad ; bateaux, canots caraïbes, construction, poteaux, meubles, manches, bardeaux. Médicinal : feuilles en infusion pour laver les plaies (Mathurin).

Distribution générale : Calophyllum calaba peut être considéré comme faisant partie d’une espèce collective (C. brasiliense Camb.) dont on reconnaît des variétés géographiques quelquefois érigées en espèces. Grande espèce distribuée du Mexique au Brésil et au Pérou, Grandes et Petites Antilles, Virgin Islands, Trinidad, Tobago.

Distribution aux Petites Antilles : Toutes les îles de l’Arc interne sauf Saba, St Eustache et les Saintes. Toutes les îles de l’Arc externe sauf Anguilla, St-Martin et St-Barthélemy.

Matériel examiné : BT : BÉNA 454, Lamentin (P) ; BÉNA 456, Fonds d’Or (P) ; FOURNET 4233, Baie Mahault - Bragelogne ? (P) ; HUC 1034, hauteurs de Baillif, St Robert (GUAD) ; QUESTEL 4558, Sofaia (P) ; ROLLET 69, plage Deshaies (GUAD). GT : BARRIER 3109, Labithie, Morne à l’eau (GUAD) ; ROUSTEAU 53, Chazeau, Grands Fonds (GUAD). MG : ROLLET 405, Folle Anse (GUAD). Dé : BARRIER 3017, Ravine Côte Nord (GUAD). D : NICOLSON and al. citent 12 spécimens (sous Calophyllum antillanum). M : HAHN 51, Mont Parnasse, Cocoyer (P) ; THIÉBAUT 8139, Route de Balata (P). B : Mc Intosh 45, Bath Valley (P).

Observations : BA : Un seul pied subsiste en 1965 (HARRIS). Dé : Pointe des Sables, 0 m ; Ravine Maître Pierre, 150 m ; Ravine Cybèle, 50-100 m ; Ravine de la Rivière, 200 m (DAVID & ROLLET). SL : Ravine Poisson, crête 150 m ; Millet Forest Reserve, 180 m (V. SLANE) ; Cul de Sac River, 400 m ; Union, 50 m (ROLLET). Gs : présent à Bequia (HOWARD). B : Hackleton Cliff, Joe’s River (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). BEARD 1944 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; DUSS 1897 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al.* 1965 ; Harris 1965 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD* 1952, 1989 ; JACQUIN 1765* , 1780* ; LIOGIER* 1983 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; LITTLE and al.** 1967 ; LOVEN 1935 ; MARSHALL 1939 ; MATHURIN 1980 ; NICHOLSON 1979 ; NICOLSON and al. 1991 ; PENNINGTON & SARUKHAN* 1968 ; QUESTEL 1941, 1951 ; STEVENSON 1925 ; WOODS 1951.


Chrysochlamys caribaea

Planche 49 : CLUSIACEAE. I. Calophyllum calaba. A. Rameau fleuri. B. Fruit. C. Écorce (coupe transversale). II. Chrysochlamys caribaea. D. Rameau fructifié. E. Fruits avec graines.

Chrysochlamys caribaea Urb. Symb. Antill. 5 : 434 (1908).

Noms vernaculaires : Fr : Bois mang (Ste-Lucie) ; Café marron.

Description : Petit arbre atteignant 10 m de haut et 28 cm de diamètre. Rappelle Tovomita par le port, Symphonia par l’écologie. Pied : racines aériennes en arcs-boutants jusqu’à 1-1,5 m. Écorce : aspect externe : noirâtre, sublisse. Écorce vivante : tranche chocolat, pourpre vers l’intérieur, fibrogrumeleuse sans exsudat visible ; visible dans les feuilles. Aubier : rosé. Feuilles : opposées lancéolées à oblancéolées, 7-25 × 3-8 cm ; latex jaune. Fleurs : inflorescence terminale, sépales rouges, pétales jaunes ; pédicelle de 1,5-2 cm. Fruits : plus ou moins lobés longitudinalement, 25 mm de long, 15 mm de diamètre, brun. Phénologie : sempervirent. Fleurs et fruits en mai. Habitat : Bas fonds mouilleux, bords des ruisseaux et rivières, forêt dense riveraine de basse altitude entre 0 et 300 m. Tempérament : hygrophile, sols mouilleux ; probablement sciaphile.

Distribution générale : Endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Ste-Lucie. Espèce rare.

Matériel examiné : SL : HUC 1317, Castries Waterworks Reserve, 200 m (GUAD) ; HUC 1361, Edmond Forest (GUAD).

Observations : SL : Quilesse Forest Reserve, 400 m (FIARD & ROLLET). Note : Avec 6 genres, Ste-Lucie est l’île la plus riche en Clusiaceae de toutes les Petites Antilles ; il ne lui manque que Garcinia.

Bibliographie : (*Iconographie). BEARD 1944 ; HOWARD* 1989.


Clusia major

Planche 50 : CLUSIACEAE. III. Clusia major. A. Rameau fleuri. B. Fruit. IV. Clusia minor. C. Rameau fleuri. D. Rameau fructifié.

Clusia major L. Sp. Pl. 1 : 509 (1753).

Synonymes : Clusia alba Jacq. (1760).

Noms vernaculaires : Créole : Awali (Ste-Lucie). Fr : mêmes remarques et mêmes noms vernaculaires que pour C. rosea Jacq. ; Z’abricot marron (Désirade, Ste-Lucie) ; Aralie (Ste-Lucie). A : Monkey goblet (St Vincent) ; Scotsman fig, Katlin (Dominique).

Description : Arbre atteignant 20 m de haut ou épiphyte étrangleur, dépassant 25 cm de diamètre. Feuilles : opposées obovales, jusqu’à 18 × 12 cm, épaisses ; pétiole long de 10- 20 mm ; limbe décurrent sur le pétiole. Fleurs : blanches ; inflorescences uniflores, rarement en cyme 3-flores. Fruits : ovoïdes à ellipsoïdes, de 3-5 mm de diamètre, déhiscents par 5 (-6) valves.. Phénologie : sempervirent. Fruits : avril, mai, septembre. Habitat : entre 0 et 1000 m. Tempérament : saxicole, pionnier, xéro-héliophile.

Usages : Écorce contre le diabète. Racines aériennes pour faire des paniers ; fruit mangé par les oiseaux. Distribution générale : Endémique des Petites Antilles. Distribution aux Petites Antilles : Toutes les îles de l’arc interne (sauf Grenadines et Grenade). Dans l’arc externe, présent à Antigua, Désirade, Marie-Galante.

Matériel examiné : D : CHAMBERS 2682, entre Laudat et Freshwater Lake, 690 m (P) ; NICOLSON 1828, St Joseph, Clarke Hall, 300 m (P). M : BÉLANGER s.n. (en 1853), Morne Rouge (P) ; HAHN s.n., (en 1870), vallée de St Pierre (P) ; ROLLET 1552, Rivière Le Lorrain, 250 m (GUAD) ; ROLLET 1631, Colson, 550 m (GUAD).

Observations : SM : Naked Boy Hill, 200-265 m (BOLDINGH in STOFFERS). SE : Sommet du Quill, 400 m (BOLDINGH in STOFFERS). SK : flancs Sud South Range, 200-250 m (FIARD & ROLLET). At : Sugar Loaf, 150-300 m ; Mount Thomas, 70-150 m, Boggy Peak, 350 m (DAVID & ROLLET). G : 300-1000 m (ROLLET) . Dé : Ravine de la Rivière, 150 m ; Ravine Maître Pierre, 100 m (DAVID & ROLLET). M : Plateau Concorde, 600 m (FIARD & ROLLET). SL : Chassin et Est de Castries, 300 m ; Barre de l’Isle, 300 m (ROLLET) ; Mont du Rocher, 300 m (VERNA SLANE). SV : Vermont Trail, 400-450 m (ROLLET). Bibliographie : (**Iconographie couleur). BEARD 1944 ; STOFFERS 1962-84 ; FIARD** 1992 ; FOURNET 1978 ; HOWARD 1989 ; NICOLSON and al. 1991.


Clusia mangle

Planche 51 : CLUSIACEAE. V. Clusia mangle. A. Rameau. B. Fleur. C. Bouton floral. D, E. Fruit. VI. Clusia rosea. F. Rameau, fleur, fruit. G. Fruit.

Clusia mangle L.C. Rich. ex Planch. et Triana Ann. Sci. Nat., ser. 4, 13 : 369 (1860).

Synonymes : Clusia venosa auct. non Jacq. (1760).

Noms vernaculaires : Fr : Palétuvier montagne, Mangle montagne, Mangle rouge montagne, Figuier maudit montagne ; Caquelin (Dominique). A : Kaklin (Dominique).

Description : Petit arbre de 10-25 cm de diamètre souvent nanifié par le vent, jamais épiphyte ; nombreuses racines adventives aériennes. Pied : tronc généralement prostré subhorizontal, porté sur des racines aériennes. Écorce : épaisseur totale 5-7 mm pour un diamètre de 18 cm. Aspect externe : noir à gris fer ou gris cendré, sublisse. Rhytidome : de 1 mm. Écorce vivante : après démasclage du rhytidome, la face externe apparaît en pourpre vif. Tranche grumeleuse : zone externe orange ; large zone interne pourpre ; exsudat ocre jaune. Aubier : jaune d’or. Feuilles : opposées, en bouquets à l’extrémité des rameaux épais ; sessiles, plus ou moins amplexicaules, 10-22 × 7-18 cm, obovales, épaisses, coriaces. Fleurs : 4 pétales blancs (plus petits que chez les autres Clusia). Fruits : jaunâtre, de la grosseur d’une petite olive, groupés sur des rameaux courts ; s’ouvrent en étoile (4-5 valves) avec un axe ailé en columelle, au centre ; dans chaque carpelle environ 10 graines entourées d’un arille orange. Phénologie : sempervirent. Fleurs, rarement visibles, de novembre à mars. Fruits de février à mai ; semblent mûrir lentement. Habitat : forêts et fourrés d’altitude entre 600 et 1230 m. Existe souvent en ceinture altitudinale (exemple entre 950 et 1230 m : Nez Cassé, Guadeloupe, un peu en dessous du sommet) ; constituant principal de l’Elfin woodland (Dominique) entre 750 et 900 m (Freshwater Lake, Trois Pitons). Tempérament : ne germe jamais au sol ; plastique pour les conditions de lumière.

Usages : Exsudat purgatif ; écorce contre le diabète. Note : les peuplements de Clusia du Parc Naturel des Trois Pitons (Dominique) ont été détruits par le cyclone DAVID le 29 août 1979 ; ils se reconstituent très mal.

Distribution générale : Endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe, Dominique et Martinique.

Matériel examiné : BT : HUC 1055, Bains Jaunes - Pas du Roy, 800-1050 m (GUAD) ; JÉRÉMIE 1922, Savane à Mulets, 1100 m (P) ; ROLLET 251, 1206, 2007, Bains Jaunes - Pas du Roy, 800-1050 m (GUAD) ; ROLLET 1010, Trace Karukera, 770-850 m (GUAD) ; SASTRE 1922, Savane à Mulets, 1100 m (P) ; ROUSTEAU 422 Bains Jaunes - Pas du Roy, 800- 1050 m (GUAD). D : CHAMBERS 2741, Morne Micotrin, vers Freshwater Lake, 600 m (P) ; NICOLSON and al. citent aussi 9 autres spécimens.

Observations : BT : Grande Découverte, Sans Toucher, Savane aux Ananas, 1000-1200 m (DUSS). M : deux stations observées : Morne Piquet où il est abondant (FIARD) ; Pitons du Carbet.

Bibliographie : (*Iconographie ; **couleur). DUSS 1897 ; FIARD** 1992 ; FOURNET 1978 ; HONYCHURCH* 1980 ; HOWARD 1989.


Clusia minor

Planche 50 : CLUSIACEAE. III. Clusia major. A. Rameau fleuri. B. Fruit. IV. Clusia minor. C. Rameau fleuri. D. Rameau fructifié.

Clusia minor L. Sp. Pl. 1 : 510 (1753).

Noms vernaculaires : Fr : Figuier, Figuier maudit (Haïti). Esp : Cupey de monte (Puerto Rico).

Description : Petit arbre plutôt lianescent, atteignant 12 cm de diamètre et 10 m de haut ; épiphyte étrangleur. Rameaux : anguleux. Feuilles : opposées, obovales, spatulées, entières, apex rond ; nervures peu visibles ; pétiole 1-2 cm. Feuilles plus petites et plus minces que les autres Clusia (au plus 10 cm de long et 4 cm de large). Fleurs : unisexuées, odorantes, rose pâle à blanches, inflorescence terminale plus courte que les feuilles, uniflore (ou rarement 3-flore). Fruits : subglobuleux, environ 1,5 cm de diamètre, vert-jaunâtre, déhiscent par 5-6 valves. Phénologie : sempervirent. Fleurs et fruits toute l’année (LITTLE and al.). Habitat : forêt dense et d’altitude, bords de rivières entre 200 et 1200 m (Puerto Rico) ; souvent en peuplements.

Distribution générale : Grandes Antilles (sauf Jamaïque) ; Petites Antilles ; Trinidad, Amérique tropicale continentale.

Distribution aux Petites Antilles : St Vincent ; Bequia dans les Grenadines (HOWARD 1952).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). BEARD 1944 ; BRITTON & WILSON 1924 ; HOWARD 1952, 1989 ; HOYOS** 1983 ; LIOGIER* 1983 ; LITTLE and al.* 1974 ; PLUMIER* 1756.


Clusia plukenetii

Clusia plukenetii Urb. Symb. Antill. 5 : 432 (1908).

Synonymes : Clusia rosea DUSS (1897), p.p.

Noms vernaculaires : Créole : Awali (Ste-Lucie). Caraïbes : Larali (Dominique). Fr : Aralie, Aralie z’abricot (Martinique) ; Aralie rose, Aralie Grandes feuilles, Grande aralie grise ; Aralie (Ste-Lucie) ; Mang rouge, Lagali, Larali, Pomme chique, Caquelin (Dominique). A : Rock balsam, Balsam apple (Barbade) ; Kaklin (Dominique). Description : Petit arbre atteignant 8 m de haut, épiphyte ou épilithe. Racines : aériennes en rideau vertical ou draperie devant les rochers. Feuilles : 8-18 × 5-10 cm, obovales, très en coin à la base, bord révoluté, pétiole 5-20 cm ; nervures secondaires indistinctes ou peu distinctes, à 45°. Fleurs : plante dioïque ; inflorescence mâle 3-9-flore, épaisse, 10 cm de long ; inflorescence femelle 3-flore, 5 cm de long (GOODING and al.). Fleurs blanches, deviennent rose pâle. Fruits : rouges, d’environ 3 cm de diamètre, déhiscents par 6 valves. Pédoncule atteignant 13 cm de long. Phénologie : fleurs en novembre. Habitat : entre 0 et 1000 m, sur rochers ou épiphytes sur d’autres arbres.

Usages : Racines aériennes utilisées par les Caraïbes pour faire des paniers, l’exsudat sert de gluau, bois de feu (HODGE & TAYLOR).

Distribution générale : Endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Martinique, Ste- Lucie, Barbade. Présence signalée en Dominique mais douteuse.

Matériel examiné : M : Le spécimen DUSS 1829, cité par HOWARD d’après URBAN, semble avoir disparu.

Observations : SL : Soufrière, au-dessus de Sulphur Springs, 250 m ; Ravine Poisson, 100 m (VERNA SLANE). B : Coffee Gully, Hackleton Cliff, Joe’s River, Turner’s Hall, commun (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie ; **couleur). BEARD 1944 ; CARRINGTON** 1993 ; DUSS 1897 ; FIARD** 1992 ; FOURNET 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HONYCHURCH* 1980 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD* 1989.


Clusia rosea

Planche 51 : CLUSIACEAE. V. Clusia mangle. A. Rameau. B. Fleur. C. Bouton floral. D, E. Fruit. VI. Clusia rosea. F. Rameau, fleur, fruit. G. Fruit.

Clusia rosea Jacq. Enum. Syst. Pl. : 34 (1760).

Synonymes : Clusia retusa Poir. in Lam. (1804).

Noms vernaculaires : La diversité des noms vernaculaires traduit la confusion dans la reconnaissance des espèces et le fait que plusieurs espèces peuvent pousser ensemble. DUSS considère C. alba et C. rosea comme variétés d’une même espèce, mais HOWARD restreint C. rosea à Anguilla et Barbuda. Précolombien : Kafa (Arawak), Kupey (Tainan). A : Wild mammee, balsam fig (Puerto Rico) ; Pitch apple (Puerto Rico, Anguilla) ; Balsam tree, Wild fig pour tous les Clusia, sans distinguer les espèces ; Scotchman, Scotch attorney (Trinidad) ; Autograph tree (Anguilla, Florida). Esp : Matapalo (Trinidad).

Description : Arbuste ou arbre, épiphyte, plus ou moins étrangleur par ses nombreuses racines aériennes ; jusqu’à 20 m de haut (BRITTON & WILSON) et 60 cm de diamètre (LITTLE & WADSWORTH). Feuilles : opposées, simples, entières, obovales, spatulées, épaisses, rigides, atteignant 23 × 15 cm ; pétiole épais, long de 1-2 cm, bien différencié, portant une cicatrice à la face interne (comme Garcinia) ; jeunes feuilles à face inférieure vieux rose ; exsudat jaune serin ; nervures peu visibles. Fleurs : Plantes dioïques ; fleurs roses, à (6-)7 (-9) carpelles. Fruits : subsphériques, de 4-8 cm de diamètre, avec 4 gros sépales à la base, et en général 7 valves ; déhiscence septicide, c’est-à-dire que le dos de chaque carpelle ne se fend pas, et que les carpelles se séparent selon leurs parois radiales. Couleur rouge vineux. Phénologie : sempervirent. Fleurs et fruits plusieurs fois par an. Habitat : entre 0 et 300 m. Souvent épiphyte sur d’autres arbres, ou rampant prostré couvrant les rochers dans les ravines, surtout sur calcaires. Tempérament : épiphyte héliophile.

Usages : L’exsudat serait purgatif ; emplâtres ; calfatage des canots. Bois brun rougeâtre, densité 0,8 durable (BRITTON & WILSON).

Distribution générale : Florida Keys, Bahamas, du Sud Mexique à Colombie ; Grandes Antilles ; Petites Antilles ; Trinidad, Venezuela, Guyanes ?, Brésil.

Distribution aux Petites Antilles : Anguilla, Barbuda, St-Martin, Dominique, Martinique.

Matériel examiné : Ag : récolté par Proctor, HOWARD & KELLOGG (STOFFERS). D : JÉRÉMIE 1118, entre Providence et Sylvania Estates, 450 m (P). M : HAHN 152, Mont Parnasse (P).

Observations : SM : Naked Boy Hill, 200-265 m (BOLDINGH, cité par STOFFERS).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; FAWCETT & RENDLE* 1926 ; FOURNET 1978 ; HOWARD 1989 ; HOYOS** 1983 ; LONGWOOD 1961 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; LITTLE and al.** 1967 ; MARSHALL 1939 ; NICHOLSON 1979 ; RECORD & HESS 1949 ; STOFFERS 1966 ; TOMLINSON* 1980 ; TUSSAC** 1808-1827.


Garcinia humilis

Planche 52 : CLUSIACEAE. VII. Garcinia humilis. A. Rameau fleuri. B. Plantule. C. Écorce (coupe transversale). VIII. Mammea americana. D. Rameau fleuri. E. Fruit. F. Plantule. G. Plantule (détail feuille).

Garcinia humilis (Vahl) C. Adams Phytologia 20 : 312 (1970).

Basionyme : Mammea humilis M. Vahl, Eclog. Amer. 2 : 40, t. 20 (1798).

Synonymes : Rheedia laterifolia L. (1753) ; Mammea humilis M. Vahl var. PLUMIERi Griseb. et var. vahlii Griseb. (1859).

Noms vernaculaires : Fr : Bois chica (Dominique) ; Boix l’onguent (Guadeloupe) ; Ciroyer, Abricot bâtard, Abricot bord de mer, Abricot montagne (Martinique) ; Coco macaque (Dominique, Trinidad) ; Bois mulâtre (Grenade) ; Abricot de Saint-Domingue (Haïti). A : Wild mammee (Jamaïca) ; Hatstand tree (Trinidad).

Description : Petit arbre atteignant 10 m de haut et 20 cm de diamètre (jusqu’à 30 cm à Trinidad), 30 cm sous abri (Caravelle, Martinique). Pied : pas de pattes ; le bas du tronc a souvent des racines aériennes. Écorce : épaisseur totale 5-8 mm pour un diamètre de 25 cm. Aspect externe : couleur variable : gris, brun rougeâtre, marron clair, noir ; sublisse, finement fissurée-gercée longitudinalement en petits sillons sinueux. Écorce vivante : le rhytidome étant démasclé, la face externe de l’écorce vivante est carmin vergeté rose, comme du jambon crû ; structure grumeleuse fibreuse peu distincte en section transversale : rayons serrés très fins, entre lesquels le phloème apparaît en empilement de petits tirets ; rarement rayons progressivement élargis. Tranche : rose quelquefois très pâle (partie externe) puis jaune d’or (partie interne). Exsudat jaune vif surtout dans la zone interne, nul en saison sèche. Aubier : blanc à jaune d’or carminé. Rameaux : jeunes vert bouteille, noueux, paraissent articulés. Feuilles : opposées, oblongues à lancéolées (aiguës à l’apex et à pétiole plus ou moins engainant marqué d’une cicatrice à la face supérieure : ces deux caractères distinguent Garcinia de Mammea) ; 10-28 × 4-14 cm ; coriaces, nervures saillantes sur les 2 faces, les secondaires perpendiculaires à la nervure principale qui est vert-jaunâtre ; limbe révoluté ; face inférieure vert-jaunâtre, supérieure vert bouteille terne ; pétiole finement sillonné ; jeunes feuilles jaune rougeâtre ou pourpres, très lancéolées. Fleurs : blanches, odorantes ; inflorescence en fascicule axillaire. Fruits : jaune d’or, ellipsoïde, d’environ 7 × 5 cm, en pointe ; 1-3 graines de 2-3 cm de long. Phénologie : sempervirent. Fleurs : mars-avril (DUSS), aussi mai (HUC). Fruits : juin à août (DUSS). Habitat : sousbois des forêts xérophiles, fourrés littoraux, en tous terrains entre 10 m et 400 m d’altitude ; en forêt dense entre 550 et 650 m (Morne Rose, Martinique) ; semble absent dans les altitudes intermédiaires en Martinique. A ce sujet DUSS note deux variétés, “une qui pousse dans les falaises et endroits rocailleux du bord de mer ou un peu à l’intérieur, l’autre dans les grands bois humides”. MARSHALL note qu’on le trouve en sous-bois en forêt dense où il est rare, et en zone plus sèche. DUSS donne entre 10 et 400 m, en Guadeloupe. Existe en toutes altitudes entre 0 et 400 m, côte sous le vent mais aussi côte au vent. Tempérament : sciaphile ; plastique au point de vue humidité ; sous-bois (MARSHALL). Plantule : Type VIII. La graine au sol, ovoïde, est souvent aplatie selon son grand axe. D’abord se développe une racine émise à l’antipode de l’axe épicotylé. Dans les téguments c’est un hypocotyle qui assure le stockage des réserves séminales. Cet axe brun sombre produit sur 2 à 3 noeuds des cataphylles opposées ; de taille croissant avec le rang du noeud (L = 3 à 7 mm) ; puis des feuilles opposées. Une racine pivotante en continuité de l’épicotyle est alors développée. Les feuilles rigides à forte nervure principale sont d’un vert très sombre. Leurs marges finement ondulées sont colorées en rouge bordeaux. La base épaisse des pétioles protège étroitement le bourgeon apical. Le semis contient un latex jaune.

Usages : Traverses de chemin de fer (STEHLÉ).

Distribution générale : Hispaniola, Jamaïca ; Petites Antilles ; Trinidad, Amérique tropicale continentale.

Distribution aux Petites Antilles : St Kitts, Montserrat, Guadeloupe (Basse-Terre et Grande-Terre), Marie-Galante, Dominique, Martinique, St Vincent, Grenade.

Matériel examiné : BT : FOURNET 432, Capesterre Belle Eau, plage de Roseau (P) ; HUC 1273, Batterie Trois Rivières (GUAD) ; QUENTIN 1093, Capesterre Belle eau, haut de la falaise (P) ; ROLLET 218, Forêt de Choisy (au vent), 300-450 m (GUAD) ; ROLLET 302, Forêt Guyonneau, 80-150 m (GUAD) ; ROLLET 1157, Morne Bois d’Inde, 270 m (GUAD) ; ROUSTEAU 211, Pradel, près de Deshaies, 70 m (GUAD) ; TANDY 118, Morne Bois d’Inde, 270 m (GUAD). GT : ROLLET 1093, Anse Patate près du Moule, 10 m (GUAD). M : HAHN 1458, Bois Fortrain (P) ; HAHN s.n., Montagne Vauclin (P) ; ROLLET 1798, Montée Chapeau Nègre, 650 m (GUAD).

Observations : SK : versant Sud South Range, 100-400 m (FIARD & ROLLET). BT : Falaise Grand Anse, entre Vieux- Fort et Trois Rivières, 20 m (ROLLET). MG : Anse Piton (ROLLET). M : Morne Rose, 600 m, Absalon-Crête Duclos entre 550 et 650 ; fréquent en fourrés littoraux, 0-500 m (Le Pêcheur, Caravelle) et en mésophile : Terreville, 200-250 m (FIARD & ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie). ADAMS 1972 ; BEARD 1944, 1949 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE 1926 ; FOURNET 1978 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD 1952, 1989* ; LIOGIER 1983 ; MARSHALL 1939 ; QUESTEL 1941 ; STEHLÉ 1941 Classif. ; URBAN 1898- 1913.

Note : BEARD : 59 (1944) note par erreur la présence de Rheedia acuminata (Ruiz & Pavón) Planchon et Triana à St Vincent. Cette espèce, absente des Petites Antilles, existe à Trinidad et dans le Nord de l’Amérique du Sud (MARSHALL : 15, 1939). HOWARD note que cette espèce a été introduite de Trinidad au Jardin Botanique de St Vincent par Anderson, mais qu’elle n’a pas survécu. Il en a été de même pour Vismia guianensis.


Mammea americana

Planche 52 : CLUSIACEAE. VII. Garcinia humilis. A. Rameau fleuri. B. Plantule. C. Écorce (coupe transversale). VIII. Mammea americana. D. Rameau fleuri. E. Fruit. F. Plantule. G. Plantule (détail feuille).

Mammea americana L. Sp. Pl. : 512 (1753).

Noms vernaculaires : Caraïbes : Cayuri, Wayapana ; Masibui, Masioui. Tainan : Mame. Créole : Zabwiko (Ste- Lucie). Fr : Abricotier, Abricot-pays, Abricot des Antilles (Guadeloupe, Martinique) ; Abricotier (Haïti) ; Mamie, Abricotier d’Amérique (Guyane française). A : Mammee apple (Ste-Lucie, Barbade) ; Mamme tree (Barbade) ; Apricot (Ste-Lucie, Puerto Rico) ; Mammee (Jamaïque). Esp : Mamey.

Description : Grand arbre dépassant 20 m de haut et atteignant 1,2 m de diamètre. Ballet écrit avec enthousiasme “Le plus bel arbre qui soit sorti des mains du Créateur” (in QUESTEL). Pied : pas de pattes ou à peine (diamètre 45 cm). Écorce : épaisseur totale 10 mm pour un diamètre de 45 cm. Aspect externe : brun clair plus ou moins fissuréecraquelée longitudinalement. Rhytidome : caduc en petites écailles, tranche marron. Écorce vivante : section transversale rose foncé à pourpre à rayons élargis en entonnoir roses ; zone interne jaune orange à rose pâle ; exsudat jaune. Aubier : blanc à pores visibles ; rayons et parenchyme invisibles. Rameaux : aplatis dans le dernier entrenoeud ; autrement cylindriques avec grosses cicatrices des feuilles. Feuilles : opposées-décussées, oblongues, elliptiques, apex arrondi ; limbe révoluté, épais, coriace, parfois un peu en cuiller,10-25 × 5-11 cm, nervures saillantes sur les deux faces brillantes, plus microquadrillées que Garcinia qui a les feuilles plus petites et acuminées. Fleurs : blanc crème, polygames, solitaires ou fasciculées. Fruits : grosse drupe atteignant 15 cm de diamètre ; chair jaune comestible ; 2-4 graines d’environ 7 × 5 cm. Phénologie : sempervirent. Fleurs deux fois par an (DUSS) ; mai-juin, novembre-décembre (FOURNET). Habitat : distribution très modifiée par la culture ; si l’espèce n’est pas indigène, est en tous cas naturalisée par places au voisinage d’anciennes cultures en particulier dans les zones côtières sèches, entre 10 et 500 m. Tempérament : régénération sous couvert léger, dans les fonds de ravine et au bas de leurs flancs. Plantule : Type VIII. De la graine au sol, plus ou moins épineuse et d’une longueur supérieure à 6 cm, est issu un épicotyle épais, ne produisant d’abord qu’une suite de cataphylles opposées, de longueurs croissantes. Puis l’axe brun sombre produit des feuilles opposées aux faces supérieures sombres et luisantes. Les faces inférieures plus claires laissent apparaître un réseau dense de nervures parallèles. Les nervures principales sont très saillantes. Le latex reste invisible chez la plantule.

Usages : Bois brun rougeâtre, dur, lourd (d = 0,9) et durable (BRITTON & WILSON) ; constructions, poteaux. Fruit comestible (Abricot des Antilles), cru ou en marmelade. Espèce mellifère ; les fleurs distillées avec de l’alcool en Guadeloupe et Martinique, donnent une liqueur : l’eau créole (HODGE & TAYLOR). Arbre à “esprit” pour les Caraïbes et pour cela respecté. Médicinal : l’exsudat mélangé à la graisse est appliqué contre les “chigoes” ou plaies phagédéniques (FAWCETT & RENDLE ; DUSS) ; cet exsudat ou résine de Mami est utilisé pour faire sortir les épines (DUSS). Aussi décoction de l’écorce pour maladies parasitaires. Les graines coupées et macérées dans l’eau débarrassent les animaux (en particulier les chiens) des tiques. Propagé par graines et semis naturels.

Distribution générale : Indigène dans les Antilles et l’Amérique tropicale ; de l’Amérique centrale jusqu’au Brésil ; à l’état naturel sur calcaire à la Jamaïque ; introduit dans le Vieux Monde.

Distribution aux Petites Antilles : Existait peut-être à l’état naturel par places dans les Petites Antilles ; SCHOMBURGK considère l’espèce comme indigène à Barbade, de même STEHLÉ (1963) dans les Petites Antilles. D’autres auteurs la considèrent comme introduite (NICHOLSON pour Antigua, KIMBER pour la Martinique) ; DUSS pour Guadeloupe et Martinique, HODGE & TAYLOR pour la Dominique ne prennent pas position. St-Martin, St Eustache, Saba, St Kitts, Antigua, Montserrat, Guadeloupe (Basse- Terre et Grande-Terre), Marie-Galante, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenade, Barbade, Grenade.

Matériel examiné : BT : ROLLET 344, Mont Caraïbes, versant N, 400 m (GUAD). GT : BARRIER 3105, Vieux- Bourg, Morne-à-l’Eau (GUAD) ; BÉNA 450, Morne à l’Eau (P) ; HUC 1002, Labithie, Morne à l’Eau (GUAD). MG : JÉ- RÉMIE 609, Trou à Diable (P). M : ROLLET 738, Absalon près de la pépinière La Donis, 450 m (GUAD) ; ROLLET 743, Pente Nord Pelée, au N du Prêcheur, 150 m (GUAD). Observations : S : pentes (Arnoldo). SE : pentes du Quill, 330 m (BOLDINGH, cité par STOFFERS). SK : pente Sud South Range, 100-200 m (FIARD & ROLLET). MG : Assez commun dans les ravines (ROLLET). B : Joe’s River (CARRINGTON, ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). ADAMS 1972 ; Ballet 1890 ; BARKER & DARDEAU 1930 ; BRETON 1665 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE* 1926 ; FOUQUÉ* 1972 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR* 1957 ; HOWARD* 1989 ; HOYOS** 1983 ; HUGHES 1750 ; KIMBER 1969 ; LIOGIER* 1983 ; LOVEN 1935 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1941 ; SCHOMBURGK 1948 ; SCHUBERT* 1979 ; STEHLÉ 1963 ; STOFFERS 1966 ; TUSSAC** 1808- 1827. Nombreuses réf. iconogr. in Index londinensis 1929.

Marila racemosa

Planche 53 : CLUSIACEAE. IX. Marila racemosa. A. Rameau fleuri. B. Plantule (détails). X. Symphonia globulifera. C. Rameau fleuri. D. Rameau fructifié. E. Plantule (détails). F. Écorce (coupe transversale).

Marila racemosa Sw. Prodr. : 84 (1788).

Synonymes : Bonnetia racemosa (Sw.) Sw. (1800).

Noms vernaculaires : Fr : Bois casse rose (Guadeloupe) ; Bois cachiman, Cachiman grand bois (Martinique) ; Résolu Martinique, Bois Falaise, Bois Anoli (Guadeloupe, Martinique) ; Cachiman falaise (Dominique). A : Bulltongue (St Kitts) ; Honeyberry (Nevis).

Description : Petit arbre de 8-10 m de haut, dépassant 20 cm de diamètre (rarement 30 cm). Pied : pas de pattes ; cannelé à la base. Écorce : épaisseur totale 7 mm pour un diamètre de 21 cm. Aspect externe : hématite rougeâtre, sublisse. Rhytidome : tranche marron. Écorce vivante : blanchis à 3 couleurs de l’extérieur vers l’intérieur : partie externe rose à aspect flammé par les rayons progressivement élargis et sinueux, zone intermédiaire pourpre, zone interne jaune d’or à éclat gras brillant ; un liquide ambré jaunâtre sourd lentement. Aubier : blanc à jaune orangé ; rayons fins serrés, pores invisibles. Rameaux : horizontaux rayonnants, pleureurs, qui avec les feuilles très distiques (disposition pectinée dans un plan) donnent un port particulier. Feuilles : opposées, distiques, lancéolées, entières, acuminées, de 12-22 × 2-5 cm, à nervure principale, face inférieure et pétiole jaune ; molles et pendantes ; beaucoup plus petites sur les rameaux fertiles ; points et lignes translucides ; nervation pennée, arc marginal régulièrement ourlé ; jeunes feuilles bronze clair à brun verdâtre ; bourgeon en lancette. Fleurs : blanches, odorantes ; Inflorescence : grappes axillaires dressées, 10 cm de long, portant 10-12 fleurs. Fruits : capsule d’environ 3 cm de long, courbe, à déhiscence longitudinale ; graines nombreuses, longues de 1-2 mm. Phénologie : Fleurs de avril à juillet. Habitat : forêt hygrophile et d’altitude de 150 m à 900 m. Endroits ouverts rocheux, humides ; commence sa vie en épilithe. Tempérament : germe sur contrefort ou roche ; souvent bas-fonds humides, ravines ; puis devient héliophile. Plantule : Type I. La plantule au sens strict est extrêmement petite. Issue de la germination d’une graine ciliée (voir dessin), elle s’établit le plus fréquemment parmi la mousse couvrant les pierres, les talus ou les troncs très humides, notamment près des cours d’eau. Plus tard, la jeune plante est reconnaissable par son axe (épicotyle) courbé, portant des feuilles alternes «oblancéolées» ( ?), un limbe gaufré. Elle est à ce stade, reconnaissable.

Usages : Bois mou, blanc, peu utilisé.

Distribution générale : Endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Saba, St Kitts, Nevis, Antigua, Montserrat, Guadeloupe (Basse-Terre), Marie- Galante, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent.

Matériel examiné : G : BARRIER 2311, Trace Victor Hugues, 700 m (GUAD) ; BARRIER 2451, Chutes Galion, 900 m (GUAD) ; JÉRÉMIE 238, Bananier vers 1e chute Carbet, 500 m (P) ; QUENTIN 743, Soufrière, 550-600 m (P) ; QUESTEL 2248, Bains Jaunes, 1000 m (P) ; ROLLET 157, Douville-Rivière Moreau, 150 m (GUAD) ; ROLLET 292, Trace des Crêtes, 600 m (GUAD) ; ROLLET 360, Grand Étang, 400 m (GUAD) ; ROLLET 1171, Soufrière, 750-800 m (GUAD) ; STEHLÉ 239, Montée Soufrière, 750-800 m (P) ; STEHLÉ 1135, Bains Jaunes (P). M : BÉLANGER 593, Champflore (P) ; HAHN 968, Forêt de la Trinité (P) ; OLDEMAN & MAURICE M25, Absalon Forêt Dumauzé (P) ; PRIVAULT 217, Plateau Larcher (P) ; SASTRE & PORTÉ- COP 4230, Morne Rouge, 500 m (P) ; STEHLÉ 1718, Malanga, 650 m (P) ; STEHLÉ 2157, Deux Choux, 550-600 m (P) ; STEHLÉ 5578, Colson, 700 m (P). D : EGGERS 950, Laudat, 600 m (P) ; ERNST 1258, Morne Trois Pitons, 570 m (P) ; JÉRÉMIE 1137, forêt entre Providence Estate et Sylvania Estate, 600 m (P) ; NICOLSON 1875, Sylvania, St Paul, 540 m (P).

Observations : S : the Mountain, 800 m (BOLDINGH cité par STOFFERS). SL : Piton Flore, 360 m (Slane) ; Quilesse, 450 m (ROLLET). SV : Vermont Trail, 400-450 m ; South River (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie). BEARD 1944, 1949 ; DUSS 1897 ; FOURNET 1978 ; HOWARD* 1989 ; NICOLSON and al. 1991 ; STOFFERS 1966.


Symphonia globulifera

Planche 53 : CLUSIACEAE. IX. Marila racemosa. A. Rameau fleuri. B. Plantule (détails). X. Symphonia globulifera. C. Rameau fleuri. D. Rameau fructifié. E. Plantule (détails). F. Écorce (coupe transversale).

Symphonia globulifera L. f. Suppl., t. 49 : 302 (1782).

Noms vernaculaires : Arawak : Manni (Guyana), ou Mani, Kulura. Fr : Palétuvier jaune (Guadeloupe) ; Mangle jaune ; Mangue blanc, Mangue jaune (pour la prononciation) est orthographié Mangle blanc, Mangle jaune (Dominique). A : Hog gum tree (Jamaïque) ; Yellow Mangue (Trinidad) ; Waika chewstick (British Honduras).

Description : Grand arbre dépassant 30 m de haut et 1 m de diamètre (et même 120 cm en Guadeloupe, avec 40 m de hauteur). Avec les Sloanea, Talauma et Dacryodes c’est l’un des plus grands arbres des Petites Antilles. Pied : racines aériennes à section ronde en arceaux jusqu’à 1,5 m du sol, quelquefois jusqu’à 5 m et plus. Écorce : épaisseur totale 5 mm pour un diamètre de 30 cm. Aspect externe : gris cendré à terre de Sienne, sublisse avec lenticelles oranges, fines, en files verticales. Écorce vivante : en section transversale, partie externe grumeleuse jaune clair avec petits massifs oblongs orangé en quinconce ; partie interne jaune pâle avec rayons fins serrés ondulés ; exsudat jaune canari, surtout dans la zone interne. Aubier : blanc jaunâtre ; en coupe tangentielle simule une structure étagée ; gros pores. Rameaux : un peu noueux, branches subhorizontales, rayonnantes, permettant de reconnaître l’arbre de loin. Feuilles : opposées, entières, lancéolées ; nervures secondaires à 60° sur la principale, pectinées (fines, serrées, régulièrement espacées) ; pétiole et nervure principale jaunes ; limbe de 5-15 × 2-6 cm ; bourgeon terminal aplati. Exsudat jaune collant. Fleurs : rouges, voyantes. Fruits : baie longue de 2-4 cm, ovoïde, renfermant une grosse graine sillonnée extérieurement. Phénologie : Fleurs de avril à septembre. Habitat : tendance grégaire, en mangrove, bordure d’étangs et sur sols mouilleux entre 0 m (forêt à Pterocarpus) et 900-950 m, en forêt dense et d’altitude, bas-fonds en montagne. Tempérament : modérément sciaphile (MARSHALL) ; terrains frais ou marécageux ; supporte une certaine salinité. Plantule. Type VIII. La graine (30-35 mm x 20 mm) reste au sol, longtemps solidaire du semis ; elle émet deux racines, une à chaque pôle de la graine. Les cotylédons atrophiés sont remplacés dans leur fonction accumulatrice, par l’hypocotyle succulent. L’axe aérien porte 5 à 10 noeuds de cataphylles opposées (plus parfois). Puis des feuilles opposées sont initiées, souvent en alternance avec des cataphylles, selon des séquences plus ou moins régulières (1 rang de feuilles, 2 de cataphylles ; 2 rangs de feuilles, 1 de cataphylles...). Les entrenoeuds, lorsqu’ils précèdent un noeud à cataphylles, sont courts (2 mm) ; ils atteignent 20 à 30 mm quand ils précèdent un noeud feuillé. Forme et nervation foliaire sont caractéristiques. Les feuilles, comme les cataphylles, sont munies de courtes stipules noires. La plante contient un latex abondant.

Usages : Bois facile à sécher et à travailler ; résistant à la pourriture, sensible aux termites (BROOKS et al.) et aux tarets. Construction, menuiserie, meubles, tonnellerie, parquets, ponts, traverses (LONGWOOD). Ornemental par ses fleurs rouges, abondantes, qui font reconnaître l’arbre de loin. Les Caraïbes en Dominique utilisaient la résine pour fixer les arêtes de poisson au bout des flèches. Torches, résine pour calfater (DUSS ; HODGE & TAYLOR) : résine cochon (anglais hog gum d’où le nom vernaculaire). Bois pour bardeaux (HODGE & TAYLOR).

Distribution générale : Jamaïque ; Hispaniola ; Petites Antilles ; Trinidad, Amérique tropicale continentale (du Guatemala au Brésil), Afrique tropicale, Madagascar. Certains auteurs pensent que l’espèce africaine mérite d’être considérée comme différente, au moins comme une variété.

Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Ste-Lucie. Matériel examiné : BT : BARRIER 2450, trace chutes du Galion, 900 m (GUAD) ; QUESTEL 4976, Gourbeyre (P) ; ROLLET 41, Matouba, 650 m (GUAD). D : NICOLSON 2087, St David Parish, 240 m (P) ; WILBUR 8313, Belle fille près de Castle Bruce, 90 m (P). NICOLSON and al. citent 10 spécimens récoltés entre 100 et 600 m d’altitude.

Observations : BT : Trace des Contrebandiers sous le vent 350-400 m, Grand-Étang 400 m, As de Pique 600 m, Chutes Carbet, 550-600 m ; Trace Victor Hugues sous le vent, 800-850 m, Bains Jaunes, 950 m ; forêt marécageuse à Pterocarpus, 0 m ; marécages de l’Ilet la Jaille, Baie Mahault, 0 m ; abondant à la Savane aux Ananas, 1100 m ; Maison de la Forêt, 250 m ; Trace des Crêtes, 550 m (ROLLET et al.) ; Étang Zombi (JÉRÉMIE).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). ALLEN* 1956 ; BEARD 1944, 1949 ; BROOKS et al. 1941. CIRAD-Forêts** 1990 ; FANSHAWE 1954 ; FAWCETT & RENDLE* 1926 ; FOURNET* 1978 ; FRANCIS 1926 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR* 1957 ; HOWARD 1952, 1989* ; LIOGIER 1983 ; LONGWOOD 1962 ; MARSHALL 1939 ; Martius* 1888 ; NICOLSON and al. 1991 ; STEHLÉ & STEHLÉ 1947 Liste compl.


Tovomita Plumieri

Planche 54 : CLUSIACEAE. XI. Tovomita plumieri. A. Rameau avec fleurs et fruits. B. Écorce (coupe transversale). COMBRETACEAE. I. Buchenavia tetraphylla. C. Rameau fleuri. D. Rameau fructifié. E. Feuille. F. Fruit. G. Plantule. H. Écorce (coupe transversale).

Tovomita Plumieri Griseb. Fl. Brit. W. Ind. Isl. : 106 (1859).

Synonymes : Tovomita martinicensis Vesque (1892).

Noms vernaculaires : Créole : Paltivyé (Ste-Lucie). Fr : Mangle bois, Palétuvier grand bois (Martinique), Palétuvier rouge, Palétuvier montagne, Mangue rouge (Dominique), Palétuvier (Ste-Lucie).

Description : Petit arbre de 10 m de haut et 20-30 cm (exceptionnellement jusqu’à 40 cm) de diamètre au Grand Plateau, Martinique, 600 m, où l’on trouve de remarquables sujets. Pied : racines échasses jusqu’à 2 m de haut (et même 3 et 4 m !) ; section ronde. Écorce : épaisseur totale 9 mm pour un diamètre de 25 cm. Aspect externe : gris cendré, gris brun, ou noirâtre ; sublisse, nombreuses lenticelles rondes sans ordre. Rhytidome : mince. Écorce vivante : en section transversale, zone externe rose, carmin clair ou orange homogène ; zone intermédiaire avec des rayons progressivement élargis, carmin clair, tranchant sur le fond carmin foncé du phloème (ces deux parties sont grumeleuses) ; zone interne dorée fibreuse. Un exsudat jaune vif perle dans la partie externe seulement. Aubier : carmin, à éclat gras, rayons très fins ; en coupe transversale, parenchyme en petits massifs étroits allongés courts, en chicane. Rameaux : ramification sympodiale. Feuilles : opposées, oblancéolées, acuminées ; limbe de 12-25 × 5-12 cm ; nervures secondaires peu nombreuses, peu apparentes. Fleurs : blanches, très odorantes. Fruits : capsules allongés, courbes, charnues, rouge foncé (orange à l’intérieur) puis noires, de 5 × 3 cm, avec un bec couronné de 6-8 stigmates, déhiscents par 4-5 valves, gardant à la base les sépales accrescents. Graines rouges. Phénologie : sempervirent. Fleurs de février à juillet et septembre. Fruits de mars à mais (aussi septembre). Habitat : forêt dense, entre 250 et 800 m ; très abondant en Martinique sur crêtes, pentes ventées et stations mal drainées ; régénération très abondante en sous-bois. Tempérament : hygrosciaphile.

Usages : Bon combustible, brûle même à l’état vert ; construction (DUSS) ; charpente, poteaux, bardeaux, douves (Dominique) d’après HODGE & TAYLOR.

Distribution générale : Endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Dominique, Martinique, Ste-Lucie. (Absent de Guadeloupe).

Matériel examiné : D : JÉRÉMIE 1240, Valley of Desolation, 530 m (P) ; NICOLSON 2028, St DAVID, Parish, 240 m (P). M : HUC 1200, Plateau Concorde, 600 m (GUAD) ; ROLLET 1609, Deux Choux, 600 m (GUAD). SL : HUC 1346, Barre de l’Isle, 300 m (GUAD).

Observations : M : Crête de Cornouan, Grand Plateau, 600 m ; Piton Boucher, Morne Bellevue, 700 m ; Morne Jacob, 600 m ; Terreville-Morne Jeannette, 400-450 m ; Montée Chapeau Nègre, 650 m ; Morne Man Roy, 600 m ; Trace St Cyr, 500 m ; Absalon, 350-450 m ; Morne Rose, 600 m ; Rivière le Lorrain, 250 m ; Anse Couleuvre, crête 480 m (FIARD & ROLLET). SL : Vers Mt La Combe et Cul de Sac River, 180 m ; Chassin, 300 m ; Quilesse, 450 m (ROLLET).

Bibliographie : BEARD 1944, 1949 ; DUSS 1897 ; FOURNET 1978 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD 1989 ; NICOLSON and al. 1991.