Symphonia globulifera (Rollet, Antilles)
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Symphonia globulifera L. f. Suppl., t. 49 : 302 (1782).
Noms vernaculaires : Arawak : Manni (Guyana), ou Mani, Kulura. Fr : Palétuvier jaune (Guadeloupe) ; Mangle jaune ; Mangue blanc, Mangue jaune (pour la prononciation) est orthographié Mangle blanc, Mangle jaune (Dominique). A : Hog gum tree (Jamaïque) ; Yellow Mangue (Trinidad) ; Waika chewstick (British Honduras).
Description : Grand arbre dépassant 30 m de haut et 1 m de diamètre (et même 120 cm en Guadeloupe, avec 40 m de hauteur). Avec les Sloanea, Talauma et Dacryodes c’est l’un des plus grands arbres des Petites Antilles. Pied : racines aériennes à section ronde en arceaux jusqu’à 1,5 m du sol, quelquefois jusqu’à 5 m et plus. Écorce : épaisseur totale 5 mm pour un diamètre de 30 cm. Aspect externe : gris cendré à terre de Sienne, sublisse avec lenticelles oranges, fines, en files verticales. Écorce vivante : en section transversale, partie externe grumeleuse jaune clair avec petits massifs oblongs orangé en quinconce ; partie interne jaune pâle avec rayons fins serrés ondulés ; exsudat jaune canari, surtout dans la zone interne. Aubier : blanc jaunâtre ; en coupe tangentielle simule une structure étagée ; gros pores. Rameaux : un peu noueux, branches subhorizontales, rayonnantes, permettant de reconnaître l’arbre de loin. Feuilles : opposées, entières, lancéolées ; nervures secondaires à 60° sur la principale, pectinées (fines, serrées, régulièrement espacées) ; pétiole et nervure principale jaunes ; limbe de 5-15 × 2-6 cm ; bourgeon terminal aplati. Exsudat jaune collant. Fleurs : rouges, voyantes. Fruits : baie longue de 2-4 cm, ovoïde, renfermant une grosse graine sillonnée extérieurement. Phénologie : Fleurs de avril à septembre. Habitat : tendance grégaire, en mangrove, bordure d’étangs et sur sols mouilleux entre 0 m (forêt à Pterocarpus) et 900-950 m, en forêt dense et d’altitude, bas-fonds en montagne. Tempérament : modérément sciaphile (MARSHALL) ; terrains frais ou marécageux ; supporte une certaine salinité. Plantule. Type VIII. La graine (30-35 mm x 20 mm) reste au sol, longtemps solidaire du semis ; elle émet deux racines, une à chaque pôle de la graine. Les cotylédons atrophiés sont remplacés dans leur fonction accumulatrice, par l’hypocotyle succulent. L’axe aérien porte 5 à 10 nœuds de cataphylles opposées (plus parfois). Puis des feuilles opposées sont initiées, souvent en alternance avec des cataphylles, selon des séquences plus ou moins régulières (1 rang de feuilles, 2 de cataphylles ; 2 rangs de feuilles, 1 de cataphylles...). Les entrenœeuds, lorsqu’ils précèdent un nœud à cataphylles, sont courts (2 mm) ; ils atteignent 20 à 30 mm quand ils précèdent un nœud feuillé. Forme et nervation foliaire sont caractéristiques. Les feuilles, comme les cataphylles, sont munies de courtes stipules noires. La plante contient un latex abondant.
Usages : Bois facile à sécher et à travailler ; résistant à la pourriture, sensible aux termites (BROOKS et al.) et aux tarets. Construction, menuiserie, meubles, tonnellerie, parquets, ponts, traverses (LONGWOOD). Ornemental par ses fleurs rouges, abondantes, qui font reconnaître l’arbre de loin. Les Caraïbes en Dominique utilisaient la résine pour fixer les arêtes de poisson au bout des flèches. Torches, résine pour calfater (DUSS ; HODGE & TAYLOR) : résine cochon (anglais hog gum d’où le nom vernaculaire). Bois pour bardeaux (HODGE & TAYLOR).
Distribution générale : Jamaïque ; Hispaniola ; Petites Antilles ; Trinidad, Amérique tropicale continentale (du Guatemala au Brésil), Afrique tropicale, Madagascar. Certains auteurs pensent que l’espèce africaine mérite d’être considérée comme différente, au moins comme une variété.
Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Ste-Lucie.
Matériel examiné : BT : BARRIER 2450, trace chutes du Galion, 900 m (GUAD) ; QUESTEL 4976, Gourbeyre (P) ; ROLLET 41, Matouba, 650 m (GUAD). D : NICOLSON 2087, St David Parish, 240 m (P) ; WILBUR 8313, Belle fille près de Castle Bruce, 90 m (P). NICOLSON and al. citent 10 spécimens récoltés entre 100 et 600 m d’altitude.
Observations : BT : Trace des Contrebandiers sous le vent 350-400 m, Grand-Étang 400 m, As de Pique 600 m, Chutes Carbet, 550-600 m ; Trace Victor Hugues sous le vent, 800-850 m, Bains Jaunes, 950 m ; forêt marécageuse à Pterocarpus, 0 m ; marécages de l’Ilet la Jaille, Baie Mahault, 0 m ; abondant à la Savane aux Ananas, 1100 m ; Maison de la Forêt, 250 m ; Trace des Crêtes, 550 m (ROLLET et al.) ; Étang Zombi (JÉRÉMIE).
Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). ALLEN* 1956 ; BEARD 1944, 1949 ; BROOKS et al. 1941. CIRAD-Forêts** 1990 ; FANSHAWE 1954 ; FAWCETT & RENDLE* 1926 ; FOURNET* 1978 ; FRANCIS 1926 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR* 1957 ; HOWARD 1952, 1989* ; LIOGIER 1983 ; LONGWOOD 1962 ; MARSHALL 1939 ; Martius* 1888 ; NICOLSON and al. 1991 ; STEHLÉ & STEHLÉ 1947 Liste compl.
Anatomie du bois
- 2-8-12-25-(27)-(29)-30-(50)-52-(55)-(56)-57-66-69 (Voir la signification des codes)
- Bois parfait brun jaune clair à brun clair légèrement rosé, distinct de l’aubier blanc jaunâtre, mi-dur et mi-lourd (0,65- 0,75 g/cm3), à grain grossier, maille fine mais apparente.
- Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 3 à 6 par mm2, bien visibles à l’œil nu (160 à 220 μm de diamètre moyen), parfois obstrués par des dépôts jaune soufre. Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de l’ordre de 10-11 μm.
- Parenchyme associé aux pores et très anastomosé formant parfois des bandes. Files de cellules composées de 2 à 4 éléments. Cristaux présents.
- Rayons 2-, 2-3, ou 3-4-sériés, au nombre de 6 à 9 par mm, de structure légèrement hétérogène : cellules couchées à allongement un peu variable. Ponctuations radiovasculaires à peine plus grosses et allongées que les intervasculaires. Cristaux sporadiques.
- Fibres à ponctuations simples.