Garcinia humilis (Rollet, Antilles)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Clusia rosea
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Mammea americana


[360]

Planche 52 : CLUSIACEAE. VII. Garcinia humilis. A. Rameau fleuri. B. Plantule. C. Écorce (coupe transversale). VIII. Mammea americana. D. Rameau fleuri. E. Fruit. F. Plantule. G. Plantule (détail feuille).
Écorce

Garcinia humilis (Vahl) C. Adams Phytologia 20 : 312 (1970).

Basionyme : Mammea humilis M. Vahl, Eclog. Amer. 2 : 40, t. 20 (1798).

Synonymes : Rheedia laterifolia L. (1753) ; Mammea humilis M. Vahl var. plumieri Griseb. et var. vahlii Griseb. (1859).

Noms vernaculaires : Fr : Bois chica (Dominique) ; Boix l’onguent (Guadeloupe) ; Ciroyer, Abricot bâtard, Abricot bord de mer, Abricot montagne (Martinique) ; Coco macaque (Dominique, Trinidad) ; Bois mulâtre (Grenade) ; Abricot de Saint-Domingue (Haïti). A : Wild mammee (Jamaïca) ; Hatstand tree (Trinidad).

Description : Petit arbre atteignant 10 m de haut et 20 cm de diamètre (jusqu’à 30 cm à Trinidad), 30 cm sous abri (Caravelle, Martinique). Pied : pas de pattes ; le bas du tronc a souvent des racines aériennes. Écorce : épaisseur totale 5-8 mm pour un diamètre de 25 cm. Aspect externe : couleur variable : gris, brun rougeâtre, marron clair, noir ; sublisse, finement fissurée-gercée longitudinalement en petits sillons sinueux. Écorce vivante : le rhytidome étant démasclé, la face externe de l’écorce vivante est carmin vergeté rose, comme du jambon crû ; structure grumeleuse fibreuse peu distincte en section transversale : rayons serrés très fins, entre lesquels le phloème apparaît en empilement de petits tirets ; rarement rayons progressivement élargis. Tranche : rose quelquefois très pâle (partie externe) puis jaune d’or (partie interne). Exsudat jaune vif surtout dans la zone interne, nul en saison sèche. Aubier : blanc à jaune d’or carminé. Rameaux : jeunes vert bouteille, noueux, paraissent articulés. Feuilles : opposées, oblongues à lancéolées (aiguës à l’apex et à pétiole plus ou moins engainant marqué d’une cicatrice à la face supérieure : ces deux caractères distinguent Garcinia de Mammea) ; 10-28 × 4-14 cm ; coriaces, nervures saillantes sur les 2 faces, les secondaires perpendiculaires à la nervure principale qui est vert-jaunâtre ; limbe révoluté ; face inférieure vert-jaunâtre, supérieure vert bouteille terne ; pétiole finement sillonné ; jeunes feuilles jaune rougeâtre ou pourpres, très lancéolées. Fleurs : blanches, odorantes ; inflorescence en fascicule axillaire. Fruits : jaune d’or, ellipsoïde, d’environ 7 × 5 cm, en pointe ; 1-3 graines de 2-3 cm de long. Phénologie : sempervirent. Fleurs : mars-avril (DUSS), aussi mai (HUC). Fruits : juin à août (DUSS). Habitat : sous-


[361]

bois des forêts xérophiles, fourrés littoraux, en tous terrains entre 10 m et 400 m d’altitude ; en forêt dense entre 550 et 650 m (Morne Rose, Martinique) ; semble absent dans les altitudes intermédiaires en Martinique. A ce sujet DUSS note deux variétés, “une qui pousse dans les falaises et endroits rocailleux du bord de mer ou un peu à l’intérieur, l’autre dans les grands bois humides”. MARSHALL note qu’on le trouve en sous-bois en forêt dense où il est rare, et en zone plus sèche. DUSS donne entre 10 et 400 m, en Guadeloupe. Existe en toutes altitudes entre 0 et 400 m, côte sous le vent mais aussi côte au vent. Tempérament : sciaphile ; plastique au point de vue humidité ; sous-bois (MARSHALL). Plantule : Type VIII. La graine au sol, ovoïde, est souvent aplatie selon son grand axe. D’abord se développe une racine émise à l’antipode de l’axe épicotylé. Dans les téguments c’est un hypocotyle qui assure le stockage des réserves séminales. Cet axe brun sombre produit sur 2 à 3 noeuds des cataphylles opposées ; de taille croissant avec le rang du nœud (L = 3 à 7 mm) ; puis des feuilles opposées. Une racine pivotante en continuité de l’épicotyle est alors développée. Les feuilles rigides à forte nervure principale sont d’un vert très sombre. Leurs marges finement ondulées sont colorées en rouge bordeaux. La base épaisse des pétioles protège étroitement le bourgeon apical. Le semis contient un latex jaune.

Usages : Traverses de chemin de fer (STEHLÉ).

Distribution générale : Hispaniola, Jamaïca ; Petites Antilles ; Trinidad, Amérique tropicale continentale.

Distribution aux Petites Antilles : St Kitts, Montserrat, Guadeloupe (Basse-Terre et Grande-Terre), Marie-Galante, Dominique, Martinique, St Vincent, Grenade.

Matériel examiné : BT : FOURNET 432, Capesterre Belle Eau, plage de Roseau (P) ; HUC 1273, Batterie Trois Rivières (GUAD) ; QUENTIN 1093, Capesterre Belle eau, haut de la falaise (P) ; ROLLET 218, Forêt de Choisy (au vent), 300-450 m (GUAD) ; ROLLET 302, Forêt Guyonneau, 80-150 m (GUAD) ; ROLLET 1157, Morne Bois d’Inde, 270 m (GUAD) ; ROUSTEAU 211, Pradel, près de Deshaies, 70 m (GUAD) ; TANDY 118, Morne Bois d’Inde, 270 m (GUAD). GT : ROLLET 1093, Anse Patate près du Moule, 10 m (GUAD). M : HAHN 1458, Bois Fortrain (P) ; HAHN s.n., Montagne Vauclin (P) ; ROLLET 1798, Montée Chapeau Nègre, 650 m (GUAD).

Observations : SK : versant Sud South Range, 100-400 m (FIARD & ROLLET). BT : Falaise Grand Anse, entre Vieux-Fort et Trois Rivières, 20 m (ROLLET). MG : Anse Piton (ROLLET). M : Morne Rose, 600 m, Absalon-Crête Duclos entre 550 et 650 ; fréquent en fourrés littoraux, 0-500 m (Le Pêcheur, Caravelle) et en mésophile : Terreville, 200-250 m (FIARD & ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie). ADAMS 1972 ; BEARD 1944, 1949 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE 1926 ; FOURNET 1978 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD 1952, 1989* ; LIOGIER 1983 ; MARSHALL 1939 ; QUESTEL 1941 ; STEHLÉ 1941 Classif. ; URBAN 1898- 1913.

Note : BEARD : 59 (1944) note par erreur la présence de Rheedia acuminata (Ruiz & Pavón) Planchon et Triana à St Vincent. Cette espèce, absente des Petites Antilles, existe à Trinidad et dans le Nord de l’Amérique du Sud (MARSHALL : 15, 1939). HOWARD note que cette espèce a été introduite de Trinidad au Jardin Botanique de St Vincent par Anderson, mais qu’elle n’a pas survécu. Il en a été de même pour Vismia guianensis.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 8-27-45-51-55-56-57-58-66-68-69 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait brun jaune, distinct de l’aubier beige gris, dur et lourd (0,80-0,90 g/cm3), à grain moyen, maille bien visible.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 15 à 20 par mm2, difficilement perceptibles à l’œil nu (diamètre moyen d’environ 100 μm), fréquemment obstrués par des dépôts résinoïdes brun-noir. Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de l’ordre de 4 μm.
  • Parenchyme associé aux pores, courtement aliforme et souvent anastomosé. Files de cellules composées de 4 éléments en général. Présence de cristaux solitaires par 2 ou 4 ou en chaînes.
  • Rayons 2- à 4-sériés, au nombre de 6 à 8 par mm, de structure hétérogène ; cellules couchées au centre et cellules carrées et dressées aux extrémités, parfois en bordure. Ponctuations radiovasculares identiques en taille aux intervasculaires. Présence sporadique de petits canaux. Cristaux plus ou moins fréquents.
  • Fibres à ponctuations simples.