Mammea americana (Rollet, Antilles)
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Mammea americana L. Sp. Pl. : 512 (1753).
Noms vernaculaires : Caraïbes : Cayuri, Wayapana ; Masibui, Masioui. Tainan : Mame. Créole : Zabwiko (Ste-Lucie). Fr : Abricotier, Abricot-pays, Abricot des Antilles (Guadeloupe, Martinique) ; Abricotier (Haïti) ; Mamie, Abricotier d’Amérique (Guyane française). A : Mammee apple (Ste-Lucie, Barbade) ; Mamme tree (Barbade) ; Apricot (Ste-Lucie, Puerto Rico) ; Mammee (Jamaïque). Esp : Mamey.
Description : Grand arbre dépassant 20 m de haut et atteignant 1,2 m de diamètre. Ballet écrit avec enthousiasme “Le plus bel arbre qui soit sorti des mains du Créateur” (in QUESTEL). Pied : pas de pattes ou à peine (diamètre 45 cm). Écorce : épaisseur totale 10 mm pour un diamètre de 45 cm. Aspect externe : brun clair plus ou moins fissuréecraquelée longitudinalement. Rhytidome : caduc en petites écailles, tranche marron. Écorce vivante : section transversale rose foncé à pourpre à rayons élargis en entonnoir roses ; zone interne jaune orange à rose pâle ; exsudat jaune. Aubier : blanc à pores visibles ; rayons et parenchyme invisibles. Rameaux : aplatis dans le dernier entrenoeud ; autrement cylindriques avec grosses cicatrices des feuilles. Feuilles : opposées-décussées, oblongues, elliptiques, apex arrondi ; limbe révoluté, épais, coriace, parfois un peu en cuiller, 10-25 × 5-11 cm, nervures saillantes sur les deux faces brillantes, plus microquadrillées que Garcinia qui a les feuilles plus petites et acuminées. Fleurs : blanc crème, polygames, solitaires ou fasciculées. Fruits : grosse drupe atteignant 15 cm de diamètre ; chair jaune comestible ; 2-4 graines d’environ 7 × 5 cm. Phénologie : sempervirent. Fleurs deux fois par an (DUSS) ; mai-juin, novembre-décembre (FOURNET). Habitat : distribution très modifiée par la culture ; si l’espèce n’est pas indigène, est en tous cas naturalisée par places au voisinage d’anciennes cultures en particulier dans les zones côtières sèches, entre 10 et 500 m. Tempérament : régénération sous couvert léger, dans les fonds de ravine et au bas de leurs flancs. Plantule : Type VIII. De la graine au sol, plus ou moins épineuse et d’une longueur supérieure à 6 cm, est issu un épicotyle épais, ne produisant d’abord qu’une suite de cataphylles opposées, de longueurs croissantes. Puis l’axe brun sombre produit des feuilles opposées aux faces supérieures sombres et luisantes. Les faces inférieures plus claires laissent apparaître un réseau dense de nervures parallèles. Les nervures principales sont très saillantes. Le latex reste invisible chez la plantule.
Usages : Bois brun rougeâtre, dur, lourd (d = 0,9) et durable (BRITTON & WILSON) ; constructions, poteaux. Fruit comestible (Abricot des Antilles), cru ou en marmelade. Espèce mellifère ; les fleurs distillées avec de l’alcool en Guadeloupe et Martinique, donnent une liqueur : l’eau créole (HODGE & TAYLOR). Arbre à “esprit” pour les Caraïbes et pour cela respecté. Médicinal : l’exsudat mélangé à la graisse est appliqué contre les “chigoes” ou plaies phagédéniques
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(FAWCETT & RENDLE ; DUSS) ; cet exsudat ou résine de Mami est utilisé pour faire sortir les épines (DUSS). Aussi décoction de l’écorce pour maladies parasitaires. Les graines coupées et macérées dans l’eau débarrassent les animaux (en particulier les chiens) des tiques. Propagé par graines et semis naturels.
Distribution générale : Indigène dans les Antilles et l’Amérique tropicale ; de l’Amérique centrale jusqu’au Brésil ; à l’état naturel sur calcaire à la Jamaïque ; introduit dans le Vieux Monde.
Distribution aux Petites Antilles : Existait peut-être à l’état naturel par places dans les Petites Antilles ; SCHOMBURGK considère l’espèce comme indigène à Barbade, de même STEHLÉ (1963) dans les Petites Antilles. D’autres auteurs la considèrent comme introduite (NICHOLSON pour Antigua, KIMBER pour la Martinique) ; DUSS pour Guadeloupe et Martinique, HODGE & TAYLOR pour la Dominique ne prennent pas position. St-Martin, St Eustache, Saba, St Kitts, Antigua, Montserrat, Guadeloupe (Basse-Terre et Grande-Terre), Marie-Galante, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenade, Barbade, Grenade.
Matériel examiné : BT : ROLLET 344, Mont Caraïbes, versant N, 400 m (GUAD). GT : BARRIER 3105, Vieux- Bourg, Morne-à-l’Eau (GUAD) ; BÉNA 450, Morne à l’Eau (P) ; HUC 1002, Labithie, Morne à l’Eau (GUAD). MG : JÉRÉMIE 609, Trou à Diable (P). M : ROLLET 738, Absalon près de la pépinière La Donis, 450 m (GUAD) ; ROLLET 743, Pente Nord Pelée, au N du Prêcheur, 150 m (GUAD). Observations : S : pentes (Arnoldo). SE : pentes du Quill, 330 m (BOLDINGH, cité par STOFFERS). SK : pente Sud South Range, 100-200 m (FIARD & ROLLET). MG : Assez commun dans les ravines (ROLLET). B : Joe’s River (CARRINGTON, ROLLET).
Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). ADAMS 1972 ; Ballet 1890 ; BARKER & DARDEAU 1930 ; BRETON 1665 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE* 1926 ; FOUQUÉ* 1972 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR* 1957 ; HOWARD* 1989 ; HOYOS** 1983 ; HUGHES 1750 ; KIMBER 1969 ; LIOGIER* 1983 ; LOVEN 1935 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1941 ; SCHOMBURGK 1948 ; SCHUBERT* 1979 ; STEHLÉ 1963 ; STOFFERS 1966 ; TUSSAC** 1808- 1827. Nombreuses réf. iconogr. in Index londinensis 1929.
Anatomie du bois
- 4-22-23-25-26-39-45-50-55-62-66-(68)-69 (Voir la signification des codes)
- Bois parfait brun rouge violacé, à peine différencié de l’aubier gris brun, généralement piqueté de points résineux, plutôt dur et lourd (0,70 à 0,85 g/cm3),à grain moyen, maille indistincte, fil parfois onduleux.
- Pores isolés, disséminés au nombre de 6 à 8 par mm², difficilement visibles à l’œil nu (diamètre moyen de 110 à 150 μm), parfois obstrués par des dépôts blancs. Perforations des éléments vasculaires uniques.
- Parenchyme en cellules isolées dispersées parmi les fibres. Files de cellules composées de 4 à 6 éléments.
- Rayons 2-sériés, au nombre moyen de 12 par mm, de structure hétérogène : cellules couchées au centre et 2 à 4 rangées de cellules carrées et dressées aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires grosses et allongées. Présence de très gros canaux déformant les rayons qui les contiennent.
- Fibres à ponctuations aréolées.