Clusia rosea (Rollet, Antilles)

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Clusia plukenetii
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Garcinia humilis


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Planche 51 : CLUSIACEAE. V. Clusia mangle. A. Rameau. B. Fleur. C. Bouton floral. D, E. Fruit. VI. Clusia rosea. F. Rameau, fleur, fruit. G. Fruit.

Clusia rosea Jacq. Enum. Syst. Pl. : 34 (1760).

Synonymes : Clusia retusa Poir. in Lam. (1804).

Noms vernaculaires : La diversité des noms vernaculaires traduit la confusion dans la reconnaissance des espèces et le fait que plusieurs espèces peuvent pousser ensemble. DUSS considère C. alba et C. rosea comme variétés d’une même espèce, mais HOWARD restreint C. rosea à Anguilla et Barbuda. Précolombien : Kafa (Arawak), Kupey (Tainan). A : Wild mammee, balsam fig (Puerto Rico) ; Pitch apple (Puerto Rico, Anguilla) ; Balsam tree, Wild fig pour tous les Clusia, sans distinguer les espèces ; Scotchman, Scotch attorney (Trinidad) ; Autograph tree (Anguilla, Florida). Esp : Matapalo (Trinidad).

Description : Arbuste ou arbre, épiphyte, plus ou moins étrangleur par ses nombreuses racines aériennes ; jusqu’à 20 m de haut (BRITTON & WILSON) et 60 cm de diamètre (LITTLE & WADSWORTH). Feuilles : opposées, simples, entières, obovales, spatulées, épaisses, rigides, atteignant 23 × 15 cm ; pétiole épais, long de 1-2 cm, bien différencié, portant une cicatrice à la face interne (comme Garcinia) ; jeunes feuilles à face inférieure vieux rose ; exsudat jaune serin ; nervures peu visibles. Fleurs : Plantes dioïques ; fleurs roses, à (6-)7 (-9) carpelles. Fruits : subsphériques, de 4-8 cm de diamètre, avec 4 gros sépales à la base, et en général 7 valves ; déhiscence septicide, c’est-à-dire que le dos de chaque carpelle ne se fend pas, et que les carpelles se séparent selon leurs parois radiales. Couleur rouge vineux. Phénologie : sempervirent. Fleurs et fruits plusieurs fois par an. Habitat : entre 0 et 300 m. Souvent épiphyte sur d’autres arbres, ou rampant prostré couvrant les rochers dans les ravines, surtout sur calcaires. Tempérament : épiphyte héliophile.

Usages : L’exsudat serait purgatif ; emplâtres ; calfatage des canots. Bois brun rougeâtre, densité 0,8 durable (BRITTON & WILSON).

Distribution générale : Florida Keys, Bahamas, du Sud Mexique à Colombie ; Grandes Antilles ; Petites Antilles ; Trinidad, Venezuela, Guyanes ?, Brésil.

Distribution aux Petites Antilles : Anguilla, Barbuda, St-Martin, Dominique, Martinique.

Matériel examiné : Ag : récolté par Proctor, HOWARD & KELLOGG (STOFFERS). D : JÉRÉMIE 1118, entre Providence et Sylvania Estates, 450 m (P). M : HAHN 152, Mont Parnasse (P).

Observations : SM : Naked Boy Hill, 200-265 m (BOLDINGH, cité par STOFFERS).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; FAWCETT & RENDLE* 1926 ; FOURNET 1978 ; HOWARD 1989 ; HOYOS** 1983 ; LONGWOOD 1961 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; LITTLE and al.** 1967 ; MARSHALL 1939 ; NICHOLSON 1979 ; RECORD & HESS 1949 ; STOFFERS 1966 ; TOMLINSON* 1980 ; TUSSAC** 1808-1827.

Anatomie du bois

Clusia mangle : coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)

Clusia mangle, Clusia rosea :

  • Bois parfait brun clair à reflets dorés ou brun rose, assez peu distinct de l’aubier plus clair, plutôt dur et lourd (0,75 à 0,95 g/cm3), à grain fin, maille moyenne bien visible.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 6 à 15-(20) par mm2, difficilement visibles à l’œil nu (80 à 120 μm de diamètre moyen). Perforations des éléments vasculaires généralement uniques mais scalariformes dans l’appendice, rarement en grille avec une dizaine de barreaux ; ponctuations intervasculaires scalariformes.
  • Parenchyme limité à quelques cellules juxtavasculaires, rarement en mince manchon complet autour des pores. Files de cellules composées de 4 à 6 éléments. Chaînes de cristaux en macles observées chez C. mangle.
  • Rayons visiblement de 2 tailles (1- et 2-3-sériés), au nombre de 7 ou 8 par mm chez C. mangle, en majorité 3-4-sériés et au nombre de 3 ou 4 par mm chez C. rosea, de structure hétérogène : cellules couchées plus ou moins allongées au centre et cellules carrées et dressées en bordure et aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires grosses et étirées.
  • Fibres cloisonnées plus ou moins fréquentes, à ponctuations simples ou très légèrement aréolées.