Clusia mangle (Rollet, Antilles)

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Clusia major
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Clusia minor


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Planche 51 : CLUSIACEAE. V. Clusia mangle. A. Rameau. B. Fleur. C. Bouton floral. D, E. Fruit. VI. Clusia rosea. F. Rameau, fleur, fruit. G. Fruit.
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Clusia mangle L.C. Rich. ex Planch. et Triana Ann. Sci. Nat., ser. 4, 13 : 369 (1860).

Synonymes : Clusia venosa auct. non Jacq. (1760).

Noms vernaculaires : Fr : Palétuvier montagne, Mangle montagne, Mangle rouge montagne, Figuier maudit montagne ; Caquelin (Dominique). A : Kaklin (Dominique).

Description : Petit arbre de 10-25 cm de diamètre souvent nanifié par le vent, jamais épiphyte ; nombreuses racines adventives aériennes. Pied : tronc généralement prostré subhorizontal, porté sur des racines aériennes. Écorce : épaisseur totale 5-7 mm pour un diamètre de 18 cm. Aspect externe : noir à gris fer ou gris cendré, sublisse. Rhytidome : de 1 mm. Écorce vivante : après démasclage du rhytidome, la face externe apparaît en pourpre vif. Tranche grumeleuse : zone externe orange ; large zone interne pourpre ; exsudat ocre jaune. Aubier : jaune d’or. Feuilles : opposées, en bouquets à l’extrémité des rameaux épais ; sessiles, plus ou moins amplexicaules, 10-22 × 7-18 cm, obovales, épaisses, coriaces. Fleurs : 4 pétales blancs (plus petits que chez les autres Clusia). Fruits : jaunâtre, de la grosseur d’une petite olive, groupés sur des rameaux courts ; s’ouvrent en étoile (4-5 valves) avec un axe ailé en columelle, au centre ; dans chaque carpelle environ 10 graines entourées d’un arille orange. Phénologie : sempervirent. Fleurs, rarement visibles, de novembre à mars. Fruits de février à mai ; semblent mûrir lentement. Habitat : forêts et fourrés d’altitude entre 600 et 1230 m. Existe souvent en ceinture altitudinale (exemple entre 950 et 1230 m : Nez Cassé, Guadeloupe, un peu en dessous du sommet) ; constituant principal de l’Elfin woodland (Dominique) entre 750 et 900 m (Freshwater Lake, Trois Pitons). Tempérament : ne germe jamais au sol ; plastique pour les conditions de lumière.

Usages : Exsudat purgatif ; écorce contre le diabète. Note : les peuplements de Clusia du Parc Naturel des Trois Pitons (Dominique) ont été détruits par le cyclone DAVID le 29 août 1979 ; ils se reconstituent très mal.

Distribution générale : Endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe, Dominique et Martinique.

Matériel examiné : BT : HUC 1055, Bains Jaunes - Pas du Roy, 800-1050 m (GUAD) ; JÉRÉMIE 1922, Savane à Mulets, 1100 m (P) ; ROLLET 251, 1206, 2007, Bains Jaunes - Pas du Roy, 800-1050 m (GUAD) ; ROLLET 1010, Trace Karukera, 770-850 m (GUAD) ; SASTRE 1922, Savane à Mulets, 1100 m (P) ; ROUSTEAU 422 Bains Jaunes - Pas du Roy, 800- 1050 m (GUAD). D : CHAMBERS 2741, Morne Micotrin, vers Freshwater Lake, 600 m (P) ; NICOLSON and al. citent aussi 9 autres spécimens.

Observations : BT : Grande Découverte, Sans Toucher, Savane aux Ananas, 1000-1200 m (DUSS). M : deux stations observées : Morne Piquet où il est abondant (FIARD) ; Pitons du Carbet.

Bibliographie : (*Iconographie ; **couleur). DUSS 1897 ; FIARD** 1992 ; FOURNET 1978 ; HONYCHURCH* 1980 ; HOWARD 1989.

Anatomie du bois

Clusia mangle : coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)

Clusia mangle, Clusia rosea :

  • Bois parfait brun clair à reflets dorés ou brun rose, assez peu distinct de l’aubier plus clair, plutôt dur et lourd (0,75 à 0,95 g/cm3), à grain fin, maille moyenne bien visible.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 6 à 15-(20) par mm2, difficilement visibles à l’œil nu (80 à 120 μm de diamètre moyen). Perforations des éléments vasculaires généralement uniques mais scalariformes dans l’appendice, rarement en grille avec une dizaine de barreaux ; ponctuations intervasculaires scalariformes.
  • Parenchyme limité à quelques cellules juxtavasculaires, rarement en mince manchon complet autour des pores. Files de cellules composées de 4 à 6 éléments. Chaînes de cristaux en macles observées chez C. mangle.
  • Rayons visiblement de 2 tailles (1- et 2-3-sériés), au nombre de 7 ou 8 par mm chez C. mangle, en majorité 3-4-sériés et au nombre de 3 ou 4 par mm chez C. rosea, de structure hétérogène : cellules couchées plus ou moins allongées au centre et cellules carrées et dressées en bordure et aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires grosses et étirées.
  • Fibres cloisonnées plus ou moins fréquentes, à ponctuations simples ou très légèrement aréolées.