Calophyllum calaba (Rollet, Antilles)

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Clusiaceae
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Chrysochlamys caribaea


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Planche 49 : CLUSIACEAE. I. Calophyllum calaba. A. Rameau fleuri. B. Fruit. C. Écorce (coupe transversale). II. Chrysochlamys caribaea. D. Rameau fructifié. E. Fruits avec graines.
base du tronc
tranche
tranche

Calophyllum calaba L. Sp. Pl. : 514 (1753).


Synonymes : Calophyllum antillanum Britton (1924) ; Calophyllum jacquinii Fawcett & Rendle (1926) ; Calophyllum brasiliense var. antillanum (Britton) Standl. (1932).

Noms vernaculaires : Caraïbes : Calaba ; LOVEN (p. 420) suggère Mari-a. Fr : Galba (St Kitts, Guadeloupe, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Barbade). A : Wild mammee (Jamaïca) ; River marble (Barbade). Esp : Maria, Santa Maria (Puerto Rico).

Description : Grand arbre de 25 m et plus de hauteur, jusqu’à 1 m de diamètre (DUSS, QUESTEL, MARSHALL) ; même jusqu’à 2 m (Stevenson), le plus souvent beaucoup moins aux Petites Antilles. Pied : cylindrique à la base (ou avec pattes déchaussées par l’érosion). Écorce : épaisseur totale de 5-8 mm pour un diamètre de 33 cm. Aspect externe : ocre jaune grisâtre profondément fissurée en losanges noirâtres à marron foncé allongés verticalement, remplis de lenticelles ; aspect de bandelettes plates sinueuses verticales, anastomosées, séparant des zones sombre en creux et en forme de coques de bateau. Rhytidome : 2-3 mm, très dur, plusieurs couches. Démasclé : la face externe de l‘écorce est orange clair. Écorce vivante : en section transversale, masse orange clair avec petits massifs en chicane plus foncés, étroits, allongés tangentiellement ; un exsudat jaune vif perle surtout dans la moitié interne, peu abondant ; en section tangentielle : orange clair, carmin sous les lenticelles, fibreux. Aubier : blanc, rayons très fins ; pores fins visibles par le parenchyme en manchon, disposés en chaînettes obliques ; bandes minces de parenchyme circummédullaire clair. Feuilles : opposées, entières, elliptiques ; en coin à la base, apex arrondi ; nervures secondaires très fines, serrées et très régulièrement espacées (pectinées) ; glabres, luisantes sur les deux faces, 5-15 × 3-7 cm ; exsudat jaune ; jeunes feuilles orange. Fleurs : parfumées, blanches, à nombreuses étamines jaunes, en racèmes axillaires ou non plus courts que la feuille, polygames. Fruits : globuleux, verts, 2-3 cm de diamètre ; drupe à une seule grosse graine d’environ 3 cm de diamètre. Phénologie : sempervirent. Fleurs : mars à juillet. Fruits : août à décembre. Habitat : espèce assez commune ; plages sableuses, ravines, forêts et fourrés côtiers xérophiles ou semi-décidus sur sols pierreux, calcaires ou volcaniques, entre 0 et 400 m et même 550 m (Morne Rose, Martinique). Aussi sur crêtes et en forêts secondarisées. Tempérament : héliophile à semi-héliophile (MARSHALL : sciaphile au départ ; supporte le couvert ; plastique quant à l’humidité). Plantule : Type VIII. La graine reste au sol. Les pétioles cotylédonaires très épais s’insèrent juste au-dessus du collet. L’axe épigé porte un premier nœud de deux cataphylles opposées, parfois un peu décalées, puis des feuilles opposées. Les feuilles vert foncé, vernissées montrant des nervures d’ordre 2, nombreuses et parallèles. Lorsqu’on casse une feuille, des gouttelettes de latex clair perlent au niveau de chaque nervure rompue.

Usages : On l’emploie en haies pour abriter les plantations, en particulier à Ste-Lucie. Planté pour l’ornement et l’ombrage ; résiste aux embruns ; peut être taillé. Considéré comme un des meilleurs bois de Trinidad ; bateaux, canots caraïbes, construction, poteaux, meubles, manches, bardeaux. Médicinal : feuilles en infusion pour laver les plaies (Mathurin).

Distribution générale : Calophyllum calaba peut être considéré comme faisant partie d’une espèce collective (C. brasiliense Camb.) dont on reconnaît des variétés géographiques quelquefois érigées en espèces. Grande espèce distribuée du Mexique au Brésil et au Pérou, Grandes et Petites Antilles, Virgin Islands, Trinidad, Tobago.

Distribution aux Petites Antilles : Toutes les


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îles de l’Arc interne sauf Saba, St Eustache et les Saintes. Toutes les îles de l’Arc externe sauf Anguilla, St-Martin et St-Barthélemy.

Matériel examiné : BT : BÉNA 454, Lamentin (P) ; BÉNA 456, Fonds d’Or (P) ; FOURNET 4233, Baie Mahault - Bragelogne ? (P) ; HUC 1034, hauteurs de Baillif, St Robert (GUAD) ; QUESTEL 4558, Sofaia (P) ; ROLLET 69, plage Deshaies (GUAD). GT : BARRIER 3109, Labithie, Morne à l’eau (GUAD) ; ROUSTEAU 53, Chazeau, Grands Fonds (GUAD). MG : ROLLET 405, Folle Anse (GUAD). Dé : BARRIER 3017, Ravine Côte Nord (GUAD). D : NICOLSON and al. citent 12 spécimens (sous Calophyllum antillanum). M : HAHN 51, Mont Parnasse, Cocoyer (P) ; THIÉBAUT 8139, Route de Balata (P). B : Mc Intosh 45, Bath Valley (P).

Observations : BA : Un seul pied subsiste en 1965 (HARRIS). Dé : Pointe des Sables, 0 m ; Ravine Maître Pierre, 150 m ; Ravine Cybèle, 50-100 m ; Ravine de la Rivière, 200 m (DAVID & ROLLET). SL : Ravine Poisson, crête 150 m ; Millet Forest Reserve, 180 m (V. SLANE) ; Cul de Sac River, 400 m ; Union, 50 m (ROLLET). Gs : présent à Bequia (HOWARD). B : Hackleton Cliff, Joe’s River (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). BEARD 1944 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; DUSS 1897 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al.* 1965 ; Harris 1965 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD* 1952, 1989 ; JACQUIN 1765* , 1780* ; LIOGIER* 1983 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; LITTLE and al.** 1967 ; LOVEN 1935 ; MARSHALL 1939 ; MATHURIN 1980 ; NICHOLSON 1979 ; NICOLSON and al. 1991 ; PENNINGTON & SARUKHAN* 1968 ; QUESTEL 1941, 1951 ; STEVENSON 1925 ; WOODS 1951.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • (3)-9-18-22-23-25-(39)-49-50-53-(55)-57-(58)-66-69 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait brun rose orangé à brun violacé avec des ramages plus foncés sur dosse, bien différencié de l’aubier blanc grisâtre, mi-dur et mi-lourd (0,65-0,75 g/cm3), à grain moyen, maille très fine imperceptible.
  • Pores isolés, disposés en courtes files ou plages radiales ou obliques, au nombre de 8 à 10 par mm2, perceptibles à l’œil nu (110 à 150 μm de diamètre, plus quelques uns plus petits de 50-80 μm), souvent obstrués par des thylles brillants. Perforations des éléments vasculaires uniques.
  • Parenchyme en lignes ou bandes courtes à longues, la dernière en fin d’accroissement étant souvent rectiligne et continue. Files de cellules composées de 4-6-(8) éléments. Présence de cristaux, souvent par 2 ou 4, parfois en chaînes.
  • Rayons 1-sériés, au nombre de 8 à 12 par mm, de structure sub-homogène à légèrement hétérogène : cellules couchées au centre et 1 à 3 rangées de cellules carrées aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires grosses, rondes ou allongées.
  • Fibres à ponctuations simples.