Myrtaceae (Rollet, Antilles)

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Wallenia lamarckiana
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Blepharocalyx eggersii

[Les légendes des illustrations vont de gauche à droite et de haut en bas ; les qualificatifs se rapportent aux feuilles. Les dessins de feuilles sont repris dans la notice de chaque espèce.]

MYRTACEAE. Feuilles. Pl. I. Eugenia hodgei moyenne ; E. pseudopsidium de lumière ; Calyptranthes pallens moyenne ; E. lambertiana des Mamelles (G.) ; E. confusa d'ombre ; C. elegans moyenne ; E. biflora moyenne ; Myrcia fallax de lumière en altitude (G.) ; Myrcia deflexa de lumière en situation très ventée ; E. confusa de lumière ; E. albicans de lumière ; E. procera moyenne ; E. floribunda moyenne  ; Marlieropsis eggersii moyenne ; Myrcia splendens moyenne ; E. confusa de lumière en situation ventée
MYRTACEAE. Feuilles. Pl. II. E. lambertiana Martinique moyenne ; du nez cassé (G.) moyenne ; Guadelopue moyenne ; E. tapacumensis moyenne ; E. coffeifolia moyenne ; E. duchassaingiana moyenne ; Plinia pinnata ; E. trinervia d'ombre
MYRTACEAE. Feuilles. Pl. III. Myrcia platycada d'ombre ; Eugenia cf. oerstedeana moyenne ; E. gregii moyenne ; Pimenta racemosa d'ombre ; E. octopleura de lumière ; C. fasciculata moyenne ; M. leptoclada moyenne ; C. albicans d'ombre ; M. fallax de lumière ; C. forsteri moyenne ; E. octopleura d'ombre ; M. fallax d'ombre ; M. antillana moyenne ; M. deflexa moyenne
MYRTACEAE. Feuilles. Pl. IV. Myrcia citrifolia var. citrifolia de lumière ; M. c. var. imrayana de lumière ; M. platycada de lumière ; Eugenia cordata var. sintenesii moyenne ; Pimenta racemosa de lumière en situation ventée ; Myrcianthes fragrans moyenne ; Myrcia citrifolia var. citrifolia ? Morne Mazeau ; M. c. var. imrayana d'ombre ; M. platycada de lumière ; Siphoneugena densiflora moyenne ; E. monticola var. flaveovirens ; E. m. var. latifolius ; Myrcia citrifolia var. citrifolia d'ombre ; E. ligustrina moyenne ; E. axillaris moyenne ; E. rhombea moyenne ; E. uniflora moyenne


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MYRTACEAE


Famille très homogène, la plus riche en esp., représentée dans toutes les formations. F. opp., distiques (par torsion), entières (sauf Eugenia biflora), à points pellucides au moins visibles à la loupe (sauf Eugenia duchassaingiana). L’odeur est diagnostique dans quelques cas seulement. On arrive à déterminer toutes les espèces par les F. avec une étude attentive.

Les caractères d’écorce ajoutent beaucoup d’informations, ainsi que les conditions écologiques (altitude, formation), ce qui permet une détermination plus rapide. Le bois est d’un faible secours sans une étude microscopique détaillée impossible à utiliser sur le terrain.


RECONNAISSANCE DES MYRTACEAE SUR LE TERRAIN PAR LES FEUILLES ET AUTRES CARACTÈRES DENDROLOGIQUES par J. DAVID

INTRODUCTION

Il a paru utile de faire une étude dendrologique détaillée des Myrtaceae dont les espèces sont mal distinguées par les forestiers et nommées d’une manière confuse. Le nombre des espèces excède le dixième du total des arbres existant dans les Petites Antilles et leur détermination sur le terrain à tout moment de l’année est difficile au premier abord. D’après Mc VAUGH, il y aurait environ 52 espèces indigènes, arbres ou petits arbres atteignant 10 cm de diamètre, auxquelles s’ajoutent peut-être une espèce de Guadeloupe encore incertaine (Soufrière, As de Pique) et une espèce de Martinique (Piton Boucher) ; 47 ont été observées et récoltées ; Eugenia domingensis a été observé mais non récolté en fleurs ou fruits. Dans ce qui suit les genres les plus riches, Eugenia (26 à 28 espèces) et Myrcia (9 espèces) sont abrégés respectivement E. et M.

CARACTÈRES DENDROLOGIQUES

  • Feuilles : Entières (exceptionnellement et obscurément dentées au sommet chez E. biflora), opposées, distiques (disposées dans un plan), sans stipules.
  • Taille : La longueur est le caractère le plus significatif, base de la première subdivision de la clé en 3 grands groupes : moins de 7 cm, de 7 à 10 cm, de 15 cm et plus. Pour la surface, on utilise la classification de RAUNKIAER légèrement modifiée où chaque catégorie lepto-, nano-, micro-, etc... multiple de 9 à la précédente, est subdivisée en 2 sous-catégories multiple de 3 de la précédente (1 à 3, 3 à 9). Les tailles observées, entre 2 × 1 cm et 25 × 12 cm et plus, placent les feuilles de MYRTACEAE entre les grandes nanophylles 0,75 à 2,25 cm² et les petites macrophylles 182 à 546 cm². Voir ci-dessous VARIATIONS PHÉNOTYPIQUES.
  • Forme : Elle est très diagnostique à condition de séparer les feuilles de lumière des feuilles d’ombre ; l’incidence est particulièrement nette chez M. deflexa et M. fallax ; exemples : en cuiller : Gomidesia, et Feuilles de lumière des 2 M. précédents ; orbiculaire : M. citrifolia var. citrifolia ; lancéolée : E. albicans ; ovale : E. cordata var. sintenisii ; obovale : M. platyclada, E. hodgei, Pimenta ; cordée : E. gryposperma ; en selle de cheval : E. octopleura.
  • Acumen : Presque toutes les feuilles sont au moins légèrement acuminées ; l’acumen est absent dans au moins 7 espèces : E. cordata (var. sintenisii et var. cordata), E. hodgei, E. uniflora, Myrcia platyclada, Myrcianthes fragans, Pimenta racemosa.
  • Consistance : De très coriace (M. citrifolia var. citrifolia) à molle, moins consistante que du papier (E. monticola).
  • Nervation : La nervation secondaire est typiquement brochidodrome (festonnée en arches vers la marge) ; la nervure périphérique est unique (cas général), double (E. duchassaingiana) ou triple (E. trinervia) ; la principale, les secondaires et tertiaires peuvent être saillantes (ou non) sur une ou deux faces, sur le vert ou sur le sec.
  • Points pellucides : Leur taille, nombre, hétérogénéité en taille et en distribution, visibilité sur le vert et le sec à l’œil nu (visibles, subvisibles, invisibles) en transparence contre le soleil distinguent bien certaines espèces (voir la CLÉ).
  • Odeur : Contrairement à l’opinion commune, de nombreuses espèces ont des feuilles inodores. Le sens olfactif malheureusement inégalement développé entre les hommes n’est pris en compte que pour les espèces à odeur forte, ex. Pimenta, Myrcianthes.
  • Pilosité : Caractère très discriminant pour au moins 7 espèces, surtout à la face inférieure des feuilles : Calyptranthes fasciculata, E. (albicans, gregii), M. deflexa (sur la nervure principale, au contraire de M. fallax où elle est glabre) ; Gomidesia ; Plinia et Calyptranthes pallens sur les jeunes feuilles.
  • Couleur : Sur le frais, caractère très utile à condition d’être utilisé avec précaution ; seules les couleurs vives sont retenues (pétiole, limbe, nervure principale, jeune feuille). Ce caractère intéresse une vingtaine d’espèces. Voir aussi Rameaux et Écorces.
  • Rameaux : (Forme, ramification, couleur, pilosité). Observer les extrémités.
  • Forme : bicarénée (Calyptranthes elegans), quadricarénée (Psidium).


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  • Ramification : dichotomique dans un plan (Calyptranthes elegans et C. fasciculata).
  • Noueux : par l’insertion groupée des pédicelles floraux (E. dussii), persistants chez E. (lambertiana, hodgei).
  • Finement écailleux soulevé : M. leptoclada, Marlieriopsis (= Blepharocalyx).
  • Lisse : couleur verte (Psidium) ; sang caillé-hématite : Eugenia ? sp. nov. ? ; orange : Pimenta.
  • Tomentum épais roux : Gomidesia.


ÉCORCES

Aspect externe variable avec l’âge. (Fissuration, caducité, ornements, couleurs).

  • Fissuration-caducité : écorces caduques en larges plaques ou pans intéressant de grandes portions du tronc (caducité annulaire, ou « ring-bark » dans sa meilleure expression), laissant dessous une surface très lisse : pulvérulente au toucher (Myrcianthes) non ainsi (Psidium), avec cicatrices pimentoïdes (E. trinervia, E. rhombea, E. cordata var. sintenisii) ; caduques en longues lanières verticales se recroquevillant en rouleaux (« scrolls ») accumulés au pied de l’arbre, laissant une surface martelée-guillochée (pimentoïde) : Pimenta, Myrciaria ; caduques en plaquettes minces à contours en puzzle (type platanoïde) : MYRTACEAE sp. nov. ? ; caduques en écailles épaisses + orbiculaires, laissant une surface guillochée pimentoïde : Marlieriopsis (= Blepharocalyx), Calyptranthes pallens ; ± persistant en écailles allongées verticalement, soulevées-hérissées : E. confusa, E. pseudopsidium, Myrcia citrifolia var. imrayana.
  • Ornements : lenticelles en chaînettes horizontales (E. hodgei, E. monticola, E. pseudopsidium).
  • Couleur : dépend du rythme de caducité ; la couleur plus claire sous les plaques ou écailles fonce en prenant des teintes variées, blanc, beige, orange. L’aspect externe général est :
    • beige et noir : E. confusa
    • typiquement tricolore (blanc-beige-orange) : E. trinervia
    • orange + beige (moins blanc que E. trinervia) : M. antillana
    • à dominance orange : Myrcia citrifolia var. citrifolia, Pimenta, E. cordata var. sintenisii
    • vert bouteille très lisse : M. leptoclada
    • l’écorce juvénile de M. platyclada est noire (et rouge brique sous les plaques caduques).
  • Fragilité du rhytidome : pulvérulent entre les doigts (Gomidesia) ; aspect de farine blanche sous le liège (phelloderme) chez Calyptranthes forsteri, E. domingensis.

L’aspect interne sur le blanchis apporte des caractères diagnostiques additionnels : odeur (Myrcianthes) ; couleurs : gris noirâtre à hématite (Marlieriopsis), brun chocolat (M. deflexa, Gomidesia) mais la minceur de nombreuses écorces permet rarement de voir une structure.


TRONC et PIED

Le tronc est assez souvent légèrement musculeux (inégalement crevassé-lisse) ; le caractère est prononcé chez Calyptranthes forsteri.

Le pied est très variable avec l’âge. Les contreforts et les racines aériennes coexistent assez souvent mais d’une manière assez aléatoire. Certaines espèces en sont normalement dépourvues. Les grands contreforts aliformes sont pratiquement inconnus probablement parce que les espèces qui en sont pourvues sont peu nombreuses et qu’à l’intérieur d’une telle espèce les sujets qui atteignent de gros diamètres sont rares ; ils sont très décurrents chez E. domingensis, aliformes chez Marlieriopsis.

Les racines aériennes en arc-boutants sont bien développés chez Eugenia ? sp. nov. ? ; elles semblent facultatives chez Plinia, M. antillana, M. citrifolia var. imrayana, Calyptranthes forsteri, E. trinervia.

Les plus grands diamètres observés seraient probablement plus forts sans les exploitations abusives antérieures : Pimenta 70 cm, Marlieriopsis 70 cm, E. domingensis 70 cm, Myrcianthes et E. pseudopsidium 50 cm, Calyptranthes forsteri 35 cm.


ÉCOLOGIE

L’amplitude écologique des espèces est en général très variable, et celles qui sont fidèles à un type de forêt ne sont pas la majorité. Sur 40 espèces, 12 sont inféodées aux forêts sèches, 7 aux forêts d’altitude, au moins 11 espèces sont rencontrées dans deux types de forêts différentes, 10 ont une très grande amplitude altitudinale (notée en centaines de mètres) :

    • Calyptranthes fasciculata O.Berg, 3-10
    • Eugenia lambertiana DC., 0-8
    • Eugenia trinervia Vahl, 1-8
    • Marlieriopsis (Blepharocalyx) eggersii Kiaerskov, 1-12
    • Myrcia antillana Mc VAUGH, 1-8
    • Myrcia citrifolia (Aubl.) Urb. var. imrayana (Griseb.) Stehlé et Quentin, 1-9
    • Myrcia deflexa (Poir.) DC., 1-10
    • Myrcia fallax (Rich.) DC., 1-11
    • Myrcia platyclada DC., 3-12
    • Myrciaria floribunda (West ex Willd.) O.Berg, 0-9


ESPÈCES ENDÉMIQUES ET NATURALISÉES. SPÉCIATION

Sur les 52 espèces considérées, au moins 13 sont endémiques des Petites Antilles, soit 25 %. Parmi les espèces introduites, les Leptospermées (Eucalyptus, Callistemon, Melaleuca) et Myrtus communis ne semblent pas se naturaliser. Par contre Psidium guajava, d’introduction plus ancienne, est fréquent dans les espaces ouverts, tandis que Syzygium jambos colonise les bas-fonds mouilleux, surtout en altitude où l’espèce constitue des peuplements presque purs. D’autres


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Syzygium (malaccense, samarangense), Psidium longipes et E. uniflora sont en voie de naturalisation par endroits. L’existence de certaines espèces est controversée : E. megalocarpa, E. lambertiana à gros fruits (Mamelles en Basse-Terre) et ses diverses variétés de Guadeloupe et de Martinique. Il semble bien qu’on puisse parler de spéciation active dans le cas de E. lambertiana.


VARIATIONS PHÉNOTYPIQUES

La taille, la forme et la consistance des feuilles sont très influencées par leur position dans le profil (sous-bois, partie supérieure des houppiers), par l’altitude et l’effet de crête (vent) et par le type de forêt. Les 4 planches synoptiques illustrent ces effets pour plusieurs espèces : Voir les feuilles d’ombre et de lumière pour E. pseudopsidium, E. confusa, M. fallax, M. deflexa, ect... L’effet est particulièrement notable pour ces 2 dernières espèces qui en position supérieure de la canopée sont petites, très coriaces et en cuiller alors qu’elles sont beaucoup plus grandes, moins coriaces et à limbe étalé en sous-bois. Les points pellucides sont plus visibles en saison sèche. La variation affecte aussi les écorces et le pied de l’arbre. Avec l’âge, l’écorce peut changer de couleur, de type de fissuration et naturellement d’épaisseur tandis que les contreforts, racines aériennes et chevelus se développent en dimensions.


Clé des Myrtaceae

N.B. : Les éléments de cette clé ont été fournis par Jean DAVID. Voir les Myrtacées dans le Vol. 2. avec les dessins de feuilles. Parmi les 75 familles traitées les Myrtacées constituent la famille la plus riche en espèces d’arbres et arbustes (> 10 cm diam. soit 53 taxons : 45 espèces, 2 variétés + 2 encore indéterminées + 4 à statut incertain dont certaines sont peut-être de bonnes espèces et d’autres des variétés d’espèces déjà nommées. Bien qu’il y ait des espèces faciles ou très faciles à déterminer, la majorité des espèces est difficile à identifier. Les caractères suivants sont utilisés : la longueur moyenne de la feuille est essentielle à considérer, puis les caractères de la nervation, de l’acumen, du pétiole, des points pellucides, de l’odeur, du rameau, de l’écorce, du type de forêt et de l’altitude. Les feuilles d’ombre et les feuilles de lumière sont en général très différentes.

1. Longueur des F. de 15 à 25 cm et plus
    2. Pas de points pellucides visibles ; pas de nerv. périphérique nette, nervation atypique pour une Myrtacée [Fr. ± ellipsoïde cylindrique comme des petites dattes 2 × 1 cm couvrant le rameaux ; esp. très ramiflore] Eugenia duchassaingiana
   2. Nerv. marginale très saillante dessous, festonnée à plus de 1 cm du bord ; points pellucides fins, serrés, peu visibles sur le sec ; écorce bariolée (trois couleurs vives : orange, beige, blanc) Eugenia trinervia
1. Longueur moyenne des F. entre 7 et 15 cm et plutôt entre 10 et 15 cm
   2. F. à odeur forte un peu nauséeuse (citron + savon ou orange amère) ; points pellucides gros et nombreux ; 2 nervures marginales (l’une fine tout près de la marge ; l’autre à moins de 5 mm du bord) ; écorce orange vif à rouge brique ; souvent racines aériennes en contreforts et chevelu Myrcia antillana
   2. F. sans odeur forte
      3. F. lancéolée pendante ; F. de lumière coriace, acuminée toujours en cuiller et pendante (F. d’ombre plus grande, plane et distique) ; points pellucides nets, nombreux
         4. Poilue à la face inf. sur nerv. princip. et secondaires ; tranche de l’écorce chocolat à gris noirâtre Myrcia deflexa
         4. Sans poils sur F. adulte, tranche de l’écorce orangée ; points pellucides invisibles sur vieilles F. (très gros sur jeunes F.) ; F. de lumière à bords roulés (+ coriaces que M. deflexa) ; plusieurs formes ; pied et racines orange vif Myrcia fallax
      3. F. cordiforme-auriculée, subsessile, épaisse, coriace, acuminée ; pas de points pellucides visibles sur le sec ; rhytidome farineux blanc, tranche vieux rose ; souvent racines aériennes Calyptranthes forsteri
      3. F. en cuiller, très coriace à pilosité ferrugineuse à fauve, abondante (F. d’ombre ou de lumière) ; rameaux épais ferrugineux Gomidesia lindeniana
1. Longueur moyenne des F. plutôt entre 7 et 10 cm
   2. F. à tomentum, formes ou débourrement typiques, ou écorce très caractéristique (5 espèces)
      3. Tomentum beige ou fauve à la face inf. ; F. ovale (à acumen court arrondi ou sans acumen) ; côte saillante convexe sur les 2 faces Eugenia gregii
      3. Sans tomentum ; sans odeur particulière sauf Eugenia ? non oerstediana, voisin de Myrcianthes à F. orbiculaire, esp. d’altitude
         4. F. ovale à orbiculaire assez aromatique ; côte en creux à la face sup. ; rameaux couleur hématite ou sang séché ; écorce sublisse, souvent racines aériennes ; espèce au-dessus de 700 m Eugenia ? (non oerstediana) voisin de Myrcianthes, sp. nov. ?
         4. F. en toit inversé (bords relevés, section transversale en V), plutôt érigées. Nervation brochidodrome (la plus festonnée de toutes les Myrtacées avec E. trinervia). [Fr. en petites poires dressées, violacées] Eugenia octopleura
         4. Non ainsi
            5. Débourrement des jeunes F. blanches laineuses ; gros bourgeons vêtus à écailles peu nombreuses ; F. adulte lancéolée très acuminée à côte saillante convexe à la face sup. ; nerv. secondaires peu visibles. [Fr. côtelé orange ressemblant à un potiron miniature] Plinia pinnata
            5. Ecorce à liège soulevé caduc en fines pellicules rouge brique montrant dessous une surface très lisse vert bouteille ; F. lancéolée acuminée sans points pellucides Myrcia leptoclada
   2. F. sans ces caractéristiques ; au moins 6 espèces (délicates à distinguer). Toutes ont l’écorce orangée rougeâtre ; 2 variétés d’altitude d’E. lambertiana qui pourraient être érigées en espèces ont des F. coriaces.
      3. Points pellucides hétérogènes en taille et répartition ; F. 7 à 12 cm de long à côte non saillante à la face sup. ; Forêt dense et /ou d’altitude. Espèce variable (ou groupe d’espèces) ; plusieurs variétés distinguables
         4. F. coriace [gros Fr. sphérique 2 cm diam. ou plus]
            5. F. sessile cordée (rappelant Calyptranthes forsteri, mais chez forsteri la côte est saillante à la face sup.). Mamelles (Guadeloupe) à 700 m [mérite d’être érigée en espèce] Eugenia lambertiana à gros fruit
            5. F. coriace à base ronde. Nez Cassé (Guadeloupe) [mérite d’être érigée en espèce] Eugenia lambertiana var. megalocarpa
         4. F. papyracée ; rameau hérissé par les vieux pédicelles fasciculés, pérennes après la chute des Fr. orange, puis noirs
            5. Base en coin Eugenia lambertiana
            5. F. plus petite, 5 à 8 cm, parfois en toit inversé -id.- forme de Martinique
      3. Points pellucides fins et serrés ; F. papyracée
         4. F. 7 à 13 cm de long, pétiole 3-7 mm canaliculé devenant liégeux. Ecorce grattée un peu farineuse [Fr. sphérique rouge vif avant maturité] Eugenia coffeifolia
         4. F. de taille très variable (F. de lumière 5 à 7 cm long, F. d’ombre jusqu’à 15 cm de long), pétiole canaliculé poilu ; toutes formations entre 0 et 300 m. Ecorce de jeunesse sublisse gris jaunâtre rappelant E. monticola ; Ecorce adulte caduque en plaques, donnant des cicatrices blanches virant à l’orange et rappelant Pimenta Eugenia pseudopsidium
         4. F. lancéolée en toit inversé, environ 10 cm de long à nerv. principale et secondaires blanchâtres ; la principale non saillante à la face sup. ; forêt sèche entre 0 et 200 m ; pédicelles des Fr. fasciculés pérennes comme E. lambertiana (espèce non admise par HOWARD) ; l’écorce rappelle Pimenta sans l’écorce en « scrolls » Eugenia tapacumensis
1. Longueur moyenne des F. de lumière inférieure à 7 cm (les F. d’ombre jusqu’à 2 fois cette longueur)

Rappel terminologique des tailles (Classification de Raunkiaer modifiée avec des sous-classes) : nano 2 entre 0, 75-2, 25 cm² ; micro 1 : 2, 25-6, 75 cm² ; micro 2 : 6, 75-20 cm². La plus petite F. de Myrtacée est celle de Eugenia monticola var. flavovirens : elle est molle et a environ 2 × 1 cm (nano 2) ; celle de E. foetida varie entre 2 × 0, 7 et 3, 5 × 1, 5 cm (nano 2 à micro 1) ; elle est coriace ; celles de Marlierea guildingiana et de Myrcia ramageana sont des micro 1 et comme E. foetida sont coriaces et de zone sèche. D’autres esp. (E. confusa, E. rhombea, E. axillaris) sont dans le même cas. Voir les planches de DAVID in Vol. 2. On remarquera que les esp. à petites F., entre nano 2 et micro 1 sont concentrées en zone sèche et en forêt d’altitude.

   2. Tomentum coloré à la face inf.
      3. Cuivré Calyptranthes fasciculata
      3. Blanc (mordoré sur les jeunes F.) ; F. très lancéolée Eugenia albicans
   2. Rameau bicaréné ; ramification dichotomique dans un plan, points pellucides invisibles à l’œil nu ; pétiole moins de 5 mm ; forêt semi-décidue Calyptranthes elegans
   2. Formes spéciales des F.3. Légèrement crénelée au sommet (exceptionnel chez les Myrtacées) ; pétiole canaliculé Eugenia biflora
      3. F. de lumière en cuiller, inodore (la F. d’ombre ressemble à Myrcia platyclada, v. ci-dessous) Myrcia citrifolia var. imrayana
   2. Odeur dans la F. froissée
      3. Odeur de citronnelle (ou de clou de girofle) ; rhytidome caduc en « scrolls » ; écorce orange vif lisse. Forêt sèche et semi-décidue ; F. à taille très variable selon la station Pimenta racemosa
      3. Forte odeur de goménol ; gros points pellucides ; F. elliptiques coriaces, côte blanche non saillante à la face sup. ; écorce type Pimenta. Forêt humide entre 100 et 1000 m (F. micro 1 à micro 2) Myrcia platyclada
      3. Sans odeur nette
         4. Nervures secondaires fines, parallèles, serrées ; nervation tertiaire réticulée, nombreux gros points pellucides visibles sur le frais et sur le sec ; pétiole moins de 5 mm ; canaliculé ; forêt dense jusqu’à 600 m et zone sèche ; F. longuement acuminée Myrcia splendens
         4. Nervation non ainsi
            5. Forêt d’altitude, plus de 600 m en général
               6. Gros points pellucides visibles sur le frais ou sur le sec ; F. obovale ou elliptique révolutée ; côte blanc verdâtre très saillante à la face sup. ; F. micro 1 ; entre 600 et 1200 m. Siphoneugena densiflora
               6. Points pellucides fins, nombreux, visibles sur le frais ; F. obovale très coriace un peu roulée sur le bord ; jeune rameau à écorce lisse carmin ; écorce brun rouge (Piton Boucher, 1000 m, Martinique) Myrcia (sp. nov. ?)
            5. Forêt humide entre 100 et 1200 m ; F. elliptique lancéolée en coin à la base, souple, micro 2, longuement acuminée, points pellucides très fins ; nerv. périphérique peu ourlée ; nerv. secondaires irrégulièrement pectinées. La F. a une vague odeur de thym Blepharocalyx (Marlieriopsis) eggersii
            5. Forêts et fourrés secs, ou semi-décidus (v. aussi M. splendens ci-dessus)
               6. Ramification dichotomique (rameau non bicaréné) ; jeune rameau et jeune F. à tomentum ferrugineux fugace ; F. très distique, très acuminée, pétiole moins de 5 mm
N.B. : La nervation secondaire des 3 Calyptranthes (elegans, pallens, fasciculata) se ressemble
Calyptranthes pallens
               6. Ramification non dichotomique
                  7. Lenticelles fines en chaînettes horizontales presque continues sur l’écorce
                     8. F. molle pendante, apex arrondi, points pellucides rares, pétiole cylindrique
N.B. : La var. flavovirens a des F. beaucoup plus petites.
Eugenia monticola
                     8. F. non molle ; apex obtus, obovale ; pétiole canaliculé jaune ; rameau hérissé par les pédicelles persistants fasciculés, plus courts et plus fins que E. lambertiana ; tranche de l’écorce carmin Eugenia hodgei
                  7. Absence de lenticelles fines en chaînettes sur l’écorce
                     8. Acumen absent
                        9. F. lancéolée large, apex arrondi, pétiole jaune canaliculé ; écorce type Pimenta (même très jeune) mais gris beige Eugenia rhombea
                        9. F. orbiculaire très épaisse, très coriace, révolutée ; gros points pellucides peu nombreux Myrcia citrifolia var. citrifolia
                        9. F. obovale, face sup. mate glauque, côte blanchâtre contrastant avec le limbe, saillante à la face sup. ; pétiole court, 2 mm, carmin, plat à la face sup. ; écorce caduque en plaques épaisses laissant des cicatrices orange à vieux rose Eugenia cordata var. sintenisii
                        9. F. cordée jusqu’à 4 cm long ; variété à St-Barth seulement, (aussi à Puerto Rico) Eugenia cordata var. cordata
                        9. F. elliptique en coin à la base 10. Face sup. très luisante vert bouteille Eugenia ligustrina
                           10. F. non luisante, mate ; Anguilla, St-Martin, St-Barth seulement ; pétiole 1-2 mm Eugenia foetida
                     8. Acumen peu net ; F. pendante ; pétiole brun rouge canaliculé assez long, 5 à 8 mm ; nerv. second. visibles face sup. [Fr. souvent parasité devenant pustuleux] Eugenia axillaris
                     8. Acumen net
                        9. Consistance papyracée
                           10. Pas de points pellucides visibles. Ecorce type Pimenta avec scrolls (même jeune mais non orange), gris beige verdâtre ; F. pendante, nerv. peu visibles sur le sec ; le plus long acumen de toutes les Myrtacées Myrciaria floribunda
                           10. Points pellucides visibles, petits, nombreux ; pétiole cylindrique, moins de 5 mm ; nerv. second. à 45° brochidodrome festonnée Eugenia procera
                        9. Consistance coriace
                           10. F. de lumière lancéolée luisante ; nerv. saillante en fin réticulum, points pellucides toujours bien visibles sur le frais ou le sec, pétiole jaune canaliculé. Rhytidome loqueteux (soulevé) noirâtre et beige caractéristique Eugenia confusa
                           10. F. oblongue vernissée à la face sup., 35 × 25 mm, très épaisse, très coriace, révolutée, fin réticulum quadrillé très saillant sur les 2 faces (sur le sec) ; acumen très net mais court 1-2 mm ; rameau [et Fr.] tomenteux (récolté seulement en Dominique et à St Lucie) Myrcia ramageana
                           10. F. elliptique lancéolée 45 × 20 mm ; rameau finement crêté ; nerv. second. faiblement saillantes sur les 2 faces, irrégulièrement pectinées ; rameau non tomenteux Marlierea guildingiana

Notices par espèce


MYRTACEAE introduites