Thyméléacées (Le Floc'h, 1983)
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Thymelea microphylla
275. Thymelea microphylla Coss. et Dur. [III/867 ; p : 546] [sic : tome II] THYMELEACÉES
- Nom accepté : Thymelaea microphylla
M. - On fait mûrir les furoncles par application de cataplasmes préparés à partir de feuilles de Thymelea microphylla (ar. = metnen) écrasées, mélangées à du lait de chèvre ou de vache et chauffées (REYNIER, 1954).
T. - D'après RODIN et al., (1970) cette plante n'est pas broutée par le bétail pour les mêmes raisons que celles invoquées pour Thymelea hirsuta (n° 276).
D. - Pour le chauffage des fours (BARDIN, 1944), on utilise éventuellement cette espèce (cf. à Artemisia campestris n° 430) qui est aussi employée pour la fabrication improvisée des cordes et de lacets.
Thymelea hirsuta
276. Thymelea hirsuta (L.) Endl. [II/868; p:546]
- Nom accepté : Thymelaea hirsuta
M. - Connue sous la dénomination « ef ftitisa » cette « passerine » est utilisée dans la région de Rabat comme purgatif (RENAUD et COLIN, 1934).
LOUIS (1979) signale que dans le Sud tunisien, elle entre dans la préparation d'emplâtre (cf. à Polygonum equisetiforme n° 093). C'est probablement ce même emploi que nous avons relevé dans la région de l'Ouara (frontière tuniso libyenne) où on utilise cette espèce (ar. = metnen) sous forme de compresse pour faire désenfler les abcès.
Nous avons relevé une indication de médecine vétérinaire dans le Sud tunisien (région des Ababsas) où les cendres de cette espèce, appliquées sur le nez des brebis constitueraient un bon remède contre les écoulements de nez et les rhumes.
T. - Cette espèce (ar = metnen) est souvent physionomiquement dominante du fait de son faible intérêt pastoral (elle contient des glucosides et des alcaloïdes toxiques la faisant rejeter par le bétail) (RODIN et al., 1970).
D. - On connaît également quelques autres usages :
- le bois est récolté pour le chauffage des fours (cf. à Artemisia campestris n° 430) (BARDIN, 1944).
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- Les fibres sont utilisées pour le tressage de cordes (TROTTER, 1915 ; BOYKO, 1954) et de nattes (TROTTER).
- Les tiges et rameaux sont utilisés pour la confection de balais (CHOUMOVITZ et SERRES, 1954).
Daphne gnidium
277. Daphne gnidium L. [III/ 869; p: 546] [sic : tome II] THYMELEACÉES
- Nom accepté : Daphne gnidium
Quoique dans la Flore de la Tunisie, D. gnidium var. sericea Faure et Maire soit le seul taxon signalé, nous avons rapporté ici l'ensemble des indications concernant D. gnidium L. (combinaison retenue dans Flora europaea) puisque dans les autres Flores relatives à l'Afrique du Nord (BATTANDIER et TRABUT, 1902; OZENDA, 1977; NEGRE, 1961; QUEZEL et SANTA, 1963) il n'est pas retenu de subdivision de cette espèce.
Les usages les plus courants concernent la teinturerie et quelques applicattons en thérapeutique traditionnelle.
M.T. - La violente toxicité des fruits est signalée par GATTEFOSSÉ (1921) qui ajoute, que la poudre de l'écorce, très vesicante, est utilisée comme abortif et que la propriété révulsive des feuilles est considérée favorable au cuir chevelu.
Les emplois en pharmacopée sont, essentiellement, rapportés par PARIS et MOYSE (1967) selon lesquels :
- l'écorce et les fruits ont des propriétés vésicantes,
- l'écorce fraîche ou trempée dans le vinaigre était utilisée comme révulsif et antirhumatismal,
- l'écorce et les fruits sont utilisés comme purgatif,
- cette espèce est encore employée à la campagne, comme raticide et en médecine vétérinaire, mais son emploi délicat en médecine humaine fait que cette drogue est aujourd'hui quasiment inusitée.
En Tunisie aussi, LEMORDANT et al. (1977) rappellent les propriétés révulsives, vesicantes et toxiques de l'espèce (ar. jaouz er raian ; fr. = garou, sainbois).
D. - Les propriétés tinctoriales du « garou » sont réputées et les feuilles sont employées pour teindre les cheveux.
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Au Maroc, RENAUD et COLIN (1934) ont signalé que cette plante, « el Jzaz », était apportée au marché par les femmes de la campagne et employée pour teindre, la laine et la soie, en jaune ou en brun noir (avec addition de sulfate de fer). Cet emploi est encore réel (BELGHAZI, comm. verb.) au Maroc où dans la région d'Oulmès, la plante séchée et mélangée à de 1a terre riche en oxyde de fer, puis bouillie avec la laine, teinte celle-ci en noir.
En Tunisie, GOBERT (1940) note pour la fleur une constitution aromatique voisine de celle du Jasmin du Cap « fel » et signale le fait que les paysans de Kroumirie la porte sous la chéchia comme en ville on porte le jasmin.