Physalis (Potager d'un curieux, 1899)
Sommaire
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Physalis du Pérou
Nom accepté : Physalis peruviana
Herbe vivace, haute de 0m,50 à 0m,70, revêtue d'un duvet dense composé de poils simples ; tiges dressées, un peu rameuses ; feuilles tomenteuses, cordiformes, acuminées, entières ; en avril-octobre, fleurs jaunes, maculées de pourpre; anthères violettes ; calice accrescent, vésiculeux, de couleur pâle à peu près uniforme, enveloppant une baie de la grosseur d'une Cerise, d'uu jaune orange à la maturité (1).
Nous considérons le Physalis peruviana comme très
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(1) Miller, Dictionnaire des Jardiniers, 28 édit., vol. V, p. 604, décrit, sous le nom de Physalis peruviana, le Nicandra physaloides, qui en est tout à fait distinct. C'est une plante annuelle, pouvant atteindre 1 mètre et plus de hauteur, glabre, à fleurs campanulées, bleues et à fruit non charnu. Le Nicandra est cultivé pour l'ornement des jardins.
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supérieur à toutes les autres espèces du genre, et nous en avons poursuivi la propagation avec tout le zèle possible. Ses graines nous sont venues en 1878 de la Nouvelle-Calédonie (1). Notre excellent correspondant, M. V. Perret, directeur du pénitencier agricole de la Dumbéa, ne connaissait pas le nom de la plante et nous la désignait simplement comme une Solanée à fruits
Fig. 64. — Physalis du Pérou.
comestibles ; mais il paraît qu'elle avait été depuis longtemps introduite en Océanie. Dans l'intéressante publication qu'il a faite en 1875, dans les Mémoires de la Société des sciences naturelles de Cherbourg, tome XIX, et dont il a bien voulu nous donner un des exemplaires tirés à part, M. le capitaine Jouan cite le Physalis peruviana L. parmi les plantes médicinales. Notre Physalis se
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(1) Le Physalis peruviana existait au Muséum, mais rien n'avait appelé notre attention sur lui avant l'envoi de M. Perret.
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nomme Konini aux îles Marquises, et, selon Jardin, est employée par les naturels en compresses contre les maux de tête.
Mais c'est comme fruit comestible propre à confectionner des tartes, des sirops, des confitures et divers articles de confiserie, qu'on recherche les baies du P. peruviana et qu'on cultive au Pérou, au Cap, aux Indes, etc., la plante qui les produit.
Dans un mémoire intitulé : Enumeracion de los generos y especes de plantas, etc., M. Martinet, professeur d'histoire naturelle à Lima, dit : « On mange les fruits parfumés du Physalis peruviana ».
Dans le Manuel de jardinage pour le Bengale, que nous citons quelquefois, nous trouvons un chapitre consacré à notre plante, que nous reproduisons intégralement. Le Physalis peruviana y porte en anglais les noms de Peruvian cherry, Cape gooseberry. « Plante vivace, dit le manuel, herbacée, originaire du Pérou, naturalisée au Cap et très généralement cultivée dans ce pays-ci.
« Le fruit, qui ressemble exactement à celui de l'Alkékenge des jardins anglais, dont il est assurément le très proche parent, est enfermé dans un appendice de feuilles sèches (1).
« Il est d'une couleur d'ambre claire, du volume et de la forme exacts de la Cerise, et délicieux et utile autant qu'aucun des produits de la campagne. Il n'est peut-être pas au monde de fruit qui fournisse une plus exquise confiture.
« Les graines doivent être semées en mai ou juin, et le plant est mis en place, en pleine terre, en ligues
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(1) Le calice se développe en même temps que le fruit, le couvre entièrement et se dessèche avant la récolte.
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« distantes de 4 pieds et à 2 pieds de distance l'un de l'autre.
« Les plantes peuvent prospérer dans une terre ordinaire de jardin, mais, de préférence, dans celle qui a reçu un peu d'engrais. Lorsqu'elles sont hautes d'environ 8 pouces, elles doivent être buttées à moitié de leur hauteur. Lorsqu'elles fleurissent, il y a avantage à pincer le bout des jets pour qu'ils ne s'étendent pas trop, et aussi pour procurer plus de nourriture au fruit, - « Les baies mûrissent pendant les mois de janvier et de février. Quoique vivace, le Physalis doit être cultivé comme plante annuelle, et les vieux pieds, après avoir donné des fruits une fois, doivent être arrachés et jetés. Lorsque la saison est venue, on doit semer pour faire une nouvelle plantation.
« La plante est délicate et ne supporte pas beaucoup de froid. J'ai essayé plusieurs fois de la cultiver à Ferozepore, mais sans succès. Elle végétait vigoureusement pendant toute la saison chaude, mais le froid venait détruire mon abondante récolte avant qu'elle fût mûre. »
Le dernier paragraphe du livre de l'auteur anglais est applicable aux cultures du Physalis pratiquées sous le climat de Paris, et, tout récemment, une plantation qui nous promettait de 80 à 100.000 fruits ne nous en a donné que 2.000 parfaitement mûrs. Tout le reste a été détruit par une gelée de 2 degrés.
C'est dans le Midi que la culture du Physalis sera fructueuse. Que les cultivateurs du littoral méditerranéen veuillent bien s'y livrer, et ils pourront, avec quelques précautions, conserver les fruits pendant toute la durée de l'hiver, les expédier à Paris en quantité illimitée et en obtenir un prix largement rémunérateur.
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Des baies cueillies le 7 mars, à Antibes, ont été adressées à un membre de la Société d'Acclimatation, qui nous les a données. Leur maturité et leur fraîcheur étaient irréprochables. Nous ferons connaître en quelques mots nos procédés de culture. On observera qu'ils sont propres au climat des environs de Paris, et qu'ils devront être modifiés au nord et au sud de cette région: Nous semons en mars sur couche et sous châssis.
Lorsque le plant est à point, nous le mettons en godets, toujours sur couche et sous châssis, un seul pied par godet. Vers la fin de mai, nous mettons en place en pleine terre, à lm,10 de distance en tous sens.
La plantation reçoit deux binages pendant la saison.
Nous supprimons tous les bourgeons inférieurs et ne conservons que les rameaux supérieurs. Nous pinçons dès que ces rameaux sont en fleur.
La récolte commence en septembre et se poursuit jusqu'aux gelées. Les fruits ne sont mûrs qu'après dessiccation complète du calice qui les enveloppe.
Dans nos départements du Nord, on devra faire des boutures de Physalis peruviana en même temps que celles des Pelargonium, leur faire passer l'hiver à côté de ces derniers et les planter en même temps, lorsqu'il n'y aura plus de gelées à craindre.
Au sud de la Loire, on pourra semer en pépinière en, pleine terre. Sur le littoral de la Méditerranée, on récoltera tout l'hiver en protégeant les plantes contre la gelée.Les baies récoltées doivent être placées dans un lieu froid et sec. Elles se conservent parfaitement pendant quatre mois. Cueillies dans le Midi à la fin d'octobre, elles fourniront donc l'aliment d'un commerce très lucratif jusqu'au mois de mars ; nous disons très lucratif,
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parce qu'on obtiendra toujours un bon prix d'un fruit qui se conserve frais pendant tout l'hiver.
Le Physalis peruviana est extrêmement productif ; nous avons vu des pieds chargés de plus de cent fruits.
Nous n'exagérons nullement en estimant à 400.000 le nombre de baies que produira l'hectare dans nos départements des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouches-duRhône, de l'Hérault, etc.
Ces baies voyagent bien et arriveront à Paris en parfait état. Les confiseurs et les pâtissiers les achèteront, et, lorsque la concurrence aura baissé les prix, la population ouvrière, toujours avide de fruits, s'en emparera à son tour.
Les baies mûres du P. peruviana, mangées dans leur état naturel, sont agréables, mais inférieures aux Fraises, aux Cerises, etc.
Elles sont bonnes en compotes ; l'industrie du confiseur et du pâtissier les rend excellentes. Le confiseur les prépare au fondant et au caramel. Il en fait des confitures et un sirop exquis. Elles suppléent, chez le pâtissier, tous les fruits dont il fait des flans et des tartelettes.
La maison T... en a fait des confitures et un sirop qui ne le cèdent en rien à ce qu'on connaît de meilleur à Paris.
La maison B... a vendu, dans l'espace d'une saison, 30.000 baies confites au fondant et au caramel. Les fruits que ces maisons ont employés leur avaient été livrés par un de nos amis, amateur éclairé d'horticulture, auquel nous avions fourni des graines.
Au moment où nous achevons la préparation de la troisième édition du Potager d'un curieux, ils continuent à être recherchés par les confiseurs, qui en manquent tous les hivers.
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Nous pensons que le Physalis peruviana doit être cultivé et propagé, et nous sommes heureux de voir que nos efforts pour le faire entrer dans la consommation n'ont pas été vains.
Physalis violet
Nom accepté : Physalis philadelphica
Plante annuelle, originaire de la Virginie et du Mexique, fleurissant pendant presque tout l'été, glabre sur toutes ses parties, qui, examinées à la loupe, paraissent cependant légèrement pubescentes. Tige rameuse, anguleuse, dressée, haute d'environ 1 mètre, renflée à
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(1) Les graines de cette plante ont été remises à la Société nationale d'Acclimatation vers 1873-1874, par M. Balarce, ministre de la République Argentine à Paris.
Elles furent distribuées sous le nom de Petite Tomate du Mexique. M. Bossin, après avoir cultivé la plante, la considéra comme une espèce nouvelle et la décrivit sous le nom de Physalis edulis, déjà appliqué à une espèce absolument distincte (Bull. Soc. d'acclimat., 1875, vol. Il, p. 69).
C'est cette même plante que M. Carrière vit sans indication d'origine dans le jardin de la Société d'Horticulture d'Étampes, qu'il figura et décrivit dans le numéro de la Revue horticole du 16 mai 1882, en l'appelant P. violacea.
Or, la plante n'était pas nouvelle ; Jacquin (loc. cit.) en a donné une
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l'insertion des rameaux, purpurine dans sa partie inférieure. Feuilles alternes, quelquefois opposées sur les rameaux, ovales, pétiolées, à peine dentées, sinuées sur leurs bords, ayant ordinairement 10 centimètres de Ion?.
Pédoncules uniflores, courts. Fleurs pendantes, inodores. Calice campanulé, quinquélobé, portant 10 stries, saturé de violet à la base, à divisions ovales, terminées en pointe. Corolle en roue, plissée, ayant deux fois la longueur du calice lorsqu'elle est dépliée, jaune, tachetée de violet au centre. Étamines à filet court, subulé, dressé, violet, à anthères oblongues, didymes, dressées, obtuses, d'un violet brun, avec pollen cendré, déhiscentes longitudinalement sur les côtés. Style filiforme ; stigmate obtus. Le calice, qui est accrescent comme dans tous les autres Physalis, devient, à la maturité, grand, presque sphérique, pendant, d'un vert sale, comme vernissé ; il porte 10 stries violettes qui vont de la base, qui est complètement saturée de violet, au sommet. La baie est très développée ; elle atteint presque le volume d'une Prune de-Monsieur (1), emplissant entièrement le calice, et souvent même le déchirant lorsqu'il ne peut la contenir ; elle est presque ronde, glabre, d'un vert noirâtre. Les graines sont jaunes.
M. Carrière a indiqué avec beaucoup de précision le mode de culture applicable au Physalis violet. « C'est
excellente figure coloriée et elle correspond exactement à la description du P. philadelphica du Proliromus.
C'est donc au P. philadelphica que doit se rapporter tout ce qui a été dit par M. Bossin sur ses usages.
Le P. edulis Sims (non Bossin), Botanical Magazine, pl. 1068, est la plante figurée sous le nom de Capuli par le P. Feuillue, et qui est répandue dans nos jardins sous celui de Coqueret du Pérou. Dunal la rattache au P. peruviana, comme variété (P. peruviana L., var. foliis subintegris, Prodr., vol. XIII, pars I, p. 440). (Voir l'article spécial que nous lui avons consacré.)
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(1) Sur chaque pied, plusieurs fruits sont de la grosseur d'une Pomme d'api. — P. B.
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Fig. 65. — Physalis violet.
à peu près, dit-il, la culture de l'Aubergine qui lui convient. Sous le climat de Paris, il est bon d'avancer les plantes en les élevant sur couche et sous châssis. Semées en pleine terre, de bonne heure, à bonne expo-
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sition, et plantées dans un endroit un peu abrité, elles se développent bien et donnent des fruits qui arrivent à maturité. Comme cette espèce est vigoureuse et très ramifiée, on se trouvera bien d'enlever çà et là quelques rameaux, afin d'aérer les parties restantes, qui alors se développent et fructifient mieux. Pour hâter la floraison et maintenir les plantes plus basses, on pourrait aussi employer la taille et le pincement ou ébouquetage. »
De ce qu'on vient de lire, nous ne contesterons qu'un point. Nous croyons qu'en semant en pleine terre sous le climat de Paris, on ne récoltera presque rien, si la saison n'est pas exceptionnellement chaude. Dans le Midi, au contraire, le rendement d'une plantation de Physalis violet serait énorme.
Il nous reste à parler de l'usage qu'on peut faire des baies de la plante.
A l'état cru, elles sont légèrement acides, et à peu près sans parfum propre. Nous les trouvons insignifiantes.
En beignets, elles sont d'une extrême acidité, et désagréables.
En sauce verte, après une cuisson prolongée, elles sont acides sans excès, et, comme elles se conservent aisément sur la planche jusqu'au mois de janvier, et même bien au delà, elles pourraient, pendant l'hiver, remplacer la Tomate, qu'elles sont d'ailleurs loin de valoir.
Les Mexicains en font, paraît-il, un excellent sirop qu'ils emploient contre les maladies des voies respiratoires et dont M. Balarce a donné la formule à M. Bossin, après l'avoir expérimentée avec succès (Bull. Soc. d'Acclimat., 1875, vol. II, p. 69). Sous le climat de Paris, la Petite Tomate du Mexique ne peut guère être admise que dans les jardins des curieux.
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Physalis du Costa-Rica
Nom accepté : Physalis angulata ?
Plante annuelle, de 0m40 à 0m50 centimètres de hauteur, revêtue sur toutes ses parties d'une pubescence grisâtre formée de nombreux poils, simples, courts. Tige dressée, fortement anguleuse, rameuse. Feuilles alternes, quelquefois opposées, de forme très variable, tantôt largement ovales, à base tronquée ou arrondie, tantôt obovales, plus ou moins longuement atténuées, entières, irrégulièrement denticulées ou légèrement sinuées sur les bords, celles des rameaux principaux variant de 15 à 18 centimètres de longueur sur 10 à 12 de largeur, celles des rameaux secondaires plus petites; pétioles de 4 ou 5 centimètres de longueur.
Pédoncule velu, long d'environ 1/2 centimètre au moment de l'anthèse, atteignant 1 centimètre 1/2 lorsque le fruit est développé. Calice campanulé, velu, à 5 divisions aiguës. Corolle très petite, jaune, campanulée, deux fois plus longue que le calice, velue extérieurement, de 5 à 7 millimètres de diamètre. Étamines égales ; anthères linéaires, violettes, de même longueur que le filet. Stigmate capité.
Fruit formé d'un calice fructifère ovale, de 5 ou 6 centimètres de longueur sur 4 de largeur, à 5 angles, légèrement pubescent, surtout sur les nervures qui le sillonnent, à l'intérieur duquel se trouve une baie arrondie, verdâtre, de la grosseur de celle du P. peruviana.
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Nous devons cette espèce nouvelle à M. de Lafon, sous-commissaire de la marine en retraite, qui l'a rapportée du Costa-Rica et qui nous en a obligeamment donné des graines, en même temps que celles de plusieurs plantes alimentaires de ce pays.
Ce Physalis avait déjà été recueilli dans le Nicaragua par M. Lévy ; il porte le n° 244 de sa collection et se trouve à l'herbier du Muséum d'histoire naturelle de Paris. M. Hemsley (Biologia Centrali-Americana, Botany, vol. II, p. 419) l'a rattaché au P. villosa Dunal (Prodromus, vol. XII, pars 1, p. 445) ; or, dans cette espèce, la corolle est rotacée, jaune, maculée de brun, beaucoup plus grande que celle de la plante qui nous occupe, laquelle d'ailleurs est campanulée et immaculée.
Notre Physalis a beaucoup plus d'affinités avec le P. lanceifolia Nees (Linnæa, 1831, p. 473), (DC. Prodr., XIII, 1, p. 447); il s'en distingue néanmoins par la forme de ses feuilles et par la pubescence dont sont couvertes toutes ses parties.
Nous avons cultivé le P. Lafonii comme le P. peruviana, et nous avons tout d'abord admiré sa puissante végétation ; mais ce premier élan s'est arrêté, la plante s'est couverte de fruits si abondants que leur nombre dépassait celui des feuilles. Ces fruits ne sont pas venus à maturité et nous ne savons pas encore s'il sera possible d'obtenir une récolte, à l'air libre, sous le climat de Paris.
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Physalis minima
Nom accepté : Physalis minima
M. Martin, de Saigon, nous a envoyé des graines d'un Physalis qui n'était autre que le Physalis minima, de Linné. Nous avons reconnu que cette plante ne présentait aucun intérêt.
Nous avons aussi cultivé le Physalis pubescens L. (Alkekenge jaune douce), espèce annuelle, originaire de l'Inde et de l'Amérique tropicale, à fruit comestible, acide, quelquefois cultivée dans les jardins, mais de beaucoup inférieure au Coqueret du Pérou.
Dans la liste des fruits et des légumes que M. Ed. André a observés sur le marché de Bogota (Nouvelle-Grenade) et qu'il a eu l'obligeance de nous communiquer, nous avons trouvé cité, sous le nom de Ochuba, le fruit du Physalis fœtens Poir., espèce annuelle répandue dans toute l'Amérique tropicale.
Nous avons essayé de nous procurer la plante pour l'expérimenter, et nous nous sommes adressés pour cela à divers jardins botaniques sur les catalogues desquels elle figurait. Jusqu'à ce jour, nous n'avons reçu sous ce nom que des espèces absolument distinctes et sans intérêt au point de vue qui nous occupe.
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Physalis de Franchet
Nom accepté : Physalis alkekengi var. franchetii
Cette espèce remarquable a été introduite du Japon, par M. J. H. Veitch, de la maison James Veitch et fils, de Chelsea.
Elle a été dédiée à M. Franchet parle Dr Masters.
MM. Veitch nous ont envoyé trois pieds de ce Physalis, lesquels ont végété à souhait, extérieurement et souterrainement.
La plante semble être aussi dangereusement traçante que le Coqueret commun, P. Alkekengi, dont les vignes de quelques communes des environs de Paris, et notamment de celles d'Yerres, sont infestées.
La multiplication sera donc extrêmement facile.
Dans la description publiée par le Gardeners Chronicle, du 13 octobre 1894, le Dr Masters observe que, botaniquement, on ne peut mettre en doute qu'il s'agisse d'une variété du Physalis Alkekengi, et la plante est d'ailleurs présentée comme telle dans l'ouvrage de MM. Franchet et Savatier : Enumeratio plantarum in Japonia sponte crescentium, vol. II, p. 454 ; mais l'effet qu'on en obtient dans les jardius est tout autre et vraiment admirable.
Le P. Francheti (fig. 4) n'est pas seulement décoratif pendant l'été ; il suffit d'un rameau de la plante, garni de ses calices rouges et introduit dans les bouquets d'hiver, pour donner à ceux-ci une valeur
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particulière, notamment dans les bouquets dits perpétuels.
Les baies sèchent sans se corrompre et le calice qui les recouvre conserve jusqu'au printemps son éclatante
Fig. 66. — Physalis Francheti.
couleur rouge écarlale. Ces baies sont grosses, rouges à la maturité, mais sans valeur comestible.
Voici ce qu'en disent MM. Veitch : The fruit is edible, though some practice is wanted to make it palatable (1).
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(1) Le fruit est comestible, mais en pratique, il s'en faut qu'on puisse le donner comme agréable au goût.
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Dans une lettre qu'il nous a adressée au sujet de cette plante, M. le Dr Masters nous disait : « J'ai goûté les fruits une fois, je n'ai pas envie de les goûter encore. »
Il suffit en effet de déguster une baie pour n'être jamais tenté d'y revenir.