Mangifera indica (Rollet, Antilles)
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Mangifera indica L. Sp. Pl. 1 : 200 (1753).
Noms vernaculaires : Fr : Manguier (nom dérivant de l’indien « mange »). A : Mango.
Description : Grand arbre. Plus de 20 m de haut et plus de 80 cm de diamètre dans les Antilles. Feuilles : alternes, très lancéolées 15-25 (30) x 2-7 cm ; base du pétiole à pulvinus ; nervures secondaires presque perpendiculaires à la principale ; jeune feuille rose à bronze. Le contact peut être irritant. Fleurs : panicule de nombreuses petites fleurs roses, odorantes, mâles ou hermaphrodites (5 étamines, 1 seule fertile) ; présence d’un disque charnu. Fruits : grosses drupes odorantes, de forme et de grosseur très variables ; chair très fibreuse et à forte odeur de térébenthine dans la nature ; gros noyau aplati ; la peau, surtout lorsqu’elle est verte, est irritante mais la sensibilité est très variable selon les personnes, qui peuvent être très allergiques. Ne mûrit pas (HONYCHURCH) ou mal (DUSS) au-dessus de 400m. Phénologie : sempervirent ; poussées de végétation de couleur carmin. Fleurs : janvier à avril (DUSS ; FOURNET), novembre à juillet (LITTLE & WADSWORTH). Fruits : juin-juillet (DUSS), mai à septembre (LITTLE & WADSWORTH). Habitat : cultivé mais ne dépasse guère 400 m (DUSS), 600 m (FOURNET). Ne se naturalise pas en mangrove, en zone calcaire et en forêt d’altitude (LITTLE & WADSWORTH).
Usages : Surtout charbon et bois de chauffage mais aussi meubles (DUSS) ; bois peu durable. Fruit comestible : confitures, marmelades ; consommé vert avec du sel et du vinaigre : antiscorbutique. Propagation par greffe (DESCOURTILZ). C’est probablement avec la banane le fruit tropical le plus consommé. Écorce antidysentérique. Feuilles en infusion contre la grippe (HONYCHURCH), pectorale, vermifuge, sudorifique, antiscorbutique, antirhumatismale (MARTIN & RUBERTÉ), contre la goutte (CABRE), contre les maux de cœur. Mellifère (QUESTEL). Arbre ornemental d’alignement et d’ombrage (inconvénient par l’abondance et la chute des fruits).
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Distribution générale : Pantropical par les cultures ; nombreuses variétés ; plus ou moins naturalisé.
Distribution aux Petites Antilles : Peut-être introduit dès 1742 à Barbade à partir du Brésil, puis en 1782 à la Jamaïque et à St Domingue. Origine asiatique (Inde, Indochine où il est cultivé depuis 400 ans, LITTLE & WADSWORTH). KIMBER (1969) cite HUGHES qui relate l’introduction à la Barbade entre 1750 et 1792 à partir des Indes Orientales via la Jamaïque. Sa présence en forêt indique infailliblement que la forêt est secondaire.
Bibliographie : (*Iconographie ; **couleur). BRITTON & WILSON 1923-1924 ; BROOKS et al. 1941 ; CABRE 1937 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE* 1926 ; FOURNET 1978 ; HONYCHURCH 1980 ; HOWARD* 1989 ; HOYOS** 1983 ; KIMBER 1969 ; LIOGIER 1986 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; LONGWOOD 1961 ; MARTIN & RUBERTÉ 1979 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL* 1951 ; SCHUBERT* 1979 ; TOMLINSON* 1980.
Anatomie du bois
- 3-5-6-25-30-50-(52)-(55)-56-57-70 (Voir la signification des codes)
- Bois parfait de couleur blanc crème rosé pâle avec des reflets jaune cuivré, non ou très peu différencié de l’aubier blanchâtre, tendre et léger (0,55-0,65 g/cm3), grain moyen.
- Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, peu nombreux (3 ou 4 par mm2), bien visibles à l’œil nu (150-170 μm de diamètre), contenant parfois des thylles brillants. Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires comprise entre 9 et 12 μm.
- Parenchyme en lignes terminales et associé aux pores en manchon circulaire ou losangique. Files de cellules composées de 2 à 4 éléments contenant sporadiquement quelques cristaux.
- Rayons en majorité 2-sériés, au nombre de 7 à 10 par mm, de structure sub-homogène à légèrement hétérogène : cellules couchées à allongement horizontal plus ou moins variable au centre et une rangée de cellules carrées aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires grosses et allongées. Cristaux fréquents.
- Fibres à ponctuations simples.