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Mangaride (Potager d'un curieux, 1899)


Macre
Potager d'un curieux, Introduction
Maranta arundinacé


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Nom accepté : Xanthosoma sagittifolium


MANGARIDE


Taye, Tayove, Chou Caraïbe.


Mangareto (Brésil). — Toya, Ouaheu (Caraïbe). — Tayo (Arouage). — Tayoba (Indien du Brésil). - Toloman (Antilles). — Qualusa (Pérou).


Xanthosoma sagittifolium Schott.


Bot. Mag., tab. 4989 ; Engler, Flora brasiliensis, p. 191 ; Arum sagittifolium L.; Descourtilz, Flore des Antilles, 8, t. 553 ; Arum xanthorrhizon Jacq., Hort. Vindob., 11, 73, tab. 157 ; Hortus Schœnbr., 11, 32, tab. 188 ; Caladium xanthorrhizon Willd. ; Caladium sagittæfolium Vent. ; Caladium utile Hort. ; Xanthosoma utile C. Koch et Bouché ; Xanthosoma xanthorrhizon C. Koch (Engler, Monographiæ phanerogamarum, vol. II, Araceæ, p. 469).


Fam. des Aroïdées.


A la demande de la Société nationale d'Acclimatation, M. D. Albuquerque a eu la bonté de nous adresser

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(1) Mémoires de l'Académie royale des Sciences de Stockholm, 1874.


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des tubercules du Mangareto branco, avec promesse de rechercher la variété violette à notre intention.

Vigneron-Jousserandier cite la Mangaride comme étant cultivée au Brésil et donnant de vingt à trente petits tubercules, et V.-L. Baril, comte de Lahure, dans un ouvrage intitulé : L'Empire du Brésil, s'exprime ainsi à son sujet : « L'Aroïdée appelée Mangareto branco croît en petites touffes. Le tubercule principal est de la grosseur d'une Pomme. Il est entouré de plusieurs autres petits tubercules gros comme des Noix et souvent moins.

Ce sont ces petits tubercules qui sont comestibles. Le goût en est assez agréable et ils sont farineux, moins pourtant que la Pomme de terre. »

Le Mangareto branco est une des variétés du Xanthosoma sagittifolium, Aroïdée qui, dans l'Amérique tropicale, joue le même rôle, mais à un degré beaucoup moindre, que les Taros (Colocasia) dans l'Inde, en Égypte, et principalement dans l'Océanie.

Dans les régions chaudes, la plante est d'une culture facile, mais peu productive; elle a été, de toute antiquité, cultivée par les Indiens indigènes.

Le Dr P. Sagot a publié, dans le Journal de la Société nationale d'Horticulture, 1871, pages 506-514, une Note sur les Tayes ou Tayoves à la Guyane, de laquelle nous extrayons ce qui suit :

« Les espèces américaines (Xanthosoma) se distinguent à ce que leur suc est laiteux et à ce que le pétiole s'insère au bord de la feuille et non pas à l'intérieur du limbe, par-dessous la feuille, à une certaine distance du bord inférieur.
Dans les espèces asiatiques et océaniennes (Colocasia antiquorum et C. esculenta), Kouchou (Inde),


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Kulcas (Égypte), Alcolcalz (midi de l'Espagne), Tallus (Java), Tallo, Taro (Océanie), le suc est limpide et les feuilles sont peltées, c'est-à-dire portées par un pétiole qui s'insère par-dessous, à l'intérieur du limbe.
Les variétés cultivées à la Guyane sont : Taye banane, Taye blanche, Taye violette, Touca, Grande Tayove.
I1 y a peut-être d'autres races à la Guyane, que je n'ai pas vues ; mais, en général, je crois pouvoir affirmer que les Tayes sont inférieures, pour l'abondance et la qualité, aux produits des Taros.
Les tubercules, de bonne qualité, cuits à l'eau et accommodés, sont sains et agréables. On les regarde comme plus nutritifs que les autres racines farineuses. Les plus délicats sont ceux qui sont jeunes et qui ont poussé bien cachés sous terre : par exemple, les tubercules latéraux du rhizome, qui forment des excroissances arrondies autour de la racine principale.
Les feuilles, choisies jeunes et tendres, blanchies et cuites dans l'eau bouillante, sont bonnes à manger, mais ont peu de goût. On en met souvent quelques-unes dans divers plats d'usage fréquent dans les colonies. J'avoue néanmoins que cette manière de les employer ne me paraît justifier que très incomplètement le nom prétentieux de Chou Caraïbe, que l'on a donné à ces plantes. »

Nous avons planté dans les premiers jours d'avril, sur couche et sous verre, les tubercules de Mangareto branco envoyés par M. Albuquerque.

Les plantes ont vigoureusement végété, ont été abondamment arrosées pendant toute la saison, qui a été assez chaude, et n'ont été arrachées que le 6 octobre, après une forte gelée blanche. Nous n'avons trouvé que des


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tubercules en petit nombre, et gros comme des Pois.

La culture de l'Aroïdée américaine est donc impossible sous le climat de Paris, même avec le secours des couches et des châssis.

Nous avons d'ailleurs échoué de même avec tous les Taros de la Nouvelle-Calédonie et de l'Inde, dont nous avions reçu de nombreuses variétés, présentant des différences, comme qualité, forme de tubercules, fertilité, hâtiveté, les unes exigeant des terrains inondés, les autres pouvant être plantées en terre sèche.

Cependant, il semble que les tubercules récoltés auraient atteint leur complet développement sous l'influence d'un mois de chaleur de plus.