Claytone perfoliée (Potager d'un curieux, 1899)
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Nom accepté : Claytonia perfoliata
Plante annuelle. Feuilles sans nervures, celles du sommet opposées, arrondies, soudées par la base de
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manière à former un cornet, les radicales pétiolées, ovales rhombiformes; en mars-juin, fleurs blanches, petites, pédicellées, disposées en grappes, les inférieures fasciculées ; pétales entiers ou légèrement échancrés.
Nous avons cultivé la Claytone pour avoir le droit d'exprimer sur son compte une opinion personnelle.
L'expérience ne lui a pas été dé favorable et, cependant,
Fig. 20. — Claytone perfoliée.
nous ne l'avons pas renouvelée, par économie de temps et d'espace.
La Claytone est un bon succédané des Épinards. Comme la plupart des plantes destinées à remplacer ces derniers, elle n'a ni vices ni vertus. Elle appartient d'ailleurs, et c'est tout dire, à l'innocente famille des Pourpiers. Le mot souligné appartient à la note qu'on va lire (Revue horticole, 1829-31, vol. 1, p. 357): « La Claytone. plante annuelle, haute de 12 ou 15 pouces,
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originaire de Cuba (1) a été rapportée par M. de Humboldt en 1804 et donnée au Jardin des Plantes de Paris, où elle s'est presque acclimatée, puisqu'elle y lève toute seule dans plusieurs endroits. Elle avait été considérée jusqu'ici comme une plante inutile, ou plutôt on avait négligé de l'examiner, quoique sa succulence et sa tendreté eussent dû la faire soupçonner d'être bonne à manger; d'autant plus qu'elle appartient à la famille innocente des Pourpiers. Néanmoins, depuis vingt-six ans que les botanistes l'avaient vue reparaître à chaque printemps, l'idée ne leur est pas venue de la soumettre à aucune expérience. Il est vrai que l'utilité des plantes ne les occupe guère ; leur science se borne à en compter et mesurer les parties, rien de plus.
« Heureusement, il y a aussi quelques hommes qui examinent les plantes sous d'autres rapports, qui cherchent à les appliquer à nos besoins, sans toutefois négliger la science un peu aride des botanistes. De ce nombre est M. Madiot, directeur de la pépinière de naturalisation du département du Rhône, à Lyon. Il a expérimenté que la Claytone à feuilles perfoliées est bonne à manger crue en salade, et, cuite, comme l'Oseille ou les Épinards, sous un fricandeau. C'est ce qu'il nous marque par une de ses lettres, du 4 décembre dernier. Il nous dit, de plus, que la graine de cette plante est mangée avec avidité par les petits volatiles.
« La culture de la Claytone n'offre aucune difficulté.
On la sème au printemps, très clair, parce qu'elle se ramifie beaucoup dès sa base, sur une planche bien ameublie, bien terreautée, à bonne exposition. On arrose et on sarcle au besoin ; elle lève et grandit
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(1) Le C. perfoliata est originaire de l'Amérique septentrionale ; il a été introduit de Vancouver, par Menzies, en 1796.
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promptement, se ramifie tellement dès la base, si elle est semée clair, que M. Madiot a compté jusqu'à 63 branches sur un seul pied, susceptibles d'acquérir 15 et 18 pouces de longueur; mais on les coupe à 2 ou 3 pouces de terre avant la floraison complète et il en repousse d'autres que l'on peut couper encore deux ou trois fois. Il suffit de laisser quelques pieds pour graines. On fait usage des tiges, qui sont tendres et succulentes, et des feuilles, qui sont en coquilles ou en oreille, placées à de grandes dislances sur les tiges. »
Duchesne dit de la Claytone : Ce légume aqueux et rafraîchissant est mangé comme le Pourpier dans l'Amérique du Sud.
M. Sahut, de Montpellier, la considère comme excellente, fournissant un mets d'une saveur plus fine et plus délicate que l'Épinard. Selon nous, on peut cultiver la Claytone comme tout autre Épinard d'été.
Nous avons cultivé le Claytonia virginica L., espèce vivace originaire de l'Amérique septentrionale, dont le tubercule est, dit-on comestible.
Le C. virginica est une plante assez ornementale; ses fleurs, petites, mais très abondantes et d'un beau rose, se succèdent sans interruption pendant un temps assez long. Au point de vue alimentaire, il est absolument sans intérêt pour nous. Les plantes que nous avons obtenues de graines ne nous ont donné qu'une souche inutilisable même après plusieurs années de culture. Sous notre climat le C. virginica exige en outre un léger abri pendant l'hiver.