Swietenia macrophylla (Rollet, Antilles)

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Guarea macrophylla
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Swietenia mahagoni
Planche 136 : MELIACEAE. V. Swietenia mahogani. A. Rameau fleuri. B. Fruit. C. Fruit (détails). D. Plantule. E. Écorce (coupe transversale). VI. Swietenia macrophylla. F. Fruit. G. Plantule. H. Écorce (coupe transversale).

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Swietenia macrophylla King

Noms vernaculaires : Acajou grandes feuilles ; Acajou du Honduras ; Honduras mahogany ; Esp : Caoba (Vénézuela) ; Mogno (Brésil). Origine du mot Acajou (ATIBT, 1955, p. 57) : « Le terme français acajou vient du fait que dès 1680, le Swietenia était expédié recouvert d’une pellicule protectrice provenant de la résine du Cashew (Anacardium ou Cajou en français) et commercialisé à l’époque comme arbre à cajou ».

Origines : Forêts denses et semi-décidues du Sud Mexique ; Yucatan, Honduras jusqu’au Pérou et au Brésil. Introduit aux Grandes et Petites Antilles en plantations.

Description : Feuilles alternes paripennées, 6-12 folioles falciformes plus grandes que chez S. mahagoni ; courtement décidues (mai). Fleurs en racème, jaune verdâtre (mai). Fruits : grosse capsule dressée (plus grande que celle de S. mahagoni) en forme de poire, déhiscente par le bas en 4-5 valves épaisses, ligneuses ; graines ailées, orange, enchassées dans un axe central épais, dressé, la columelle. Sylviculture : les plants à 2-3 m de haut sont très sujets à l’attaque du borer Hypsipyla. Malgré une repousse vigoureuse en baïonnette sous le bourgeon détruit, les plants peuvent être anéantis ; essence de semi-lumière (LAMB, MARSHALL) ; se régénère bien et semble se naturaliser par endroits. Ne pas planter en altitude. Un des grands bois du commerce international. Un acajou grandes feuilles planté en 1903 à la Rivière Blanche, Martinique, atteignait 580 cm de circonférence à hauteur de poitrine en 1981 (l’arbre a un défilement très important). Plantations forestières et d’alignement. Pied : 3-4 pattes à 30° surbaissées, traçantes, hauteur variable selon le diamètre. Écorce : épaisseur totale 7 mm pour un diamètre de 22 cm. Aspect externe : brun clair, rosé dans les larges fissures longitudinales et transversales isolant sur les gros diamètres de grandes écailles rectangulaires. Rhytidome 2 mm ; orangé sous les écailles ; grattée : beige puis rose. Écorce vivante : section transversale : 5 mm, rose pâle, feuilletée fibreuse avec des bandes plus sombres régulièrement espacées ; fin quadrillage à cause des rayons fins. Aubier : rose, structure étagée, rayons fins serrés, pores visibles. Bois pour meubles, bateaux, pianos, tranchage, déroulage. Plantule : Type VII.


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La graine de 10-12 cm, ailée, reste au sol. L’axe aérien produit des feuilles alternes simples sur au moins 10 nœuds.

Bibliographie : (*Iconographie ; **couleur). FOURNET 1978 ; LITTLE & WADSWORTH 1964* ; LAMB 1959, 1966 ; MARSHALL 1939 ; RECORD & HESS 1939, 1941 ; PENNINGTON & SARUKHAN* 1968 ; SCHUBERT 1979 ; LONGWOOD 1962 ; WOODS 1951 ; BASCOPE et al. 1957 ; PENNINGTON* 1982 ; HOYOS** 1983 ; HOWARD 1988.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)

Swietenia macrophylla, Swietenia mahagoni :

  • Bois parfait brun rose devenant brun rouge à la longue, différencié de l’aubier beige rosé clair, à grain moyennement fin, maille fine mais distincte, tendre et léger à mi-lourd (0,55 à 0,70 g/cm3 pour S. macrophylla, 0,70 à 0,80 g/cm3 pour S. mahagoni). Contrefil régulier fréquent.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 7 à 10 par mm2, visibles à l’œil nu (diamètre moyen de 130 à 160 μm), souvent obstrués par des dépôts brun-rouge, plus rarement blancs. Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de l’ordre de 3 μm.
  • Parenchyme en lignes terminales et en manchon mince autour des pores. Files de cellules plus ou moins bien étagées, composées de 4 à 8 éléments contenant sporadiquement des cristaux.
  • Rayons 3- à 6-sériés en disposition étagée ou échelonnée, au nombre moyen de 5 à 7 par mm, de structure sub-homogène. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires. Présence de cristaux dans les cellules terminales.
  • Fibres cloisonnées, à ponctuations simples.