Radis serpent (Potager d'un curieux, 1899)

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Radis rouge monstrueux de Kashgar
Potager d'un curieux, Introduction
Romaine Gigogne


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Nom accepté : Raphanus sativus Groupe Mougri

RADIS SERPENT
Raphanus caudatus L.
Fam. des Crucifères.


Herbe annuelle, cultivée à Java, où elle est sans doute spontanée et où l'on mange ses siliques confites, auxquelles on donne le nom de Mougri. Elle est aussi cultivée dans le Punjab et dans l'Inde occidentale et septentrionale. Racine fusiforme, d'où s'élève une tige de la grosseur d'une plume d'oie, haute de 0m,33 à 0m,50, peu rameuse, d'abord droite et finissait par se coucher ; les feuilles, alternes, très étalées, munies d'uii pétiole court, sont divisées, jusqu'au delà du milieu, en un petit nombre de lobes triangulaires, aigus et dentés en scie, de même que le terminal, qui est plus grand et ovalelancéolé; à mesure qu'elles s'élèvent sur la plante, leur forme se simplifie, mais même la plus haute d'entre elles est plutôt sinuée que simplement dentée; fleurs réunies en petit nombre en grappe terminale feuillée, chacune d'elles sortant (d'après la figure donnée par Linné fils) de l'aisselle d'une feuille florale ; pétales blancs, au nombre de quatre, avec des veines pourpres et limbe en cœur renversé ; siliques longues de 4 à 5 pieds (lm,33 à lm,65), plus épaisses que le pouce dans le bas, se rétrécissant graduellement de la base au sommet, se courbant plus au moins, se colorant en rouge, ayant une section transversale à peu près arrondie et contenant dans leur loge unique des graines nombreuses, oblongues, de couleur pourpre.

Nous trouvons la description qui précède dans une


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Note de M. P. Duchartre (1869) qu'avait rendue nécessaire la confusion qui tendait à s'établir entre le Rapha-

Fig. 70. — Radis serpent (Raphanus caudatus).

nus caudatus de Linné et une plante de l'Inde, dénommée Radis de Madras, que M. Courtois-Gérard avait


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rencontrée dans le Jardin botanique d'Edimbourg, et dont il avait apporté des graines en France (1).

Sept ans plus tard, M. Ed. André publiait, avec figures, dans la Revue Horticole, une Note étendue, des plus intéressantes, à laquelle nous renvoyons le lecteur (2).

La culture du Raphanus caudatus est celle de tous les gros Radis et n'exige aucune description. Elle est aussi simple et aussi facile que possible.

La plante se distingue de tous les Raiforts que nous possédons par la dimension extraordinaire de ses siliqùes. Quoique dégénérée, elle en produisait encore dans notre jardin, il y a quelques années, qui mesuraient de 40 à 50 centimètres de longueur, à côté d'autres plus courtes ; c'est-à-dire que quelques-unes des siliques étaient plus longues que la plante entière, comme l'a fait remarquer Linné, et qu'arrivant à terre elles s'y étalaient en formant des sinuosités, à la manière d'un serpent.

Notre culture a été notablement contrariée par les ravages qu'y faisaient l'altise et un gros puceron gris.

Celui-ci, qui n'aurait certainement pas résisté à une aspersion de jus de tabac, dévorait nos plantes en peu de jours.

Les siliques du Radis serpent se mangent crus, à la croque au sel, comme nos Radis ordinaires, dont elles ont la saveur piquante.

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(1) Note sur une Crucifère à siliques comestibles, récemment introduite en France (Journ. de la Soc. impériale et centrale d'Horticulture, 1859, vol. V, p. 57 à 63).

(2) Le Radis serpent (Revue horticole, 1866, p. 471).


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Fig. 71. — Radis serpent, fleurs et siliques.


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Nous les avons fait cuire et nous les avons mangées, soit en salade, soit préparées comme les Haricots verts. Pour cet usage, il faut les cueillir très jeunes ; elles sont alors très acceptables, mais sont loin de valoir les Haricots verts.

Confites au vinaigre, elles sont bonnes et préférables à la plupart des légumes qu'on associe d'ordinaire aux Cornichons. Elles ont le mérite de conserver longtemps leur saveur piquante, atténuée, mais sensible encore.

C'est sans doute lorsqu'elles ont été confites dans le vinaigre qu'elles portent, à Java, le nom de Mougri.

M. Ed. André a entendu dire qu'en Angleterre, cinquante ans avant la publication de sa Note, et alors que l'on cultivait le Raphanus caudatus comme plante nouvelle, on en retirait le jus par pression et que c'était une sauce excellente, very palatable juice.

La plante est assurément très intéressante et les curieux lui feront une petite place dans leurs jardins.