Quararibea turbinata (Rollet, Antilles)
|

[296]
Quararibea turbinata (Sw.) Poir. In Lam. [sic : Quararibaea turbinata], Encycl., Suppl. 4 : 636 (1816).
Basionyme : Myrodia turbinata Sw., Prodr. : 102 (1788).
Noms vernaculaires : Fr : Bois lélé (Guadeloupe, Dominique, Martinique, Ste-Lucie) ; aussi Mapou lélé ; Lélé [lay lay] (Ste-Lucie) ; Baton lélé (Marie Galante). A : Swizzlestick wood (Antigua) ; Swizzle-stick tree (Petites Antilles) ; Miller wood (St Eustache). Esp : Molinillo, Molinero, Paragüita (St Domingue).
Description : Petit arbre atteignant 15 m de haut et 25 cm de diamètre (Absalon, Martinique), plutôt en sous-bois. Écorce : épaisseur totale 8-10 mm pour un diamètre de 19 cm. Aspect externe : noirâtre, sublisse à finement fissurée longitudinalement. Écorce vivante : grattée ; jaune d’or chanvreuse ; odeur caractéristique de safran, encore plus accusée sur le bois sec (alors très forte, pénétrante et persistante, imprègne les paquets d’herbier). L’écorce est très fibreuse. Section transversale : rayons jaune vif élargis en entonnoirs de forme irrégulière, non confluents sur le bord externe, s’insérant dans la masse marron du phloème ; les rayons sont fins dans le tiers ou la moitié interne où la couleur dominante est marron. Aubier : face externe jaune ; mou, odeur de safran ; en tangentielle et transversale : rayons larges jaune paille très nets sur fond orange clair. Rameaux : horizontaux, subverticillés ; très nets sur les jeunes brins (bois lélé) ; croissance rythmique. Feuilles : simples, oblancéolées, acuminées, atteignant 28 × 12 cm ; pétiole court, environ 10 mm, vaguement deux fois coudé (pulvini) ; cicatrices des stipules caduques en anneaux fins, nets. Fleurs : axillaires ; pétales d’environ 15 mm de long, blanchâtres. Fruits : subglobuleux, environ 1,5 cm de diamètre, indéhiscents. Phénologie : sempervirent. Floraison de février à mai (LITTLE & WADSWORTH), septembre à janvier (DUSS) ; fleurs notées en février, côte sous le vent (Guadeloupe) et avril-mai à Ste-Lucie ; fruits en février et mai (Guadeloupe, Martinique et Ste-Lucie). Habitat : forêt dense à semi-décidue entre 100 et 450 m (600 m en Guyane française) ; aussi forêts secondaires. Tempérament : abondant dans les fonds de vallées en bordure de rivière en Marti-
[298]
nique (FIARD) ; supporte bien le couvert ; fréquent dans les fonds de ravines sèches à Marie-Galante.
Usages : Bois lélé : jeune brin coupé à la dimension utilisé comme ustensiles de ménage pour préparer les boissons, la soupe au calalou (HODGE & TAYLOR ; NICHOLSON).
Distribution générale : Hispaniola, Puerto Rico, Virgin Islands ; Petites Antilles ; Surinam, Guyane française, Brésil. Absent de Jamaïque (ADAMS).
Distribution aux Petites Antilles : St Eustache, St Kitts, Nevis, Montserrat, Antigua, Guadeloupe (Basse- Terre), Marie-Galante, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenade ; MAYCOCK le signale à Barbade ; GOODING and al. pensaient qu’il avait disparu : trouvé à Turner’s Hall (ROLLET) ; DUSS et FOURNET pensaient aussi que cette espèce était absente de Guadeloupe. Matériel examiné : BT : ROLLET 1345, Bois Mahler, 100 m (GUAD). D : NICOLSON and al. citent 5 spécimens. M : ROLLET 733, 1769, Absalon, bord rivière, 300-350 m (GUAD). SL : HUC 1334, Castries Waterworks Res., près de Chassin, 200-400 m (GUAD).
Observations : SE : Pentes du Quill, 380 m (STOFFERS) et Fond du cratère (BOLDINGH). BT : Rivière La Plaine SE Pointe Noire, Bois Mahler et Pointe Noire, 100 m (ROLLET). MG : Assez commun dans les ravines (ROLLET). M : Petit Morne, 380 m ; Morne Gardier, 200 et 400 m ; Mt Conil, 450 m (FIARD & ROLLET). SL : Quilesse, 450 m. Petits peuplements très localisés (ROLLET). B : Turner’s Hall, 250 m (ROLLET).
Bibliographie : (*Iconographie). ADAMS 1972 ; BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DUSS 1897 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD 1952, 1989* ; LIOGIER* 1982 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; MAYCOCK 1830 ; NICHOLSON 1979 ; NICOLSON and al. 1991 ; STOFFERS 1984.
Anatomie du bois
- 4-15-28-35-37-51-54-55-56-60-(64)-69 (Voir la signification des codes)
- Bois parfait beige, à peine distinct de l’aubier blanchâtre ou jaunâtre, mi-dur et mi-lourd (0,70-0,80 g/cm3), à grain fin et à maille large, bien visible. Le bois frais a une odeur caractéristique rappelant celle du curry.
- Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 10 à 20 par mm2, non perceptibles à l’œil nu (diamètre moyen de 70 à 90 μm). Perforations des éléments vasculaires uniques ; ponctuations intervasculaires très fines, d’environ 3 μm de diamètre.
- Parenchyme en fines chaînettes nombreuses (environ 20 par mm) et régulièrement espacées, en échelle avec les rayons. Files de cellules étagées, composées de 4 éléments. Présence de fins corpuscules siliceux.
- Rayons non étagés, 4- à 10-sériés, au nombre moyen de 4 par mm, de structure hétérogène : cellules couchées au centre et cellules carrées en bordure et aux extrémités. Cristaux fréquents.
- Fibres à ponctuations simples.