Quararibea turbinata (Rollet, Antilles)

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Ochroma pyramidale
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Adansonia digitata
Planche 24 : BOMBACACEAE. II. Ochroma pyramidale. A. Rameau avec fleur et fruit. B. Fruit. C. Plantule (détails). D. Écorce (coupe transversale). III. Quararibaea turbinata. E. Rameau fructifié. F. Feuille. G. Écorce (coupe transversale). BOMBACACEAE INTRODUITES. I. Adansonia digitata. H. Fruit. II. Pachira insignis. I. Fruit.
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Quararibea turbinata (Sw.) Poir. In Lam. [sic : Quararibaea turbinata], Encycl., Suppl. 4 : 636 (1816).

Basionyme : Myrodia turbinata Sw., Prodr. : 102 (1788).

Noms vernaculaires : Fr : Bois lélé (Guadeloupe, Dominique, Martinique, Ste-Lucie) ; aussi Mapou lélé ; Lélé [lay lay] (Ste-Lucie) ; Baton lélé (Marie Galante). A : Swizzlestick wood (Antigua) ; Swizzle-stick tree (Petites Antilles) ; Miller wood (St Eustache). Esp : Molinillo, Molinero, Paragüita (St Domingue).

Description : Petit arbre atteignant 15 m de haut et 25 cm de diamètre (Absalon, Martinique), plutôt en sous-bois. Écorce : épaisseur totale 8-10 mm pour un diamètre de 19 cm. Aspect externe : noirâtre, sublisse à finement fissurée longitudinalement. Écorce vivante : grattée ; jaune d’or chanvreuse ; odeur caractéristique de safran, encore plus accusée sur le bois sec (alors très forte, pénétrante et persistante, imprègne les paquets d’herbier). L’écorce est très fibreuse. Section transversale : rayons jaune vif élargis en entonnoirs de forme irrégulière, non confluents sur le bord externe, s’insérant dans la masse marron du phloème ; les rayons sont fins dans le tiers ou la moitié interne où la couleur dominante est marron. Aubier : face externe jaune ; mou, odeur de safran ; en tangentielle et transversale : rayons larges jaune paille très nets sur fond orange clair. Rameaux : horizontaux, subverticillés ; très nets sur les jeunes brins (bois lélé) ; croissance rythmique. Feuilles : simples, oblancéolées, acuminées, atteignant 28 × 12 cm ; pétiole court, environ 10 mm, vaguement deux fois coudé (pulvini) ; cicatrices des stipules caduques en anneaux fins, nets. Fleurs : axillaires ; pétales d’environ 15 mm de long, blanchâtres. Fruits : subglobuleux, environ 1,5 cm de diamètre, indéhiscents. Phénologie : sempervirent. Floraison de février à mai (LITTLE & WADSWORTH), septembre à janvier (DUSS) ; fleurs notées en février, côte sous le vent (Guadeloupe) et avril-mai à Ste-Lucie ; fruits en février et mai (Guadeloupe, Martinique et Ste-Lucie). Habitat : forêt dense à semi-décidue entre 100 et 450 m (600 m en Guyane française) ; aussi forêts secondaires. Tempérament : abondant dans les fonds de vallées en bordure de rivière en Marti-


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nique (FIARD) ; supporte bien le couvert ; fréquent dans les fonds de ravines sèches à Marie-Galante.

Usages : Bois lélé : jeune brin coupé à la dimension utilisé comme ustensiles de ménage pour préparer les boissons, la soupe au calalou (HODGE & TAYLOR ; NICHOLSON).

Distribution générale : Hispaniola, Puerto Rico, Virgin Islands ; Petites Antilles ; Surinam, Guyane française, Brésil. Absent de Jamaïque (ADAMS).

Distribution aux Petites Antilles : St Eustache, St Kitts, Nevis, Montserrat, Antigua, Guadeloupe (Basse- Terre), Marie-Galante, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenade ; MAYCOCK le signale à Barbade ; GOODING and al. pensaient qu’il avait disparu : trouvé à Turner’s Hall (ROLLET) ; DUSS et FOURNET pensaient aussi que cette espèce était absente de Guadeloupe. Matériel examiné : BT : ROLLET 1345, Bois Mahler, 100 m (GUAD). D : NICOLSON and al. citent 5 spécimens. M : ROLLET 733, 1769, Absalon, bord rivière, 300-350 m (GUAD). SL : HUC 1334, Castries Waterworks Res., près de Chassin, 200-400 m (GUAD).

Observations : SE : Pentes du Quill, 380 m (STOFFERS) et Fond du cratère (BOLDINGH). BT : Rivière La Plaine SE Pointe Noire, Bois Mahler et Pointe Noire, 100 m (ROLLET). MG : Assez commun dans les ravines (ROLLET). M : Petit Morne, 380 m ; Morne Gardier, 200 et 400 m ; Mt Conil, 450 m (FIARD & ROLLET). SL : Quilesse, 450 m. Petits peuplements très localisés (ROLLET). B : Turner’s Hall, 250 m (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie). ADAMS 1972 ; BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DUSS 1897 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD 1952, 1989* ; LIOGIER* 1982 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; MAYCOCK 1830 ; NICHOLSON 1979 ; NICOLSON and al. 1991 ; STOFFERS 1984.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 4-15-28-35-37-51-54-55-56-60-(64)-69 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait beige, à peine distinct de l’aubier blanchâtre ou jaunâtre, mi-dur et mi-lourd (0,70-0,80 g/cm3), à grain fin et à maille large, bien visible. Le bois frais a une odeur caractéristique rappelant celle du curry.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 10 à 20 par mm2, non perceptibles à l’œil nu (diamètre moyen de 70 à 90 μm). Perforations des éléments vasculaires uniques ; ponctuations intervasculaires très fines, d’environ 3 μm de diamètre.
  • Parenchyme en fines chaînettes nombreuses (environ 20 par mm) et régulièrement espacées, en échelle avec les rayons. Files de cellules étagées, composées de 4 éléments. Présence de fins corpuscules siliceux.
  • Rayons non étagés, 4- à 10-sériés, au nombre moyen de 4 par mm, de structure hétérogène : cellules couchées au centre et cellules carrées en bordure et aux extrémités. Cristaux fréquents.
  • Fibres à ponctuations simples.