Populus (Rolland, Flore populaire)

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Corylus
Eugène Rolland, Flore populaire, 1896-1914
Poésie sur la châtaigne


Populus (genre)

[Tome X, 202]

Populus (Genre) (Linné). - LE PEUPLIER.


Noms de l'arbre :

  • populus, poplus, papulus, pupules, puplu, plopla, pibola, pobia, arbor populi, l. du m. â.
  • iber, sapilus, l. du m. â., Dief.
  • pibol, m., pibola, f., piple, f., brûle, m., anc. dialectes du midi.
  • poupele, f , pouple, m., peuple, m., pouble, m , pible, m., peuble, m., piboust, m., popler, m., pepler, m., poplier, m., poupelier, m., pouplier, m., peuplier, m., popelin, m., poupelin, m., pourpoul, m., anc. fr.
  • poplô, m., poupla, f., poupe, m., pëplo, f., pëple, m., pëpli, m., pëpe, m., plope, m., porpe, m., prope, m., poublh, m., poubý,


[203]

m., pëbla, f., pëblo, m., pëble, m., pible, m., piblo, f., pibý, f., publo, f., puble, m., piboul, m., pivoul, m., pibour, m., pivour, m., piboulo, f., pièboulo, f., piboulé, f., pivolo, f., pivolò, m., pibono, f., piboura, f., pigeul, m., pigoulo, f., pibou, m., pivou, m., pûvou, m., pi-oul, m., poblò, m., pôblô, m., poblhò, m., pèble, m., poubla, f., pouoble, m., pibo, f., pigo, f., piva, f., pivô, m., pupiou, m., puvô, m., pi-ou, m., piyo, f., pëý, f., puý, f., poplhà, m., popëlié, m., populî, m., popluyè, m., pepli, m., pôplu, m., poplèy, m., popiyére, f., popiyu, m., pôpiè, m., porpiè, m., poupli, m., poepiéý, m., pëpëliè, m., peupélié, m., pëpléou, m., pëblhò, m., pëplàý, m., plëpliè, m., pëlpliè, m., pëpèyè, m., pëpié, m., papëliè, papliè, m., panpliè, m., panplià, m., pipliè, m., poupié, m., pupliè, m., pourpié, plupliè, m., pouplin, m., pôplin, m., pourplin, m., populon, m., papulou~, m., popilhon, m., ponpilhon, m., ponplhon, m., pëplon, m., papilhou, m., populô, m., en divers patois.
  • pioul, m., pioulett’ (jeune peup.), Montpezat (Tarn-et-G.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • bioulë, m., bioulé, m., bioule, f., bulhô, m., brioulo, f., brioule, m., brûlê, m., en divers patois du Sud-Ouest.
  • plopse, Malmédy (Prusse rhén.), Zel.
  • éspibou, m., La Mure (Isère), Tiersot, Chans. pop. d'Alpes, 1903, p. 507.
  • tiblé, m., Dordogne, Corrèze.
  • léyar, m., Avrillé (Maine-et-L.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • ëyar, m., La Verrie (Vendée), c. p. M. Ed. Edmont.
  • panple, m., H.-Marne, c. p. M. A. Daguin.
  • clouk, m., Vallée de Couserans (Ariège), Castet, Prov., 1889, p. 57.
  • pépiniè, m., Corbigny (Nièvre), r. p.
  • pëpianô, m. (accent sur a), Veauchette (Loire), r. p.
  • pèlèbé, m., jargon de Razey, près Xertigny (Vosges), r. p.
  • bidou, m., Nogaro (Gers), Jeanroy, dans Annales du Midi, 1895, p. 139.
  • budre, m., Landes, Dangé, Flous de Lane, 1901, p. 195.
  • butagne, f., Landes, c. p. M. J. De Laporterie.
  • sap, m., Châteauneuf-sur-Char. (Charente), r. p.

Voir d'autres noms du peuplier dans Gilliéron et Edmont, Atlas ling. de la Fr., fasc. 22, carte 1008.

  • àrboa, gênois, Cas. — pòvul, pôl, talpòn, frioul., Pir.
  • popil, écoss., Jam. — pampilien, Luxemb. all., Gangl.
  • efflen, effl, bret., Nomenclator, cf. Ernault, Gloss. moy. bret., 228;


[204]

efflen, pl. effl, elo, P. Grég.; elvenn, eloenn, elfenn, pl. elo, elv, Troude [E. E.].
  • peupli, bret. de Tréguier [E. E.].
  • popel, popelloom, popelier, popelioen, pappelioen, moyen néerlandais ; peppel, popel, popelier, dial. flam. et holl. (A. De C.).


Un lieu planté de peupliers est appelé :

  • pouplaie, f., poupleraie, ., poubleroye, f., anc. fr.
  • piboulado, f., piboulèdo, f., piboulèto, f., puplêy’, f., biouladèro, f., en divers patois.


Toponomastique : Le Peuple, Le Pouple, La Poupellière, La Pouplière, Le Poupelin, Le Poupelain, La Poupelinière, La Poupinière, Au Peuplier, Le Pibol, La Piboulo, La Pivore, Les Pibous, La Pible, Le Pible, Les Pibles, Le Piboulet, La Piboulette, Le Pibouloun, La Piboulière, noms de nombreux endroits.

  • Le Publier, loc. du Chablais, Jacquot.
  • Mas Papalou, loc. du Limousin, Leroux, Arch. de la H.-Vienne, 1882, p. 249.
  • La Piboulasse, Pibolie, doc. de 1594, Pibolin, Pibaudin, loc. de la Drôme, Brun-Durand.
  • La Poubele au XIIIe s., loc. de S.-et-L., Michon, Arch. de S.-et-L., 1891, p. 111.
  • La Poubloye, doc. de 1398, Les Poubleaux, doc. de 1571, La Poublaie, localité de la Vienne. Rédet.
  • La Papionnerie, loc. de la Vendée.
  • Mons Populanus, lat. du XIIe s., Mont-Pouplain, Métairie de Poupelin, Sarthe, Bellée, Arch. de la Sarthe, 1870, p. 3; 1881, III, 397.
  • Le Peuplier du Faux-Serment, vieux peuplier à Bray (Ardennes), Jadart, Renneville, 1901, p. 67.
  • Publoz, en 1193, Publu, en 1284, Au Publet, Le Publiet, Pons Papuli, en 1049, Pompaples, Paplemont, Suisse rom., Jacc.


Onomastique. — Dupeuple, Le Peuple, Poupel, Poupeau, Popile, Pouplier, Paupelier, Pipillier, Papelier, Pampelier, Poupely, Poupelin, Poplin, Poplineau, Papillaud, Papoulot, Péplot, Pouplet, Pouplard, Paplorey, Popelut, Pieplu, La Poupelière, La Popelinière, Poplimont, Tible (Cantal), Piboule, La Pouble, Publet, Poubelles, Pubillier, Poupon, Papon, Pipon, Poupion, Peupion, Paupard, Pipart, Pupin, Poupin, Popineau, Popinat, Poupinelle, Paupy, Popié, Pupier, Paponneau, Poupot, Poupet,


[205]

Popu, Pouvillon, Peuvion, Piveteau, Pampanon (Saône-et-L.), noms de famille. — Poupier, en pays wallon, J. Feller. — Populu, Poitiers, E. E. — Lapouble, Béarn, L. Batcave [1].


On fait avec les bourgeons ou yeux de peuplier un onguent appelé :

  • oleum populinum, unguentum populeum, populeum, populium, populeon, populinus, populentum, papuleum, lat. du m. â.
  • popelion, pepulion, populeon, anc. fr.
  • vert pouplion, m., Valenciennes, Hécart.


« Elidrum, elidrinum = gomme de peuplier », l. du m. â., Renzi.

« Las piboulas non fa dé cériéjas (var. aoulivas) = les p. ne font pas de cerises (var. des olives). » Nice, Toselli.

« Vous avez passé la nuit sur pied ? oui, comme un peuplier. » Duvert, Omelette fantast., comédie, 1842.

« Pousser comme un peuplier, se dit des enfants dont la croissance est rapide. » Rétif De La Bret., Le Paysan parvenu, 1776, III, 209.

« Des langues ed fème, ch'est des feulles ed poplier, cha balonche toudis. » Saint-Pol (P.-de-C.), c. p. M. Ed. Edmont.

« Est les peubles les plus hauts que font les plus grands cubereaux = Ce sont les p. les plus hauts qui font les plus grandes culbutes. » Savoie, Brachat.

« Il avoit les couillons de peuple et le vit de cormier. » Rabelais, éd. de 1533.

« Era legnou dé clouc Que déchéc mouri sa mày' Al cant détg houc; Era dé castagne Qu'ag pénséc hé = le bois de peuplier a laissé mourir sa mère au coin du feu ; celui de châtaignier a pensé en faire autant. Ce sont deux mauvais bois de chauffage. » Vallée du Couserans (Ariège), Castet, Prov., 1889.

« Celui qui va à la loue pour chercher une place de domestique met à son chapeau une branchette feuillue de peuplier : c'est pour montrer qu'il est libre de sa personne. » G. Sand, François le Champi.

« Quand une serpent grimpe sur un peuplier c'est signe qu'elle a l'intention de mordre quelqu'un, ce qui arrivera infailliblement dans les 48 heures. » Naintré (Vienne), r. p.

____________________

  1. M. L. Batcave remarque ici : « La Pouble, si fréquente en Béarn, vient surtout du mot poubla, peupler, population ».


[206]

« Au moyen âge et jusqu'au XVIIIe siècle, cet arbre fut un oracle très important pour les filles qui désiraient connaître d'avance le mari qu'elles devaient épouser. Voici comment elles procédaient : elles prenaient une petite branche de peuplier qu'elles enveloppaient le soir de leurs bas, formant du tout un petit paquet qu'elles nouaient avec un ruban de fil. Puis elles plaçaient ce paquet sous leur chevet, se frottaient ensuite les tempes avec un peu de sang de l'oiseau appelé huppe, et disaient, après s'être mises au lit, l'oraison suivante : Kirios clementissime, qui Abraham servo tuo dedisti uxorem Saram, et filio ejus obedientissimo, per admirabile signum indicasti Rebeccam uxorem : indica mihi ancillæ tuæ quem sim nuptura virum, per ministerium tuarum spiritum Balideth, Assaïbi, Abumalith. Amen. Le matin suivant, au réveil, on devait se remettre en esprit ce qu'on avait vu en songe durant la nuit, et si aucune figure d'homme ne s'était produite, il fallait recommencer pendant la nuit des trois vendredis suivants. Si alors aucune apparition n'avait eu lieu, la fille devait renoncer à l'espoir de se marier ; si, au contraire, un homme s'était montré, on devait le considérer comme le futur époux. Les femmes veuves pouvaient recourir à l'expérience aussi bien que les jeunes filles ; seulement, au lieu de se coucher comme celles-ci du côté du chevet, elles devaient le faire du côté du pied du lit, en y transportant le traversin. » (A. De Chesnel, Dict. des Sup.) [Ed. Edm.]


Symbolique. — « Comme arbre de la liberté, on plantait surtout le chêne et quelquefois le peuplier, ce dernier à cause de son nom populus. » Lacombe, Episodes révolutionnaires. — « Au 1er mai, une branche de peuplier plantée devant la maison d'une fille est un signe de mépris : Màye du plope, Tu est une salope. » Belg. wall., Wallonia, 1899, p. 193. — « Au 1er mai, comme emblème, le peuplier indique que la fille a été mère avant d'être mariée. » Saint-Martin-la-Gar. (S.-et-O.), Gatin, Saint-Mart.-la-G., 1900, p. 157. — « Au 1er mai = je t'estime. » Hérault, Langlade, Las d'amour, 1879, p. 48. — Au 1er mai = « Je te renie. » (Meyrac, Trad. des Ardennes, p. 84)

Le peuplier noir symbolise le courage. Leneveux, 1837.

Sur le peuplier emblème de la Liberté, voyez : Grégoire, Essai sur les arbres de la liberté, 1794.


[207]

En 1848, sous la seconde République, en Béarn, on plantait le peuplier. — L. Batcave.


Héraldique. — « On appelle, en blason, pannelles, f. pl., des feuilles de peuplier peintes sur un écu. » Dict. des arts, 1732.


Pour le peuplier dans l'héraldique voyez encore : Geliot, II, 519.


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[Les compléments qui suivent viennent de Additions et corrections du tome 10 (Rolland, Flore populaire)]

[222]

Toponomastique. - Puplinge, loc. du canton de Genève, vient d'un gentilice, Popillius.

  • Château de la Poupeillère, à Ahuillé (Mayenne).
  • Château de la Pouprière, à Semallé (Orne).


Onomastique. - Papet, Papot, Paupinaud, Papelard, Papien, Papeil, Papillier, Pauplaire (Nord). - [Le Bottin de Paris de 1909 donne Populaire, forme sans doute écrite ainsi par étymologie justement appelée ici populaire.- H. G.

  • Pebelier (Haute-Loire).
  • Pepet (Lozère), Pepin.
  • Pipon (Orne), Piéplu, Pivon (Isère), Pibre.
  • Poupelard (L.-et-Ch), Pouplard (Loire-Inf.), Poupinet (Orne).
  • Poupinet (Manche), Popelin, Pouplain.
  • Poupelle, Popier (Loire), Popporl.
  • Pupet, Pupier, Pupille.
  • Pupat, Pubellier.
  • Plubeau.
  • Bobelin (Loire).
  • Lapapie (Lot) .
  • Lepeuple (Marne).
  • Léart, Leard (M.-et-L.).
  • Tapol (Lot), Thieblot (Nièvre), Thivellon (Loire), Thièblement (Hte-Marne), Thiblier.

J'ajoute:

  • Poubelle, nom du préfet de la Seine il y a environ 25 ans et dont le nom est entré dans la langue pour désigner les boîtes en fer blanc qu'il ordonna de déposer à la porte des maisons pour enlever les ordures le matin.
  • Pipelet, nom devenu synonyme de portier, mais en mauvaise part ; ce nom vient d'un roman célèbre d'Eugène Sue, Les Mystères de Paris, où il était celui d'un portier ridicule.


[223]

  • Pouplard, Liard, nom fréquent à Paris, forme aphérésée de Poupliard.

Le Bottin de Paris de 1909 contient les noms suivants : Popelard, Popelin, Popineau, Popinot, Popu, Populus, Poupaix, Poupeau, Poupelard, Poupelet, Poupillon, Poupel, Poupier, Poupieul, Poupineau, Poupinel, Pouplier.

H. Gaidoz.

Remarquer que poupelier = filassier de chanvre (M.-et-L.), Verrier.

La formulette wallonne de la p. 206 est ainsi donnée sous forme patoise :

Maïe di plope
T'è st'ine salope.
La Tradition, 1889, p. 272.

M. Perbosc ajoute :

Toponomastique. - Bioule.

Onomastique. - Piboul.

On appelle piboulado (presque toujours usité au pluriel), une espèce d'agaric comestible qui pousse en groupes, à l'automne, sur les troncs coupés du peuplier. Labarthe (Tarn-et-Garonne).

(fin des compléments)


Populus alba

Populus alba (Linné). - LE PEUPLIER BLANC


  • populus alba, latin de Varron.
  • alba, albarus, alberus, alberius, aubellus, lat. du m. â., De C.
  • populus fulmen, l. du m. â., Zeitsch. f. deutsch. Alterth., 1872, p. 362.
  • populum albare, apium, I. du m. â., Steinmeyer, IV, 34.
  • farfarus antiquorum, anc. nomencl., Bauh., 1671.
  • aubar, m., anc. gascon.
  • aubel, obel, Aubeau, Aubiel, Aubeil, Abel, Aubier, Aubrier, anc. fr.
  • aulbero, f., provenç., Solerius, 1549.
  • albér, m., Pyr.-Orient.
  • olbà, m., Sainte-Alvère (Dord.), c. p. M. R. Fourès.
  • aouba, f., aoubo, f., Provence, Languedoc, Dauphiné.
  • aoubèro, f., aoubro, f., Provence.
  • aoubatt, m., Pézénas (Hér.), Mazug.
  • aoubèta, f., Lansargues (Hér.), Langlade, Garda-Mas, 1878, p. 3.
  • ôbarèl’, f., ôbrèl’, f., Allier.
  • blànki, aoubo, f., provenç., Marcelin, Le long du chemin, 1869, p. 28.
  • blanc-bos, m., env. de Saint-Pol (P.-de-C.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • obe blanc, m., Guilly (Indre), r. p.
  • poulh blàn, m., Pyr.-Orient., Carrère.
  • bioulé blàn, m., platano, f., Pays d'Albret, Ducomet.
  • bouyar blan, m., Cangy (Ind.-et-L.), r. p.
  • ablan, m., env. de Saint-Amand (Nord), c. p. M. Ed. Edmont.
  • arbre blanc, bois blanc, blanc en divers endroits.
  • mail, m., auvergnat, docum. de 1293, Du Cange.
  • miaile, Limagne (P.-de-D.), Pommerol.
  • planar, m., Oise, Graves.
  • efflenn venn, pl. effl guënn, elo guënn, bret., P. Grég. [E. E.]
  • abeel, witboom, zilverpeppel, zilverpopulier, dial. flam. et holl. (A. De C.).


[208]

Remarque. — Il arrive souvent que le peuplier blanc et le saule blanc (voir plus bas) sont confondus sous les mêmes noms.

M. L. Batcave remarque ici : « En béarnais, auba, aubia, et donc les villages qui s'appellent Aubia, ou ont aubia dans la composition du mot, désignent l'aubier. Le nom de Daubarède, Laubarède, fort commun dans nos campagnes, désigne le lieu planté d'aubiers. »

Un lieu planté de peupliers blancs est appelé :

  • alberia, alberitaa, albareta, au benia, blanchia, l. du m. â., Du C.
  • albareda, f., anc. languedocien.
  • aubarede, f., auberade, f., aubarée, f., auberée, f., auberoye, f., auberoy, m., auberet, aubergire, f., anc. fr., Du C. ; God. ; etc.
  • aoubièro, f., aoubièy'ro, f., provenç., languedoc.


Toponomastique. — Les Aubes, L'Aubrède, L'Aubaret, L'Aubareau, Les Auberelles, Les Albriers, L'Aubrière, L'Aubriais, Les Aubrais, L'Aubrée, L'Aubrie, L'Aubretais, L'Aubretière, noms de diverses localités. — Les Albaèrdes, A. Perbosc.


Onomastique. — De L'Obel, Aubel, Daubrée, Aubrée, Delaubier, Aubier, Laubarède, Aubrun, Dalbane (H.-Saône), noms de famille. — Daubarède, L. Batcave.


« Desor son poing portoit un esprivier Que plus est blans ke n'est foille d'aubrier », anc. fr., God.


Symbolique. — « Le peuplier blanc se plante au 1er mai comme symbole d'amour, à propos duquel on dit : L'Aoubo Sé la dounas pas, vous la raoubo. » Provence, Mistral.

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[Le complément qui suit vient de Additions et corrections du tome 10 (Rolland, Flore populaire)]


[223]

Onomastique. - Aubrarier, famille de l'Isère.

(fin du complément)


Populus canescens

Populus canescens (Smith). - LE PEUPLIER BLANC DE HOLLANDE


  • ypréau, m., franç., P. Borel, Tres. d. rech., 1655, p. 285 ; P. Morin, Rem. p. la cult. des fleurs, 1694, p. 52, etc., etc. (Cet arbre est très fréquemment cultivé à Ypres, Belg..
  • ypereau, m., franç., Richelet, 1710.
  • ipëria, m., Douvres (Calv.), Jor.
  • aprio, m., Seignelay (Yonne), Henry.


[209]

  • épériô, m., inpériô, m., inpriô, m., Eure, Robin.
  • ivar, m., Aube, Des Et.
  • peuplier d'Ypres, franç., Phelippe-Beaulieux, Arbres d'ornement, Nantes, 1847, p. 5.
  • peuplier blanc de Hollande, franç., Annales du Muséum, 1804, p. 40.
  • peuplier de Hollande, franç., Essais d'agric. par un cultivat. de Vitry-sur-Seine, 1779.
  • blanc de Hollande, orme blanc, franç., Nemnich, 1793.
  • grisaille de Hollande, franc picard, franç., Pelée De Saint-Maurice, Art de cultiver les peupliers, 1767.
  • tremble blanc de Hollande, Arcis-sur-Aube (Aube), Thévenot.
  • tremble blanc, Aube, Des Et.
  • faux tremble, m., franç., Bailly, Manuel du jardinier, 1825, II, 423.
  • peuplier picard, m., Belgique, Poederlé, 1788, II, 178.
  • grisaille, f., franç , Mém, d'agricult., juin 1786, p. 97. — Berry, Orléanais, Dauphiné.
  • grisard, m., franç., Mém. d'agric, juin 1786, p. 97. Marne, Oise, Isère, Belg. wall.
  • griset, m., Marne, Annuaire de la Marne, 1822, p. 160.
  • gribou, m., Gisors (Eure), Jor.
  • bi blan, m., Warloy-Baillon (Somme), c. p. M. H. Carnoy. (On dit de celui qui est d'une taille élevée qu'il est grand comme un bi blan.)


[Tome XI, 1]

Populus tremula

[Le texte qui suit a été publié au début du tome XI, et placé ici pour assurer l'intégrité des Populus.]

Populus tremula (Linné). - LE TREMBLE


  • populus libyca, lat. de Pline.
  • tremulus, l. du VIIe s. apr. J.-C., Plinius Valerianus, cité par Meyer, Gesch. d. Bot.
  • tremula, tremulus, tremidulus, l. du m. â., Dief.
  • tramblus, tremblius, l. du m. â. Du C.
  • mana, l. du m. â., Pritz et Jess.
  • tremuler, m., franç. d'Anglet. au XIIIe s., Skeat.
  • tremol, m., tremola, f., tremble, m., anc. prov., Rayn.
  • trèmoul, m., Hèr., Aveyr., Loz., Lot, Dord., H.-Gar., Tarn, T.-et-G., Corrèze.
  • trémoulh, m., Cassaigne (H.-Gar.), r. p.
  • trémoun, m., H.-Loire, Der. de Ch.
  • trémour, m., Corrèze, près Tulle, r. p.
  • trémou, m., Loz., Aveyr., Gers, L.-et-G., Corr. et H.-Pyr.
  • tramou (accent sur tra), m., Haut-Dauph., Mout. — Voiron (Isère), Blanch.
  • trimou (accent sur tri), m., Saint-Georges-de-M. (P.-de-C.), r. p.
  • trâmo, m., dauphinois, Devaux.
  • trémo, m., Haut-Dauph., Mout.
  • trême, m., Valenciennes, Héc.
  • trôl, m., trône, m., Wallon, Grandg. tronle, m., tron-ne, m. (J. F.).
  • tronont lwès, Geuzaine (Prusse wal.).
  • tranle, tramle, trabe, m., Herbeumont, Neufchâteau (Prov. de Luxembourg), J. F.
  • tranle, m., Samer (P.-de-C.), c. p. M. B. de Kerhervé.
  • tran-ne, m., P.-de-C., Somme, r. p.


[2]

  • trane, m., anc. f., God., II, 26. — Saint-Remi-Chauss. (Nord), Héc.
  • triane, m., Maubeuge, Héc. — Hainaut wallon, J. F.
  • trémola, f., Dauph., Charbot.
  • trimoulaou, m., Puybarraud (Char.), Rev. d. pat., II, 193. — Saint-Ybard (Corr.), La R.
  • tramoulëy, m., La Poutroye (Alsace), Simon.
  • trémoulè, m., Vic.-Bilh. (B.-Pyr.), Lespy, tremoulet, ibid., L. Batcave. — Chalosse (Landes), c. p. M. J. de Laporterie.
  • tréoulé, m., Jegun (Gers), c. p. M. Ed. Edmont.
  • tréou, m., Castillon-en-Couserans (Ariège), c. p. M. Ed. Edmont.
  • tromoulé, m., Gerbépal (Vosges), Haill.
  • tramolè, m., Fraize (Vosges), Haill.
  • tërmolé, m., drmolé, m., drmolê, f., Ban-de-la-Roche (H.-G.), Oberlin.
  • trémboul, m., Laroque-des-Alb. (Pyr.-Or.), Carrère.
  • trémblou, m., Sainte-Geneviève (Aveyr.), r. p.
  • trinblou (accent sur trim), m., Vaudioux (Jura), Thév.
  • trinblô, m., Villette (Sav.), r. p., — Jujurieux (Ain), Phil.
  • tiublou~, m., Fay (Sav.), r. p.
  • trinblhou, m., Vallorbes (Suisse), Vall.
  • trinblhô, m., fribourgeois, Sav.
  • trinble, m., Flumet, La Chapelle (Sav.), r. p. — Ruffey-l.-B. (C.-d'Or). Joigny. — Saint-Alpinien, Saint-Georges-Lapouge (Creuse), r. p.
  • trinbiou, m., Cousance (Jura), r. p.
  • trinbýë, m., Champlitte (H.-Saône), r. p.
  • trinbë, m., Chenôve (C.-d'Or), r. p.
  • trévbýë, m., Chaucenne (Doubs), r. p.
  • trèbthë (av. th angl.), m. Bas-Valais, Gill.
  • tremble, f., franç., Scheler, Trois traités (XIIe s) ; etc., etc.
  • tramblou, m., Les Fourgs (Doubs), Tissot.
  • tranblhô, m., Tavaux (Jura), r. p.
  • tremblier (tranbliè), m., anc. fr. de l'ouest, Le Pelletier, 1752, col. 268. — Lamballe (C.-du-N.), r. p. — Romorantin (L.-et-Ch.), r. p.
  • tran~blé, m., Lembeye (B.-Pyr.), r. p.
  • tràmbèlo, f., Villeneuve-s.-L. (L.-et-G.), Grenier, Poeto paysan, 1886, p. 263.
  • tranbiô, m., Velorcey (H.-Saô.), r. p.
  • tranbý, m., L'Ajoie (Suisse), Arch. suisses d. tr. p., 1899, p. 279. — Clerval (Doubs), r. p. — May., Dott.


[3]

  • tranbe, m., Calvados, Bull. d. parl. norm., 1900, p. 258.
  • tanpe, m., Fougerolles (May), r. p.
  • tronblinë, f., Chomérac (Ardèche), r. p.
  • tronble, m., tronpe, m., tronbý, m., trobý, m., trôbe, m., Vosges, Haill.
  • tronbe, m., Cercy-la-T. (Nièvre), r. p. — Vosges, Haill.
  • trobl, m., Saulxures-s-M. (Vosges), r. p.
  • trop’, m., Eix (Meuse), c. p. M. Ed. Edmont.
  • tremblant (tranblan), m., Firminy (Loire), r. p. — Haye-Fouassière (L.-Inf.), r. p.
  • tràmblày'ré, m., Le Vigan (Gard), Rouger.
  • pibou tròmblày'ré, m., La Malène (Loz.), r. p.
  • piboura, f., Fontan (Alp.-Mar.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • piboura bastarda, f., Orpierre (Htes-Alp.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • peuplier tremblant, m., Vienne, Orne.
  • peuplier trembleur, m., Quincy-s.-le-M. (Aisne), r. p.
  • poupliyi tremble, m., env. de Mons (Belg.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • tremble rouge, m., Aube, Haute-Marne.
  • peuplier rouge, m., Haute-Marne.
  • peuplier libyque, m. franç., Dict. de Trévoux.
  • grisolle, f., anc. fr., God., IV, 361. — « Trembler comme une grisolle. »
  • grîsârd plope, m., wall., Forir.
  • aspalter, aspasterin, Styrie, Ung. - aspe, Suisse all., Souabe.
  • espe, moyen néerl.
  • rateleer, anc. flam., Dod.
  • ratelpopulier, trilpopel, klaterpeppel, beefessche, espe, fladderabeel, reutelaar, vrouwentongen (= langues de femmes), dial. flam. et holl. (A. de C.).


Voir d'autres noms du tremble dans Gilliéron et Edmont, Atlas ling. de la Fr., fascicule 29, carte 1329.


Le jeune tremble est appelé :

  • tramioteau, m., Corbie (Picardie), au moy. âge, God.


Un lieu planté de trembles est appelé :

  • tremoleda, tremoletum, tremolia, tremblia, trembleia, l. du m. â.
  • tremblay, m., trembloye, f., anc. fr.


Toponomastique : Le Tremble, Les Trembles, Le Trembloy, La Trembleroye, La Tremblée, Le Tremblat, Le Tremblot, Le Trembly,


[4]

Le Tremblier, La Trémolade, La Trémoulède, La Trémolie, La Trimollerie, La Trimouille, La Tremellière.
  • La Tremellerie, La Trémaudière, La Tramoye, Les Tramays.
  • Las Trimolladas, doc. de 1355, loc. d'Auvergne, Guélon, Vollore, 1890, p. 130.
  • Le Trémoul, Le Trémoux, La Trémoulière, Les Trémoneyres, Trémoulet, Trémoulès, loc. du Cantal, Amé.
  • Les Triboulières, loc. des H.-Alpes, Roman.
  • Tremblinum, lat. du m. â., Trembley, Trémoley, anc. loc. du Lyonnais, Guigne, Cartul. lyon., 1893, II, 745.
  • Le Trambly, Les Tramayes, loc. de S.-et-L., Chavot.
  • La Tremellerie, La Tremettière, La Tourmelière, La Turmelière, La Tremblerie, loc. d'Indre-et-L.. Carré.
  • La Trimollière, Loire-Inf., Cornulier.
  • Le Trimoulet, La Tremblere, loc. de l'Indre, Hubert, Arch. de l'lndre, 1901, p. 171.
  • La Tremillière, loc. de Vendée, Barbaud, Arch. civ. de V., 1898, p. 472.
  • La Trémouille, loc. d'Indre-et-L., Grandmaison, Arch. d'Indre-et-L., 1867, I, 2e partie, p. 58.
  • Trémoulet, écart de la comm. de Balansun, cant. d'Orthez, L. Batcave .
  • La Tremetaie, La Tremellière, La Tremaillère, La Tremonnière, loc. de la Mayenne, Maitre.
  • Courtremblay, loc. de la Sarthe, Pesche, V, 647.
  • Trebuletum, lat. de 1090, Les Tramblots, loc. d'Eure-et-Loir, Merlet.
  • Trembleium, lat. de 1266, loc. du Calvados, Hippeau.
  • Le Trembleceau, loc. de S.-et-M., Pascal.
  • Le Tranloy, loc. de l'Oise, Cartier, p. 31.
  • Tramblon, doc. de 1545, Translons, doc. de 1110, Tranlon, doc. de 1270, Trallon, doc. de 1631, Traslon, aujourd'hui, Tranloy, doc. de 1282, Trennoy, doc. de 1458, Transnoy, doc. de 1555, Tranois, aujourd'hui, loc. de l'Aisne, Matton.
  • Tremblois, Le Tremblay, Les Trembles, La Tramerie, Trannoy, Le Transloy (autrefois Le Trembloi, Transnoy et Tranloy), loc. et lieuxdits du P.-de-C. [Ed. Edm.].
  • Le Grand Tremblot, Trémilly, loc. de la H.-Marne, Roserot.
  • Trameleium, Tramilleium, Tramilliacum, anc. noms latins de loc. de la H.-Marne, Lalore, Cartul. de Troyes, 1875, IV, 368.
  • Trembillon, Tremble-Voleur, local. de la Meuse, Liénard.
  • Les Trembières, Les Etrembières, Suisse rom., Jacc.
  • Aux Trabloux, divers lieuxdits du Luxembourg méridional, J. F.


[5]

Onomastique : Du Tremblais, De la Trémouille, De Tremiolles, De Trémaux, Latremolière, Tremblet, Tremblin, Trembly, Trambouze, Trimoulet, Tremoulet, Triboulet, Trannoy, noms de famille.


« Qui fait charbon Saulx luy est bon, Sy est le tremble = ces deux arbres sont également bons pour faire du charbon. » XVe s., Œuvres d'Alexis, édit. Piaget, I, 197.

« Les femmes sont des brics de tremble et de sapin ; la teste composée de buis dur comme tous les diables ; le cul et les fesses sont faicts de bois de tremble, aussi ne sont-ils jamais en seureté, ils tremblent sans cesse, principalement quand le marteau est sur l'enclume. Le devant est de sapin, etc., etc. » Le Caresme prenant et les jours gras, 1622, p. 9.

« La langue de la femme est faite d'une feuille de tremble. Prov. flam. (A. De C.).

« Trembler comme la feuille de tremble. » Palsgrave, 1530. — « Que tremble que grisolle = qui tremble comme le tremble. » Anc. prov. fr. du nord-est, God. — «Tout le cœur li sautelle comme fueille de tramble. » Jubinal, Nouv. rec. de contes, 1839, I, 38. — « Tant que le tremble tremblera Le monde existera. » H.-Bret., Sébillot. — « J'ai peur de tout, je suis comme le tremble et cependant ce bois en vaut bien un autre, quoique sa feuille en soit toujours dans les transes. » L'Auberge des Adrets, 1833, II, 92.

« Quand Jésus-Christ mourut sur la Croix, la nature entière s'attrista. Un seul arbre, le Tremble, resta insensible : « Je suis innocent, disait-il avec orgueil, Jésus est mort pour les coupables : que ceux-ci se lamentent, quant à moi, pourquoi serais-je triste ?

« En ce moment, un ange portant un calice d'or rempli du sang répandu par le Christ, et qui passait au-dessus du peuplier l'entendit ; il pencha le calice et laissa tomber quelques gouttes de ce sang sur les racines de l'arbre et lui dit : Egoïste, qui refuses de prendre part à la douleur générale, pour ton châtiment, quand par les belles et chaudes journées de l'été toutes les plantes resteront dans le calme et l'immobilité, toi, tu t'agiteras sans trêve ni merci, tu trembleras toujours, tu trembleras éternellement ! »

Mlle Clarine Juranville, La Voix des fleurs.

Cf. Soc. d'Archéol. d'Avranches, 1885, p. 24.


[6]

« Coucher sous un tremble donne les fièvres. » Vern. (Ille-et-V ), r. p.

« Pour guérir les fièvres on attache un ruban, à l'intention du malade, à un tremble ; alors la maladie sera transmise à l'arbre. » A. S. Morin, Le Prêtre et le Sorcier, p. 154.

L'onguent nommé populeum s'appelle en wallon âlemint d'plope, d'après Forir. — J. F.

« La feuille de tremble est blanche au-dessous parce qu'au pied de chaque arbre de cette espèce celui qui ferait des fouilles trouverait des pièces d'argent ; l'endroit de ces fouilles lui est indiqué chaque vendredi à minuit par un rayon de lune qui, l'espace d'une seconde, éclaire cet endroit. Mais pour être possesseur du trésor il faut que pendant la seconde éclairée par la lune, la pioche du chercheur atteigne une des pièces d'argent. Chaque feuille de tremble est une âme d'enfant. » Environs de Dinan (Bretagne), Rev. d. trad. pop., 1902, p. 344.

« Pour faire tomber les vers qui se mettent dans les plaies, il faut cacher sous l'écorce d'un tremble du poil d'homme ou d'animal qui a été blessé. » Thiers, Traité d. superst., 1697, I, 377.

« On tient pour certain que si l'on découpe menu l'escorce de peuplier et de tremble, et qu'on sème ses taillons et pièces ès seillons qu'a fait la charrue, en une terre bien fumée, qu'en tout tems de l'année il y croistra des potirons et champignons bons à manger. » Matthiolus, Comm. sur Dioscoride, 1655 [Ed. Edm.]


Symbolique. — « Au ler mai une branche de tremble symbolise la malveillance. » Fr.-Comté, Beauquier, Les Mois, p. 70. — «Le tr. symbolise la lamentation, les gémissements. » Leneveux, 1837, Wallonia, 1899, p. 22.

« Le tremble signifie : répondez sagement. » Traité curieux des couleurs, 1647, p. 84.

La jeunesse troyenne couronnée de branches de peuplier. Énéide, V, 135. — Le peuplier était consacré à Hercule, qu'on invoquait au début des voyages. Cf. Horace, Odes, I, 7. — J. F.

Pour empêcher le vampire d'aller sucer le sang des enfants et des jeunes filles, il faut le clouer dans sa bière avec un pieu de tremble. Girard De Rialle, Mythologie comparée, p. 114 (Europe orientale). — J. F.


[Le texte qui suit a été publié comme addition à la page 251 du tome XI (voir Additions et corrections du tome 11 (Rolland, Flore populaire).]

  • ezlen, bret. moy. et mod. ; efflen, mod., Ernault, Glos. moy. bret., 228, 230 ; coad elo, coad crèn, coëd crènerès, bret. de Cornouaille, coed créen, bret. de Vannes, P. Grég. ; guéênn coaitt creinne, L'A. [E. E.]

Un lieu planté de trembles est appelé :

  • crenedecg, efflecg « tremblaie », bret., P. Grég. [E. E.]


Onomastique : Coed-Crèn, Haut-Léon, P. Grég. [E. E.]

  • Trembler, Tremblier, De La Tribouille, Tribouillet, Trabouillet, Tribou, Tréboul, Tremeau, Trémulot, Tremellat, Tremmery, Tremège, Tremouillières, Tremine, Tremoureux, Trameçon, Trannin, Dutranoy. - Grisolles. - H. G.


« Quand saint Pardoux passait, les arbres s'inclinaient ; seul le tremble ne le fit pas et se tint raide ; le saint le condamna à avoir perpétuellement la fièvre » (légende de Forez).

« Il a mis ses chausses de tremble » (= il a peur), Suisse rom., Arch. suisses des trad. pop., 1909, p. 44.

Lanterne de Sainte-Gudule, Le Beffroi, t. 1 (1863), p. 161.


[7]

Populus nigra

Populus nigra (Linné). - LE PEUPLIER NOIR


  • piboula, f., Nice, Risso.
  • piboulo, f., Var, Amic. — B.-du-Rh., Vill. — Avignon, Pal. — Brive, (Corr.). Lép.
  • piblo, f., Var, Hanry. — B.-du-Rh., Vill.
  • pibou bastar, m., Agde (Hér.), Soc. d'agr. de l'Hér., 1836, p. 292.
  • pivo, f., Nîmes, Vincens.
  • pibo, f., Thiers (P.-de-D.), r. p. — Avignon, Honn.
  • choupou, m., tchoupou, m., Basses-Pyr., Lespy.
  • peuple franc, m., peuple français, m., Aube, Des Et.
  • peuplier, m., anc. fr., Olivier De Serres, 1600. (Ol. De S. distingue sous ce nom le peuplier noir, le peuplier blanc étant appelé aubeau).
  • peuplier noir, m., français. (Je néglige les formes patoises.)
  • charpe, m., Maillezais (Vendée), c. p. M. Ph. Telot.
  • bouillard, m. Orléanais, doc. de 1680, God. s. v° gravelin.
  • bòyar, m., bouyar, m., Deux-S., M.-et-L., Indre-et-L., L.-et-Ch., Loiret, Cher, Indre, Allier.
  • bule, Curcy (Calvad.), Jor.
  • pérsénày’, m., H.-Loire, Vinols.
  • poulh, m., polh, m., Laroque-des-A. (Pyr.-Or.), Carrère.
  • efflen du, bret. [E. E.]


Un lieu planté de peupliers noirs est appelé :

  • bouyé, f., blaisois, Thibault.


Symbolique. — « Le peuplier noir signifie : courage. » Nouv. Dict. du lang. de l'amour, 1836.


Populus nigra viminea — LE PEUPLIER LIARD


  • populus flexibilis, nomencl. de Rozier, 1793.
  • léard (léar), m., anc. fr., P. Belon, Remonstr., 1558, p. 35. — Sarthe, Mont. — M.-et-M., Merlet de la Boulaye, Herborisat., 1809, p. 136.
  • liar, m., Le Mans, Maulny. — M.-et-L., Desv. — Eure, Niel. — Calvad., Jor.
  • liardiè, m., M.-et-L., Desv.
  • lëyar, m., Mayenne, Dott.


[8]

  • léyar, m., Vihiers (M.-et-L.), r. p. — Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe), r. p.
  • alòyar, m., Charost (Cher), Coud., env. d'Issoudun (Indre), r. p.
  • òyar, m., Bressuire (D.-S.), Lal. — Saint-Clémentin (D.-S.), r. p.
  • yar, m., Sarthe, Mont.
  • aliè, m., alae, m., env. de Melle (D.-S.), Lal.
  • alin, m., Montargis (Loiret), r. p. — Vendômois, Mart. — Cosne-s.-Loire (Nièvre), Porcheron, Addit. au Gloss. du Centre, 1888.
  • osier blanc, m., Loiret, Mém. d'agric, juin 1786, p. 80. (Les vignerons se servent des branches de ce peuplier comme de celles de l'osier ordinaire.)
  • ouziy′, f., Vendômois, Mart.
  • azin, m., Blaisois, Thibault.
  • vijou, m., Anduze (Gard), Viguier.
  • poupe-liar, m., Centre, Jaub.
  • peuplier-liard, m., Mém. d'agricult., 1786, p. 83.
  • peuple blanc, m., Oise, Graves.


Toponomastique :

  • Les Eards, loc. de la Loire-Inf. Quilg. Le Léart, local. de la Sarthe, Bellée, Arch.de la Sarthe, 1881, III, 1882.
  • Les Leardeaux, anc. loc. du Maine, Cauvin, Suppl. à la topogr. du dioc. du Mans, 1843, p. 49.

Onomastique : Liard, Léard, etc., t. X, p. 222.


Populus nigra laurifolia

Populus nigra laurifolia (Lindley)


  • lauron, m., f. du XVIe s., R. Stephanus, De nominibus.

Populus angulata

Populus angulata (Wild). - LE PEUPLIER DE CAROLINE


Ce peuplier, originaire de la Caroline, en Amérique, a été introduit en France en 1738. On le nomme :

  • peuplier de Caroline, franç., Pelée de Saint-Maurice, Art de cultiver les peupliers, 1767.
  • carolin, m., français des provinces du Nord.
  • caroline, f., Somme, r. p. — Calvad., Jor.
  • caroli, m., carouli, m., midi de la France.
  • blanc-caroline, m., Crotelles (Indre-et-L.), r. p.
  • peuplier touffu, Saint-Georges-d.-Gros. (Orne), r. p.


[9]

  • poulh-platané, m., Laroque-des-A. (Pyr.-Or.), Carrère.
  • pigoulo, f., Castelnau de Montm. (Tarn), r. p.
  • tiblo, f., Lanouaille (Dord.), r. p. (Le peuplier ordinaire est appelé tiblé).


Populus virginiana

Populus virginiana (Desfontaines). - LE PEUPLIER DE VIRGINIE


Cet arbre, cultivé en Europe depuis le milieu du XVIIIe siècle, est appelé :

  • populus manilifera, nomencl. d'Aiton.
  • populus helvetica, nomenclat. de peuplier de Virginie, franç., Pelée de Saint-Maurice, Art de cultiver les peupliers, 1767.
  • virginie, m., suisse, m., français. — wallon, J. F.
  • peuplier suisse, franç., Mém. d'agricult., 1786, p. 83.
  • bouyar suisse, m., Cangy (Indre-et-L.), r. p.

Populus canadensis

Populus canadensis. - LE PEUPLIER DU CANADA


  • peuplier de Canada, franç., Pelée de Saint-Maurice, Art de cult. les peupliers, 1767.
  • canada, m., français.
  • plope di Canada, Forir, Dict. wallon. - blanc bwès d'Canada, wall., J. F.


Populus italica

Populus italica (Moench.). - LE PEUPLIER D'ITALIE


Cette espèce, introduite de Lombardie en France, vers 1745, porte les noms suivants :

  • populus nigra pyramidalis, populus dilatata, populus fastigiata, nomenclat. savante.
  • peuplier d'Italie, peuplier de Lombardie, franç., Pelée de Saint-Maurice, Art de cultiver les peupliers, 1767.
  • peuplier italien, italien, français.
  • peuplier pyramidal, franç., Bastien, 1809.
  • peuplier allongeant, m., Saint-Georges-d.-Gros. (Orne), r. p.
  • fiavaré, m., H.-Loire, Vin. (du mot fiavà = filer le chanvre, parce que ce peuplier a la forme d'une quenouille).
  • valanchié, m., H.-Loire, Vin. (appelé ainsi parce qu'il se balance au vent).


[10]

  • pointe, f., Vendômois, Martellière.
  • balize, f., Montaigut-le-Blin (All.), c. p. M. J. Duchon de la Jarousse.
  • pòpiyon, m., Guitinière (Char.-Inf.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • nêr, m., Romorantin (L.-et-Ch.), r. p.
  • blanc bois d'Italie, m., Belg. wall., Bull. de la Soc. liég. de litt. wall., 1866, p. 113. — Plope d'Italèye, Forir, Dict. wall. — J. F.
  • piboulo, f., Arles, Lang.
  • pibouro, f., L'Argentière (H.-Alpes), r. p.
  • pupliè, m., Landes, c. p. M. J. de Laporterie.
  • pouplhyèr′, m., Chorges (H.-Alp.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • piva, f., Gard, Pouzolz.
  • pivou, m., Anduze (Gard), Viguier.
  • pigou, m., Argelès (H.-P.). — piblhou, m., Vallorbes (Suisse), Vall.
  • brioul, m., Targon (Gir.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • brul, m., Saint-Savin (Gir.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • bioulo, f., Pays d'Albret, Duc.
  • bioulate, f., Gironde, Mistr.
  • sarrazin, m., Haute-Garonne, Larrondo, Monographie de Merville, (H.-Gar.), 1898
  • aïa, m., Auzances (Creuse), c. p. M. Ed. Edmont.
  • arbra pina, pioppa pina, pioppa raparina, alberapina, albra piroenla, Nord de l'Italie.


« Grand comme un piboul d'Italio = un homme de haute taille. » Aude, c. p. M. P. Calmet.

« Les ouches chez les boulangers seront longues comm' des peupliers, On fera crédit chez les bouchers. » Journal de Guignol illustré du 9 avril 1887.

« Elle était aussi mince, aussi frêle qu'un peuplier d'un an. » Ricard, Le Tapageur, 1841, II, 121.


[Fin de l'insertion et retour à la pagination du livre tel que publié.]