Additions et corrections du tome 11 (Rolland, Flore populaire)

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Ephedra
Eugène Rolland, Flore populaire, 1896-1914
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[Les texte qui suivent ont été aussi recopiés aux pages indiquées]


[Tome XI, 251]

ADDITIONS ET CORRECTIONS


LE TREMBLE, p. 1


  • ezlen, bret. moy. et mod. ; efflen, mod., Ernault, Glos. moy. bret., 228, 230 ; coad elo, coad crèn, coëd crènerès, bret. de Cornouaille, coed créen, bret. de Vannes, P. Grég. ; guéênn coaitt creinne, L'A. [E. E.]

Un lieu planté de trembles est appelé :

  • crenedecg, efflecg « tremblaie », bret., P. Grég. [E. E.]


Onomastique : Coed-Crèn, Haut-Léon, P. Grég. [E. E.]

  • Trembler, Tremblier, De La Tribouille, Tribouillet, Trabouillet, Tribou, Tréboul, Tremeau, Trémulot, Tremellat, Tremmery, Tremège, Tremouillières, Tremine, Tremoureux, Trameçon, Trannin, Dutranoy. - Grisolles. - H. G.


« Quand saint Pardoux passait, les arbres s'inclinaient ; seul le tremble ne le fit pas et se tint raide ; le saint le condamna à avoir perpétuellement la fièvre » (légende de Forez).

« Il a mis ses chausses de tremble » (= il a peur), Suisse rom., Arch. suisses des trad. pop., 1909, p. 44.

Lanterne de Sainte-Gudule, Le Beffroi, t. 1 (1863), p. 161.


LE SAULE, p. 10


  • haleguenn, bret. moy. et mod. ; haliguenn, h. Cornouaille, halecg, Vannes, P. Grég., halléguênn, L'A. [E. E.]

Le P. Grég. distingue halecg guënn, saule blanc ; halecg du, saule noir ; red ou goëz-halecg, « sorte de menu saule sauvage qui croît dans les lieux marécageux, et qui sent très bon ». D. Le Pelletier donne sualec, suhalec, « saule à fleurs, espece peu connue, et son nom rare » ; de même Roussel ms. : « sualec saule a fleurs, espece rare peu connue. » Cf. Glos. moy. bret., 637. [E. E.]


[252]

haleguecg, « saussaie », bret. mod., P. Grég., haléguêc, van. L'A. [E. E.]

Le Halgouet, Morbihan, cf. Loth, Les Mots lat. dans les langues brittoniques, 177, 178 ; Ernault, Glos. moy. br., 311. [E. E.)


Toponomastique : Saléza (H.-Pyr.), Dussaussoy (Hainaut), Dessaucy (Verviers). - J. F. - Sauzet, commune du Lot, Salga, au XIIe s., Saugues, auj. loc. de H.-Loire, Chass. et Jac., Salsas, en 888, Les Sauces, auj. loc. de la H.-L., Saule, loc. - Saulieu vient de Sedeloco, rien à faire avec le saule.


Onomastique : Dessaux, Saugé, Saugère, De la Sauge [1], Broutesauge, Dussaugey, Saugon, Sauguet, Sauzière, Sauzin, Saulay, Saules, Du Boisaulier, Saulou, Montsaulnin, Monsalson, Saulquin, Saussède, Le Sauce, La Sausserie, Sauze, Sauzeat, Sager, Saillard, Sallard, Satgé, Sazias, Sougey, Soulages, Marsoulat, Marsoulac, Marsaloux, Soussengeas, Talessault, Sassé, Sassiat, De Sasselange, Delassasseigne, Salasc, Salager, Salangros, Salentin, Saliège, Salinghe, Sallard, Salleron, Sallandre, Desallangre, Salavert, Salicon, Salichon, Saligot, Salliol, Salzard, Delobel, Dolbelle, Vauzelle.

  • De Saussure (Suisse) [E. E.]- Saussier. - H. G.

P. 31, à la Toponomastique, M. Feller ajoute : La Voulzie, rivière chantée par Hégésippe Moreau.

P. 32, M. Feller ajoute : sâ pèteûse, f., wallon.

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  1. Mais ces différents noms ne peuvent-ils venir du nom de la Sauge ? - H.G.


L'OSIER, p. 34


  • douzil vient de duciculus.

M. Muret fait venir les noms de lieu Eysins, Oisins, Eysin (Suisse, Isère), lat. Osincus, du nom d'homme Otius, Leysin (Suisse), de Latius et Loisin (Savoie), de Lotius.

Avançon, Avensac, Avanton, Avenche, n'ont rien à faire avec avan, osier ; viennent d’Aventius, nom d'homme.

Les trois notes qui précèdent sont des fiches de Rolland.


Onomastique : Les termes plon et plonnière, qui figurent comme noms de l'osier, me suggèrent le nom de famille Plon. - H. G.


[253]

P. 50. - Les punaises et l'osier. - C'est sans doute par suite de cette croyance qu'on usait, autrefois, à Paris, de claies d'osier qu'on mettait au bas des lits, entre matelas et paillasses, et qu'on secouait le matin pour écraser les punaises qui s'y étaient réfugiées. Mais sans doute les punaises appréciaient moins l'osier que l'apparence d'une sûre retraite. - H. G.


L'AULNE, p. 55


La carte de l'Atlas linguistique de MM. Gilliéron et Edmont a servi de base à une étude de géographie linguistique de M. J. Jud, dans l’Archiv für das Studium der neueren Sprachen, t. CXXI (1908), p. 76-96 ; et comme cet article est accompagné de deux cartes coloriées, il est aisé de voir d'un coup d'œil que le radical gaulois ou celtique s'est conservé dans le Sud et l'Est, tandis que le Nord a adopté le nom latin alnus. - H. G.


LA FOUGÈRE, p. 98


M. Paul Sebillot raconte, dans ses souvenirs d'enfance, au cours de ses longs Mémoires, que, pendant ses vacances d'écolier, il allait quelquefois en visite chez une de ses tantes, aux environs de Matignon : « Nous nous amusions, dans le grand jardin derrière le vieux manoir de la Peignie, que ma tante avait modernisé, dans les avenues et dans les bois. L'un d'eux, dans lequel nous n'entrions pas aussi volontiers que dans les autres, s'appelait le bois de la Chouanière, et l'on disait qu'il n'y poussait plus de fougère, parce qu'un prêtre, qui y avait été tué, avait maudit cette plante en mourant. » Le Breton de Paris, 1er mars 1914. - La légende avait évidemment été inventée pour expliquer l'absence de fougère dans ce bois.


LES MOUSSES, p. 122


Onomastique : Moussard, Moussette.


LES CHAMPIGNONS, p. 133


Champignons de rosée. Le menu du dîner offert par M. Poincaré aux souverains d'Angleterre à l'Elysée, le 21 avril 1914, com-


[254]

prenait des « champignons de rosée à la meunière ». Du reste, les philologues, pour comprendre tout ce menu, auraient besoin d'un dictionnaire de cuisine ; et ceux de l'avenir, pour comprendre ce qui restera de notre temps, auront besoin d'un Hésychius culinaire.

Ce terme ne se trouve pas dans la nomenclature, si riche, de Rolland. Il a probablement été inventé par un cuisinier, pour faire croire que ses champignons étaient particulièrement tendres. En effet, « tendre comme rosée » est une expression familière de gourmandise pour vanter un mets de viande particulièrement tendre et fondant presque dans la bouche. - H. G.


LE CÈPE, p. 160


P. 160. - Les cèpes à la bordelaise sont une préparation à base d'ail et avec hachis de persil et un peu de jambon, etc.

Les « cèpes à la bordelaise » sont une préparation qui n'est pas spécifiquement bordelaise ni même girondine, mais qui a probablement été introduite à Paris par un cuisinier venu de Bordeaux. - H. G.

Notes de M. L. Batcave :

  • seigt, en béarnais, cep.
  • Petit coum un seigt, petit comme un champignon = un nabot.
  • Que he coum lous seigto - Que bud mechan en baden bielh. Il fait comme les ceps, il devient méchant (mauvais) en vieillissant = un vieillard inquiet.

(Il y en a 500 espèces comestibles dans les B.-P.; la lande leur est très favorable.)

U moussurot n'a pas qu'ue came e u chaperot.- Un petit monsieur, il n'a qu'une jambe et un petit chapeau.


LA TRUFFE, p. 181


Héraldique. Voir Renesse, III, 672.


LES ALGUES, p. 187


P. 188. Après Gômônon :

  • goumon, moy. bret. ; goumon, gomon (on nasal), bret. de Vannes, goemon, bret. de Tréguier, Rev. Celt., XXV, 71, 72. [E. E.]
  • felu mor, bret., Rev. Celt., XXV, 69-72. [E. E.]


[255]

  • bezin, bret. moy., bezin, bizin, mod., behin, bret. vann. [E. E.]
  • léntilh-vor, bret., P. Grégoire. [E. E.]
  • goumonat, gomonat, bret. de Vannes, chercher du goémon ; bezina, bizina, bret., id., behinat, behinein, bret. vann., id. ; beziner, biziner, vann. behinour, celui qui va chercher du goémon ; bezinerez, bizinerez, van. behinereh, action de le faire ; behineg, van., lieu où on va ramasser du goémon . [E. E.]
  • bizin tan, fucus vesiculosus, à Ouessant ; bizina tan, couper ce goémon, Annales de Bret., XXV, 206. [E. E.]
  • P. Sur les côtes de Bretagne, les enfants s'amusent à divers jeux avec le goémon, et ils en font des jouets de toutes sortes, des paniers de fantaisie, etc. - H. G.


LE PIN ET LE SAPIN, p. 195


  • La Butte du Paumier de Pin, lieu-dit.

P. 199. aval pin ( = pomme de pin), bret. P Grég., etc. [E. E.]

P. 202. Avant : Quand la résine qui découle :

  • rousin, etc., bret., voir Ernault, Gloss. moy. bret., 585. [E. E.]

Ibidem. Après térébenthine :

  • tourmantyn, bret., P. Grég., etc. [E. E.]