Additions et corrections du tome 10 (Rolland, Flore populaire)

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Poésie sur la châtaigne
Eugène Rolland, Flore populaire, 1896-1914
Avis au lecteur du tome 11



[Tome X, 211]


ADDITIONS ET CORRECTIONS


Mon rôle étant celui d'un éditeur, j'ai donné les exemples de toponomastique et d'onomastique recueillis par Rolland, mais sans me porter garant de l'étymologie. Ce sont des questions très délicates, d'autant plus qu'un nom peut se réclamer d'origines diverses. Je reproduis l'opinion ou l'hypothèse de Rolland, sans m'en faire juge. Je ne prends la responsabilité que des notes signées, comme celle-ci. H. G.


L'ORTIE, p. 1.


Je trouve ce proverbe anglais qui a son application morale : He that handles a neetle tenderly is soonest stung. - H. G.


Artiga, p. 11.


Voir aussi plus loin, p. 135.

Je trouve que ce nom ARTIGALA est assez répandu dans le dépt des Hautes-Pyrénées.


LE FIGUIER, p. 63.


Onomastique : Les journaux donnent en août 1913 le nom d'un de nos fonctionnaires, M. Fighiéra. Ce nom vient probablement de la Corse. Je note aussi : Figuet. - H. G.


L'ORME, p. 89.


  • samera ou samora , semence d'orme, latin. - Dodoens, p. 528.
  • arbor cimicuus, Avicenna, Libri omnes, 1564.


[212]

La fleur de l'orme est appelée: aumate, Arrens (H.-P.), M. Camélat. L'insecte qui se trouve en nombre et groupé sur l'orme est galeruca chrysamela de Linné.

L'ORME, p. 89.


Onomastique. - [J'ajoute : Lormel, Lhommel, Belhomme, Bellom. - H. G.]

L'orme de Saint-Gervais.

On sait que l'abbé Gauthier, curé de l'église Saint-Gervais, avait demandé la plantation, sur la place, en face l'église, d'un nouvel orme qui rappellerait le souvenir de l'orme de Saint-Gervais. Cette proposition reprise par la Commission du Vieux-Paris et par son secrétaire, M. Lucien Lambeau, avait été prise en considération par le Conseil municipal. La préfecture de police s'opposa ensuite à l'installation du refuge au centre duquel devait s'élever le nouvel orme de Saint-Gervais.

M. Le Corbeiller, le distingué conseiller municipal du quartier Saint-Merri, va intervenir auprès de M. Lépine, afin que l'avis défavorable soit rapporté. Il y réussira facilement, car il y a eu confusion et le préfet de police ne songe pas à opposer son veto.

Éclair, 4 Nov. 1912.


LE HÊTRE, p. 97


Toponomastique. - Rue Quintefol, à Loches (Indre-et-Loire).

  • Beaufou.
  • Farel en 1146, Longnon, Dict. topogr. de la Marne.

Onomastique. - d'Auffey, famille en 1477.

  • Batifolie et Batifoulier. - [J'ignore comment Rolland expliquait ces noms, voyant sans doute le nom du hêtre comme second terme. On ne peut pas les séparer des noms Batifol, Battifol et Batiffol. L. Larchey en donne une explication qui ne me paraît pas convaincante. - H. G.]
  • Beaufou (Loir-et-Cher).
  • De Bellefaye, nom de famille au moyen âge.
  • Duffeuil (Gironde).
  • Dufou (Loire-Inf.).
  • Dufal, Dufeutrelle, Dubrunfaut.
  • Du Faouedic, nom de famille, Bretagne.
  • Defaulhoux (Auvergne).
  • Delafoulhouse (Auvergne).


[213]

  • Defeings (Loir-et-Cher).
  • Defauxweux, Defawe, Defooz (Belgique).
  • Defeux (Meurthe).
  • Desfeux.
  • Fagonet (Gironde), Fageon (Id.).
  • Fagnolat (Isère), Fagayet (Id.).
  • Fageot (Loire-Inf.), Faguait (Id.).
  • Fages (Lozère).
  • Faillard (Loire), Fayolle (Id.).
  • Fayssat (Hérault).
  • Fayan (Loir-et-Cher).
  • Fageol, Faillot, Faulenez, Lafaille (Indre).
  • Fassin, Fattelay, Fayan, Fayol.
  • Fagnosel, nom d'homme en 1488, en Lorraine, Gallia Christiana, XIII, c. 1432.
  • Fagut, Hainaut.
  • Fagoa , Fagoaga, noms basques.
  • Feignon (Indre).
  • Feillet.
  • Feuillarde (Hérault).
  • Feuillat.
  • Feuillet (Manche).
  • Feynas.
  • Feutelais (Ille-et-Vil.).
  • Foignet.
  • Foillard (Loire et Isère).
  • Follardeau (Gironde).
  • Folliet.
  • Foliot (Loire).
  • Fouilland (Auvergne et Loire).
  • Fouilleux (Oise).
  • Fouillet (Isère et Ille-et-Vil.).
  • Fouge (Ille-et-Vil.).
  • Fouguedu (Orne), Fouyes (Id.).
  • Fouet (Oise).
  • Foutel (Ille-et-Vil.).

[J'ajoute le philosophe Fouillée. - H. G.]

  • Fouilleul (Normandie et Mayenne).
  • Foulard (Id.).
  • Fouillard (Partout).
  • Fouillon, Fouletier, Foullut, Fouan, Fouard.


[214]

  • Fouilloux (Indre).
  • Fouquerière (L.-et-Cher).
  • Fouilleux (Isère ).
  • Fuynel.
  • De Guenifey (Eure).
  • Hautefage.
  • Hêtreau (M.-et-L. ).
  • La Feuillade (Oise).
  • Laffouillère (Basse-Pyr.).
  • Lefeu.
  • Lefay (Indre-et-L.), Lefol. [Rolland supposait sans doute que c'était une façon d'écrire Lefou. Cela est possible, mais n'est pas certain. Voir pourtant quelques lignes plus bas, l'article Pantefol [sic : Plantefol], et aussi la rue Quintefol, à Loches. - H. G.]
  • Lafeuille.
  • De Laplobe.
  • Lafagne (Gironde).
  • Le Fouille (Morbihan).
  • Maillefaud (Loire-Inf.).
  • Montfeuillont (Marne).

[Ces noms me suggèrent celui d'un écrivain connu, Mme de Montifaud. - H. G.]

  • Picquefeu (Oise).
  • Plantefol (Orne).
  • De Villenfagne.
  • De Verfay, nom de famille au XIVe siècle.

Le nom d'homme Faydit, Faidit, n'a rien à voir avec Fagus.

J'ignore pourquoi Rolland a classé ici le nom Hazera (Gironde).

[J'ajoute : Fau, Faux, Delfau, Duffau, Dufaud, Dufaux, Lafay, Lafage, Fageau, Foy, Dufeu, Feuillet, De la Fuye, Faget, Faguin, Faillet, Fagnon, Delafage. - H. G.]


LE CHATAIGNIER, p. 114.


Toponomastique. - M. L. Batcave nous communique la liste suivante :

  • Castagnède, cant. de Salies, Castaède, XIIIe siècle (Fors de Béarn). - Castanhède, vers 1360. - Castanhède, 1385.
  • Castagnolles, ruisseau.
  • Castagnol, f., cne de Nay, 1536.
  • Castagnoula, ruisseau.


[215]

  • Castaing, h., cne d'Assat.
  • Castaing, h., comm. d'Orthez, Castanh, 1376.
  • Castaing, f., comm. d'Orthez, 1527.
  • Castaing, fief, cne de Rontignon, 1538.
  • Castaing, ruisseau.
  • Castaings (grands), écart, cne de Castillon (cant. d'Arthez).
  • Castède, ruisseau, 1538.
  • Casteide Cami, cant. d'Orthez, Castaède, XIIIe siècle (fors). - Castahède, 1485 ; Castanhède, 1538.
  • Casteide Candau. cant. d 'Arthez, Castaède Candau, 1402 ; Castaeda, 1538.
  • Casteide-Doat, cant. de Montaner, Castaède de Montanères, 1372.
  • Castanh, adjectif, châtain, vient de Castagn.

Les gens de Mesplède, canton d'Arthez, sont appelés Castagnoulets de M., leur pays ne produisant que de petites châtaignes, castagnoulètes.


Onomastique. - Pécastaing = (au) pied du châtaignier, [nom fréquent dans le Sud-Ouest. - H. G.]

Avant que, par le développement général du bien-être, la vie campagnarde se modelât sur la vie urbaine (et cela au détriment de la santé), le châtaignier avait une grande importance sociale par la valeur nutritive de ses fruits ; et la châtaigne faisait des races fortes.

Nous tirons ce qui suit d'un article « Châtaignes et Marrons » dans le Journal de la Santé du 20 janvier 1913 :

Cette grande valeur alimentaire explique peut-être pourquoi les personnes qui en font une nourriture quotidienne sont robustes et peuvent accomplir de rudes travaux. Ainsi ces ouvriers, ces maçons, ces gars trapus et vigoureux viennent des pays où fleurit le châtaignier, le Limousin, l'Auvergne, les Alpes, les Pyrénées, la Corse, pays de montagnes où l'été est assez chaud, mais où la neige recouvre le sol durant 4 à 5 mois d'hiver. Il faut se féliciter que le châtaignier fournissant une matière très nutritive et peu coûteuse soit l'arbre des pays pauvres, aux communications difficiles, et où la rareté du travail oblige les habitants à aller dans les grands centres louer leurs bras durant la bonne saison.

La châtaigne était déjà la principale nourriture du paysan romain. On se rappelle les paroles de Tityre invitant l'exilé au passage :

sunt nobis mitia poma,
Castaneæ molles, et pressi copia lactis.
H. G.


[216]

Le manque de place m'empêche de reproduire une très jolie poésie de M. Jean Aicard, Fruits d'hiver, où l'on voit en action l'emploi et le rôle social de la châtaigne. - H. G.

C'est probablement à tort que le nom propre Nouzeilhes, d'Orthez (Basses-Pyr.) a été donné à propos d'une variété de la châtaigne. La famille est originaire de la Gascogne, et ce nom doit probablement être reporté à l'onomastique du noisetier.


LE CHÊNE, p. 129 et suiv.


Il est toujours bon de vérifier, même après Rolland. En cherchant l'article dans Mistral, surtout pour voir s'il y est question de « l'élixir de Garus », je trouve que ce nom y est donné avec un sens différent. « Garrus, Agarrus, s. m. Houx, grand houx. Nom de famille provençal. - Garrus de la Santo-Baumo ; grand houx ; élixir de Garrus, ainsi appelé du nom de l'inventeur, natif de Callas (Var). » H. G.


Toponomastique. - M. Muret fait venir les noms de lieu Chessin, Chessenaz, Chessine (Suisse et Savoie) des noms d'homme Cassius, Cassianus.

Les noms de lieu Chassey, Chasse, Chassiecq, Chassieu, Chassy, Chessy, n'ont rien à faire avec le mot quercus. Ils viennent d'un gentilice Cassius.

  • La Rivoire, loc. de H.-Loire.
  • Casseneuil (Lot-et-Garonne) et Chasseneuil, de Cassinogilus.
  • Cassania sylva, en 980, Chassagne, Htes-Alpes, Riman.
  • Cassagnas, Lot-et-Garonne.
  • Chassanalicum, au XIIe siècle.
  • Cassanaticum, au XIVe, Sassenage, aujourd'hui. Bellet, Géogr. anc. du diocèse de Grenoble, 1883.


P. 146. - Onomastique.- Querquelin (Poitou), et Quergoule (Tarn). [Ces deux noms que Rolland faisait venir du latin Quercus sont plutôt des noms bretons transplantés hors de leur pays d'origine. - H. G.]

  • Chênetache, en 1542. Campardon, Registres du Châtelet, 1906.
  • Chênemoireau. Sainroyre, Corrèze.

[J'ajoute : Chênegros, Chenet, Chanoz (Isère), Chanoux, Cassagnous (Bagnères-de-Bigorre), Cassou et Rouyer.- H. G.]

[Godefroy donne en v. franç. diabor «chêne ? » avec cet exemple : Ils pristrent lances del dur diabor ». - E. E.


[217]

P. 147 : M. Dujarric-Descombes a pour armes parlantes un chêne (un jarri), avec la devise : Corde viresco, C'est par le coeur que je verdis. ». - Reclams de Biarn, 1909, p. 53.


LA GLANDÉE


P. 151, 1. 7 : Le passage de Fustel De Coulanges est tiré de son volume L'Alleu et le domaine rural, Paris, 1889, p. 428.

Comme le glandage se rattache à la question plus générale du glanage, je signale un récent ouvrage qui est probablement une thèse de doctorat en droit : Le Droit de Glanage, etc., par M. P. Degrulley, Paris, Giard et Brière, 1912.


LE CHÊNE


  • corallus, Du C.
  • coral, nom français du sud-ouest, Dief., p. 133.
  • coural, long ; coraou, prov.
  • cora, m. forézienne = coeur de chêne, Mistral.
  • coral, même sens, God., II, 296.
  • Coral, nom de famille en Languedoc.

Rolland avait classé les noms suivants comme appartenant à l'onomastique du chêne :

  • Liandrat (Isère).
  • Fonquerne (Hérault).
  • Fonquernie, Fonquerne (Hérault).
  • Roques-Fonquernie.


LE CHÊNE VERT, p. 170.


  • aouzino, audina, aoudino, Bigorre, c. p. M. Tarissan.

Onomastique. - M. J. Feller remarque qu'il y a une ville Leuze dans le Hainaut, et que le nom Deleuze pourrait en venir.


LE CHÊNE KERMÈS, p. 172.


  • avaouss, m. prov., avaoussé, m. marseillais, agaouss, m., Languedoc, Mistral.
  • avaoussi, f. touffe de chêne kermès, Mistral.
  • graoubio, f. Languedoc, Mistral.
  • garrule, Sorède, Corrèze.


[218]

Garrigue, p. 135.


M. L. Batcave remarque :

Dans le Gers Garric, Garrigat = petit chêne.

  • Garrigata = lieu planté de petits chênes.

En Béarn Garrigue = terre inculte, pâturage, d 'après Lespy. Mais ce sens ne rend pas compte du mot garric, et Lespy a pu être induit en erreur.

  • Casse, fief, cne d'Orthez, mentionné dès 1476.

On trouve en Béarn plusieurs fiefs, fermes, écarts portant les noms de Cassou, Cassie, Cassiet, Casso, Cassou. Un village du con de Saliés s'appelle Cassaier, mentionné dès le XIIe siècle Cassave.

  • Cassiau, nom d'un ruisseau, à Ogeu (B.-P.).

Le mot garrigue est d'origine celtique, d'après H. Pedersen, dans sa récente Vergl. gramm. d. Keltischen Sprachen, t. I., p. 83.

C'est le même mot que l'irlandais carric, le gallois careg, le breton karrek « rocher ». La filière des sens serait donc rocher, terrain rocheux, stérile, inculte.- H. G.


LE CHÊNE DURELIN, p. 175.


  • Cassou négré (Bigorre) par opposition à Cassou blanc (Q. pedunculata), c. p. M. Tarissan.
  • Drouvet, lieu planté de chênes, dans le Sud-Est, d'où le nom de plusieurs localités .


Onomastique.- Rolland a oublié le nom assez fréquent de Drouet. - Dans les dernières années que vivait V. Hugo, je l'ai entendu appeler facétieusement « Monsieur Drouet » et voici l'origine de ce nom :

« Madame Drouet » était le dernier nom d 'une actrice très belle qui, en 1833, joua le rôle épisodique de la « princesse Négroni » dans la Lucrèce Borgia de V. Hugo, au théâtre de la Porte Saint-Martin, et qui fut une de ses maîtresses.

Plus tard il se mit en ménage avec elle, Madame V. Hugo (du reste le divorce n'existait pas encore en France) subissant cette humiliation et V. Hugo vécut la vie de ce que G. Paris appela ailleurs la légende du « Mari aux deux femmes ». Mais à Guernesey et, plus tard, à Paris, la légende était une réalité.

Plus tard , « Madame Drouet » survivant à Madame V. Hugo, devint, officiellement, en quelque sorte, la maîtresse de la maison. Comme tout le monde connaissait cette histoire, et que l'on


[219]

passait à V. Hugo ce que l'on a passé aux rois, on l'appelait quelquefois, par plaisanterie, « Monsieur Drouet » . J'ignore si ce nom figure dans l'histoire imprimée et je le rapporte ici, ne pereat.

Cette ancienne actrice, ou plutôt figurante ! a un article dans le Dictionnaire des Pseudonymes, de G. d'Heylli, édition de 1887, p. 217, sous le nom de Juliette (Mlle), tout court. Son nom patronymique était Gauvain; mais elle avait pris pour le théâtre celui d 'un de ses oncles, le général Drouet [1]; du reste, elle n'a été appelée « Madame » que par courtoisie, et il n'y eut jamais d'autre « Monsieur Drouet» que V. Hugo.

M. d'Heylli gaze la situation de Mme Drouet dans la maison du poète, en disant « qu'elle prit, après la mort de la femme du poète, le gouvernement et la direction de la maison ». Elle mourut deux ans avant V. Hugo, et on lui fit, dit M. d 'Heylli, « des funérailles quasi solennelles ». La situation de ce « ménage à trois », forme occidentale et presque avouée de la polygamie, pourrait s'appeler ici « licence poétique », c.-à-d. licence de poète adulé et traité comme un roi.

H. G.


LE CHARME, p. 178.


Toponomastique. - M. J. Feller ajoute :

  • Carnoi, charnoi en Hainaut, tchårneû en pays wallon (écrit Charneux, nom de divers villages).
  • Charleroi a porté anciennement le nom de Charnoy.
  • La Charme, Ain, Charmouz, Charnoz , Charpuy, Charpeney.
  • Charmoille, en allemand Calmis, pays de Porrentruy.
  • Charpigny, colline, Vaud.
  • Beau carnot, ruisseau de l'Ain.
  • Charneix, Charnioz, Jaccard.
  • Cornin (Nord).
  • Charmas, lieu-dit, Marne.
  • Carpionrue, Cambrésis, lieu-dit en 1199. Bonifaci, 1866.
  • Les Cornières, ibid. Id.
  • Cornels, Loire-lnf. Quilg.
  • Le Charpe, La Cherplière, ibid. Id.


____________________

  1. Voir Autour du centenaire de Victor Hugo, par Et.-Ch. Gaudot, bisontin, Besançon, 1902, p. 12. Voir aussi Grande Encyclopédie, t. XX, p. 358. col. 1. Cet article sur V. Hugo est de M. Ch . Le Goffic.


[220]

Onomastique. - Carniaud (Nord), Carmier (P.-de-C.), Cornet (Jura), Carpezat, Carmille, Carmoy, Carmagnolle, Carmien, Carmagnac (Charente).

  • Charnaux (Hte-Saône), Charme, Charnotet (Id.), Charne (Jura), Charmillon (Allier), Charpaz (Isère), Charpine, Charmeau, Charmier (Jura), Charmoulue (Gironde), Charmel (M.-et-L.), Charme, Charpigny (Landes).
  • Charpillet, Charmasson (Gironde).
  • La Charmoise, Ducarpe, Moncharmont (Nièvre).
  • Le Pecarpigny (Nord).
  • Le Cherpin, Richarme, Lecarnelle (Nord). De Corne, Ponscarme.
  • Jehan de Cachormoys, voyageur, écrivain vers 1530.
  • [J'ajoute Charma et Decharme. - H. G.]


LE NOISETIER, p. 182.


M. L. Batcave nous communique les notes suivantes pour le Béarn :

  • Noisette : Averar, forme ancienne. - Aberà, aurà, formes usitées dans la plaine et dans la montagne.
  • Aberou, le noisetier. Dans le Vic-bilh, on dit aberagnè.
  • Abera, fief, cne d'Espoey (cant. de Pontacq).
  • Abérat, fifme, cne d'Angaes (cant. de Nay-Est).
  • Abère, village, cant. de Morlas et cne du village de Corbères (cant. de Lembeye).
  • Aberous, écart, cne de Higuères-Souye (cant. de Morlaàs).
  • Labérou, ruisseau qui se jette dans le gave d'Oloron.

Gers : Laveraet, près de Marciac « c'est Avellanetum, nous dit M.Couture ; le pays des coudriers et des noisettes, avellanæ (nuces), en patois aueras ». Revue de Gascogne, 1882, p. 12.

A ce sujet, M. Couture remarque, même revue, p. 45, lois phonétiques du gascon : ll, dans le mot, devient r ; n entre deux voyelles tombe. AveLLaNetum AveRa-et; gaLLiNa, gaRi-o, etc. Les Languedociens, dont le dialecte ne suit aucune de ces deux lois, disent Abelanet, galino, etc.

Détail propre au gascon d'Armagnac : v, b, entre deux voyelles, se changent en u formant diphthongue avec la voyelle précédente. Au lieu de LaVeraët, les Landais et les Béarnais diraient LaBeraët.

Remarquons encore que aueran (noisette) se contracte, dans l'Armagnac propre, en auran. Cette contraction explique le nom de lieu Lauraët, dont l'origine est la même que celle de Laveraet.


[221]

Les exemples que je donne pour le Béarn démontrent que les deux formes sont connues et usitées en Béarn.

M. L. Batcave, lisant les Aventures du baron de Feneste d'Agrippa d'Aubigné, m'écrit :

A la page 89 je lis ceci : « Est-to pavrez que les nouzillers fleurissant à touttes lez entre Dame ? »

A la page 90, il est encore question des nouzillers ; page 105 on lit : « Voiez-vous bien ce faux paisan avec ses nousilles », en note, on lit : noisettes en dialecte poitevin.


LE NOISETIER, p. 189.


La noisette mûre est appelée ourille (couleur d'or) Arrens H. P. c. p. M. Camélat.

« An d'aberagnade, an de nebade = année de noisettes année de neige. » Arrens H. P.c. p. M. Camélat.


Toponomastique. - Aulan.

  • Cudrefin, sur le lac d'Yverdon, Suisse.
  • Les Coudreaux.

M. E. Muret fait venir les noms de lieu Corin, Corens, Le Corenel (Suisse), des noms d'homme Corius, Curius.


Onomastique. - De Beaucoudre, De la Coudre, Corroy, Correy, Coudron, Coudrain, Corette, De la Baisse (Gironde), Courbebaisse, Nuzilles (S.-et-L.).

Baguette de c. bénie au pèlerinage de Ste Agathe, sert aux bergères à conduire sûrement le troupeau sans danger des loups. Allier, Pérot, Folkl. bourb., 1908. - G.-A. De Lorthe, L'Art de faire tourner la baguette divinatoire, Paris, 1784, in-4.

kelvez = refus en mariage, parce que la jeune fille qui refuse un mariage présente au prétendant une branche de coudrier, Bretagne, Legonidec. [C'est une addition de H. de la Villemarqué. - E. E.]


LE NOISETIER, p. 182 et suiv.


M. J. Feller ajoute : L'arbre :

  • côre, m., côrî, m., wall.
  • neûhî, neûjî, nûhî, neûhelî, nwéji, neûjèti, m., wall.
  • nwasier, neusier, nwass'tier, nwazi, patois picard du Hainaut et du Brabant.


[222]

  • nochelî, nojeli, wall. du Hainaut oriental.


Le fruit : neûh, f., neûj, f., nwéj, f., neû, nû, noé, f., neûjète, f., noiète, f., nujète, f., wallon. - nojète, f., nwajète, nouzète, f., patois picard du Hainaut.


LE PEUPLIER, p. 202


Toponomastique. - Puplinge, loc. du canton de Genève, vient d'un gentilice, Popillius.

  • Château de la Poupeillère, à Ahuillé (Mayenne).
  • Château de la Pouprière, à Semallé (Orne).


Onomastique. - Papet, Papot, Paupinaud, Papelard, Papien, Papeil, Papillier, Pauplaire (Nord). - [Le Bottin de Paris de 1909 donne Populaire, forme sans doute écrite ainsi par étymologie justement appelée ici populaire.- H. G.

  • Pebelier (Haute-Loire).
  • Pepet (Lozère), Pepin.
  • Pipon (Orne), Piéplu, Pivon (Isère), Pibre.
  • Poupelard (L.-et-Ch), Pouplard (Loire-Inf.), Poupinet (Orne).
  • Poupinet (Manche), Popelin, Pouplain.
  • Poupelle, Popier (Loire), Popporl.
  • Pupet, Pupier, Pupille.
  • Pupat, Pubellier.
  • Plubeau.
  • Bobelin (Loire).
  • Lapapie (Lot) .
  • Lepeuple (Marne).
  • Léart, Leard (M.-et-L.).
  • Tapol (Lot), Thieblot (Nièvre), Thivellon (Loire), Thièblement (Hte-Marne), Thiblier.

J'ajoute:

  • Poubelle, nom du préfet de la Seine il y a environ 25 ans et dont le nom est entré dans la langue pour désigner les boîtes en fer blanc qu'il ordonna de déposer à la porte des maisons pour enlever les ordures le matin.
  • Pipelet, nom devenu synonyme de portier, mais en mauvaise part ; ce nom vient d'un roman célèbre d'Eugène Sue, Les Mystères de Paris, où il était celui d'un portier ridicule.


[223]

  • Pouplard, Liard, nom fréquent à Paris, forme aphérésée de Poupliard.

Le Bottin de Paris de 1909 contient les noms suivants : Popelard, Popelin, Popineau, Popinot, Popu, Populus, Poupaix, Poupeau, Poupelard, Poupelet, Poupillon, Poupel, Poupier, Poupieul, Poupineau, Poupinel, Pouplier.

H. Gaidoz.

Remarquer que poupelier = filassier de chanvre (M.-et-L.), Verrier.

La formulette wallonne de la p. 206 est ainsi donnée sous forme patoise :

Maïe di plope
T'è st'ine salope.
La Tradition, 1889, p. 272.


LE PEUPLIER BLANC, p. 207


Onomastique. - Aubrarier, famille de l'Isère.


LE PEUPLIER, p. 202


M. Perbosc ajoute :

Toponomastique. - Bioule.

Onomastique. - Piboul.

On appelle piboulado (presque toujours usité au pluriel), une espèce d'agaric comestible qui pousse en groupes, à l'automne, sur les troncs coupés du peuplier. Labarthe (Tarn-et-Garonne).