Palmiers (Le Floc'h, 1983)

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Cypéracées
Le Floc'h, Ethnobotanique tunisienne, 1983
Aracées


[56]

046. Phoenix dactylifera L.

[l/314; p:182] PALMACÉES

De nombreux emplois alimentaires ont été rapportés ; ils concer­nent surtout le bourgeon terminal et le jus de palme.

A.M. - Au Fezzan (TROTTER, 1915) en faisant fermenter, du­rant une nuit, dans l'eau, des dattes et de la farine de "gassab" (*) on obtient une liqueur trouble au goût de mauvaise bière dite "buza". Dans cette même région on attribue à cette liqueur, au vin de palme, ainsi qu'à la grande bractée (= spathe) qui entoure les fleurs mâles et femelles des vertus thérapeutiques.

BOUQUET (1921) rapporte de nombreux usages des noyaux de dattes qui sont :

- concassés pour servir à l'alimentation des Camélins ;


[57]

- pilés et employés en cataplasme oontre les ulcères des organes génitaux ;

- calcinés et réduits en cendres mélangées à du vin de palme, employés en collyre contre la blépharite.

Les affections pulmonaires sont combattues par usage d'un liquide sirupeux "rob" obtenu en faisant bouillir des dattes de variétés spéciales "Kentichi degla" et "Robbaba" (BOUQUET, 1921).

Le bourgeon terminal est, encore selon BOUQUET, utilisé contre les hémorragies intestinales, la diarrhée et l'ictère. Ce bourgeon ter­minal (ar. : djoummar) est par ailleurs consommé et sa saveur rap­pelle celle de l'amande fraîche de noix de coco (BOUQUET, 1938).

Pour le Fezzan (Libye), LETHIELLEUX (1948) note l'usage de diverses parties de cette espèce dans l'alimentation (les dattes, les noyaux, le cœur "fenkour", la moëlle "jemmour") et la fabrication du vin de palme "lagmi" qui, bouilli et mêlé à du beurre de brebis, donne un sirop "robb". Il signale que, très apprécié, le cœur de pal­mier est aussi purgatif.

En Ahaggar, (GAST, 1968), la pratique d'extraction du jus de palme (tam. : ilagbi ; ar. = lagmi) a disparu, probablement pour des raisons religieuses ; la racine de l'arbre constitue un aliment de disette, de même que le cœur de palmier (tam. : oubnas ouan tazzaït ; ar. = breba, joummar) dont les fibres tendres sont consommées fraîches ou pilées, réduites en farine et apprétées en bouillie ou en galette. Cette nourriture est réputée amaigrir l'individu.

R. - Les fleurs mâles sont tenues pour aphrodisiaques (TROTTER).

D. - Les spathes (= les grandes bractées florales selon TROTTER) servent éventuellement de récipient.

LETHIELLEUX signale aussi l'emploi, du tronc, de la hampe des palmes, des folioles, des épines, de la base des palmes "kernaf" et de la bourre "lif", dans un artisanat très diversifié. GINESTOUS


[58]

(1949) indique le détail de l'usage de cette bourre ("lif") dans l'ar­tisanat traditionnel.

(*) gassab = Pennisetum typhoïdeum Rich. (famille des Graminées) absente de Tunisie.

047. Chamaerops humilis L.

[I/315; p: 183] PALMACÉES

D.A. - Le "doum" (fr. = palmier nain) est surtout connu pour l'exploitation que l'on fait de ses fibres dans la fabrication du "crin végétal" utilisé pour la constitution de tissus grossiers et de matelas (TROTTER, 1915 ; BOUQUET, 1938 ; CUÉNOD et al., 1954 ; PARIS et MOYSE, 1967 ; LEMORDANT et al., 1977). Outre cette indication, BOUQUET rapporte que le bourgeon central "djoumar", dont il note les nombreuses dénominations (ar. = doum, ousser ; berb. : tessomt, tiznirt, igesdem, afeddouz, azeddir), peut être consommé, soit cru, soit par exemple avec des raisins secs et des dattes comme garniture de couscous.