Kâchim roumy (Ibn al-Baytar)
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Nom accepté : [[]]
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- Dioscorides, III, 51. Ligusticon, xxx. C’est une plante qui croît abondamment en Ligurie, dans les monts Apennins, qui confinent aux Alpes (les noms arabes sont altérés). Les gens du pays l’appellent Panakat: en effet, sa racine et sa tige ressemblent au Panax héracléotique, et ses propriétés sont les mêmes. Elle croît dans les hautes montagnes escarpées et boisées, mais surtout dans les vallées. Elle a une tige petite, pareille à celle de l’aneth, noueuse, portant des feuilles pareilles à celles du mélilot, mais plus molles et aromatiques ; les feuilles insérées sur la tige sont plus grêles et plus incisées «tue les autres. Elle se termine par une ombelle portant des semences noires, solides, un peu allongées, ayant de la ressemblance avec celles du fenouil, d’une saveur âcre et d’une odeur aromatique. Sa racine est blanche, pareille à celle du Panax héracléotique, et d’une odeur agréable.
- Galien, VII.
- Dioscorides.
- El-Khoûz. On le donne à la dose d’une drachme dans du vin dilué, contre les vers intestinaux, et à la dose de deux drachmes dans l’hydropisie.
- Razès, dans son Traité des Correctifs des Aliments. Le kâchim est chaud et subtil, et il aide à l’atténuation des viandes grossières, si on le laisse tremper dans du vinaigre ; c’est pourquoi on en fait un usage fréquent pour les macérations. Il ne provoque pas beaucoup de chaleur après avoir séjourné dans le vinaigre, surtout si on a laissé se refroidir le liquide, ce qui lui enlève ses vapeurs. Il échauffe cependant en raison de sa chaleur, et fréquemment il provoque de la céphalalgie chez les sujets dont la tête est chaude; mais cette céphalalgie ne dure pas, et elle se dissipe s’ils flairent de l’eau de roses ou du camphre.
- L’auteur. Quelques médecins de nos jours prétendent que le mot kâchim désigne d’une manière absolue la quatrième espèce de séséli appelée en grec Tordylion. Nous en avons parlé sous l’article Séséli à la lettre sin (voy. le n° 1178). Ce médicament est de ceux que nos concitoyens appellent herbes à feu, Jl*AJi Jyij, parce que son fruit sert pour allumer le feu avec le briquet, ib). Mais ce n’est pas du lout le kâchim ni une de ses espèces. Sachez-le bien.
- Ibn Massa. Le kâchim introduit dans les aliments leur donne une odeur aromatique. Pris à l’intérieur, il a la propriété de tarir l’humidité de l’estomac.
- Tiadouk. A défaut de kâchim cultivé, on le remplace par son poids et un quart de cumin blanc.
- Ishak ibn Amrân. Le kâchim a les propriétés du cumin et, à défaut de cumin, on l’emploie souvent dans les médicaments.
- Autre. A défaut de kâchim, on le remplace par son poids de graines de carottes sauvages.
Sprengel fait de cette plante le Ligusticum levisticum et repousse le L. siler, admis par Fraas, à cause de la forme des fruits. Le kâchim a été confondu avec le zoufra (voyez le n° 1138), qui, chez Avicenne, est le Ligusticum de Dioscorides.