Baselle (Potager d'un curieux, 1899)

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Bardane du Japon
Potager d'un curieux, Introduction
Bénincasa cérifère


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Nom accepté : Basella alba (pour les trois taxons)


BASELLE BLANCHE
Épinard de Chine.
Basella alba L., Spec., p. 390, n° 2 ; Wight, Icon., tab. 896 ; Gandola alba Rumph., Herb. Amb., 5, p. 417 ; Plukn., Phyt., t. 63, fig. 1.
Fam. des Salsolacées.


Plante grimpante munie de tiges et de feuilles très succulentes employées comme potagères à la façon des Épinards, cultivée par les indigènes et tapissant leurs habitations dans toutes les parties de l'Inde, mais à peine admise comme plante potagère par les Européens (Thomas A.-C. Firminger). Son nom hindostani est Poi.

La Baselle blanche peut être considérée comme une variété de la B. rouge. Ses feuilles et ses tiges sont constamment verdâtres et non rouge pourpre comme celles du B. rubra. Comme culture et usages, elle ne diffère en rien de ce dernier.


BASELLE ROUGE
Épinard du Malabar, Brède d'Angola, Brède Gandole.
Basella rubra L., Spec. plant., p. 390, n° 1 ; Gandola rubra Rumph., Herb. Amb., 5, p. 417, t. 154, fig. 2 ; Basella rubra Lam., III, t. 215, fig. 1.


Plante annuelle ou bisannuelle. Tiges grêles, charnues, rameuses, d'un rouge pourpre, s'élevant à 4 pieds de hauteur, environ, en se roulant autour des plantes


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qui les avoisinent. Ces tiges sont munies de feuilles alternes, ovales, entières, légèrement acuminées, épaisses, charnues, d'un rouge pourpre comme les tiges et portées par un pétiole court et épais. Les fleurs sont petites, rougeâtres ou d'une couleur pourpre claire et disposées en épis axillaires sur des pédoncules plus longs que les feuilles.

Cette plante est originaire des Indes orientales. Aux

Fig. 10. — Baselle rouge (Basella rubra L.).

Indes et en Amérique, on la cultive dans les jardins et l'on en mange les feuilles cuites (Brèdes), assaisonnées de diverses manières, et surtout épicées et pimentées, ce qu'on appelle alors Calalou-Baselle. Chaque pied peut fournir trois bons plats dans le cours de l'été. Toutes les Baselles, hors la blanche, sont plus ou moins rouges, et leurs baies, comme celles du Phytolacca, fournissent un suc d'un très beau pourpre, qu'on n'a pas encore pu fixer (Descourtilz, Flore des Antilles).

Nous avons cultivé la Baselle rouge. Nous l'avons


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semée sous châssis, sur couche chaude, et nous l'avons mise en place en pleine terre vers la fin de mai.

Les murs du potager devant être exclusivement consacrés à la Vigne et aux arbres fruitiers, la Baselle ne peut y être appliquée. Nous l'avons dressée sur un treillage grossier, à très larges mailles, élevé sur des piquets à l'exposition du midi, et, dans ces conditions, elle s'est bien développée et a bien mûri ses graines.

La nécessité de palisser la Baselle sur un treillage ne permet pas aux maraîchers de s'en occuper, mais les jardiniers peuvent l'admettre dans le potager. C'est un assez bon légume.

On cueille ses feuilles épaisses pendant tout l'été, à partir du moment où les Epinards, qu'elle est destinée à remplacer, ont à peu près disparu des jardins.


BASELLE À FEUILLES EN CŒUR
Basella cordifolia Lamk., Dict., 1, p. 382, n° 3 ; B. crassifolia Wight.


Cette espèce diffère des B. rubra et B. alba par la forme de ses feuilles, qui sont grandes, presques arrondies et échancrées en cœur à la base. On la cultive dans les jardins, au Malabar. Elle est charnue et succulente, d'une saveur comparable à celle de la Poirée, mais un peu inférieure ; elle est laxative et nourrit peu. On en mange les feuilles cuites et mêlées avec la Brède (Amarante épineuse), à peu près comme nous mangeons nos Épinards (Lamk., loc. cit.)

MM. Vilmorin-Andrieux et Cie, dans leur ouvrage


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Les Plantes potagères, p. 32, désignent cette plante sous le nom de Baselle de Chine à très larges feuilles, et disent qu'elle a été importée de Chine, en 1839, par le capitaine Geoffroy. D'après les mêmes auteurs, « cette plante serait certainement préférable aux autres espèces de Baselles à cause de l'ampleur de ses feuilles et de l'abondance de son produit. La culture ne paraît pas cependant s'en être répandue, probablement à cause de la difficulté qu'on éprouve à la faire germer en France. »

MM. Vilmorin-Andrieux et Cie, dans la Liste des Nouveautés qu'ils ont mises au commerce en janvier 1897, ajoutent que « cette Baselle est précieuse pour remplacer les Épinards dans les endroits où la production de cet excellent légume est presque impossible en été par suite de la sécheresse. Semée courant avril sur couche et repiquée en mai, de préférence au pied d'un mur au midi, il suffit de quelques pieds pour obtenir, avec un léger soutien et quelques arrosages, une ample provision de feuilles qui se renouvelleront pendant tout l'été. »

M. le Dr Trabut, botaniste du gouvernement à Algerr a cultivé le Basella cordifolia dans notre colonie, et les résultats qu'il a obtenus montrent qu'en dehors des régions intertropicales, où la plante a sa place marquée, elle peut avoir un grand intérêt pour les régions tempérées chaudes.

En Algérie, la plante se montre très vigoureuse et se couvre de fruits à la fin de l'été ; « ses feuilles larges et succulentes donnent à la cuisson une pulpe moins sèche que celle des Épinards. Associée à un peu d'Oseille, la Baselle constitue un légume qui plait à tout le monde. » Dans la note qu'il a publiée sur cette plante dans le Journal de la Société nationale d'Horti-


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culture de France, 1896, p. 145, M. le Dr Trabut ajoute que la Baselle doit être ramée. La récolte est ainsi plus facile. Dans le jardin de l'Hôpital d'Alger, sur un carré de 50 mètres, il a été cueilli, pendant l'été 1895, plus de 350 kilog. de feuilles.

La Baselle prospère dans les jardins des oasis. A Biskra elle a donné de très bons résultats.

M. le Dr Trabut recommande de faire des semis successifs à partir du mois d'avril. En semant de quinzaine en quinzaine pour avoir toujours des plantes jeunes ; en donnant une suffisante quantité d'eau, on obtiendra des plantes très vigoureuses qui donneront une production vraiment extraordinaire.