Thespesia populnea (Rollet, Antilles)

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Hibiscus pernambucensis
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Wercklea tulipiflora
Planche 123 : MALVACEAE. II. Thespesia populnea. A. Rameau avec fleurs et fruits. B. Plantules. C. Écorce (coupe transversale).

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Thespesia populnea (L.) Sol. ex Correa Ann. Mus. Natl. Hist. Nat. Paris 9 : 290 t. 8, fig. 2 (1807).

Basionyme : Hibiscus populneus L. Sp. Pl. 2 : 694 (1753).

Noms vernaculaires : Créole : Maho bod lamme (Ste-Lucie). Fr : Catapa (Guadeloupe, Martinique, St-Barth) ; ou Calpata, Caltapa par déformation du mot ; Mahot la mer (Dominique) ; Mahot bor de mer (Ste-Lucie) ; Gros Mahaut (Haïti). A : Seaside Mahoe (Antigua) ; Haiti Haiti (Virgin Islands, Jamaïque, Trinidad, Barbade) ; Anodyne (Barbade) ; Bendy tree (Puerto Rico) ; Snuff bush (Antigua) ; John Bull


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tree (Jamaïque, Grenadines) ; Tulip tree, Mahaut de Londres (Trinidad). Esp : Emajaguillo, Palo de Jaqueca Santa Maria, (Puerto Rico).

Note : Explication du nom vernaculaire ; John Bull tree à Bequia : « Will take root anywhere » (HOWARD).

Description : Petit arbre atteignant 12 m de haut et 45 cm de diamètre (Petite Anse, près Deshaies, Basse-Terre, Guadeloupe). Pied : pas de pattes (diamètre 22 à 45 cm). Écorce : Épaisseur totale : 20 mm sur un diamètre de 45 cm. Aspect externe : gris-brun-marron profondément fissuré longitudinalement, anastomosé (fond des sillons noir). Rhytidome : 10 à 12 mm d’épaisseur ; en section, présente une couleur marron foncé et jusqu’à 12 couches superposées en quinconce (péridermes), chacune avec 2 sous-couches, l’externe marron rose granuleuse, l’interne de couleur tabac. Écorce vivante : la masse du phloème est blanc rosé en très fin quadrillage, très fibreuse, jaune canari vers l’intérieur avec rares rayons élargis en entonnoir ; partie interne mince, jaune vif. Aubier : blanc jaunâtre, extérieurement jaune serin. Rameaux : branches torses. Feuilles : alternes, cordiformes, 15 cm de long et plus, très progressivement acuminées ; face supérieure glabre ; l’inférieure lépidote, vert glauque sur les deux faces. Fleurs : jaune soufre, deviennent rose-mauve en vieillissant, solitaires, axillaires, grandes, 4 à 7 cm de long ; pétales à tache noire au fond de la corolle ; calice en coupe, à bord circulaire sans dents, sans calicule. Fruits : capsule indéhiscente, plus large que haute, 1 × 4 cm, marron, à surface irrégulière en vessie dégonflée, persistant longtemps sur l’arbre qui en porte pratiquement toujours ; graines trigones anguleuses poilues ; fruit flottant dispersé par les courants. Phénologie : sempervirent. Fleurs surtout d’avril à novembre et presque toute l’année. Fruits tout au long de l’année. Habitat : commun sur bords de mer sableux ; installé aussi sur dalles rocheuses en bord de mer ; à tendance grégaire ; constitue des peuplements purs ou presque purs (Sud de Port Louis, Porte d’Enfer, Guadeloupe). Tempérament : héliophile, grégaire ; tolère une certaine salinité. Plantule : Type I. La graine libère deux cotylédons foliacés, d’abord fripés et appliqués l’un sur l’autre. Puis l’épicotyle se développe en produisant, très rapidement, des feuilles alternes simples à stipules linéaires caduques. Les cotylédons ont une nervation palmée. Les feuilles cordées possèdent de façon analogue, cinq nervures partant de l’insertion du pétiole.

Usages : Bois de cœur durable, résiste bien sous l’eau ; le bois montre de faux accroissements annuels (TOMLINSON). Charronnage, crosses de fusil, bateaux (WILLIAMS et al.) ; l’écorce donne une fibre. Haies (dans les Grenadines) ; teinture jaune à partir des fruits verts (HONYCHURCH). Tisane de fleurs pour rhumes (Jagan) ; feuilles contre les éruptions cutanées et en tisanes contre la fièvre (HONYCHURCH). Ornemental ; arbre d’ombrage et d’alignement (Trinidad) résistant au sel ; malheureusement hôte d’un insecte qui tache le coton, ce qui a poussé à l’éradication de Thespesia de certaines îles qui font cette culture ; propagé par graines ou boutures.

Distribution générale : Pantropicale ; probablement originaire du Vieux Monde ; fruit transporté par les courants ; naturalisé ; aussi planté.

Distribution aux Petites Antilles : Presque toutes les îles des Petites Antilles sauf Nevis et Barbuda.

Matériel examiné : SM : Cul de Sac, Marigot Hill, 0-200 m (BOLDINGH). SB : QUESTEL 128, Gustavia (P). S : 0-50 m, base du Quill (Suringar). At : Darkwood, 0 m ; Wetherills Estate, 0 m ; Willikies, 0 m ; Base Mount Thomas, 0 m (DAVID & ROLLET). BT : ROLLET 10, Petite Anse Deshaies Alt. 0 m (GUAD) ; GT : ROLLET 785 ; Porte d’Enfer (GUAD) ; RODRIGUEZ 2914, Port Louis ; entre St Louis et embouchure Ravine Gachet, Le Moule ; Anse Patate ; Nord Anse Bertrand ; Petite Anse Deshaies ; St Anne. BT : QUESTEL 601, Jarry (P) ; RODRIGUEZ 370, Bananier (P) ; RODRIGUEZ 4762, Ilet à Ricou (P). St : plages sableuses. Dé : plages sableuses. MG : Anse Coq ; entre Grand Bourg et Capesterre ; et près Grand Bourg bord de mer ; Folle Anse ; Anse La Frais. D : Portsmouth (ROLLET). M : BÉLANGER 562, Est de St Pierre (P) ; HAHN 861, pied de la Montagne du Vauclin (P) ; Caravelle (Baie du Trésor) ; Ilet Chevalier ; Trinité St Anne (DUSS). SL : 5 km Nord Dennery (VERNA SLANE). Gs : Bequia (HOWARD).

Bibliographie : (*Iconographie ; **couleur). BARKER & DARDEAU 1930 ; BEARD 1944 ; BRITTON & WILSON 1924 ; CARRINGTON** 1993 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE* 1926 ; FOSBERG et SACHET 1972 ; FOURNET 1976** , 1978* ; GOODING 1965 ; HONYCHURCH* 1980 ; HOWARD 1952, 1989* ; HOYOS** 1983 ; JAGAN 1971 ; LIOGIER* 1982 ; LW* 1964 ; LWM** 1967 ; TOMLINSON* 1980 ; WILLIAMS et WILLIAMS 1951.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 4-15-27-(28)-55-56-(57)-(64)-66-69-70 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait marron sombre très légèrement violacé, bien différencié de l’aubier blanc crème ou blanc rosé, tendre, léger à mi-lourd (0,55 à 0,75 g/cm3), à grain fin. Au sciage une odeur de rose poivrée qui lui a valu son nom de « bois de rose de l’Océanie ».
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 6 à 10 par mm2, indistincts à l’œil nu (diamètre moyen de 80 à 120 μm) parfois obstrués par des dépôts bruns.
  • Perforations des éléments vasculaires uniques : taille des ponctuations intervasculaires de l’ordre de 7 mm.
  • Parenchyme en courtes chaînettes nombreuses. Files de cellules étagées, composées de 2 éléments. Présence sporadique de cristaux.
  • Rayons 2- à 5-sériés, non étagés sauf les plus petits, au nombre de 6 ou 7 par mm, de structure hétérogène : cellules couchées au centre avec 1 ou 2 rangées de cellules carrées et dressées aux extrémités plus des cellules bordantes et parfois des cellules de type pallissadique. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires. Cristaux fréquents dans des cellules terminales.
  • Fibres à ponctuations simples.