Tapura latifolia (Rollet, Antilles)

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Cyrilla racemiflora
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Dilleniaceae


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Planche 59 : DICHAPETALACEAE. I. Tapura latifolia. A. Rameau avec fleurs et fruits. B. Feuille. C. Écorce (coupe transversale).
base du tronc
écorce
tranche

Tapura latifolia Benth. Hooker’s J. Bot. Kew Gard. Misc. 5 : 291 (1853).

Synonymes : Tapura pedicellaris Chodat (1896) ; Tapura antillana Gleason (1924) ; Tapura guianensis auct. : Duss (1897), non Aubl. (1775).

Noms vernaculaires : Créole : Bwa Kot gwan bwa (Ste-Lucie). Fr : Bois côtelette noir, Bois côte noir (Guadeloupe), Bois côte (Martinique) ; Bois côte (Dominique, Ste-Lucie à Chassin) ; Bois côte rouge (Ste-Lucie), aussi Bois côte grand bois.

Description : Arbre moyen (10-15 m), atteignant parfois 35 m, dépassant 50 cm de diamètre (jusqu’à 80 cm en Martinique) ; rarement dans les émergents de la grande forêt, plutôt sous-bois et canopée (ROUSTEAU). Pied : grossièrement cannelé sans contreforts, sans pattes ou à peine ; tronc musculeux irrégulièrement cannelé sur toute la longueur (d’où le nom vernaculaire). Écorce : épaisseur totale 4 mm pour un diamètre de 24 cm (8 mm pour un diamètre de 40 cm). Aspect externe : brun clair à marron rougeâtre ; sublisse à finement fissurée longitudinalement ; liège 0,5 mm. Rhytidome : friable à tranche brun clair. Écorce grattée : jaunâtre, devient assez rapidement orange vif (comme Meliosma et Exostema) et finalement noirâtre. Écorce vivante : tranche orange clair ; aussi carmin avec rayons irrégulièrement et progressivement élargis rose clair, nombreux petits massifs arrondis orange, disséminés dans la masse. Aubier : rose jaunâtre, rayons très fins subvisibles ; parenchyme en bandes fines, serrées, parallèles. Feuilles : alternes oblongues, base presque ronde, apex en coin ou un peu acuminé, un peu épaisses, molles et charnues, 8-16 × 3,5-6 cm. Les feuilles d’ombre peuvent être très grandes (23 × 9 cm) ; nervation peu distincte. Fleurs : sur le pétiole, blanches, groupées en glomérules, sessiles. Fruits : tomenteux gris-roux, courtement pédicellés, ovoïde, 1,5-3 × 0,7-1,5 cm ; 1-3 graines comprimées. Phénologie : sempervirent. Fleurs de janvier à mai, septembre-octobre. Fruits de février à juillet. Habitat : très commun en forêt dense et à la base de la forêt d’altitude dont il est un élément presque constant, entre 150 et 750 m. Tempérament : sciaphile ; régénération abondante ; espèce édificatrice (toutes les classes de diamètre sont présentes). Plantule : Type VI. La graine enfermée dans un endocarpe lignifié très dur, est hissée au-dessus du sol par l’hypocotyle. Les cotylédons ne sont pas libérés et les deux premières feuilles opposées de l’épicotyle se développent et s’épanouissent entre les deux pétioles cotylédonaires. Ces pétioles finissent par se rompre, provoquant la chute de la graine. Les feuilles produites alors sont simples et alternes. Leur limbe montre parfois des taches d’un vert sombre, symétriques par rapport à la nervure centrale. L’axe est recouvert d’une courte pubescence ferrugineuse.

Usages : Construction, charronnage ; menuiserie ; mâts de “gommiers” (bateaux) en Martinique ; charbon (Ste-Lucie) ; jeunes arbres pour faire des canots, contreforts pour pagaies (Caraïbes). Bois de chasse (fruit mangé par les oiseaux et les chauves-souris).

Distribution aux Petites Antilles : Endémique des Petites Antilles. Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie.

Matériel examiné : BT : BARRIER 2312, Trace Choisy (GUAD) ; DUSS 973, Pointe Noire (P) ; FOURNET 2077, Maison de la Forêt (P) ; FOURNET 4446, Col des Mamelles (P) ; FOURNET 4942, Forêt de Jules au-dessus de Duclos (P) ; JÉRÉMIE 284, Trace des Contrebandiers, 400-500 m (P) ; QUESTEL s.n., Sofaia (P) ; ROLLET 17, Trace Contrebandiers, sous le vent, 200 m (GUAD) ; ROLLET 117, id., au vent, 300-400 m (GUAD) ; ROLLET 141, Forêt de Crème, 400 m (GUAD) ; ROLLET 146, id., 700 m (GUAD) ; ROLLET 193, Maison de la Forêt, 280 m (GUAD) ; ROLLET 219, Forêt de Choisy, 300-450 m (GUAD) ; ROLLET 980, Trace


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des Crêtes, côté Mamelles, 570 m (GUAD) ; ROLLET 967, Chutes du Carbet, 570 m (GUAD) ; ROUSTEAU 88, Trace Victor Hugues, Montebello (GUAD) ; ROUSTEAU 332, 574, Morne Bois d’Inde, 270 m (GUAD). D : EGGERS 397bis, Grand Baie (P). NICOLSON and al. citent 13 autres spécimens. M : HAHN 528, Morne Coco (P) ; HAHN 1478, Pitons Carbet (P) ; HAHN 1308, Belle fontaine (P) ; ROLLET 534bis, base Plateau Concorde, 300 m (GUAD).

Observations : BT : Grand-Étang, 400 m ; Morne Mazeau, 300-400 m ; Moreau Douville, 200 m (ROLLET). M : Base Morne Platine-Rivière, Le Lorrain, 200-300 m ; Absalon, 340-600 m ; base et Plateau Concorde, 300-600 m ; Anse Couleuvre, 450 m ; Morne Man Roy, 500-600 m ; Petit Morne, 400 m ; entre Grand Rivière et Anse Couleuvre ; Trace St Cyr, 500 m (FIARD & ROLLET). SL : Chassin, 300 m ; Quilesse, 450 m ; Grand Magazin, 500 m (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). BEARD 1944, 1949 ; DUSS 1897 ; FOURNET 1978 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD* 1988 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1951 ; Société Galeries** 1987.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 4-5-28-31-51-55-56-69 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait beige brun clair non distinct de l’aubier, relativement tendre et léger (0,65 à 0,75 g/cm3), à grain fin.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 à 4, au nombre de 40 à 50 par mm2, non visibles à l’œil nu (diamètre moyen de 70 à 90 μm). Perforations des éléments vasculaires uniques ; ponctuations intervasculaires ornées, de 4 ou 5 μm de diamètre.
  • Parenchyme en cellules isolées et très courtes chaînettes dispersées parmi les fibres et aussi accolées aux pores. Files de cellules composées de 6 à 10 éléments.
  • Rayons 2- à 4-sériés, au nombre de 8 à 10 par mm, de structure hétérogène : cellules couchées au centre avec des cellules bordantes et de longues extrémités 1-sériés avec des cellules carrées et dressées. Ponctuations radiovasculaires identiques aux intervasculaires. Cristaux fréquents.
  • Fibres à ponctuations très fines, simples.