Protium attenuatum (Rollet, Antilles)

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Dacryodes excelsa
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Tetragastris balsamifera


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Planche 34 : BURSERACEAE. IV. Protium attenuatum. A. Rameau fructifié. B. Rameau. C. Plantules (détails
écorce
tranche

Protium attenuatum (Rose) Urb. Symb. Ant. 7 : 240 (1912).

Basionyme : Icica attenuata Rose, N. Amer. Fl. 25 : 261 (1911).

Synonymes : Icica heptaphylla Griseb. (1860), p.p., non Aubl.

Noms vernaculaires : Fr : Bois d’encens (Guadeloupe, Martinique) ; Bois l’encens, l’encens (Guadeloupe, Martinique) ; Gommier l’encens (Dominique) ; l’encens (Dominique, Ste-Lucie), aussi encens. A : Incense.

Description : Arbre atteignant 30 m de haut et 70 cm de diamètre, souvent beaucoup moins, plutôt en sous-bois. Écorce : épaisseur totale 4 mm pour un diamètre de 30 cm. Aspect externe : gris cendrée sublisse, rugueuse très finement fendillée. Écorce vivante : tranche orange, homogène ; la résine perle dans la partie interne. Aubier : blanchâtre. Rameaux et fût portent souvent des traces de résine blanche pulvérulente (comme du sucre en poudre), non pâteuse comme celle de Dacryodes et beaucoup plus odorante que le gommier blanc. Feuilles : alternes, imparipennées, 5-9 folioles (le plus souvent 3 ou 5), jusqu’à 9-11 sur les sujets jeunes. Folioles elliptiques à ovées-lancéolées, acuminées, 7-15 × 3-6 cm, plus grandes sur les jeunes rejets. Pétiolule à 2 pulvini plus ou moins coudés, long de 10 mm, fin. Fleurs : petites, 5 pétales verts ; 8-10 étamines ; en panicules axillaires longs de 3-5 cm. Fruits : rouges à orange asymétriques, fusiformes, renflés, terminés en pointe, portant souvent des traces de résine blanche ; 25-30 × 15-20 cm. Phénologie : sempervirent. Fleurs d’avril à août, fruits de janvier à juillet. Fleurit et fructifie très jeune (ex. : jeune sujet de 4 cm de diamètre). Habitat : assez commun en Guadeloupe, Dominique et Ste-Lucie, moins en Martinique et à St Vincent ; en forêt dense entre 100 et 850 m. Tempérament : hygro-sciaphile, plutôt en sous-bois. Plantule : Type IX. La germination est hypogée. L’endocarpe induré reste au sol. L’axe aérien produit un premier nœud de deux feuilles simples opposées, puis des feuilles alternes simples. A partir du 6ème ou 8ème noeud, les feuilles sont trifoliolées, puis pentafoliolées très rapidement (7ème ou 11ème rang). On observe des feuilles de transition à 4 folioles. L’odeur d’encens dégagée par les feuilles froissées ou même le noyau est caractéristique. De la résine blanche odorante s’observe sur des semis sans traumatisme apparent.

Usages : Arbre rarement exploité, souvent creux (QUESTEL 1951) ; bois peu durable, peu employé en construction (d = 0,52) ; aubier blanc, cœur rose (Fraser) ; caisserie, menuiserie, meubles (LONGWOOD). Résine employée comme encens pour le culte (d’où le nom vernaculaire) ; très odorante.

Distribution générale : Jamaïque (FAWCETT & RENDLE), mais douteux : ADAMS y note une seule récolte. (Introduit ?) ; Trinidad (MARSHALL) ; Brésil (ENGLER). BEARD l’indique aux Grandes Antilles, peut-être à tort ; absent de Haïti et de Puerto Rico (LITTLE & WADSWORTH). HOWARD (1988) considère l’espèce comme une endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Espèce inégalement abondante dans les cinq îles centrales de l’archipel : Guadeloupe, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent. Très abondante dans les deux premières, rare à la Martinique.

Matériel examiné : BT : FOURNET 4203, Route de Barboteau à Versailles 100 m (P) ; QUESTEL 2221, Petit-Bourg (P). D : NICOLSON and al. citent 9 spécimens récoltés jusqu’à 360 m d’altitude. M : HAHN 1255, s.loc. (P).

Observations : M : Plateau l’Encens et Le Lorrain (DUSS, confirmé par FIARD). SL : barre de l’isle, 300 m ; Piton Flore, 400 m ; Chassin, 300 m ; Dennery Waterworks Reserve, 150 m ; Quilesse, 450 m ; Grand Magazin, 500 m (FIARD, HUC, ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). ADAMS 1972 ; BEARD 1944 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE* 1920 ; FIARD** 1992 ; FOURNET* 1978 ; FRASER 1957 ; GOODING and al. 1965 ; HOWARD 1952, 1988* ; LONGWOOD 1962 ; MARSHALL 1939 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1941, 1951.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 1-(28)-50-53-(56)-61-69-70 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait beige rosé, à peine différencié de l’aubier blanc grisâtre, tendre et léger (0,55-0,75 g/cm3 ), à grain fin, à maille très fine mais visible.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 10 à 20 par mm2, non distincts à l’œil nu (diamètre moyen de 80 à 120 μm), parfois obstrués par des thylles à parois minces. Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de l’ordre de 9 μm.
  • Parenchyme très rare, limité à quelques cellules juxtavasculaires.
  • Rayons 1-sériés, au nombre de 4 à 6 par mm, de structure généralement sub-homogène. Ponctuations radiovasculaires plus grosses et plus allongées que les intervasculaires. Cristaux parfois présents dans des cellules terminales.
  • Fibres cloisonnées, à ponctuations simples.