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Dacryodes excelsa (Rollet, Antilles)

Bursera simaruba
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Protium attenuatum


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Planche 33 : BURSERACEAE. II. Tetragastris balsamifera. A. Rameau, fleurs, fruits. B. Fruits. III. Dacryodes excelsa. C. Rameau fructifié. D. Plantules. E. Écorce (coupe transversale).
Écorce
Tranche

Dacryodes excelsa Vahl Skr. Nat. Selsk. 6 : 117 (1810).

Synonymes : Amyris hexandra Ham. (1825). ; Dacryodes hexandra (Ham.) Griseb. (1860) ; Pachylobus hexandrus (Ham.) Engler (1896).

Noms vernaculaires : Caraïbes : Sibu (veut dire support, contrefort). Fr : Gommier blanc, Bois cochon, Gommier, Gommier à canots (Guadeloupe, Martinique) ; Gommier (Dominique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenade). A : Candle tree (Puerto Rico) ; Candlewood ; Gumlin (St Kitts, Nevis).

Description : Très grand arbre atteignant 1,5 m de diamètre (Britton et al. in Puerto Rico) et même plus de 2 m ! (Grenade), mais les sujets de plus d’un mètre deviennent rares (1,2 m dans l’inventaire forestier de Guadeloupe est le plus gros diamètre enregistré ; DUSS signalait 1,6 m en 1897) ; vu un diamètre de 1,5-1,6 m à St Vincent, on a même signalé à Jellings près de Georgetown sur la côte Ouest un énorme gommier de 30 pieds de circonférence (non vu). Modèle architectural : RAUH. Écorce : épaisseur totale 7 mm pour un diamètre de 40 cm. Aspect externe : sublisse, marron clair à gris jaunâtre plus ou moins guilloché ; nombreuses petites lenticelles rondes. Rhytidome : 2 mm, caduc en plaques irrégulières laissant des cicatrices type Platanus ou Guettarda scabra Écorce vivante : tranche rose-orangée, homogène, plutôt grumeleuse ; exsude lentement une résine blanchâtre à forte odeur de térébenthine dans toute la section surtout dans la partie interne ; rayons assez larges très équidistants traversant toute la section sans s’élargir ou à peine ; Écorce interne 1 mm, nacrée. Les très gros diamètres portent souvent des traces de résine blanche pâteuse. Aubier : jaune pâle, en transversale rayons fins serrés bien visibles. Feuilles : alternes, imparipennées, 3-5 folioles oblongues non acuminées, coriaces, 2,5 à 6 × 4 à 11 cm, en cuiller (feuilles de lumière) ; sur rejet, 7 folioles un peu charnues et plus grandes, 12 × 22 cm. Fleurs : polygames, verdâtres en panicules axillaires. Fruits : en olive 2,5-3 cm de long, vert pruineux ; une seule graine. Fructification abondante. Phénologie : sempervirent. Fleurs en toutes saisons mais ne fleurirait pas tous les ans. Fruits surtout juillet à octobre. Habitat : forêt dense de 150 m (côte au vent, Sarcelle, Guadeloupe) à 850 m, Trace Victor Hugues (sous le vent), Nez Cassé (Guadeloupe) ; 100-600 m au vent, 300-800 m sous le vent (inventaires carte écologique, Guadeloupe) en Basse-Terre. Tempérament : semi-héliophile mais sciaphile au début ; les gros diamètres ne rejettent pas ; régénération naturelle faible (à découvert ou sous couvert). Plantule : Type IX. La graine, quoique demeurant au sol, brise son enveloppe bien souvent et laisse apparaître des cotylédons succulents, marrons, profondément lobés. L’épicotyle se développe en produisant deux feuilles opposées trifoliolées, puis des feuilles alternes trifoliolées. Fréquemment, les deux premières feuilles opposées sont accidentellement bifoliolées, unifoliolées ou à folioles lobées. Les feuilles froissées dégagent un parfum résineux.

Usages : C’est le bois commercial le plus abondant des Petites Antilles : construction, charpente, meubles. Difficile à scier (silice et résine). La résine donne une matière noire “couïna” servant à calfater les canots et à teindre d’un beau noir luisant d’encre de Chine les fibres d’Ichnosiphon arouma et aussi pour décorer le corps, d’après le Père LABAT. Les Caraïbes faisaient autrefois des canots (“gommiers”) en creusant les fûts et en les travaillant au feu. Cette technique des “bois fouillés” est encore pratiquée (Dominique, Ste-Lucie) mais est tombée en désuétude en Guadeloupe où on importait encore aux Saintes les coques préparées en Dominique. Résine pour chandelles et torches (d’où le nom vernaculaire anglais), et flambeaux pour la pêche. Mortiers, auges à manioc. Médicinal : les Caraïbes utilisaient la résine contre les maux de dents (HONYCHURCH) et l’asthme (HODGE & TAYLOR). Arbre de chasse : fruit recherché par les oiseaux, en particulier les perroquets (Dominique, Ste-Lucie).

Distribution générale : Puerto Rico et Petites Antilles. BEARD (1944) indique à tort que l’espèce est présente dans les Grandes Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Absent de l’Arc Externe ; Toutes les Iles de l’arc interne, sauf Saba, St Eustache, les Saintes et les Grenadines. Très abondant dans les grandes îles montagneuses de l’Archipel.

Matériel examiné : D : NICHOLSON 2029, St DAVID, 240 m, l’Or River (P). SL : HUC 1349, Barre de l’Isle, 300 m (GUAD).

Observations : SK : flanc Sud South Range, 400-500 m (FIARD & ROLLET). N : BEARD, (1949, p : 103). Mt : rare dans les reliques de forêt dense, très secondarisée, au-dessus de 450 m (BEARD, 1949, p. 106). SL : Quilesse, 450 m ; Chassin, 250-300 m (ROLLET). SV : Fenton Mountain, Sud de Mayorca, 400 m, aussi Hermitage, 250 m, très commun dans, tous les diamètres (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924 ; CTFT** 1990 ; DUSS 1897 ; FOURNET* 1978 ; Sociétés Galeries** 1987 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR* 1957 ; HONYCHURCH 1980 ; HOWARD 1952, 1988* ; LITTLE & WADSWORHT* 1964 ; STEHLÉ 1947 Reliques.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 1-25-50-52-59-61-(66)-70 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait beige rose, légèrement différencié de l’aubier blanchâtre, plutôt tendre et léger (0,50-0,65 g/cm3), à grain fin, maille fine, contrefil fréquent.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 6 à 12 par mm2, distincts à l’œil nu (100 à 150 μm de diamètre), parfois obstrués par des thylles brillants.
  • Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de 10 à 12 μm.
  • Parenchyme très rare, limité à quelques cellules juxtavascu laires. Files de cellules composées de 2 à 4 éléments.
  • Rayons 2-sériés, au nombre de 4 à 6 par mm, de structure sub-homogène. Ponctuations radiovasculaires parfois plus grosses et allongées que les intervasculaires. Corpuscules de silice fréquents.
  • Fibres cloisonnées, à ponctuations simples.