Les témoins (cookies) nous aident à fournir nos services. En utilisant nos services, vous acceptez notre utilisation des témoins.

Bursera simaruba (Rollet, Antilles)

Burseraceae
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Dacryodes excelsa
Planche 32 : BORAGINACEAE. XVI. Tournefortia filiflora. A. Rameau avec fleurs et fruits. B. Plantule. BURSERACEAE. I. Bursera simaruba. C. Rameau fructifié. D. Rameau fleuri. E. Fruit.
écorce

[317]

Bursera simaruba (L.) Sarg. Gard. & Forest 3 : 260 (1890).

Basionyme : Pistacia simaruba L., Sp. Pl. 2 : 1026 (1890). [corriger en : (1753)]

Synonymes : Terebinthus brownei Jacq. (1760) ; Bursera gummifera L. (1762) ; Elaphrium simaruba (L.) Rose (1911).

Noms vernaculaires : Précolombien : Kulukai (BRETON). Créole : Gommye modi (Ste-Lucie). Fr : Gommier rouge, Gommier barrière (Guadeloupe) ; Gommier rouge, Gommier (Martinique) ; Gommier, Gommier rouge, Gommier bâtard (Dominique) ; Gommier maudit (Ste-Lucie) ; Chioué, Gommier blanc (Haïti) ; Gomme mombin (Grenade). A : Naked Indian, Peeling bark, Bastard Gommier (Dominique) ; Turpentine, Birch gum (Antigua) ; Birch gum, West Indian birch, Turpentine tree (Barbade) ; Peeling bark gommier, Naked Indian, Indien nu (Trinidad) ; Gumbo- limbo (Floride) ; Turpentine (St Vincent) ; Gum Tree (St Kitts). Esp : Pellejo de Indio, Indio desnudo (Vénézuéla).

Description : Arbre atteignant 15 m de haut et 1 m de diamètre (BRITTON & WILSON), identifiable de loin. Pied : presque cylindrique avec 3-5 grosses pattes à dos rond, 0,2 m de haut ; racines souvent découvertes rouge brique. Écorce : aspect externe très lisse, avec liège caduc et s’exfoliant en plaques ou petites pellicules soulevées rouge brique ; exposée à la lumière, l’écorce devient grise luisante comme de l’acier ; sous le liège : vert bouteille, très lisse. Écorce vivante : tranche rose blanchâtre, noircit rapidement ; une résine à forte odeur de térébenthine, incolore à grisâtre, épaisse, perle. Une des écorces les mieux caractérisées des Petites Antilles. Feuilles : alternes, composées, imparipennées, atteignant 25 cm de long, caduques ; 3-9 folioles opposées inégales à la base, 5-12 × 3-5 cm. Fleurs : unisexuées, verdâtres, assez forte odeur de miel ; sur inflorescence axillaire, pauciflore, atteignant 10 cm de long ; 5 pétales blancs ; 10 étamines. Fruits : drupes rouge foncé, plus ou moins trigones, longues de 10-15 mm, apparaissent avant ou après les jeunes feuilles ; graines blanches d’env. 6 mm de diamètre. Phénologie : décidu plusieurs semaines, mais les semis et les rejets restent feuillés ; le feuillage devient jaune d’or en saison sèche. Fleurs de avril à juin ; fruits de septembre à avril. Habitat : très commun dans les forêts ou fourrés xérophiles, pentes pierreuses, falaises, sur calcaire ou roche volcanique entre 0 et 300 m, mais peut s’élever jusqu’à 500 m sur les crêtes. Tempérament : se bouture très facilement ; fortement xérophile, saxicole ; héliophile mais la régénération supporte un certain temps un couvert léger. Plantule : Type III. L’axe porte deux cotylédons foliacés triséqués, puis deux feuilles simples opposées. Suivent des feuilles alternes. Tantôt 5 ou 6 feuilles simples précèdent les feuilles trifoliolées, tantôt les feuilles alternes sont trifoliolées dès le premier nœud. Les nervures principales (des cotylédons, des feuilles simples et des folioles des feuilles composées) sont souvent carminées de façon caractéristique, à la base des limbes et au niveau de l’insertion des nervures d’ordre II.

Usages : Bois crème, léger (d = 0,29), mou, peu durable, très susceptible aux insectes et champignons. Bois sans grande valeur : allumettes ; charbon de bois (?), bois de feu, caisserie, coffrages, charpente, construction légère (LITTLE & WADSWORTH) ; haies vives ; arbre d’alignement (ornemental par l’écorce) ; même les grosses branches se bouturent bien ; encens, vernis pour bateaux (gommart) ; modèles réduits (bateaux…) ; colle ; la résine est appelée chibou, cachibou (cf. nom vernaculaire Haïti), résine gomart. Médicinal : la résine des racines serait le meilleur vulnéraire (DUSS). Les Caraïbes emploient la résine comme emplâtre contre les contusions internes (HODGE & TAYLOR, HONYCHURCH) ; furoncles (NICHOLSON) ; la résine brûlée éloigne les insectes (Jagan 1971) ; ersatz de thé ; toux, rhumes ; ulcères estomac et duodénum (OLUGBALA). Arbre de chasse : fruit mangé par les ramiers et autres oiseaux ; les chèvres et les moutons mangent les feuilles (Dominique).

Distribution générale : Sud Floride, Bahamas ; Grandes Antilles ; Petites Antilles ; du Mexique à la Colombie, au Vénézuéla et à la Guyana.

Distribution aux Petites Antilles : Très commun dans toutes les îles des Petites Antilles.

Matériel examiné : BA : MAC INTOSH 74, Codrington College (P). BT : GRÉBERT 321, Rivière Sens bord de mer (P) ; QUESTEL 867, Pont de Cluny (P). D : Willbur 8282, Côte W Grand Savannah (P) ; Webster 13181, Batali River St Joseph, 100 m (P). M : HAHN 850, La Chapelle (P) ; HAHN 1072, Case Pilote (P) ; HAHN 1431, Vallée de St Pierre (P) ; OLDEMAN & MAURICE M 33, Forêt de Crèvecoeur (P). Gr : EGGERS 6328, localité illisible (P).

Observations : BA : fourré épineux du plateau NE (DAVID & ROLLET). BT : 100-300 m côte sous le vent inventaires carte écologique. SB : commun aux environs de Gustavia et base Grand Fond, 0-300 m (LE GALLO et al.). S : The Bottom 300 m (Arnoldo, STOFFERS). SE : 0 m à pente du Quill (BOLDINGH). Vineyard Hill, 40 m (STOFFERS), Marigot road (BOLDINGH). SM : côte NE pentes cul de sac, 30-20 m ; Tintamarre Plateau 30 (FIARD & ROLLET). SK : presqu’île orientale, 0-100 m ; flanc Sud South Range, 100- 200 m (FIARD & ROLLET). At : Côte SW 0-50 m (FIARD & ROLLET). Boggy Peak, 0-350 m ; Sugar Loaf, 50-250 m ; Darkwood, 50 m ; Wetherills Estate, 0-50 m ; Willikie, 0-50 m ; Mt Thomas, 50-100 m (DAVID & ROL-


[318]

LET). Dé : Chemin de la montagne ; Ravines : Maître Pierre 150 m, Cybèle 100 m, de la Rivière 200 m, de Baie Mahault 100-150 m ; Plateau 200 m, assez commun (DAVID & ROLLET). SL : Vieux-Fort (VERNA SLANE) ; Dennery, Fond Or Bay 100 m, Dennery Waterworks Res. 300 m, Union 50 m, Flancs et sommet Petit Piton 250-720 m, Espérance Bay 50 m (ROLLET). SV : King’s Hill, 150 m (ROLLET). B : Turner’s Hall, 200 m ; Hackleton Cliff, 100 m ; Joe’s River (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie). ADAMS 1972 ; ALLEN 1956 ; BEARD 1944, 1949 ; BRETON 1665 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DESCOURTILZ** 1827-1830 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE* 1920 ; FOURNET 1976** , 1978* ; GOODING* et al. 1965 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HONYCHURCH 1980 ; HOWARD 1952, 1988* ; HOYOS** 1983 ; LE GALLO & MONACHINO 1956 ; LIOGIER* 1985 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; NICOLSON and al. 1991 ; PENNINGTON et SARUKHAN* 1968 ; QUESTEL 1941 ; STOFFERS 1984 ; TOMLINSON* 1980.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 1-45-(50)-52-54-(55)-56-61-65-70 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait blanc crème, non distinct de l’aubier, très tendre et très léger (0,30-0,40 g/cm3), à grain plutôt fin, maille très fine à peine visible.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 à 4, au nombre de 10 à 20 par mm2, difficilement visibles à l’œil nu (diamètre moyen de 100 à 130 μm). Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires allant de 10 à 14 μm.
  • Parenchyme très rare (cellules juxtavasculaires) ou absent.
  • Rayons 4- à 6-sériés, au nombre de 4 ou 5 par mm, de structure sub-homogène à légèrement hétérogène : cellules couchées au centre et 1, parfois 2 ou 3 rangées de cellules carrées et dressées aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires à peine plus grosses que les intervasculaires. Présence de canaux moyens à gros (30 à 70 mm de diamètre en moyenne). Cristaux plus ou moins fréquents dans les cellules terminales.
  • Fibres cloisonnées, à ponctuations simples.